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Quand
et comment avez-vous découvert "Chapeau
Melon et Bottes de Cuir" ? |
J’ai
découvert la série avec
les saisons Honor Blackman. Elles étaient
prises plus au sérieux il y a quarante
ans qu’elles ne le sont maintenant.
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Quels sont vos saisons et épisodes préférés
?
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Je ne peux pas répondre à
cela ; elles sont une continuité
dans ma mémoire et je ne les
divise pas en épisodes. Mes saisons
préférées sont
celles avec Honor Blackman et Joanna
Lumley. Il m’a toujours semblé
que Diana Rigg jouait avec des sous-titres
inscrits en bas de l’écran
; ‘faire semblant’ et elle
était beaucoup trop sérieuse
pour le programme. Mais j’ai des
préjugés. Je l’ai
reprise au sérieux au moment
de Bleak House. (1)
C’est
pourquoi ma saison préférée
des Avengers est la période
Joanna Lumley. Je suis certain que j’aurais
pu tomber amoureux d’elle. Mais,
en 1967, la série avait déjà
de gros problèmes car les américains
pensaient que Patrick Macnee était
trop vieux et ils voulaient le remplacer
par Roger Moore qui, en fait, avait
d’autres projets plus importants.
À cette époque, ils ont
également rappelé le producteur
original (John Pierce ou quelque chose
comme ça (2)) qui m’a fait
perdre beaucoup de temps à discuter
des idées de scénarios,
le vieux dilemme au sujet des nouvelles
idées et des nouveaux scénaristes,
avant de filer la nouvelle série
(c’était Tara King maintenant)
à la même équipe
qui écrivait tout à l’époque.
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Pourquoi avez-vous décidé d'écrire
des romans sur la série ? |
Je
ne l’ai pas décidé.
Mon agent à l’époque
m’a demandé de le faire car
il pensait que je combinais dans mes écrits
le suspense, la comédie et la classe.
Je pensais que j’étais apte
à faire ce genre de travail.
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| Quel
est votre roman préféré
? |
Drôles de Morts fut conçu
avec originalité, un premier chapitre
innovateur (j’en ai donné
des lectures publiques) et il contient
des passages intéressants. Heil
Harris! doit avoir certaines qualités
car l’éditeur allemand a
pris les trois autres mais il a refusé
de publier celui-ci. L’histoire
que je préférais était
Pop Crime car c’était
pour moi l’époque où
on entendait continuellement à
la radio Twiggy (3) et je pensais alors
que j’avais bien rendu l’atmosphère
dans ce roman. Mon
gros regret est d’avoir écrit
les quatre livres avec une date butoir
de l’imprimeur. Je pense que le
quatrième, Heil Harris!,
fut écrit dans la précipitation
et cela s’en ressent.
C’est
sympa d’évoquer si naturellement
mon commentaire plutôt frivole à
la fin de votre mail (4). C’est,
bien sûr, complètement gratuit
et j’ai pensé retirer ce
commentaire plusieurs fois. Le fait est
que pour un romancier ‘sérieux’,
mon C.V. est un obstacle pour être
considéré comme un écrivain
digne de ce nom. À l’époque,
au milieu des années 60, j’envisageais
ce travail avec beaucoup d’enthousiasme.
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| Vous
avez écrit que vous avez rencontré
Diana Rigg ; quelle fut sa réaction
à la lecture de vos romans ? |
C’est
en rencontrant Diana Rigg et Marie Donaldson,
sa secrétaire personnelle, à
son appartement de Dolphin Square que
je me suis rendu compte que les écrits
sur les séries télévisées
étaient un genre méprisé.
Je ne pense pas que Diana Rigg avait lu
un seul des livres mais Marie Donaldson
(5) les avait tous passés au crible
et elle pensait que l’un d’entre
eux (sûrement Pop Crime)
déviait dangereusement vers une
scène de sexe explicite. J’expliquais
ce que j’essayais de faire et Mademoiselle
Rigg m’a interrompu d’une
façon arrogante en ces termes :
‘ je sais ce que vous essayez de
faire !’. J’ai donc abandonné
toute discussion intelligente avec elle.
Elle agissait comme si elle était
membre de la famille royale et elle était
traitée comme tel par tous ses
sujets.
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| Avez-vous
rencontré d’autres membres de
la distribution ou de la production ? |
C’est
lors d’une des réunion évoquées
plus haut avec le producteur John Bryce,
où je fus convoqué à
Elstree, que j’ai vu Tara King esquiver
des portes et courir le long d’un
balcon. Je pense que c’était
un test d’audition. C’est
comme cela, également, que j’ai
rencontré Bette Davis.
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Cela
a-t-il été facile d’écrire
sur les "Avengers" comparé
avec d’autres romans adaptés
de séries comme "Les Champions"
et "Paul Temple" ? |
Ce
fut assez simple pour tous. C’est
peut-être pour cela que je fus choisi
pour le faire. Si vous lisez Les Champions,
vous remarquerez que j’ai réussi
le tour de force de combiner le pilote
(qui n’avait pas été
diffusé à l’époque)
et les deux premiers épisodes dans
une même intrigue. Je pense que
j’ai pas mal réussi mais
c’est aux autres de juger. Au moins,
ce travail m’a intéressé.
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| Les
romans étaient-ils basés sur
des épisodes de la série ? |
Pas ceux des Avengers. Par contre,
ceux sur Les Champions et Paul
Temple l’étaient. Les
scripts pour Paul Temple étaient
basés sur de vieilles séries
radiophoniques (6) que je pensais datées.
J’ai essayé de les rendre
plus abordables comme la série
avec Francis Matthews auxquelles ils se
référaient. Je pense que
Francis Durbridge (7) fut un peu froissé
que la même bande (voir paragraphe
3) ait écrit les scénarios
de la série à sa place et
du coup, il avait des soupçons
à mon égard, supprimant
toute comédie qu’il trouvait.
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| Avez-vous
eu des retours d’acteurs, de membres
de la production ou de fans ? |
Aucun retour. Les acteurs ne réagissent
pas aux scripts écrits. Ils comptent
le nombre de mots, évaluent leur
rôle. Si ça marche, ils en
retirent tout le bénéfice,
sinon, c’est que c’était
mal écrit. Ce qui est normal car
nous avons plus de bons acteurs que de
scénaristes.
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| Vos
romans ont été un succès
mondial et traduits dans plusieurs langues
: français, allemand, néerlandais
et ils ont même été vendus
au Chili. Comment expliquez-vous ce succès
? |
Le
succès des romans Avengers
a été dû au succès
de la série télévisée.
Les romans furent réédités
dans de nombreux pays au début
des années 90 grâce à
Joanna Lumley et Absolutely Fabulous.
Je n’y suis pour rien.
Okay,
Denis, Je pense avoir répondu à
toutes vos questions.
Je
suis désolé que mon site
soit plus orienté politique et
que les passages de ma vie décousue
des années 60 et 70 soient traités
rapidement. Je connais certaines personnes
à Tamworth qui ont de l’estime
pour moi à cause des Champions.
Je
vais lire vos critiques des romans mais
je promets de ne pas discuter ce qu’il
y a d’écrit. Votre jugement
a autant de valeur (peut être
plus) que mes intentions il y a quarante
ans.
(1)
"Bleak House" est une adaptation
par la BBC du roman de Dickens. Cette
mini série de 1985 a huit épisodes.
(2)
En fait, John Bryce.
(3)
Twiggy (née le 19 septembre 1949),
est un mannequin, actrice et chanteuse
britannique. Avec ses grands yeux, ses
longs cils et sa minceur, elle est connue
pour être un emblème des
années 1960 et une des mannequins
les plus célèbres de cette
époque. Patrick Macnee en John
Steed a fait de nombreuses photos avec
elle.
(4)
"Je recommande à toute personne
qui par hasard verrait l'un de ces romans
dans une librairie d'occasion ou une vente
de charité de les acheter et de
les détruire immédiatement
sans même les avoir lus. Je vous
rembourserai les 50p ou plus que vous
avez payés. Vous rendrez service
à la littérature !".
(5)
Marie Donaldson est surtout connue pour
avoir inventé le nom d’Emma
Peel…
(6)
"Paul Temple" fut créé
pour la radio. En Grande-Bretagne, plusieurs
séries radiophoniques de "Paul
Temple" furent diffusées des
années 30 aux années 60.
(7)
Francis Durbridge (1912-1998) créa
le personnage de Paul Temple en 1938.
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