Moi
non plus. J'étais anglais mais je
ne comprenais pas ce qu'était le
MI5. Ils ont eu des problèmes avec
les américains ? |
Alain Carrazé : Oui, les américains
ne comprenaient pas car ils ont pris la
série comme nous avec les épisodes
que Continentales diffuse en ce
moment et pour les américains qui
ont un esprit cartésien, on a fait
une petite séquence générique
supplémentaire (4). C'était
30 secondes au début de chaque épisode
pour tenter d'expliquer aux américains
ce qu'était cette histoire un peu
bizarre.
Jean-Luc
Putheaud : Qui n'existe pas sur les
copies françaises et britanniques.
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J'ai
essayé de négocier pour obtenir
le générique américain
avec la société qui détient
les droits. Ils ont fait de leur mieux mais
c'est pratiquement introuvable.
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Alain
Carrazé : Tourné uniquement
pour les américains pour essayer
de leur expliquer. |
Il
y a une différence de générique,
de look entre la série noir et blanc
et la deuxième saison Emma Peel que
l'on connaît beaucoup mieux car diffusée
sur Antenne 2. |
Jean-Luc
Putheaud : Réalisé
par Brian Clemens d'ailleurs. |
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C'est beaucoup plus dans
le look tandis que le générique
noir et blanc a des images fixes. C'est
un peu décevant, non ?
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Alain Carrazé : Un peu décevant,
peut-être ! Mais il faut préciser
que plus la série avance dans le
temps, plus elle a du succès, plus
elle est vendue dans différents pays
et aux États-Unis. Il y a plus d'argent
qui rentre puis la série devient
en couleur ce qui coûtait très
cher à l'époque. Ils ont plus
de moyens. Malgré le fait que les
épisodes avec Diana Rigg, qui est
une actrice extraordinaire, sont les meilleurs
; les épisodes les plus léchés
au niveau de la réalisation pure,
cinématographiquement parlant, sont
sans doute les derniers avec Linda Thorson
pour lesquels il y avait visiblement beaucoup
d'argent.
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Point
de vue réalisation, pas point de
vue scénario ? |
Alain Carrazé : Non, scénario
sûrement pas !
Jean-Luc
Putheaud : Il y avait un parti pris
volontairement esthétisant pour la
saison Linda Thorson ; il y avait des metteurs
en scène de renom comme Robert Fuest
[NDR: C'est
faux: Robert Fuest avait signé avec
les Avengers ses toutes premières
mises en scène !] qui avait
travaillé pour la Hammer ; le budget
était plus fort et on voulait soigner
l'image. Par exemple, la victime se reflétait
dans les phares d'une voiture à travers
un égout ; des plans très
stylisés.
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Les
réalisateurs de la série noir
et blanc, étaient-ce des gens connus
? J'imagine qu'on a pris des débutants
pleins d'idées. |
Jean-Luc Putheaud : C'était
quant même des spécialistes
de séries comme Le Saint ;
ils avaient déjà travaillé
pour des petites productions britanniques
de fantastique ou de science-fiction ou
pour la Hammer. Des gens motivés,
choisis pour leur sens esthétique
de l'image. Brian Clemens nous a affirmé
que les réalisateurs n'avaient pas
été pris au hasard ; il fallait
des gens bourrés d'humour, de l'invention,
qu'ils aient un sens du dynamisme et qu'ils
respectent le montage. Le montage est tellement
important dans la série.
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Absolument
! À l'époque à la TV
britannique, il y avait Le Saint , Destination
Danger, Le Prisonnier que j 'ose à
peine aborder avec vous tellement vous aimez
cette série. |
Jean-Luc
Puthaud : L'Homme à la
Valise, Le Baron...
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L'Homme
à la Valise, je ne connais même
pas ! Pourquoi ces séries n'existent-elles
plus maintenant ? |
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Alain
Carrazé : Il y a une grosse
raison. 90% des séries qu'on vient
de citer sont dûes à la grosse
boîte anglaise, ITC, qui a fait des
deals avec les États-Unis.
Elle a décidé d'arrêter
la production de séries TV et de
se consacrer à des mini séries
et des longs-métrages. Cela a arrêté
ce genre de production très rentable
à l'époque et vendue dans
le monde entier. Des séries d'action
et d'aventure (Les Champions, Département
S ) destinées au public anglais
mais surtout au public américain
avec le British flavour.
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Avez-vous
rencontré les filles ? |
Alain
Carrazé : On n'a pas rencontré
Diana Rigg, elle est très difficile
à avoir et c'est très délicat
de la faire parler sur les Avengers.
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J'ai
lu un article du Times il y a un mois où
on évoque brièvement son passé.
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Alain
Carrazé : Elle n'aime plus
cela. Mettez-vous à sa place. C'est
une actrice, cela date de vingt ans maintenant
(5) tout ça et à chaque fois
que les journalistes viennent la voir, même
quand elle fait une nouvelle pièce
de théâtre ou une production
télévisée, c'est pour
lui parler des Avengers ! |
Dans
l'article du Times, le journaliste disait
« cette femme que j'ai adorée
» ! |
Alain Carrazé : Frustrant
pour elle. Elle a décidé
de ne plus parler de cela. Patrick Macnee
était sur le tournage d'une mini
série consacrée à
Sherlock Holmes (dans le rôle du
Docteur Watson). On lui a dit qu'on aimerait
voir Diana Rigg, qu'on faisait des tentatives
avec son agent. « Écoutez,
je vais peut-être vous aider »
a-t-il dit. Par miracle, quelques semaines
plus tard, un agent de Diana Rigg nous
a contactés pour nous dire qu'elle
acceptait de répondre à
nos questions. Le moment n'était
pas très facile pour elle à
cause de soucis personnels et nous n'avions
pas beaucoup de temps car le livre était
presque terminé. On a échangé
quelques fax et s'en est resté
là.
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Qu'est-ce
qu'elle vous a écrit ? |
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Alain
Carrazé : Principalement,
quelque chose qui est presque un non évènement
; pour elle Chapeau Melon et Bottes
de Cuir était une chance extraordinaire,
elle reconnaît maintenant vingt ans
après que c'était peut-être
son plus beau rôle, mais qu'il faut
continuer à aller de l'avant. Elle
ne refuse pas son passé même
si elle ne veut pas en parler.
|
|
Dans
la presse de l'époque, je me rappelle
qu'elle insistait pour sortir du studio
à seize heures pour aller jouer Shakespeare.
Elle y tenait. Elle était très
bien payée à l'époque
bien qu'au début assez mal. Je me
souviens des titres de la presse «
Diana Rigg réclame £100 par
semaine » ; à l'époque,
cela a fait les gros titres. Elle savait
qu'on ne pouvait pas lui refuser. |
Jean-Luc
Putheaud : Elle savait qu'elle était
indispensable à la série.
Elle avait marqué son empreinte,
les gens étaient tombés amoureux
d'elle. Les spectateurs britanniques ne
voyaient que par Diana Rigg. |
Quel
est le premier épisode que vous avez
vu ? |
Jean-Luc
Putheaud : En 1966, Meurtre par
téléphone. (6)
Alain
Carrazé : L'épisode
des Cybernautes. |
Je
me rappelle très bien le premier
épisode que j'ai vu ; c'était
"Les fossoyeurs". Je me rappelle
cette séquence où Steed et
un des vieux cheminots sont dans un train
et font semblant de voyager et quelqu'un
derrière court pour dérouler
le paysage. Ça m'a accroché
tout de suite à la série.
On vous retrouve demain pour parler de cette
série. On peut trouver votre livre
aux Éditions huitième art
ou le gagner en jouant avec nous au 3615
FR3 code CEE où vous pourrez trouver
le vocabulaire de l'épisode de demain
qui s'appelle Small Game for Big Hunters.
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(4)
: C'est la séquence de l'échiquier
aujourd'hui disponible en DVD.
(5)
: Quarante ans, Diana Rigg est devenue Emma
Peel le 10 décembre 1964 !
(6)
: Sûrement le 4 avril 1967 ! |