Votre
livre est une traduction de livre anglais
ou une œuvre inédite et originale
? |
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Alain Carrazé : Quelle honte
! Une traduction ! Ah non ! On a puisé
nos informations d'abord car Jean Luc tout
comme moi, aimons la série depuis
des années ; on a entendu ce qui
se faisait sur la série depuis pas
mal de temps ; on a rencontré les
personnages clés : Brian Clemens,
le producteur, Patrick Macnee et Diana Rigg
puis on a glané pas mal d'éléments.
De plus, comme c'est un livre d'art, on
a surtout voulu montrer un maximum de documents
photographiques. Une recherche à
travers beaucoup d'instituts dont le British
Film Institute qui nous a fourni un maximum
de plans jamais vus.
Jean-Luc
Putheaud : On tenait à avoir
une qualité iconographique très
spéciale, représentative de
la série.
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Brian
Clemens, la grande force créatrice
de la série, vous l'avez rencontré
; où, quand, comment ?
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Alain
Carrazé : On n'a pas rencontré
Brian Clemens malheureusement de visu
car il partait pour Los Angeles pour écrire
une série. Il a été
extrêmement sympathique : on lui a
téléphoné, parlé
de ce qu'on voulait faire et envoyé
notre précédent ouvrage et
puis il a dit d'accord. « Je vais
avoir un vol assez long (de Londres à
Los Angeles), envoyez-moi des idées
et questions et je vais vous écrire
tout ce dont je me souviens et je vous le
faxe dès mon arrivée ».
Il nous a envoyé huit à dix
pages de texte en tout petits caractères
sans interligne ; c'était presque
un livre.
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| In
English ? |
Alain
Carrazé : Of course, in English.
À partir de là, on a coupé
un peu à droite et à gauche
et on a gardé la substantifique moelle
et on s'en est servi pour faire notre livre.
On a repris de très larges morceaux
en laissant la parole à Brian Clemens
car c'est un peu lui qui a créé
Chapeau Melon et Bottes de Cuir. C'est
l'ange gardien en tout cas, c'est lui qui
a créé Chapeau Melon
dans la forme que l'on connaît. |
Il
vous a donné son impression sur les
épisodes ?
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| Alain
Carrazé : Tout à fait.
Il nous a dit les épisodes qu'il
préfère et ceux qu'il n'aime
pas. Évidemment, c'est à prendre
quelquefois au second degré car,
comme par hasard, ceux qu'il n'aime pas
sont ceux qui ont été faits
sans lui !
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| Qu'est
ce qu'il n'aimait pas ? |
| Jean-Luc
Putheaud : Il n'a pas aimé l'arrivée
de Linda Thorson/Tara King. |
On
l'a appris avec Laurence Bourne car c'était
la petite amie du producteur.
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Jean-Luc
Putheaud : Elle a été
imposée et Brian Clemens prend le
prétexte qu'elle manquait d'humour.
Il a créé le personnage de
Mère-Grand uniquement parce que Tara
King n'avait pas d'humour. Linda Thorson
ne passait pas bien, c'était une
actrice débutante inexpérimentée
beaucoup trop jeune. Le personnage ne lui
plaisait pas. Petit à petit, il s'y
est fait. Faut dire aussi que Patrick Macnee
a beaucoup aidé Linda Thorson, il
l'a défendue contre Brian Clemens.
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| Vous
avez aussi rencontré Patrick Macnee,
c'était facile ? |
| Alain
Carrazé : Ce n'était
pas évident car ses agents artistiques
ont fait un blocage ; Patrick Macnee tourne
encore beaucoup de choses, il est assez
insaisissable. (1) |
| Ce
n'est pas ce qu'on a appris avec Laurence
Bourne ; on a l'impression qu'il passe ses
journées sur une plage à Malibu...
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Jean-Luc
Putheaud : Il tourne beaucoup de
choses fantastiques en ce moment comme un
remake du Masque de la mort rouge
d'Edgar Poe, Hurlements, Spaceship et
quelques séries.. |
| Est-ce
vraiment un bon acteur ? On a tellement l'impression
que c'est lui-même qu'il joue ! |
| Alain
Carrazé : Voilà, c'est
cela le problème ; il est prisonnier
de son rôle. |
| Je
l'ai vu dans une autre série : c'est
Steed sans le chapeau ! |
Alain
Carrazé : Steed, c'est beaucoup
Patrick Macnee au départ. De toute
façon, il a beaucoup mis de son personnage
dans Steed. |
Steed
s'est-il imposé dès le premier
épisode comme Diana Rigg dans "Voyage
sans retour" ou y a-t-il une évolution
du personnage ? (2) |
Jean-Luc
Putheaud : Il y a une évolution
flagrante dès le début. C'est
un policier. Il faut préciser que
lorsque Chapeau Melon et Bottes de Cuir
a débuté en France, on ne
savait pas qui ils étaient ; on ne
voyait jamais leur chef, on ne savait rien
d'eux. Ça a démarré
en France en 1966 (3) sur la première
chaîne. |
| En
Grande-Bretagne, en 1961... |
Jean-Luc
Putheaud : Exactement. On a débuté
en France avec les épisodes que vous
diffusez actuellement. On s'est demandé
qui étaient ces gens. |
Tous
n'ont pas été diffusés.
Je tiens à le dire, la moitié
de cette série sont des inédits.
Cette série n'est passée qu'une
seule fois en France dans les années
soixante. |
Jean-Luc Putheaud : Tout à
fait. Quand j'étais gosse, je pensais
que c'était des détectives
privés. Il manquait un peu cette
petite logique des séries de l'époque.
D'un seul coup, il y a eu le déclic
: ce sont des agents secrets et des missions
d'espionnage.
(1)
: Nous sommes en 1991 !
(2)
: Voyage sans retour est en fait
quatorzième en ordre de production.
(3) : En fait c'était le 4 avril
1967. |