CHAPEAU MELON & BOTTES DE CUIR - The Avengers

Chapeau Melon et Bottes de Cuir
Interviews

 

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L'entretien retranscrit de quinze minutes n'est qu'une des quatre parties originales. La première était avec Laurence Bourne et les trois suivantes avec les auteurs du livre paru aux Éditions Huitième Art, Alain Carrazé et Jean-Luc Putheaud. Cette retranscription est la deuxième avec les auteurs du livre. Elle faisait suite à la projection de l'épisode Le jeu s'arrête au 13 le 16 juillet 1991.
Votre livre est une traduction de livre anglais ou une œuvre inédite et originale ?


Alain Carrazé :
Quelle honte ! Une traduction ! Ah non ! On a puisé nos informations d'abord car Jean Luc tout comme moi, aimons la série depuis des années ; on a entendu ce qui se faisait sur la série depuis pas mal de temps ; on a rencontré les personnages clés : Brian Clemens, le producteur, Patrick Macnee et Diana Rigg puis on a glané pas mal d'éléments. De plus, comme c'est un livre d'art, on a surtout voulu montrer un maximum de documents photographiques. Une recherche à travers beaucoup d'instituts dont le British Film Institute qui nous a fourni un maximum de plans jamais vus.

Jean-Luc Putheaud : On tenait à avoir une qualité iconographique très spéciale, représentative de la série.

Brian Clemens, la grande force créatrice de la série, vous l'avez rencontré ; où, quand, comment ?

Alain Carrazé : On n'a pas rencontré Brian Clemens malheureusement de visu car il partait pour Los Angeles pour écrire une série. Il a été extrêmement sympathique : on lui a téléphoné, parlé de ce qu'on voulait faire et envoyé notre précédent ouvrage et puis il a dit d'accord. « Je vais avoir un vol assez long (de Londres à Los Angeles), envoyez-moi des idées et questions et je vais vous écrire tout ce dont je me souviens et je vous le faxe dès mon arrivée ». Il nous a envoyé huit à dix pages de texte en tout petits caractères sans interligne ; c'était presque un livre.
In English ?

Alain Carrazé : Of course, in English. À partir de là, on a coupé un peu à droite et à gauche et on a gardé la substantifique moelle et on s'en est servi pour faire notre livre. On a repris de très larges morceaux en laissant la parole à Brian Clemens car c'est un peu lui qui a créé Chapeau Melon et Bottes de Cuir. C'est l'ange gardien en tout cas, c'est lui qui a créé Chapeau Melon dans la forme que l'on connaît.

Il vous a donné son impression sur les épisodes ?

Alain Carrazé : Tout à fait. Il nous a dit les épisodes qu'il préfère et ceux qu'il n'aime pas. Évidemment, c'est à prendre quelquefois au second degré car, comme par hasard, ceux qu'il n'aime pas sont ceux qui ont été faits sans lui !

Qu'est ce qu'il n'aimait pas ?
Jean-Luc Putheaud : Il n'a pas aimé l'arrivée de Linda Thorson/Tara King.
On l'a appris avec Laurence Bourne car c'était la petite amie du producteur.

Jean-Luc Putheaud : Elle a été imposée et Brian Clemens prend le prétexte qu'elle manquait d'humour. Il a créé le personnage de Mère-Grand uniquement parce que Tara King n'avait pas d'humour. Linda Thorson ne passait pas bien, c'était une actrice débutante inexpérimentée beaucoup trop jeune. Le personnage ne lui plaisait pas. Petit à petit, il s'y est fait. Faut dire aussi que Patrick Macnee a beaucoup aidé Linda Thorson, il l'a défendue contre Brian Clemens.

Vous avez aussi rencontré Patrick Macnee, c'était facile ?

Alain Carrazé : Ce n'était pas évident car ses agents artistiques ont fait un blocage ; Patrick Macnee tourne encore beaucoup de choses, il est assez insaisissable. (1)

Ce n'est pas ce qu'on a appris avec Laurence Bourne ; on a l'impression qu'il passe ses journées sur une plage à Malibu...
Jean-Luc Putheaud : Il tourne beaucoup de choses fantastiques en ce moment comme un remake du Masque de la mort rouge d'Edgar Poe, Hurlements, Spaceship et quelques séries..
Est-ce vraiment un bon acteur ? On a tellement l'impression que c'est lui-même qu'il joue !
Alain Carrazé : Voilà, c'est cela le problème ; il est prisonnier de son rôle.
Je l'ai vu dans une autre série : c'est Steed sans le chapeau !
Alain Carrazé : Steed, c'est beaucoup Patrick Macnee au départ. De toute façon, il a beaucoup mis de son personnage dans Steed.
Steed s'est-il imposé dès le premier épisode comme Diana Rigg dans "Voyage sans retour" ou y a-t-il une évolution du personnage ? (2)
Jean-Luc Putheaud : Il y a une évolution flagrante dès le début. C'est un policier. Il faut préciser que lorsque Chapeau Melon et Bottes de Cuir a débuté en France, on ne savait pas qui ils étaient ; on ne voyait jamais leur chef, on ne savait rien d'eux. Ça a démarré en France en 1966 (3) sur la première chaîne.
En Grande-Bretagne, en 1961...
Jean-Luc Putheaud : Exactement. On a débuté en France avec les épisodes que vous diffusez actuellement. On s'est demandé qui étaient ces gens.
Tous n'ont pas été diffusés. Je tiens à le dire, la moitié de cette série sont des inédits. Cette série n'est passée qu'une seule fois en France dans les années soixante.


Jean-Luc Putheaud :
Tout à fait. Quand j'étais gosse, je pensais que c'était des détectives privés. Il manquait un peu cette petite logique des séries de l'époque. D'un seul coup, il y a eu le déclic : ce sont des agents secrets et des missions d'espionnage.

(1) : Nous sommes en 1991 !

(2) : Voyage sans retour est en fait quatorzième en ordre de production.

(3) : En fait c'était le 4 avril 1967.

Suite de l'entretien

 

©Denis Chauvet

Crédits photos:Europe 1,Steed&Co