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HORS
SERIE
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1/2.
NOUVELLE GÉNÉRATION
(NOTHING IMPORTANT HAPPENED TODAY)


Alors que les X-Files
doivent faire face au traumatisme provoqué
par le départ de David Duchovny, la
série semble, à l’issue
d’une saison huit fort relevée,
disposer des atouts nécessaires pour
perdurer. Elle bénéficie ainsi
d’un nouveau duo solide et déjà
fort bien entré en lice, avec John
Doggett et Monica Reyes, et d’une Scully
répondant toujours à l’appel.
Hélas, Chris Carter
et son équipe, qui avait su précédemment
répondre à la sollicitation
de la FOX pour une saison supplémentaire,
semblent perdre quelque peu la main et marquer
un certain épuisement, bien compréhensible.
La Mythologie ne parvient pas à sortir
de l’ornière observée
durant Essence : William s’avère
une déception perpétuelle, les
Super Soldats demeurent totalement hors sujet
dans l’univers des X-Files
et Krycek se voit remplacé par le fade
Follmer.
Malgré le talent de
ses interprètes, le nouveau couple
ne dispose ainsi que d’un cadre bien
terne pour développer sa relation d’autant
que la présence de Scully, au rôle
certes bien moins relevé que naguère,
entrave cette mise en place. La difficulté
de renouveler l’inspiration se retrouve
également dans les Loners,
souvent décrits moins aboutis qu’auparavant,
même si le duo Doggett/ Monica parvient
à distiller de grands moments. Le public
ne s’y trompe pas et, après l’accalmie
observée durant la saison 8, déserte
désormais en masse (l’audience
retombe au niveau des deux premières
saisons).
En définitive, le couperet
finit par tomber sur une série n’ayant
su survivre à l’éclipse
de son personnage fondateur. Ainsi, s’achève
une longue et merveilleuse odyssée
accomplie dans les contrées de l’Étrange,
en compagnie d’un couple de héros
parmi les plus denses et enthousiasmants jamais
admirés dans une série télé.
En attendant I want to believe !
Commençons donc par analyser ce double épisode d'ouverture.
À l'époque de
William le Boulet, des Supers Soldats ineptes
et des Loners décrépis,
une série en plein désordre
demandait un Héros. Alors survint Shannon,
une prestigieuse Princesse Soldate issue du
cœur des océans. Combat... Passion...
Danger... Par son courage, Shannon changera
la face des X-Files !
En fait non, pas du tout. Si la présence d’une Lucy Lawless visiblement recrutée pour créer une attraction en début de saison apparaît bien comme le point saillant de l’épisode, force est de constater qu’à part une mise en bouche prometteuse l’actrice n’accomplit rien durant la première partie, hormis quelques apparitions répétitives. Elle demeure néanmoins spectaculaire, même dépourvue de tenue entremêlant cuir et métal…
Cette traversée insipide
(et pour l’heure totalement incompréhensible)
de l’épisode ne dénote
pas vraiment, tant celui-ci se caractérise
par une vacuité inédite pour
un double Mythic. Nos héros
passent l’essentiel de leur temps à
brasser de l’air sur des considérations
diverses et variées, tandis que l’enquête
(si on peut appeler ainsi cette intrigue totalement
en apesanteur) se déroule selon un
rythme désespérément
long, accumulant les clichés.
On se trouve tout de même
devant du vu et revu à satiété
durant l’époque Mulder (Skinner
de nouveau prudent, Doggett en rebelle exalté,
article anonyme laissé devant la porte…),
d’où une lassitude et le regret
que Dogget et Monica ne fassent pas entendre
leur propre musique. Brad Follmer, le nouvel
adversaire récurrent, incarné
avec talent par Cary Elwes (Princess Bride,
Saw…), se montre certes ondoyant
et visqueux mais absolument dépourvu
de la sombre aura d’un Krycek. Ses scènes
communes avec les héros n’ont
hélas plus l’intensité
des confrontations de jadis.
Pendant ce temps, Scully fait
la maman et joue les utilités tout
en s’enfermant dans un déni assez
crispant concernant l’"Enfant Jésus".
Déjà elle n’intervient
que minimalement dans l’affaire en cours,
avec notamment une autopsie consternante de
banalité… Le plus affligeant
reste tout de même la disparition soudaine
de Mulder. Non seulement elle n’était
pas annoncée, ni même prévisible
dans Essence, mais on reste proprement
confondu de découvrir qu’il en
va pareillement ici ! Après huit
années Mulder a tout simplement fait
ses valises et s’en est allé
au long des grands chemins de l’Amérique.
Que le motif en soit dissimulé à
Doggett est une chose, que le spectateur se
voit logé à la même enseigne
en est une autre.
Ce flou irritant et cette
inaction globale n’interdit pas quelques
rares instants divertissants, notamment autour
de Monica, qu’elle découvre les
crayons de Mulder, ou se trouve confrontée
à un Frohike aussi égrillard
que de coutume (encore un bec !). On
remarque d’ailleurs que Monica démontre
d’entrée une rare élégance
(les premières tenues de Scully disparaissent
dans un oubli miséricordieux) et que
sa brune chevelure a bien vite poussé
en 48 heures... Mais tout ceci paraît
bien accessoire, tant l’impression d’inanité
persiste devant cette première partie
qui aurait pu être amputée de
moitié sans difficulté aucune,
tant l’intrigue en ressort indigente.
Après un cliffhanger
tout de même plus relevé que
celui d’Essence/Existence,
la seconde partie manifeste un tantinet plus
d’énergie, avec l’entrée
en scène de Rohrer, toujours joué
efficacement par Adam Baldwin. Hélas
! après l’évolution de
Scully et de William, c’est une autre
des tendances négatives initiées
par le précédent double épisode
qui se confirme ici. En effet, les Super Soldats,
outre la perte de subtilité qu’ils
véhiculent, apparaissent tout simplement
trop puissants dans le cadre de l’univers
des X-Files. Essence avait
déjà fait fort avec un Billy
se reconstituant à partir d’une
unique vertèbre métallique,
mais ici les Super Soldats se confirment indestructibles
et invincibles, au point d’interdire
tout issue crédible pour les héros.
La série finira d’ailleurs par
leur sortir du diable vauvert un point faible
(très kryptonite…) pour équilibrer
un peu les choses…
On a franchement l’impression
que l’esprit fécond et pénétrant
de Chris Carter travaille désormais
au petit bonheur dans cette nouvelle saison
imposée. Tout comme dans Nouvelle
génération, où l’intrigue
continue à joyeusement s’éparpiller
avec cette histoire de Chloramine et cette
nouvelle version, encore une, de l’origine
de William encore une fois sans conclusion
établie. Trop c’est trop, on
finit par décrocher face à ces
X-Files nous faisant du Lost.
Hormis quelques prouesses
martiales, Shannon demeure bien effacée,
ne permettant à la talentueuse Lucy
Lawless de se mettre en avant. De fait, elle
apparaît autant utilisée à
contre emploi que son complice de Xéna,
Bruce Campbell, dans Pauvre diable.
Doggett et Monica continue dans le sillon
de la première partie, tandis que Scully
persiste dans l’insignifiance. Le plus
irritant reste l’explication fournie
à propos de la soudaine disparition
de Mulder : celui-ci aurait pris la poudre
d’escampette parce que sa présence
serait une menace pour William et Scully !
On imagine un peu la chose, alors que les
Super Soldats viennent de se montrer passionnés
par l’Enfant du Miracle et pas du tout
par lui ! Et puis il est bien connu que
prendre la fuite constitue la manière
la plus efficace de protéger ses proches…
On se situe ici dans le ridicule et l’on
regrette clairement la solution certes dure,
mais tellement plus cohérente, retenue
dans Requiem.
La mise en scène de
Wharmby ne suffit pas à renverser la
tendance, d’autant que les dialogues
ne brillent pas particulièrement. En
fait le seul vrai point positif de l’épisode
(hormis la chute amusante concernant William,
l’ébahissement de Monica découvrant
les aspects si particuliers des Affaires Non
Classées et le clin d’œil
des Lone Gunmen à l’annulation
de leur série) provient de là
où on l’attendait le moins :
Kirsh gagnant enfin en épaisseur et
en complexité.
Nothing important happened
today [Rien d'important ne s'est passé
aujourd'hui], dont on louera la parfaite
adéquation du titre, s’impose
comme la plus faible introduction de saison
de toute la série et confirme, hélas
! toutes les appréhensions exprimées
à l’occasion d’Essence
(épisode devant lequel on restait déjà
interdit). La question reste de savoir s’il
s’agit d’une difficulté
passagère à relancer la Mythologie
dans cette saison une nouvelle fois imprévue,
où si l’épuisement se
révèlera plus profond.
Lucy Lawless était
censée revenir comme personnage récurrent
de la saison, mais tomba enceinte après
le tournage de l’épisode, décidément…
Le générique est de nouveau
modifié, avec principalement l’incorporation
des badges de Monica et (enfin !) de
Skinner, à qui la série rend
in extremis l’hommage qu’il
mérite.
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3.
DAEMONICUS
(DAEMONICUS)

 
— Dr Dana Scully.
I have just been assigned to the Academy
as a forensic investigator. For the past
eight years I was part of a unit known as
the X-Files. Some of you may have heard
of it ?
— You ever slay a vampire ?
Cet épisode, écrit et réalisé
par Spotnitz, tout en présence du
Mal, esthétisme (jolies transitions)
et ressenti extralucide de Monica, évoque
puissamment MillenniuM, série
à laquelle est d’ailleurs faite
une référence directe avec
l’image du serpent se mordant la queue,
évoquée deux fois. Ceci donne
un vrai ton, de plus agissant selon un mode
opératoire proche d'I want to
believe, assez logiquement puisque
ce film se situe également dans une
atmosphère sombre et morbide similaire
aux aventures de Frank Black. On retrouve
ainsi un personnage au passé criminel,
guidant les enquêteurs via
des visions conduisant aux cadavres des
victimes, avec à la clef des scènes
de confrontations psychologiques où
Doggett, comme plus tard Scully, se verra
confronté à des vérités
dérangeantes.
Mais la comparaison s’arrête
là tant ces dialogues apparaissent
moins relevés et subtils que lors
des scènes réunissant Scully
et le Père Joseph. On en reste ici
à un argumentaire travail du type
« Vous êtes jaloux, vous
n’avez pas la classe de Mulder »,
ou « C’est surtout votre
collègue qui vous intéresse
dans votre travail ». Tout ceci paraît
assez vain, malgré le jeu convaincant
de James Remar (Dexter, Jericho, Sex
and the City…).
De plus la recherche à
tout crin de l’esthétisme fonctionne
de prime abord, mais son excès finit
par lasser, d’autant que certains
effets rebattus apparaissent assez criards
(ces nuages…). Au-delà
d’une conclusion très prévisible,
on reste également gêné
par la primauté accordée ici
au policier sur le fantastique, l’affaire
se résolvant avant tout par une manipulation
et un pouvoir de suggestion rappelant la
Folie à deux évoquée
avec autrement plus de brio naguère.
Par ses visions se révélant
finalement inopérantes sur l’enquête
et un commentaire final assez artificiel,
Monica tente bien d’apporter la caution
paranormale indispensable dans les X-Files,
mais ceci demeure périphérique.
Et, très clairement, on a connu les
artistes en maquillage de la série
beaucoup plus inspirés qu’ici.
Fort heureusement la musique de Snow demeure
comme toujours irréprochable.
De fait, on apprécierait que Monica s’affirme un peu plus devant Doggett. Incarnant l’ouverture d’esprit caractéristique de la série dans le nouveau duo, il demeure frustrant de la voir manifester un tel suivisme face à son partenaire qui tient ici très clairement les commandes.
Pendant ce temps Scully,
devenue professeur à Quantico, s’installe
dans sa position secondaire, comme expert
scientifique lors d’autopsies aussi
plates et communes que celles des Experts
ou dispensant un coaching de quatre sous
à Monica (« Suivez votre
instinct ») ainsi qu’à
Doggett (« Recherchez la vérité ! »).
On remarquera que, tout en ayant un emploi
à temps plein et élevant William
en mère célibataire, elle
dispose visiblement de beaucoup de temps
libre. L’épisode a finalement
une vraie dimension surnaturelle.

Le vaste thème des univers parallèles
(également nommés univers miroirs,
comme le rappelle celui de Monica ou la référence
à Star Trek) avait déjà
été abordé dans le formidable
Triangle, mais l’angle retenu
ici s’avère tout à fait
différent. Au lieu d’un monde
baroque et fantasmé, nous découvrons
une dimension rigoureusement identique à
la nôtre, mais où un tueur en
série a la faculté de pénétrer
pour y perpétrer ses crimes avant de
revenir ici pour y vivre en toute quiétude.
Cette excellente idée se voit lancée
avec efficacité par une surprenante
introduction, avant d’être intelligemment
exploitée avec l’éclipse
du « vrai » Doggett
par celui de l’autre monde.
L’intrigue, centrée avec bonheur
sur Monica, sait sans cesse relancer l’intérêt
grâce à des scènes très
émotionnelles, émouvantes ou
divertissantes : discussions entre le
« faux » Doggett et
Monica via le dispositif informatique,
le départ particulièrement émouvant
de celui-ci (hélas ! les scènes
hospitalières vont se multiplier au
cours de la saison), l’évocation
de la thèse de l’Au-delà,
avec une référence à
Beyond the Sea, l’inénarrable
mère de Lukesh…
Alors certes, la toujours suprêmement
élégante Monica sort bien vite
la solution de l’énigme de son
chapeau, avec une compréhension qui
aurait même paru soudaine chez Mulder.
Mais grâce à l’espace ainsi
libéré, l’habile Steven
Maeda (41 épisodes à son actif,
et une belle carrière par la suite,
notamment sur Lost) trousse un portrait
particulièrement intense de Lukesh,
un serial killer réellement
insoutenable. Rarement un « Monstre
de la semaine » aura autant mérité
cette appellation ! Dylan Haggerty ,
totalement immergé dans son rôle,
s’avère réellement glaçant.
Par sa ruse et l’effroi qu’il
dégage, Lukesh participe pleinement
à l’intensité dramatique
sans faille de l’épisode. On
apprécie également l’absence
de surenchère d’effets spéciaux.
Les paradoxes de la conclusion ne seront pas
explicités, tant pis…
Monica s’installe à Washington, ce qui nous vaut une scène fort plaisante et déjà comme intime avec « John », d’autant que les deux collègues sont passés au tutoiement. Malheureusement à la fin de l’épisode on se demande avec perplexité qu’elle a été l’utilité réelle de Scully…
4-D fait référence
à la Quatrième Dimension,
théorie physique explicitant les univers
parallèles, mais aussi grande série
de Science-Fiction contenant un épisode
au thème particulièrement proche :
The Parallel (saison 4).
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5. LE SEIGNEUR DES MOUCHES
(LORD OF THE FLIES)
Nous les avions
oubliés tout au long d’une saison
8 marquée par un retour très net
aux fondamentaux de la série : revoici
les épisodes décalés !
Celui-ci débute excellemment, avec une
excellente satire de Jackass (diffusée
depuis 2000 sur MTV, également chaîne
de Pimp my ride… ) et consorts,
l’on ne s’y immerge pas aussi puissamment
que lors de X-Cops mais la scène
reste amusante.
L’épisode
suit cette veine humoristique avec talent grâce
à plusieurs effets réussis (Scully
appelée en renfort quand les bleus sont
perdus, clin d’œil à la FOX,
« pouce de la mort » en
clin d’œil à la Parker
Lewis…) puis le filon s’épuise.
L’humour se raréfie jusqu’à
disparaître quasi totalement, seul subsistant
le numéro de bourdon de Rocky autour
de Scully, répétitif et vite lassant.
Progressivement
se met en place un second épisode beaucoup
plus rebattu et prévisible, lesté
des mêmes défauts observés
dans À toute vitesse :
lycéens sans relief et trop classiques,
interprétation peu relevée, schémas
amoureux mille fois vus ailleurs. Même
les effets spéciaux, certes réussis,
restent exactement les mêmes que ceux
observés, en mieux, avec les abeilles
de naguère. L’épisode progresse
bancalement entre deux tonalités différentes,
dont aucune n’a l’espace nécessaire
pour convaincre pleinement.
Cet essai de
relancer ce grand et fécond courant des
X-Files que furent les épisodes
décalés paraît finalement
avorté malgré une conclusion poétique
bienvenue. Un constat bien attristant car constituant
un indice supplémentaire d’un certain
épuisement de la série.
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6.
NE FAITES CONFIANCE À PERSONNE
(TRUST NO ONE)


L’épisode débute
par une mise en scène visuellement
somptueuse où différents extraits
d’histoires précédentes
sont présentés comme un album
de photos que Scully utiliserait pour présenter
son père à William. Les images
sont splendides mais l’effet se voit
considérablement gâché
par un commentaire totalement creux et lénifiant.
Ceci dit cela ne représente qu’un
handicap mineur car on cesse bien vite de
s’y intéresser pour s’amuser
à reconnaître les épisodes
présentés dans ce mini clip-show.
On reste tout de même
atterré de constater que le récit
se poursuit sur le même ton larmoyant
à travers un échange épistolaire
sur le net entre Mulder et Scully. La relation
entre les deux personnages, qui nous a valu
tant de grands moments par le passé,
reposait beaucoup sur la magie du couple d’interprètes.
Désormais seule, Gillian Anderson ne
peut y pallier uniquement par son talent,
surtout quand l’émotion revêt
de tels gros sabots. Il demeure également
étonnant de voir deux personnages
aussi rompus aux complots et à la paranoïa
tomber dans le travers des hackers
débutants en utilisant des pseudonymes
aussi reconnaissables : Trustno1
et Queequeg, difficile de faire mieux…
Plus grave, on discerne ici
le même sentiment qui nous envahira
tout au long du récit cousu de fil
blanc qui s’ensuit : le désir
manifesté de continuer à exploiter
envers et contre tout le personnage de Mulder,
malgré l’absence de son interprète.
Non seulement cela ne peut fonctionner correctement
mais cela exprime un certain désarroi,
avec un repli identitaire concomitant, face
à cette Mythologie incapable de trouver
un second souffle convaincant et devenue,
bien davantage que les loners, la
faiblesse majeure de cette saison.
Au lieu de bâtir on
préfère recycler le passé
au-delà toute raison, tandis que l’on
perd un temps précieux qui aurait pu
servir à développer davantage
les personnages de Doggett et Monica, ainsi
que leur relation. La série semble
de fait avouer d’elle même qu’elle
n’a plus d’avenir. L’inanité
de cette excroissance de la Mythologie que
constituent les Super Soldats se trouve confirmée
avec cette arme minérale vraiment miraculeuse.
À quoi bon les définir tellement
puissants pour leur donner ensuite un talon
d’Achille aussi énorme, à
part une scène offrant des effets spéciaux
spectaculaires ?
Il eut été bien
plus fin de rendre l’affrontement davantage
possible, ouvrant des possibilités
d’action plus variées et convaincantes
à nos héros, sur le modèle
des Envahisseurs. Mais la subtilité
paraît bien avoir déserté
l’inspiration de nos auteurs qui ne
progressent plus que par recherche de l’effet
choc (on en reparlera lors de The truth).
Le seul point positif reste
l'enthousiasmante interprétation, renforcée
par une participation comme toujours admirable
de Terry O’Quinn. Celui-ci accomplit
sa troisième remarquable performance
de la série (en y adjoignant Fight
The Future), ce qui fait de lui l’un
des guests les plus précieux
des X-Files (sans même compter
MillenniuM et Harsh Realm,
auxquels il apporte tant). On ne peut que
regretter qu’il incarne ici un personnage
bien proche de la caricature. On notera également
des inserts de nouveaux marqués pour
les sponsors coutumiers de la série
(montres et informatique…).
Un épisode calamiteux, quasi suicidaire.
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Cet épisode
visuellement somptueux retrouve les accents
de la grande réussite de Triangle.
En effet, Doggett, qui dans une posture
très hitchcockienne a perdu la mémoire,
pénètre dans un Mexique fantasmé
tout comme Mulder jadis dans une Seconde
Guerre mondiale à la Indiana
Jones. La très inspirée
Michelle Maxwell MacLaren (productrice
au long cours de la série, effectuant
ici son unique réalisation) donne
à cette aventure l’aspect d’un
rêve par des effets lumineux oniriques
et chatoyants, encore accentués lors
du songe dans le songe que constituent les
réminiscences de Doggett à
propos de son fils (sa femme est interprétée
par la propre épouse de Robert Patrick,
Barbara).
Toujours aussi audacieux,
Gilligan décrit un Mexique archi
caricatural (policiers corrompus et brutaux,
soleil, poussière, misère,
toute puissance des Cartels…) que
la dimension de fantasme justifie, loin
de tout racisme, comme le démontre
par ailleurs El Chupacabra.
L’immersion
se révèle totale pour le spectateur,
d’autant que Gilligan pousse son talent
jusqu’à écrire son histoire
exactement comme on vit un rêve :
accélération de l’intrigue
(via ces sauts dans la chronologie) et raccourcis
aussi saisissants qu’illogiques. Ainsi
il n’est nulle part expliqué
comment Monica retrouve Doggett, une impasse
se justifiant parfaitement dans le tour
de force de l’épisode. Le scénario
montre de nombreux trous béants similaires,
mais Gilligan joue avec le feu selon un
art consommé. Les démarches
de Monica et d’une Scully vraiment
réduite à l’état
de vestige évoquent également
les tentatives de cette dernière
dans Triangle. Les retrouvailles
avec Doggett signifient le retour au réel,
avec une disparition éloquente des
effets lumineux..
Cette « Hispanidad »
de l’épisode lui confère
d’ailleurs un vrai cachet, ainsi qu’un
intérêt encore accru. On éprouve
un vif plaisir à écouter tous
ces riches accents mexicains et sud-américains,
mêlant leurs savoureuses sonorités
à la luminosité du castillan.
Les différents acteurs hispaniques
apparaissent tous épatants !
Jamais on aura entendu parler autant Espagnol
dans un épisode des X-Files,
et l’on s’en régale sans
retenue. Le sorcier local vaut aussi le
coup d’œil. De même on
se réjouit de voir enfin Monica Reyes
exploiter sa dimension hispanique, ce qui
lui apporte un surcroît d’épaisseur
et d’existence.
Il en va d’ailleurs de même pour Doggett (grandiose Robert Patrick) avec son fils et la douleur qu’il revendique superbement. Le nouveau duo souffre d’un terrible déficit en parcours personnel et en arrière fond face à Mulder et Scully, une comparaison particulièrement dommageable alors que la série s’obstine à vouloir maintenir le couple historique envers et contre tout , comme dans le funeste Ne faites confiance à personne. L’épisode tend à pallier, bien partiellement, à cet handicap.
Durant cette escapade sous l’écrasant soleil d’un Mexique onirique, Doggett et Monica prouvent qu’ils ont encore de superbes histoires à nous conter, pour peu que la série consente à leur en donner l’occasion.
De prime abord, l’épisode
s'impose clairement comme le plus gore d’une
série qui a pourtant démontré
de belles prédispositions en la matière.
Les artistes de la série s’en
donnent à cœur joie avec leur
brio coutumier, mais leur talent tourne
quelque peu à vide durant toute la
première moitié de l’épisode.
L’intrigue y fait un surplace lassant
tandis que, malgré l’excellente
interprétation, le talent pour l’épouvante
de Kim Manners et la musique de Snow, l’empilement
de cadavres suppliciés sans réelle
justification finit par mettre mal à
l’aise.
Le récit, après
cette trop longue et fastidieuse introduction,
ne débuté réellement
qu’avec les traditionnels photos et
articles issus d’un passé de
plus en plus lointain. De fait l’histoire
se déroule selon une symétrie
inversée à celle de Le
pré où je suis mort,
avec des réincarnations d’âmes
non plus liées par l’amour
mais par la haine et la vengeance.
Cette version apparaît
nettement moins originale que la précédente,
car plus dans l’orientation générale
d’une série privilégiant
l’horreur et les ténèbres
sur le sentiment romanesque et mystique.
L’effet de surprise joue aussi beaucoup
moins tandis que le caractère encore
récent de la personnalité
de Monica rend le choc moindre qu’avec
Mulder. L’antagonisme violent avec
Van Allen paraît aussi moins ambitieux
et développé que la relation
entre Mulder et Mélissa, tandis que
James MacDowell n’apporte pas la même
intensité à l’épisode
que l’étonnante Kristen Cloke.
La vengeance post mortem demeure
un sujet maintes fois rebattu dans la série.
La mise en scène de Manners en reste aussi à des rouages bien connus, quoique suprêmement efficace dans la révélation horrifique de la mine, la scène la plus intense de Hellbound, à la différence des jeux de lumière et de caméras si planants et esthétiques de Rob Bowman. Alors que la roue du Karma conduisait à un épisode fascinant par son caractère hors normes, cette idée n’apparaît ici que comme la justification astucieuse à un déferlement de sauvagerie et d’images choc.
On appréciera néanmoins
la qualité du jeu d’Annabeth
Gish, tandis que Robert Patrick reste en
retrait avec un Doggett ici secondaire.
L'épisode expose bien la différence
d'approche entre les deux "ouverts
d'esprit" : là où Mulder
opérait par brillantes associations
d'idées, Monica agit par des intuitions
à la Profiler, particulièrement
intenses dans cette histoire où elle
est si personnellement impliquée.
Gillian Anderson n’a plus grand-chose
à montrer avec une Scully cantonnée
aux autopsies et à leur exploitation
immédiate, mais aussi à un
rôle téléphoné
de mentor de Monica, affleurant parfois
à la Raffarinade : « Il
essaie, mais la route est longue ».
La pente est également très
forte pour le personnage.
9/10.
LA PROPHÉTIE
(PROVENANCE/PROVIDENCE)
L'ultime double épisode
mythologique de la série dégage
une pénible impression de lassitude,
voire d'épuisement. Le scénario
se contente d'aligner des péripéties
plus ou moins palpitantes selon un schéma
particulièrement décousu.
Après Essence, on reste
stupéfait de l'émergence de
ces sectes ufologiques semblant jaillir
de la terre, puissantes et parfaitement
renseignées, alors que l’on
n’en avait jamais entendu parler jusqu'ici.
Cela ressemble fort à un élément
désespérément sorti
du chapeau par les auteurs pour maintenir
à flot une Mythologie prenant l'eau
de toutes parts. Celle-ci ne cesse de graviter
toujours plus artificiellement autour de
William, son origine comme son devenir faisant
ici l'objet de dialogues particulièrement
abscons et nébuleux. On ne s'intéresse
plus à cette histoire qui ne cesse
de faire du surplace et de tenter de donner
l'illusion de la progression en ergotant
toujours plus sur le bébé.
Le recours au poncif absolu de « La
Prophétie » enfonce encore
un peu plus le clou.
De plus, on retrouve le
ton pseudo mystique totalement creux et
outré de La sixième extinction,
avec notamment une scène désastreuse
où Scully et Monica, agenouillées
devant le Rébus Galactique, soulignent
avec une rare lourdeur le caractère
prétendument vertigineux de ce concept
survendu. Pour tenter d'ajouter du piquant
à cette mélasse, les auteurs
ont recours à du grand guignol (tentative
d'étouffer William, fragment magique,
final pyrotechnique totalement inexpliqué...
) mais oublient de nous offrir un cliffhanger
valable car à l'instant où
Scully confie William aux Bandits Solitaires,
on comprend instantanément que cela
va virer au vinaigre, tandis que la péripétie
demeure archi convenue.
Une pitoyable conclusion
pour cette flamboyante succession de cligffhangers
ayant tant apporté à la série.
La conclusion, révélation
si surprenante que le Toothpick Man est
un Super Soldat, est exactement similaire
au cliffhanger d’Essence,
une forme d'exploit...
Les personnages ne sortent
pas non plus indemnes de ce naufrage. On
se réjouit d'abord que le si grand
talent de Gillian Anderson ait enfin quelque
chose à exprimer dans cette saison,
mais Scully cramponnée à son
bébé comme le pendu à
sa corde, ou enivrée d'une colère
répétitive et lassante, devient
vite ennuyeuse. Même absent, Mulder
en prend aussi pour son grade car l'épisode,
une nouvelle fois après Ne faites
confiance à personne, constitue
une preuve éclatante de l'inanité
de l'argument selon lequel il serait parti
pour protéger Scully et l'Enfant
du Miracle. Non seulement ils restent exposés,
mais en plus il n'est plus là pour
agir. Tandis que Skinner paraît étonnamment
effacé après les récits
précédents, Follmer montre
bien qu'il ne s'élèvera pas
au-dessus du niveau du simple poil à
gratter.
Finalement, seuls les Bandits
Solitaires tirent leur épingle du
jeu, avec un vrai moment d'émotion
quand Scully déclare qu'ils sont
les derniers en qui elle peut avoir confiance
(la pauvre), mais aussi d'humour quand leur
intervention tourne comme toujours à
la panique générale. Avec
un zest d’émotion on assiste
à la fin du van crasseux qui fut
le vaisseau amiral (l’épave
ambulante) des Lone Gunmen durant
Au cœur du complot, également
aperçu dans Triangle.
Monica passe le plus clair
du double épisode à la remorque
de Scully. Or, même si leur solidarité
féminine s'avère touchante,
elle demeure un personnage complexe, entre
deux mondes, nécessitant de se situer
au cœur d’un épisode
pour pleinement s’épanouir.
La prophétie ne lui en laisse
pas l’occasion, hormis la très
intense scène de colère où
Annabeth Gish se montre réellement
ardente. Doggett, à la présence
plus affirmée, donne toujours lieu
à une savoureuse composition de Patrick,
même si en retrait. Hélas !
il est ici malheureusement vite mis hors-jeu.
Après 4-D on observera qu'il
est hospitalisé dans le coma pour
la seconde fois de la saison, mais, que
l'on se rassure, ce sera le tour de Monica
dès l'épisode suivant... À
la place de ces deux-là, au Monopoly
j'éviterais les cartes "Caisses
de la Communauté" : 10 000 francs
c'est cher...
On notera des guests
de poids avec Neal McDonough (Boomtown,
Desperate Housewives…), et Alan
Dale (24h Chrono, LOST, Ugly Betty,
NCIS…).
La prophétie
apparaît comme une éloquente
démonstration de la voie sans issue
dans laquelle s'est engouffrée la
série, hélas sans remède.
Fort heureusement la seconde partie de la
saison va se révéler
plus relevée que la première,
avec un bouquet final de loners
fort réussis.
11. AUDREY PAULEY
(AUDREY PAULEY)
Le thème de la
maison de poupée ou de l’univers
en réduction vivant sa propre existence
parallèle à la nôtre
constitue un thème très
riche du Fantastique. La Quatrième
Dimension lui consacrait ainsi un
épisode à la facture classique,
Miniature (saison 4). Mais les
X-Files renouvellent ici le genre
avec succès grâce à
cette idée étonnante : l'âme
en suspension des comateux trouvant asile
dans cette maquette d’hôpital.
Ce thème original se voit parfaitement
exposé au long d’une progression
dramatique d’une très fine
écriture. Monica et ses compagnons
d’infortune se retrouvent initialement
plongés au sein d’une énigme
des plus étranges, avant que progressivement
la vérité ne se fasse jour.
On retrouve encore ici l’idée
d’un classique de la Quatrième
Dimension, série imprégnant
réellement Audrey Pauley,
avec ces personnages enfermés dans
un mystérieux cylindre sans raison
apparente (Cinq personnages en quête
d’une sortie, saison 3). Le
spectateur ressent une fascination identique
devant l’aura de mystère
enveloppant cette histoire.
L’impact en est
encore renforcé par la musique
éthérée de Mark Snow
et la mise en scène comme toujours
très inspirée de Kim Manners,
parvenant à force de mouvements
de caméras judicieux et variés
à parer à toute impression
d’immobilisme de l’intrigue
et à faire vivre une action se
déroulant exclusivement en studio
(cela nous évoque les meilleurs
moments de Cathy Gale).
On remarque également une superbe photographie et un jeu esthétique parfaitement abouti sur les teintes à dominantes froides (blanc, bleu) et le costume sombre de Monica. L’ensemble confère à ces différentes scènes une envoûtante ambiance de zone crépusculaire (toujours la Twilight Zone…), avec des glissements entre les deux mondes parfaitement agencés.
L’épisode, particulièrement ambitieux, ne se contente pas d’exploiter cette situation et développe un segment policier convaincant, même si l’on ne saisit pas vraiment la motivation profonde du bon docteur Preijers, défaut secondaire car l’essentiel est ailleurs. On remarque également que c’est la troisième fois cette saison qu’un membre du duo se retrouve dans le coma, mais qu’importe si la qualité est au rendez-vous ? De plus la symétrie avec 4-D, autre moment fort de la saison, se montre très intéressante.
On a suffisamment critiqué
par ailleurs les liaisons dangereuses
entre les X-Files et les séries
hospitalières pour ne pas saluer
ici la parfaite exploitation de cet environnement
particulier et l'audacieuse image inversée
des médecins si formidables et
rassurants peuplant ces séries.
Jack Blessing (George Lopez)
campe superbement son personnage et sa
furieuse violence affleurant sous l’apparente
solidité professionnelle.
L’interprétation
s’impose d’ailleurs comme
un autre atout de l’épisode,
Tracey Ellis nous offrant une partition
aussi forte que celle de Souvenir
d’oubliette et Stan Shaw (Racines)
réalisant un duo émouvant
avec Annabeth Gish. Mais L’épisode
fait avant tout la part aux personnages
principaux, avec une relation Doggett/Monica
mise sous les projecteurs. L’on
retrouve certes des accents à la
Mulder et Scully (jusqu’à
la torture rituelle du baiser contourné)
mais avec comme spécificité
un blocage clairement centré sur
John à qui Monica lance non plus
une perche, voire une poutre, mais bien
le Pont de Brooklyn sans qu’il s’en
saisisse.
Le personnage se révèle
toujours plus complexe, dans la grande
tradition des X-Files. Monica
est toute à son affaire dans cet
univers de poche dérivant autour
du notre, tandis que Doggett se montre
bouleversant d’émotion et
de refus de la fatalité qu’il
a jadis connue avec son fils. Annabeth
Gish et Robert Patrick sont magnifiques
et démontrent une parfaite maîtrise
de leur personnage. Steve Maeda a visiblement
parfaitement saisi l’esprit de la
série et s’impose comme la
révélation de cette saison
parmi les auteurs.
L’épisode
souffre cependant d’un défaut
récurrent de la saison 9 : le faible
intérêt du rôle dévolu
à Scully, ici simple confidente
de Doggett (on se croirait au théâtre
classique), totalement, désespérément,
passive. On pourrait s’étonner
de la découvrir aussi sceptique
alors qu’elle était devenue
« ouverte d’esprit »
dans la période récente,
mais l’on retrouve l’idée
de Régénérations :
l’idée de l’irruption
du paranormal dans son univers familier
de l’hôpital, cénacle
de la science triomphante, heurte particulièrement
Scully. À défaut d’un
réel intérêt le personnage
demeure au moins cohérent.
Un épisode phare de la saison, Audrey Pauley prouve le niveau d’excellence que pouvait encre atteindre les X-Files, ainsi que la richesse potentielle du duo Monica/Doggett. Son seul défaut restera d’aviver encore les regrets ressentis devant la l’extinction prochaine de la série.
On se remémorera
également que cet épisode
est la cinquantième réalisation
de Kim Manners sur la série. Un
chiffre éloquent, d’autant
que la qualité fut toujours au
rendez-vous pour ce grand artiste filmant
l’étrange et l’épouvante
avec un rare talent. Un des atouts maîtres
des X-Files.
12. DANS LES ABÎMES
(UNDERNEATH)

 
Bien après Mulder dans le déjà médiocre Vengeance d’outre-tombe, Doggett se retrouve confronté à une affaire ressurgissant de son passé. L’épisode joue également avec l’identité altérée du tueur, mais cette fois dans une optique très proche du classique de la littérature fantastique qu’est Docteur Jekyll et Mister Hyde. L’idée pouvait sembler excellente d’adapter le mythe aux X-Files mais l’argument de John Shiban se révèle des plus faibles, incapable de développer l’idée initiale.
Ce manque de substance se traduit par une première moitié de l’épisode très répétitive, avec une alternance ressassée de scènes centrées sur les manifestations de l’assassin puis de dialogues assez stéréotypés entre Scully et Doggett, sans que l’intrigue avance d’un iota. Pour pallier à ce surplace, Shiban développe le tronçon totalement inutile de la forfaiture du collègue de Doggett, un poncif des séries policières qui n’apporte rien ici (on connaît déjà l’intégrité de Doggett) et que l’auteur ne cherche même pas à introduire correctement car nulle part n’est décrit comment Scully découvre le pot aux roses.
Le récit redémarre quelque peu dans la seconde moitié grâce à l’intervention d’une Monica ici très similaire à Mulder dans son processus de découverte de la vérité. Malheureusement, au lieu d’exploiter la profondeur du thème de Stevenson, Shiban s’empresse de déboucher sur une résolution facile et spectaculaire, dans une énième course poursuite dans les Ténèbres comme la série nous en a déjà tant offert. La double personnalité n’intervient que pour l’effet final des plus prévisibles.
L’épisode
sauve cependant les meubles grâce
à la mise en scène
imaginative du même Shiban
qui développe quelques
séquences visuellement
efficaces dont plusieurs effets
seront d’ailleurs repris
dans l’excellente série
de Steven Moffat, Jeckyll
(2007) : message comminatoire
laissé à l’Autre,
confrontation physique des deux
entités, phénomènes
paranormaux annonçant la
venue de l’alter ego (ici
l’accélération
au lieu des perturbations électriques)…
On regrettera cependant la reprise
de l’idée du visage
du tueur apparaissant dans le
miroir de la pharmacie,
ayant déjà servi
pour le meurtre du père
de Mulder par Krycek, ce que l’on
ne risque pas d’oublier !
La poursuite finale s’avère également rondement menée, avec de nouveaux exploits macabres des artistes de la série. Earl Brown (Deadwood) réalise également une composition parfaitement convaincante mais, sans aller jusqu’à décevoir, le reste de la distribution n’enthousiasme pas vraiment.
On notera une
tentative de doter Scully d’une
importance un tantinet plus étoffée
que de coutume durant cette saison.
Malheureusement, cela se produit
aux dépens de Monica, car
à l’évidence
une seule d’entre elles
aurait suffi à mener l’action
des deux. Chacune se voit ainsi
attribuer un demi-rôle,
coupant l’épisode
en deux de manière assez
nette. Même partiellement
rééquilibré
le trio d’agents ne trouve
pas sa pertinence et Scully continue
à nuire à l’instauration
d’un duo Doggett/Monica
ne disposant pas de tout l’espace
nécessaire pour s’implanter
avec conviction dans la série.
Après
le semi échec inquiétant
du Seigneur des mouches,
la série parvient cependant
à produire un épisode
décalé de la meilleure
eau, étonnant d’audace.
En effet le surprenant scénario
de Carter (également
réalisateur) accumule
les situations les plus improbables
dans une succession d’effets
chocs donnant véritablement
le tournis (rencontres
fortuites, coïncidences
troublantes, écran partagé
à la Hollywood…),
au point que l’on songe
parfois au Générateur
d’Improbabilités
de Douglas Adams (Le Guide
du Voyageur Galactique).
Rien de pesant ou de maladroit dans ces évènements, mais au contraire une narration très fluide et dynamique, habilement soulignée par des effets de caméras déstabilisants et un jeu intelligemment accentué des comédiens pour souligner la bizarrerie de l’histoire. C’est particulièrement le cas avec une superbe Annabeth Gish nous régalant d’une Monica plus mystique et exaltée que jamais.
L’exercice
de style se voit poussé
encore plus loin par le choix
des cha-cha-chas bigarrés
et au-delà du kitch
de Karl Zéro (neuf chansons
tirées de l’album
Songs for cabriolet y otros
typos de vehiculo, 2000),
qui doivent apparaître
encore plus exotiques pour le
public américain que
dans l’hexagone !
La France aura donc été
représentée dans
les X-Files par Mururoa,
Karl Zéro et une paysanne
médiévale devenue
Génie de la Lampe. Vous
avez dit « improbable » ?
Mais malgré
cette substitution aussi osée
que réussie de Snow par
le mari de Daisy d’Errata,
le couronnement de l’épisode
demeure bien la participation
de Burt Reynolds en divinité
mystérieuse et souriante.
Aimant les humains (jusqu’au
serial killer) et refusant
d’influer sur leur libre
arbitre au-delà de paraboles
nébuleuses et ludiques,
ce Dieu (?) incarne admirablement
le caractère chaotique
de nos destinées, partiellement
décrypté ici par
la numérologie. Au-delà
de l’humour irradiant
de la personnalité et
de l’abattage de la star,
le récit atteint ainsi
une authentique profondeur,
tout en ne renonçant
jamais à constituer un
authentique épisode des
X-Files.
Contrairement
à un All Things
interrogeant pareillement sur
le Destin (la femme blonde
est-elle un autre avatar du
Joueur ?) mais en passant
par-dessus bord l’esprit
de la série, nous retrouvons
ainsi un serial killer
parfaitement sinistre, aucunement
édulcoré, et une
vraie enquête, jusqu’à
la traditionnelle séance
de diapositives horrifiques
évoquant tant de bons
souvenirs. L’épisode
parvient également à
accomplir l’exploit, hélas
si rare durant cette saison,
d’accorder à Scully
sa juste place, avec un authentique
rôle personnel à
jouer aux côtés
de Monica et de Doggett. L’histoire
trouve ainsi un équilibre
permettant à chacun des
trois personnages principaux
d’exister sans empiéter
sur l’espace de l’autre.
Le reste de la distribution
se montre parfaitement convaincant,
notamment Ray McKinnon (Deadwood)
en tueur désaxé
et Ellen Greene (la numérologue)
qui deviendra bien plus tard
la Tante Vivian de Pushing
Daisies !
Disons-le, cette étincelante fantaisie, cette humour pétillant et cette ambiance si festive de comédie musicale font du bien alors que s’approche inexorablement le terme de l’épopée…
— Agent Mulder
wasted no time closing that
case. I just try to think
like him. What would Agents
Mulder and Scully do if they
were in this situation?
— Agents Mulder
and Scully aren't in this
situation. Agents Doggett
and Reyes are. I don't know
about Agent Reyes, but Agent
Doggett's going to sit his
tired ass down.
Après
4-D et Audrey Pauley,
la saison 9 continue à
s’inscrire avec bonheur
dans le sillon de La Quatrième
Dimension. En effet Scary
Monsters apparaît
comme un pur remake d’un
des épisodes les plus
fameux de l’anthologie
fantastique : C’est
une belle vie, lui-même
repris dans la version cinéma
de 1983. Un voyageur pénètre
dans un étrange petit
village isolé, où
règne une frayeur abjecte
du fait de la toute puissance
d’un insupportable gamin
doté d’un pouvoir
quasi divin. Dans son tronçon
principal l’intrigue de
Schnauz suit la même implacable
et terrifiante révélation
progressive de la vérité,
ponctuée de séquences
chocs dûes à la
mise en scène très
dense d’un Little sachant
alterner ses effets.
La terreur ressentie
par Jeffrey Conlon rejoint celle
des villageois et se communique
au spectateur, ajoutant une
horreur psychologique aux manifestations
surnaturelles. À égalité
avec les jumelles de Ève,
Tommy occupe la place enviée
non seulement du plus inquiétant
mais aussi de pire tête
à claques d’une
série en comportant un
nombre certain. Outre son pouvoir,
il manifeste une propension
au sadisme et une fascination
pour l’épouvante
faisant de lui un intéressant
sujet promettant beaucoup pour
demain. Grâce à
l’étonnant talent
du jeune interprète Gavin
Fink (Urgences), Tommy
constitue bien un Monstre de
la Semaine de la meilleure cuvée,
malgré son apparence
angélique !
À côté
de cet excellent détour
à travers la Twilight
Zone, Scary Monsters
gagne sa spécificité
en développant un autre
versant de l’intrigue,
absolument antagoniste car franchement
humoristique. Il s’articule
autour du retour de la craquante
Leyla Harrison découverte
dans Seul. Cette fois
elle entraîne son amoureux
transi dans la danse et l’habile
Schaunz va ainsi avoir à
faire exister un nombre imposant
de personnages, avec à
la clé une réussite
presque totale.
Tandis que William
reste tranquillement endormi
(c’est très bien,
merci Margaret), Scully demeure
certes en périphérie
de l’action principale
mais participe sensiblement
davantage à l’histoire
que de coutume durant cette
saison. En effet Gillian Anderson
dispose ici d’une très
belle ocasion d’exercer
son talent pour la comédie,
avec deux scènes hilarantes
et identitaires de l’épisode.
Le grand dadais courtisant Leyla
en déterrant un chat
crevé apporte aussi une
vraie cocasserie au récit,
avec une autopsie battant tous
les records en la matière.
Leyla, gaffeuse toujours aussi
hilarante, n’a rien perdu
de sa nature de groupie des
Affaires Non Classées
en général et
de Mulder en particulier mais
se révèle fine
mouche en titillant le viril
Doggett sur ce qu’aurait
accompli l’Absent. On
ressent toujours le même
plaisir nostalgique à
l’écouter évoquer
les hauts faits du passé,
déteignant sur Doggett
: Coup de foudre et
Spores passent ainsi
au crible et on en redemande !
La grande figure
de l’épisode demeure
cependant ce même Doggett
manifestant une solidité
et une astuce forçant
l’admiration. Son scepticisme,
si souvent mis en défaut,
se révèle l’élément
salvateur du jour, tout comme
pour Scully dans Folie à
deux. Il faut dire que,
contrairement à la Quatrième
Dimension, les X-files
cantonnent le pouvoir de Tommy
à l’illusion, loin
de la surenchère délirante
des Super Soldats. Cela nous
vaut une spectaculaire confrontation
entre Tommy et lui, démontrant
au passage que la maison est
bien tenue. Monica reste, elle,
pratiquement transparente, se
limitant au rôle de victime
ou de consolation de l’hypocrite
Tommy. Après William
c’est à croire
qu’elle a raté
sa vocation ! Mais créer
une véritable action
pour tous les membres d'un tel
aréopage relevait de
la gageure, et lucidement Schnauz
préfère cette
option à l’artificialité.
Scary Monsters
se caractérise par une
superbe écriture, suscitant
deux segments aussi opposés
(humoristique et horrifique)
qu’aboutis, tout en les
entremêlant avec l’efficacité
nécessaire pour éviter
l’impression de patchwork
et en mettant en scène
avec maestria un imposant
groupe de personnages.
Suprême
audace, cet épisode,
évocateur de la magie
de l’enfance à
travers le prisme si particulier
des X-Files (l’arrivée
de Scully sous la neige rappelle
également Shining,
au thème proche), s’offre
le luxe d’une audacieuse
conclusion révélant
la télévision
comme idéal moyen d’assécher
l’imagination débordante
de nos premières années !
Leyla a beau
conclure que la magie des Affaires
Non Classées opère
toujours, c’est ironiquement
durant le tournage de cet épisode
que la FOX décide du
non renouvellement de la série,
comme l’évoque
le Complete X-Files.
Dès lors les prochains
épisodes vont le plus
souvent se consacrer à
la clôture des lignes
narratrices en cours. Et cela
va débuter très
fort, à la hache.
15.
N’ABANDONNEZ JAMAIS
(JUMP THE SHARK)


Once upon a
time, there were three... how should
I put this... geeks. Three more
unlikely heroes... there never were.
It wasn't long before their naïveté
nearly got them killed. Until they
hooked up with an FBI agent... And
began publishing a – what
shall I call it? "rag"
called "The Lone Gunman".
From their cramped basement office
they pointed fingers at powerful,
evil forces... And some not so evil.
In their own unique way, the three gunmen were patriots, fighting the good fight. And provided... expertise for their friends at the FBI. For a brief time it looked as if they might actually make a difference in this cold, cruel world. They acquired an intern who believed in their cause. And a powerful, beautiful nemesis... who became an ally. But the world is not kind to idealists... and those who fight the Good Fight don't always win.
On n’épiloguera
pas inutilement. Certes l’on
distingue des éléments
fort plaisants au cours de cet épisode
calamiteux, comme le retour de cette
fripouille cynique mais pas si antipathique
de Fletcher (Michael McKean se montre
toujours crapuleux et hilarant).
On le retrouve avec plaisir, en
provenance d'Au cœur du
complot, d’autant que
ce grand hâbleur devant l’Éternel
nous offre en ouverture un portrait
des Bandits Solitaires aussi narquois
et incisif que celui de Mulder au
début de la seconde partie
de Zone 51. Il est très
amusant de le voir faire chou blanc
devant Monica et Doggett en se trompant
de mythologie, avant de les intéresser
avec les Super Soldats.
On apprécie
également de découvrir
Kimmy le Geek, Jimmy et la capiteuse,
l’envoûtante Yves au
sein de la série mère,
un honneur bien mérité.
L’intrigue en elle-même,
construite autour du bio terrorisme,
semble effectivement davantage relever
d'Au cœur du complot (dont
on retrouve la musique) que des
X-Files, mais se révèle
efficacement construite, offrant
de nombreux rebondissements des
plus réussis. Monica et Doggett
demeurent périphériques,
et Scully quasiment absente, bien
que l'on doive une épitaphe
du Trio particulièrement
éloquente au talent de Gillian
Anderson. Mais cela ne constitue
pas réellement une faiblesse,
l'épisode demeurant avant
tout la conclusion d'Au cœur
du complot, qui est d'ailleurs
fort judicieusement inséré
dans le coffret de la série.
Tout ceci demeure
cependant parfaitement secondaire
car Jump The Shark reste
bien entendu avant tout marqué
par la plus néfaste décision
jamais prise par Chris Carter au
cours des 202 épisodes des
X-Files : la mort
assez abjecte du Trio, dont l’absence
se fera d’ailleurs ressentir
cruellement dans I want to believe.
On comprend la nécessité
de clôturer les différents
dossiers ouverts, y compris dans
l’inachevée Au
cœur du complot (on se
situe un an après le dernier
épisode), sur un laps de
temps très bref après
l’annonce de l’arrêt
de la série. Mais l’on
ne perçoit pas l’intérêt
de faire prendre une porte de sortie
aussi définitive et sordide
à ces fabuleux personnages
ayant tant apporté en humour
et fantaisie à la série.
Et cela même si l'évènement
se voit annoncé par une émouvante
scène bilan d'une étonnante
gravité entre Byers et un
Frohike allumant déjà
symboliquement la cigarette du condamné.
Langly clame lui prophétiquement
son admiration pour Joey Ramone,
figure fondatrice du Punk Rock,
qui vient de décéder
tragiquement en 2001, presque un
an jour pour jour avant la diffusion
de l’épisode.
Comme indiqué
dans le Complete X-Files,
Bruce Harwood (Byers) déclare
préférer que les personnages
aient eu droit à une vraie
conclusion plutôt qu'à
une vague fin ouverte mais Vince
Gilligan, auteur du scénario,
regrette vivement ce qu’il
considère comme une erreur.
On adhère ici à l’homme
de l’art, tandis que l’on
ressort passablement nauséeux
de la relecture de l’épisode,
nonobstant sa grande qualité.
Les X-Files débutent
leur agonie d’une bien affligeante
façon.
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16.
WILLIAM
(WILLIAM)


La série continue à régler au pas de charge les divers problèmes en instance avant l’extinction des feux.
Cette fois c’est
au tour de William de prendre
la porte de sortie, mais cet
évènement salutaire
se voit précédé
par ce qui restera sans doute
comme l’épisode
le plus creux des X-Files.
De la survenue du mystérieux
défiguré à
la résolution ultra rapide
de l’intrigue, absolument
rien ne se passe hormis une
accumulation de dialogues convenus
et mélodramatiques. L’unique
ressort de l’histoire
repose sur le doute que cet
homme pourrait être Mulder,
ce que bien entendu personne
ne croit.
L’inertie
s’avère telle que
le récit minimaliste
de Duchovny va jusqu’à
oser quelques expédients
minables pour donner l’impression
de mouvement, comme cet aller-retour
à Quantico pour un simple
examen médical. Sa caméra
ne peut rien face à ce
néant d’autant
que, si elle se montre sobre
et élégante,
l’inventivité de
Hollywood est remisée
au vestiaire (hormis son apparition
choc dans l’œil
de Scully, astucieuse).
On se croirait
vraiment dans le mauvais théâtre
new-yorkais raillé par
Woody Allen, composé
de pathos stérile et
enflé. Même les
comédiens, pourtant si
excellents, semblent ici en
rajouter. Une scène ressort
particulièrement, quand
Monica et Scully à l’hôpital
(oui, il y a bien entendu un
hôpital dans l’affaire)
attendent désespérément
du nouveau. Comme on les comprend.
Après
cet interminable pensum
(les trois quarts de l’épisode),
l’histoire se résout
avec une succession abracadabrantesque
de révélations
expédiées en une
poignée de minutes. Cet
homme dont Scully doute de la
véritable identité
est laissé quasiment
libre de faire ce qu’il
veut dans l’appartement
de celle-ci, y compris dans
la chambre de William nullement
surveillée. C’est
absurde. Donc l’homme
est en fait Spender, qui aurait
survécu à une
balle tirée à
bout portant par quelqu’un
qui pourtant s’y connaît
vaguement en matière
de meurtre... Bon. Il aurait
découvert un produit
miracle annihilant les pouvoirs
(toujours flous, d’ailleurs)
de William. Où ?
Comment ? On n’en
saura rien. Tout ça pour
ça, tout le cycle William
réduit à néant
par une substance jaillissant
de nulle part sans que la nature
en soit explicitée un
minimum...
En passant,
le Fumeur est bien le père
de Mulder, un retour en arrière
assez hors sujet. Et que devient
Spender à l’issue
de l’épisode, on
n’en saura rien non plus.
Le tout à l’avenant,
dans une histoire navrante d’ineptie
et s’effilochant sous
nos yeux navrés de constater
jusqu’où une telle
série a pu déchoir.
De bout en bout cette nouvelle
Mythologie si faisandée
se sera montrée décevante,
creusant le tombeau des X-Files
au moment où ces derniers
nous offrent encore de splendides
loners.
Les Bandits Solitaires et William connaissent des sorties de scènes étrangement asymétriques, Jump The Shark constituant un trépidant épisode à la conclusion calamiteuse, tandis que William connaît une fin des plus appréciées (l’évacuation du bébé enclume) mais précédée par une bouillie consternante. Dans les deux cas, l’échec cinglant est au rendez-vous, William parvenant à nous laisser encore plus effondré que le précédent.
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17.
CLAIRVOYANCE
(RELEASE)

He thinks he failed Luke. In his mind, he can never do enough, never suffer enough, for what happened. I think if you can help him find the man who did this, maybe... he could move on. He and Monica could really have something together. He just won't let her in.
Après que les Bandits Solitaires et William aient quitté la série de manière particulièrement désastreuse, les X-Files poursuivent leur frénétique clôture des dossiers avec John Doggett et la lancinante énigme du meurtre de son fils. Autant dire que l'on abordait cet épisode avec de légitimes appréhensions, pourtant Clairvoyance se révèle une excellente surprise.
Un élément
crucial apporte un clivage entre
cet épisode et le précédent,
tous deux caractérisés
par la survenue d'un élément
extérieur aboutissant
à la résolution
de leur arc narratif. Là
où William se
contentait de sortir du chapeau
magique une miraculeuse substance
d'un flou total, David Amenn
prend le temps de mettre en
scène l'étonnant
personnage de Hayes (très
Frank Black), porté par
un époustouflant Jared
Poe, totalement immergé
dans son rôle. La personnalité
complexe de Hayes fait l'objet
d'une savante découverte
progressive, accompagnant habilement
l'enquête de Doggett.
Il débute par un amusant
numéro de déduction
qui ravira les amateurs de Sherlock
Holmes, avant d'en venir à
une relation plus paranormale
avec cet étrange mur
de photos de meurtres inexpliqués,
admirablement mis en valeur
par la caméra de Kim
Manners. Sa nature de schizophrène
apporte un twist au
récit, avant une sortie
de scène quelque peu
brusque, seul regret occasionné
par ce Monstre de la Semaine
particulièrement fascinant.
Mais la grande
figure de l'épisode demeure
bien entendu John Doggett. Le
personnage, en qui le spectateur
s’identifie pleinement,
se révèle particulièrement
poignant face aux nouvelles
perspectives ouvertes par les
facultés de Hayes. Robert
Patrick sait admirablement exprimer
ce qu’a de terrible l’espoir
qui étreint son personnage,
avec son lot de souffrances
ravivées. La scène
où Doggett, homme fier
et aux convictions solidement
enracinées, quémande
l’assistance de son étrange
partenaire s’avère
absolument poignante. Dans cet
épisode où le
paranormal se limite à
la portion congrue (Hayes peut
relever des troublants confins
de la folie et du génie),
on retrouve de manière
prononcée les accents
de la grande tradition de la
série noire américaine.
On y distingue une intrigue tortueuse à souhait mais également un policier à la fêlure secrète, hanté par une énigme irrésolue qui le ronge au fil du temps. On songe bien entendu au Dahlia Noir de James Ellroy, comme à l’ensemble du Quatuor de Los Angeles. L’analogie se développe avec brio grâce à Follmer, qui revêt ici une dimension supplémentaire dans son rôle archétypal de flic corrompu et ambitieux, dont les actes s’enchevêtrent de manière complexe à l’enquête du héros, comme un Dudley Smith un peu tendre. Regali vaut aussi le coup en gangster dur à cuire.
L’histoire
creuse encore ce sillon avec
des personnages féminins
subtilement dessinés.
Ils se révèlent
aussi cruciaux que de coutume
dans ce style littéraire,
hormis Scully qui demeure encore
une fois périphérique
mais, à ce stade de la
saison, on en a pris son parti.
Après Amnésie,
on retrouve Barbara Patricks,
épouse de Robert, dans
le rôle de Barbara Doggett.
Cette dernière ne partage
pas la soif de compréhension
de Doggett et se replie sur
son chagrin, elle aussi sapée
par la disparition du fils.
Les scènes entre les
deux parents expriment avec
sensibilité l’incommunicabilité
installée dans l’ancien
couple et l’omniprésence
de l’absent. Monica se
montre admirable de dévouement
et de soutien à John,
comprenant mieux que nul autre
les tourments qu’il endure
et le farouche besoin de compréhension
qui l’anime. On peut considérer
que leur couple achève
de se forger à cette
occasion, au terme de cette
histoire ayant vu leur rencontre.
La coda
du récit intervient lors
de la scène où
John et Barbara se résolvent
enfin à faire leur deuil,
en confiant symboliquement les
cendres mortuaires à
l’Océan. La scène
ressort superbement mise en
valeur (travelling impressionnant)
par Kim Manners démontrant
que son talent ne se limite
pas à l’Épouvante,
mais aussi grâce à
un Mark Snow en état
de grâce, dont la musique
mélancolique habite l’ensemble
de l’épisode. John,
enfin libéré (d’où
le titre original bien supérieur
à sa traduction), peut
désormais bâtir
un avenir avec Monica, une conclusion
présentée avec
émotion mais sans pathos.
Et c’est ainsi que se
conclue véritablement
leur histoire, même s’ils
participent encore aux ultimes
épisodes. Une fin sinon
heureuse, du moins non dénuée
d’espérance pour
ce duo attachant, ce qui n’est
pas peu dans l’univers
si sombre des X-Files.
Release,
grâce à sa densité,
sa sobriété et
sa qualité d’écriture
(joliment découpée
en actes), parvient à
l’exploit d’emporter
sans réserves l’adhésion
du spectateur, même si
quasiment dépourvu de
Fantastique et laissant de côté
les pistes tracées dans
Empedocles. Une constatation
s’impose à cette
occasion : chaque fois
que la saison s’est intéressée
au parcours et à la personnalité
de Doggett et Monica le succès
a été au rendez-vous
(4-D, Amnésie, Audrey
Pauley, Clairvoyance),
soit rigoureusement l’inverse
que lors de ces histoires ineptes
de Supers Soldats et autre William.
De quoi nourrir bien des regrets quant à l’erreur stratégique de ne pas développer franchement des New X-Files et de s’entêter à vouloir faire perdurer aussi maladroitement qu’artificiellement un passé glorieux mais révolu.
18.
IRRÉFUTABLE
(SUNSHINE DAYS)

  
I think
I'm finally gettin' the
hang of this job !
Après
une cavalcade à en
donner le tournis pour clôturer
les différents chapitres
ouverts, les X-Files
prennent le temps d’une
respiration avant le grand
final, le temps de cet ultime
loner de la série.
Or, celui-ci retrouve une
tonalité très
proche, quoique moins aboutie,
de l’éclatante
réussite de Je
souhaite, également
avant-dernier épisode,
cette fois de la saison
7. Tout comme lui il met
en scène un beau
duo de crétins et
manifeste une pétillante
fantaisie, parfois teintée
d’humour macabre.
De même,
il joue plaisamment avec
cette idée de tenir
enfin une preuve manifeste
et incontestable du paranormal,
à l’issue de
cette odyssée à
travers les Affaires non
Classées. Toutefois,
au lieu d’un récit
très structuré
comme celui de Je souhaite,
Irréfutable part
dans tous les sens, avec
une énergie et un
plaisir évident de
la part de l’auteur
comme des interprètes,
évoquant cette atmosphère
si festive des derniers
jours de classe avant de
longues vacances.
De nombreux
thèmes se voient
ainsi abordés comme
le goût de Chris Carter
pour la télévision
de jadis (dans les X-Files
comme dans Au cœur
du Complot), la magie
des séries télé
et l’addiction pouvant
en découler, la psychokinésie
(avec Skinner en lévitation),
le pouvoir de l’imagination,
un premier bilan avant The
Truth (200 épisodes,
neuf saisons), la société
spectacle et ses dérives,
la fuite dans l’imagination
face aux désillusions
du réel (le pouvoir
d'Oliver apparaît
également comme une
allégorie de la drogue)…
De plus,
le récit fait la
part belle aux personnages
récurrents avec un
Doggett et une Monica visiblement
sur le même petit
nuage que Mulder et Scully
dans Maleeni le Prodigieux,
ravis l’un de l’autre,
se taquinant, se tenant
par la main etc. On en est
ravi pour eux, d’autant
que, oh joie ! Scully participe
cette fois pleinement à
la fête, avec une
ultime autopsie hors normes
(conclusion d’une
véritable série
dans la série) mais
surtout une importance pleine
et entière dans l’action.
Les acteurs s’amusent
visiblement beaucoup, et
nous aussi.
Au total,
l’épisode apparaît
joyeusement fourre-tout,
mais très tonique.
Il finit cependant
par s’organiser autour
du personnage d’Oliver
au fil d’une énigme
très ludique. Guest
de choix, Michael Emerson
étonne par la personnalité
fragile qu’il confère
à son personnage,
très loin du fascinant
et méphitique Ben
Linus de Lost.
Grâce à son
talent l’épisode
connaît une fin élégante
et marquée d’une
vraie émotion
tout comme jadis son modèle.
Autre invité
marquant, David Faustino,
le Bud Bundy de l’inénarrable
et hilarant Marié,
deux enfants. Chargé
à la bière,
tout comme dans sa série,
il n’est guère
étonnant de le voir
partir dans le décor,
car la rencontre de familles
aussi antinomiques que les
Bundy et les Brady ne pouvait
que provoquer des étincelles !
Enfin l’on reconnaît
John Aylward, le Dr. Donald
Anspaugh d’Urgences.
Pour l’anecdote
The Brady Bunch,
quasi inconnu chez nous,
fut une sitcom extrêmement
populaire aux États-Unis
(1969-1974), conservant
encore de nombreux fans
de nos jours. Elle racontait
les aventures quotidiennes
d’une famille aussi
nombreuse et soudée
qu’amusante. Le Cousin
Oliver évoqué
dans l’épisode
a également existé,
son nom subsiste d’ailleurs
comme désignant une
tactique de scénariste,
introduisant un personnage
plus jeune pour remplacer
ceux vieillissant avec la
série.
19/20.
LA VÉRITÉ EST ICI
(THE TRUTH)

 
Le grand final
débute idéalement
par un retour spectaculaire
de Mulder dans un quartier général
du gouvernement occulte –
ressemblant d’ailleurs
beaucoup à celui de Stargate,
la série concurrente
au long cours… On retrouve
également l’inaltérable
Rohrer (Rohrer, malheur !),
cette fois de nouveau en piste
après une décapitation.
Quel intérêt vraiment
d’opposer des adversaires
aussi invincibles à nos
héros ? Les images
d’interrogatoires paraissent
également très
fortes ; l’œil contemporain
y découvre comme des
images annonciatrices
de Guantanamo et autre Abu Ghraib,
décidément la
série aura conservé
jusqu’au bout un ton très
contestataire. Alors qu'Alex
Krycek effectue déjà
de fort savoureuses réapparitions,
avec un Nick Lea toujours impeccable,
cette première partie
très prometteuse se voit
bien entendu couronnée
par les retrouvailles de nouveau
très émouvantes
entre Scully et Mulder, la complicité
magique entre Gillian Anderson
et David Duchovny n’ayant
visiblement pas été
émoussée par l’absence
de ce dernier.
Hélas
! la direction prise par l’épisode
dans son tronçon principal
convainc beaucoup moins. Voir
les X-Files revêtir
pour leur conclusion les oripeaux
les plus éculés
de la série judiciaire,
de plus émaillés
de clip show, un écueil
évité jusqu’ici,
déçoit beaucoup.
On aurait préféré
que le récit aille de
l’avant en nous offrant
une ultime et trépidante
aventure, plutôt que de
stagner dans l’exercice
passablement compassé
et convenu de la lecture de
l’album de souvenirs.
Au total l’on n’apprend
rien que l’on ne sache
déjà sur la Conspiration
et, comme le souligne Mulder
lui-même, l’issue
du procès apparaît
si évidente que tout
suspense en est exclu. Un réel
intérêt aurait
pu constituer dans l’apport
d’informations sur le
devenir de personnages importants.
C’est particulièrement
le cas pour Marita Covarrubias,
toujours magnifiquement interprétée
par Laurie Holden et malheureusement
totalement évaporée
depuis Requiem, mais
l’histoire n’apporte
rien de concret sur ce point,
alors que l’on reste également
sur sa faim concernant Gibson.
Inévitablement
dans cet épisode avant
tout dédié à
Mulder et Scully, Doggett et
Monica demeurent ici tout à
fait périphériques
après Release qui
marque leur véritable
aboutissement. Ils n’en
accomplissent pas moins des
interventions piquantes à
la barre, en particulier Monica,
toujours si tranchante quand
elle est en colère (il
y en un qui aura intérêt
à filer droit).
On ne niera
pas un certain plaisir nostalgique
devant la découverte
d’extraits parfaitement
choisis et surtout devant l’excellente
idée de faire intervenir
plusieurs grands disparus. Monsieur
X, qui a retrouvé sa
barbiche, bénéficie
du charisme toujours si palpable
de Steven Williams, tandis que
l’on aime voir Krycek
manifester du souci pour la
sécurité de Marita.
Alex, ou le parfait romantique,
la rédemption post
mortem c’est quelque
chose. L’ultime apparition
les voyant derrière les
juges, immobiles, prend une
tonalité à la
David Lynch parfaitement saisissante.
Évidemment,
le revers de la médaille
réside dans les inévitables
frustrations qu’éprouvera
chaque spectateur devant tel
ou tel absent cher à
son cœur. On se lamentera
ainsi devant les oublis de Gorge
Profonde, qui aurait pu si joliment
boucler la boucle avec Mulder,
et de l’Homme bien Manucuré.
On regrettera également
vivement le message défaitiste
véhiculé par les
Bandits Solitaires, qui ne leur
ressemble pas, le tout enrobé
d’un humour des plus lourds.
Décidément les
pauvres n’auront guère
eu de chance pour leur départ
de la série. Tout cela
est bien triste.
Ainsi va l’épisode,
suscitant des impressions ambivalentes
de par son schéma très
particulier d’une idée
originale décevante mais
très efficacement exploitée,
avec un Kim Manners toujours
aussi pertinent. Mais un évènement
va définitivement faire
pencher la balance en sa défaveur
: la réapparition passablement
pathétique de l’Homme
à la Cigarette.
La surprise
provoquée résulte
déjà passablement
ébréchée
par son absence demeurée
inexplicable au cours du procès,
n’importe qui ayant
à peu près suivi
la série aura facilement
compris le pot aux roses. On
comprend la volonté de
Chris Carter d’avoir voulu
honorer ce grand personnage
à qui la série
doit tant, mais alors qu’il
avait eu droit à une
parfaite sortie de scène
dans Requiem, il revient
ici pour un numéro grinçant
et dépourvu de la subtilité
de naguère, où
il semble se caricaturer lui-même.
Le talent de William B. Davis
n’y peut rien, cette déchéance
du personnage navre plus qu’autre
chose, tandis que la comparaison
avec Anasazi se révèle
sans appel pour l’épisode.
Cette conclusion
usant d’un procédé
trop facile (le Fumeur était
à l’article de
la mort il y a déjà
deux longues années…)
se voit de plus soulignée
par un recours déplacé
à la pyrotechnie hollywoodienne,
aussi hors sujet que jadis dans
Fight The Future, même
si elle illustre une ultime
fois le savoir-faire de l’équipe
technique. Quand les X-Files
revêtent des allures de
Supercopter, on n’éprouve
guère de difficultés
à maîtriser son
enthousiasme. On regrettera
également la sortie de
scène tout de même
bien rapide pour les si méritants
Doggett et Monica, idem pour
Skinner mais l’on sait
désormais que pour lui
ce n’était qu’un
au revoir !
Astucieusement
située à Roswell,
la scène finale entre
Mulder et Scully établit
un joli parallèle avec
la première aventure
du duo et demeure un grand moment
d’émotion (un rien
grandiloquent) mais ne rattrape
que partiellement la détestable
impression laissée par
le passage précédent.
Ainsi
s’achèvent en demi
teinte les X-Files,
après une passionnante
et si novatrice exploration
du Fantastique et de la Science-Fiction,
tout en développant des
personnages bien plus denses
que ne l’offre d’ordinaire
l’écrasante majorité
des séries télé,
d’une profondeur toute
littéraire. L’ébouriffante
qualité de l’ensemble,
avec un duo de comédiens
absolument magique, place pour
longtemps Aux frontières
du réel au premier
plan des séries fantastiques,
mais aussi de l’ensemble
de ce que le petit écran
a pu jamais nous offrir, à
égalité avec les
plus grands monuments audiovisuels
du passé. Égale
à elle-même, la
série débouche
sur une conclusion aussi inquiétante
qu’ouverte, stimulant
comme toujours délicieusement
l’imagination du spectateur.
L’épreuve finale reste encore à venir et l’on ne désespère pas de la découvrir enfin au cinéma car, comme conclut Mulder, il reste toujours de l’espoir.
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TOP
5 SAISON 9
1)
Clairvoyance
: L’un
des épisodes les
plus aboutis émotionnellement
et esthétiquement
de la série, bénéficiant
d’une merveilleuse
musique du grand Mark
Snow. Les interprètes
se donnent pleinement,
nous faisant lire à
livre ouvert dans les
sentiments déchirants
de leurs personnages.
Grâce à ce
chef-d’œuvre,
Doggett et Monica, les
véritables âmes
d’une saison particulièrement
inégale leur devant
ses meilleurs moments,
connaissent la sortie
en apothéose qu’ils
méritent. Le reste
n’est plus que littérature,
y compris dans The
Truth.
2) Audrey Pauley : L’épisode se révèle également très impressionnant d’un point de vue esthétique, nous narrant de plus une histoire profondément étrange. Annabeth Gish et Robert Patrick s’y montent exceptionnels. Du Fantastique de haute tenue, prouvant que finalement les séries télé peuvent raconter quelque chose d’intéressant dans un hôpital. Ayons une pensée émue pour Monica qui se prend le râteau le plus mémorable de la série.
3) 4-D
: Outre une
très habile variation
sur le grand thème
de Science-Fiction des
Univers Parallèles,
l’épisode
nous offre sur un plateau
un serial killer
de la meilleure cuvée
qui ne déparerait
pas dans Dexter.
Dylan Haggerty nous régale
d’une composition
proprement terrifiante.
4-D permet également
à Robert Patrick
et Annabeth Gish de nous
bluffer encore une fois
dans diverses scènes
de nature très
différentes, frénétiques,
émouvantes ou amusantes.
4) Une vue
de l'esprit :
Un remake formidablement
pertinent de la Quatrième
Dimension, sachant
allier à merveille
l’épouvante
comme l’humour le
plus réjouissant.
Un festival de très
bonnes idées comme
cette autopsie d’un
chat en piteux état
dans la cuisine de Scully,
le retour réussi
de Leyla Harisson ou le
duel d’esprit entre
Doggett et le gamin infernal.
Ah ! et puis aussi William
qui fait dodo, merci mon
Dieu.
5) Improbable
: Un scénario
totalement ludique et
fantaisiste, mais ne perdant
pas de vue une authentique
enquête, caractérise
cet épisode marqué
également pas la
participation d’un
Burt Reynolds s’amusant
visiblement beaucoup.
Karl Zéro représente
l’alternative effectivement
la plus improbable à
Mark Snow, mais finalement
pertinente pour cette
histoire des plus décalées.
Scully tient également
pleinement son rôle,
un plaisir trop rare au
cours de cette saison.
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Crédits
photo : FPE.
Images
capturées par Estuaire44.
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