
HORS
SERIE
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Épisode Mythologique
Scénario : Chris Carter
Réalisation : R.W.Goodwin (1re partie) et Rob Bowman (2e partie)
1re partie : le corps de Mulder n’ayant pas été retrouvé, Scully et le FBI le déclarent mort. Scully est renvoyée du FBI sous le prétexte d’avoir désobéi à sa hiérarchie. Mulder est cependant encore en vie mais est entre la vie et la mort : la tribu d’Albert Hosteen le navajo l’a retrouvé. Elle entonne alors un rituel destiné à ce que son âme réintègre son corps. Scully constate qu’un implant métallique se trouve dans sa nuque et apprend qu’elle est elle aussi menacée de mort. Le Syndicat, lui, tente de retrouver la cassette numérique…
2e partie : Skinner cache la cassette numérique. Scully apprend que sa sœur est dans un état critique suite à son attentat mais ne peut la voir sans courir de risques mortels. Grâce à l’aide des Bandits Solitaires et d’une photo de 1973, Mulder, maintenant guéri, et Scully se dirigent dans une ancienne société miniaire aujourd’hui déserte. Ils y trouvent un passage souterrain secret qui les mène vers une révélation qu’ils n’auraient jamais pu imaginer…
Suite
et fin du magnifique arc triple initié
par Ceux d’outre-tombe et qui
porte la Mythologie à un sommet qu’elle
n’atteindra plus qu'occasionnellement
par la suite. La tension et l’intensité
du récit demeurent particulièrement
élevées (très léger
ralentissement dans Le chemin) durant
ces deux épisodes voyant toujours coups
de théâtre et saisissantes révélations
se succéder à un rythme incroyable.
Même après avoir tant de fois revu
ces épisodes, on en reste rivé
sur son fauteuil !
Les
moments inoubliables se succèdent de
bout en bout, comme, parmi tant d’autres
: la séquence onirique marquée
par le savoureux retour de Gorge Profonde, plus
philosophe que jamais, le deuxième cliffhanger,
presque aussi haletant que le premier, l’assassinat
aussi brutal et soudain de Melissa (The
Krycek’s touch) ou évidemment
le site dantesque où s‘entassent
les millions de fiches, entre Kafka et Borges.
L’épisode
reste également marqué par les
premières facétieuses réunions
du Syndicat, dont l’ambiance de panier
de crabes nous vaudra par la suite des scènes
assez jouissives. À cette occasion apparaissent
l’Homme aux mains bien manucurées,
au charme si anglais (John Neville, figure importante
de la RADA et du théâtre anglais,
désormais installé au Canada,
fut élevé au rang d’OBE
en… 1965 !) ainsi que le plus torve First
Elder. Schisme Krycek/Fumeur, alliance tendue
mais finalement renouvelée entre Skinner
et le duo, puce électronique qu’enlève
Scully sans se douter des conséquences,
connexion entre Conspiration et la famille Mulder…
le décor de la saison 3 apparaît
également idéalement posé
par ce récit.
Il
est émouvant de voir Mulder et Scully
sortir épuisés de ce tumulte,
désirant retrouver leurs marques et leur
univers familier avant de poursuivre le combat.
Le spectateur les comprend, car lui aussi sort
moulu de l’aventure, mais ravi ! À noter
que Scully née en 64, à quatre
ans de plus que son interprète et que
Mulder, né en 1961, un an de moins !
Enfin,
on ne peut s’empêcher de penser
que ces trois épisodes assemblés
auraient constitué un formidable premier
film pour les X-Files !
- Le chemin de la bénédiction est un des épisodes préférés de Chris Carter. Il l’écrivit alors qu’il venait de perdre un proche, ce qui fait que cet épisode est très personnel. Ce « chemin de bénédiction » pour Mulder était aussi le sien. Son affection pour cet épisode tient aussi à la relation Mulder-Scully qui prend une tournure plus spirituelle.
- Fox William Mulder est né le 13 octobre 1961 (Chris Carter est né un 13 octobre !), Samantha Ann Mulder est née le 21 novembre 1965 (la femme de Chris Carter est née un 21 novembre !). Ils sont nés au 2 Creer Street à Chilmark. Sam avait donc 8 ans quand elle fut kidnappée, et Mulder en avait 12. Dana Scully est née en 1964 à Annapolis dans le Maryland.
- Alex Krycek collabore à l’assassinat de Mélissa Scully dans ce double épisode. Ironique quand on sait que Nicholas Lea avait à ce moment-là une liaison avec Mélinda McGraw ! Il a dit d’ailleurs que cette scène ne fut pas très facile à tourner pour lui ! Le personnage de Mélissa reviendra cependant dans Emily (saison 5).
- Mulder habite à l’appartement 42. A croire qu’il est marqué par le destin car 42 est le nombre SF par excellence : d’après H2G2, le guide du voyageur galactique de Douglas Adams, 42 est la réponse ultime à la Grande Question sur la Vie, la Mort, le Reste, question dont l’énoncé a été perdu ! Nombre de geeks ont fait de cette recherche fondamentale une affaire personnelle.
- On notera aussi que dans la meilleure tradition des Avengers, Scully a la clé de l’appartement de Mulder (et sans doute réciproquement).
- Une scène de trois minutes dut par manque de temps être coupée. Il s’agit d’une scène où Margaret Scully tente de consoler sa fille de la perte de son partenaire, suivi d’une dispute entre Dana et Melissa à propos de leurs croyances.
- La légende du bison blanc est en effet une légende indienne, mais elle n’est pas navajo !
- Ambiance paranoïaque oblige : après le FBI, les nazis, et le gouvernement, c’est la CIA qui vient mettre son grain de sel ! Oswald paraît bien inintéressant à côté… Premier épisode voyant l’apparition du Syndicat.
- Le chemin de la bénédiction est dédié à Larry Wells, un des costumes designer de la série qui venait de mourir. Opération presse-papiers est dédié à Mario Mark Kennedy, un fan de la série qui a trouvé la mort dans un accident d’avion.
- Parmi les hommes de main tabassant Skinner, on voit Tony Morelli, le coordinateur des cascades qui interprêtera le rôle titre du Seigneur du Magma.
- Le vaisseau est en fait un mix entre une image numérique d’ordinateur et une structure contenant des projecteurs qui montait mécaniquement.
- Erreur de taille pour une scientifique comme Scully : la constante de Napier est 2.71828... et non 2.7828 ! Comment ont-ils alors réussi à ouvrir la porte secrète de l’entrepôt ?
- Sinon, Scully dit que la cassette est protégée par un système anti-copie… elle en a pourtant fait une dans Ceux d’outre-tombe !
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3.COUP
DE FOUDRE
(D.P.O.)

  
Scénario : Howard Gordon
Réalisation : Kim Manners
En Oklahoma, plusieurs personnes trouvent la mort, frappées par la foudre, qui éclate bien trop souvent pour que ces « accidents » soient de simples coïncidences. Mulder et Scully apprennent qu’un adolescent du nom de Darin Peter Oswald se trouvait sur les lieux du dernier décès. Or, il a été frappé par un choc électrique quand il était enfant... De plus, il est amoureux de son institutrice et cela le rend très irritable…
On
prend d’entrée un méchant
coup de vieux lors de la séquence pré-générique
de ce premier loner de la saison, avec ces jeux
d’arcade sur lesquels on s’est tant
éclaté et qui paraissent totalement
obsolètes aujourd’hui (Pac
Man ! Street Fighters!). Au-delà
de ces radotages séniles, cette introduction
apparaît magnifique, intelligemment tournée
comme un cauchemar hurlant (excellente bande-son, comme durant tout l’épisode). Coup
de foudre confirme ce début électrique,
avec un bon emploi de l’esthétique
toujours si spectaculaire de la foudre, réveillant
en nous comme des terreurs ancestrales et astucieusement
déclinée sous diverses formes.
On
remarque les superbes compositions de deux acteurs
alors encore peu connus, mais appelés
à de belles carrières. Giovanni
Ribisi (Friends, Captain Sky…)
accomplit une grande performance, en morveux
dégoulinant d’antipathie et de
petitesse. Un véritable poème.
Jack Black est lui aussi excellent en poisson
pilote, très loin de ses numéros
comiques à l’incroyable succès.
Un épisode réussi, quoique très
classique (quasiment un remake de L’Incendiaire,
en moins ambitieux), mais justement il reste
plaisant pour le spectateur de retrouver ses
héros dans un cadre familier après
la tempête. On est rassuré, la
série continue malgré tout ! Bonne
transition d’ailleurs sur ce point chez
Mulder et Scully, bénéficiant
par ailleurs de dialogues toujours acérés.
L’épisode
demeure de plus magnifié par la grande
beauté de Karen Witter, ancienne playmate
(Miss Avril 1982…) ayant déjà
illuminé les 80’s dans de nombreuses
séries, et très bonne actrice
au demeurant.
Saluons
également l'humour du titre français,
alors que ces traductions s’avèrent
régulièrement affligeantes dans
les X-Files.
- Mulder est abonné à des magazines érotiques.
- Le prénom de Darin Peter Oswald est un clin d’œil à Darin Morgan, scénariste de la série et acteur occasionnel. L’Astadourian Lightning Observatory est nommé d’après Mary Astadourian, une assistante personnelle de Chris Carter de sa société de production Ten-Thirteen.
- La nurse de nuit est jouée par Bonnie Hay, la doubleuse habituelle de Gillian Anderson.
- A côté de la photo de Mme Kiveat, on voit la photo de Kim Manners, le réalisateur de l’épisode.
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Scénario : Darin Morgan
Réalisation : David Nutter
Un homme assassine plusieurs voyantes qu’il juge incompétentes. Alors que Yappi, un charlatan mandé par la police, tire des conclusions absurdes sur ce qui s’est passé ; Clyde Bruckman, un vieil homme, semble lui, réellement capable de prédire l’avenir. Plus particulièrement la mort de certaines personnes, dont celles des victimes du tueur. Mais il refuse d’aider Mulder et Scully car il déteste son don. Mulder va tenter de le convaincre…
Un
de mes loners préférés de
toute la série ! L’histoire, admirablement
écrite (la griffe de Darin Morgan), même
l’humour et l’émotion avec
une rare réussite. On s’amuse effectivement
beaucoup, que cela soit pour le ridicule de Yappi
(que l’on reverra brièvement dans
l’inouï Seigneur du magma),
la drôlerie de très nombreuses situations,
le côté lunatique de l’assassin
et une mise en scène jouant habillement
du ludisme de ces visions du futur.
L’épisode
va plus loin grâce à l’étonnante
composition de Peter Boyle en voyant philosophe.
Qu’il ait obtenu l’Emmy Award du second
rôle pour cette composition n’est
que justice, tant il donne humanité, profondeur
et facétie à son personnage. La
rencontre, d’abord contrariée, avec
Scully est un grand moment, débouchant
sur une scène particulièrement émouvante.
Le gambit* final (Ah, l’intuition féminine)
trouve le ton juste pour brillamment conclure
ce très grand épisode des X-Files.
À
noter également une scène onirique
aussi splendide que macabre dans son déroulement.
Scully récupère le hideux Queequeg,
au funeste destin.
- Le gambit est une figure du jeu d'échecs spectaculaire où le sacrifice d'une pièce (ici Clyde) permet de faire chuter le roi adverse (le groom).
- Le « Stupéfiant Yappi » reviendra dans Le Seigneur du Magma. Son interprète, Jaap Broeker, est en fait la doublure de David Duchovny. Darin Morgan a écrit le personnage de Yappi pour lui en s’inspirant de sa façon de parler.
- Cet épisode n’est pas sans rappeler Infanterie Platon, un épisode de La Quatrième Dimension où un homme a pareillement le don de prédire la mort, don qu’il déteste.
- La scène du putréfaction de Clyde Bruckman causa des problèmes car la censure était très stricte sur la description simultanée de la scène par la voix off. Darin Morgan dut alors édulcorer son texte. On remarquera que pendant cette scène, Bruckman porte un T-Shirt blanc alors que sa voix dit qu’il se rêve nu lors de la scène.
- Beaucoup de références à Buster Keaton : Clyde Bruckman est ainsi le nom d’un scénariste-réalisateur américain qui travailla des années 20 jusqu’à son suicide en 1955. Il fut le co-scénariste et le co-réalisateur d’une des plus célèbres comédies de l’histoire du cinéma : Le Mécano de la Général (1926) avec Buster Keaton.
- La scène finale se passe d’ailleurs dans l’hôtel Damfino, également le nom du bateau construit par Keaton dans son film Frigo, capitaine au long cours (1921). Le détective Cline est un clin d’œil au réalisateur Eddie Cline, qui collabora aussi avec Keaton. Enfin, le détective Havez, attaché à la surveillance de Clyde, est nommé d’après Jean C. Havez, scénariste associé du réel Clyde Bruckman dans plusieurs scénarii des films de Keaton.
- Peter Boyle (Clyde Bruckman) reçut un Emmy pour sa performance dans cet épisode.
- L’assassin est interprété par Stu Charno, le mari de Sara Charno, scénariste de deux épisodes de la saison 2 : Aubrey et Les Calusari.
- Première apparition du fameux Queequeg, le chien de Scully. Lui et sa nouvelle maîtresse regardent à la télévision Laurel et Hardy toréadors (1945) à la fin de l’épisode.
- La victime trouvée dans la boue s’appelle Claude Dunkenfield, ce qui est le vrai nom du célèbre acteur comique W.C.Fields (1880-1946).
- Bruckman dit que son don est apparu le jour où il a prédit la mort de Big Bopper qui avait gagné, à pile ou face, une place dans l’avion de Buddy Holly qui devait s’écraser. En fait, ce n’est pas lui mais Ritchie Valens qui gagna la place fatale de cette façon. Bopper se trouvait aussi dans l’avion mais parce qu’il avait la grippe et ne se sentait pas d’attaque pour faire le voyage en bus.
- Si l’on en croit Imdb, cet épisode est à égalité avec Ceux d’outre tombe (saison 2) et Le shérif a les dents longues (saison 5) le plus apprécié de la série avec une note de 9.2/10.
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5.
LA LISTE
(THE LIST)


PScénario : Chris Carter
Réalisation : Chris Carter
Neech Manley, au moment de passer sur la chaise électrique, jure qu’il « reviendra » et se vengera des cinq hommes qu’il juge coupables de sa mort. Deux jours après son exécution, un gardien est retrouvé mort. Mulder et Scully enquêtent et découvrent que Neech croyait fermement aux sciences occultes et avait fait une liste (introuvable) des cinq personnes qu’il a « désignés ». Pendant que le duo cherche la liste, d’autres cadavres sont retrouvés…
fou,
le toboggan ! Incroyable qu’un aussi mauvais
épisode succède au joyau précédent
! L’épisode apparaît en fait
comme un bien faible remake du déjà
médiocre Mystère vaudou.
Mêmes clichés, même déroulement
prévisible de l’intrigue, mêmes
effets faciles et écœurants, même
univers carcéral, jusqu’à
la voiture s’encastrant dans un arbre
!
Les scènes de prison sont nimbées
d’un vert qui se voudrait sans doute stressant,
mais qui n’est que ridicule, on se croirait
dans une série Z de la TNT. On s’ennuie
beaucoup durant ce pesant et morne récit
, malgré la solide interprétation
de J.T. Walsh (Dark Skies). Le moment
le plus faible de cette excellente saison 3.
- Chris Carter fit appel à Debbie Coe, une dresseuse d’animaux pour tourner les scènes avec les asticots. Elle raconte avoir donné des foies séchés aux charmantes bébêtes pour qu’elles soient plus grouillantes ! Lors de la scène de l’autopsie, un ver tomba sur l’orbite du cascadeur jouant le cadavre ! Courageusement, Gillian Anderson l’en débarrassa d’un coup d’ongle avant de reprendre le cours de la scène !
- N’ayant eu l’autorisation de tourner dans une prison au Canada (où l’épisode fut tourné), Chris Carter fit construire une prison en studio, avec un grand décor de trois étages.
- Lorsque le directeur de la prison se crashe contre un arbre, on voit un gros plan où le sang s’écoule latéralement de son visage, mais lors des plans suivants, le sang s’écoule verticalement.
- Un des producteurs de la série, Joseph Patrick Finn, joue le chapelain dans l’épisode. Perry Simon, le bourreau, est le nom d’un producteur exécutif familier de Carter.
6.
MEURTRES SUR INTERNET
(2SHY)

  
Scénario : Jeffrey Vlaming
Réalisation : David Nutter
Lors d’un rendez-vous galant, un homme embrasse une femme… ce qui la tue car elle est bientôt recouverte d’une substance visqueuse asphyxiante ! Ce n’est pas la première victime à mourir de cette manière, mais toutes étaient des femmes seules et « rondes » qui cherchaient l’âme sœur sur Internet… Qui est et quelles sont les motivations du tueur ?
L’épisode
joue habilement sur les peurs suscitées
par un Internet alors naissant, dont les dangers
restent, il est vrai, tristement d’actualité.
Il demeure amusant de voir les personnages
manifester un certain effarement devant ce
nouveau monde mystérieux, de l’eau
a passé sous les ponts depuis ! (1995)
L’histoire
se double d’une solide intrigue policière,
même si classique, avec un suspense constant,
admirablement soutenu par la fascinante musique
de Mark Snow. L’admirable mise en scène valorise l’excellente composition
de Timothy Lahart, inquiétant et monstrueux
à souhait. On remarque que les habiles
artistes de la série se sont ici surpassés,
tant chez les victimes que chez leur bourreau.
L’autopsie du jour de Scully donne d’ailleurs
lieu à une des images les plus jouissivement
gore de la série ! Les scénaristes
survoltés ont le plus souvent fait
de ces scènes de grands moments, drôles
ou horrifiques, durant lesquels absolument
tout peut arriver. On ne s’en lasse
pas, il s’agit vraiment d’une
série dans la série. Allez voir
les Experts après ça...
Un
épisode de fort bonne tenue, auquel
on peut toutefois reprocher une certaine similitude
avec Tooms, jusque dans la bataille finale
avec Scully. Mais bon, quand le modèle
est génial…
- Il y’a un 10/13 dans l’épisode : Il est 10h13 lorsque Mulder interroge Scully sur les résultats de l’analyse de le peau de Virgil.
- L’épisode fait référence à Charles Manson (1934). Manson est un criminel fondateur d’une secte hippie « la famille » qui fut reconnue coupable de viols au sein de sa communauté et surtout de meurtres en série dans les années 60. Ce fut lui qui dirigea le très médiatisé meurtre de Sharon Tate, l’épouse du cinéaste Roman Polanski. Son procès fut le plus long et le plus coûteux de l’histoire judiciaire des Etats-Unis. Il a été condamné à la prison à vie.
- Globalement, les épisodes d’X-Files suivent l’ordre chronologique. Mais ici, nous apprenons que l’épisode se déroule le 29 août (Scully le dit lors de son autopsie) alors que Coup de foudre et Meurtre par procuration se déroulent en septembr
7.CORPS
ASTRAL
(THE WALK)

  
Scénario : John Shiban
Réalisation : Rob Bowman
Un soldat dépressif tente de se suicider en se jetant dans une cuve bouillante mais une force mystérieuse l’en empêche. Mulder et Scully apprennent que d’autres soldats ont tenté de se tuer après que leurs familles aient été tuées par cette même force, mais n’y sont jamais arrivés malgré leurs tentatives répétées. Cet « assassin » veut en effet les faire souffrir durablement en tuant leurs proches, tout en empêchant ses cibles de se tuer. Le principal suspect semble être Rappo, un soldat haïssant sa hiérarchie ; problème : la guerre l’a privé de ses bras et de ses jambes ! Pendant ce temps-là, une capitaine est retrouvée noyée sans qu’aucune trace ait été retrouvée, et le général Callahan reçoit un enregistrement inquiétant…
Une
histoire que l’on pourrait légitimement
estimer avoir déjà vue et revue
dans les X-Files, mais qui se voit rehaussée
par divers éléments : des scènes
chocs particulièrement pimentées,
une mise en scène inspirée (Mark
Snow, maquilleurs et équipe des SFX
accomplissent encore une fois des prodiges)
et des comédiens de grande qualité,
tels Willie Garson, à mille lieues
du pétillant Stanford de Sex and
The City, et la très belle Nancy
Sorel (Les 4400, Stargate, Tru Calling…). Rarement
la fibre anti-militariste de la série
aura été aussi manifeste, d’autant
que nous sommes ici hors Mythologie. Le rôle
de Ian Tracey apparaît habilement équivoque,
entre victime et bourreau.
Mais
comment les magiciens de la série ont-ils
réussi à faire de Ian Tracey un amputé
aussi convaincant ? Incroyable ! La scène
de conclusion reste une des plus sinistres
de la série !
Une
très habile exploitation du thème
majeur du Fantastique qu’est le corps
astral. Le
thème de l’homme sans bras ni
jambes aux terribles pouvoirs psychiques a
été également magnifiquement
illustré dans un des chefs-d’œuvre
de Dick, Dr Bloodmoney (1963), un
des plus beaux textes post-apocalyptiques
jamais écrits.
- Ian Tracey n’est pas un comédien invalide. Dans les scènes de fauteuil roulant, ses jambes étaient dissimulés dans le double fond du fauteuil, et ses bras étaient fixés sur des planchettes derrière son dos. Mat Beck, directeur des effets spéciaux, explique que le résultat est le fruit d’une longue réflexion pour rendre le tout crédible.
- Rappo regarde à la télévision Sun Valley Serenade (1941), une comédie musicale avec notamment Glenn Miller.
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Scénario : Charles Grant Craig
Réalisation : Kim Manners
Amy Jacobs, une fille de 15 ans, est kidnappée dans son lit par Carl Wade, un ravisseur qui lui dit « rien ne pourra plus jamais nous séparer ». Au même moment, une jeune femme, Lucy Householder, s’évanouit en saignant abondamment dans le restaurant où elle travaillait. Mulder s’aperçoit bientôt que chaque émotion et blessure physique subie par Lucy, ancienne victime du même ravisseur, correspond à celle d’Amy en danger. Pour retrouver Carl Wade, il doit scruter chaque émotion de Lucy, qui plonge dans la folie au fur et à mesure que se prolonge le calvaire d’Amy…
Cet
épisode particulièrement sombre
connaît un début rappelant étrangement Ne vous retournez pas ou Le Joker chez les Avengers, avec le maniaque
découpant sinistrement la photo de
sa future victime. Cette histoire, si sombre
que l’épisode fut partiellement
censuré en France, rappelle celle du Fétichiste, mais avec l’introduction
d’un Fantastique particulièrement
élégant et suggestif.
L’étonnante
composition de Tracey Ellis donne beaucoup
de profondeur à l’épisode.
L’épisode sait admirablement
développer le personnage et placer
au cœur de l’intrigue la relation très
forte se nouant avec Mulder (excellent Duchovny).
Lucidement Scully reste ici au second plan,
d’autant que sa propre expérience
passée aurait pu lui faire ressentir un
peu plus d’humanité, cette histoire
demeure clairement une de celles où
elle apparaît le moins sympathique et
le plus « fonctionnaire », comme
le dira très bientôt l’ami
José Chung. Cette fine écriture
n’altère pas la mise en place
d’un très intense suspense, digne
des meilleurs thrillers, tandis que la mise
en scène, alternant habilement brillants
champs-contre champs et passage caméra
sur l’épaule, maintient efficacement
la tension.
Michael
Chieffo (Roswell) est glaçant
à souhait en atroce pervers tandis
que Jewel Staite, à l’orée
de sa carrière (Firefly, Serenity,
Dead like me, SGA…) se montre déjà
particulièrement convaincante.
- La thérapeute est jouée par Bonnie Hay, la doublure de Gillian Anderson.
- Cet épisode ne fut pas diffusé par M6 lors de la première diffusion de la saison 3 en raison de l’affaire du pédophile Marc Dutroux qui monopolisait alors les médias belges et français.
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Épisode Mythologique
Scénario : Chris Carter, Howard Gordon, et Frank Spotnitz (1re partie). Frank Spotnitz (2e partie)
Réalisation : David Nutter (1re partie), et Rob Bowman (2e partie)
1re partie : Mulder entre en possession d’une cassette vidéo montrant des scientifiques autopsiant le corps d‘un alien (!), avant qu’ils ne se fassent tuer par un commando de soldats armés. Son informateur est retrouvé assassiné mais Mulder parvient à arrêter son assassin. Skinner ordonne alors contre toute attente sa remise en liberté : c’est un diplomate japonais ! Pendant que Mulder essaye de résoudre cette affaire en décryptant des papiers mystérieux qu’il a escamotés de la mallette de l’oriental, assassiné quelques minutes après sa libération, Scully est accueillie par un groupe de femmes qui prétendent toutes avoir été enlevées par des extra-terrestres dans les mêmes conditions qu’elle… Mulder, lui, est pris en chasse par des militaires…
2e partie : Mulder s’infiltre dans le wagon contenant semble-t-il un corps d’alien. Scully apprend par ailleurs l’existence d’un centre où se cachent des hommes horriblement transformés par des tests scientifiques pratiqués en toute illégalité par un médecin japonais. Elle tente d’avertir Mulder que l’alien du wagon n’en est peut-être pas un mais Mulder a d’autres soucis en tête : il est enfermé dans l’antichambre de la pièce de l’« alien » et une bombe a été activée. De plus, il n’est pas le seul à s’intéresser à la « marchandise » du wagon…
Alors cela débute très fort
avec un amusant pastiche de la fameuse autopsie
bidon d’Alien ayant défrayé
la chronique à l’époque
(comme quoi Mulder ne regarde pas que certaines
vidéos…), puis run, Mulder,
run, l’action se poursuit sur
le tempo frénétique d’Anasazi (à un rythme moindre toutefois),
avec une pause bienvenue chez les Bandits
Solitaires (quelle veste en pelage de mouton
fort seyante pour Frohike !) et un Skinner
se faisant de nouveau braquer lors d’une
visite nocturne chez Mulder ! On ne doit
pas faire beaucoup de barbecues entre collègues
au FBI ! Le tout débouche sur un
nouveau cliffhanger de folie (ah, ces portables
!), après une intervention réussie
du toujours charismatique X.
La
partie la plus intéressante demeure
néanmoins celle de Scully, qui en
une scène bien parano comme on aime,
fait accomplir une avancée foudroyante
à la Mythologie et ouvre la voie
à sa maladie. Les trois scénaristes
parviennent à mener de front deux
intrigues parfaitement abouties, un bel
exploit. Une entrée en bouche fort
relevée, prenant encore une dimension
supplémentaire dans la seconde partie,
débutant par une scène mémorable
et se poursuivant par un haletant suspense
pré Jack Bauer en huis clos pour
Mulder et un voyage au pays du cauchemar
pour Scully (scènes très impressionnantes
et beau face-à-face avec The First
Elder, qui a visiblement tout compris du
mode de pensée de notre amie rousse).
Le tout se conclut sur une fracassante et
énigmatique intervention de X et
une apparition incroyablement bien filmée
du Fumeur (la flamme dans les lunettes,
génial).
Encore
une réussite pour la Mythologie,
même si l’on n’atteint
pas l’incomparable densité
de Anasazi/The blessing way. La
Mythologie apparaît ici clairement
maîtrisée, Carter et Spotnitz
savent où ils vont ! La rupture de
ton entre les deux épisodes paraît
aussi maîtrisée que bienvenue.
Les dialogues entre Mulder et Scully crépitent
réellement. Très belle composition
de tueur au sang-froid de Stephen McHattie,
The Red Haired Man (toujours ces pseudos
hallucinants), tandis que le sénateur
Matheson effectue un retour apprécié.
Apparition du sympathique Agent Pendrell
qui en pince déjà visiblement
pour Scully… La Quête continue
!
- Première apparition de l’agent Pendrell (nommé d‘après la rue où se trouvait les studios d’X-Files), interprété par Brendan Beiser.
- Mulder est très prudent : il a toujours deux révolvers sur lui ! Il ne parle pas japonais, tout comme Scully et Skinner. En revanche, il a étudié le français au lycée (l’espagnol en VF). Il a donné une clé de son appartement à Skinner. On apprend qu’il dispose d’une femme de ménage. Son numéro de téléphone est 928-28-31.
- Scully habite à l’appartement 5.
- Nisei (« seconde génération » en japonais) est un terme japonais désignant un américain ou canadien né de parents japonais.
- Gillian Barber joue la femme qui ouvre la porte de la maison à Scully et qui la voyant s’exclame « She is one ! ». Or, dans Le musée rouge (saison 2), elle jouait la mère d’un des adolescents retrouvés avec l’inscription She is one sur le dos !
- L’introduction de Nisei fut réalisée avec de vrais soldats car des figurants n’auraient pu aussi bien manier les armes. La censure interdisant de voir l’impact des balles, David Nutter et l’équipe de montage durent réaliser la scène au millimètre près, ce qui fut extrêmement difficile !
- Les docteurs sont tués dans le wagon 82594. Or, le 8/25/94 (notation anglo-saxonne), Chris Carter fit ses débuts de réalisateur avec Duane Barry.
- Dans l’introduction de 731, David Duchovny n’est pas doublé lors de la scène où il est en équilibre sur le train. La scène était pourtant à haut risque car il n’avait pas de courroie de sécurité (elle aurait été visible à l’écran).
- Le wagon 82517 contient l’alien. La femme de Franck Spotnitz est née le 5/17 (notation anglo-saxonne).
- David Gauthier, des effets spéciaux, supervisa l’explosion finale du train. Durant tout l’épisode, le train qu’on voit est une maquette, mais celui qui explose est un vrai ! La compagnie ferroviaire avait cédé à la production cette vieille locomotive à bas prix. Pour éviter tout accident, David Duchovny et Steven Williams n’étaient pas là au moment de la scène : ils furent filmés à part sur un fond bleu, puis leur scène fut superposée à celle du train qui explose.
- Pas moins de 7 caméras furent utilisées pour l’explosion, pour en allonger la durée par succession de plans différents.
- Une cloche, sous le choc, partit au loin. Elle fut récupérée, nettoyée, et offerte au réalisateur Rob Bowman.
- 731 est le numéro désignant la vraie équipe japonaise qui pratiqua durant la seconde guerre mondiale des expériences inhumaines sur des prisonniers.
- 10/13 du jour : le code d’ouverture de la porte est 101331.
- En VO, la vidéo a coûté à Mulder 29.95 $ contre 28.80 $ en VF.
- Nisei :
- Quand Mulder force le bateau, il laisse la porte ouverte. Mais elle est fermée dans le plan suivant.
- Quand Mulder poursuit Sakurai, tantôt il pleut, tantôt non.
- 731 :
- Entre plusieurs plans, le pistolet de Mulder n’a pas la même apparence.
- Alors que le train freine, on peut voir furtivement l’équipe.
- Lorsque le train s’arrête prétendument en Iowa, une chaîne de montagnes est visible, alors que la région est normalement totalement dépourvue de relief montagneux.
- Le journal japonais est constitué de photocopies de la même page!
11.
RÉVÉLATIONS
(REVELATIONS)

 
Scénario : Kim Newton
Réalisation : David Nutter
Au cours d’une messe, un prêtre reçoit les stigmates devant l’assemblée ébahie. A la fin, un vieil homme l’aborde puis l’assassine brutalement ! Mulder et Scully s’aperçoivent que les stigmates étaient en fait factices ! Quand Kevin, un très jeune garçon, reçoit à son tour les stigmates, mais cette fois véritables, le vieil homme tente de le retrouver. Mulder et Scully tentent de prendre de vitesse ce fanatique dangereux mais devront faire face à plusieurs phénomènes inexplicables… d’autant qu’ils ne se doutent guère de la véritable identité du fou…
Ce
récit retrouve la veine des épisodes
« chrétiens » de la série,
ce qui, outre une sollicitation intéressante
des personnages (foi de Scully, scepticisme
de Mulder, soit une inversion de la relation
classique), nous vaut toujours une atmosphère
très particulière.
L’histoire
se laisse suivre sans déplaisir, les
références bibliques de rigueur
lui donnant comme un air de Damien de l’autre
bord. L’épisode bénéficie
également de seconds rôles de luxe,
avec le toujours spectaculaire Michael Berryman
(La Colline a des yeux) et surtout
le formidable Kenneth Welsh, insufflant à
son personnage toute la malice et l’aura
de l’inoubliable Windom Earle de Twin
Peaks. Mais
cette comparaison met le doigt sur la grande
faiblesse de l’épisode, une réalisation
très plate, à des années-lumière des fulgurances de Lynch. Cette
fadeur limite singulièrement la portée
de l’histoire. Dommage, d’autant
que le jeune Kevin Zegers campe un gamin moins
tête à claques que de coutume.
- Alors que dans la série, Mulder est « le croyant », et Scully « la sceptique » ; cela semble être l’inverse avec la religion : Mulder est agnostique, sinon athée (quoique la scène finale de L’enlèvement [saison 1] incline à penser qu’il n’est pas indifférent à la foi religieuse) et Scully est chrétienne, bien qu’elle se soit éloignée de Dieu. Elle ne s’est d’ailleurs pas confessée depuis six ans au moment de l’épisode.
- Mulder fait la grasse matinée le dimanche.
- Mulder plaisante en disant que Kevin a été enlevé par « le frère jumeau maléfique d’Homer Simpson ». En retour, Les Simpson allaient bientôt faire, un an après, un hilarant hommage à la série avec The Springfield Files (saison 8) mettant en scène les deux agents du FBI (conjointement avec Leonard Nimoy et deux caméos du Fumeur).
- Darin Morgan a travaillé sur cet épisode.
- Contrairement à ce que disent Mulder et Scully, St. Ignatius n’est pas mentionné dans la Bible. Il est en fait un des premiers pères de l’Eglise.
Scénario : Darin Morgan
Réalisation : Kim Manners
Un dératiseur s’occupe d’une cave quand il est attaqué par une énorme colonie de cafards qui finissent par le tuer atrocement ! Mulder s’occupe de l’affaire mais les cafards font d’autres victimes. Par téléphone, Scully parvient à le convaincre que cette soudaine invasion n’a rien de mystérieux. Mais quand Mulder rencontre la superbe Bambi Barenbaum, spécialiste de la question, il est amené à réviser son jugement, d’autant que les cafards commencent à devenir un peu trop nombreux et présentent une menace de plus en plus dangereuse…
Dès
les premières images, on comprend que
l’on est face à un des chefs-d’œuvre des épisodes humoristiques,
troisième grande famille de la série,
à côté des loners classiques
et autres Mythics.
L’intro
joyeusement gore (précédant
bien d’autres scènes réussies
du même genre) puis le plan génial
du ciel étoilé, s’avérant
n'être qu'un reflet sur lequel saute un insecte, font
déjà rire à gorge déployée
le spectateur. Toute l’histoire résulte
portée par cet humour narquois et corrosif,
la griffe du grand auteur Darin Morgan qui
va jusqu’à malmener les propres
héros de la série. Le récit
s’articule ainsi longtemps sur une idée
géniale, Scully demeurant en retrait
chez elle. Cela nous permet de lui découvrir
une vie aussi passionnante que celle de son
collègue : toilette du hideux Queequeg
(en même temps que son revolver !),
soirée pot de glace seule devant la
télé etc. Mulder le Martien
ne semble pas non plus épargné
de son côté ! L’ironie
de Morgan envers ses personnages s’avère
assez irrésistible.
L’épisode
atteint son pic avec l’entrée
en scène de la sculpturale Bambi, qui
nous vaut d’ailleurs une arrivée
très rapide de Scully sur le théâtre
des opérations... Le récit se
double alors d’une piquante comédie
de mœurs chez nos héros. Le fait
qu’il ne se passe rien entre Bambi et
Mulder illustre bien qu'il n’est pas
Hank ni X-Files, Californication ! Le scientifique avec son proto K-9 insectoïde
reste lui aussi très amusant.
L’épisode vaut également
pour sa réjouissante satire des classiques
du cinéma SF des années 50,
avec leur cortège d’insectes
monstrueux et/ou radioactifs, extraterrestres
etc. Le titre demeure très explicite
là-dessus ! La ville s’appelle
ainsi Miller’s Grove, tandis que dans La Guerre des mondes, les Martiens
attaquent Grover’s Mill. Magnifique
réussite (annonciatrice du Seigneur
du magma, mon épisode préféré),
cette histoire demeure hilarante de bout en
bout !
- Un des épisodes préférés de Chris Carter. Cet épisode rend hommage au fameux canular d’Orson Welles lisant une adaptation de La Guerre des Mondes d’H.G.Wells à la radio tout en faisant croire que ces événements étaient en train réellement de se produire. Dans la dramatique radio de Welles, les événements ont lieu à Grover’s Mill (New Jersey) ; et chez Morgan… dans une ville baptisée Miller’s Grove !
- L’épisode est resté célèbre chez les fans mais aussi dans le « milieu » grâce à une anecdote véridique : lors de la scène où Bill Dow est assis dans les toilettes, les cafards devaient sortir de leur cachette et s’immiscer partout dans la cabine ; mais les cafards n’ont jamais voulu bouger, malgré les efforts de Debbie Coe, la dresseuse ! Kim Manners plongea alors la tête dans le seau à cafards et leur ordonna quand il dirait « Action ! » de bouger… et le miracle se produisit, les cafards bougèrent sous les ordres du réalisateur ! Depuis cet épisode, Kim Manners a une sacrée réputation, et il dit qu’on fait souvent appel à lui pour des épisodes de série où il y’a des insectes. Darin Morgan en conclut qu’il dirigeait les acteurs comme les cafards (et vice-versa)… et que ça marche mieux avec les cafards !
- Le tournage fut d’ailleurs éreintant car pas moins de 300 cafards furent nécéssaires aux besoins de l’épisode selon Debbie Coe. Il fallait toujours ensuite les ramasser et les recompter !
- Mulder ne connaît rien en insectologie. N’étant pas Emma Peel, l’éventail de ses facultés n’est en effet pas infini. Il est au contraire insectophobe depuis son enfance, depuis le jour où il a croisé le chemin d’une mante…On apprend aussi qu’il a déjà violé une propriété d’état.
- Scully semble être assez spartiate quand elle dîne chez elle : de l’eau, de la salade, du citron, et c’est tout ! Quelle modération après s’être goinfrée dans Le Musée rouge (saison 2) !
- Elle lit dans l’épisode Breakfast at Tiffany’s de Truman Capote (1924-1984). Ecrit en 1958, ce court roman est une des œuvres les plus connues de l’écrivain américain, surtout grâce à son adaptation cinématographique Diamants sur canapé de Blake Edwards, avec Audrey Hepburn et George Peppard.
- Le décor représentant le salon de Scully est aussi celui de Teena Mulder.
- Darin Morgan eut l’idée de l’épisode… tout simplement parce qu’il avait des cafards chez lui ! Il eut aussi l’idée d’introduire la superbe Bambi car il voulait introduire une pointe de jalousie chez Scully (déjà aperçue dans L’Incendiaire [saison 1]). Mais le public féminin s’indigna en grande pompe sur Internet du fait que Mulder put s’intéresser à une autre femme que Scully !
- Gillian Anderson faisait une tournée de promotion durant cet épisode. Darin Morgan dut donc s’arranger pour écrire une histoire la mettant en retrait, d’où l’idée des amusantes conversations téléphoniques. Avec la scène finale et celle du supermarché, Gillian ne tourna qu’un seul jour !
- La scène de l’accident de voitures, au moment où Scully rentre dans le supermarché n’était à l’origine pas préméditée : ce fut un réel accident ! D’un professionalisme à toute épreuve, Gillian Anderson ne s’arrêta pas et continua de tourner la scène. Manners exultait du fait qu’il y’avait « au premier plan la scène, et à l’arrière-plan, une cascade ». Il conserva alors la scène en état.
- A 30’50, un cancrelat passe sur l’objectif de la caméra : ce plan est bien sûr prémédité, et Mat Beck, tout comme le public de l’époque, apprécia cette touche.
- « Smart is sexy » fait Scully en regardant les deux scientifiques s’éloigner. C’est un clin d’œil aux magazines télé qui parlaient beaucoup de la relation Mulder-Scully en ses termes.
- Bambi Barenbaum tient son nom du Dr.Barenbaum de l’Entomology Department at the University of Illinois, auteur de plusieurs ouvrages sur les insectes. Un des reporters de la TV s’appelle Skye Leikin, nom d’une des fans de la série.
- L’expression « vulgum pecus » mentionné en VF dans l’épisode est un barbarisme latin (vulgum n’existe pas dans cette langue) signifiant « le commun des mortels ».
Scénario : Chris Carter
Réalisation : Rob Bowman
Deux adolescents sont retrouvés morts. Margi et Terri, deux adolescentes très soudées, prétendent avoir assisté à un rituel satanique où la deuxième victime a été tuée. Mulder et Scully sont chargés de l’affaire. Soudain, le cercueil de la deuxième victime devient la proie de flammes apparaissant comme par enchantement, sans explication possible ! Pendant ce temps, plusieurs autres jeunes garçons meurent de manière inexplicable. De son côté, Scully est de mauvaise humeur : elle soupçonne Mulder non de rester à cause de l’affaire mais parce que la belle shérif Angela White ne le laisse pas insensible… Bientôt, Margi et Terri s’entendent de moins en moins et les « accidents » mortels se multiplient. Les villageois en viennent à soupçonner que c’est l’œuvre du Diable lui-même…
L’humour
est toujours présent dans cet épisode,
avec notamment de désopilantes «
scènes de ménage » entre
Scully et Mulder, mais aussi les effets délirants
induits par l’alignement planétaire.
On observe ainsi une torride romance entre
la Shérif et Mulder, avec une survenue
de Scully digne du meilleur Boulevard.
Mais
l’essentiel de l’épisode
réside dans son atmosphère inquiétante,
ses scènes chocs parfaitement tournées
et le portrait particulièrement troublant
de jeunes filles médiocres saisies
par le vertige de la toute puissance. On retrouve
dans cet épisode réussi comme
une saveur digne des meilleurs moments de La Quatrième Dimension.
Sinon,
on peut remarquer que Duchovny paraît déjà
très convaincant dans les scènes
de beuverie et de parties de jambes en l’air…
- On voit Mulder se saouler à la vodka et être attiré par une belle femme avec laquelle il est sur le point de passer à l’acte. Il y’a déjà du Hank Moody chez Fox Mulder !
- De son côté, Scully clope pas mal non plus… Décidément, les effets de la syzygie sont très forts !
- Syzygy est un terme désignant un alignement remarquable de planètes. Le jour de la diffusion de l’épisode (12 janvier 1996), il y’eut un syzygy de Mercure, Mars, et Uranus, comme dans l’épisode d’ailleurs !… le problème est que l’action est sensée se dérouler le 17 janvier !
- Autre problème temporel : Scully dit que cela fait deux ans qu’elle et Mulder travaillent ensemble. Mais comme leur rencontre date de mars 1992, cela devrait faire 4 ans ! (nous sommes en 1996 !).
- Zirinka est jouée par Denalda Williams. Elle était déjà apparue dans la série dans l’épisode Le Fétichiste (saison 2) où elle jouait Marilyn.
- La musique qu’on entend à la télévision est la tourbillonnante Danse du Sabre, avant-dernière danse du ballet Gayaneh d’Aram Khatchatourian, la pièce la plus célèbre du compositeur.
14.
LE VISAGE DE L'HORREUR
(GROTESQUE)

  
Scénario : Howard Gordon
Réalisation : Kim Manners
John Mostow, qui prend des cours de dessin, assassine avec une violence barbare le modèle dans une rue sombre. Arrêté, il déclare avoir agi sous l’influence du Diable. On découvre chez lui des statues en argile et des dessins représentants des visages torturés ou des monstres abominables. Mais un autre meurtre brutal a lieu alors qu’il est toujours en cellule. L’agent Bill Patterson croit d’abord qu’il s’est échappé puis qu’il a un complice mais rien ne le prouve. Il fait alors appel à Fox Mulder pour l’assister ce qui étonne ce dernier car les deux agents ne s’apprécient guère. Mulder décide alors tel un profiler de se mettre dans la peau du meurtrier, mais son adversaire est si fort qu’il va devoir mettre en jeu sa vie et sa propre raison…
Quand
les X-Files rencontre Profiler…
L’épisode
reprend un thème classique, celui
du policier s’identifiant à
sa proie pour le capturer, au point d’en
demeurer transformé. Mais le traitement
en demeure fort habile, avec une immersion
de Mulder dissimulant celle de Paterson.
Le procédé, à défaut
d’être tout à fait imprévisible,
nous vaut des scènes particulièrement
intenses, notamment grâce au jeu très
éloquent de Duchovny et de Kurtwood
Smith (That 70s Show, Robocop).
Ce joli duel entre comédiens se superposant
à celui des personnages constituent
un des points forts de l’épisode,
auxquels on peut rajouter une très
efficace mise en scène, mêlant
obscurité, bleu crépusculaire
et scènes effroyables pour donner
à l’ensemble la dimension d’un
véritable cauchemar. La musique apporte
également beaucoup à l’atmosphère
!
On
ne peut encore une fois qu’applaudir
les artistes de la série, tant les
nombreux dessins et sculpture paraissent
saisissants d’effroi. Du bel ouvrage,
qui maintient cependant Scully à
l’écart et la cantonnant dans
un rôle de coéquipière
loyale et préoccupée, également
très classique, même si superbement
maîtrisé par Gillian Anderson.
Évoquant parfois le Fétichiste,
avec lequel il partage une rare absence
du surnaturel, Le visage de l’horreur reste une fascinante évocation des
sombres mystères de la folie, ainsi
qu’un magnifique prologue à MillenniuM !
- L’introduction dure 4’45. Une des plus longues de la série. Grotesque signifie gargouille en anglais.
- Mulder a toujours une lampe torche sur lui.
- L’agent Nemhauser est nommé d’après le directeur de la post-production Lori Jo Nemhauser.
- En tout cas, la série a de la suite dans les idées puisque Kurtwood Smith (Patterson) est dans la série That 70’s show Reginald Foreman, père de Laurie Foreman, interprétée par Lisa Robin Kelly, Terri Roberts dans l’épisode précédent !! Même si ce n’est qu’une coïncidence, That 70’s show n’ayant été créée que deux ans plus tard.
- Lorsque la cellule de Mostow s’ouvre, on aperçoit brièvement la jambe d’un des membres de l’équipe, qui doit être celui qui tient la lumière au début de la scène, fortement éclairée.
Épisode Mythologique
Scénario : Frank Spotnitz et Chris Carter
Réalisation : Rob Bowman (1re partie), et Kim Manners (2e partie)
1re partie : Sur ordre du gouvernement français, le plongeur Gautier du bateau « Piper Maru » sonde l’Océan Pacifique et découvre l’épave d’un avion américain datant de la seconde guerre mondiale avec le pilote toujours vivant dedans ! Mais une fumée noire passe dans les yeux du pilote et lorsque Gautier remonte à la surface, il a perdu la mémoire mais la fumée noire passe à présent dans ses yeux. Quand le bateau revient au port, l’équipage entier -sauf Gautier souffre d’horribles brûlures fortement radioactives. Scully (furieuse que l’enquête sur la mort de sa sœur ait été classée), apprend que des évenements exactement similaires se sont produits 50 ans auparavant. L’enquête de Mulder sur la PDG d’une compagnie le mène jusqu’à Hong Kong où il retrouve une vieille connaissance. Pendant ce temps-là, l’entité noire change de corps et Skinner est blessé par une balle…
2e partie : Mulder et Krycek sont neutralisés par deux hommes de main peu après leur sortie de l’aéroport. Mais Krycek, grâce à l’huile noire, neutralise à son tour les deux hommes et disparaît. Scully parvient à remonter la trace du tireur et découvre qu’il s’agit de l’assassin de sa propre sœur tandis que Mulder entre en contact avec L’homme bien Manucuré. Mais L’Homme à la Cigarette a bien l’intention de contrecarrer les plans des deux agents du FBI tandis que le Consortium se demande d’où provient l’origine des fuites concernant la localisation de l’OVNI…
La série prend désormais le rythme
de ces doubles épisodes scandant la Mythologie
par des évolutions majeures. Comme de
coutume les coups de théâtre se
succèdent, tandis que tous les personnages
principaux de la série apparaissent :
les Bandits Solitaires, très amusants,
le Fumeur toujours glacial, l’Homme aux
mains bien manucurées, qui prend ici
une importance vraiment centrale tandis que
son conflit larvé avec le Fumeur commence
à devenir incandescent. Le First Elder
reste en retrait ; on ne se méfiera jamais
assez de ce personnage apparemment moins flamboyant
que les deux autres comparses mais diablement
subtil… Les scènes de la Conspiration
sont toujours formidablement excitantes et cet
épisode n’y fait pas exception.
La
grande vedette demeure cependant ce pauvre Krycek
(saisissante apparition !) autour duquel s’organise
une gigantesque partie de Catch me if you
can [Attrape-moi si tu peux].
On aura rarement vu un héros de série
télé se mettre dans une mélasse
pareille, et ça n’est pas fini. L’éprouvante
conclusion le laisse d’ailleurs dans une
situation particulièrement délicate
! Nicholas accomplit une grande performance.
Les interprètes principaux restituent
à la perfection les tourments de leur
personnages, dans une histoire les concernant
de très près.
Toutefois
si tous les ingrédients du genre répondent
à l’appel, la sauce prend moins
bien que dans l’exceptionnel Anasazi/The Blessing Way, même si le niveau global demeure
excellent. Les surprises restent (un tout petit
peu) plus convenues, le rythme moins soutenu,
l’excitation moindre, le cliffhanger relativement
prévisible, même si la cohérence
de la Mythologie demeure parfaite. L’épisode
ne reste pas pour autant comme une relative
déception car il met en scène
avec une redoutable efficacité, une nouvelle
venue qui va faire les beaux jours de la série
comme du premier film : l’Huile Noire.
Terrifiante, cette grandiose idée de
scénariste suscite immédiatement
l’enthousiasme tant elle apporte d’originalité
et de force à la Mythologie. Ce regard
où se manifeste soudain une obscure présence
indiciblement maléfique restera comme
l’une des images les plus inoubliables
de l’univers des séries télés
! On apprécie également la présence
française (avec l’accent québécois,
nous somme encore au Canada…),
avec un début d’épisode
à la Cousteau et le rappel des essais
de Mururoa alors dans l’actualité
!
Pour l’anecdote, Piper Maru est un clin
d’œil à la fille de Gillian
Anderson, Piper, née deux ans auparavant.
- 5 mois se sont écoulés entre les évenements du Chemin de la bénédiction et cet épisode. Pour une des rares fois de la série, le générique est abrégé dans Apocrypha.
- Mélissa Scully était née en 1962. Elle était donc l’aînée et avait 33 ans lors de son assassinat par Luis Cardinal.
- L’Homme à la Cigarette fumait déjà le 29 août 1953, ce qui entre en contradiction avec les événements relatés plus tard dans L’Homme à la Cigarette (saison 4).
- Scully a des connaissances en avions : toute petite, elle regardait son père et des frères construire des avions de guerre. Gamine, elle aimait jouer à un jeu appellé Le bouchon et le cache-tampon.
- Skinner lit le Washington Herald. Sa secrétaire s’appelle Kimberly.
- Frank Spotnitz eut l’idée de l’épisode au retour d’une convention sur la série à Minneapolis, après avoir entendu un fan lui demander pourquoi l’impact de la mort de Mélissa sur Dana n’était pas davantage développé. Il écrivit alors l’intégralité du synopsis pendant le trajet du retour dans les marges du magazine de la convention.
- « Piper Maru », dérivé du japonais, signifie « bateau ». La coïncidence étant que cela soit devenu le nom du bateau alors que ce nom fut donné en hommage à la fille de Gillian Anderson, née deux ans auparavant… et que Gillian ne le savait pas !
- Quant à « Apocrypha », il fait référence aux évangiles apocryphes qui, non reconnus par l’Eglise, sont des documents officieux, « à part », comme les documents de la cassette numérique de l’épisode.
- On notera que c’est aussi le nom du brise-glace dans le film Alien vs. Predator.
- La musique entendue quand les Bandits Solitaires sont sur la patinoire est Le Beau Danube Bleu de Johann Strauss fils, une de ses valses les plus célèbres.
- « L’Huile Noire » est en fait obtenue en filmant de l’encre dans de l’eau et ajouté par ordinateur sur les cornées des comédiens (Mat Beck).
- Le scaphandrier contaminé de l’introduction s’appelle Gauthier, tout comme Dave Gauthier, chargé des effets visuels de la série. Le comédien jouant le marin piégé de cette même scène est Rob Maier, le « construction coordinator » de la série qui ainsi exauça en partie son rêve d’avoir voulu être cascadeur ! Cette intro est chère à Chris Carter qui rêvait d’écrire une intro de ce genre-là.
- Par manque d’espace et de budget, le vaisseau et le silo à missiles finaux furent en grande partie construits par ordinateur, le plateau ne pouvant qu’en construire une partie.
- 1121 du jour : le vol 1121 est celui emprunté par Mulder et Krycek.
- 1013 du jour : Krycek, dans la scène finale, est enfermé dans la cellule 1013.
- 517 du jour : le numéro du cas est #621517, tout comme le numéro du casier où se trouve la cassette.
- Erreurs :
- Quel est le prénom de Gauthier ? Est-ce Marcel ou Bernard ? Les deux prénoms figurent sur les feuilles que fouille Mulder dans son appartement.
- L’accent des marins français est plus proche de l’américain « francisé » ou du canadien.
- On peut voir le reflet de l’équipe quand Mulder et Scully sortent de la voiture pour aller dans le silo à grains.
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17.
AUTOSUGGESTION
(PUSHER)

Scénario : Vince Gilligan
Réalisation : Rob Bowman
Robert Patrick Modell, dit « Le Pousseur », est un tueur en série qui vient d’être interpellé par la police : mais il utilise son puissant don de suggestion mentale pour provoquer un accident de voiture et forcer un policier de lui donner la clé de ses menottes. Mulder et Scully doivent retrouver ce tueur à la pensée surpuissante. Le Pousseur semble ravi de trouver en Mulder un tenace adversaire à sa taille et met en scène un macabre jeu de pistes qu’il devra suivre. Crise cardiaque provoquée, auto-immolation… Mulder aura besoin de toute sa volonté s’il veut vaincre Modell...
Et
encore un épisode exceptionnel ! Que
cette saison 3 est bonne.
On
retrouve ici selon moi le troisième
meilleur adversaire de Mulder parmi ceux utilisant
sciemment leur pouvoir pour faire le mal (derrière
Tooms et l’Incendiaire) : spirituel,
brillant, charmeur (au sens propre) le Pousseur
bénéficie en plus de la prestation
époustouflante de Robert Wisden, comptant
parmi les plus grands numéros d’acteurs
d’une série où ils s’avèrent
si nombreux. Ce personnage apparaît
très fouillé psychologiquement
(la marque de Gilligan). Le suspense demeure
haletant jusqu’au bout de cette superbe
intrigue impeccablement mise en scène,
jusqu’à un duel final
à couper le souffle.
L’épisode
constitue également un grand moment
de la relation entre Mulder et Scully finissant
l’épisode main dans la main
(Duchovny et Gillian sont géniaux),
et qui trouvent dans leur amitié la
force de résister au maléfique
pouvoir d’un Pousseur fort surpris.
Toutes les scènes de suggestion restent
de grands moments ! On observe que seul Skinner
résiste finalement facilement au Pousseur,
le personnage a de la ressource ! Joli
clin d’œil : dans le tabloïd apparaît
le Flukeman ! Apparemment il refait parler
de lui…
On
remarque la présence de Roger R. Cross,
finalement dans un rôle très
proche de celui qu’il occupera dans 24h Chrono.
Après
vérification, "céruléen",
évoqué dans l'épisode,
signifie : de l’azur du ciel ou des
flots de la mer.
Un
épisode majeur, inoubliable dans sa
lumineuse simplicité. Tout comme Tooms
(mais hélas pas l’Incendiaire),
le Pousseur reviendra nous rendre visite (Kitsunegari,
saison 5).
- Vince Gilligan avait l’ambition de réaliser un film avec cette idée de scénario, mais son projet n’aboutit pas. Il décida donc d’en faire un épisode pour la série.
- La scène climatique qu’est la roulette russe posa problème car la censure interdisait des scènes de roulette russe à la télévision ! Vince Gilligan parvint finalement à convaincre les censeurs de laisser la scène en état.
- La secrétaire qui moleste Skinner s’appelle Holly, référence à Holly Rice, petite amie de Vince Gilligan. Gilligan, dans tous les épisodes qu’il allait alors écrire, fera désormais référence à Holly.
- Le choix de Robert Wisden est un choix de dernière minute : l’équipe n’arrivait pas à trouver un acteur suffisamment convaincant pour le rôle, jusqu’à l’arrivée providentielle de Wisden, très peu de temps avant le début du tournage.
- Clin d’œil à la 35e minute : le gros plan sur le technicien mort montre qu’il est joué par Doug Hutchinson, interprète d’Eugène Victor Tooms, premier grand méchant de la série (Compressions et Le retour de Tooms de la saison 1)
- Wisden déclare que les barres énergétiques qu’il mangeait dans l’épisode étaient immangeables !
- Si vous avez l’œil, vous verrez, quand Modell entre dans l’appartement du FBI, Dave Grohl, le batteur du groupe Nirvana (et membre du groupe Foo Fighter), avec sa femme.
- Le film qu’on voit à la télévision dans l’appartement de Modell est Svengali (1931), d’Archie Mayo, avec John Barrymore.
- La maison « Loudoun County Courthouse » est en fait le nom de la maison dans laquelle vit actuellement Vince Gilligan.
- Mulder et Scully, via la fréquentation du meurtrier du golf, font référence à O.J.Simpson, acteur qui venait d’être reconnu coupable d’avoir tué son ex-épouse et son nouveau compagnon il y’a alors quelques mois à peine et dont le procès déchaînait les couvertures médiatiques.
- Enorme erreur : sur le building du FBI, on voit marqué l’inscription « United States Bureau of Investigation » au lieu de « Federal Bureau of Investigation » !
18.
MALÉDICTION
(TESO DOS BICHOS)

  
Scénario : John Shiban
Réalisation : Kim Manners
Amérique du Sud, site de Teso dos bichos. Une équipe archéologique trouve un objet rituel appartenant à une femme shaman d’une ancienne civilisation. Malgré l’avertissement des autochtones, le chef de l’expédition envoie l’objet au musée de Boston mais semble être attaqué et tué la nuit même par un énorme jaguar… D’autres cadavres sauvagement mutilés sont retrouvés à Boston et des traces d’animaux sont retrouvés près d’un des corps. Mulder et Scully enquêtent alors sur le Dr.Billac, membre de l’expédition dont le comportement devient de plus en plus dément et violent. Les morts sont-elles vraiment dues à une malédiction antique ?
À
partir d’une trame usée jusqu’à
la corde (un objet sacré des temps
anciens déchaîne une malédiction
sur ceux qui l’ont profané
en le déterrant) les X-Files parviennent à bâtir un film
d’horreur à couper le souffle.
Pour cela, l’épisode joue habilement,
grâce à une réalisation
à la diabolique habilité,
de plusieurs frayeurs distinctes, se faisant
écho sans que l’intensité
de chacune d’elle en pâtisse
: la peur du noir (une partie impressionnante
de l’épisode est tournée
dans l’obscurité sans que la
lisibilité en souffre), la claustrophobie
avec une succession de couloirs et salles
sans fenêtres, de souterrains méphitiques
où nos héros semblent enfermés
à l’heure du péril,
et bien sûr la vision de ces hordes
d’animaux déchaînés,
rats et chats, admirablement filmées.
Cette
horreur diffuse de l’épisode
s’enflamme d’ailleurs lors de
scènes particulièrement fortes
comme l’invasion des rats dans les
toilettes (bon appétit !) ou l’hallucinante
course-poursuite finale. Le spectateur n’est
pas épargné mais en redemande
! Il n’y a pas jusqu’à
l’habituelle scène croquignolette
de l’autopsie qui ne se révèle
particulièrement insoutenable…
Jusqu’à la chute surprenante
l’histoire nous offre donc un spectacle
irrésistible d’intensité,
servi de plus par d’excellents comédiens
se donnant visiblement à fond.
Et
puis une intrigue où apparaissent
des chats rendus follement agressifs et
d’une force surnaturelle rappellera
forcément de bons souvenirs aux amateurs
des Avengers ! D’ailleurs
étrangement cet épisode n’est
généralement guère
apprécié, ce qui rappelle
également Le monstre des égouts !
- Le titre original signifie « cimetière des petits animaux ».
- Gillian Anderson étant allergique aux chats, la scène où un chat lui saute dessus est en fait factice : il s’agit d’une marionnette fixée sur un bâton tenu par un des membres de l’équipe. La scène dans le tunnel fut très compliquée car les chats étaient tous très calmes ! Ils furent donc multipliés artificiellement par ordinateur pour avoir l’air plus menaçant !
- L’introduction dure cinq minutes. Une des plus longues de la série.
- Une des victimes s’appelle Mona Wustner, il s’agit du prénom et du nom de la mère de John Shiban. Le scénariste raconte que son père n’apprécia que modérément ce clin d’œil : « Tu tues ta mère ! »
- La musique qu’écoute le professeur dans l’introduction est la Sonate n° 8 en ut mineur op.13 « Pathétique » de Ludwig van Beethoven, une de ses sonates les plus renommées.
- Erreur « exotique » : le breuvage bu par Billac est du « yaje » ou « ayahuasca » , mais ce breuvage est consommé par les tribus d’amazonie alors qu’il prétend avoir connu cette boisson sur les lieux du site, c’est-à-dire en Equateur. Sinon, dans l’introduction, il neige d’un côté de la scène mais pas de l’autre !
- Si l’on en croit Imdb, cet épisode est le moins apprécié de la série avec seulement une note de 5.8/10.
19.
LA RÈGLE DU JEU
(HELL MONEY)


Scénario : Jeffrey Vlaming
Réalisation : Tucker Gates
Un immigré chinois est retrouvé carbonisé dans une salle de crémation. Accompagnés de l’inspecteur Chao, Mulder et Scully plongent dans Chinatown et ses coutumes étrangères. Pendant ce temps-là, dans une salle secrète, des chinois jouent à un jeu sordide pour tenter de rapporter deux millions de dollars, mais la mise est très très élevée…
Â
de nombreuses reprises les X-Files se
sont éloignés du Fantastique
à la mode occidentale, pour s’ouvrir
à d’autres cultures, africaines,
indiennes, latino-américaines (on
ne dira jamais assez à quel point
la série ne se résume pas
à des histoires d’extraterrestres…).
Cette diversité nous vaudra la
plupart du temps de belles réussites…
mais pas ici !
En effet, Vlaming, tout à son
envie de monter un épisode exotique,
en fait beaucoup trop sur le décorum
chinois, ce qui finit par dévorer
à belles dents son intrigue. C’est
ainsi que tous les sempiternels clichés
chinois sont de la partie (la médecine,
la gastronomie, le dragon festif, la jade,
les fantômes, les feux d’artifices
etc.) tandis que l’intrigue se résume
à bien peu de choses : une histoire
de greffons humains élucidée très
rapidement, avec de surcroît une
totale absence de Fantastique (simples
évocations de la cosmogonie chinoise,
visions dûes à la drogue..). Attendez
? Des greffes, un opéré
sauvé in extremis, peu de fantastique
? Voici qui nous rappelle un certain film…
Le
récit se voit de plus plombé
par un le jeu peu inspiré de la
jeune Lucy Liu en Cosette chinoise. Elle
ne semble vraiment pas dans son emploi,
tant l’explosive Ling d’Ally
Mc Beal nous ravira par la suite.
Tout ceci finit par provoquer un ennui
poli chez le spectateur, confronté
de plus à une mise en scène
plus paresseuse que de coutume, au rythme
aussi lent que les méandres du
Fleuve Jaune et à une prose de
Scully passablement pesante (Je sais
une seule chose. C’est que votre
peine de prison ne sera jamais à
la hauteur de vos crimes).
Surnagent
les numéros réussis de B.D.
Wong et du vétéran James
Hong, quelques bonnes vannes de Mulder
(SOS Fantômes) et surtout
la fameuse autopsie de Scully (la célèbre
série dans la série), très
réussie. C’est insuffisant
et cet épisode demeure comme un
trou d’air dans une saison 3 particulièrement
étincelante par ailleurs.
- Quatrième apparition de Doug Abrahams après Nous ne sommes pas seuls, Masculin-féminin (saison 1), et La main de l’enfer (saison 2).
- Le jeton rouge trouvé chez Hsin veut dire « arbre » et non « forêt » comme il est dit.
Scénario : Darin Morgan
Réalisation : Rob Bowman
L’écrivain José Chung demande à Scully de lui faire le récit d’une enquête paranormale pour son prochain roman. Scully raconte alors une de ses enquêtes : elle et Mulder ont dû enquêter sur un jeune couple prétendant avoir été enlevé par des extraterrestres mais dont chacun a une version différente de l‘histoire. Lorsqu’un dessinateur allumé, un illuminé paranoïaque, deux hommes en noir caricaturaux, un cadavre extra-terrestre bidon, un shérif vulgaire, et le Seigneur du Magma en personne entrent dans la danse, la situation devient rapidement nonsensique…
-
Ils veulent que l’on se noie dans leurs
bobards, ces enfants de purée !
-
Mulder est très intéressé
par tout ce qui est insolite, il ne rejette jamais
rien totalement.
- Mais tu es devenu dingue ?
-
Demandez-lui si le troisième extraterrestre
avait un accent russe.
-
Les prétendues autorités compétentes
se sont ramenées avec deux Hommes en
Noir. L’un d’eux était
travesti, déguisé en femme.
Mais je n’ai pas été dupe
une seconde. Il s’était mis une
perruque rousse, mais elle était vraiment
trop rousse. Et l’autre, si vous aviez
vu ce genre de grande bringue ! Un regard
complètement vide, un visage sans expression.
Je me demande si c’était vraiment
un humain, ou juste un androïde.
-
Vous ne pouvez pas camoufler la Vérité
! Roswell, Roswell !
-
Tout en demeurant une femme intelligente,
sensible et honnête, Dana Lesky reste
avant tout une fonctionnaire, tandis que la
démence et la violence latente de son
collègue, Reynard Muldrake, menacent
d’exploser à chaque instant.
Et
voici tout simplement mon épisode
préféré ! En effet Le Seigneur du magma marque l’apogée
comme le chant du cygne de Darin Morgan, soit
l’auteur des X-Files le plus iconoclaste
et imaginatif. Son humour ravageur et son
audace créatrice lui font imaginer
une histoire totalement folle, où s’entremêlent
une vérité à tiroirs
et les témoignages d’une série
de divers cinglés magnifiques des plus
réjouissants. L’idée de
faire s’entrechoquer la version de Scully
avec celles de ces allumés successifs
(les véritables héros de cette
histoire) permet des contrastes vraiment hilarants,
et parfaitement maîtrisés (cette
excellente idée sera réutilisée
de nouveau avec succès dans Le
shérif a les dents longues, opposant
cette fois le fin duo).
Mais
l’épisode ne contente pas de
cette géniale architecture et pare
celle–ci d’un feu d’artifice
de scènes totalement hallucinées,
comme les Hommes en Noir interprétés
par de célèbres animateurs de
télé ou les scènes d’hypnose
totalement parano. Outre l’absurde brillant
et les réparties irrésistibles,
on se rend compte que la série n’hésite
pas à se moquer de ses propres codes,
voire d’une partie non négligeable
de son audience, les fanatiques d’OVNI
et de conspiration, à la paranoïa
caricaturée de manière hilarante
(L’emblématique Blaine, soit
l’un des personnages les plus drôles
que l’on ait vu dans une série
télé, a d’ailleurs un
poster I want to believe dans sa
chambre….), une superbe audace ! Ce
clin d’œil est joliment souligné
par l’emploi du thème du générique
à l’intérieur de l’épisode
(une première), décliné
sur un mode subtilement ironique.
À
ce niveau de loufoque, l’autopsie rituelle
se devait d’être particulièrement
gratinée ! Effectivement on verse là
franchement dans le génial avec un
pastiche irrésistible de la fameuse
vidéo de Roswell, (déjà
utilisée dans Nisei) présenté
par... Yappi ! L’épisode y va
vraiment à fond, c’est jouissif
au possible. La mise en scène se met
au diapason, avec une inventivité de
chaque instant : le gros plan sur un vaisseau
à la Star Wars se révélant
être un élévateur, les paroles censurées
du shérif, les surimpressions de l’hypnose
sur le réel, les effets spéciaux
volontairement rudimentaires de Lord Kinbote
(hommage à Harryhausen) etc…
Le rythme ne faiblit jamais. À noter une première
scène de lit (non partagé) pour
nos héros...
Le
fin duo lui même passe à la moulinette
ravageuse de Morgan, avec un Mulder paraissant
encore fonctionner au LSD et une Scully traversant
l’épisode à différents
stades de l’effondrement. Les comédiens
s’amusent visiblement beaucoup en caricaturant
leur personnage et montrent une vis
comica réellement stupéfiante.
Si Gillian Anderson rend très explicite
les effarements de Scully, la palme revient
tout de même d’une tête
à Duchovny pour la folie douce qu’il
insuffle à son personnage. Il accomplit
vraiment une performance époustouflante
dans la scène culte de la Tarte aux
Légumes (Lynch et Dale Cooper ne sont
pas loin) et gagne, déjà, ses
galons de grand acteur comique. Toute la distribution
se montre d’ailleurs exceptionnelle,
avec une mention spéciale pour le grand
comédien de théâtre, Charles
Nelson Reilly, dont le duo avec Gillian fonctionne
incroyablement bien et qui nous a quitté
l’année dernière.
Le
Seigneur du magma s’impose comme
la réussite la plus éblouissante
de la troisième famille de la série,
les loners humoristiques, et évite
l’écueil du fourre-tout en parvenant
à raconter une véritable histoire
entre les scènes de pur délire.
Une superbe réussite auto parodique,
emblématique de l’incroyable
niveau de qualité de cette saison 3,
où l’on observe, avec une certaine
émotion, les X-Files bâtir
leur légende épisode après
épisode. José Chung, auteur
d’une très belle conclusion sur
la solitude, réapparaîtra (hélas
pour lui) dans MillenniuM (Jose
Chung's Doomsday Defense, nouveau chef-d’œuvre de Morgan) et on reconnaît
dans l’hypnotiseur de Mulder un certain
futur chirurgien démoniaque...
- Scully est une fan de Jose Chung et de son thriller « le disciple de Caligari ».
- Le titre original de l’épisode est bien entendu à une référence au célèbre nanar Plan 9 from outer espace d’Ed Wood, un des plus grands maîtres des séries B et Z.
- Chris Carter pense que le sommet du talent de Darin Morgan scénariste est dans les quatre épisodes de la série. Darin Morgan lui-même considère que cet épisode est son meilleur opus dans la série. Sachant que c’était le dernier qu’il ferait, il voulait en effet atteindre « la perfection ». Sa réplique préférée : le faux extra-terrestre répétant à n’en plus finir This is not happening, this is not happening…
- La scène culte de la tarte aux légumes est un clin d’œil à Twin Peaks et au personnage de Dale Cooper dont le goût pour les tartes est une obsession. D’ailleurs, David Duchovny fit ses armes de comédien avec un petit rôle de travesti (!) récurrent dans cette série.
- Le nom de José Chung viendrait d’une personne qui appelait régulièrement (et même plus que régulièrement) les studios en raison de scripts qu’il leur soumettait et qui désespérait d’avoir une réponse positive, étant toujours refusé par les studios. José Chung écorche le nom de Fox Mulder en « Renard Muldrake ». Fox en anglais signifie renard. L’inspecteur Manners est nommé d’après le réalisateur le plus prolifique de la série : Kim Manners car tout comme l’inspecteur, le réalisateur a en effet la réputation d’avoir un langage fleuri en plein travail ! Quant à Lord Kinbote, c’est un clin d’œil au narrateur de Feu pâle, roman souvent considéré comme la meilleure œuvre de Vladimir Nabokov. Jacques Vallee et Robert Schaeffer sont deux auteurs de livres sur le paranormal et deux des kidnappés de l’épisode s’appellent Jacques Schaeffer et Robert Vallee. Enfin, le sergent Hynek est nommé d’après Allen Hynek, écrivain et enquêteur sur les OVNI assez renommé en Amérique. A l’opposé, la ville de Klass County tire son nom de Philip J. Klass, farouche opposant à l‘existence des OVNIs.
- Charles Nelson Reilly fut le choix naturel de Darin Morgan. Toute l’équipe l’en a remercié par la suite. Morgan raconte que Reilly était très surexcité pendant le tournage !
- Ce devait être Johnny Cash, le fameux chanteur-compositeur surnommé « l’homme en noir » qui devait jouer, humoristiquement, l’homme en noir finalement interprété par Alex Trebek.
- Mat Beck raconte que tel qu’ils avaient imaginé le Seigneur du Magma, il était impossible de le créer par numérisation informatique, il fallait une personne. C’est le maquilleur Toby Lindala qui eut l’idée de choisir Tony Morelli, le coordinateur des cascades, pour lui faire endosser le costume du Seigneur du Magma car il est grand et a une forte corpulence. Ce fut une épreuve pour Morelli car le masque était très étroit et il était monté sur des échâsses de 50 cm ! Ce cyclope rouge fut crée en hommage à Ray Harryhausen (1920), pape des effets spéciaux et de l’animation en volume. Il a beaucoup apporté en matière de trucages.
- Pendant qu’il dîne avec Mulder dans le restaurant, le lieutenant Schaefer fait une montagne avec sa purée, clin d’œil à Rencontres du troisième type de Spielberg. Dans le même genre, les premières images de l’intro sont un clair hommage à l’ouverture de Star Wars ! Mulder, à la fin de l’épisode, regarde le film Bigfoot (1967) qui provoqua une controverse dans les milieux scientifiques, car « démontrant » l’existence du sasquatch, une créature légendaire qui vivrait au Canada. Ce semi-documentaire fut soupçonné d’être truqué ce que les auteurs ont toujours nié.
- A la fin de l’épisode, Roky déménage à El Cajon, en Californie. C’est la ville où Glen et Darin Morgan sont nés.
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21.
LA VISITE
(AVATAR)

  
Épisode Semi-Mythologique
Scénario : Howard Gordon, d’après une histoire d’Howard Gordon et David Duchovny
Réalisation : James Charleston
Walter Skinner, déprimé par son prochain divorce d’avec sa femme, se saoule dans un bar où il rencontre Carina, une ravissante belle femme, avec qui il finit par passer la nuit. Mais Skinner, au cours de cette même nuit, fait un horrible cauchemar où une vieille femme l’agresse. Quand il se réveille, il s’aperçoit que Carina est morte, la nuque brisée. Etait-ce un accident dû à une crise, ou bien Carina était-elle un succube, un démon visiteur séduisant des hommes ? Scully repère une substance inidentifiable sur le cadavre de Carina tandis que Mulder s’aperçoit que Skinner semble être la cible d’une vaste conspiration. Bientôt, Sharon, l’épouse de Walter, est victime d’un attentat…
Cet
épisode particulièrement dense
entremêle habilement trois thèmes
majeurs : la dimension fantastique des apparitions
de la Succube, un détour par la Mythologie,
et une très belle étude du
caractère de Skinner. Chacun d’eux
s’avère particulièrement
réussi.
Les
scènes d’apparition de l’esprit
s’imposent avec un étonnant
impact, compte tenu du peu de moyens mis
en œuvre ; d’ailleurs leur esthétisme
évoque parfois clairement David Lynch
! Les scènes de la Conspiration développent
parfaitement l’ambiance méphitique
et glaciale qu’on leur connaît,
et se voient de plus couronnées par
une spectaculaire apparition du Fumeur,
vraiment bien amenée. Une image vaut
souvent mieux qu’un long discours
! Le cœur de l’épisode
réside bien à ce moment dans ce portrait
approfondi de Walter Skinner, dont l’importance
et la profondeur n’ont cessé
de croître depuis ses premières
apparitions en temps que féal de
CSM. L’immense talent de Mitch Pileggi
(quelle présence, vraiment) et les
diverses péripéties que traverse
le personnage donnent encore plus de densité
à ce désormais héros
à part entière de la série.
Un superbe exercice de style, d’autant
que l’auteur a la grande habilité
de lui conserver une part de mystère.
L’épisode parvient à
jouer de ces diverses partitions sans qu’elles
se télescopent l’une l’autre,
pour former un tout harmonieux, porté par
la musique de Mark Snow. Vraiment une authentique
réussite !
L’épisode
s’offre de plus le luxe d’évoquer
avec ironie les scandales sexuels défrayant
la chronique de l’époque (affaire
Heidi Fleiss). On s’amuse de la réaction
épidermique de Scully face à
ces turpitudes, tandis que Mulder touche
par sa loyauté… et sa soif
de découverte !
Ultime
bonne surprise de cette Visite réussie, une des plus belles guest
stars de la série, avec la magnifique
et si douée Amanda Tapping, que Pileggi
retrouvera dans Stargate SG1/Stargate
Atlantis une fois qu’elle sera
devenue le major Carter ! Jennifer Hetrick
(Vash dans Star Trek Next Gen et Deep Sace Nine) est également
très convaincante. Nouvelle apparition
de l’Agent Pendrell toujours épatant,
et dont on ne connaît toujours pas le
prénom !
- Skinner aurait-il des origines slaves ou russes ? Son deuxième prénom est Sergeï. Nous apprenons entre autres qu’il est marié depuis 17 ans (cela fait 8 mois qu’il vit cependant séparé de sa femme) et qu’il semble amateur de tonic citron.
- Si on ne prend pas en compte la tentative avortée entre Mulder et la shérif White dans Âmes damnées, La visite est le premier épisode de X-Files à contenir une scène sexuelle (ici entre Skinner et Carina). Ce genre de scènes demeurera très exceptionnel dans la série.
- Lorsque Skinner tente de rattraper le bus, une petite fille regarde par la fenêtre. Une rumeur non confirmée (ni infirmée d’ailleurs) prétend qu’il s’agit de Piper Maru Anderson, la fille de Gillian.
- I wasn’t a choir boy ; I inhaled déclare Skinner en parlant de son passé au Viet-Nam, faisant une référence (inversée) à une réplique de Bill Clinton quand on lui demandait s’il avait essayé la marijuana au collège, ce qu’il avait nié.
- Lorsque Mulder et Scully examinent le corps de Carina, on peut voir qu’Amanda Tapping ne peut s’empêcher de bouger les yeux.
22.
LES DENTS DU LAC
(QUAGMIRE)

   
Scénario : Kim Newton
Réalisation : Kim Manners
Géorgie. Après s’être disputé au bord d’un lac avec un professeur écologiste, un gardien de parc semble être aspiré vers le lac par une créature inconnue. Mulder et Scully (accompagnée de Queequeg) enquêtent car c’est la deuxième victime, après un boy-scout, à disparaître dans le lac. Les disparitions s’accumulent de plus en plus autour de ce lieu. Et quand le lac recrache ses cadavres, ils sont affreusement mutilés, semblant avoir été « dévorés ». Pour Mulder, une créature préhistorique est en train de sévir, et il se pourrait que ce soit « Big Blue », sorte de Monstre du Loch Ness local qui alimente les ragots du village. Mais Scully, le shérif, et le professeur, ont d’autres hypothèses, bien plus rationnelles…
Le
mythe de Nessie occupe une place importante
dans l’univers des séries télé
et les X-Files, dans leur patiente
édification d’une anthologie
globale du Fantastique, ne pouvaient certes
y demeurer indifférents. Mais la série
va avec talent traiter le sujet à sa
manière, avec beaucoup d’humour
et en le reliant à une thématique
contemporaine lui tenant à cœur :
l’écologie. C’est en effet
la raréfaction de la nourriture liée
à la pollution qui entraînent
le Nessie local, Big Blue (et son voisin le
crocodile) à s’aventurer près
des rivages. Cela nous vaut une séquence
d’ouverture absolument prophétique
on l’on reconnaît la querelle
actuelle opposant la majorité de scientifiques
liant actiivté humaine et réchauffement
climatique à une poignée d’autres
plus dubitatifs (et appréciés
de l’industrie).
On
remarque également un défilé
d’hurluberlus, qui ne reste pas sans
évoquer, sur un mode mineur (de la
caricature du fan de Nessie au drogué
à la bave de crapaud, déjà
vu dans la Guerre des coprophages) Le Seigneur du magma. Par ailleurs,
sans que cela nuise un seul instant à
la fluidité du récit, l’épisode
délivre un dossier très complet
sur Nessie, des différentes thèses
envisagées jusqu’au mercantilisme
effréné qu’il provoque
chez les commerçants locaux, en passant
par la fascination que suscite cette énigme.
Comme le ressent Mulder, Nessie représente
une occasion unique de matérialiser
le merveilleux dans le monde réel,
d’où sa magie unique. Outre un
beau suspense et un rythme haletant, l’épisode
offre également des passages très
amusants où les scènes gores
typiques des productions similaires apparaissent
toujours réalisées sur un ton
subtilement ironique, proches du pastiche
(le titre français paraît pour une
fois bien trouvé !). On admire de plus
de magnifiques panoramas sur les forêts,
lacs et montagnes canadiennes, toutes choses
qui se perdront hélas par la suite…
Enfin,
cet épisode éminemment
abouti met particulièrement en avant
Mulder et Scully (celle-ci d’ailleurs
accompagnée, plus pour longtemps, de
Queeqeg troisième monstre de l’histoire).
Mulder se montre excité en diable par
cette occasion de toucher le Fantastique du
bout des doigts, tandis Scully parait clairement
agacée par tout ce qu’elle voit
(très joli numéro de Gillian
Anderson, très amusante), ce qui nous
vaut quelques échanges de vannes assez
délectables. On remarquera que la (pas
si) tragique disparition de Queequeg ne verra
pas Scully être particulièrement
réconfortée par Mulder, tout
à son enquête… Se détache
la scène nocturne de l’îlot,
à laquelle Darin Morgan aurait contribué,
où c’est cette fois un dialogue
face-à-face très dense qui s’instaure
entre Scully et Mulder /Achab, dont on peut
dire qu’il se poursuit encore dans I
Want To Believe, entre le Croisé
et celle pour qui il existe une vie à
côté de la Vérité.
Et, parce que nous sommes dans les X-Files,
l’histoire se conclut sur un coup de
théâtre final fort bien amené
! Au total, un chef-d’œuvre de
plus pour cette saison 3, où une série
en pleine possession de ses moyens continue
à s’édifier sous nos yeux
admiratifs. So long, Queequeg !
- Quagmire désigne un marécage, ou bien par extension une situation difficile ou irritante.
- Scully sait conduire un bateau. Toujours aussi fan de Moby Dick, elle nous rappelle que Queequeg est le nom d’un des harponneurs du roman, qu’elle surnommait son père « Achab » et que ce dernier l’appelait « Starbuck » . Clin d’œil : Queequeg finit dévoré par le monstre alors que dans le roman, Queequeg est cannibale ! Dans Moby Dick, la citation que Mulder préfère est l’enfer est une idée née après une indigestion de pommes au four !
- Le duo de jeunes joués par Tyler Labine et Nicole Parker avait déjà été vu dans La guerre des coprophages. Ces deux-là sont jamais là où ils devraient être décidément ! On remarque qu’ils sont toujours aussi shootés !
- Le dernier plan de l’épisode fut difficile à tourner : la tête du monstre était si lourde qu’elle se ballottait et s’inclinait. La scène dut donc être filmée de loin et très brièvement. Kim Manners indique avoir davantage pensé à un spaghetti géant qu’à un cousin de Nessie !
- Le lac Heuvelman est nommé d’après Bernard Heuvelman, cryptozoologue néerlandais qui écrivit notamment un livre intitulé In the wake of the sea serpents !!! Le bateau Patricia Rae a pour nom celui de la mère de Kim Newton. Le Dr.Faraday tire son nom du physicien Michael Faraday connu pour ses travaux sur l’électromagnétisme. Le photographe Ansel est un clin d’œil au photographe Ansel Adams. Enfin, le directeur du casting Rick Millikan a donné son nom à la ville de l’épisode : Millikan County.
- Erreur dans le scénario : Mulder dit que la bête s’est rapprochée de plus en plus du rivage au fur et à mesure qu’elle ne trouvait plus sa nourriture. Mais il oublie l’affaire de la vache d’Ansel qui fut capturée par le monstre alors qu’il n’était qu’enfant.
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23.
HALLUCINATIONS
(WETWIRED)

  
Épisode Semi-Mythologique
Scénario : Mat Beck
Réalisation : Rob Bowman
Un homme est en train d’enterrer le cadavre d’un homme qu’il vient de tuer, mais le cadavre semble revenir à la vie : épouvanté, il le maîtrise et le cache dans sa voiture : mais lorsque la police l’interpelle, il découvre avec stupeur qu’il n’a pas tué un « assassin » comme il le prétendait mais sa propre femme ! Mulder et Scully enquêtent tandis que d‘autres meurtres du même genre se répètent. Tous ont un point commun : les assassins regardaient des reportages à la télévision avant d’halluciner et de passer à l’acte. Avec l’aide des Bandits Solitaires, Mulder met au jour une sorte de nouvelle conspiration générale auquel le Fumeur ne semble pas étranger. Mais Scully, après avoir regardé la télévision, commence à devenir de plus en plus paranoïaque et s’imagine que Mulder la trahit : elle sombre alors dans une spirale de folie démente…
Cet
épisode laisse des impressions
mitigées. C’est ainsi que
l’on se rend très rapidement
compte que, pour l’essentiel,
le sujet a déjà été
traité dans Mauvais sang (saison 2), la télévision
remplaçant le portable. Mais
l’épisode dépasse
la simple question des images subliminales
(l’auteur est l’un des principaux
responsables des effets spéciaux
de la série) pour élaborer
une très fine parabole sur les
dangers suscités par la télévision
et la violence qu’elle charrie.
La lucarne magique apparaît certes
fautive mais ses victimes sont elles-mêmes des consommateurs pathologiques
en faisant un usage immodéré…
Sachons sauvegarder notre esprit critique
et une relative distance, ont l'air de nous
conseiller les X-Files. D’autre
part, l’intrigue semble jouer
un jeu toujours dangereux : vouloir
mêler trop de thèmes dans
une seule histoire. Alors que Mauvais
sang développait son propos sans
se disperser, distillant ainsi une atmosphère
d’une rare densité, Hallucinations bascule à mi-parcours en passant
des télévisions au délire
de Scully et à sa poursuite par
Mulder, puis à une
fenêtre entr'ouverte sur la Mythologie.
"Qui trop embrasse mal étreint",
mais cette faiblesse se voit dépassée
par l’incroyable numéro
d’actrice que nous offre alors
Gillian Anderson, restituant avec une
extraordinaire acuité les affres
traversées par son personnage.
Son immense talent emporte la décision,
soutenu par une mise en scène
efficace, et fait de cet épisode
un spectacle captivant. Quand à
l’incursion dans la Mythologie
elle nous permet de retrouver X, que
nous avions un peu perdu de vue, et
nous vaut une scène assez électrique
entre lui et CGB. X apparaît cependant
déjà en retrait…
Psychose
paranoïaque et haute technologie,
il est fort logique que Hallucinations recourt aux Bandits Solitaires, soit
toujours une solide valeur ajoutée
pour un épisode ! Remarquons
également que Scully tire une
nouvelle fois sur Mulder ! On apprend
également que Mulder est daltonien.
Pour l’anecdote, Skinner déclare
que Scully a tiré quatre fois,
alors qu’elle l’a fait à
six reprises.. On remarque enfin la
présence Colin Cunningham (Stargate,
Le Collecteur…).
- On apprend que Mulder est daltonien. Ce qui cause d’ailleurs un sérieux problème : s’il l’est réellement, comment a-t-il pu intégrer le FBI qui n’accepte pas le daltonisme chez ses membres ? Sinon, il aime boire du coca-cola.
- Pire peur de Scully : que Mulder la trahisse. Les shippers en déduiront ce qu’ils voudront…
- Une des victimes s’appelle John Gilnitz. Ce nom réapparaîtra dans quelques épisodes de X-Files. Il s’agit d’un mot-valise regroupant trois des scénaristes de la série : John Shiban, Vince Gilligan, Frank Spotnitz.
- 517 du jour : Mulder arrive au repaire des méchants à 5h17.
- C’est le coproducteur Paul Rabwin qui prête sa voix à la narration des documentaires.
- Le film que regardent les deux garçons avant d’être surpris par les deux agents du FBI est Piège de Cristal (1988), avec Bruce Willis.
- Dans la scène où Scully cherche des cassettes dans le coffre, elle a tantôt la main gauche recouverte d’un gant, tantôt non.
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24.
ANAGRAMME
(TALITHA CUMI)

   
Épisode Mythologique
Scénario : Chris Carter
Réalisation : R.W.Goodwin
Désespéré par son licenciement, un homme prend en otage tout un magasin de fast-food. Angoissé et énervé, il finit par tirer sur trois personnes avant d’être abattu par la police. C’est alors qu’un homme étrange s’avance et guérit miraculeusement les quatre victimes de leurs blessures mortelles avant de disparaître comme par enchantement ! Mulder et Scully sont perplexes, surtout que lorsqu’ils retrouvent Jeremiah Smith, le « saint homme », ce dernier déclare se souvenir de rien... avant de disparaître à nouveau ! Exactement au même instant, des hommes de main kidnappent… Jeremiah Smith ! Parallèlement, Teena Mulder reçoit la visite impromptue de L’Homme à la Cigarette sans savoir qu’ils sont épiés. Peu après, Teena est victime d’une attaque cardiaque…
Et
voici venue l’heure du désormais
traditionnel double épisode
mythologique de fin de saison, avec
à la clef son toujours tétanisant cliffhanger. Malheureusement, si
le plaisir demeure toujours des
plus vifs, le spectacle n’apparaît
pas aussi parfaitement abouti que
lors de l’incroyable arc Anasazi/The Blessing
Way/Paper Clip. En effet le
Duo Carter/Duchovny (qui s’essaie
à l’écriture
pour l’occasion) parvient
certes à susciter les scènes
chocs que l’on attend à
cette occasion (dont un face-à-face pour le moins nerveux, quelle
surprise, entre le Fumeur et Mulder
ou les apparitions du Bounty
Hunter, plus Terminator que jamais).
Toutefois le liant entre ces moments
forts semble bien conventionnel
et prévisible, se déroulant
de surcroît à un rythme
beaucoup moins frénétique
que précédemment.
Le tout donne une impression de
relative artificialité, dépourvue
de l’intense excitation connue
naguère.
Nous
découvrons certes les développements
de la mythologie requis, mais comme
s’il s’agissait d’une
partition appliquée. Et puis
que le Fumeur ait eu une liaison
avec la mère de Mulder me
semble constituer un des premiers
excès d’une Mythologie
fonctionnant jusqu’ici à
la perfection. Cela demeure un effet
assez facile et bien excessif, sans
parler de ce qui en découlera...
Et puis une fin de saison sans les
Bandits Solitaires… À noter
toutefois une scène de rupture
très intense entre X et Mulder,
où les masques tombent dans
la meilleure tradition de la tragédie.
Le toujours excellent Williams a
cependant perdu sa barbe diabolique
au profit de simples moustaches
(sans doute du fait du rôle
débuté parallèlement
dans une autre série) et
son impact s’en voit diminué.
À quoi tiennent les choses !
Bien
entendu, on aura compris que toutes
ces réserves ne revêtent
pas la moindre importance. Parce
que Anagramme reste avant
toute chose l’épisode
voyant l’apparition de Roy
Thinnes dans les X-Files ! Outre l’excellent clin d’œil
le faisant interpréter un
Alien colonisateur (mais n’y
croyant plus), revoir ce grand acteur
nous ayant apporté de si
grands moments reste bien entendu
un immense plaisir et une authentique
émotion.
D’autant qu’il
s’impose toujours avec une
rare présence, avec notamment
une confrontation éblouissante
avec le toujours excellent Davis
(et quelle joie de revoir Deep Throat
!) Carter souligne ainsi fort élégamment
la dette dûe par les X-Files aux Envahisseurs, pour
le thème de l’invasion
extraterrestre souterraine, conjointement
à Night Stalker pour les enquêtes paranormales
(McGavin aura également droit
à son apparition) et aux Avengers pour la relation
si subtile entre Mulder et Scully
(pas de Macnee dans les X-Files,
malheureusement !). Le reste de
la distribution demeure à
un très haut niveau avec
en premier lieu un grand Duchovny
donnant beaucoup d’expressivité
aux tourments vécus par son
personnage
Et
c’est sur cette formidable
rencontre que s’achève
dignement cette brillante et incroyablement
relevée troisième
saison, qui aura vu les X-Files s’élever définitivement
au-dessus du statut d’excellente
production pour devenir un monument
véritablement unique dans
les annales des séries télévisées
! C’est bien logiquement qu’elle
acquiert un public toujours
plus vaste et un flot de récompenses.
Bientôt la saison 4, Mulder
saura-t-il convaincre un monde incrédule
que le cauchemar a déjà
commencé ? (Pas pu m’en
empêcher...)
- La réplique préférée de William B. Davis lors de cette troisième saison est l’énorme sous-entendu sexuel que son personnage adresse à Teena Mulder : « He was a good water-skier, your husband. Not as good as I was, but then... that could be said about so many things, couldn't it ? ». Huhum… donc, on va simplement dire que Le Fumeur et Bill Mulder faisaient du ski nautique ensemble quand ils étaient jeunes… Mais il s’agit également d’une petite private joke, William B. Davis étant en effet alors un des meilleurs skieurs nautique du Canada dans la catégorie 55-65 ans. Sinon, on apprend le Fumeur souffre du cancer (ben tiens, à force de fumer comme un pompier…).
- Teena Mulder n’est plus revenue dans le cottage familial depuis son divorce (excepté son bref passage lors du retour de « Samantha » dans La Colonie [saison 2])
- Le titre de l’épisode signifie « Mon enfant, réveille-toi » en araméen. La phrase est tirée du chapitre Le grand inquisiteur du roman Les frères Karamazov de Féodor Dostoievski. D’ailleurs L’Homme à la Cigarette cite avec philosophie ce même roman en disant lors de son face-à-face avec Smith : Anyone who can appease a man's conscience can take his freedom away. En réalité, Talitha Cumi est la parole que prononce le Christ dans l’Evangile de Marc (5.41) lorsqu’il ressuscite une petite fille.
- Autre référence au roman russe : le fast-food de l’intro s’appelle Brothers K. !
- Alors que Chris Carter écrivait le scénario, David Duchovny, lors d’un voyage, se retrouva dans le même avion que Roy Thinnes. Il proposa alors à Carter de l’engager pour cet épisode. Carter, fan convaincu des Envahisseurs (une des influences d’X-Files), approuva immédiatement l’idée de l’acteur.
- Nouvelle apparition de l’assistant de production Angelo Vacco après Contamination (saison 2) : il joue un des « miraculés » de la fusillade.
- Bonnie Hay, doublure de Gillian Anderson, fait une apparition en tant qu’infirmière.
- Jeremiah Smith est emprisonné par Le Fumeur dans la cellule B18, numéro du hangar où sont censés être déposés les restes du crash de Roswell dans un musée du Nevada.
- deux 1121 ! : Il est 11h21 quand Mulder va voir sa mère à l’hôpital, et aussi 11h21 quand Scully découvre toutes les photos de Jeremiah Smith sur son ordinateur.
- Lors de la bagarre entre Mulder et X, on peut voir au bord de l’écran certains morceaux de manteau ou de veste appartenant clairement à des membres de l’équipe technique qui faisaient tourner la caméra au même rythme que les acteurs.
TOP
5 SAISON 3
1) Le Seigneur du magma
2) Le chemin de la
bénédiction / Opération
presse-papier
3) Voyance par procuration
4) Les dents du lac
5) Souvenir d'oubliette
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Crédits
photo : FPE.
Images
capturées par Estuaire44.
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