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HORS
SERIE
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Suite
et fin du magnifique arc triple initié
par Ceux d’outre-tombe et qui
porte la Mythologie à un sommet qu’elle
n’atteindra plus qu'occasionnellement
par la suite. La tension et l’intensité
du récit demeurent particulièrement
élevées (très léger
ralentissement dans Le chemin) durant
ces deux épisodes voyant toujours coups
de théâtre et saisissantes révélations
se succéder à un rythme incroyable.
Même après avoir tant de fois revu
ces épisodes, on en reste rivé
sur son fauteuil !
Les
moments inoubliables se succèdent de
bout en bout, comme, parmi tant d’autres
: la séquence onirique marquée
par le savoureux retour de Gorge Profonde, plus
philosophe que jamais, le deuxième cliffhanger,
presque aussi haletant que le premier, l’assassinat
aussi brutal et soudain de Melissa (The
Krycek’s touch) ou évidemment
le site dantesque où s‘entassent
les millions de fiches, entre Kafka et Borges.
L’épisode
reste également marqué par les
premières facétieuses réunions
du Syndicat, dont l’ambiance de panier
de crabes nous vaudra par la suite des scènes
assez jouissives. À cette occasion apparaissent
l’Homme aux mains bien manucurées,
au charme si anglais (John Neville, figure importante
de la RADA et du théâtre anglais,
désormais installé au Canada,
fut élevé au rang d’OBE
en… 1965 !) ainsi que le plus torve First
Elder. Schisme Krycek/Fumeur, alliance tendue
mais finalement renouvelée entre Skinner
et le duo, puce électronique qu’enlève
Scully sans se douter des conséquences,
connexion entre Conspiration et la famille Mulder…
le décor de la saison 3 apparaît
également idéalement posé
par ce récit.
Il
est émouvant de voir Mulder et Scully
sortir épuisés de ce tumulte,
désirant retrouver leurs marques et leur
univers familier avant de poursuivre le combat.
Le spectateur les comprend, car lui aussi sort
moulu de l’aventure, mais ravi ! À noter
que Scully née en 64, à quatre
ans de plus que son interprète et que
Mulder, né en 1961, un an de moins !
Enfin,
on ne peut s’empêcher de penser
que ces trois épisodes assemblés
auraient constitué un formidable premier
film pour les X-Files !
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3.COUP
DE FOUDRE
(D.P.O.)

  
On
prend d’entrée un méchant
coup de vieux lors de la séquence pré-générique
de ce premier loner de la saison, avec ces jeux
d’arcade sur lesquels on s’est tant
éclaté et qui paraissent totalement
obsolètes aujourd’hui (Pac
Man ! Street Fighters!). Au-delà
de ces radotages séniles, cette introduction
apparaît magnifique, intelligemment tournée
comme un cauchemar hurlant (excellente bande-son, comme durant tout l’épisode).
Coup
de foudre confirme ce début électrique,
avec un bon emploi de l’esthétique
toujours si spectaculaire de la foudre, réveillant
en nous comme des terreurs ancestrales et astucieusement
déclinée sous diverses formes.
On
remarque les superbes compositions de deux acteurs
alors encore peu connus, mais appelés
à de belles carrières. Giovanni
Ribisi (Friends, Captain Sky…)
accomplit une grande performance, en morveux
dégoulinant d’antipathie et de
petitesse. Un véritable poème.
Jack Black est lui aussi excellent en poisson
pilote, très loin de ses numéros
comiques à l’incroyable succès.
Un épisode réussi, quoique très
classique (quasiment un remake de L’Incendiaire,
en moins ambitieux), mais justement il reste
plaisant pour le spectateur de retrouver ses
héros dans un cadre familier après
la tempête. On est rassuré, la
série continue malgré tout ! Bonne
transition d’ailleurs sur ce point chez
Mulder et Scully, bénéficiant
par ailleurs de dialogues toujours acérés.
L’épisode
demeure de plus magnifié par la grande
beauté de Karen Witter, ancienne playmate
(Miss Avril 1982…) ayant déjà
illuminé les 80’s dans de nombreuses
séries, et très bonne actrice
au demeurant.
Saluons
également l'humour du titre français,
alors que ces traductions s’avèrent
régulièrement affligeantes dans
les X-Files.
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Un
de mes loners préférés de
toute la série ! L’histoire, admirablement
écrite (la griffe de Darin Morgan), même
l’humour et l’émotion avec
une rare réussite. On s’amuse effectivement
beaucoup, que cela soit pour le ridicule de Yappi
(que l’on reverra brièvement dans
l’inouï Seigneur du magma),
la drôlerie de très nombreuses situations,
le côté lunatique de l’assassin
et une mise en scène jouant habillement
du ludisme de ces visions du futur.
L’épisode
va plus loin grâce à l’étonnante
composition de Peter Boyle en voyant philosophe.
Qu’il ait obtenu l’Emmy Award du second
rôle pour cette composition n’est
que justice, tant il donne humanité, profondeur
et facétie à son personnage. La
rencontre, d’abord contrariée, avec
Scully est un grand moment, débouchant
sur une scène particulièrement émouvante.
Le gambit* final (Ah, l’intuition féminine)
trouve le ton juste pour brillamment conclure
ce très grand épisode des X-Files.
À
noter également une scène onirique
aussi splendide que macabre dans son déroulement.
Scully récupère le hideux Queequeg,
au funeste destin.
*
Le gambit est une figure du jeu d'échecs
spectaculaire où le sacrifice d'une pièce
(ici Clyde) permet de faire chuter le roi adverse
(le groom).
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5.
LA LISTE
(THE LIST)


Pfou,
le toboggan ! Incroyable qu’un aussi mauvais
épisode succède au joyau précédent
! L’épisode apparaît en fait
comme un bien faible remake du déjà
médiocre Mystère vaudou.
Mêmes clichés, même déroulement
prévisible de l’intrigue, mêmes
effets faciles et écœurants, même
univers carcéral, jusqu’à
la voiture s’encastrant dans un arbre
! Les scènes de prison sont nimbées
d’un vert qui se voudrait sans doute stressant,
mais qui n’est que ridicule, on se croirait
dans une série Z de la TNT. On s’ennuie
beaucoup durant ce pesant et morne récit
, malgré la solide interprétation
de J.T. Walsh (Dark Skies). Le moment
le plus faible de cette excellente saison 3.
6.
MEURTRES SUR INTERNET
(2SHY)

  
L’épisode
joue habilement sur les peurs suscitées
par un Internet alors naissant, dont les dangers
restent, il est vrai, tristement d’actualité.
Il demeure amusant de voir les personnages
manifester un certain effarement devant ce
nouveau monde mystérieux, de l’eau
a passé sous les ponts depuis ! (1995)
L’histoire
se double d’une solide intrigue policière,
même si classique, avec un suspense constant,
admirablement soutenu par la fascinante musique
de Mark Snow. L’admirable mise en scène valorise l’excellente composition
de Timothy Lahart, inquiétant et monstrueux
à souhait. On remarque que les habiles
artistes de la série se sont ici surpassés,
tant chez les victimes que chez leur bourreau.
L’autopsie du jour de Scully donne d’ailleurs
lieu à une des images les plus jouissivement
gore de la série ! Les scénaristes
survoltés ont le plus souvent fait
de ces scènes de grands moments, drôles
ou horrifiques, durant lesquels absolument
tout peut arriver. On ne s’en lasse
pas, il s’agit vraiment d’une
série dans la série. Allez voir
les Experts après ça...
Un
épisode de fort bonne tenue, auquel
on peut toutefois reprocher une certaine similitude
avec Tooms, jusque dans la bataille finale
avec Scully. Mais bon, quand le modèle
est génial…
7.CORPS
ASTRAL
(THE WALK)

  
Une
histoire que l’on pourrait légitimement
estimer avoir déjà vue et revue
dans les X-Files, mais qui se voit rehaussée
par divers éléments : des scènes
chocs particulièrement pimentées,
une mise en scène inspirée (Mark
Snow, maquilleurs et équipe des SFX
accomplissent encore une fois des prodiges)
et des comédiens de grande qualité,
tels Willie Garson, à mille lieues
du pétillant Stanford de Sex and
The City, et la très belle Nancy
Sorel (Les 4400, Stargate, Tru Calling…).
Rarement
la fibre anti-militariste de la série
aura été aussi manifeste, d’autant
que nous sommes ici hors Mythologie. Le rôle
de Ian Tracey apparaît habilement équivoque,
entre victime et bourreau.
Mais
comment les magiciens de la série ont-ils
réussi à faire de Ian Tracey un amputé
aussi convaincant ? Incroyable ! La scène
de conclusion reste une des plus sinistres
de la série !
Une
très habile exploitation du thème
majeur du Fantastique qu’est le corps
astral. Le
thème de l’homme sans bras ni
jambes aux terribles pouvoirs psychiques a
été également magnifiquement
illustré dans un des chefs-d’œuvre
de Dick, Dr Bloodmoney (1963), un
des plus beaux textes post-apocalyptiques
jamais écrits.
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8.
SOUVENIR D'OUBLIETTE
(OUBLIETTE)

  
Cet
épisode particulièrement sombre
connaît un début rappelant étrangement
Ne vous retournez pas ou Le Joker
chez les Avengers, avec le maniaque
découpant sinistrement la photo de
sa future victime. Cette histoire, si sombre
que l’épisode fut partiellement
censuré en France, rappelle celle du
Fétichiste, mais avec l’introduction
d’un Fantastique particulièrement
élégant et suggestif.
L’étonnante
composition de Tracey Ellis donne beaucoup
de profondeur à l’épisode.
L’épisode sait admirablement
développer le personnage et placer
au cœur de l’intrigue la relation très
forte se nouant avec Mulder (excellent Duchovny).
Lucidement Scully reste ici au second plan,
d’autant que sa propre expérience
passée aurait pu lui faire ressentir un
peu plus d’humanité, cette histoire
demeure clairement une de celles où
elle apparaît le moins sympathique et
le plus « fonctionnaire », comme
le dira très bientôt l’ami
José Chung. Cette fine écriture
n’altère pas la mise en place
d’un très intense suspense, digne
des meilleurs thrillers, tandis que la mise
en scène, alternant habilement brillants
champs-contre champs et passage caméra
sur l’épaule, maintient efficacement
la tension.
Michael
Chieffo (Roswell) est glaçant
à souhait en atroce pervers tandis
que Jewel Staite, à l’orée
de sa carrière (Firefly, Serenity,
Dead like me, SGA…) se montre déjà
particulièrement convaincante.
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Alors cela débute très fort
avec un amusant pastiche de la fameuse autopsie
bidon d’Alien ayant défrayé
la chronique à l’époque
(comme quoi Mulder ne regarde pas que certaines
vidéos…), puis run, Mulder,
run, l’action se poursuit sur
le tempo frénétique d’Anasazi
(à un rythme moindre toutefois),
avec une pause bienvenue chez les Bandits
Solitaires (quelle veste en pelage de mouton
fort seyante pour Frohike !) et un Skinner
se faisant de nouveau braquer lors d’une
visite nocturne chez Mulder ! On ne doit
pas faire beaucoup de barbecues entre collègues
au FBI ! Le tout débouche sur un
nouveau cliffhanger de folie (ah, ces portables
!), après une intervention réussie
du toujours charismatique X.
La
partie la plus intéressante demeure
néanmoins celle de Scully, qui en
une scène bien parano comme on aime,
fait accomplir une avancée foudroyante
à la Mythologie et ouvre la voie
à sa maladie. Les trois scénaristes
parviennent à mener de front deux
intrigues parfaitement abouties, un bel
exploit. Une entrée en bouche fort
relevée, prenant encore une dimension
supplémentaire dans la seconde partie,
débutant par une scène mémorable
et se poursuivant par un haletant suspense
pré Jack Bauer en huis clos pour
Mulder et un voyage au pays du cauchemar
pour Scully (scènes très impressionnantes
et beau face-à-face avec The First
Elder, qui a visiblement tout compris du
mode de pensée de notre amie rousse).
Le tout se conclut sur une fracassante et
énigmatique intervention de X et
une apparition incroyablement bien filmée
du Fumeur (la flamme dans les lunettes,
génial).
Encore
une réussite pour la Mythologie,
même si l’on n’atteint
pas l’incomparable densité
de Anasazi/The blessing way. La
Mythologie apparaît ici clairement
maîtrisée, Carter et Spotnitz
savent où ils vont ! La rupture de
ton entre les deux épisodes paraît
aussi maîtrisée que bienvenue.
Les dialogues entre Mulder et Scully crépitent
réellement. Très belle composition
de tueur au sang-froid de Stephen McHattie,
The Red Haired Man (toujours ces pseudos
hallucinants), tandis que le sénateur
Matheson effectue un retour apprécié.
Apparition du sympathique Agent Pendrell
qui en pince déjà visiblement
pour Scully… La Quête continue
!
11.
RÉVÉLATIONS
(REVELATIONS)

 
Ce
récit retrouve la veine des épisodes
« chrétiens » de la série,
ce qui, outre une sollicitation intéressante
des personnages (foi de Scully, scepticisme
de Mulder, soit une inversion de la relation
classique), nous vaut toujours une atmosphère
très particulière.
L’histoire
se laisse suivre sans déplaisir, les
références bibliques de rigueur
lui donnant comme un air de Damien de l’autre
bord. L’épisode bénéficie
également de seconds rôles de luxe,
avec le toujours spectaculaire Michael Berryman
(La Colline a des yeux) et surtout
le formidable Kenneth Welsh, insufflant à
son personnage toute la malice et l’aura
de l’inoubliable Windom Earle de Twin
Peaks. Mais
cette comparaison met le doigt sur la grande
faiblesse de l’épisode, une réalisation
très plate, à des années-lumière des fulgurances de Lynch. Cette
fadeur limite singulièrement la portée
de l’histoire. Dommage, d’autant
que le jeune Kevin Zegers campe un gamin moins
tête à claques que de coutume.
Dès
les premières images, on comprend que
l’on est face à un des chefs-d’œuvre des épisodes humoristiques,
troisième grande famille de la série,
à côté des loners classiques
et autres Mythics.
L’intro
joyeusement gore (précédant
bien d’autres scènes réussies
du même genre) puis le plan génial
du ciel étoilé, s’avérant
n'être qu'un reflet sur lequel saute un insecte, font
déjà rire à gorge déployée
le spectateur. Toute l’histoire résulte
portée par cet humour narquois et corrosif,
la griffe du grand auteur Darin Morgan qui
va jusqu’à malmener les propres
héros de la série. Le récit
s’articule ainsi longtemps sur une idée
géniale, Scully demeurant en retrait
chez elle. Cela nous permet de lui découvrir
une vie aussi passionnante que celle de son
collègue : toilette du hideux Queequeg
(en même temps que son revolver !),
soirée pot de glace seule devant la
télé etc. Mulder le Martien
ne semble pas non plus épargné
de son côté ! L’ironie
de Morgan envers ses personnages s’avère
assez irrésistible.
L’épisode
atteint son pic avec l’entrée
en scène de la sculpturale Bambi, qui
nous vaut d’ailleurs une arrivée
très rapide de Scully sur le théâtre
des opérations... Le récit se
double alors d’une piquante comédie
de mœurs chez nos héros. Le fait
qu’il ne se passe rien entre Bambi et
Mulder illustre bien qu'il n’est pas
Hank ni X-Files, Californication
! Le scientifique avec son proto K-9 insectoïde
reste lui aussi très amusant.
L’épisode vaut également
pour sa réjouissante satire des classiques
du cinéma SF des années 50,
avec leur cortège d’insectes
monstrueux et/ou radioactifs, extraterrestres
etc. Le titre demeure très explicite
là-dessus ! La ville s’appelle
ainsi Miller’s Grove, tandis que dans
La Guerre des mondes, les Martiens
attaquent Grover’s Mill. Magnifique
réussite (annonciatrice du Seigneur
du magma, mon épisode préféré),
cette histoire demeure hilarante de bout en
bout !
L’humour
est toujours présent dans cet épisode,
avec notamment de désopilantes «
scènes de ménage » entre
Scully et Mulder, mais aussi les effets délirants
induits par l’alignement planétaire.
On observe ainsi une torride romance entre
la Shérif et Mulder, avec une survenue
de Scully digne du meilleur Boulevard.
Mais
l’essentiel de l’épisode
réside dans son atmosphère inquiétante,
ses scènes chocs parfaitement tournées
et le portrait particulièrement troublant
de jeunes filles médiocres saisies
par le vertige de la toute puissance. On retrouve
dans cet épisode réussi comme
une saveur digne des meilleurs moments de
La Quatrième Dimension.
Sinon,
on peut remarquer que Duchovny paraît déjà
très convaincant dans les scènes
de beuverie et de parties de jambes en l’air…
14.
LE VISAGE DE L'HORREUR
(GROTESQUE)

  
Quand
les X-Files rencontre Profiler…
L’épisode
reprend un thème classique, celui
du policier s’identifiant à
sa proie pour le capturer, au point d’en
demeurer transformé. Mais le traitement
en demeure fort habile, avec une immersion
de Mulder dissimulant celle de Paterson.
Le procédé, à défaut
d’être tout à fait imprévisible,
nous vaut des scènes particulièrement
intenses, notamment grâce au jeu très
éloquent de Duchovny et de Kurtwood
Smith (That 70s Show, Robocop).
Ce joli duel entre comédiens se superposant
à celui des personnages constituent
un des points forts de l’épisode,
auxquels on peut rajouter une très
efficace mise en scène, mêlant
obscurité, bleu crépusculaire
et scènes effroyables pour donner
à l’ensemble la dimension d’un
véritable cauchemar. La musique apporte
également beaucoup à l’atmosphère
!
On
ne peut encore une fois qu’applaudir
les artistes de la série, tant les
nombreux dessins et sculpture paraissent
saisissants d’effroi. Du bel ouvrage,
qui maintient cependant Scully à
l’écart et la cantonnant dans
un rôle de coéquipière
loyale et préoccupée, également
très classique, même si superbement
maîtrisé par Gillian Anderson.
Évoquant parfois le Fétichiste,
avec lequel il partage une rare absence
du surnaturel, Le visage de l’horreur reste une fascinante évocation des
sombres mystères de la folie, ainsi
qu’un magnifique prologue à
MillenniuM !
La série prend désormais le rythme
de ces doubles épisodes scandant la Mythologie
par des évolutions majeures. Comme de
coutume les coups de théâtre se
succèdent, tandis que tous les personnages
principaux de la série apparaissent :
les Bandits Solitaires, très amusants,
le Fumeur toujours glacial, l’Homme aux
mains bien manucurées, qui prend ici
une importance vraiment centrale tandis que
son conflit larvé avec le Fumeur commence
à devenir incandescent. Le First Elder
reste en retrait ; on ne se méfiera jamais
assez de ce personnage apparemment moins flamboyant
que les deux autres comparses mais diablement
subtil… Les scènes de la Conspiration
sont toujours formidablement excitantes et cet
épisode n’y fait pas exception.
La
grande vedette demeure cependant ce pauvre Krycek
(saisissante apparition !) autour duquel s’organise
une gigantesque partie de Catch me if you
can [Attrape-moi si tu peux].
On aura rarement vu un héros de série
télé se mettre dans une mélasse
pareille, et ça n’est pas fini. L’éprouvante
conclusion le laisse d’ailleurs dans une
situation particulièrement délicate
! Nicholas accomplit une grande performance.
Les interprètes principaux restituent
à la perfection les tourments de leur
personnages, dans une histoire les concernant
de très près.
Toutefois
si tous les ingrédients du genre répondent
à l’appel, la sauce prend moins
bien que dans l’exceptionnel Anasazi/The Blessing
Way, même si le niveau global demeure
excellent. Les surprises restent (un tout petit
peu) plus convenues, le rythme moins soutenu,
l’excitation moindre, le cliffhanger relativement
prévisible, même si la cohérence
de la Mythologie demeure parfaite. L’épisode
ne reste pas pour autant comme une relative
déception car il met en scène
avec une redoutable efficacité, une nouvelle
venue qui va faire les beaux jours de la série
comme du premier film : l’Huile Noire.
Terrifiante, cette grandiose idée de
scénariste suscite immédiatement
l’enthousiasme tant elle apporte d’originalité
et de force à la Mythologie. Ce regard
où se manifeste soudain une obscure présence
indiciblement maléfique restera comme
l’une des images les plus inoubliables
de l’univers des séries télés
! On apprécie également la présence
française (avec l’accent québécois,
nous somme encore au Canada…),
avec un début d’épisode
à la Cousteau et le rappel des essais
de Mururoa alors dans l’actualité
!
Pour l’anecdote, Piper Maru est un clin
d’œil à la fille de Gillian
Anderson, Piper, née deux ans auparavant.
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17.
AUTOSUGGESTION
(PUSHER)

Et
encore un épisode exceptionnel ! Que
cette saison 3 est bonne.
On
retrouve ici selon moi le troisième
meilleur adversaire de Mulder parmi ceux utilisant
sciemment leur pouvoir pour faire le mal (derrière
Tooms et l’Incendiaire) : spirituel,
brillant, charmeur (au sens propre) le Pousseur
bénéficie en plus de la prestation
époustouflante de Robert Wisden, comptant
parmi les plus grands numéros d’acteurs
d’une série où ils s’avèrent
si nombreux. Ce personnage apparaît
très fouillé psychologiquement
(la marque de Gilligan). Le suspense demeure
haletant jusqu’au bout de cette superbe
intrigue impeccablement mise en scène,
jusqu’à un duel final
à couper le souffle.
L’épisode
constitue également un grand moment
de la relation entre Mulder et Scully finissant
l’épisode main dans la main
(Duchovny et Gillian sont géniaux),
et qui trouvent dans leur amitié la
force de résister au maléfique
pouvoir d’un Pousseur fort surpris.
Toutes les scènes de suggestion restent
de grands moments ! On observe que seul Skinner
résiste finalement facilement au Pousseur,
le personnage a de la ressource ! Joli
clin d’œil : dans le tabloïd apparaît
le Flukeman ! Apparemment il refait parler
de lui…
On
remarque la présence de Roger R. Cross,
finalement dans un rôle très
proche de celui qu’il occupera dans
24h Chrono.
Après
vérification, "céruléen",
évoqué dans l'épisode,
signifie : de l’azur du ciel ou des
flots de la mer.
Un
épisode majeur, inoubliable dans sa
lumineuse simplicité. Tout comme Tooms
(mais hélas pas l’Incendiaire),
le Pousseur reviendra nous rendre visite (Kitsunegari,
saison 5).
18.
MALÉDICTION
(TESO DOS BICHOS)

  
À
partir d’une trame usée jusqu’à
la corde (un objet sacré des temps
anciens déchaîne une malédiction
sur ceux qui l’ont profané
en le déterrant) les X-Files
parviennent à bâtir un film
d’horreur à couper le souffle.
Pour cela, l’épisode joue habilement,
grâce à une réalisation
à la diabolique habilité,
de plusieurs frayeurs distinctes, se faisant
écho sans que l’intensité
de chacune d’elle en pâtisse
: la peur du noir (une partie impressionnante
de l’épisode est tournée
dans l’obscurité sans que la
lisibilité en souffre), la claustrophobie
avec une succession de couloirs et salles
sans fenêtres, de souterrains méphitiques
où nos héros semblent enfermés
à l’heure du péril,
et bien sûr la vision de ces hordes
d’animaux déchaînés,
rats et chats, admirablement filmées.
Cette
horreur diffuse de l’épisode
s’enflamme d’ailleurs lors de
scènes particulièrement fortes
comme l’invasion des rats dans les
toilettes (bon appétit !) ou l’hallucinante
course-poursuite finale. Le spectateur n’est
pas épargné mais en redemande
! Il n’y a pas jusqu’à
l’habituelle scène croquignolette
de l’autopsie qui ne se révèle
particulièrement insoutenable…
Jusqu’à la chute surprenante
l’histoire nous offre donc un spectacle
irrésistible d’intensité,
servi de plus par d’excellents comédiens
se donnant visiblement à fond.
Et
puis une intrigue où apparaissent
des chats rendus follement agressifs et
d’une force surnaturelle rappellera
forcément de bons souvenirs aux amateurs
des Avengers ! D’ailleurs
étrangement cet épisode n’est
généralement guère
apprécié, ce qui rappelle
également Le monstre des égouts
!
19.
LA RÈGLE DU JEU
(HELL MONEY)


Â
de nombreuses reprises les X-Files se
sont éloignés du Fantastique
à la mode occidentale, pour s’ouvrir
à d’autres cultures, africaines,
indiennes, latino-américaines (on
ne dira jamais assez à quel point
la série ne se résume pas
à des histoires d’extraterrestres…).
Cette diversité nous vaudra la
plupart du temps de belles réussites…
mais pas ici !
En effet, Vlaming, tout à son
envie de monter un épisode exotique,
en fait beaucoup trop sur le décorum
chinois, ce qui finit par dévorer
à belles dents son intrigue. C’est
ainsi que tous les sempiternels clichés
chinois sont de la partie (la médecine,
la gastronomie, le dragon festif, la jade,
les fantômes, les feux d’artifices
etc.) tandis que l’intrigue se résume
à bien peu de choses : une histoire
de greffons humains élucidée très
rapidement, avec de surcroît une
totale absence de Fantastique (simples
évocations de la cosmogonie chinoise,
visions dûes à la drogue..). Attendez
? Des greffes, un opéré
sauvé in extremis, peu de fantastique
? Voici qui nous rappelle un certain film…
Le
récit se voit de plus plombé
par un le jeu peu inspiré de la
jeune Lucy Liu en Cosette chinoise. Elle
ne semble vraiment pas dans son emploi,
tant l’explosive Ling d’Ally
Mc Beal nous ravira par la suite.
Tout ceci finit par provoquer un ennui
poli chez le spectateur, confronté
de plus à une mise en scène
plus paresseuse que de coutume, au rythme
aussi lent que les méandres du
Fleuve Jaune et à une prose de
Scully passablement pesante (Je sais
une seule chose. C’est que votre
peine de prison ne sera jamais à
la hauteur de vos crimes).
Surnagent
les numéros réussis de B.D.
Wong et du vétéran James
Hong, quelques bonnes vannes de Mulder
(SOS Fantômes) et surtout
la fameuse autopsie de Scully (la célèbre
série dans la série), très
réussie. C’est insuffisant
et cet épisode demeure comme un
trou d’air dans une saison 3 particulièrement
étincelante par ailleurs.
-
Ils veulent que l’on se noie dans leurs
bobards, ces enfants de purée !
-
Mulder est très intéressé
par tout ce qui est insolite, il ne rejette jamais
rien totalement.
- Mais tu es devenu dingue ?
-
Demandez-lui si le troisième extraterrestre
avait un accent russe.
-
Les prétendues autorités compétentes
se sont ramenées avec deux Hommes en
Noir. L’un d’eux était
travesti, déguisé en femme.
Mais je n’ai pas été dupe
une seconde. Il s’était mis une
perruque rousse, mais elle était vraiment
trop rousse. Et l’autre, si vous aviez
vu ce genre de grande bringue ! Un regard
complètement vide, un visage sans expression.
Je me demande si c’était vraiment
un humain, ou juste un androïde.
-
Vous ne pouvez pas camoufler la Vérité
! Roswell, Roswell !
-
Tout en demeurant une femme intelligente,
sensible et honnête, Dana Lesky reste
avant tout une fonctionnaire, tandis que la
démence et la violence latente de son
collègue, Reynard Muldrake, menacent
d’exploser à chaque instant.
Et
voici tout simplement mon épisode
préféré ! En effet Le Seigneur du magma marque l’apogée
comme le chant du cygne de Darin Morgan, soit
l’auteur des X-Files le plus iconoclaste
et imaginatif. Son humour ravageur et son
audace créatrice lui font imaginer
une histoire totalement folle, où s’entremêlent
une vérité à tiroirs
et les témoignages d’une série
de divers cinglés magnifiques des plus
réjouissants. L’idée de
faire s’entrechoquer la version de Scully
avec celles de ces allumés successifs
(les véritables héros de cette
histoire) permet des contrastes vraiment hilarants,
et parfaitement maîtrisés (cette
excellente idée sera réutilisée
de nouveau avec succès dans Le
shérif a les dents longues, opposant
cette fois le fin duo).
Mais
l’épisode ne contente pas de
cette géniale architecture et pare
celle–ci d’un feu d’artifice
de scènes totalement hallucinées,
comme les Hommes en Noir interprétés
par de célèbres animateurs de
télé ou les scènes d’hypnose
totalement parano. Outre l’absurde brillant
et les réparties irrésistibles,
on se rend compte que la série n’hésite
pas à se moquer de ses propres codes,
voire d’une partie non négligeable
de son audience, les fanatiques d’OVNI
et de conspiration, à la paranoïa
caricaturée de manière hilarante
(L’emblématique Blaine, soit
l’un des personnages les plus drôles
que l’on ait vu dans une série
télé, a d’ailleurs un
poster I want to believe dans sa
chambre….), une superbe audace ! Ce
clin d’œil est joliment souligné
par l’emploi du thème du générique
à l’intérieur de l’épisode
(une première), décliné
sur un mode subtilement ironique.
À
ce niveau de loufoque, l’autopsie rituelle
se devait d’être particulièrement
gratinée ! Effectivement on verse là
franchement dans le génial avec un
pastiche irrésistible de la fameuse
vidéo de Roswell, (déjà
utilisée dans Nisei) présenté
par... Yappi ! L’épisode y va
vraiment à fond, c’est jouissif
au possible. La mise en scène se met
au diapason, avec une inventivité de
chaque instant : le gros plan sur un vaisseau
à la Star Wars se révélant
être un élévateur, les paroles censurées
du shérif, les surimpressions de l’hypnose
sur le réel, les effets spéciaux
volontairement rudimentaires de Lord Kinbote
(hommage à Harryhausen) etc…
Le rythme ne faiblit jamais. À noter une première
scène de lit (non partagé) pour
nos héros...
Le
fin duo lui même passe à la moulinette
ravageuse de Morgan, avec un Mulder paraissant
encore fonctionner au LSD et une Scully traversant
l’épisode à différents
stades de l’effondrement. Les comédiens
s’amusent visiblement beaucoup en caricaturant
leur personnage et montrent une vis
comica réellement stupéfiante.
Si Gillian Anderson rend très explicite
les effarements de Scully, la palme revient
tout de même d’une tête
à Duchovny pour la folie douce qu’il
insuffle à son personnage. Il accomplit
vraiment une performance époustouflante
dans la scène culte de la Tarte aux
Légumes (Lynch et Dale Cooper ne sont
pas loin) et gagne, déjà, ses
galons de grand acteur comique. Toute la distribution
se montre d’ailleurs exceptionnelle,
avec une mention spéciale pour le grand
comédien de théâtre, Charles
Nelson Reilly, dont le duo avec Gillian fonctionne
incroyablement bien et qui nous a quitté
l’année dernière.
Le
Seigneur du magma s’impose comme
la réussite la plus éblouissante
de la troisième famille de la série,
les loners humoristiques, et évite
l’écueil du fourre-tout en parvenant
à raconter une véritable histoire
entre les scènes de pur délire.
Une superbe réussite auto parodique,
emblématique de l’incroyable
niveau de qualité de cette saison 3,
où l’on observe, avec une certaine
émotion, les X-Files bâtir
leur légende épisode après
épisode. José Chung, auteur
d’une très belle conclusion sur
la solitude, réapparaîtra (hélas
pour lui) dans MillenniuM (Jose
Chung's Doomsday Defense, nouveau chef-d’œuvre de Morgan) et on reconnaît
dans l’hypnotiseur de Mulder un certain
futur chirurgien démoniaque...
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21.
LA VISITE
(AVATAR)

  
Cet
épisode particulièrement dense
entremêle habilement trois thèmes
majeurs : la dimension fantastique des apparitions
de la Succube, un détour par la Mythologie,
et une très belle étude du
caractère de Skinner. Chacun d’eux
s’avère particulièrement
réussi.
Les
scènes d’apparition de l’esprit
s’imposent avec un étonnant
impact, compte tenu du peu de moyens mis
en œuvre ; d’ailleurs leur esthétisme
évoque parfois clairement David Lynch
! Les scènes de la Conspiration développent
parfaitement l’ambiance méphitique
et glaciale qu’on leur connaît,
et se voient de plus couronnées par
une spectaculaire apparition du Fumeur,
vraiment bien amenée. Une image vaut
souvent mieux qu’un long discours
! Le cœur de l’épisode
réside bien à ce moment dans ce portrait
approfondi de Walter Skinner, dont l’importance
et la profondeur n’ont cessé
de croître depuis ses premières
apparitions en temps que féal de
CSM. L’immense talent de Mitch Pileggi
(quelle présence, vraiment) et les
diverses péripéties que traverse
le personnage donnent encore plus de densité
à ce désormais héros
à part entière de la série.
Un superbe exercice de style, d’autant
que l’auteur a la grande habilité
de lui conserver une part de mystère.
L’épisode parvient à
jouer de ces diverses partitions sans qu’elles
se télescopent l’une l’autre,
pour former un tout harmonieux, porté par
la musique de Mark Snow. Vraiment une authentique
réussite !
L’épisode
s’offre de plus le luxe d’évoquer
avec ironie les scandales sexuels défrayant
la chronique de l’époque (affaire
Heidi Fleiss). On s’amuse de la réaction
épidermique de Scully face à
ces turpitudes, tandis que Mulder touche
par sa loyauté… et sa soif
de découverte !
Ultime
bonne surprise de cette Visite
réussie, une des plus belles guest
stars de la série, avec la magnifique
et si douée Amanda Tapping, que Pileggi
retrouvera dans Stargate SG1/Stargate
Atlantis une fois qu’elle sera
devenue le major Carter ! Jennifer Hetrick
(Vash dans Star Trek Next Gen et
Deep Sace Nine) est également
très convaincante. Nouvelle apparition
de l’Agent Pendrell toujours épatant,
et dont on ne connaît toujours pas le
prénom !
22.
LES DENTS DU LAC
(QUAGMIRE)

   
Le
mythe de Nessie occupe une place importante
dans l’univers des séries télé
et les X-Files, dans leur patiente
édification d’une anthologie
globale du Fantastique, ne pouvaient certes
y demeurer indifférents. Mais la série
va avec talent traiter le sujet à sa
manière, avec beaucoup d’humour
et en le reliant à une thématique
contemporaine lui tenant à cœur :
l’écologie. C’est en effet
la raréfaction de la nourriture liée
à la pollution qui entraînent
le Nessie local, Big Blue (et son voisin le
crocodile) à s’aventurer près
des rivages. Cela nous vaut une séquence
d’ouverture absolument prophétique
on l’on reconnaît la querelle
actuelle opposant la majorité de scientifiques
liant actiivté humaine et réchauffement
climatique à une poignée d’autres
plus dubitatifs (et appréciés
de l’industrie).
On
remarque également un défilé
d’hurluberlus, qui ne reste pas sans
évoquer, sur un mode mineur (de la
caricature du fan de Nessie au drogué
à la bave de crapaud, déjà
vu dans la Guerre des coprophages)
Le Seigneur du magma. Par ailleurs,
sans que cela nuise un seul instant à
la fluidité du récit, l’épisode
délivre un dossier très complet
sur Nessie, des différentes thèses
envisagées jusqu’au mercantilisme
effréné qu’il provoque
chez les commerçants locaux, en passant
par la fascination que suscite cette énigme.
Comme le ressent Mulder, Nessie représente
une occasion unique de matérialiser
le merveilleux dans le monde réel,
d’où sa magie unique. Outre un
beau suspense et un rythme haletant, l’épisode
offre également des passages très
amusants où les scènes gores
typiques des productions similaires apparaissent
toujours réalisées sur un ton
subtilement ironique, proches du pastiche
(le titre français paraît pour une
fois bien trouvé !). On admire de plus
de magnifiques panoramas sur les forêts,
lacs et montagnes canadiennes, toutes choses
qui se perdront hélas par la suite…
Enfin,
cet épisode éminemment
abouti met particulièrement en avant
Mulder et Scully (celle-ci d’ailleurs
accompagnée, plus pour longtemps, de
Queeqeg troisième monstre de l’histoire).
Mulder se montre excité en diable par
cette occasion de toucher le Fantastique du
bout des doigts, tandis Scully parait clairement
agacée par tout ce qu’elle voit
(très joli numéro de Gillian
Anderson, très amusante), ce qui nous
vaut quelques échanges de vannes assez
délectables. On remarquera que la (pas
si) tragique disparition de Queequeg ne verra
pas Scully être particulièrement
réconfortée par Mulder, tout
à son enquête… Se détache
la scène nocturne de l’îlot,
à laquelle Darin Morgan aurait contribué,
où c’est cette fois un dialogue
face-à-face très dense qui s’instaure
entre Scully et Mulder /Achab, dont on peut
dire qu’il se poursuit encore dans I
Want To Believe, entre le Croisé
et celle pour qui il existe une vie à
côté de la Vérité.
Et, parce que nous sommes dans les X-Files,
l’histoire se conclut sur un coup de
théâtre final fort bien amené
! Au total, un chef-d’œuvre de
plus pour cette saison 3, où une série
en pleine possession de ses moyens continue
à s’édifier sous nos yeux
admiratifs. So long, Queequeg !
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23.
HALLUCINATIONS
(WETWIRED)

  
Cet
épisode laisse des impressions
mitigées. C’est ainsi que
l’on se rend très rapidement
compte que, pour l’essentiel,
le sujet a déjà été
traité dans Mauvais sang
(saison 2), la télévision
remplaçant le portable. Mais
l’épisode dépasse
la simple question des images subliminales
(l’auteur est l’un des principaux
responsables des effets spéciaux
de la série) pour élaborer
une très fine parabole sur les
dangers suscités par la télévision
et la violence qu’elle charrie.
La lucarne magique apparaît certes
fautive mais ses victimes sont elles-mêmes des consommateurs pathologiques
en faisant un usage immodéré…
Sachons sauvegarder notre esprit critique
et une relative distance, ont l'air de nous
conseiller les X-Files. D’autre
part, l’intrigue semble jouer
un jeu toujours dangereux : vouloir
mêler trop de thèmes dans
une seule histoire. Alors que Mauvais
sang développait son propos sans
se disperser, distillant ainsi une atmosphère
d’une rare densité, Hallucinations bascule à mi-parcours en passant
des télévisions au délire
de Scully et à sa poursuite par
Mulder, puis à une
fenêtre entr'ouverte sur la Mythologie.
"Qui trop embrasse mal étreint",
mais cette faiblesse se voit dépassée
par l’incroyable numéro
d’actrice que nous offre alors
Gillian Anderson, restituant avec une
extraordinaire acuité les affres
traversées par son personnage.
Son immense talent emporte la décision,
soutenu par une mise en scène
efficace, et fait de cet épisode
un spectacle captivant. Quand à
l’incursion dans la Mythologie
elle nous permet de retrouver X, que
nous avions un peu perdu de vue, et
nous vaut une scène assez électrique
entre lui et CGB. X apparaît cependant
déjà en retrait…
Psychose
paranoïaque et haute technologie,
il est fort logique que Hallucinations
recourt aux Bandits Solitaires, soit
toujours une solide valeur ajoutée
pour un épisode ! Remarquons
également que Scully tire une
nouvelle fois sur Mulder ! On apprend
également que Mulder est daltonien.
Pour l’anecdote, Skinner déclare
que Scully a tiré quatre fois,
alors qu’elle l’a fait à
six reprises.. On remarque enfin la
présence Colin Cunningham (Stargate,
Le Collecteur…).
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24.
ANAGRAMME
(TALITHA CUMI)

   
Et
voici venue l’heure du désormais
traditionnel double épisode
mythologique de fin de saison, avec
à la clef son toujours tétanisant
cliffhanger. Malheureusement, si
le plaisir demeure toujours des
plus vifs, le spectacle n’apparaît
pas aussi parfaitement abouti que
lors de l’incroyable arc Anasazi/The Blessing
Way/Paper Clip. En effet le
Duo Carter/Duchovny (qui s’essaie
à l’écriture
pour l’occasion) parvient
certes à susciter les scènes
chocs que l’on attend à
cette occasion (dont un face-à-face pour le moins nerveux, quelle
surprise, entre le Fumeur et Mulder
ou les apparitions du Bounty
Hunter, plus Terminator que jamais).
Toutefois le liant entre ces moments
forts semble bien conventionnel
et prévisible, se déroulant
de surcroît à un rythme
beaucoup moins frénétique
que précédemment.
Le tout donne une impression de
relative artificialité, dépourvue
de l’intense excitation connue
naguère.
Nous
découvrons certes les développements
de la mythologie requis, mais comme
s’il s’agissait d’une
partition appliquée. Et puis
que le Fumeur ait eu une liaison
avec la mère de Mulder me
semble constituer un des premiers
excès d’une Mythologie
fonctionnant jusqu’ici à
la perfection. Cela demeure un effet
assez facile et bien excessif, sans
parler de ce qui en découlera...
Et puis une fin de saison sans les
Bandits Solitaires… À noter
toutefois une scène de rupture
très intense entre X et Mulder,
où les masques tombent dans
la meilleure tradition de la tragédie.
Le toujours excellent Williams a
cependant perdu sa barbe diabolique
au profit de simples moustaches
(sans doute du fait du rôle
débuté parallèlement
dans une autre série) et
son impact s’en voit diminué.
À quoi tiennent les choses !
Bien
entendu, on aura compris que toutes
ces réserves ne revêtent
pas la moindre importance. Parce
que Anagramme reste avant
toute chose l’épisode
voyant l’apparition de Roy
Thinnes dans les X-Files
! Outre l’excellent clin d’œil
le faisant interpréter un
Alien colonisateur (mais n’y
croyant plus), revoir ce grand acteur
nous ayant apporté de si
grands moments reste bien entendu
un immense plaisir et une authentique
émotion. D’autant qu’il
s’impose toujours avec une
rare présence, avec notamment
une confrontation éblouissante
avec le toujours excellent Davis
(et quelle joie de revoir Deep Throat
!) Carter souligne ainsi fort élégamment
la dette dûe par les X-Files
aux Envahisseurs, pour
le thème de l’invasion
extraterrestre souterraine, conjointement
à Night Stalker
pour les enquêtes paranormales
(McGavin aura également droit
à son apparition) et aux
Avengers pour la relation
si subtile entre Mulder et Scully
(pas de Macnee dans les X-Files,
malheureusement !). Le reste de
la distribution demeure à
un très haut niveau avec
en premier lieu un grand Duchovny
donnant beaucoup d’expressivité
aux tourments vécus par son
personnage
Et
c’est sur cette formidable
rencontre que s’achève
dignement cette brillante et incroyablement
relevée troisième
saison, qui aura vu les X-Files
s’élever définitivement
au-dessus du statut d’excellente
production pour devenir un monument
véritablement unique dans
les annales des séries télévisées
! C’est bien logiquement qu’elle
acquiert un public toujours
plus vaste et un flot de récompenses.
Bientôt la saison 4, Mulder
saura-t-il convaincre un monde incrédule
que le cauchemar a déjà
commencé ? (Pas pu m’en
empêcher...)
TOP
5 SAISON 3
1)
Le Seigneur du magma
2) Le chemin de la
bénédiction / Opération
presse-papier
3) Voyance par procuration
4) Les dents du lac
5) Souvenir d'oubliette
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Crédits
photo : FPE.
Images
capturées par Estuaire44.
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