
HORS
SERIE
|
Épisode
exceptionnel, marqué bien entendu par la
rencontre de nos héros et l’apparition
en embuscade du Fumeur (il glace déjà
Scully !) mais aussi par un excellent suspense,
une séquence d’ouverture impressionnante
et une brillante mise en scène distillant
de grands moments : la poignée de main,
l’avion, les montres… La thématique
de la série et le caractère des
personnages demeurent particulièrement
bien introduits. Mulder est déjà
le Martien… Un épisode fondateur,
incontournable.
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1. GORGE PROFONDE
(DEEP THROAT)

  
La
série continue à poser ses jalons,
même si l’histoire paraît plus schématique
et un tantinet moins inspirée que lors
du pilote. L’intérêt réside
surtout dans le portrait des deux héros
et la mise en place définitive de leur
amitié (toi et moi contre l’Univers)
et surtout, alors que la Conspiration n’est
encore qu’évoquée, dans
l’apparition du fabuleux Gorge Profonde.
Sa relation unique avec Mulder se dessine, elle
demeurera un des atouts maîtres de cette
saison Un. Jerry Hardin est impressionnant de
justesse, d’humanité et de profondeur
de jeu. Et... ses disparitions soudaines m’ont
toujours amusé ! Les amateurs de Buffy pourront reconnaître Seth Green, le futur
Oz. Premier changement de coiffure pour Gillian,
cette série-ci débute aussi…
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Un
épisode très spécial pour
moi car c’est là que j’ai
pris le train en marche, en cette lointaine
année 1994. C’était dans
l’horreur d’une profonde nuit…
Quel choc, quelle révélation !
Je n’avais rien vu d’aussi fort
depuis Twin Peaks. J’ai tout
de suite su que j’avais découvert
LA série ! L’épisode en
lui-même est particulièrement excellent,
car mettant en scène l'un des adversaires
de Mulder les plus inoubliables : Eugène
Tooms. Loin d’être un de ces personnages
dépassés par leurs pouvoirs qui
peupleront la série, c’est un authentique
prédateur, prototype annonçant
l’Incendiaire, le Fétichiste, le
Pousseur… Un classique de la série
et un de ses épisodes les plus terrifiants.
Doug Hutchison est inoubliable.
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La
Quête débute… L’épisode
introduit, avec beaucoup d’émotion,
une pièce maîtresse de la mythologie,
le fil rouge de la série : l’énigme
de la disparition de Samantha Mulder. Comme
par la suite, Mulder se montre particulièrement
exalté sur la question. L’histoire
n’oublie pas pour autant de distiller
un efficace suspense aux nombreux rebondissements
et des personnages très humains. Don
Gibb est toujours aussi amusant. Et puis quel
plaisir de retrouver les imprimantes à
aiguille et les sorties listing, toute
une époque ! Mulder montre une inclinaison
religieuse à la fin de l’épisode,
par la suite cela sera plutôt Scully qui
prendra le relais dans ce domaine.
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4.
LE DIABLE DU NEW JERSEY
(THE JERSEY DEVIL)

 
Aïe!
Je n’ai jamais trop accroché à
celui-ci. Peut-être parce que l’adversaire
fait finalement plus pitié qu’autre
chose, ou que la fin est trop mélo ou bien
en fait que cet épisode est plus policier
que SF. On y trouve de très bonnes choses
toutefois (même un épisode moyen
des X-Files demeure cent coudées
au-dessus du lot). On apprécie en particulier
de découvrir la « vie » de
Scully en dehors du Bureau. Les autres hommes
commenceraient-ils à lui paraître
fades? Il n’est pas évident de la
reconnaître, mais Claire Stansfield (le
fameux diable) est bien connue des fans de Xéna (bah oui, on ne se refait pas…) pour son
interprétation de la chamane Alti, une
ennemie récurrente de la Princesse Guerrière.
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5.
L'OMBRE DE LA MORT
(SHADOWS)

  
Un
excellent épisode, bien dans la tonalité
de la saison 1, encore sise entre policier et
SF. Les interprètes paraissent très
relevés et les effets spéciaux
absolument remarquables une fois de plus. Tout
cela est mis au service d’une intrigue
astucieuse, où l’angoisse reste
prégnante de bout en bout. Le fin duo
apparaît désormais bien en place,
avec des rôles clairement définis
pour chacun. La série est en ordre de
marche ! À noter un clin d’œil amusant
: lors du changement d’attribution de
la place de parking de Graves, le nom du nouveau
titulaire est Tom Braidwood, qui n’est
autre que le futur interprète de l'inénarrable
Melvin Frohike. Il est à l’époque
assistant réalisateur, comme il le sera
également sur MillenniuM.
6.
UN FANTÔME DANS L'ORDINATEUR
(GHOST IN THE MACHINE)


Celui-ci
a pris vraiment un coup de vieux. Son approche
des IA reste très datée (COS fait
d’ailleurs furieusement penser à
l'X41 des New Avengers) et empreinte
des tics des Cyberpunks dont la vague n’est
pas encore retombée en 1993 (Ghost
in the machine est une de leurs phrases
cultes). L’effondrement de la Bulle est
passée par là, laminant toute cette
pseudo mystique autour de la Silicon Valley
et de ses gourous. Le personnage de Wilczek
paraît totalement imbuvable aujourd’hui.
De plus l’épisode manque absolument
d’humour, alors que Maitreya sera au moins divertissant et Clic mortel bien plus prenant et rythmé. Ghost demeure bien le maillon faible de la trilogie
Cyber des X-Files. La réalisation demeure
parfaitement efficace et les acteurs excellents,
maist on ne s’intéresse tout simplement
pas à ce que raconte l’histoire.
On apprécie de voir Mulder nous rappeler
que ceteris paribus il reste un détective
hors normes, ainsi que d'assister à l’apparition
de Gorge Profonde (le meilleur moment de l’épisode).
La galanterie m’empêchant de souligner
à quel point Scully est encore mal habillée,
je me contenterai de préciser que son
style demeure évolutif. Notons que la
nouvelle attraction de Disneyland montre un
fantôme hanter un ascenseur précipitant
dans le vide ses passagers. Cependant La Tour
de la Terreur ne se réclame pas des X-Files mais… de la Quatrième Dimension ! La vie est parfois bien injuste.
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La
grande ombre de The Thing plane sur
cet épisode qui, contrairement au précédent,
n’a pas vieilli d’un pouce. On
y retrouve la paranoïa gagnant les prisonniers
d’un enfer glacé, aux prises
avec un ennemi tapi dans l’un d’entre
eux. La mise en scène, remarquable,
paraît incroyablement anxiogène, le
huis clos se montre réellement étouffant,
tandis que la progression dramatique ne connaît
aucun temps mort, culminant avec nos héros
se menaçant mutuellement de leurs armes.
Le suspense saisit réellement à
la gorge.
L’interprétation
est au diapason, grâce notamment au
toujours excellent Xander Berkeley, le futur
George Mason de 24h Chrono. Duchovny
sort aussi le grand jeu mais on reste surtout
béat d’admiration devant l’incroyable
performance de Gillian Anderson. Elle confère
une force incroyable à Scully qui,
courageuse, émouvante, magnifique,
revêt ici toute sa dimension. Un caractère
en acier trempé dont la retenue naturelle
ne doit surtout pas faire illusion !
Projet
Arctique reste aussi le prototype d’une
série d’épisodes montrant
nos héros isolés dans un environnement
hostile, dans l’atmosphère brûlante
d’un volcan ou se desséchant
dans un navire à la dérive,
le meilleur demeurant les effrayantes spores
de Quand vient la nuit, un des plus
relevés de la série.
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Un
épisode empreint d’une funèbre
poésie, évoquant avec une force
rare les splendides mystères de l’Univers
et les sombres menaces y demeurant tapies.
Ce grand thème de la Science-Fiction
n’est pas ici mis en scène à
travers les fanfares parfois tapageuses du
Space Opera mais avec plus d’impact
encore au travers des souffrances morales
et physiques d’un homme aux prises avec
l’inconnu. Ce splendide et émouvant
portrait se trouve renforcé par la
grande finesse d’écriture de
l’intrigue, qui met habilement en retrait
nos héros pour laisser toute sa place
à la superbe prestation d'Ed Lauter.
Sa fin pathétique demeure une des scènes
les plus poignantes de la série.
Le
personnage de la très belle Susanna
Thompson (la future reine des Borgs de Star
Trek Voyager...) semble d’un intérêt
plus limité et l’aspect «
Apollo 13 » un tantinet trop démonstratif.
Le plan final sur les étoiles du drapeau
apparaît par contre esthétiquement
magnifique. L’incomparable attraction
que les étoiles exercent sur nous demeurera
un thème constant de la série,
qu’elles soient contemplées par
Mulder ou psalmodiées par Duane Barry.
Dans un tout autre registre, avec sa coupe
de cheveux la plus rébarbative de la
série et ses sémillants petits
tailleurs, Scully continue à faire
godiche avec une constance qui force l’admiration.
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9.
L'ANGE DÉCHU
(FALLEN ANGEL)

  
Un des tout premiers épisodes mettant
en scène la Conspiration, L’ange
déchu conserve la simplicité
de cette époque de la série,
loin des méandres développés
plus tardivement. Le fil rouge des X-Files se développe avec une belle démonstration
de la flamme de Croisé s’embrasant
dans l’esprit de Mulder quand on en
vient à ce sujet. Il n’hésite
pas un instant à mettre en péril
les Affaires non classées pour poursuivre
sa quête, soutenu par la fidélité
sans faille de Scully. Celle-ci ne se refuse
cependant pas à lui asséner
ses quatre vérités, ce n’est
surtout pas une groupie !
Gorge
Profonde s’impose de plus en plus
en mentor subtil. Le personnage gagne également
en complexité avec une pointe d’ambiguïté
morale bienvenue. L’histoire est menée
tambour battant, la dynamique réalisation
bénéficiant, comme souvent
dans la série, d’effets spéciaux
visuellement superbes (comme l’enlèvement
de Fenig) ou redoutablement efficaces dans
leur astucieuse simplicité, lorsque
que le spectateur voit par les « yeux
» de l’extraterrestre découvrant
notre monde. Le toujours efficace Marshall
Bell compose un militaire parfaitement crédible.
Le sympathique et émouvant personnage
de Max Fenig est introduit, montrant que
loin de demeurer seul dans son combat pour
la vérité, Mulder est suivi
par toute une communauté. En 2009,
ce rappel du souffle libertaire et idéaliste
marquant les premiers temps de la dissémination
de l’Internet fait plaisir à
voir… Max reviendra dans le double
épisode Tempus Fugit / Max (saison
4).
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Cet
épisode met en scène avec
une parfaite efficacité le thème
toujours très porteur des Doubles,
comme si souvent chez les Avengers.
L’étonnant jeu des sœurs
Krievins y est pour beaucoup ainsi qu’une
mise en scène sachant alterner suspense
et action. On lui doit quelques moments
intenses, comme la course-poursuite finale,
très efficacement menée. La
série évoque une fois de plus
l'une des grandes terreurs contemporaines
: la manipulation génétique ;
les clones reviendront d’ailleurs régulièrement
dans la série. Sous l’argument
scientifique, c’est une horreur glacée
qui s’installe au fur et à
mesure que se déroule l’épisode,
d’autant que le mal réside
ici chez des enfants.
L’épisode
sait faire ressentir avec beaucoup de finesse
que quelque chose est profondément
déréglé chez elles.
Harriet Sansom Harris apporte tout son talent
à ce cauchemar moderne, toujours
parfaitement à l’aise dans
les rôles très sombres, comme
on l’a vu récemment dans The
Lost Room. On apprécie de constater
que même Mulder peut commettre des
erreurs, ce qui humanise le personnage.
Les extraterrestres demeureront son principal
moteur mais aussi sa grande faiblesse. Même
si elle le prend avec le sourire, Scully
paraît légèrement contrariée
d’être congédiée
par Mulder et soupçonne tout de suite
un rendez-vous galant…
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11.
L'INCENDIAIRE
(FIRE)

   
Celui-ci
fait vraiment partie de mes préférés.
La touche britannique se révèle
très agréable : les accents, accentués
comme on l’aime, s’avèrent
très amusant en V.O.. La superbe résidence
anglaise du début aurait pu constituer
un joli décor pour les Avengers, tandis que Mulder arbore un parapluie ! (Trois
membres du Parlement décédant
de combustion spontanée, bonne idée
de scénario ça…) La famille
de la haute société anglaise se
montre aussi très plaisamment caricaturale.
La très tonique Phoebe Green (Amanda
Pays vue notamment dans Max Headroom et Flash) montre également un solide
sens de l’humour, notamment avec l’entrée
en matière de la cassette (une cassette
audio, nous sommes vraiment en 1993…).
Scully
se montre instantanément jalouse de la
relation entre Phoebe et Mulder, ce qui nous
vaut des scènes très divertissantes
durant tout l’épisode. Il semblerait
que la relation Mulder/Scully progresse plus
vite de son côté ! L’humour
caractérise également l'adversaire
du jour, interprété tout en cruauté
et délire … flamboyants par l’excellent
Mark Sheppard. On le retrouve tout aussi éblouissant
dans le rôle très similaire du
Dr. Charles Walker, l’ennemi récurrent
d’Allyson Dubois (Medium). La mise en
scène multiplie les morceaux de bravoure
comme la scène du bar, un final spectaculaire
ou le mot de la fin de L’Ively.
L’épisode
a d’autant plus d’impact qu’il
sait spectaculairement jouer avec la peur primale
du feu tapie en chacun de nous, bien plus intensément
ressentie que celle envers les Petits Gris.
Mulder (qui a fait Oxford !) s’y montre
d’ailleurs particulièrement sensible
Cependant, sauf erreur de ma part, cette phobie
ne se manifestera plus par la suite. Un excellent
épisode, très représentatif
de la saison 1, avec un recours au fantastique
encore relativement modeste et un méchant
superbement écrit. La série saura
retrouver de savoureux accents britanniques
avec l'Homme bien manucuré, somptueusement
interprété par John Neville, OBE,
figure du West End.
Cet
épisode particulièrement funèbre,
où l’on peut percevoir une influence
du Silence des Agneaux (1991), permet
à Gillian Anderson de montrer toute
l’étendue de son talent pour
l’expression de l’émotion.
L’actrice conforte ici sa place dans
la série. L’atmosphère
se révèle terriblement oppressante,
grâce à une mise en scène
crépusculaire à souhait et à
l’étonnante composition de Brad
Dousif (Dune, Le Seigneur des Anneaux…),
tout à son affaire ici. Le regretté
Don S. Davis, l’autre guest star de
l’épisode, semble décidément
abonné aux rôles d’officier,
après Twin Peaks et avant Stargate SG1 !
Dans un mouvement intéressant, appelé
à se reproduire quand il sera question
de religion, Mulder et Scully échangent
leur rôle de sceptique et de croyant.
L’épisode marque aussi l’apparition
d’un nouveau personnage récurrent,
Margaret. La mère de Scully n’en
a pas fini avec les drames…Dans un registre
plus léger, Scully ironise sur le goût
bien connu de Mulder pour les films…
X !
13.
MASCULIN, FÉMININ
(GENDERBENDER)

 
Un
titre à la Voisin voisine pour un épisode en demi-teinte. Une
fois le constat initial posé, l’intrigue
suit un chemin trop prévisible pour
réellement captiver et botte en touche
sur la fin. L’épisode nous rappelle
toutefois un des attraits de la série
: Mulder et Scully n’hésitant
jamais (enfin, surtout lui…) à
se rendre aux quatre coins du pays, la série
nous fait découvrir une Amérique
différente, souvent peu reluisante
et peuplée de sombres mystères.
Un autre point commun avec David Vincent !
Nous
découvrons Nicholas Lea, qui n’est
pas encore le facétieux Alex Krycek,
et qui ne force guère ici son talent.
"Sœur" Scully s’étonne que
des gens puissent faire l’amour sans
se connaître… Horton réapparaîtra
dans Insommnies. Étrangement
cet épisode présente un coté
très Night Shyamalan, entre Le
Village et Signes (scène
finale). Déjà que l’on
voyait des dead people dans l’histoire
précédente… Au total,
un épisode pas inintéressant
mais dans l’ensemble assez pesant.
Nous
avons ici une belle illustration du toujours
troublant thème du transfert de la
personnalité (d’ailleurs nous
avons une Lula, presque une Lola…).
La saison 1 a l’art de susciter l’étrange
avec une grande économie d’effets.
Le suspense demeure constant jusqu’au
bout d’une intrigue très astucieuse,
tandis que Scully subit son premier enlèvement
de la série. Cette immixtion plus
poussée que de coutume dans le domaine
du polar nous rappelle que X-Files est aussi une excellente série policière,
un aspect encore particulièrement
marqué en ce début de parcours.
Le personnage de Scully continue à
s'enrichir, Gillian Anderson nous offrant
de nouveau une de ses compositions toute
en sensibilité et émotion
dont elle a le secret. Le solide Christopher
Allport (récemment disparu dans une
avalanche) réalise aussi une belle
performance. Callum Keith Rennie (Tommy),
devenu depuis une figure très régulière
des séries SF (Tru Calling, Galactica,
Bionic Woman etc. !) interprétera
également le tueur de X Files :
Régénération (2008)
avant de retrouver Duchovny tout au long
de la seconde saison de la particulièrement
pétillante Californication !
15.
VENGEANCE D'OUTRE-TOMBE
(YOUNG AT HEART)

 
Un épisode bien construit à défaut
d’être inoubliable. Le jeu du chat
et de la souris entre Mulder et son adversaire
reste plaisant à suivre. On apprécie
l’évocation du Mulder d’avant
les Affaires non classées (la suite de
sa biographie entamée dans L’incendiaire),
le personnage gagne encore en consistance. L’ensemble
de l’intrigue manque tout de même
de souffle, on a droit à un thème
passablement éculé du polar, certes
revisité par le Fantastique, mais avec
de plus une fin très prévisible.
Un épisode solide donc, mais guère
enthousiasmant, d’autant que Scully reste
périphérique. On note l’apparition
de Christine Estabrook, la future Martha Huber
des Desperate Housewives !
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16.
ENTITÉ BIOLOGIQUE EXTRATERRESTRE
(EBE)

Quel
excellent épisode de la Mythologie
! Ce chef-d’œuvre se construit
autour de la personnalité attachante
mais énigmatique de Gorge Profonde.
Le personnage gagne en mystère au fur
et à mesure qu’il se dévoile
et nous fait percevoir l’ampleur du
complot que Mulder doit combattre. Les scènes
entre les deux personnages restent fabuleuses,
interprétation, mise en scène
et dialogues sont simplement parfaits.
La
trame de l’épisode maintient
un suspense échevelé jusqu’à
la révélation finale. La réalisation
distille une paranoïa communicative au
possible, digne des grands moments des Envahisseurs. La découverte du fameux stylo espion
achève de nous faire basculer dans
le cauchemar !
Le
personnage de Scully, tout en courage et fidélité,
émeut lui aussi, d’autant que
la scène de dispute est très
forte. Scully éprouve assez d’affection
envers Mulder pour se heurter à lui
quand les passions de celui-ci étouffent
sa brillante intelligence. EBE c’est
bien entendu également l’apparition
des Francs-Tireurs, euh, des Bandits Solitaires,
déjà follement paranos, déjà
géniaux, déjà hilarants.
La relation avec Mulder mais aussi Scully
fonctionne idéalement dès le
premier instant. Frohike, Byers, Langly, des
noms à retenir !
17.
L'ÉGLISE DES MIRACLES
(THE MIRACLE MAN)

  
Ce
voyage dans l’Amérique profonde
se révèle une fascinante description
du phénomène des Prêcheurs
et autres églises étranges. C’est
devenu une espèce de rituel, toute série
fantastique se doit d’avoir un épisode
là-dessus, comme on l’a vu récemment
dans Supernatural ou Dead Zone,
mais on se souvient que c’était
déjà le cas pour les Envahisseurs ! Certaines scènes sont réellement
impressionnantes, comme l’invasion biblique
de criquets ou la mort du jeune messie. La conclusion
apparaît inattendue et cruellement ironique.
Comme toujours Mulder perd le contrôle
dès qu’il est question de sa sœur,
ce qui nous vaut des moments très forts.
La qualité de l’interprétation
demeure frappante pour l’ensemble des
personnages secondaires, comme si souvent dans
la série. On reconnaît Chilton
Crane, des 4400.
Un
épisode très riche, mêlant
adroitement le thème occidental du
loup-garou (lycanthrope dirait Scully) au
shamanisme amérindien. Il est aussi
l’occasion, sans démonstration
pesante, de nous faire toucher du doigt
l’amère situation des Indiens,
dont les luttes pour la reconnaissance sont
également évoquées.
Le souvenir de Hoover ne sort pas non plus
grandi de cette histoire ! La série
conservera toujours une sensibilité
proche de la gauche américaine.
À
défaut d’une formidable originalité,
cette saveur amérindienne renouvelle
agréablement le mythe, d’autant
que les personnages sont bien dessinés
et que la mise en scène reste très
efficace (le classique moment de la métamorphose
est très correctement exécuté).
L’épisode se suit avec plaisir,
d’autant que les scènes de
nuit apparaissent toujours aussi effrayantes
dans les X-Files ! Regrettons toutefois
que le duo dynamique s’en tienne à
un minimum syndical même si Sœur
Scully se troublant parce qu’on lui
suggère qu’elle a déjà
eu la chair de poule nous vaut une scène
amusante (excellente Gillian Anderson) et
que Mulder se montre déjà
en sympathie avec la culture indienne.
Les
thèmes amérindiens reviendront
avec bonheur dans la série (Anasazi,
La Vérité…). Michel
Horse est, comme toujours, excellent, d’autant
que son personnage rappelle ici furieusement Twin Peaks ! Un "cross-over" Twin
Peaks / X-Files demeure un pur fantasme
personnel... La saisissante vue finale sur
la forêt profonde de Vancouver et
ses périls semble introduire à
merveille le magnifique épisode suivant
!
Alors,
celui-ci représente vraiment un
sommet de la saison, voire de la série
toute entière. Il dépasse
le similaire et déjà excellent Projet Arctique, diffusé
cette même saison.
Après
une scène d’ouverture particulièrement
effrayante et mystérieuse, nous
assistons à un modèle d’un
des standards des X-Files : l’exposé
du Mystère par un Mulder déjà
parti et tout guilleret (« Nous
cherchons quelque chose d’inexplicable...
ton petit ami ? » ah, ah, ah) et
une Scully peu convaincue et prompte au
sarcasme (« À quoi penses-tu ?À Bigfoot ? »). Après cet intermède
pétillant, nous pénétrons
très rapidement dans un pur cauchemar
dont nous ne sortirons plus.
Les
abominations vertes (thématique
écolo très originale) sont
réellement terrifiantes et inspirent
une authentique phobie. La structure du
récit distille un suspense constant
et incandescent, d’autant qu’il
s’installe autour d’une simple
ampoule. Cette incertitude quant au devenir
des personnages ne laisse pas un instant
de répit au spectateur, d’autant
qu’il doit déjà faire
face au rare impact claustrophobique du
décor naturel et de la maison.
La conjonction de ces divers éléments
résulte parfaitement maîtrisée
par une mise en scène oppressante
au possible, soutenue par la musique inspirée
de Snow.
Quelques
scènes demeurent de purs moments
d’épouvante, comme la découverte
du sinistre cocon (on ne dira jamais assez
à quel point les artistes de la
série ont accompli un incroyable
travail), la mort atroce du patron des
bûcherons ou la révélation
de la multitude d’insectes qui fera
paniquer jusqu’à la très
solide Scully. L’interprétation
est excellente, Duchovny et Gillian Anderson
réalisant une performance assez
incroyable. Scully (tiens, une coupe de
cheveux sympathique !) entame la succession
d’autopsies hors normes qui émaillera
la série.
Le
seul bémol demeure la conclusion
un peu légère voyant nos
héros survivre miraculeusement
à l’attaque des spores, la
cavalerie arrivant juste à temps,
bon… Ce léger défaut
est plus que compensé par une scène
finale astucieusement ouverte et montrant
surtout un Mulder diminué et effrayé,
chose rare, par les menaces de l’avenir.
Cette vision de notre champion un genou
à terre demeure l’ultime
vision angoissante d’un épisode
inoubliable !
Cet adversaire formidablement terrifiant qu’est
Tooms revient, toujours incarné avec
une étonnante présence par Doug
Hutchinson. Mêmes causes, mêmes
effets : un scénario bien agencé
et une mise en scène astucieusement
organisée autour du personnage conduisent
à un épisode de haute cuvée,
à l’intensité dramatique
des plus performantes. On retrouve avec plaisir
les fameuses vis se dévissant de l’intérieur
tandis que la scène finale est à
couper le souffle, aux lisières du
Gore. Un grand moment de frayeur !
Les
passages autour du squelette présentent
une allure à la Bones très
amusante ! Toutefois cette impression de recommencement
est trompeuse. Tel le transformiste Tooms,
la série s’apprête à
connaître de profonds changements, comme
le pressent Mulder dans une scène finale
aussi prophétique que brillante. La
saison 1, l’enfance innocente des X-Files,
s’achemine vers son dénouement
et la Mythologie, jusqu’ici brossée
à grands traits, va prendre son envol.
Ce virage est non seulement symbolisé
par le retour au premier plan du Fumeur, mais
surtout par l’apparition de Walter S
Skinner, futur allié du Duo mais pour
l’heure encore sceptique et inféodé
à son sinistre patron. Cette idée
d’évolution (comme dirait Duchovny)
est évoquée, non seulement par
la chrysalide, mais également astucieusement
par l’extrait de La Mouche noire.
Le
retour de Tooms réussit donc la
prouesse de paraître à la fois
un excellent loner et un moment important
de la Mythologie. Une belle réussite,
d’autant que cette séparation
sera beaucoup plus marquée à
l’avenir. Pour le pire ou le meilleur,
la série n’empruntera que rarement
cette voie alternative.
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21.
RENAISSANCE
(BORN AGAIN)

 
Un
épisode nous rappelant, alors que
la saison 1 approche lentement mais sûrement
de son terme, à quel point la série
demeurait proche, à cette époque,
du policier. L’enquête est aussi
classiquement que rigoureusement menée,
et l’élément fantastique
n’apparaît pas comme central.
Les clichés du policier abondent,
avec flics ripoux et scènes de commissariat
(la traditionnelle prostituée…)
: ce n’est pas cela que l’on
recherche quand on regarde les X-Files.
Tout
ceci manque cruellement d’audace et
d’imagination, d’autant que
nos héros s’en tiennent à
une partition vraiment minimaliste. Demeurent
des scènes de meurtre bien troussées,
un final spectaculaire (mais ce ne sont
vraiment pas les meilleurs SFX vus dans
la série !) et surtout l’étonnante
composition de la jeune Andrea Libman. L’hypnose
est de nouveau utilisée, et pas pour
la dernière fois. Même Mulder
finira par y passer ! On note la présence
de quelques guest stars : Maggie Wheeler
(Friends, Tout le monde aime Raymond),
Lynn Johnson (Supernatural, Dead Zone)…
En
total contraste avec l’épisode
précédent, au sujet très
similaire, on baigne ici clairement dans une
atmosphère essentiellement fantastique,
avec un scénario autrement mieux bâti.
Et cela dès une séquence d’ouverture
particulièrement réussie et
saisissante, où l'on se croirait dans
Les Contes de la Crypte ! L’épisode
demeure avant tout dominé par l’époustouflante
prestation en autiste du toujours impressionnant
Ivanek, grâce à qui Roland demeurera
un des personnages les plus émouvants
de la série. On peine à l’imaginer
dans l’impitoyable Drazen Junior de
la première saison de 24h Chrono !
La
mise en scène, imaginative et spectaculaire
lors des meurtres (On retrouvera l'idée
de l’azote liquide pompée dans Jason X…) sait à merveille
devenir douce et humaniste lors de l’approche
de Roland et de son amie autiste. David Nutter
sait toujours admirablement jouer d’une
palette très sensible (Duane Barry).
L’interprétation est globalement
excellente.
L’enquête
demeure un tantinet routinière, mais
cela n’entache que bien partiellement
cet épisode riche et inspiré.
Par contre cela fait tout de même au
total quatre épisodes au thème
très proche, avec L’ombre
de la mort, Lazare et Renaissance…
Petite
parenthèse : à l’évidence,
l’épisode s’inspire très
librement d’un chef-d’œuvre
de la SF, Des fleurs pour Algernon,
que je ne peux que conseiller.
Ah
j’oubliais, Scully se surpasse point
de vue look et établit de nouveaux
records en la matière. Il faut véritablement
le voir pour le croire.
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23.
LES HYBRIDES
(THE ERLENMEYER FLASK)

   
L'épisode
commence par une poursuite à
la Starsky et Hutch, où
rien ne nous est épargné,
(sirènes, camion obstacles, matraques
etc…) quand soudain l’action
dérape : le fugitif se révèle
d’une force inhumaine, et s’enfuit
dans l’océan en laissant
une traînée de sang vert.
On ne saurait signifier avec d’avantage
d’éloquence qu’avec
cet épisode charnière
la série largue les amarres avec
des débuts encore empreints de
policier pour désormais voguer
sur les hauts-fonds de la Science-Fiction.
Tout
l’épisode est ainsi bâti
tel un immense lever de rideau sur la
Conspiration, couronnant les éléments
disséminés tout au long
de la saison. Mulder participe activement
à ce printemps de la série
en se montrant émoustillé
comme jamais. Duchovny s’y entend
à merveille pour nous communiquer
l’enthousiasme de son personnage
lors de cette ouverture de la boite
de Pandore. Scully ressent également
le basculement en cours mais, fort
logiquement, s’arc-boute sur la
réalité consensuelle.
Gillian Anderson est également
magnifique de conviction.
L’enlèvement
de Mulder achève de nous faire
pénétrer dans un inconnu
angoissant, de même que l’expédition
solitaire de Sully (quel suspense !),
débouchant sur la découverte
de l’indicible. Sa collaboration
inédite avec Gorge Profonde contribue
également à abattre les points
de repère jusqu’ici codifiés.
Le processus de déstructuration
culmine avec la disparition déchirante
de ce personnage unique. Trust no
one… Certains jugent les
phrases cultes de X-Files passablement
idiotes mais force est de constater
que celle-ci résonne à
cet instant avec un rare impact.
La fermeture
des Affaires non classées confirme
la fin d’une période, tandis
que l'homme à la Cigarette conclut
admirablement la trajectoire de la saison
1, en y apparaissant dans la première
comme dans la dernière scène,
dans le décor impressionnant
du Pentagone. Au terme de cet épisode
magistral, Chris Carter aura eu le courage
visionnaire de brûler ses vaisseaux
en abattant l’univers édifié
jusqu’ici pour permettre à
une nouvelle ère de débuter.
Un superbe travail, annonciateur des
futurs étonnants cliffhangers de fin de saison. La collision des deux
scènes de Mulder et du Fumeur
annonce avec éloquence le grand
duel à venir.
Notons
également que, dès cet
épisode, l’essentiel de
la Conspiration est présenté
: constitution d’un hybride mêlant
les ADN humains et alien comme St Graal
du Syndicat, et sa reproduction par
colonies (inoubliable scène de
la découverte des clones par
Mulder). Enfin Purity Control évoque
l’Huile Noire, désignée
également par le terme Purity
(entre autres !).
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TOP
5 SAISON 1
1) Compressions/Le retour de Tooms
2) L’incendiaire
3) Quand vient la nuit
4) Entité Biologique
Extraterrestre
5) Les hybrides
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Crédits
photo : FPE.
Images
capturées par Estuaire44.
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