One
man alone cannot fight the future.
Survival is the ultimate ideology.
L’année
cinématographique 1998 vit apparaître
deux adaptations de séries cultes, Godzilla
et Saving the World with Style, qui
se révélèrent des désastres
passablement absolus. Jamais deux sans trois
? Fight The Future allait-il parachever
la malédiction de cette année,
alors même qu’il avait suscité
les plus frénétiques espérances
parmi la communauté désormais
mondiale des innombrables fans de la série
majeure des années 90 ?
Une
première mauvaise surprise nous est rapidement
assénée avec l’incompréhensible
absence du célébrissime et si
envoûtant générique. Comme
plus tard I Want To Believe, Fight
The Future se contente d’un bref
indicatif, mettant certes en scène le
fléau du jour avec grande beauté.
On se perd réellement en conjonctures
sur ce choix. Les fans auraient apprécié
de retrouver cet élément si identifiant
des X-Files, éventuellement
légèrement réorchestré
pour l’occasion, tandis que la série
se prive de l’une de ses plus belles cartes
de visite auprès des nouveaux arrivants.
Après
une sublime introduction, claustrophobique et
horrifique à souhait, illuminée
par le ténébreux éclat
de l’Huile Noire, nous faisons face à
ce qui constituera la plus grande faiblesse
du film. Nous sommes en effet soufflés
par un déferlement d'effets pyrotechniques,
de voitures hurlantes et d'hélicoptères
vrombissants particulièrement criard,
où l'on ne reconnaît absolument
pas la patte X-Files. Si Carter avait
voulu graver dans le marbre que désormais
la série se tournait à Hollywood
et non plus à Vancouver, il ne s'y serait
pas pris autrement, avec de plus ce satané
soleil achevant de détruire l'atmosphère
à laquelle nous étions si attachés.
Il est humainement compréhensible que
Carter, nanti d'un budget inédit (66
millions de dollars pour la production, contre
2,5 millions en moyenne par épisode durant
la saison 5) ait voulu s'amuser avec ses jouets
tout neuf, d'autant plus qu'il lui fallait justifier
le portage cinéma de la série.
Le résultat s'avère négatif
car les X-Files y perdent beaucoup
de leur spécificité, de leur raffiné
du Fantastique de haut niveau, pour tendre vers
le blockbuster classique du film d'action.

Outre
son aspect artistique intrinsèque discutable,
cette évolution s'avère peu judicieuse
pour l'accueil réservé au film
par le public. Les nouveaux arrivants, ne connaissant
pas, ou peu, la série vont naturellement
comparer aux blockbusters à succès,
avec lesquels Fight The Future n'a
tout de même pas les moyens financiers
de soutenir la comparaison et qui va, par ailleurs
fort heureusement, par la suite évoluer
dans une autre direction. Ils s'attendent à
voir du Die Hard, se positionnent en
terrain connu, et sont pratiquement fatalement
déçus par la suite. (Je parle en connaissance
de cause, car c'est la réflexion que
m'ont faite les amis néophytes que j'avais
traînés quasiment de force voir
le film.) Les amateurs vont eux ressentir une
première bouffée de nostalgie
pour les brumes canadiennes.
C'est
d'autant plus frustrant que le film utilise
bien plus finement par la suite ces moyens en
les centrant sur son cœur de métier,
la Science-Fiction, avec notamment des reconstitutions
d'Aliens très réussies et parfaitement
effrayantes, les cadavres décomposés
où s’illustrent une nouvelle fois
les artistes de la série, ou les
étonnants décors des silos à
abeilles comme du vaisseau spatial. Il reste
préférable de mobiliser ses ressources
sur ce que l'on sait faire de mieux, plutôt
que de tenter des aventures incertaines. On
retrouve en fait le défaut décelé
dans Les nouveaux spartiates et cet
excellent film que demeure Fight The Future
se voit pénalisé par ces
scènes d'action très pompier
et hors sujet. Tout comme ultérieurement
I Want To Believe, avec ses passages
hospitaliers si sirupeux, il y perd sa quatrième
étoile : les X-Files c'est de la SF et
ils n'ont pas à aller braconner sur d'autres
territoires.
Ce
n'est qu'après cet intermède que
le film débute réellement, tout
en nous rassurant très rapidement. En
effet Carter a convoqué le ban et l’arrière-ban et a réuni la fine fleur de l’équipe
sur le Grand Projet, avec lui et son vieux compère
Spotnitz à l’écriture et
l’un des plus importants et talentueux
réalisateurs de la série, Rob
Bowman (au total 33 épisodes réalisés
à son actif), tandis que Mark Snow nous
régale une nouvelle fois de mélodies
merveilleusement évocatrices. Que l’adaptation
de la série soit effectuée par
l’équipe originelle, au lieu d’un
tâcheron n’ayant rien compris à
son esprit, s’impose bien entendu comme
un avantage majeur, jouant ici à plein.
L’histoire
se révèle constituer une parfaite
harmonie entre sens du mystère (incroyable
décor des champs de maïs entourant
d’étranges silos à abeilles)
et maîtrise de l’action. Le rythme
ne faiblit jamais, et le spectateur ne s’ennuie
pas un seul instant, mais le film sait prendre
le temps de s’arrêter pour nous
faire pleinement goûter le merveilleux
qui l’anime, fut-il macabre à l’occasion.
Le tempo varie très efficacement pour
éviter toute sensation de monotonie entre
enquête parfaitement agencée et
final haut en couleurs où l’on
voit l’action culminer dans un vaisseau
spatial peuplé de monstruosités
évoquant furieusement le Huitième
Passager ! Les fautes de goût paraissent
évitées avec brio, comme lors
de la scène pharaonique finale qui aurait
pu être ridicule mais qui ressort au contraire
d’un magnifique esthétisme. Cette
fois-ci l’argent est judicieusement dépensé
! Rob Bowman utilise très efficacement
sa caméra, jouant avec virtuosité
sur une très large palette, des gros
plans intimistes sur les visages aux grands
angles très hollywoodiens. À chaque fois
il tombe juste, sa technicité n’entravant
en rien sa vive imagination.

Certains
fans ont parfois reproché au film de
ne représenter qu’un double épisode
mythologique de plus. Tel n’est pas mon
avis. Non seulement, Fight The Future
s’élève jusqu’à
des sommets de tension dramatique et de qualité
d’écriture, jusqu’à
pouvoir espérer rivaliser avec le triptyque
Anasazi, ce que l’on avait pas
vu depuis longtemps, mais surtout il compose
avec un brio étincelant une somme de
ce que la série peut nous offrir à
travers une Mythologie atteignant ici son zénith,
avant de débuter l’hasardeuse descente
conduisant jusqu’à cette histoire
définitivement ridicule de Super Soldats.
C’est ainsi que l’ensemble des différents
aspects de ce roman complexe, agité et
captivant nous est offert, comme les stimulants
« briefings » de la Conspiration,
les interventions si marquantes de l'Homme à
la Cigarette, le compte à rebours fatidique,
la dimension mondiale du complot et son enracinement
dans le temps (référence parfaitement
jouissive de cet épisode inouï qu’est
Compagnons de route), pouvoirs fascinants de
l’Huile Noire, Source au fatal destin
etc. Soit un compendium portant l’ensemble
de cet univers à son incandescence, dans
l’orchestration symphonique que permet
une dimension cinématographique parfaitement
exploitée.
Nous
retrouvons même une de ces fameuse autopsies
menées par Scully, sans lesquelles les
X-Files ne seraient pas tout à fait
eux-mêmes ! Le scénario demeure
certes linéaire et moins ambitieux ou
original que lors de certains épisodes,
il n’en ressort pas moins captivant et
nerveux à souhait, sans temps morts.
Alors on peut toujours avoir l’espérance
très romantique d’une totale originalité
du récit, de cet « autre chose
» dont on ne nous précise jamais
clairement ce qu’il pourrait bien recouvrir,
mais contempler un double épisode aussi
riche que somptueux, saisissant à la
perfection les opportunités offertes
par le grand écran (hormis la faute de
goût initiale) suffit largement à
mon bonheur. Et puis la série s’étant
si souvent hissée au niveau de qualité
du cinéma, explique également
que la différence sur grand écran
puisse paraître atténuée…
L’autre
question souvent débattue demeure celle
de l’ouverture du film aux nouveaux venus.
Là, force est de constater que Chris Carter
ne réussit pas tout à fait son
pari de concilier ce public à celui des
fans de la première heure, voire plus
récents. Exploiter aussi brillamment
la Mythologie dans sa plénitude ne
pouvait que se révéler segmentant,
malgré les efforts d’explication
entrepris de ci, de là. Ces derniers
nous valent toutefois une scène très
amusante où l’on voit Mulder confronté
à un blocage professionnel majeur et
au spectre de l’éloignement de
son âme sœur (Scully vient, déjà,
de parler de démission) entreprendre
de s’enivrer consciencieusement dans son
bar coutumier. Comme de plus nous nous situons
en Californie et qu’il est abordé
par une accorte serveuse, on tremble en songeant
à ce qui pourrait se produire si nous
nous trouvions dans une autre série !
Mais
nous sommes dans les X-Files et la scène
débouche sur un Mulder réalisant
une brillante synthèse de son personnage
devant une demoiselle des plus sceptiques. La
scène évoque quelque peu le mythique
passage de la tarte du Seigneur du magma et
l'on s’amuse beaucoup avec ce moment très
pétillant. Quoiqu’il en soit Carter
ne parvient pas à dépasser cet
antagonisme entre les deux publics, ce qui expliquera
en grande parti le choix d’un loner pour
I Want To Believe. Mais, baste ! Après
tout les fans de la série sont alors
légions et, à tout prendre, il semble
plus naturel que ce soit eux qui se voient privilégiés.
Ils
auront également le plaisir de retrouver
leurs personnages préférés,
dont la qualité des interprètes
représente un nouvel atout majeur pour
Fight The Future. Si la présence
de Skinner et des Bandits Solitaires demeure
minimaliste, les comédiens démontrent
néanmoins leur brio coutumier, et voir
Mulder exiger de Byers un strip-tease express
reste un grand moment ! Ce que les les Bandits
Solitaires n’auront dû consentir pour
la cause… Et puis, disons-le, notre plaisir
n’aurait pas été le même
sans eux, tout simplement ! Si Skinner ne prend
guère la parole, le connaisseur n’aura
guère de peine à imaginer son
lobbying permanent au sein de la commission
en faveur de ses agents, ainsi que son rôle
actif dans la décision de réouverture
des X-Files. Skinner reste un soutien important
de Mulder et Scully, mais aussi de la série
elle-même. Mitch Pileggi est parfait,
comme toujours.

Si
William B. Davis demeure toujours éloquent
dans les nombreuses interventions parfaitement
calibrées de l'Homme à la Cigarette
(son visage lors de la scène finale est
à voir), le film, comme il se doit, laisse
surtout un magnifique espace à l’Homme
bien Manucuré pour son ultime apparition.
Si les auteurs donnent trop d’importance
à l’accident de son petit-fils,
sa résistance acharnée face aux
autres membres de la Conspiration et surtout
sa confrontation si révélatrice
et intense avec Mulder, comptent parmi les scènes
les plus réussies et palpitantes du film.
Dans la lignée de L’incendiaire,
il apporte également une saveur très
anglaise au récit, que les amateurs des
Avengers ne pourront qu’apprécier,
d’autant qu’ils auront la joie d’assister
à une réunion de la Conspiration
se tenant à Londres ! Jusqu’au
bout John Neville, l'Homme bien Manucuré,
aura apporté tout son talent de grand
comédien des théâtres canadien
et britanniques, ancien de la RADA, à
son personnage déjà très
relevé. Il lui donne une classe et
une présence vraiment insurpassables
et sa disparition, sans doute inévitable
compte tenu de l’évolution du récit
général, portera un coup terrible
à la Mythologie, dont elle ne se remettra
jamais réellement. Le film lui offre
néanmoins un final spectaculaire, après
que son personnage ait finalement accédé
à la rédemption.
Grâce à ses révélations la
Mythologie aura progressé d’un
grand pas, Fight The Future ne se contente
pas d’en composer un saisissant tableau
mais la fait également avancer. Le
seul véritable regret concernant les
personnages récurrents consiste en l’absence
du débonnaire Krycek, alors même
que son association avec l’Homme bien
Manucuré fonctionnait si bien. Mais,
qui trop embrasse mal étreint, on comprend
que Carter veuille ne pas trop multiplier les
personnages, d’autant que Nicolas Lea
connaissait parallèlement d’autres
engagements.
À
côté des figures récurrentes
de la série, comme il est naturel dans
le cadre spécial d’un film, Fight
The Future bénéficie de
l’apport de guest stars de luxe. Au premier
rang de ces invités de prestige la visite
de Martin Landau s’effectue avec une émotion
particulière, car après Roy Thinnes
et David Vincent, c’est au tour de Commandant
Koenig de faire un détour par les
X-Files. Il compose un Dr Kurtzweil qui
n’a pas réellement le temps de
prendre de la profondeur et qui se cantonne
à un rôle très classique
de Source (on est loin des scènes intenses
entre Scully et le Père Joseph) mais
le courant passe visiblement entre Duchovny
et Landau, tandis que ce dernier réalise
une savoureuse prestation. Sa présence
apporte un attrait supplémentaire indéniable
au film.
Après
son numéro très réussi
dans Aubrey, Fight The Future
nous vaut également le plaisir sans cesse
renouvelé de retrouver Terry O’Quinn.
Celui-ci manifeste une nouvelle fois la marque
des plus grands : avec à peine quelques
phrases à prononcer et une scène
qui n’est certes pas la plus passionnante
du film, il parvient à composer une prestation
si intense qu’elle impressionne et se
grave indélébilement dans la mémoire.
De plus, alors que MillenniuM a débuté
en 1996, il est amusant de le voir avec la moustache
de Peter Watts finalement assez proche de Darius
Michaud. À ses côtés on remarque
brièvement Ted King, le futur Inspecteur
Andy Trudeau de Charmed. Le grand
acteur allemand Armin Mueller-Stahl crée
un charismatique Conrad Strughold que l’on
regrettera de ne plus revoir par la suite. Son
quartier général de Foum Tatouine
est un lieu réel, où furent effectivement
filmées les scènes du Tatooinne
de Star Wars ! Jane Cassidy (mère
de Gwyneth Paltrow) compose une redoutable présidente
de commission d‘enquête, cassante
et de parti pris, à qui Scully, minérale,
parviendra néanmoins à faire entendre
raison.

Enfin,
l’ultime atout de Fight The Future
réside dans son couple vedette, où
chacun réalise une fort mémorable
prestation. Mulder apparaît ici guéri
de son incompréhensible crise de scepticisme
et c’est avec son humour et son esprit
pénétrant habituels qu’il
dénoue les fils de cette ténébreuse
conspiration. Durant la scène finale
il se transforme en homme d’action au
sein de la version "X-Filienne" du Nostromo et
là, pour le coup, le film apporte de
l’inédit. L’efficacité
de la mise en scène et le jeu très
convaincant de Duchovny parviennent à
rendre l’ensemble très crédible.
Le
film fournit également l’occasion
d’enrichir encore la psychologie de Scully,
personnage d’une grande profondeur. Bien
avant I Want To Believe, elle évoque
déjà sa lassitude devant les méthodes
du FBI et suggère une probable démission,
alors que la crise existentielle apparue dans
Never Again refait surface. Gillian
Anderson donne toute la sensibilité à
ce personnage se réfugiant moins dans
l’action que Mulder et exprimant plus
franchement ses angoisses profondes. La fameuse
relation entre Mulder et Scully nous offre de
nombreux moments particulièrement savoureux
tout au long de ce film où leur complicité
s’affiche comme rarement (scène
très amusante autour du distributeur
de boissons, petit jeu sur le toit) de même
que leur totale solidarité face au péril.
Ce sentiment n’est nullement entaché
par les colères cinglantes que pique parfois
Scully (il y en a un qui ne doit pas rigoler
tous les jours en 2008), car on sent bien qu’elles
ne sont que de surface. Chacun, malgré
ses propres fêlures, sait soutenir l’autre
quand celui est au plus bas, et c’est
alors une véritable émotion qui
saisit le spectateur.
Le
paroxysme surgit bien entendu quand Scully,
en pleine déprime, semble prendre définitivement
le départ et que Mulder lui exprime alors
très clairement tout ce qu’elle
représente pour lui et sa mission. La
scène, déjà particulièrement
intense et sensible, franchit un nouveau palier
quand s’affaissent les murailles invisibles
derrière lesquelles chacun se cantonnait
et que semble enfin survenir la scène
tant attendue du baiser… C’est alors
que retentit un unanime cri de rage et de frustration
à travers les salles obscures du monde
entier ! La désormais plus célèbre
et exécrée abeille de l’histoire
du cinéma venait de passer à l’action…
Si le nouveau public reste bien entendu pour
l’essentiel en dehors de cela, la série
continue d'exercer le supplice de Tantale
envers ses fans… qui en redemandent !
La relation si particulière entre Mulder
et Scully se poursuivra encore pour notre plus
grand bonheur, avec un Carter continuant à
jouer avec un sadisme assumé autour de
la concrétisation sans cesse repoussée
de ce baiser (Triangle très
bientôt). Alors que les Affaires Non Classées
viennent de rouvrir (revanche de La Fin
laissant le Fumeur passablement troublé),
Mulder et Scully nous quittent temporairement
sur une image particulièrement émouvante,
leur alliance réaffirmée et sortant
de l’épreuve plus forte que jamais.
L’aventure continue !
Pour
un budget de production de 66 millions de dollars,
auquel se rajoute la somme faramineuse de 60
millions pour la communication (autrement réussie
que le désastre d' I Want To Believe),
Fight The Future rapporta 189 millions
(hors DVD), dont 105 à l’international,
soit un succès, mais pas un triomphe.
De sordides disputes juridiques nous firent
attendre 2008, toute une décennie, pour
un deuxième (pas second…) opus.
Fight The Future (63% indice Rotten
Tomatoes contre 32 pour I Want To Believe)
reste l’un des sommets de la série
et une talentueuse prouesse, d’un rare
professionnalisme de la part de Carter et de
toute l’équipe. Il manifeste avec
éclat le succès unique de la série,
la seule adaptée au cinéma
durant son déroulement (bientôt
Doctor Who ?). Il marque l’apogée
de cette popularité, l’inutile
étirement de la Mythologie, le départ
de Duchovny, l’usure naturelle et quelques
erreurs entraînant une désaffection
progressive du public. Plusieurs fans furent
d’ailleurs quelque peu déçus
par le film mais il faut surtout y voir une
exaspération des espérances, parfois
proches de l’irrationnel ! Certaines rumeurs
totalement folles circulèrent alors,
comme le remplacement pour l’occasion
de Duchovny et Gillian par des stars du calibre
de Richard Gere et Jodie Foster ! Hollywood…