
HORS
SERIE
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Outre
l’usure que finissent par subir la plupart
des séries, cette saison 6 intègre
un choix scénaristique malencontreux. En
effet, Ilène Chaiken décide visiblement
d’innover en orientant The L Word vers le policier à énigme cher à
Agatha Christie, avec cette question s’imposant
dès le prologue « Qui a tué
Laura Palmer, euh... !, Jenny Schecter ? ».
Très vite l’on se rend compte que
ce genre, particulièrement codifié
et nécessitant absolument une mécanique
scénaristique bien huilée, ne compte
pas parmi les points forts des auteures de la
série.
Plus
fondamentalement cette option paraît
inopérante car, au fil des saisons, le
public s’est attaché à des
héroïnes n’ayant rien à
voir avec les figures ludiques que sont les personnages
de Christie. La perspective de voir l’une
d’entre elles devenir une meurtrière
ne saurait enthousiasmer. De fait ce type d’histoire
semble totalement en contradiction avec la série.
En dehors de cette problématique, un certain essoufflement narratif se perçoit, ainsi que quelques choix aventureux (la liaison entre Shane et Jenny, le retour de Dylan, la troisième roue de Tasha et Alice…) qui, en définitive, ne convaincront pas toujours. Toutefois The L Word continue à faire entendre sa musique et à parfois nous offrir d’intenses moments, notamment autour de Max et de Tina/Bette.
Cette période développe également un regard dans le rétroviseur de la série dans son ensemble, le plus souvent astucieux et plaisant. Et les actrices demeurent bien entendu toujours aussi enthousiasmantes. Aussi maladroite, et parfois bancale, soit-elle, cette saison 6 n’est pas tout à fait celle de trop pour The L Word.
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1. LONGUE JOURNÉE
(LONG NIGHT’S JOURNEY INTO DAY)

  
La
saison débute par une double bombe tonitruante,
explosant dès la séquence d’ouverture.
On découvre ainsi le décès
aussi brutal qu’encore mystérieux
de Jenny. Son corps inanimé flotte dans
l’emblématique piscine. On
voit bien la symbolique sous-jacente :
nous avons pénétré dans
ce petit monde en compagnie de Jenny, nous le
quitterons avec son décès, ces
deux évènements se déroulant
exactement au même endroit, dans ce jardin
où elle rencontra jadis Tina.
Outre
que l’effet de surprise a bien entendu
été émoussé par
les informations reçues infailliblement
sur le net, la démarche semble assez
tirée à la ligne. Et puis quelle
idée, vraiment, de se priver de l’apport
du personnage le plus original de la série
et d’une comédienne supérieurement
douée ? Mais les regrets s’effacent
vite car la deuxième explosion retentit
quand on s’aperçoit que la policière
chargée de l’enquête n’est
autre que Xéna, la Princesse Guerrière !
Ou du moins sa talentueuse et sculpturale interprète,
Lucy Lawless.
On imagine le caractère vertigineux du télescopage des références, Xéna chez les lesbiennes de Los Angeles équivaut à l’Agent Dale Cooper dans les X-Files ou le Captain Kirk dans Star Wars. C’est énorme. De plus, volontairement ou non, son apparition en justicière reprend plusieurs codes de sa série, l’ensemble se révèle très amusant à suivre.
Mais
voici que déjà se lance le générique,
sans aucun changement vis-à-vis de celui
de la saison écoulée. Or, à
son issue l’épisode nous ramène
trois mois plus tôt, lors de la fatidique
fête de clôture du tournage de Lez
Girls. Non seulement le come back paraît pour le moins important, mais de
plus par la suite plus aucune référence
ne sera faite au drame. On suppose que l’on
y aboutira plus tard dans la saison, mais présenter
un tel évènement puis le laisser
totalement de côté paraît
maladroit.
De plus assister de nouveau aux principaux évènements de cette mémorable soirée compense partiellement l’absence du récapitulatif de la saison précédente, un petit cérémonial auquel on s’était attaché au fil du temps. Regarder l’admirable discours de Jenny en se disant qu’elle n’a désormais que moins de 100 jours à vivre rajoute une vraie émotion. Par la suite nous suivons les diverses péripéties vécues par les différentes filles au cours d’une très longue nuit, agitée et fiévreuse.
Ce
mouvement recentre The L Word des grandeurs
et misères hollywoodiennes vers le quotidien
de ses héroïnes, soit le cœur
de son récit. Une très bonne idée.
Même si Lez Girls a été
une aventure souvent captivante à suivre,
après deux saison on apprécie
ce retour aux sources, d’autant que ces
différentes histoires se montrent globalement
très réussies.
Kit
et Hélèna sont donc désormais
associées, le She-Bar se voyant astucieusement
renommé The Hit (contraction des deux
prénoms). Si ce récit demeure
périphérique, il nous vaut des
cènes joliment agencées, les deux
personnages se complétant finalement
à merveille. Qu’un personnage intègre
pleinement son évolution est toujours
positif et on apprécie qu’Hélèna
s’implique totalement dans l’affaire,
au lieu de juste signer un chèque. Peggy
n’avait pas tort finalement ! Son
expérience carcérale l’aide
même à maîtriser les clientes
énervées. Rachel Shelley se montre
toujours aussi épatante. Si la disparition
de Dawn Denbo laisse des regrets, elle semble
logique. Par contre on s’inquiète
de si peu apercevoir Max. Tom compte aussi parmi
les disparus, Jodi doit ruminer dans son coin.
Tina et Bette resplendissent toujours du bonheur retrouvé, tandis que cette historiette autour de la fièvre supposée d’Angelica s’avère charmante et distrayante. En effet on ne s’inquiète pas du tout et la totale inaptitude de Bette à tout ce qui ressort du manuel reste un fil rouge amusant de la série (encore une différence avec Jodi…). On y voit principalement un biais éloquent, permettant de constater à quel point la famille a su se reconstituer, avec au passage un grand moment de Bette aux urgences, avec une de ces colères dont elle a le secret. L’épisode évite cependant la mièvrerie en insérant astucieusement une légère controverse entre les deux femmes à propos de la grave erreur commise par Shane. Bette n’est plus la croisée de la monogamie d’antan et Tina n’hésite pas à se montrer incisive.
Tout
va bien pour le mieux dans le meilleur des mondes
possibles, quand Bette, toute émue, promet
solennellement à Tina de ne plus jamais
la tromper. Évidemment une sirène
stridente se met soudainement à retentir,
et des voyants rouges vif à s’allumer
: cette fois c’est sûr, Bette va
remettre ça. Deuxième chronique
d’une catastrophe annoncée dans
cette saison !
Les
nuages semblent également s’accumuler
sur Alice/Tasha, mais que leur crise éclate
au grand jour apparaît finalement positif.
Les deux femmes prennent le taureau par les
cornes et abordent ouvertement les problèmes,
ce qui s’avère périlleux
mais évite cette dérive inexorable
qu’ont connue Tina et Bette au cours de
la saison 3. L’espoir demeure et ce couple
parvient encore et toujours à maintenir
son intérêt. Le court départ
de Tasha paraît de plus apporter une indication
sur cette dernière saison.
On
assiste en effet à un début de
coup d’œil dans le rétroviseur
à la LOST, avec déjà
le retour de deux anciennes, Papi et l’inénarrable
Gabby Deveaux, toutes deux « en pleine
action ». Via Alice, qui
parvient à rendre cela divertissant,
l’épisode ne tente nullement d’expliquer
l’absence de Papi, se contentant de jouer
la connivence, une vieille ficelle de scénariste.
Si Papi s’en tient à un registre
minimal, la Némésis personnelle
d’Alice se montre aussi vipérine
qu’à l’accoutumée.
Le ping-pong des deux femmes apporte une note
d’humour bienvenu, indiquant bien que
le drame n’aura pas lieu. À l’heure
des bilans on regrettera certainement que la
série n’ait pas accordé
plus de place à Gabby.
Fort
logiquement c’est cependant Jenny, dans
cette saison où son devenir devrait logiquement
cristalliser l’attention, qui porte les
scènes les plus fortes de l’épisode.
Son explication orageuse avec Shane et Nikky
reste un moment très intense ; la
narration établit d’ailleurs un
contraste élégant entre ce passage
éruptif et la vengeance glacée
qu’elle exerce plus tard envers la jeune
actrice. En filigrane on retrouve cette fameuse
revanche sexuelle que Jenny s’est persuadé
avoir subi de la part de Tim. Le personnage
semble décidément marqué
par cette aventure, ce qui ressort cohérent
mais assez glaçant. Exit Nikki,
on ne la pleurera pas beaucoup, tant elle aura
souligné son inconséquence et
le caractère superficiel de sa relation
avec Jen. Probable sortie de scène également
pour Molly, certes plus attachante, mais dont
l’éviction par une sombre manœuvre
de Jenny demeure sans doute l’acte le
plus crucial de l’épisode.
Le
récit titille en effet habilement le
spectateur sur le sentiment qui anime alors
Jen. S’agit-il de basse vengeance ou plutôt
de l’éviction d’une rivale ?
On ne peut s’empêcher de noter ce
mouvement convergent les laissant simultanément
célibataires, alors que Jenny parle cœur
concernant spécifiquement Shane, avec
qui la complicité a toujours été
si particulière, et que le trouble du
sentiment est chez elle à son comble.
Un suspense sentimental prenant se fait jour,
tout de même nimbé d’incrédulité !
De
son côté, l’épopée
de Shane à la recherche d’un toit
pour dormir constitue un fil rouge particulièrement
divertissant pour cet épisode. Long
Night’s Journey Into Day souffre
d'initier un thème central de saison
bien peu convaincant mais démontre de
réelles qualités d’humour
et d’émotion, pourvu que l’on
parvienne à en faire abstraction.
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2.
L’INATTENDU
(LEAST LIKELY)

 
Cet
épisode donne à la saison des
allures de soap pétillant
mais classique, avec une succession de scènes
aussi divertissantes que légèrement
vaines. Le spectacle se voit de plus entaché
de diverses maladresses, comme le prolongement
quelque peu artificiel des axes narratifs
de Lez Girls et de Jodi. On reste
surtout peu convaincu par l'évolution
du récit central, autour de Jenny,
mais aussi de sa relation avec Shane.
L'aspect
humoristique, parfaitement distrayant, de Least Likely se voit porté
avec réussite par Bette/Tina et Alice/Tasha.
Le passage à la galerie et la rencontre
avec la sublime Kelly (Elizabeth Berkeley,
encore une amie très proche de Jennifer
Beals !) distraient par leur efficacité,
l’affection que l’on porte aux
personnages et le talent toujours aussi irrésistible
des actrices. On ne se lasse pas de contempler
le lumineux bonheur du couple reforgé,
c’est vrai. Mais il faut avouer que
ces scènes (la régulière
oubliée, la légère jalousie)
ont maintes fois été vues ailleurs
dans les soaps sentimentaux/humoristiques
à la Friends, dont on a l’impression
que The L Word rejoint décidément
le peloton.
Il
en va absolument de même pour les tribulations
de Tasha/Alice, la visite chez le psy (encore
un ancien de retour) constituant un standard
absolu du genre. Certes l’on rit sans
réserve grâce à l’abattage
insensé de Leisha Hailey, une coudée
devant les copines dans le registre de la
comédie pure. Le côté
Clown Blanc/Auguste de Tasha/Alice fonctionne
à la perfection mais, encore une fois,
le sentiment de déjà-vu prédomine.
De plus le manque de réel enjeu transparaît,
plus personne ne pouvant croire que la relation
va se rompre, tandis que Kelly porte bel et
bien une ombre sur Tina/Bette.
Malgré
des postulats absurdes (Max désormais
suivi médicalement mais qui ignore
que la testostérone ne fonctionne pas
comme la pilule), on est finalement davantage
séduit par l’étonnante
péripétie connue par Tom/Max,
un couple demeurant, lui, totalement The
L Word, émouvant et fort. Par
ailleurs les explosives Phyllis et Joyce (et
leurs toniques interprètes, totalement
lâchées) nous ravissent encore
et toujours. Mais ces histoires secondaires
ne compensent pas de réelles maladresses
de narration.
À
l’issue de la saison 5 on pensait en
avoir fini avec Lez Girls et Jodi,
leurs histoires nous ont valu d’excellents
moments mais deux saison cela suffit, on en
a fait le tour. Le prolongement inattendu
de ces fils narratifs ne convainc pas. On
a bien compris que Lez Girls a été
saboté par Hollywood, rabâcher
cela avec le choix du titre ne fait que tirer
à la ligne et n’apporte rien,
de même que Jodi et Bette se battant
froid. On a supprimé des personnages
autrement intéressants par le passé,
pourtant. Ces filons épuisés,
il convient d ‘en ouvrir d’autres,
mais encore faut-il que les auteures en aient
encore les moyens, voire la simple volonté.
L’ultime
saison continue le jeu classique de réapparitions
des anciens personnages, mais tire cette fois
la mauvaise carte avec Dylan (et sa coiffure
hideuse). Elle ne nous avait guère
emballé naguère, il en va pareillement
cette fois-ci, les seuls bons moments venant
du toujours épatant duo Alice/Hélèna.
Une pioche peu judicieuse, d’autant
que s’il y a une fille que l’on
aimerait retrouver c’est bien l’adorable
Lara. Un retour de Carmen bouleverserait trop
ce que les auteures entreprennent visiblement
de bâtir entre Shane et Jenny.
Ce
qui achève de pénaliser l’épisode
demeure d’ailleurs ce qui tourne autour
de cette dernière. La saison semble
entamer un désastreux virage à
la pseudo Agatha Christie autour de son décès
prochain. À cet égard la haine
véhémente de Nikki se montre
d’une lourdeur pachydermique, désigner
un suspect reste un art subtil et visiblement
le policier à énigme ne compte
pas parmi les atouts des scénaristes,
ce n’est d’ailleurs pas du tout
le cœur de métier de la série.
Et puis, plus fondamentalement encore, chez
la reine du crime, les coupables, potentiels
ou avérés, ne sont rencontrés
que lors du roman, ils ne véhiculent
aucune charge émotive particulière
et demeurent des rouages ludiques de l’intrigue.
Il en va totalement autrement ici, et l’idée que l’une de nos amies soit une meurtrière paraît non seulement ridicule mais odieuse. Que cela soit totalement inopérant semble une simple évidence, et pourtant, selon les canons (ici dévoyés) du genre, nous découvrons Jen se montrer odieuse envers les autres jusqu’à l’absurde, même selon ses critères. Son intervention à propos de l’extension de la maison de Bette et Tina n’est ainsi pas du tout crédible. La marche forcée pour susciter des suspectes s’annonce un vrai chemin de croix.
Le
pompon consiste cependant en cette brûlante
révélation entre Shane et Jen,
soit un bouleversement de l’univers
de la série dessiné en à
peine deux épisodes, de manière
terriblement précipitée et dépourvue
de vraisemblance. On perçoit que les
auteurs ne savent plus trop quoi raconter
autour de ces personnages et qu’elles
ont joué au jeu un peu vain de d’Aaron,
Jenny et Tina la saison passée en se
demandant qui pouvait bien coucher avec qui.
Quel dommage de saboter une des plus belles
et profondes amitiés de la série
pour une histoire ne pouvant guère
fonctionner. Ce n’est plus du soap,
c’est de la telenovela.
Que le talent des deux actrices subliment la scène ne change rien à l’affaire, une brusque bouffée délirante emporte la crédibilité de Shane et de Jenny, avec cette romance jaillie de nulle part.
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3.
LOL !
(LMFAO!)


MDR
! Cette fois c'est officiel, ou les auteures
ont organisé une fête de fin de
série et ont oublié de dégriser
avant d'écrire les ultimes épisodes
ou une vaste conspiration a installé
une bonbonne de LSD dans la climatisation du
Planet. Parce que LMFAO! va accumuler
comme jamais les pépites d'invraisemblance,
autant psychologiques que factuelles, au point
de faire déraper toute la série
dans la pampa du grand n'importe quoi. Toutefois
quelques moments de pure drôlerie perdurent
(bien le moins avec un tel titre), mais principalement
grâce à Leisha Hailey, Jennifer
Beals et Cybill Shepherd, qui se mobilisent
pour sauver la baraque.
Le
réveil de Jenny et Shane reste un fort
joli moment, très tendre, quoique l'on
pense par ailleurs du timing de leur
relation. Encore faut-il subir la réapparition
de Sounder 2, sans doute revenu de la dimension
infernale dont il est issu. La découverte
du pot aux roses par une Alice au toujours invincible
radar nous vaut très clairement la meilleure
scène de l'épisode, avec un grand
récital Leisha. Alice au bord de la crise
de nerf, diffusant immédiatement la nouvelle
aux copines dont les réactions sont également
irrésistibles (mention spéciale
au rire irrépressible de Bette), cela
fonctionne à la perfection. On se régale,
même si, à la base, le procédé
apparaît un peu téléphoné.
Par
la suite Alice rompt avec sa pratique du outing télévisé, d'une façon
particulièrement démonstrative
: la lecture surprise en direct d'une lettre
bouleversante de la sœur d'une victime
de l'homophobie. Et puis après elle s'inquiète
d'un renvoi quasi inéluctable. Ce qui
est absurde, dans ce cas elle aurait dû
négocier cette évolution en amont
avec les producteurs, c'est l'un ou l'autre.
On éprouve la pénible impression
que l'on écorne la crédibilité
du récit pour simplement s'offrir un
effet, même si celui-ci se montre effectivement
percutant. Plus tard le malaise s'accentue avec
ce recours à l'un des poncifs les plus
éculés de séries américaines,
le héros allant raisonner une personne
menaçant de se jeter du haut d'un immeuble.
Aucun second degré, aucun humour dans
cette scène désespérément
basique. On regrette également la moindre
présence de Tasha.
La
confrontation entre Bette et Jodi se poursuit,
ce qui s'avère plus crispant qu'autre
chose. Il est particulièrement triste
de voir le personnage de Jodi se réduire
à quelques postures hostiles, presqu'infantiles.
Mais ce qui sidère principalement demeure
la confrontation hallucinante et hallucinée
en résultant entre Phyllis et Bette.
Phyllis vire Bette, pour éviter les répercussions
d'un procès pour harcèlement sexuel
entre lesbiennes. Comme c'est un peu gros (Jodi
ne veut en rien de cela), elle sort de son chapeau
l'argument massue : Nadia aurait porté
les mêmes accusations contre Bette, et
si elle ne lui en a pas parlé c'était
pour pourvoir mieux gérer l'affaire.
On n'image qu'une présidente d'université
n'avertisse pas un de ses doyens de telles accusations.
Il s'agit bien entendu d'une grosse rustine
scénaristique ajoutée après
coup.
Pour
parachever le panorama, Phyllis propose une
liaison à Bette dès qu'elle
l'aura licenciée ! La scène reste
amusante grâce à la fantaisie que
la complicité de Cybill et Jennifer y
insuffle, mais accumule trop de rocambolesque
pour que l'on y adhère. The
L Word donne l'impression d'avoir
largué les amarres, privilégiant
désormais la surenchère plutôt
que la cohérence. On raffole d'un épisode
décalé bien amené, mais
toute une saison sous acide, cela risque de
paraître long.
Une
philosophie similaire se dénote dans
l'inexorable et, ô combien, concluante
convergence vers le Crime de la Piscine, futur
grand classique du policier à énigme.
La chasse aux suspectes se poursuit, cette fois
c'est Tina (oui, Tina) qui s'y colle. La pellicule
de Lez Girls a été volée,
à l'aide d'une fausse lettre de la productrice.
Colère d'Aaron, qui (comme le reste de
la planète) suspecte Jen, et désigne
Tina comme étant responsable de son amie.
Cela nous vaut cette scène absolument
mémorable voyant Tina fixer la caméra
d'un air mauvais, en maugréant « Fucking
Jenny ! I'm gonna fucking kill you !».
C'est
grandiose, Agatha Christie est ventilée
façon puzzle. Aaron et Adèle se
voient également embarqués dans
la charrette, un peu plus, un peu moins... Dans
le même temps, toujours selon la règle
d'or du genre, Jen atteint de nouveaux sommets
dans l'ignominie, en particulier vis-a-vis d'Alice.
Personne ne croit non plus en ses dénégations
proférées devant Tina, c'est clairement
elle qui a fait le coup, en faisant porter le
chapeau à son amie. Jenny n'a jamais
été comme cela, même au
pic de sa mégalomanie. En fait on assiste
à l'émergence d'une nouvelle personnalité,
maniaque et perverse.
Cette
violence froide et enténébrée
qu'elle manifestait physiquement envers elle-même,
ou oralement envers autrui, règne désormais
en maîtresse absolue, au paroxysme de
sa puissance. Cela fait beaucoup de mues pour
un seul personnage et celle-ci ne nous enthousiasme
vraiment pas.
Le
plus affligeant de l'épisode demeure
néanmoins sa conclusion, lors d'une fête
au Planet. Ah tiens, une fête, cela nous
manquait, depuis le temps. Bette est virée
(au moment où le ménage avait
des projets), Alice et davantage encore Tina
sont sur le point de l'être et de voir
leur carrière anéantie, mais tout
cela doit visiblement se dérouler sur
un autre plan astral parce que, sous le prétexte
du peu palpitant sauvetage mené par Alice,
nous les trouvons hilares le verre à
la main, en train de rire longuement (jusqu'à
en devenir crispantes) à propos
de Shane/Jenny.
La
scène se révèle totalement
déconnectée de ce qu'elles viennent
de vivre et de ce qui s'annonce, c'est assez
hallucinant. LMFAO! veut visiblement
en terminer à marche forcée par
cette liesse générale, peu importe
que cela soit totalement à contre-courant.
Le manque de cohérence devient vraiment
une caractéristique de cette saison.
À la décharge de l'épisode le personnage
de Shane se montre à son avantage, entre
sa bonne vanne sur Eric Mabius, son bonnet de
Schtroumf et les mimiques si divertissantes
de Kate Moennig. L'imposante Sunset Boulevard
confirme une entrée assez sensationnelle.
Par contre, une énième fois, Max
demeure totalement absent, sans doute parce
que son émouvante histoire ne cadrait
avec le rire à tout crin promu par LOL!.
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4.
LA LIVREUSE
(LEAVING LOS ANGELES)

  
The
L Word, The Return ! Après
deux épisodes passés en apesanteur,
la série renoue enfin avec ses fondamentaux,
avec des scènes finement dialoguées
et réalisées, dont plusieurs se
montrent émotionnellement très forte.
On retrouve ce cocktail subtilement dosé
d’humour et de sentiment si crucial pour
le succès de la série et, plus important
encore, les personnages retrouvent leur crédibilité,
et donc leur intérêt. Sans être
exceptionnel Leaving Las Vegas se situe
dans une très bonne moyenne, ce qui s’avère
très réconfortant, la série
a donc encore des choses à nous raconter.
Même
au sein de ces retrouvailles, il nous faut passer
sous les fourches caudines de la Traque des Suspectes.
Cette fois c'est Max la vedette du jour, avec
toujours la même incrédulité
consternée de notre part. Après
que la Jenny version saison 6, toujours plus mauvaise,
ait cruellement raillé ses formes féminines
à venir, simplement pour la faire souffrir,
on a droit au désormais traditionnel gros
plan sur un visage hostile accompagné
d'une menace. En mode (à peine) voilé,
l'épisode suggère également
que les flux d'hormones liées à
la grossesse rendent Max très irritable
et sujet à l'irrationnel. Heureusement
que l'on regarde The L Word sinon on
crierait au cliché sexiste...
Bien
plus prenante apparaît l'histoire de Max
et de Tom en elle-même, il s'agit vraiment
de ce que cette saison a raconté de plus
fort jusqu'à présent. Leaving
Los Angeles décrit avec force et sentiment
le combat désespéré de ce
couple pour s'adapter à ce coup du sort,
tellement contradictoire à sa nature. Le
récit apparaît âpre et réaliste,
aux antipodes de la rigolade crétine de LMFAO!. L'inexorable délitement
s'opérant chez Tom se voit parfaitement
exprimé et quand, assez inévitablement,
Tom s'enfuit on ne lui en veut pas totalement,
il aura réellement essayé mais vraiment,
il ne peut faire face. Il
n'en demeure pas moins que la vison de Max complètement
abasourdi et comme paniqué s'avère
absolument bouleversante, avec une Daniela Sea
une nouvelle fois formidable. À l'heure
des bilans la sous-exploitation chronique de Max
apparaît comme l'une des rares vraies faiblesses
de la série.
Le
petit-déjeuner emblématique du Planet,
toujours écrit avec fluidité et
interprété avec talent, permet enfin
d'introduire de nouvelles intrigues, en dehors
du gribouille policier. Alice et Tasha ont retrouvé
toute leur complicité mais voici qu'elles
se mettent dans l'idée de caser Hélèna,
aux prises avec le retour de flammes de Dylan,
avec leur nouvelle amie Jamie. Si la tentative
tourne court (avec une absence de communication
bien restituée), la péripétie
apparaît surtout comme l'occasion pour les
auteures d'installer un habile mécanisme.
En effet, chacune de son côté, Al
et Tasha semblent comme flasher sur la charmante
et enthousiaste Jamie (qui, elle, paraît
avoir un penchant pour Tasha).
C'est
astucieux : après qu'il ait franchi tant
d'écueils, susciter une rivalité
dans ce couple apparaît vraiment diabolique.
Bien sûr cela reste diffus et léger,
encore inséré dans la comédie,
mais un drame potentiel se fait jour, apportant
un vrai suspense pour la seconde partie de saison.
De plus l'idée qu'elles lancent d'un marathon
de danse annonce sans doute l'un de ces épisodes
spéciaux que l'on adore. De son côté
Hélèna renoue finalement (oh surprise)
avec Dylan, mais ce segment nous intéresse
beaucoup moins, du fait du manque persistant de
substance et de caractérisation de Dylan.
Par contre Rachel Shelley est toujours aussi marrante
et attractive, tandis que l'épisode trouve
enfin une explication élégante pour
les disparitions intermittentes des enfants d'Hélèna.
D'une
manière tout aussi concluante, Leaving
Los Angeles institue une sourde menace similaire
au sein de l'aura toujours si positive et lumineuse
de Tina/Bette. En effet Kelly apparaît au
Planet, et son entretien avec Bette, se concluant
par leur partenariat au sein d'une galerie d'art,
s'avère une vraie perle, pour la complicité
des comédiennes (Elizabeth Berkeley est
instantanément parfaitement à l'aise
dans son rôle), pour ce dialogue finement
ciselé développant tout un subtext autour du terme « partenaires »,
mais aussi pour quelques à-côtés
comme le sourire entendu d'une Alice humant bien
l'embrouille ou la tête de Tina, qui est
juste à voir. S'ensuit une autre très
belle scène, entre jalousie et tendresse,
au sein du couple.
On
y retrouve comme un écho inversé
de Tina annonçant rudement son embauche
par Hélèna, en début de saison
3, mais en nettement moins dramatique et violent.
C'est avant tout l'amour qui prédomine
(notamment avec l'adorable Angelica), d'autant
que, si ce ton dual entre comédie sentimentale
et vrai péril apparaît très
réussi, on ne peut pas croire à
une apocalypse en toute fin de série. Incidemment,
l’on apprend qu’à Yale, Bette
a été l’assistante d’une
certaine Scully… On comprend mieux pourquoi
certaine relation a été longue à
débuter.
Par
la suite Tina et Bette, que l'épisode a
décidément l'excellente idée
de mettre en avant, partent dans l'Amérique
profonde à la découverte de la future
maman de l'enfant à adopter. Le choc des
cultures s’exprime avec conviction mais
l’on retient surtout le portrait bouleversant
de Marci, cette future mère, interprétée
avec fougue par la jeune et talentueuse Katharine
Isabelle (Lisa dans l’épisode Shizogeny des X-Files) et prête
à passer par-dessus tous les préjugés
pour assurer le meilleur avenir possible à
son enfant.
Son
intervention dans la chambre de Bette et Tina
nous vaut une scène particulièrement
enthousiasmante, où l’on retrouve
le meilleur militantisme de The L Word,
positif et conservant toute l’humanité
de personnages non transformés en figures
de propagande. Ces scènes n’hésitent
d’ailleurs pas à ironiser légèrement
sur l’engagement de Bette qui, plus que
tout autre héroïne, aura encore manifesté
cette fois-ci une palette très large d’émotions,
toujours sublimées par la merveilleuse
Jennifer Beals. Ce segment très riche s’achève
par de sublimes plans de regards, au réveil
des deux femmes. Saisons après saisons,
Tina/Bette reste bien l’arme fatale de The
L Word.
Jenny la Ténébreuse franchit encore quelques degrés lors de cet épisode. Outre son comportement passablement abject envers Max, elle apporte une dimension vraiment sinistre à sa relation avec Shane. On aurait pu espérer que cette histoire serait une nouvelle planche de salut pour elle, comme à l’issue de la saison 2, mais cela n’en prend vraiment pas le chemin. Une excellente (et très féminine) idée de scénariste nous montre Jen et Shane décider de débarrasser leurs penderies des vêtements évoquant des périodes et des amours précédents.
Une
élégante façon de poursuivre
les regards dans le rétroviseur, sans multiplier
les apparitions d’anciens personnages, tout
en éclairant l’état d’esprit
des filles. Jenny n’éprouve aucune
difficulté pour jeter les vêtements
« Tim » mais veut conserver
les « Marina », ça
on avait saisi, mais surtout ne veut se séparer
d’aucun vêtement de marque. À
l’inverse elle veut absolument faire le
vide dans la garde-rode de Shane, y compris pour
Chérie (voir Shane céder pour elle
est assez triste) et Carmen.
Si Shane refuse de capituler là-dessus, on retient principalement que Jen veut totalement vampiriser sa partenaire, d’une manière réellement psychotique. Sa manière de s’inviter lors d’une discussion entre Alice et Shane ou surtout de transformer d’office la chambre de Shane en bureau confirme qu’elle considère exclusivement celle-ci comme sa chose. Sa réaction glaciale et la pure folie que Mia insère dans son regard quand Shane se rebelle un minimum font réellement froid dans le dos. Jen a définitivement basculé et on a vraiment l’impression d’avoir devant soi la Mandy de 24h Chrono.
On
devine que Shane ne veut surtout pas échouer
dans cette relation-ci et qu’elle a toujours
beaucoup d’affection pour Jen, mais visiblement
elle ne saisit pas, ou refuse de saisir, à
quel point Jenny est tombée dans l’ombre.
Tout comme pour Tasha/Al et Tina/Bette, Leaving
Los Angeles parachève sa réussite
en insérant ici un vrai élément
de suspense, les conséquences d’une
révélation et d’un rejet concomitant
de Jenny par Shane pourraient avoir des conséquences
incalculables.
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5.
LIGUÉES POUR LA VÉRITÉ
(LITMUS TEST)

 
Hélas,
après les promesses de Leaving Los
Angeles, Litmus Test renoue avec
les errements de LMFAO!. On retrouve
donc les situations forcées, les effets
gratuits et les admirables actrices se démenant
pour transformer du plomb en or, même
si l’ensemble demeure plus plaisant que
son modèle.
Dans
la rubrique « suspecte du jour »
on coche la case Alice, parce que Mia joue une
Jenny faisant du Mia. Pour être plus clair,
Jenny vole une idée de scénario
écrite par Alice et la vend 500 000
$. Ce qui compte tenu de la brièveté
des évènements, du fait qu’elle
n’a plus d’agents et surtout de
la pauvreté insigne de l’intrigue,
constitue tout simplement l’une
des manifestations les plus éclatantes
du Monde Merveilleux de The L Word auxquelles l’on ait assisté depuis
le lancement de la série. On hallucine.
Même
si le coup est rude et entaille réellement
l’amitié entre les deux femmes
(comme avec Tasha, bien entendu), on ne sent
pas du tout Alice se lancer dans un meurtre
pour autant, cela ne fonctionne pas. Par contre
Leisha rend plus prenante que de coutume le
coup de sang traditionnel et l’émission
de l’ineffable « Schecter
is so fucking dead ! ».
Alors
que Leaving Las Vegas avait semblé
lancer des pistes scénaristiques intéressantes
entre Bette/Tina/Kelly et Tasha/Alice/Jamie,
ces histoires connaissent ici un surplace à
peu près total. A contrario, Litmus Test se centre totalement sur
le fil narratif le moins porteur de tous, ce
retour téléphoné de Dylan.
Dans un mix assez improbable du gaydar collectif concernant Lara en saison 1 et du
complot alambiqué de Jen envers la journaliste,
les filles tendent un piège à
Dylan, avec Nikki en tentatrice, pour que Hélèna
soit fixée. Grâce aux actrices
toujours aussi épatantes et à
quelques à-côtés divertissants
(la séance cinéma-popcorn, Jen
qui exècre Nikki, les piques qu’Alice
lui décoche…) la scène
se laisse voir mais dure beaucoup trop longtemps.
Avec
une conclusion prévisible au dernier
degré et la scène d’amour
très quelconque, elle-même allongée
à plaisir, entre Hélèna
et Dylan, tout ce segment phagocyte totalement
un épisode dont il n’aurait dû
constituer qu’une péripétie.
On ne perçoit toujours pas ce que dégage
de captivant le personnage très limité
de Dylan, tandis que Alexandra Hedison reste
assurément une actrice sympathique mais
bien en deçà des autres membres
de la distribution. Son retour dans la série
reste une énigme, on espérait
mieux pour Héléna.
Aux
alentours l’épisode ne peut que
laisser des miettes aux autres relations. Rien
de nouveau ne survient du côté
de Tasha et Alice, toujours si fusionnelle avec
Jamie. On remarque toutefois un intéressant
petit passage documentaire quand Tina
et Bette nous explique, de manière particulièrement
amusante, que cette posture dite de la « troisième
roue » est fréquente chez
les couples lesbiens ayant besoin de se relancer,
mais que cette énergie supplémentaire
est potentiellement risquée. On aime
bien quand The L Word nous ouvre des
fenêtres, c’est malheureusement
devenu plus rare depuis la saison 4. La portion
impartie à Bette/Tina paraît un
peu plus consistante, avec notamment la poursuite
du flirt de Kelly. Que Tina déclare que
tout cela n’a aucune importance car Bette
sait qu’en cas de tromperie tout sera
fini fait assez froid dans le dos. Pas de blagues !
Se
détache également la monumentale
engueulade entre Bette/Tina et Aaron, avec une
Laurel Holloman toujours formidable quand elle
pousse une gueulante et un ultime regard foudroyant
de Bette qu’on adore. Malheureusement
la scène ressort assez fabriquée,
avec la coïncidence tout de même
massive de leur rencontre et un Aaron beaucoup
trop Aaron. Finalement on retient surtout que
Tina a vraiment cru au bobard pas possible de
Jenny sur William ; décidément,
hormis Al et Tasha, les amies ont encore
bien du mal à percevoir la spirale dans
laquelle s’est engouffrée Jen.
Mais
l’élément le plus détestable
de Litmus Test demeure la totale absence,
une nouvelle fois, de Max. On ne peut pas laisser
un personnage dans une telle situation et l’épisode
suivant faire comme si tout cela n’existait
pas ou n’avait aucune importance. La saison
sabote son axe le plus abouti et cette présence
seulement intermittente de Max devient vraiment
insupportable.
A Tale from The Darkside. Jenny, outre son comportement insensible et égoïste envers Alice, se montre toujours plus maladivement possessive envers Shane, jusqu’à devenir insupportable. On voit bien que dans le même temps Shane est toujours attirée vers Nikki, mais elle demeure néanmoins dans sa relation désaxée avec Jen. On ne peut que regretter, alors que l’on en est déjà à plus de la moitié de la saison, que Shane ne se soit pas une seule fois ouverte de ses sentiments, nous forçant à des hypothèses quant à cette persistance passablement inexplicable. On suppose que Shane demeure avant tout dans un prolongement de son amitié avec Jen, et qu’elle craint par-dessus tout de la faire souffrir, sachant à quelles extrémités celle-ci peut arriver.
Son
aveuglement face à la nouvelle personnalité,
si négative, de Jenny devient cependant
difficilement soutenable, même si on sent
une révolte poindre. On est encore une
fois contrarié par le tardif sacrifice
décidé par les auteures d’une
belle complicité au profit d’une
relation aussi tristement dysfonctionnelle,
et visiblement sans avenir. La querelle à
domicile du couple à propos de Nikki
se montre d’ailleurs plus irritante qu’autre
chose.
6.
LACTOSE PHOBIE
(LACTOSE INTOLERANT)

  
Cet
épisode aurait pu apparaître relativement
quelconque au sein d’une saison ordinaire
de The L Word, mais retrouver une simple
succession de saynètes écrites
et réalisées correctement, même
si dépourvues de temps forts, suffit
à notre bonheur en cette période
de disette. Le récit se décompose
principalement en deux scènes de groupe,
la fête de « Bienvenue au bébé »
organisée par Jen en l’honneur
de Max et l’inauguration de la galerie
d’art de Kelly et Bette.
Passage
obligé, The Suspect of the Day n’est autre qu’Hélèna,
après que Jenny, très en verve,
ait révélé à Dylan
le fameux test de l’épisode précédent.
Tout au long de l’épisode cela
nous vaudra des scènes réussies
où Hélèna soigne son chagrin
dans l’alcool, mais pour l’heure
nous assistons à un retentissant I'm
gonna fucking kill your girlfriend !,
adressé à Shane. Un nouvel éloquent
exemple de la qualité dramatique extrême
de cette Traque aux Suspectes.
La
fête organisée par Jenny paraît
de prime abord assez grotesque, entre Alice
aux Pays des Merveilles (avec Max en Chapelier
Fou…) et le Charlie et la Chocolaterie de Roald Dhal. Mais peut-être ce genre
d’évènement appartient-il
à la culture américaine, en dehors
du sens esthétique éminemment
particulier de Miss Schecter.
Cette
longue séquence se regarde avec plaisir
grâce à des dialogues bien affutés
(notamment entre Alice et Jen, toujours en froid
genre Sibérie, ou Shane s’essayant
à flirter avec Jamie malgré la
surveillance de la Ténébreuse)
et des actrices dont on savoure plus que jamais
le jeu au moment où les ultimes épisodes
de The L Word s’écoulent
comme du sable dans la main.
Les amateurs de Chapeau Melon et Bottes de Cuir auront de plus l’heureuse surprise de découvrir Shane arborant crânement leur couvre-chef emblématique, avec son élégance coutumière.
Il
n’en reste pas moins regrettable que cette
atmosphère festive et divertissante s’en
vienne dénaturer le drame vécu
par Max. Sans que l’impeccable Daniela
Sea ait quelque chose à se reprocher,
son attaque d’angoisse, au milieu des
costumes et du pépiement des copines,
s’inscrit dans le tragi-comique. On appréciait
bien davantage la force émotionnelle
brute et terrible accompagnant le départ
de Tom, la désynchronisation entre le
fond et la forme du récit en atténue
considérablement l’impact.
On
craint fort que l’histoire de Max, l’éternel
sacrifié de cette série, ne soit
phagocytée par la trame principale organisée
autour de Jenny et dévoyée à
son profit. On préfère l’image,
sobre et éloquente, de Max se rasant
la barbe, non pas parce qu’il serait un
ex agent du FBI reprenant du service, mais parce
qu’il se décide à renoncer
à sa quête personnelle au bénéfice
de son enfant. La scène se montre réellement
poignante, mais si brève, et Max ne réapparaîtra
plus du tout par la suite…
L’ouverture événement de la galerie d’art de Kelly et Bette se construit en grande scène de convergence du clan, illustrant efficacement les positions des unes et des autres avant la toute dernière ligne droite. Le décor, lumineux et élégant, se montre également réussi, d’autant que l’on apprécie la plupart des œuvres présentées, ce qui n’a pas toujours été précisément le cas avec Bette…
Même
si l’on s’en doutait, la confirmation
que James est du voyage fait bien plaisir, il
aurait été triste qu’il
restât sur le carreau du fait des histoires
de… disons de cœur entre la patronne
et la Jodi. Et si l’association la plus
solide de The L Word était finalement
Bette/James ? La tension sexuelle s’accroît
toujours davantage au sein de Tasha/Alice/Jamie,
jusqu’à en devenir palpable. Même
si elle demeure relativement en retrait, cette
histoire, fort bien narrée, constitue
toujours un joli suspense pour la fin de saison,
d’autant que Jamie devient chaque fois
plus complice avec Tasha et qu’Alice en
prend quelque peu ombrage. L’épisode
a la bonne idée d’enfin remettre
Tasha au premier plan, avec des confidences
émouvantes sur sa jeunesse. Rose Williams
s’avère toujours aussi excellente.
La révélation du vrai visage de
Sunset fait un peu conte de fées, mais
fonctionne : il est vrai que l’on
n’avait pas du tout reconnu Roger Cross
(X-Files, 24 Chrono) et surtout que
l’on n’a rien contre un happy
end sentimental pour Kit !
L’idylle
entre Shane et Nikki échoue, non pas
sur une abeille, mais sur une huitre pas fraîche,
ce qui indique la légèreté
de Nikki et surtout confirme le fait que Shane
a de plus en plus envie de sortir d’une
liaison de plus en plus étouffante. Astucieusement
l’épisode insère également
Molly, avant d'assez diaboliquement renforcer
l’assujettissement de Shane via un dévouement en apparence sincère
mais qui n’est qu’une expression
maligne de la possession. Difficile de ne pas
songer à certains passages du Misery
de Stephen King.
Cet
aspect ténébreux de Jenny n’apparaît
pas si mal exprimé, notamment grâce
à une Mia Kirshner en état de
prouesse permanente. Il résulte vraiment
dommageable que cet aspect ait été
plombé par l’introduction calamiteuse
du crime en début de saison, avec la
Traque aux Suspectes concomitante. Il aurait
suffit que ce passage soit simplement supprimé,
et quelques outrances atténuées
de-ci de-là, pour qu’immédiatement
cette dernière période de la série
devienne nettement plus concluante.
Cette dimension apporte un final particulièrement
prenant à Lactose Intolerant.
Le Monde Merveilleux de The L Word frappe un grand coup, en envoyant Tina à
N.Y.C. pour un projet aussi mirifique que flou,
juste après qu’elle ait gravement
insulté Aaron en public, ce qui est totalement
incohérent, mais passons. Kelly,
enivrée par le champagne et le succès,
profite de cette absence pour venir tenter sa
chance chez Bette.
Ce
point d’orgue d‘un important fil
narratif de la saison s’avère fort
bien mis en scène, parvenant à
susciter un semblant de suspense. Malgré
une logique incrédulité, on ne
peut s’empêcher de pousser un soupir
de soulagement quand Bette fait le bon choix.
Que Jen parvienne à filmer la scène
sous un angle de vue compromettant reste
assurément très gros (litote)
mais la péripétie produit indubitablement
son effet.
La
perspective de voir Jenny couronner son périple
maléfique en dynamitant Tina/Bette introduit
un final à enjeu pour la série
(et son triste dénouement…).
Sage est la femme connaissant ses limites et
l’on se dit que Jenny se tient devant
un seuil qu’il serait bien périlleux
et définitif de franchir, mais, comme
le discernait Hélèna, l’élément
chaotique de la série n’a jamais
intégré cette notion…
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7.
LE DERNIER COUPLE DEBOUT
(LAST COUPLE STANDING)

 
Le traditionnel épisode thématique éveillait les espérances coutumières, mais hélas, pour la première (et dernière) une relative déception est au rendez-vous, malgré quelques indéniables points positifs.
L’intérêt
majeur de ces épisodes (Dinah Shore,
Love Boat, Gay Pride, Pink Ride, match de
basket, voire obsèques de Dana…)
consistait à dépayser une série
apparaissant parfois comme enserrée
dans son environnement habituel, en projetant
le groupe dans des décors et des situations
originaux, souvent spectaculaires. Or ici
on se retrouve simplement dans une de ces
fêtes du Planet ou du Hit que nous avons
visionnées jusqu’à satiété,
particulièrement au cours des récentes
saisons. Même avec les concours et les
costumes souvent réussis, l’effet
de rupture paraît véritablement
amoindri.
De
plus l’épisode marque un statu
quo quasi-total de l’action, les
scènes s’insérant autour
des morceaux de danse s’avérant
souvent bavardes, ressassant des situations
déjà observées ou introduisant
de faibles avancées, guère concluantes.
Alice s’ouvre à Tasha de ce qu’elle
ressent en la voyant si complice avec Jaimie,
mais Tasha botte royalement en touche et au
sortir du récit on n’a guère
avancé pour autant. Dylan revient auprès
d'Hélèna, ce que l’on
avait aperçu depuis des kilomètres,
on se passionne toujours aussi peu pour cette
histoire anodine, prévisible et cliché
au dernier degré.
Shane
trompe Jenny pour la énième
fois avec Nikki, Jenny s’en rend compte
une dernière fois et tend un guet-apens
cruel et psychotique à l’actrice,
une énième fois. Bon. C’est
toujours superbement joué, mais l’épisode
ne laisse qu’à peine supposer
que Shane en a assez cette fois. Absolument
rien de définitif ne se produit.
Et
puis, bien entendu, la Traque aux Suspectes
est fidèle au rendez-vous, on n’en
peut plus, pitié. Le face-à-face
entre Jenny et Bette ne tient que partiellement
ses promesses, même si cette dernière
surpasse les répliques déjà
mirifiques des copines, avec un tonitruant
« Goddamn it, Jenny. Fucking
you, you fucking bitch ! ». On
s’attendait à plus d’intensité,
mais l’on est surtout gêné
de la voir ne pas raconter simplement l’affaire
à Tina. Cela serait plus logique que
de rester à la merci de Jen alors
que celle-ci répand déjà
la rumeur. Bette tente certes fugacement de
le faire, elle en est empêchée
par des interventions répétitives
d’Alice, crispantes au possible dans
le contexte. Le renoncement supposé
de la jeune future mère introduit
certes un évènement important.
Mais
si l'on tente de nous dorer la pilule avec
l'émotion du couple, ce retournement
de situation paraît bien expéditif
comparé aux très belles scènes
de Leaving Los Angeles et se situant
dans un flou bien pratique. On clôture
certains dossiers de manière trop brusque,
tout en faisant perdurer d'autres encore et
encore alors que la conclusion arrive.
Last
Couple Standing peut cependant compter
sur les numéros de danse des héroïnes,
véritable justification de cet épisode,
en plus du rappel bienvenu de la dureté
sociale, en Californie comme ailleurs. Quand
on connaît et apprécie quelque
peu le tango, il faut bien avouer que la prestation
de Shane/Jenny avoisine périlleusement
le nul. On apprécie par contre vivement
la belle énergie du trio Alice/Tasha/Jaimie,
mais plus encore le rayonnement (et la chaleur)
du cha-cha de Tina/Bette, une nouvelle fois
magnifiques et incandescentes après
le slow du dernier épisode de la saison
précédente. Jodi excelle sur
scène, mais cela n’a décidément
rien à voir. Il reste dommage que ce
sublime passage ait été
coupé par des images globalement inutiles
comme Shane et Nikki en pleine action dans
les toilettes.
Le
meilleur de l'épisode demeure l'esprit
de compétition s'emparant de Bette
et Alice, leur rivalité nous valant
plusieurs scènes vraiment hilarantes.
À l’heure du bilan, on regrette
vivement l’absence d’un épisode flashback sur Bette/Alice ! On apprécie
également quelques aspects secondaires,
comme la romance entre « Sunset »
et Kit, assez cliché mais touchante,
ou la cessation des hostilités entre
Jodi et Bette. Grâce aux costumes on
renoue une fois de plus avec ce revival
70's/80's qui nous a si souvent plu au
fils des saisons. Kit et Tasha sont renversantes
en mode Blaxploitation.
On
quitte l'épisode avec un certain effarement,
tant il donne l'impression de se situer en
milieu d'une saison classique, bien loin d'être
l'avant-dernier d'un feuilleton. L'annonce
du départ prochain de Tina/Bette à
New York amorce certes la conclusion.
L'étendue des récits encore
totalement ouverts donne le tournis et présente
d'ores et déjà l'ultime épisode
comme une authentique gageure.
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8.
LANGUE MORTE
(LAST WORD)

 
Malheureusement
la malédiction Emily frappe
de nouveau, car The L Word, tout
comme Chapeau Melon et Bottes de Cuir,
s’achève sur un épisode
singulièrement en dessous. Les raisons
de cette léthargie s’emparant
de Last Word jusqu’à
un réveil en toute fin de parcours,
apparaissent de divers ordres.
On
assiste ainsi au parachèvement de l’inadéquation
de la formule du policier à énigmes
au format de la série. Les différents
interrogatoires, au poste, interrompent souvent
le récit sans pour autant lui apporter
la moindre valeur ajoutée. Le jeu des
comédiennes se voit en grande partie
gâché par des gros plans trop
appuyés, et puis on voit très
peu Lucy Lawless (sans chakram). Dans The
L Word ces passages prennent des allures
de séances chez le psy bien peu crédibles,
d’autant que les auteurs cèdent
parfois à tentation de les utiliser
pour susciter des regards en arrière
globaux sur le parcours des personnages, sans
rapport autre que très indirect avec
Jenny.
Les
scénaristes semblent persuadées
que la qualité d’un policier
se mesure au nombre de suspects, d’où
l’apparition finale passablement grotesque
de Nikki ; on a l’impression qu’il
suffirait de secouer un palmier pour en faire
tomber Kate ou Robin. Le pire demeure bien
entendu la non résolution de l’énigme
: en laisser le soin à une éventuelle
série dérivée, au devenir
incertain, s’assimile à une faute
professionnelle. Cette saison 6 n’est
décidément pas Twin Peaks,
il s’en faut de beaucoup.
Parallèlement,
de nombreuses péripéties ou
attitudes sonnent faux au cours de Last
Word. Hélèna et Dylan se
brouillent, puis se réconcilient, puis
se brouillent, puis se réconcilient,
quelle histoire capillotractée et ennuyeuse,
avec une thématique autour de la confiance
légère comme du béton
armé. On est réellement soulagé
quand les deux femmes se séparent
définitivement grâce à
un concours de circonstances totalement théâtral.
Il
s’avère aussi follement précipité
que celui nous révélant Shane
rencontrer Molly juste à temps pour
découvrir le pot aux roses de la lettre,
mais aussi des négatifs de Lez
Girls ! À ce niveau les auteures
n’essaient même plus de nous raconter
une histoire crédible le moins du monde,
se précipitant pour boucler vaille
que vaille le maximum de fils narratifs en
un unique épisode.
Cette accumulation d’absurdités rocambolesques confère à l’épisode une saveur de culebron sud-américain, mais, si l’on trouve sympathiques ces nanars télévisuels souvent déjantés, on espérait autre chose du final de The L Word. Plusieurs scènes tombent également à plat comme le numéro long, nombriliste et lacrymal d’Alice face à Jaimie et Tasha (Alice ennuyeuse pour la toute première fois, un comble !) ou la discussion d’Alice, vraiment peu gâtée, avec Shane, ne faisant que rabâcher des propos tenus au cours de la saison ou souligner des évidences. Passons sur les inserts publicitaires, présents jusqu’au dernier épisode.
Et
pourtant, si Last Word déçoit
(mais c’est si souvent le cas quand
les attentes flamboient), il serait exagéré
de la qualifier de naufrage complet. D’abord
parce que quelques passages surnagent au-dessus
du marasme, principalement autour de Bette,
assez tardifs dans le déroulement du
récit. On apprécie au plus haut
point que le feuilleton ait ménagé
l’espace suffisant pour que James puisse
prendre congé dans les formes, lors
d’une scène très réussie,
entre humour et émotion. La Traque
aux Suspectes nous vaut, il est grand temps,
une forte scène, avec le face-à-face
tant espéré ente Bette et Jenny.
L’amoureuse des Arts, personnage éminemment
riche et complexe, a plusieurs fois
manifesté un véritable côté
obscur au cours de la série, et celui-ci
jaillit ici comme jamais.
La
confrontation en résultant avec la
Ténébreuse (sans les fucking etc.) apporte pour la première
fois une véritable odeur de sang à
cet arc, on ressent enfin la potentialité
d’un meurtre, et avec une force étonnante,
d’autant que Jennifer Beals et Mia Kirshner
se montrent absolument magistrales. Outre
l’exercice de style consistant à
boucler l’histoire par la mort de Jen
et le départ de Bette et Tina (celles
avec qui nous avions pénétré
dans ce petit monde), l’épisode
suscite un remake fort bien tourné
de l’excellente scène du pilote
voyant Shane rencontrer Bette et Tina assises
devant leur maison, totalement rayonnantes.
On se régale, l’effet madeleine
joue à plein.
Le meilleur demeure le film hommage à Tina/Bette concocté par Jen, portant à son zénith l’effet rétroviseur de la saison. Ces nombreuses apparitions de figures du passé ne se limitent toutefois pas au procédé et se révèlent toutes d’un vif intérêt. On remarque que, si Tim et Angus parviennent à insérer un clin d’œil (même malicieux) à Jenny et Kit, Carmen n’a pas l’ombre du commencement d’un mot pour Shane. C’est froid… Entre autres éléments on apprécie de découvrir que Marina poursuit sa vie de Bohême, tandis que Karina Lombard nous régale une fois encore de son Français si mélodieux.
Les
explications d’Hélèna
sur son attitude de la saison 2 sonnent également
très justes, tandis qu’Ivan est
toujours superbe (la vente du Planet passe
à l’as, mais ne chipotons pas).
Celle qui accroche le plus le regard demeure
sans doute Peggy, attendant de pied ferme
le duo à Big Apple.
On se dit que la série dérivée
résidait là, bien plus que dans
ce projet absurde d’Alice incarcérée
pour meurtre (qui aurait envie de voir ça ?),
avec Tina/Bette introduites par Peggy Peabody
au sein des Power Lesbians of Manhattan.
Avec Womanhattan on avait déjà
un titre et pour les scénaristes cela
aurait été du cousu main pour
jouer sur les différences culturelles
existant entre L.A. et N.Y.C. Seul regret
de la vidéo, l’absence sans cesse
perpétuée de Lara, décidément
la grande exilée de la série.
La
bouleversante conclusion de Jenny (quelle
sortie pour Mia !) me semble indiquer une
volonté de se victimiser et de rendre
ses « amies » les plus
honteuses possibles après son suicide,
un coup tordu bien dans son genre cette saison.
Mais on en est bien entendu réduit
aux hypothèses.
Last Word ne rate pas non plus l’ultime image de la série, les filles (méconnaissant visiblement les vertus du covoiturage) arrivent au commissariat pour leur interrogatoire mais leur marche se transforme soudain en une parade des actrices, comme pour les troupes de théâtre à la fin d’une représentation. L’effet paraît très réussi, d’autant qu’il s’accompagne d’une sublime version du générique des Betty.
Allez, un regret, tant qu’à faire revenir « Jenny », Erin Daniels aurait aussi dû être conviée à la fête.
Quoiqu’il en soit cette conclusion rend un bel et mérité hommage à ces actrices nous ayant tant enthousiasmé tout au long d’une série captivante et souvent étonnante par sa qualité et son audace.
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Crédits
photo : FPE.
Images
capturées par Estuaire44.
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