En
2004, Ilene Chaiken focalise l'attention sur
Showtime avec The L Word, chronique
de la vie sentimentale d’un groupe d’amies,
en grande majorité lesbiennes, résidant
à West Hollywood. L’originalité
et l’audace du sujet font sensation mais,
si The L Word capte un succès
critique et public (avec notamment une communauté
très active sur le Net) et se déploie
sur six saisons, c’est avant tout à
ses qualités intrinsèques qu’elle
le doit.
Si
la communauté gay est largement évoquée
(notamment via des évènements
comme le Dinah Shore ou la Marche des
Fiertés), la série sait
éviter un ton par trop militant ou prêcheur,
pour au contraire montrer par l’exemple,
tout au long d’une histoire riche en humour
et en émotions, que les lesbiennes sont
des femmes comme les autres. Avec leurs espoirs,
leurs amours et leurs amitiés mais aussi
leurs galères, leurs erreurs et leurs
souffrances, les personnages nous immergent
dans un récit choral et sensible, constituant
un drama de très haute cuvée.
Original
et fort tant dans ses scènes dramatiques
que lors de passages d’une drôlerie
gonflée et irrésistible, The
L Word représente le meilleur de
ce genre parfois sujet au pathos et aux conventions,
et un bel exemple de la force narrative propre
aux feuilletons.
Si
la mise en scène s’y montre constamment
efficace (parvenant notamment à faire
croire que l’action se situe à
Los Angeles alors que le tournage s’effectue
très majoritairement à Vancouver),
on demeure particulièrement sensible
au travail de production, avec des décors
finement ciselés et une bande-son réellement
soignée. De plus la série comporte
de nombreux clins d’œil et références
aux années 70 et 80 (flashes-back croquignolets,
éléments culturels insérés
dans les épisodes, actrices références…),
lui donnant de temps à autres un air
de sympathique revival .
Les
dialogues, parfois très verts, crépitent
en permanence, portés par des comédiennes
extrêmement talentueuses et totalement
investies dans leurs rôles. Bien entendu
leur grande beauté accroît encore
l’attractivité de la série.
La série réussit notamment deux
grands coups avec les retours enthousiasmants
de Pam Grier et de Jennifer Beals, absolument
irrésistible dans son interprétation
de Bette Porter. Chacun des nombreux personnages,
admirablement dessinés, bénéficie
d’une fine écriture. Parvenir à
faire vivre un ensemble aussi vaste et hétérogène
ne constituera pas le moindre exploit de The
L Word !
Cette
chronique s’effectue au long d’une
découverte progressive de la série,
avec des billets écrits à chaud
lors de chaque visionnage d’épisode.
SAISON
1
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SAISON 6