
HORS
SERIE
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Une
femme demande à Holmes d’enquêter
sur la disparition de son père survenue
dix ans auparavant. Elle reçoit depuis
une perle chaque année. Cette fois-ci,
elle est conviée à un rendez-vous.
L’enquête mène Holmes vers
un trésor, un unijambiste et une créature
repoussante…
The
Sign of Four est un très bon téléfilm
de la série Granada. L'atmosphère
des premières saisons est bien présente.
Je n'ai pas lu le roman de Conan Doyle depuis
plus de 20 ans mais, à priori, le film
est assez fidèle à l'auteur.
Ce téléfilm était censé
marquer le 100e anniversaire de
la création du personnage et c'est
une réussite. La réalisation
sophistiquée de Peter Hammond contribue
au succès : les décors sont
magnifiques et le Londres de la fin du XIXe
siècle est bien rendu...bien que la
scène du théâtre ait été
tournée à Liverpool et celle
de la ménagerie à Manchester
! On reconnaît néanmoins Big
Ben, The White Tower, Tower Bridge et la Tamise
pendant la célèbre poursuite.
Le récit de Small fut tourné
sur l'île de Malte.
Jeremy Brett est au sommet de sa forme et
il ne fut pas doublé lorsqu'il grimpe
sur les toits. Beaucoup de scènes intéressantes
pour une histoire qui s'avère finalement
n’être qu’une simple vengeance
(cela rappelle, par certains côtés, The Crooked Man). Le déguisement
de Jeremy Brett est, comme toujours, très
convaincant. J'adore la façon dont
il brosse ses vêtements. J'appréhendais
la fameuse poursuite en bateaux critiquée
ailleurs mais elle est superbement filmée
dans le brouillard (eh oui, elle est lente,
ce n'est pas Vivre et laisser mourir, certains
ont dû oublier que c'était la
vapeur à l'époque !). Elle constitue,
en fait, un des temps forts du film. On a
également droit, à l'instar
des Avengers, à un excentrique
qui veut lâcher ses 43 chiens (!) sur
Watson ! Bref, un excellent téléfilm ;
une bonne musique, une réalisation
recherchée (le passage avec les ombres
est remarquable). 103 minutes de grand divertissement
avec très peu de relâchement.
Le mort, Bartholomew, est dérangeant,
Little Tanga, le sauvage, effrayant et l'inspecteur
Jones, plutôt sympathique.
Pour finir, c'est Holmes qui prend le revolver
et Watson la canne. Watson, amoureux de Miss
Morstan (dans le roman, il l'épouse
d'ailleurs) et la dernière réplique
du film résume la situation. Watson :
‘What a very attractive woman !’
[Quelle belle femme !] ; Holmes : ‘Was
she ? I hadn't noticed !’ [Vous trouvez ?
Je n'ai pas remarqué !] et il s'endort
!
o
La VF a deux fois l’expression 'Élémentaire,
mon cher Watson !' jamais utilisée
par l'auteur....et le livret Elephant fait
état de 9 chapitres alors qu'il y en
a 10.
o Pour les acteurs, on reconnaît, bien
entendu, Ronald Lacey (vu dans Le legs et surtout Le baiser de Midas)
qui interprète... les deux frères
à la fois ! John Thaw, décédé
en 2002, est l'inspecteur Morse mais également
Regan dans la série policière
du même nom dans les années 70.
Alf Joint vu dans de nombreuses séries
britanniques des années 70 comme cascadeur
(doublure de Moriarty) ou acteur (dont Le
club de l'enfer et Meurtres distingués).
Il est électrocuté dans la séquence
d'ouverture de Goldfinger.
o Ce téléfilm devait servir
de pilote à la série. Il reçut
l'approbation de la Sherlock Holmes Society
of London.
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2.
LE CHIEN DES BASKERVILLE
(THE HOUND OF THE BASKERVILLES)

 
Holmes
doit mettre fin à la malédiction
qui frappe la famille des Baskerville. La légende
voudrait qu’un chien monstrueux parcourt
la lande depuis des générations
pour assouvir une vengeance.
The
Hound of the Baskervilles est moins captivant
que le téléfilm précédent, The Sign of Four. Le roman est, dans
l’ensemble, bien respecté et
il est plutôt surprenant que Le
chien des Baskerville soit l’une
des œuvres les plus connues de Doyle
car, après tout, Holmes est absent
durant une grande partie de l’histoire
quelle que soit l’adaptation. Doyle ne
l’a ajouté qu’après.
Sinon, le téléfilm Granada est
moyen et je comprends Jeremy Brett qui aurait
bien aimé le refaire. Il y a de bons
moments, comme la déduction au sujet
de la canne au début et la dernière
partie lorsque Holmes réapparaît
(bien que la disparition de Stapleton dans
les marais soit un peu rapide).
Entre
la 22e et la 75e minute,
Sherlock Holmes n’apparaît pratiquement
pas – à part quatre inserts rapides
dont un provient de l’épisode L’interprète grec. Malgré
une excellente interprétation des autres
personnages, il est difficile de ne pas avoir
des passages ennuyeux. Il y a des longueurs
dans cette version : l’arrivée
de Watson, de Sir Henry et du docteur Mortimer
à la demeure est interminable, la partie
de billard endort. Un manque de rythme se
fait sentir et un épisode ordinaire
aurait suffit vu la réalisation (et
le montage car, parfois, les scènes
ont une étrange continuité).
Le chien, tant décrié ailleurs,
laisse perplexe mais il n’est pas la
cause de la déception du film surtout
qu’on le voit très peu….c’est
sûrement cela qui rend l’épisode
un peu poussif et pas du tout ‘effrayant’.
La lande est reconstituée dans les
studios Granada de Manchester et c’est
visible particulièrement au début.
La copie est d’ailleurs bien abîmée
surtout dans les premières minutes
(taches, griffures, moirages…).
Il
y a aussi des points qui restent obscurs (à
moins que ce soit moi qui étais un peu
ailleurs vu l’heure tardive). Qui est
l’homme en noir que poursuivent Holmes
et Watson dans l’hôtel ? Stapleton
avec une barbe ? Mme Stapleton est-elle un
peu complice ou innocente vu qu’elle
prévient du danger en envoyant la lettre
? L’histoire de la botte disparue puis
retrouvée est bizarre ainsi que le
rendez-vous orchestré par Stapleton
pour faire venir Sir Charles…
Bref,
un téléfilm moyen car il comporte
quelques zones d’ombre bien que d’importance
secondaire mais surtout à cause d’une
mise en scène lente et molle. Les Avengers ont fait mieux avec les chats que Granada
avec ce chien…
o
Jeremy Brett disait au sujet de ce film quelques
mois avant sa mort : « Le script partait
à la dérive… ce qui est
fatal. Holmes était absent beaucoup
trop longtemps. Tant de choses n'étaient
pas parfaitement exactes. J'aimerais pouvoir
le refaire… dans une autre vie…
»
o Le manque de moyens est à l’origine
de la médiocrité du film. Il
ne fut pas possible de tourner dans la lande
ou à Londres. La lande fut reconstituée
dans les studios Granada pour les scènes
nocturnes.
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3.
LE MAÎTRE CHANTEUR D'APPLEDORE
(THE MASTER BLACKMAILER)

  
Sherlock
Holmes reçoit une lettre posthume qui
le met sur la piste de Milverton, un impitoyable
maître chanteur qui sévit depuis
des années dans l’aristocratie
londonienne. Le détective doit déjouer
les plans de l’individu qui a déjà
une autre victime en vue. Une véritable
partie d’échecs s’engage
entre les deux hommes.
Ce Master Blackmailer est un peu particulier.
Je n’avais aucun souvenir du film ou de
la nouvelle. L'histoire d'un maître chanteur
à l'époque victorienne est assez
banale et il y a, inévitablement, des
longueurs dans ce long-métrage de 102
minutes. L’histoire de Doyle est très
courte et il fut nécessaire de faire
des ajouts : ainsi, le passage du général
homosexuel au club de travestis n'est pas dans
la nouvelle et le résultat à l'écran
tire en longueur. Néanmoins, l'aspect
coincé et hypocrite de l'époque
victorienne est très bien rendu et le
‘vilain’, Charles Augustus Milverton,
tire profit de la situation. Il est interprété
magistralement par Robert Hardy, très
fidèle à la nouvelle. Le film
bénéficie d’une très
belle photographie et d’une parfaite reconstitution
des décors de l’époque.
La confrontation à Baker Street rappelle
celle avec Moriarty mais CAM s’en tire
mieux que les deux compères. Holmes considère
même cet adversaire comme plus redoutable
que la cinquantaine de criminels auxquels il a
eu affaire. C'est dire...Lady Diana Swinstead
n'hésite pas à préciser :
"This man must be silenced”. CAM
(qui a même ses pantoufles à ses
initiales) est le personnage détestable
par excellence. Holmes est dégoûté
par ce genre d’individus, il n’a
pas de prise et il est obligé d’avoir
recours à un cambriolage pour gagner
la partie d’échecs ce qui explique
pourquoi il préfère que Watson
garde l’histoire ‘deep in his pocket’
!
La
première partie installe les protagonistes
et il faut attendre la seconde pour que l’épisode
s’emballe. D’ailleurs, à
ce sujet, quelques mystères demeurent.
Si on se doute que Holmes entre en contact
avec le français, Bertrand, grâce
aux dires de la bonne, je me demande toujours
ce qu’il lui donne comme document pour
avoir le nom de la prochaine victime (Blackwell)
! De même, la dernière image de
l’épisode : que signifie la lueur
dans l’œil de la statue que Holmes
vient de détruire comme dans Les
Six Napoléons ?
On
note une apparition trop courte de Lestrade
au début de l’épisode et
quelques scènes cocasses : le clin d’œil
d’Holmes à Watson juste avant l’ouverture
du coffre et, surtout, le baiser pleine bouche
d’Holmes, déguisé en plombier,
avec la bonne. Scène devenue culte qui
ne figure évidement pas dans le ‘canon’
et qui interloqua les téléspectateurs
britanniques ! À noter que même le chien
aboie ! La réaction de la bonne (pas
très jolie à mon goût) lorsque
Holmes revient voir CAM sans déguisement
est drôle. Sinon, avez-vous remarqué
que le cheval pousse de la tête Holmes
(lorsque la Lady tombe de cheval) et que sur
le plan suivant Jeremy Brett a
du mal à tenir les bêtes
par les rênes ?
Le
final, à partir de la scène de
bal, est très bien accentué par
une superbe image qui n’est pas trahie
par la qualité du DVD (pas de grain dans
tout le film, même pour les scènes
tournées dans l’obscurité).
En
conclusion, un très bon film, Jeremy
Brett est en grande forme et on regrette qu’il
n’ait pu, comme évoqué dans
l’interview, tourner tout le canon. Deux
bons et un moyen. Que me réservent les
deux derniers films ?
o
C’est la première fois qu’un
titre de l’œuvre de Conan Doyle, The
Adventure of Charles Augustus Milverton,
a été changé.
o
La fille de Conan Doyle aimait le script de
l’épisode qui ne représente
que douze pages dans les écrits de
son père. Elle prenait toujours connaissance
des scripts avant le tournage. Il y a quatre
chantages au lieu d’un dans la nouvelle.
o La vieille dame du début (celle qui
parle à Holmes de ses deux petits-fils)
est Dame Gwen Ffrangeon Davies. Elle avait
100 ans, elle buvait du champagne et elle
fumait. Elle déclara après le
tournage (elle ne joue qu’une scène) :
« I’ve enjoyed this so much, I
think I’m going to make one film a year
from now on. » [J’ai tellement
aimé cela que je pense que je vais
faire un film par an à partir de maintenant.]
(nb, elle décéda quelques semaines
après le tournage).
o Au sujet de la scène du baiser, Brett
disait : ‘C’est merveilleux d’être
embrassé cinq fois par une fille de
22 ans et d’être payé pour
ça !’. Néanmoins, après
l’accueil mitigé du public, il
dit : ‘Je souhaiterais que cette scène
ne soit pas dans le film". Il disait
aussi à propos de la fin : «
Lady Diane tire six fois sur Milverton et
lui écrase le visage avec son talon.
C’est facile à lire, mais c’est
autre chose à tourner… »
(nb : la scène est furtive et pas très
explicite mais, mine de rien, Jeremy Brett
révélait dans cette interview
la fin du film !).
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4.
LE VAMPIRE DE LAMBERLEY
(THE SUSSEX VAMPYRE)


Un
révérend vient demander conseil
à Sherlock Holmes. Depuis l’arrivée
d’un étranger dans sa paroisse,
plusieurs évènements inexpliqués
se sont produits. Certains habitants lui prêteraient
des pouvoirs surnaturels…
Ce Vampyre est un film déconcertant,
complètement à part dans la production
Granada.
Contrairement
à ce que dit Jeremy Brett dans une interview
juste après le tournage du Master
Blackmailer, on peut se demander si la
fille de Sir Arthur Conan Doyle a lu le script
de ce téléfilm. Il reste, en effet,
peu de choses de l’œuvre initiale
et il aurait été préférable
de se contenter d’un épisode normal
collant à la nouvelle, Sussex Vampyre.
On tourne plus ici vers le récit fantastique
que policier ce qui, personnellement, ne me
convient pas du tout. Les vingt premières
minutes de ce téléfilm de 101
minutes sont intéressantes même
si elles ne collent pas aux écrits de
Doyle ; après tout, la première
partie du Master Blackmailer est également
‘inventée’ mais elle reste
dans l’esprit. Ensuite, cela devient petit
à petit un peu n’importe quoi (cela
débute au moment où Holmes voit,
en fermant les yeux, Stockton lui faire signe
de venir tel le Diable !). Certains points sont
expliqués (la mort de l’enfant
ainsi que celle du maréchal-ferrant)
mais il y a de nombreuses zones d’ombre.
Ainsi, Stockton aurait voulu se faire passer
pour un vampire et il aurait utilisé
du curare, ramené d’Amérique
du Sud, et une petite fourchette pour entretenir
cette rumeur. Puis, il aurait passé ce
‘savoir’ à Jack ! Les femmes
tomberaient alors sous le charme et suivraient
béatement ! Bref, j’ai vu ce film
un soir assez tard et je dois dire que certaines
choses m’ont échappé….
Ainsi, qui a sucé la ravissante coquine
Dolorès dans les bois ? (Je l’aime
bien, celle-là !).
Sinon,
ce téléfilm a coûté
cher pour ce piètre résultat :
£ 30,000 rien que pour l’incendie
de la bâtisse du début ! Le village
est bien reconstitué et la demeure de
Ferguson, une maison de quatre cent ans, est
très bien choisie. Holmes est cabotin
(les fausses dents au début) et Watson
se plaît en compagnie des deux jolies dames.
C’est malheureux que ce téléfilm
ait aussi peu de rapport avec l’œuvre
originale. Il est parfois dur et tragique, mais
il est surtout le plus déroutant et absurde
de la série. Il s’appuie sur les
croyances ancestrales de l’époque
mais les fans furent déroutés
par une intrigue où le rationnel n’a
pas sa place. Il est, évidemment, en
deçà des trois films précédents
et même du dernier mais, contrairement
à ce que j’ai pu lire ailleurs,
Jeremy Brett n'est, en aucun cas, responsable
de cet échec. Lorsque je lis que le point
faible de la série est Jeremy Brett…il
ne faut pas avoir peur du ridicule pour écrire
cela ! L’acteur s’est investi énormément
dans ce personnage, au détriment de sa
santé, et il donne une version la plus
fidèle possible. Il dépoussière
le personnage mal dégrossi d’anciennes
versions inégales…parfois un peu
trop comme ici.
o
Jeremy Paul, le scénariste du film :
« Le scénario final s'en éloigne
tant (de la nouvelle), qu'on peut le considérer
comme un pastiche de Holmes contenant seulement
quelques lambeaux du texte d'origine. »
o Peter Cushing devait interpréter le
rôle du prêtre mais sa santé
l’empêcha d’accepter.
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5.
LE MYSTÈRE DE GLAVON MANOR
(THE ELIGIBLE BACHELOR)


Lord
Robert Saint Simon vient demander l’aide
de Sherlock Holmes. Sa femme a disparu le jour
de leur mariage. Le détective, de santé
vacillante, va s’intéresser à
la particularité de cette affaire et
se rendre compte que ce noble célibataire
a déjà été marié.
Une femme voilée est au cœur du mystère.
Le
dernier film de la série, que je ne connaissais
que par les divers commentaires assassins le
concernant, n’est, certes, pas bon mais
je le préfère au Vampyre.
Les premières scènes sont inquiétantes
et laissent présager un bon spectacle
– femme en camisole embarquée de
force (qui rappelle Meurtre par décret)
et le brouillard à couper au couteau.
Holmes sombre ensuite dans des cauchemars horribles
et prémonitoires – fort heureusement,
on ne glisse pas vers l’irrationnel complet
comme dans le Vampyre mais on en n'est
pas loin – et ces scènes répétitives
(on a deux fois exactement la même) lassent
et démontrent qu’un film tiré
de l’œuvre de Conan Doyle étalé
sur 94 minutes a toujours, plus ou moins, des
longueurs. Holmes revoit les fameuses chutes
de Reichenbach et son combat avec Moriarty et
il avoue même qu’il regrette la
mort de cet adversaire à sa hauteur !
Une trop longue première partie montre
la déchéance du grand détective
jusqu’à le voir courir après
la dame voilée dans la rue en apparat
de nuit, scène consternante et affligeante.
Il
ne se passe pratiquement rien durant les trois
premiers quarts d’heure où le téléspectateur
est agressé d’images sans explication
; il ‘voit mais ne regarde pas’
! Souffrant d'une étrange mélancolie,
Holmes est tiraillé entre raison et hallucination.
Il expérimente des rêves prophétiques
inquiétants qui seront inexplicablement
connectés à l’enquête.
Je suis persuadé qu'en remontant le film,
en le coupant pour en faire un épisode
de cinquante minutes par exemple, il aurait
une autre 'gueule'. Il faudrait supprimer les
cauchemars, le passage de Holmes assis dans
le caniveau, la ménagerie dans le château
et l'histoire de la femme gardée sept
ans en captivité. L'intrigue, sans tout
cela, serait intéressante.
L’histoire
est ‘lancée’ après
la disparition de la mariée et la visite
du Lord va enfin précipiter (tout est
relatif) les choses. En fait, Holmes va vraiment
activer l’enquête dans les vingt
dernières minutes du film en se rendant
à l’hôtel pour rencontrer
le mari d’Henrietta. Le spectateur a,
contrairement à de nombreuses aventures,
la possibilité de deviner l’intrigue
bien avant la fin. Le mot, que remet la dame
voilée à Watson, révèle
que le Lord est au cœur de l’intrigue
; le personnage est encore plus détestable
que le maître chanteur Milverton, ce qui
n’est pas le cas dans la nouvelle.
The Eligible Bachelor, titre mieux
choisi que le français, Le Mystère
de Glavon Manor, n’a pas grand-chose
à voir avec la nouvelle de Doyle, The
Adventure of the Noble Bachelor. Je ne
me souviens pas de l’avoir lue mais la
femme défigurée à la fourchette
pour faire croire que c’est l’œuvre
du félin, c’est un peu gros ! La
femme enfermée comme une bête sauvage
pendant sept ans est également l’œuvre
des scénaristes. L’intrigue est
finalement assez simple, le Lord, criblé
de dettes, se débarrasse de ses épouses
riches successives en les tuant ou en les séquestrant.
Survient alors le problème que la dernière
en date reconnaît dans l’église,
lors du mariage, son mari qu’elle croyait
mort !
Le film est beaucoup trop lent, des passages
entiers pourraient donc être supprimés
pour en faire un épisode normal et on
a l’impression que le montage laisse parfois
à désirer. Il y a, néanmoins,
quelques bonnes scènes, Holmes en haut-de-forme dans les bas fonds de Londres, la crédibilité
historique dans la reconstitution des quartiers
victoriens et une belle photographie qui font
que cet épisode n’est pas un ratage
complet. À noter qu’il y a du grain dans
les scènes en obscurité ce qui
est rarement le cas pour cette série.
Le classement des films en ce qui me concerne
: The Sign of Four, The Master Blackmailer,
The Hound of the Baskervilles, The Eligible
Bachelor, The Sussex Vampyre.
o
Le film s’inspire de trois nouvelles
de Doyle, La Pensionnaire voilée,
L'Aristocrate célibataire et du Ruban moucheté pour les animaux
sauvages.
o Dans les derniers mois de sa vie, quand
Jeremy Brett parlait de ce film, il exprimait,
tout simplement par une énorme grimace,
son opinion. Quand il évoquait la scène
controversée dans sa dernière
interview, il avouait : "Oh, la scène
de la chemise de nuit ! Quelle abomination
! J'aimerais ne l'avoir jamais faite. Quand
je l'ai vue, j'ai mis ma tête dans mes
mains avec horreur. C'est si mauvais".
Plus que les critiques acerbes de la presse,
c’est la désapprobation de la
fille de Conan Doyle qui toucha profondément
l’acteur.
o Les éditions Éléphant
ont intitulé cet épisode The
Noble Bachelor en VO (alors que c'est
le titre du roman). Sur l'emballage, c'est
mieux mais...le titre a une faute d'orthographe
(elligible au lieu de eligible).
o C'est Lestrade qui est dans la nouvelle
et je pense que la présence du gallois
Colin Jeavons aurait donné un peu de
punch vu la transparence de l'inspecteur Montgomery
!
o Anna Calder-Marshall (qui joue le double
rôle des sœurs Helena et Agnes
Northcote) est la femme de David Burke, le
premier Watson de la série.
Crédits
photo : ELEPHANT FILMS.
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