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HORS
SERIE
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1. L'AFFAIRE DES TROIS
PIGNONS
(THE THREE GABLES)

  
Holmes
accepte d’aider une vieille dame qui est
harcelée pour vendre sa propriété.
Un manuscrit compromettant, écrit par
le petit-fils décédé de
la dame, est la clé du problème.
Malgré
les critiques négatives lues ça
et là, ce premier épisode est
très prenant. Des acteurs connus à
commencer par l'ex James Bond girl, Claudine
Auger, en croqueuse cynique de jeunes hommes.
Un peu défraîchie, elle incarne
à merveille le personnage et le cri
de folle, qu'elle pousse lorsqu'elle s'aperçoit
qu'il manque une page au manuscrit, est impressionnant.
C'est néanmoins Peter Wyngarde qui
m'a surtout marqué. Sinon, Susan déclarant
à Holmes d'un ton haineux : 'I see
you in hell first' fait froid dans le dos.
Les acteurs sont très brillants et
l'épisode est très bien filmé
sous des angles assez inhabituels. Jeremy
Brett s'est un peu empâté – dû
à la maladie – mais il personnifie toujours
un Holmes, certes vieillissant, mais toujours
crédible. Il se fait maltraiter par
un boxeur de couleur et il a toujours une
pointe d'humour ("He’s broken our
window".) Les deux meilleures scènes
sont la soirée costumée en nocturne,
où Holmes et Isodora Klein se toisent
pour la première fois, et la bagarre
entre Watson et le boxeur. La réplique
qui sied à Holmes pour terminer mon
impression sur ce très bon épisode:
'She isn't Moriarty. She's a woman.'
o
L'affaire des trois pignons fut le
troisième épisode tourné
mais le premier diffusé. Cela explique
que Jeremy Brett paraisse en meilleure santé
les épisodes suivants. Pendant le tournage
de cet épisode, en septembre ‘93,
l’acteur s'évanouit à
plusieurs reprises et il fut hospitalisé.
Pour terminer le tournage, il devait s'aider
d'un masque à oxygène pour respirer
entre les prises.
o La fille d'Edward Hardwicke, Emma, joue
dans cet épisode.
o C’est le dernier rôle de Mary
Ellis, alors âgée de 93 ans.
Elle faisait déjà partie de
la distribution
du dernier film, Le Mystère de
Glavon Manor, l’année précédente.
o Les amateurs de séries britanniques
auront reconnu Peter Wyngarde, le héros
de Département S et de l'épisode
sulfureux des Avengers, Le club de l’enfer.
Il a toujours des rôles ambigus et mystérieux
où il excelle.
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2.
LE DÉTECTIVE AGONISANT
(THE DYING DETECTIVE)

  
Une
jeune femme est inquiète pour son mari
manifestement sous l’emprise de son cousin.
À son décès, Holmes tient le cousin
pour responsable mais il n’a pas de preuve.
Cet
épisode tient en haleine jusqu’au
bout. Jeremy Brett n'est pas en pleine forme
mais, même empâté et fatigué,
il joue juste. Il a les mêmes tics et
manies. Holmes est plein de vigueur lorsqu'il
lance son monologue sous la fenêtre
de Smith en présence de la veuve éplorée
et de ses enfants. Il est également
amusant avec les trois enfants demandant à
l'un où il a mis ses chaussures. Un
peu comme L'homme à la lèvre
tordue, nous côtoyons deux mondes
différents : la classe aisée
et les pauvres, les bas-fonds, l'opium. Scène
triste quand la petite fille se rend compte
que son papa est mourant. Peu d'action mais
du suspense culminant dans la scène
finale et les répliques Holmes/Culverton
Smith. Elles sont cinglantes et cyniques et
pas toujours bien rendues en français
; par exemple le jeu de mots de Smith sur
'box' et son double sens (tribunal et cercueil).
On s’est déjà fait une
opinion et pour moi, le chercheur est coupable.
Par conséquent, on se doute que Holmes
est en train de ruser d'une façon ou
d'une autre en jouant le malade imaginaire.
Quelques détails ont attiré
mon attention : Polly avachie sur la table
et beurrée "comme un petit LU" ; le jeu
de glissade assez gnangnan, l'affiche au Stand
où on peut lire 'homme d'affairs' (sans
e). Un bon épisode où Jeremy
Brett, même diminué, est un Holmes
convaincant.
o
À la fin du tournage, l'équipe fêta
les 60 ans de Jeremy Brett. Peu de temps après,
l’acteur retomba malade avec un pronostic
très défavorable.
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3.
LE PINCE-NEZ EN OR
(THE GOLDEN PINCE-NEZ )


Sherlock
Holmes est confronté à un meurtre
où la victime tenait dans sa main un
pince-nez en or.
Une
histoire pas intéressante et sans Watson.
Les meilleures scènes sont les répliques
entre Holmes et son frère, Mycroft.
En particulier, lorsque Sherlock reconnaît
la loupe : ‘Father’s magnifying
glass, he gave it to you ? ; Ironic !’
Le meilleur passage de l’aventure ! Également
surprenant lorsque l’inspecteur Hopkins
demande à Mycroft, qui vient de se
moucher : ‘May I shake your hand ?’.
Sinon, je n’ai pas accroché à
cet épisode assez violent (surtout
le début) qui conte l’histoire
tragique d’une vengeance centrée
sur un fumeur invétéré.
Quelques exagérations comme la réaction
de la servante et la mort théâtrale
de la victime (on entend le cri plusieurs
fois). L’apparition de la suffragette
permet à l’enquête d’avoir
sa fausse piste mais ne relance pas l’intérêt
de l’épisode. Beaucoup de gros
plans sur Jeremy Brett montrent qu’il
est marqué et qu’il a pris du
poids, mais ses réactions et son emprise
sur le personnage restent identiques. The
professor, it was she !
o
Cet épisode est le premier en ordre
de production de la quatrième saison.
o Pas de Watson car Edward Hardwicke tournait
un film. C’est Charles Gray en Mycroft
qui seconde Holmes.
o
La caméra s'attarde sur l'imper du
policier de manière assez incongrue
lorsque Hopkins le retire à son arrivée
chez Holmes.
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4.
LE CERCLE ROUGE
(THE RED CIRCLE)

   
Holmes
s’intéresse à un locataire
italien qui ne quitte pas sa chambre. Le détective
est persuadé que l’affaire est
grave. Un couple a fui New York pour échapper
à la société secrète
du Cercle Rouge, mais celle-ci a des ramifications
dans le monde entier.
Un
excellent épisode où le suspense
est préservé jusqu’à
la fin. Après un début confus
qui se résume à la fuite éperdue
d’un couple vers l’Angleterre, Holmes
(en pleine forme) et Watson font équipe
pour l’occasion avec Scotland Yard mais
également avec la police de New York. Cet
épisode est un des préférés
de Jeremy Brett et la dernière scène,
où l'on voit Holmes très attristé
par la perte de son ami Firmani (personnage
inventé dans le scénario), fut
élaborée avec sa collaboration.
Les deux logeuses sont assez comiques et la
façon dont Holmes calme Miss
Warren (on dirait qu’il l’étrangle)
est surprenante. Quelques citations de Shakespeare
dans la bouche du détective sont à
noter. Les scènes sur le toit sont particulièrement
bien rendues. Après Les six Napoléons,
le banditisme italien est de nouveau à
l’honneur. De l’humour avec, entre
autres, la réplique de Holmes devant
le comportement larmoyant de Miss Warren : ‘Watson,
cope !’.
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5.
LA PIERRE DE MAZARIN
(THE MAZARIN STONE)


La
pierre de Mazarin, un diamant inestimable, vient
d’être volée dans un musée
londonien. Sherlock Holmes étant parti
dans les Highlands, Mycroft doit retrouver la
pierre car sa perte pourrait mettre en danger
l’Entente Cordiale. De son côté,
Watson doit s’occuper de deux vieilles
demoiselles…
Un
épisode un peu particulier vu…l’absence
de Sherlock Holmes, Jeremy Brett étant
malade. On a la même saveur que des spaghettis
Bolognese sans …spaghettis !! Deux brèves
apparitions de Jeremy Brett, au début
(il dit aller dans les Highlands) et à
la fin (‘Bravo, Mycroft’). Cette
aventure fait même penser au calamiteux
Homicide et vieilles dentelles des
Avengers avec les deux sœurs logeuses
qui ressemblent comme deux gouttes d’eau
aux tantes de Mother ! L’enquête
se fond vers un seul coupable mais cet épisode
n’est qu’une transition et présente
un intérêt très secondaire.
Charles Gray ne déçoit pas en
Mycroft et serait même excellent pour
une apparition limitée ; tenir un épisode
entier est autre chose. L’humour est présent
lorsque Mycroft attend, le verre de Sherry à
la main, l’arrivée de ‘Garrideb’
: ‘Not bad the Sherry !’ (Meilleure
scène à mon avis). La fin est
surprenante dans le mauvais sens du terme avec
des apparitions et disparitions de Mycroft saugrenues.
Fort heureusement et contrairement aux Avengers,
la série ne se termine pas sur cette
fausse note !
o
Il est évident que cet épisode
est, en fait, un mélange de deux nouvelles
de Conan Doyle ; Watson s’occupant des
trois Garrideb et Mycroft Holmes recherchant
la pierre de Mazarin (faut dire que Charles
Gray est un spécialiste des diamants
depuis Les Diamants sont éternels
!).
o
Les scènes avec Jeremy Brett furent
tournées plus tard.
À Noël, une jeune femme reçoit une
boîte en carton contenant deux oreilles humaines.
Holmes conclut à un double assassinat.
Un
superbe épisode clôt la série,
un des plus réussis toutes saisons
confondues. L’action se passe à
Noël (contrairement à la nouvelle)
mais l’enquête n’est pas,
loin s’en faut, un conte comme L'escarboucle
bleue. L’humour et l’horrible
se côtoient dans cette histoire où
trois sœurs jouent un rôle primordial.
L’humour par les décorations
de Noël qu’impose Mrs Hudson mais,
finalement, Holmes en fait de même avec
son matériel de chimie (‘Quite
charming’) et l’horreur de découvrir
des oreilles humaines en guise de cadeau de
Noël ! La séance de déduction
dans le jardin d’hiver est un grand
moment de l’épisode et laisse
déjà entrevoir la vérité.
Le second mystère qui se greffe à
l’enquête (celui des pilleurs
de cimetières) sied parfaitement au
climat général. Bien que nous
connaissions le coupable et la solution avant
la fin, les dix dernières minutes de
l’épisode sont prenantes, émouvantes
et terriblement violentes. La dernière
image fait froid dans le dos et justifie l’ultime
réplique de Sherlock Holmes alias Jeremy
Brett : ‘What is the meaning of it,
Watson ?’.
o
Jeremy Brett, malade, ne pouvait tourner qu’un
jour sur deux mais il personnifie le célèbre
détective à la perfection dans
cette ultime enquête.
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Crédits
photo : ELEPHANT FILMS.
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