
HORS
SÉRIE
|
Lors d’un cambriolage, Keller abat un jeune voyou en légitime défense. Cependant, l’arme est introuvable et l’inspecteur est suspendu. Mike Stone va se retrouver au milieu d’un drame familial pour innocenter son collègue.
Un bon départ pour cette seconde saison. Un père veuf n’admet pas que ses deux fils soient des délinquants et son désespoir est bien interprété par Michael Constantine. Stone, en policier aguerri, sert de conseiller à Keller, suspecté d’homicide involontaire et obligé de rendre son insigne et son arme. Le cambriolage est subtilement filmé de telle sorte qu’on ne sait pas très bien le nombre de voleurs ; quatre en fait. Karl Malden est en grande forme lors des deux poursuites à pied avec le même suspect. La première image des deux policiers en train de manger des sandwichs pas très proprement est cocasse.
o La scène du cambriolage se déroule à The Cannery, lieu très prisé à San Francisco. Construit en 1907 et rénové dans les années soixante, c’est aujourd’hui un endroit pour touristes avec ses restaurants et ses boutiques. Le bâtiment à trois étages (vu dans l’épisode) a été transformé en petits chemins et balcons qui entourent une place avec des oliviers plus que centenaires.
o
Deuxième épisode où
Keller roule en Porsche. Elle n’est
pas de la même couleur que celle vue
dans Beyond Vengeance. Amusant
de voir Stone observer la contractuelle
y placer une contravention.
o Dans cette seconde saison, Stone et Keller roulent en Ford Galaxie marron clair de 1973.
o Lors du cambriolage, un calendrier de juin 73 est très visible ce qui doit correspondre à la date du tournage.
o Michael Constantine (1927), d’origine grecque, a commencé sa carrière en 1957 et il fut récompensé en 2002 pour Mariage à la grecque.
Retour à l'index
Un financier a une richissime fiancée ravissante mais également une maîtresse, employée de banque, au physique ingrat. Cette dernière, follement éprise, réalise difficilement qu’elle a été utilisée après avoir reconnu son amant dévaliser la banque.
Martin
Sheen, en financier cupide et manipulateur,
est excellent. On se demande seulement pourquoi
il a gardé ce bracelet au poignet
pendant le hold-up ! Sous des apparences
naïves, la vieille fille délaissée
est prête à tout pour garder
un homme, même à le tuer !
Elle mène sa propre enquête
et surprend son amant par sa lucidité
et sa détermination dans un superbe
final ayant le Golden Gate pour toile de
fond. Les investigations sur le cambriolage
et le meurtre du gardien piétinent
jusqu’à ce que Keller fasse
preuve d’initiative. À ce propos,
on notera la pointe d’humour lorsque
Keller fait de la monnaie avec un dollar
emprunté à Stone pour passer
le coup de téléphone qui va
dénouer l’affaire. (Stone :
‘It’s a dime to you, a buck
for me’ faisant allusion à
la séquence précédente
près de la machine à café).
La fausse piste permet d’avoir une
bonne scène d’action avec des
seconds rôles de qualité, que
ce soit ce suspect ou le marchand de journaux
et le chauffeur de taxi dans d’autres
passages. Un seul bémol : comment
Stone peut-il avoir vu le bracelet sur la
vidéo de surveillance alors qu’il
a toujours besoin de lunettes ?
o Lieux de tournage : California Street, North
Beach, Hillsborough. Le final fut tourné
à Marin Headlands, célèbre
pour son panorama et la vue sur le Golden
Gate Bridge.
o La voiture de Stone et Keller sort du commissariat sur les chapeaux de roue pour se rendre sur les lieux de crime. Les images ont été prises à l’épisode pilote.
o Martin Sheen (1940) a joué dans pratiquement toutes les séries américaines à succès dès les années 60. Cette apparition dans Les Rues de San Francisco est coincée entre Cannon et Columbo. Il a tenu plus récemment la vedette dans la série À la maison blanche.
Retour
à l'index
En
quelques semaines, trois prêtres ont
été abattus après la
messe dominicale. Stone et Keller découvrent
que les hommes d’Église ont suivi
le même séminaire et qu’ils
furent responsables de l’éviction
d’un postulant. Ce dernier, dépressif,
n’a pourtant pas quitté l’hôpital
psychiatrique.
Excellent. L’épisode commence par l’assassinat d’un prêtre, ami d’enfance de Mike Stone, lors d’une confession mortelle et la scène suivante, où le policier va brûler un cierge, est très émouvante. Il précise que trois perspectives s’offraient alors à eux : ‘a crook, a cop or a priest.’[Escroc, flic ou prêtre.] Les seconds rôles, habitués des séries télévisées, donnent le change. Père Carey et surtout l’ultime cible, Père Driscoll, embellissent l’histoire. Peter Strauss interprète parfaitement le tueur schizophrène au canon scié dissimulé sous un imper.
L’enquête
débute par la découverte d’une
liste de prêtres ayant assisté
au même séminaire mais le principal
suspect, renvoyé, n’est pas
apte à commettre de tels actes. Il
séjourne depuis 19 ans dans un asile
et il s’occupe des roses, mais il
a fait un adepte. Pour débusquer
l’assassin, Stone devient prêtre
(la soutane va très bien à
Karl Malden) et le portrait-robot va relancer
l’enquête au point mort.
Le
dernier acte, en deux temps, est bien agencé.
D’abord, la messe est dite et les
policiers surveillent sans se douter que
Novack, le tueur, est déjà
caché dans le confessionnal. Stone
est blessé en s’interposant
et on a droit à une seconde scène
d’action au pied de l’immense
croix du Mount Davidson, théâtre
d’un passage clé de Dirty
Harry. D’ailleurs, la comparaison
ne s’arrête pas là :
Keller s’accroche à un bus
jaune mais il s’y prend moins bien
que Harry Callahan ! La musique grave est
bien choisie et il y a un excellent raccord
lorsque le tueur va faire sa troisième
victime ; on passe directement sur une vue
de la cloche de l’église et
de la voiture de Keller en arrière-plan.
Impensable avec les séries de nos
jours. Même dans un épisode
noir, l’humour n’est pas en
reste ; il suffit de voir le visage radieux
de Stone lorsqu’une (jolie) bonne
sœur l’appelle : ‘Père’
!
o Leif Erickson (1911-1986), Father Henry Driscoll, est connu pour la série western Chaparral, 97 épisodes (1967-71).
o Marshall Thompson (1925-1992), Father Carey, est connu pour la série animalière Daktari, 45 épisodes (1966-68).
o Peter Strauss (1947), le tueur, a participé à plusieurs productions pour la télévision dont Le riche et le pauvre.
o La carte de San Francisco sur le mur de la cabane de Novack est à l’envers (source : TV.com).
o
Lieux de tournage : l’église
catholique Saint Brigid, la Croix à
Mount Davidson.
o Le psychologue fait référence à l’étrangleur de Boston.
Retour
à l'index
4.
AVANT DE MOURIR
(BEFORE I DIE)

 
Un policier apprend qu’il est condamné à brève échéance. Avant de mourir, il décide d’abattre un truand sur lequel il enquête depuis un an et demi.
Un
épisode excessivement lent du fait
du thème principal. La seule véritable
scène d’action est une poursuite
en voitures de trois minutes qui se termine
par une explosion au tout début.
John T. Connor, qui n’a plus que quelques
temps à vivre, est magistralement
interprété par Leslie Nielsen.
Après 32 ans de service, il veut
abattre un gangster avant de mourir. Il
crève l’écran et sa
présence excède celles des
deux héros. Dans de longues scènes,
parfois fastidieuses, le policier s’entretient
successivement avec son médecin,
sa femme, son collègue et, finalement,
Mike Stone.
L’histoire
soulève l’épineuse question
des limites des pouvoirs de la loi, de la
justice et du dilemme qui consiste à
utiliser les services publics pour protéger
un truand. À ce titre, la fin, tragique
et inattendue, est très forte : le
coéquipier depuis 12 ans tue Connor
au moment où celui-ci allait passer
à l’acte. On ne sait donc pas
comment aurait réagi Stone.
o
Leslie Nielsen était le clochard Jake Wilson dans le dernier épisode de la première saison, La légion des épaves. Il reviendra dans un troisième épisode de la série.
o
Lieux de tournage : aux alentours de China
Basin pour la poursuite, le port et la scène
finale à l’hippodrome Bay Meadows.
Retour
à l'index
Un escroc minable cambriole un magasin et s’empare de deux sacs de billets appartenant au syndicat. Rapidement, il est pourchassé dans San Francisco par deux tueurs et la police. Rejeté de tous, il se réfugie à Alcatraz, son chez soi.
On suit avec plaisir mais aussi compassion
ce petit malfrat aux allures sympathiques
errer dans San Francisco à la recherche
d’une main tendue. Ayant raté
sa vie, il dit, anticipant ses ennuis : ‘Even
when I do something right, it’s wrong
!’ [Même quand je fais quelque
chose correctement, ça ne va pas !].
Sa femme et ses supposés amis le repoussent
et il trouve seulement du réconfort
lorsqu’il revoit son fils incognito
dans le parc et lui offre le panda en peluche
dans une scène touchante. Les deux
tueurs, lancés à ses trousses,
le poursuivent jusqu’à Alcatraz
dans un somptueux final. L’escroc n’est
pas un mauvais bougre et il mourra dans sa
cellule après avoir sauvé indirectement
Stone et mis l’argent en sûreté
dans la peluche, ultime clin d’œil.
C’est un peu choquant d’ailleurs
de voir Keller proposer 10% du magot à
la femme alors qu’elle a qualifié
son mari de : ‘Garbage’.
o
Lieu de tournage : la dernière partie de l’épisode est tournée à Alcatraz.
o
Cet épisode fut diffusé pour
la première fois aux USA le 11 octobre
1973 sur ABC ; il fut diffusé en France
sur Antenne 2 deux ans plus tard, jour pour
jour.
o Tom Bosley (1927) a commencé sa carrière en 1959. Il a joué dans deux autres épisodes de la série dont le pilote. Il est connu pour son rôle de Cunningham de Happy Days.
o Sheree North (1932-2005) fut engagée à ses débuts pour palier aux frasques de Marilyn Monroe. Elle décéda d’un cancer.
o
Milton Selzer (1918-2006), le commerçant
Beal, est connu de tous fans de séries.
D’après le livre Television
Guest Stars: An Illustrated Chronicle for
Performers of the Sixties and Seventies,
il est l’acteur qui a joué dans
le plus grand nombre de séries télévisées.
Citons Les Incorruptibles, Le Fugitif,
Les Envahisseurs, Chaparral, L’Homme
de Fer, Mission Impossible, Mannix, Kojak,
Cannon, Hawaii Police d’État,
Wonder Woman…
Retour
à l'index
6.
LE TIMBRE DE LA MORT
(THE STAMP OF DEATH)

 
Un
riche collectionneur de timbres est tué.
Un seul timbre, inestimable car unique, semble
avoir été dérobé,
à moins que cela soit justement ce
que le criminel veut faire croire à
la police.
Une
histoire très alambiquée qui
garde son mystère jusqu’aux
ultimes instants. Dès la scène
du début, trop longue, nous avons
connaissance de la substitution des planches
qui fait penser qu’un seul timbre
a été volé. En fait,
un expert faussaire doit transformer les
dix timbres dérobés en Magenta,
pièce unique, que nul ne sait où
trouver. L’assureur meurtrier semble
dominer la situation mais c’est sa
femme qui a, finalement, tout arrangé.
Alors qu’on se demande qui va rouler
l’autre, un troisième individu
profite de la situation. Le final entretient
le suspense, laissant croire que le malin
est le marchand de timbres mais c’est
finalement l’indic de Stone ! Un épisode
moyen car peu crédible et compliqué.
À noter un peu d’humour lorsque
Stone se rend sur les lieux du crime avec
les chaussures de bowling !
o
Earl Holliman (1928) se fit connaître
dès 1953. Il fut second rôle
dans quelques westerns de renom. En 1974,
il fut le partenaire d'Angie Dickinson dans
la série policière Sergent
Anderson.
o Jessica Walter (1941) a fait du théâtre et quelques films dont Un frisson dans la nuit. Elle est Evelyn, la femme qui persécute Eastwood dans son premier film en tant que réalisateur. Ce rôle lui valu d’être nominée pour le Golden Globe.
o On apprend que Keller collectionnait les timbres étant enfant.
o Lieux de tournage : Nob Hill, Union Square, The Tenderloin, Pacific Heights et The Breakwater à Ocean Beach (scène finale).
Retour
à l'index
Tel un gourou, un musicien manipule des groupies mineures pour qu’elles deviennent des prostituées dociles. Il en assassine trois qui peuvent lui poser des problèmes. Une quatrième aidera la police.
La
musique adoucit les mœurs ? Après
le tueur à l’harmonica (Beyond
Vengeance), voici le flûtiste
proxénète assassin. D’autres
points communs entre les deux épisodes
: le réalisateur est Virgil Vogel
et la fille de Stone, Jeannie, est présente
mais elle est moins active que lors de sa
première apparition, se contentant
d’acheter des sandwichs ! Le personnage
engendre d’ailleurs quelques longueurs
dont la scène où Stone, moralisateur,
énumère à sa fille
les statistiques de la criminalité
américaine mais le policier répercute
l’enquête sur elle et le passage
de la découverte du corps de la jeune
prostituée à la Marina est
fort. Il y aura deux autres cadavres sur
la plage ; Stone et Keller découvriront
que toutes les victimes habitent à
la même adresse et qu’elles
sont en possession de numéros de
cabines téléphoniques.
Le serial killer est froid (‘Kiss
me goodbye, Sarah’) mais moins impressionnant
que celui de Beyond Vengeance et
la fin de l’épisode est moins
spectaculaire. Les seconds rôles sont
des jolies filles accompagnées d’une
mélodie très agréable.
Une scène cocasse lorsque Stone se
fait racoler dans le parc, près de
la cabine téléphonique, et
palper le flingue ! Cette même prostituée
traitera les deux policiers de ‘Pig
!’.
o
Lieux de tournage : Marina, Union Square
(où Stone se fait aborder) déjà
vu dans l’épisode In the
Midst of Strangers, Ghirardelli Square
(près de la fontaine où Jeffers
joue de la flûte) et des hôtels
à Nob Hill. On aperçoit par
deux fois le fameux Golden Gate en arrière-plan
sur les scènes de meurtres.
o Deuxième des dix apparitions de Darleen Carr dans le rôle de Jeannie Stone.
o Ricky Nelson (1940-1985) était une idole de Rock and Roll dans les années 60 et 70. Il périt dans un accident d’avion avec sa fiancée et son groupe à la St Sylvestre à l’âge de 45 ans. Parmi ses rôles au cinéma, celui de Colorado dans Rio Bravo.
Retour
à l'index
8.
PAS D’INSIGNE POUR BENJY
(NO BADGE FOR BENJY)


Alors que Stone tente de résoudre un meurtre, Keller se rend au chevet d’un de ses indics blessé par balles.
Deux
enquêtes sans lien pour un épisode
pas captivant du tout. La première
histoire est en filigrane car tout se passe
au commissariat (comme dans les séries
actuelles) tandis que la seconde est banale
et incohérente. Comment peut-on laisser
un blessé à l’hôpital
sans surveillance après une tentative
d’assassinat ? L’informateur
a trouvé une piste et il a été
assassiné avant d’avoir pu
joindre la police. Sa fille essaie de le
venger à sa façon. Les seconds
rôles ne sont pas non plus convaincants.
Il reste, dans ces cas-là, l’excellente
musique et les somptueuses vues de la ville
toujours présentes dans cette série.
o
Argentina Brunetti (1907-2005) fait une
brève apparition au début
de l’épisode (elle sort ses
poubelles). Elle a fait un site à
son nom racontant les histoires passées
d’Hollywood peu avant son décès.
Son fils le continue. Elle a joué
dans l’épisode des Incorruptibles
: Le roi de l’artichaut.
o
William Watson (1938-1997) reprendra son
rôle du flic Dedini dans l’épisode Commitment.
o Lieux de tournage : San Francisco General Hospital.
Retour
à l'index
9.
L'OR MORTEL
(THE TWENTY-FOUR KARAT PLAGUE)

 
Quatre malfrats s’emparent d’un
fourgon blindé contenant de l’or.
Ce chargement est très radioactif, ce
qui n’empêche pas un membre de la
bande de sacrifier un de ses complices chargé
de la refonte en pièces.
Une
enquête minimale pour un épisode
moyen qui met surtout l’accent sur les
dissensions dans la bande des quatre. Anthony
Zerbe, irradié et condamné,
et, surtout, Vic Morrow, en criminel froid
et calculateur, sont d’excellents seconds
rôles. Les investigations n’avancent
pas car le portrait-robot ne ressemble à
rien et il faut un coup de téléphone
pour débloquer l’affaire qui
se conclut par une poursuite dans Chinatown.
o Lieux de tournage : California Northern University, Lombard Street, Marina.
o Vic Morrow (1929-1982) a joué dans de nombreuses séries dans les années 60 et 70. Il eut une fin tragique sur le tournage de Twilight Zone. Un hélicoptère s’abattit sur lui, le décapitant ainsi que deux enfants jouant la scène. Quelques instants plus tôt, il regrettait de ne pas avoir fait appel à une doublure pour cette scène.
o Anthony Zerbe (1936) a souvent joué
des rôles de méchants dans toutes
les séries américaines populaires
des années 60 et 70 dont cinq participations
à Mission : Impossible et
quatre à Mannix.
Retour
à l'index
10.
INFORMATION MORTELLE
(SHIELD OF HONOR)

  
Un témoin capital dans l’enquête sur un membre du syndicat est abattu dans les bâtiments de la police. Le tueur a bénéficié de renseignements de l’intérieur. Deux policiers sont suspectés mais Stone et Keller ne sont pas du même avis.
Après
une entame mouvementée dans les
locaux même de la police, l’action
fait place à l’enquête
pour retrouver le tueur blessé
et à quelques fausses pistes
pour piéger l’informateur
interne car peu de personnes connaissaient
l’existence du témoin.
Stone : ‘There is only one answer,
Buddy Boy. Someone in the department.’
Quatre officiers sont suspectés
de ‘fuite’ mais un flic
expérimenté et une femme
policière sont en première
ligne. Stone et Keller font équipe
avec des partenaires divers pour débusquer
le coupable. Stone ‘défend’
Bondini, son alter ego, tandis
que Keller ne peut voir Drea McCormick,
la jeune recrue avec laquelle il a fait
l’école de police, responsable
d’un tel acte. Une belle prestation
de Mariette Hartley dans le rôle
de la femme flic dupée par son
beau-frère. Elle a un échange
intéressant avec Keller au sujet
des différences hommes/femmes
pour l’avancement de carrière.
Finalement, la clairvoyance de l’expérimenté
lieutenant Stone triomphera grâce
à un subtil piège téléphonique.
o Steve Keller et Drea McCormick sont sortis ensemble de l’école de police trois ans auparavant. Keller l’a même invitée, à l’époque, dans un lieu appelé... Conspiracy. On apprend que McCormick était très bonne au tir et qu’elle a terminé dans les dix premiers. Par contre, Stone demande à Keller son classement et celui-ci s’en tire par une pirouette.
o
Mariette Hartley (1940) a débuté
sa carrière en 1962 et elle est
familière pour les amateurs de
séries US. Vue dans Le Virginien,
Peyton Place, Cimarron, Bonanza, Mannix,
Le Sixième Sens, Gunsmoke, Section
Contre-Enquête, Columbo, Cold
Case, Law and Order. Elle a participé
à un autre épisode de
la série, Cry Help !
o Peter Mark Richman (1927), le lieutenant Vince Bondini, a joué dans plus de 500 productions télévisées.
o
Lieu de tournage : The Water Gate Condominium
à Emeryville, où se trouve
l’appartement de la petite amie
de Cahill, le proxénète
témoin assassiné, est
toujours un complexe d’appartements
assez prisé.
o Le parking du SFPD, vu au début de l’épisode, a servi pour quelques scènes du deuxième volet des aventures de L’Inspecteur Harry, Magnum Force. Dans l’épilogue, Keller montre le mémorial dédié à tous les policiers tués en service. Il se trouve dans le Hall of Justice de San Francisco et il constitue la première scène du film, Dirty Harry.
Retour à l'index
11.
LES VICTIMES
(THE VICTIMS)

  
Trois prisonniers s’échappent d’un pénitencier et sèment la mort sur leur passage. Keller, en conflit avec sa petite amie du moment, n’est pas au diapason de l’enquête menée essentiellement par Stone.
Une
des plus violentes histoires jusqu’à
présent. Henry Silva personnifie
parfaitement cet assassin impitoyable qui
supprime tous les gens que le trio croise.
Années 70 obligent : les scènes
dures sont simplement suggérées
(étranglement du vendeur, massacre
du couple de retraités, viol). Le
personnage de Connie, petite amie de Keller
et journaliste culinaire (!), caricature
une partie de l’opinion publique pour
laquelle toute personne, quels que soient
ses actes, reste un être humain. En
opposition, bien entendu, avec la femme
d’une victime : ‘I want you
to kill them.’
Finalement, Mike Stone ouvre les yeux de l’oie blanche naïve et exaspérante, qui défend les droits des criminels, sur le métier de policier et agit, de ce fait, comme Harry Callahan ! Le titre de l’épisode met d’ailleurs l’accent sur ce point, privilégiant les victimes aux assassins. Ces derniers ne sont pas ménagés par le scénario ; le témoin récalcitrant est comparé à une victime et un des évadés se fait lyncher dans une station service. Le final dans le zoo est un peu décevant, en particulier la fastidieuse mise en place des voitures de police autour de la cabane.
o Lieux de tournage : Marin County, San Francisco
Zoo, General Hospital. Le Golden Gate (début)
et Alcatraz (épilogue) sont en arrière-plan.
o Steve Keller n’a pas de cravate dans cet épisode !
o
Henry Silva (1928) a souvent joué
des rôles de maniaque et de sadique
aussi bien aux États-Unis qu’en
Europe.
o
Jo Ann Harris, la petite amie de Keller,
sera une des vedettes de la série Section Contre-Enquête (Most
Wanted) avec Robert Stack en 1976.
Elle est également l’auto-stoppeuse
de l’épisode 45 Minutes
From Home – Mésaventures de la saison 1.
Retour à l'index
12. LES FUGITIFS
(THE RUNAWAYS)


Trois enfants sont livrés à eux-mêmes depuis le décès de leur père. Pour soigner sa petite sœur malade, l’aîné cambriole une pharmacie et tue accidentellement le propriétaire.
Cet épisode est un drame de la société
et non une enquête policière.
D’ailleurs, Stone et Keller retrouvent
le squat où vivent les enfants
très rapidement grâce à
un témoin. L’histoire souligne
les incohérences du système
judiciaire et les tragédies auxquelles
sont confrontés des orphelins après
leur placement. Beaucoup de longueurs, Keller
et la serveuse du café par exemple,
et une certaine maladresse dans le scénario
; le grand frère prend la juge en otage
dans l’espoir de l’échanger
contre sa petite sœur, malade et à
l’hôpital. La meilleure scène
est justement entre Stone et cette petite
fille qui déjoue les questions du lieutenant
concernant son grand frère : ‘You
don’t look like a doctor.’ Il
y a une seule véritable scène
d’action lorsque Keller localise d’un
hélicoptère la planque des deux
frères. Un thème similaire est
évoqué dans le cinquième
épisode de la première saison, Whose Little Boy Are You ? – Une
adoption illégale.
o Lieu de tournage : The Old Windmill dans le parc Golden Gate (planque des jeunes et théâtre de la séquence finale).
o Jeanette Nolan (1911-1998), la juge Millie Cox, a joué dans plus de 300 séries télévisées. Elle fut nominée quatre fois aux Emmy. Elle a un rôle récurrent dans Le Virginien.
o Larry Wilcox (1947) est Jon Baker dans la série Chips.
o Kent Smith (1907-1985) est Edgar Scoville, un ami de David Vincent, dans 13 épisodes des Envahisseurs.
Retour
à l'index
13.
LE TROISIÈME ÂGE SE REBIFFE
(WINTERKILL)

 
Désireux de financer la coûteuse opération de la cataracte d’un de ses amis, un retraité fait chanter une vieille connaissance millionnaire en déposant dans ses bâtiments d’entreprise quatre bombes qui doivent exploser toutes les deux heures.
Cet épisode est une critique acerbe
du système d’assurance maladie
aux États-Unis, particulièrement
pour les personnes âgées. Comme
la précédente, cette aventure
est plus ‘sociale’ que policière,
mais elle présente des attraits absents
dans The Runaways. Bien que sommaire,
une enquête est effectuée (l’homme
au fauteuil roulant) et l’humour embellit
l’épisode. Ainsi, Stone doit
payer les hot-dogs froids et il ne donne pas
de pourboire (jeu de mots en VO car tip signifie également ‘tuyau’)
et la résidente de la maison de retraite
profite que Keller fouille la chambre à
la recherche d’indices pour la visiter,
au cas où elle serait prochainement
libre ! La descente de la bombe en ascenseur
laisse planer un peu de suspense. Tel Robin
des Bois (Jesse James est mentionné
dans l’épisode), Wade Tillman,
interprété par Paul Fix, symbolisait
déjà dans les années
70 les laissés-pour-compte de la société
US. La fin est moralisatrice et l’obtus
millionnaire devient humain. Une histoire
qui a dû faire réfléchir
un grand nombre de personnes âgées.
o
Paul Fix (1901-1983) est apparu dans plus
de 300 films. Ami de John Wayne, il est surtout
connu pour son rôle de shérif
dans la série L’Homme à
la Carabine avec Chuck Connors.
o Denver Pyle (1920-1997) était, comme
Paul Fix, un grand ami de John Wayne et il
joua dans beaucoup de ses films : Les
Cavaliers, Alamo, L’Homme qui tua Liberty
Valance, Les Cordes de la potence. Un
de ses plus grands rôles est, néanmoins,
celui du shérif dans Bonnie and
Clyde.
o Mike Stone fait référence à son grand-père pour expliquer les duretés de la vie.
o
Stone et Keller jouent aux échecs dans
le bureau. Stone : ‘One dollar fifteen
for two cold hot-dogs !’
Retour
à l'index
14.
LA VILLE EST UNE JUNGLE
(MOST FEARED IN THE JUNGLE)

 
Une jeune femme, qui vient d’accoucher, est persuadée que son bébé, déclaré mort-né, a été kidnappé. Elle va se retrouver au cœur d’une machination.
On ne quitte pas le ‘social’ pour la troisième fois consécutive dans un épisode moyen qui présente néanmoins de très bons passages. Kitty Winn est convaincante en mère désespérée, mais déterminée, avec un passé psychiatrique. Elle a un fort temps de présence comparé au détective véreux qui doit se contenter de deux scènes majeures dont la meilleure de l’épisode, la poursuite spectaculaire sur les toits. L’histoire pose les problèmes de l’avortement et de l’adoption ; certaines femmes désireuses d’avorter étaient convaincues de mener à terme leur grossesse afin de procéder à des adoptions lucratives. Barbara retrouvera son bébé mais elle sera internée après avoir tué, accidentellement, une personne et blessé deux autres. Le dénouement est fastidieux même si la dernière image de l’épilogue a une forte charge émotionnelle.
o
Kitty Winn (1944) est connue pour Panique
à Needle Park (où elle
fut récompensée à Cannes)
et le rôle de Sharon Spencer dans L’Exorciste (I et II). Elle ne tourne pratiquement plus
depuis son mariage en 1978.
o Joel Fabiani (1936), le détective véreux, est surtout connu pour son rôle de Stuart Sullivan dans la série Département S.
o
Le nouveau-né est ‘vrai’
(image d’archives) contrairement à
de nombreuses productions qui filment un bébé
de quelques jours dans ce genre de situation.
o À leur première apparition,
Stone et Keller sortent du café/restaurant
Mama’s on Washington Square. Celui-ci
existe toujours et il a à peine changé.
o On apprend que Keller a rompu avec Connie, sa petite amie de l’épisode 11, The Victims. Autant de temps pour se rendre compte qu’elle n’était pas compatible avec le métier de ‘cop’….
o Référence à Sherlock Holmes lorsque Keller découvre qu’une page du répertoire à la lettre H a été arrachée. Stone : ‘That is great, Sherlock !’.
o Stone devient de plus en plus ‘gâteux’ lorsqu’il évoque sa fille, Jeannie, vue dans plusieurs épisodes, ‘capable de pleurnicher et d’utiliser deux paquets de kleenex’ pour un film triste au cinéma !
Retour à l'index
Stone est victime d’un coup monté et soupçonné d’avoir descendu un collègue infiltré dans le milieu de la drogue. Keller et le ‘department’ doivent faire la lumière sur une affaire qui remonte à une douzaine d’années et dans laquelle un policier semble être impliqué. Pour cela, un témoin doit être retrouvé avant les tueurs.
Cet
excellent épisode, aux multiples rebondissements,
est servi par de très bons seconds
rôles connus, pour la plupart, des habitués
des séries. L’intégrité
de Stone est mise en doute par un nouvel inspecteur
fraîchement débarqué tandis
que les indices s’accumulent contre
le lieutenant. Tombé dans le piège
d’un rendez-vous, son arme a tué
un collègue et même sa fille
contribuera, involontairement, à sa
mise à pied. On apprendra finalement
que le flic abattu a été ‘vendu’
par une junkie, amie d’enfance
! Le sérieux de l’histoire n’empêche
pas l’humour. Keller est étonné
de recevoir un appel : ‘Why me, not
you ?’. Stone : ‘Because I probably
don’t know the lady !’ [Parce
que je ne connais probablement pas la dame
!].
On
voit à peine le ponte du syndicat mais
les tueurs et même le flic corrompu
compensent largement par leur mine patibulaire. What cop ? [Quel flic ?]. On peut
le deviner avec l’indice, le numéro
de la chambre, qui traîne sur le bureau
de Keller. Surprenant car le policier ripou,
collègue de Stone depuis onze années,
avait déjà participé
à une enquête de cette saison
! Les nombreux personnages et les diverses
pistes, engendrées par la recherche
du témoin, le flic véreux et
l’implication de Stone dans un meurtre,
font de cet épisode complexe une des
meilleures histoires de la seconde saison.
o Lieu de tournage : port de San Francisco.
o
Dans un passage émotionnel, Mike Stone
évoque pour la première fois
sa femme décédée et l’hypothèque
qui lui a permis de garder la maison ; grâce
à la police d’assurance de sa
femme et non ses économies comme Jeannie
le croyait.
o Geoffrey Deuel (1943) fait une apparition remarquée en inspecteur Glenn Decker. La physionomie de l’épisode laisse penser que le personnage reviendrait. Il n’en fut rien.
o Troisième des dix apparitions de Darleen Carr dans le rôle de Jeannie Stone, la fille du lieutenant.
o Tyne Daly (1946) est l’inspecteur Kate
Moore du troisième volet des aventures
de Dirty Harry, L’Inspecteur ne
renonce jamais (1976). Elle est aussi
Lacey dans la série Cagney &
Lacey. Elle fait ici une apparition de
moins de trois minutes dans le rôle
de la femme du policier abattu.
o
William Smith (1933), un des tueurs, est célèbre
pour le rôle de Falconetti dans Le
Riche et le Pauvre. Son physique lui
a fait pratiquement toujours jouer des rôles
de méchants. Il excelle dans les sports
de combat et il parle cinq langues.
o William Watson (1938-1997) était déjà le flic Dedini dans l’épisode No badge for Benjy.
Retour
à l'index
16.
LA CHAPELLE DES DAMNÉS
(CHAPEL OF THE DAMNED)

  
En rentrant chez elle, une jeune fille est kidnappée. Stone et Keller orientent leur enquête vers le petit ami, récemment sorti de prison, mais ils sont surtout très intrigués par le comportement d’une médium, relation et conseillère de la mère de la jeune fille.
Un
banal enlèvement va devenir une affaire
complexe par la présence d’une
voyante, amie proche de la famille. On reste
circonspect sur les facultés de cette
femme à fournir des indices qui s’avèrent
exacts tout au long de l’enquête.
Le suspense est ainsi magistralement maintenu
jusqu’au dénouement où
le piège de la mallette est néanmoins
un peu ‘léger’. Les deux
policiers ne sont pas dupes et privilégient,
bien entendu, une solution rationnelle. D’ailleurs,
les commentaires de Keller sur la voyante
et ses dons sont des plus cocasses et constituent
un attrait de l’aventure. En fait, un
excellent moyen de ‘contrôler’
les investigations tout en éliminant
des complices devenus gênants !
Sinon, l’épisode est bien filmé et ménage des effets de surprise (l’enlèvement de la fille dans le parking, le suspect dans le cube de glace, le complice abattu d’un coup de fusil). La meilleure scène est tournée à l’aéroport où, une fois n’est pas coutume, Stone et Keller se font berner lors de la remise de la rançon (Admirez Keller avec ses lunettes de soleil !). Le ciel gris et la pluie ne sont pas non plus habituels à la série…
o
Signe Hasso (1910-2002), la voyante, est née à Stockholm et elle était une actrice de renom.
o Diana Douglas (1923), la mère naïve de la jeune fille kidnappée, n’est autre que la mère de Michael Douglas. Il y a très peu d’échanges et de plans avec la mère et le fils pendant l’épisode.
o
Lieux de tournage: Hôtel Atlanta, 92
7th Street, l’aéroport de San
Francisco.
o The
Chapel of the Mind (mot à mot : "la
chapelle de l’esprit") est le nom
de la petite secte de la voyante.
Retour
à l'index
17.
SANS ISSUE
(BLOCKADE)

  
Une
jeune serveuse a été violée
et assassinée. L’astuce qui a
provoqué la panne de sa voiture met
indirectement Stone et Keller sur la piste
du tueur. Ce dernier, aux abois, se rend chez
son complice et prend toutes les personnes
présentes en otage.
Cet
épisode, prometteur, déçoit
sur quelques scènes mais on reconnaît
néanmoins la patte du réalisateur,
Virgil W. Vogel, synonyme d’histoires
noires bien menées et teintées
de violence suggérée. À
partir d’un indice minime, l’enquête
est (trop) rapidement résolue et
cette aventure pêche par sa seconde
partie, presque en huis clos, qui n’en
finit pas ! La présence ennuyeuse
de la fille du juge et la radio déblatérant
des actualités concernant le Royaume
Uni (!) sont les raisons de certaines longueurs.
Sinon, les seconds rôles sont impeccables
: Don Stroud est le parfait salopard, Ida
Lupino, une mère dépassée
par les évènements très
convaincante et Charles Martin Smith, un
rejeton influençable. La serveuse
agressée dans la scène initiale
est jouée par Cheryl Ladd (encore
Stoppelmoor à l’époque)
qui deviendra une drôle de dame quelques
années plus tard. À noter
la touche d’humour lors de l’épilogue
: Stone fait remarquer à Keller que
la balle, qui l’a blessé superficiellement,
a bousillé une de ses vestes bizarres.
‘It ruined one of your funny jackets
!’.
o Cheryl Ladd (1951) est la fille de l’acteur Alan Ladd. Elle avait une dizaine de petits rôles à son actif avant de tourner dans cet épisode. Elle devint célèbre grâce au rôle de Kris Munroe dans 90 épisodes des Drôles de dames (1977-1981). Elle fut aussi Grace Kelly dans un téléfilm du même nom.
o Ida Lupino (1914-1995) eut de grands rôles
dès les années 40 comme dans La Grande Évasion avec Humphrey
Bogart en 1941. Elle se tourna ensuite vers
la réalisation puis la télévision
où elle mit en scène des épisodes
des Incorruptibles et du Fugitif.
o
Don Stroud (1943) était un des meilleurs
surfeurs au monde. Il joua souvent, comme
dans cet épisode, des rôles
de salopard à l’écran.
Il est le criminel Ringerman poursuivi par
Coogan/Eastwood dans Un shérif
à New York. Également
vu dans Police sur la ville avec
Richard Widmark et dans de nombreuses séries
policières. Dans la vie, c’est
différent : après le crash
d’un petit avion, il sauva la vie
d’un pilote et il perdit l’usage
d’un œil en secourant un homme
agressé à Greenwich Village
au début des années 90.
o Don Stroud a déclaré qu’il avait vraiment apprécié de tourner avec Ida Lupino et Patty Mc Cormack, des actrices accomplies.
o Lieux de tournage : The Cliff House (ce restaurant, réputé pour son superbe panorama, existe toujours), Stow Lake, quartiers de Potrero et Marena, l’aéroport San Carlos et la prison de San Quentin.
o Mike Stone évoque sa fille, vue dans plusieurs épisodes, au père de la jeune serveuse assassinée.
o On aperçoit nettement la doublure de Don Stroud lors de la poursuite à moto.
Retour
à l'index
18.
PRÉMÉDITATION
(CROSSFIRE)

   
Depuis
une semaine, un tireur sème la panique
sur un campus universitaire. Stone et Keller
parviennent à trouver un lien entre
les deux dernières victimes : un professeur
tué et une étudiante blessée.
Une
enquête palpitante et mouvementée
malgré une histoire banale : une
femme engage un tueur pour éliminer
son mari volage et sa rivale. Les cinq premières
minutes sont de l’action pure sur
une musique toujours excellente. Le tout
premier plan sur l’église puis
le tireur d’élite et, finalement,
les douilles retrouvées sur le toit
font penser inévitablement à
la séquence d’ouverture de Dirty Harry. La tension monte par
de nombreux rebondissements : le coup de
téléphone inquisiteur de Keller
qui confond Peggy, l’arme militaire
qui incrimine le soldat et finalement la
veuve qui reçoit un appel du tueur.
De
très bons seconds rôles servent
l’histoire : Pamela Franklin est Peggy,
l’étudiante énigmatique,
Celeste Holm, la femme bafouée et
déterminée (très belle
prestation dans la scène explicative)
et Nick Nolte, convaincant dans le rôle
très bref d’un prisonnier récemment
libéré du Vietnam.
L’épisode
fait la part belle aux échanges,
caustiques, entre les deux policiers. Ainsi,
Keller fait référence au best
seller du professeur abattu intitulé Sex et Stone, pas convaincu par
le côté psychologique de l’œuvre,
préfère attendre l’adaptation
au cinéma : ‘I think I’ll
wait for the movie !’. Dans la même
séquence, Keller est agréablement
surpris que Stone lui laisse le choix entre
rendre visite à la veuve ou à
la jeune étudiante. Au retour de
San Diego, Stone trouve Keller en compagnie
de deux hôtesses ce qui lui fait dire
qu’il voyage toujours en première
classe quel que soit le billet. En route
pour l’aéroport, Keller demande
à Stone qui lui ordonne d’accélérer
: ‘You’re going to pay for my
ticket ?’. Stone, surpris par les
mœurs ‘modernes’ de l’étudiante,
sera plus vif à confondre la veuve
qui symbolise le côté jaloux
du triangle dans de telles histoires. Il
justifie ainsi sa maxime envers son jeune
collègue : ‘I’ve got
the time, you’ve got the energy’.
[J’ai le temps et toi, l’énergie].
Pour finir, il convient de ne pas oublier
la superbe séquence de la pizza…
sans anchois. Stone : ‘What, no anchovies
?’
o
Pamela Franklin (1950), actrice britannique,
fit ses débuts à l’âge
de 11 ans. Cette jolie brunette est apparue
dans de nombreuses séries policières
américaines et dans quelques films
dont La Nuit du lendemain. Elle
a cessé sa carrière au début
des années 80 et vit maintenant à
Hollywood.
o
Nick Nolte (1941) n’était pas
connu au moment de cet épisode. Il
n’avait qu’un épisode
de Canon à son actif et
il ne figure pas dans les ‘guest stars’.
Il devint célèbre grâce
à la série Le Riche et
le Pauvre en 1976.
o Lieux de tournage : le campus fut filmé à l’université de San Francisco, le quartier Pacific Heights qui, perché sur une colline, offre de beaux panoramas sur la ville et l’aéroport de San Francisco.
Retour à l'index
19.
LIBERTÉ SUR PAROLE
(A STRING OF PUPPETS)

 
Steve Keller se fait passer pour un détenu libéré sur parole afin d’infiltrer un gang de malfrats dirigé par leur contrôleur judiciaire.
Difficile
de s’enthousiasmer pour cet épisode
après quatre aventures très
bonnes ou excellentes. Keller est transformé,
avec perruque et moustache, et sa garde-robe,
inspirée de Serpico, sort
tout droit d’un sac poubelle. En
rentrant de vacances (en Porsche), il
est aussitôt infiltré dans
le gang comme perceur de coffres sachant
jouer du saxo ! Une enquête peu
conventionnelle avec de bons seconds rôles,
Claude Akins, le contrôleur pourri,
et Lola Falana, la chanteuse, mais le
scénario comporte de nombreuses
invraisemblances. Ainsi, miss Sterling
ne découvre la clé glissée
dans sa poche qu’au troisième
acte (après une demi-heure d’épisode)
et elle appelle Mason avant d’avoir
écouté entièrement
la cassette. C’est également
déconcertant de voir Hari Rhodes
en truand, même brièvement,
alors qu’il fut laborantin du SFPD
la saison précédente et
qu’il sera officier de police dans
la dernière ! Un peu d’humour
lorsque Stone demande à Keller,
encore infiltré, de quel côté
il veut recevoir le coup de poing et quand
le jeune inspecteur, toujours amoché,
se plaint des brutalités policières
de Stone dans l’épilogue
!
o Claude Akins (1926-1994) est apparu dans une centaine de films et plus de 180 séries télévisées en 40 ans, principalement dans des rôles de vilains. Il débuta dans Tant qu’il y aura des hommes en 1953. Acteur sympathique, il était un grand joueur de golf.
o
Lola Falana (1942) est une chanteuse qui,
après des années de galère,
devint l’artiste la mieux payée
de Las Vegas, ce qui lui valut le surnom
de ‘First Lady of Las Vegas’.
o
Hari Rhodes (1932-1992) a joué
dans sept épisodes de la série.
Il a un rôle récurrent dans Section Contre-Enquête (Most Wanted) avec Robert Stack.
Il a joué aussi dans Daktari.
o Étonnant de lire que la sortie
DVD de la troisième saison est
bloquée à cause des droits
de chansons. Dans cet épisode,
Lola Falana chante à trois reprises
dont Hey Jude !
o Helen, la femme décédée de Mike Stone, est évoquée lorsque les raisons de la culpabilité de Mason, veuf depuis peu, sont passées en revue.
o Lorsque Stone montre sa carte de police à miss Sterling (voir capture), elle indique qu’il a l’étoile 2248 mais la plaque, juste en dessous, porte le numéro 897 ! Par contre, Donald M Scott était véritablement le chef de la police de San Francisco à l’époque.
Retour
à l'index
20.
LE FEU DANS LA VILLE
(INFERNO)

 
Des hommes d’affaires au bord de la faillite payent un certain Jason pour incendier leur entrepôt et toucher ainsi la prime d’assurance. Le fils d’un entrepreneur a perdu d’énormes sommes au jeu et ne peut payer l’incendiaire.
Un
épisode tout à la gloire
des pompiers de la ville de San Francisco
; le début est truffé
d’images d’archives et on
assiste à un défilé
de beaux camions rouges ! [Some
part of San Francisco is always burning.]
On ne reconnaît pas le style de
Virgil W. Vogel, le réalisateur
le plus prolifique de la série,
souvent habitué aux tueurs psychopathes.
L’intrigue est banale, les seconds
rôles pas inoubliables (Barry
Sullivan est malheureusement sous employé)
et l’action est seulement présente
dans la poursuite finale en voitures
mais Frisco en a vu d’autres mieux
agencées. Stone vient au secours
de son coéquipier, piégé
dans un entrepôt de revues pornographiques
en flammes ! Alors que le pyromane a
péri par le feu, la dernière
réplique entre les deux policiers
éclaire sur leur point de vue
respectif. Stone tend à penser
que justice est faite tandis que Keller,
en anti Dirty Harry, déclare
: ‘Not my kind of poetry.’
Un peu d’humour lorsque Stone
commande du chili pour le petit déjeuner
et qu’il reçoit ses pyjamas
dans un carton dans l’épilogue…
sans oublier Keller qui essaye une veste
de clown à la mode dans les années
70 !
o Barry Sullivan (1912-1994) a joué
dans quatre autres épisodes de
la série dont Deadline (saison 1).
o Glenn Corbett (1933-1993) a un rôle récurrent dans Dallas.
o Kaz Garas (1940) est un habitué des rôles de salopard dans la série. Il est l’assassin d’un enfant dans The Albatross (saison 1).
o Lieux de tournage : les entrepôts Haslett, Carmen’s restaurant où Stone prend son petit déjeuner (il existe toujours), The Rincon Annex Post Office.
Retour
à l'index
21.
LA MAUVAISE GRAINE
(THE HARD BREED)

 
Lors
d’un rodéo, un cowboy est
piétiné à mort
par un taureau. La corde a été
sectionnée et Stone se retrouve
avec deux suspects : la femme pour l’assurance
et le frère… pour la femme
qui était son ex petite amie
!
Un whodunnit dans le monde un
peu particulier des cow-boys et du
rodéo. L’enquête
est confinée dans un milieu
qui a des règles violentes
et singulières. Après
un début poussif, l’histoire
s’emballe dans les vingt dernières
minutes ; il y a huit minutes fastidieuses
au milieu de l’épisode
où les deux policiers n’apparaissent
pas. Le suspense est maintenu et les
pistes brouillées assez subtilement
pour aboutir sur un drame de la jalousie
inattendu car, finalement, extra familial.
Steve Keller aura le déclic
pour résoudre l’affaire.
Les acteurs sont très bons
car ils proviennent, pour la plupart,
du monde des cow-boys et ils ont un
grand nombre de westerns à
leur actif.
Un
épisode marquant (je m’en
souvenais 30 ans après l’avoir
vu) malgré son peu d’action.
Cela est sûrement dû à
l’intrigue inhabituelle (un
accident est maquillé en meurtre)
et à la fin captivante dans
l’enclos. Sinon, on oubliera
les chemises aux couleurs criardes
du cow-boy, pires que certaines vestes
de Keller, et la petite amie de ce
dernier sortie du Wyoming et qu’on
ne reverra heureusement pas.
o Noah Beery Jr. (1913-1994) commença
sa carrière dès 19 ans.
Il tourna dans de nombreuses séries
western des années 60 et 70
dont Hondo (1967). Il est
surtout connu pour la série The Rockford Files (Deux
Cents Dollars Plus les Frais)
avec James Garner (1974-1980).
o Sam Elliott (1944) interpréta principalement des rôles de cow-boy dans des westerns (également dans cet épisode) ; son premier rôle fut dans Butch Cassidy et le kid.
o Jim Davis (1909-1981) est resté célèbre pour son rôle dans Dallas.
o Lieu de tournage : The Cow Palace.
o Les doublures de Michael Douglas et Noah Beery sont visibles dans la scène finale.
Retour
à l'index
22.
EXPÉDITION PUNITIVE
(RAMPAGE)

  
Quatre
hommes deviennent justiciers pour nettoyer
le quartier des revendeurs de drogues.
Lors d’une de leurs descentes,
un indic est assassiné et un
des ‘vigilantes’,
ami de Keller, a été reconnu.
Sa femme subit des pressions de la part
des trafiquants qui attendent une livraison.
L’épisode
débute par une (trop) longue
scène sans parole qui aboutit
au saccage d’un bar louche et
au meurtre d’un indic. La police
soupçonne les quatre vigilantes (à noter : la parité
noir/blanc) et elle ne démasquera
le coupable que dans la dernière
partie. L’enquête permet
une incursion dans les boîtes
malfamées de Frisco mais le
quartier semble néanmoins calme
et résidentiel comparé
aux équivalents new yorkais.
L’épisode soulève
l’épineux problème
des groupes de vigilantes à la mode dans les années
70 (le film Magnum Force est basé sur ce thème)
et la confrontation entre Keller et
son ami d’enfance, qui ne croit
pas à l’efficacité
de la police, est très forte.
Le côté anti Harry de Keller est nettement mis en avant
lorsqu’il déclare avoir
participé avec son ami de couleur
aux marches des Freedom Rights.
Le politiquement correct étant absent à l’époque, la mise en scène permet au spectateur de prendre parti sans restriction pour la croisade des honorables citoyens même si Keller finit par convaincre son ami que ces méthodes ne sont pas les bonnes. Stone, plus mitigé que son jeune collègue, déclare : ‘I can understand but his way isn’t the answer.’ Si le dilemme du quatuor de justiciers, plus naïfs que méchants, occupe deux tiers de l’épisode, la meilleure scène est la séquence finale constituée de la filature entre le port et le métro sur une excellente partition et de la bagarre au couteau entre Keller et le trafiquant.
o Joe Santos (1931) effectua quelques
petits boulots avant de percer au
cinéma, souvent dans des rôles
de bons flics d’origine hispanique.
Il est le détective Becker
dans Deux Cents Dollars Plus les
Frais avec James Garner ; il
a joué dernièrement
dans Les Soprano.
o Steven Keats (1945-1994), ici un petit dealer, est un poseur de bombes psychopathe dans un superbe épisode de Kojak, Therapy in Dynamite, saison 1.
o On voit nettement que des passants se sont arrêtés pour assister au tournage lorsque Stone et Keller garent leur voiture et suivent le trafiquant meurtrier dans le métro.
o Il est surprenant de voir l’affiche Le cubisme (1907-1974) dans le bordel Glamour Girls !
o
Lieux de tournage : Miraloma Market,
Pier 41 et dans le métro BART
(San Francisco Bay Area Rapid Transit
District) à la station Montgomery
Street au milieu des usagers. C’est
la seconde fois que le tournage de
la série se déroule
dans le BART. Lors du premier épisode, Trente ans de service, la
poursuite finale eut également
lieu dans le métro mais il
était alors désert,
pratiquement un an avant l’ouverture.
Retour
à l'index
23.
LA MORT ET LES ÉLUS
(DEATH AND THE FAVORED FEW)

 
Un
journaliste, redoutable maître
chanteur, a été assassiné
à son domicile. Peu de temps
auparavant, la victime a été
vue à une réception dans
le milieu huppé. Stone et Keller
enquêtent parmi les invités
de cette soirée.
Un
épisode très moyen clôt
cette seconde saison. Stone et Keller
s’aventurent dans le jet
set de San Francisco où
le chantage et la drogue font bon
ménage. Une histoire lente
mise en valeur par les seconds rôles
et les nombreux échanges entre
Stone et Keller. Etta Morris Randolph,
interprétée magistralement
par Rosemary Murphy, est l’excentrique
veuve richissime, amatrice de jus
de tomates et suspectée de
meurtre jusqu’au bout par le
lieutenant Stone. Elle interpelle
le duo de policiers par : ‘Come
in, boys. I love policemen !’.
Le majordome est l’impeccable
Harold Gould, souvent vu par les amateurs
de séries de l’époque.
Une poursuite en voitures est l’unique
scène d’action dans un
épisode constitué essentiellement
de dialogues.
À noter l’excellent échange
en route pour la villa lorsque Keller
démontre à Stone qu’ils
n’ont pas les mêmes sujets
d’intérêt: ‘She’s
never been too big in the sports page’.
Deux cent vingt invités à
la soirée, autant de suspects,
mais la fin ne surprend pas ! L’épitaphe
de Mike Stone pourrait être
sa réplique à la veuve
: ‘I work for all the people
of the city of San Francisco’.
[Je travaille pour tous les gens de
la ville de San Francisco.]
o Rosemary Murphy (1927) est née à Munich et a été élevée à Paris. Elle fut nominée trois fois pour le Broadway’s Tony Award.
o Steve Keller manque de heurter une chaise en suivant le majordome. La scène fut néanmoins conservée (9’46).
o The Favored Few est le nom du journal publié par la victime.
o Lieu de tournage : John Mclaren Park (rendez-vous de John Reed avec sa femme).
o Lors de l’épilogue, les deux policiers reçoivent une montre de valeur de la ‘lady’ Randolph et nous savons, de ce fait, les états de service exacts des deux hommes grâce à l’inscription : ‘To Mike Stone, in appreciation of 23 years of faithful service.’ Vingt trois années pour Mike Stone et trois pour Steve Keller.
Retour
à l'index
Crédits
photo : Paramount Home Entertainment.
Images
capturées par Denis Chauvet.
|
|
|
|