
HORS
SÉRIE
|
1. LE COCON
(HAWAII FIVE O)

 
Diffusé
tardivement en France et en deux parties (alors
qu'il s'agit d'un pilote de 90 minutes), cet épisode
inaugure assez mal une des plus longues et fabuleuses
séries de l'histoire de la télévision
américaine : Hawaii Police
d'État.
Après plusieurs diffusions télé
en VF, ce pilote est uniquement disponible en
VOST dans le coffret DVD de la saison 1.
Si l'on peut considérer que l'épisode
est raté, il le doit tout d'abord à
un scénario d'espionnage abracadabrantesque.
Peu représentatif du reste de la série,
on y voit Stephen J. Mc Garrett, plus couramment
appelé "Steve", conter fleurette
à une jolie fille sur une plage. Or, même
en mission, Steve Mc Garrett est loin d'être
un dragueur. On ne lui connaîtra d'ailleurs
que deux aventures tout au long des 280 épisodes,
et encore bien chastes (dans l'épisode
53 Souvenirs au présent
03-4, il retrouve en Diana Muldaur une femme qu'il
a failli épouser ; dans l'épisode
230 Une petite balade 10- 14, il tombe
amoureux mais la jeune femme meurt à la
fin).
Les histoires d'espionnage, qui souvent confrontent
l'équipe de Steve – un département
imaginaire de la police d’Hawaii, le Five
O – à Wo-Fat, un espion chinois,
et à divers pays communistes (outre la
Chine : Cuba et parfois l'URSS), seront plus subtiles.
Ici, nous avons droit à un ersatz de James
Bond sans les moyens du cinéma.
Le partenaire de Steve Mc Garrett est Danny Williams,
appelé dans la VO "Danno". Il
est dans ce "Cocon" bien mal
interprété pour la seule et unique
fois par le comédien Tim O'Kelly.
En revanche, le gouverneur, personnage récurrent
et supérieur de Mc Garrett, trouve en Lew
Ayres (un familier de la télévision
américaine, guest star dans des
séries comme Mannix) une bonne
incarnation. Mais il refusa de s'installer à
Hawaii pour le tournage, et le créateur-producteur
Leonard Freeman le remplacera par Richard Denning.
Le reste de l'équipe est constitué
de comédiens recrutés sur place
dont certains vont marquer la série comme
Chin Ho Kelly (Kam Fong), qui sera tué
dans l'épisode 240 Un deuil dans la
famille (10-24), rare occasion où
l'on verra le visage de pierre de Mc Garrett pleurer.
Mc Garrett, qui ne vit que pour son travail et
arbore un visage peu souriant, est incarné
par Jack Lord, qui fut Félix Leiter dans James Bond contre dr No. Avec la série,
il s'engageait dans un long marathon de 1968 à
1980, et ne devait tourner ensuite qu'un téléfilm
– Mr Station – avant
d'être frappé dans les années
80 par la maladie d'Azeilhmer et de décéder
le 21 janvier 1998, vivant comme un Howard Hugues
invisible et soigné par sa femme Marie.
Dans ce pilote, nous faisons connaissance avec
l'ennemi de toujours de Mc Garrett, Wo Fat (Khigh
Diegh), que le policier mettra sous les verrous
dans la dernière scène du 280e et
dernier épisode : Mes bons vœux.
Petit problème, vite oublié par
la magie de la télévision :
le comédien Khigh Diegh est de taille assez
grande, ce qui n'est pas vraiment représentatif
de la morphologie chinoise.
Bien qu'il ne soit guère réussi,
il faut voir Le cocon pour faire connaissance
avec les personnages. C'est la première
bataille entre l'américain et Wo fat.
Plusieurs des scènes du fabuleux et inoubliable
générique sont tirées de
ce pilote. La magie de la série (les intrigues
policières à suspense) sera au rendez-vous
dès l'épisode 2 – Balade
en bateau. Heureusement, car en jouant les
imitateurs de 007, Hawaii 5-0 (titre
original) n'aurait pas duré douze saisons.
La série va se maintenir en qualité
jusqu'en 1973, année de la mort du créateur
Leonard Freeman qui dirigeait avec passion cette
série.
La légende veut que Freeman proposa le
rôle à... Gregory Peck, qui le refusa,
et que Jack Lord failli être le capitaine
Kirk dans Star Trek. Avec les années,
ces rumeurs deviennent invérifiables, et
l'on peut noter dans le documentaire tourné
en 1996 sur la série nombre de contradictions
dans les souvenirs des uns et des autres. Jack
Lord était absent (car malade) et l'on
pouvait y voir en chaise roulante Richard Denning
(le gouverneur) retrouver avec émotion
James Mc Arthur (Danny Williams dès le
second épisode).
En France, le premier épisode diffusé
le sera en juillet 1973 sur la troisième
chaîne. Il s'agira de Sombre dimanche (02-5). Seuls les téléspectateurs
attentifs noteront, lors de la diffusion du Cocon en deux parties en 1988 sur M6, qu'il s'agissait
du pilote. On le comprend avec les interprètes
inhabituels de Danny Williams et du gouverneur,
et la première rencontre avec Wo Fat. Depuis
1973, Wo Fat est en effet familier aux Français
comme le docteur Loveless dans Les Mystères
de l'Ouest ou Blofeld dans les James Bond.
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Avec
cet épisode, au suspense terrifiant, Hawaii Police d'État prend son
envol. Nous assistons, à bord d'un yacht,
au meurtre par empoisonnement d'une femme fortunée.
Son corps est mis dans un tonneau et plongé
dans la mer. Deux amants diaboliques ont mis
au point un piège mortel pour veuves
fortunées. Victor Reese (Kevin Mc Carthy,
le héros de L'Invasion des profanateurs
de sépulture de Don Siegel en 1955)
fait une croisière entre le continent
US et Hawaii, séduit une veuve, lui présente
"sa sœur" (en fait sa femme),
l'entraîne boire du champagne cyanosé
sur un yacht après lui avoir fait le
grand jeu et demandé un prêt.
Kevin Mc Carthy est diabolique à souhait
dans ce personnage sans scrupules. Toute l'équipe
de Hawaii 5-0 est désormais
constituée : James Mc Arthur reprend
le rôle de Danny Williams après
un Tim'O Kelly peut convaincant, les autres
principaux protagonistes sont Kono, certes bedonnant
mais efficace (joué par un acteur nommé
Zulu qui fut le partenaire de Roy Thinnes dans
un téléfilm lorsque ce dernier
fut libéré de David Vincent),
Chin Ho Kelly (Kam Fong, décédé
d'un cancer à 74 ans), et la "Moneypenny"
locale, la secrétaire de Steve, May (Maggi
Parker).
Bien entendu, comme dans tout polar qui se respecte,
nous avons droit à la fausse piste. Une
riche héritière supposée
victime de Reese se trouve en fait dans une
communauté hippie. Elle y dilapide son
argent et renvoie son conseiller financier devant
un Mc Garrett médusé.
Pendant ce temps, le nombre des victimes augmente
car les autres riches veuves disparues passent
entre les mains de Reese. L'équipe Five-O
a tôt fait de répérer les
voyages incessants de Reese, qui se trouvait
à bord des paquebots à chaque
disparition. Mais il faut le prendre sur le
fait, et une femme policier, Joyce Wever (Patricia
Smith), va jouer les appâts auprès
du dangereux couple Nora et Victor Reese.
Comme il serait trop rapide de pincer le méchant
aussi facilement, Mc Garrett et ses hommes perdent
de vue Joyce, livrée alors au démon.
Mais Zorro-Mc Garrett arrivera juste à
temps pour lui éviter le verre empoisonné
et abattre Reese.
Cet épisode fut diffusé pour la
première fois parmi 24 autres de janvier
à juin 1976 le samedi après midi
sur la 2, en concurrence avec le début
de "Samedi est à vous". Par
la suite, il fut l'un des plus rediffusés.
À noter que la bande-son VF a souffert
et est quasi inaudible sur le DVD. On peut régler
la tonalité comme on veut, le son est
caverneux.
Mystère, angoisse, décors tropicaux
naturels, les dés sont lancés
: Hawaii Police d'État est un
succès. Nous assistons à la première
apparition de Richard Denning en gouverneur,
ici affolé que l'affaire s'ébruite
et que la psychose règne parmi les touristes.
Bref, une réussite totale.
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Second
épisode diffusé en France en juillet
1973, Nous serons des étrangers évoque bien l'atmosphère des années
60 par la réalisation de Hershel Daugherty.
La façon dont il filme l'un des suspects
joué par le fabuleux comédien
Milton Selzer (Pas de printemps pour Marnie ; Les Envahisseurs : Équation danger)
rappelle l'image des séries sixties.
À ce titre, l'épisode se différencie
nettement des Hawaii de la décennie
suivante où l'on voit apparaître
les pat' d'eph, les Ford de l'époque
et l'image plus moderne, style Les Rues
de San Francisco.
Après l'espionnage et le crime crapuleux,
ce troisième épisode aborde le
fait qu'Hawaii est une colonie et nous avons
affaire à une nouvelle sorte de méchants,
les indépendantistes, plus exactement
ici un écologiste avant l'heure mâtiné
de nationalisme hawaîen. Ce thème
reviendra bien entendu souvent dans la série.
À l'aéroport d'Honolulu, une bombe
explose. Un élu hawaïen, Manu, est
tué. Mc Garrett dispose d'un film pris
par une touriste et d'un coupable idéal
qui a la bonne idée de se suicider avant
de parler. C'est compter sans la perspicacité
du policier qui découvre que le film
est truqué, à partir d'images
d'horloges qui ne correspondent pas avec l'heure
du crime.
Le début de l'enquête est perturbé
pour l'équipe Five O par un faux coupable
(Milton Selzer), un pauvre type qui veut absolument
s'accuser pour jouer les vedettes. Steve et
Danny feront preuve de beaucoup de psychologie
lors de la longue scène de l'interrogatoire
pour lui faire avouer qu'il a un profond mal-être
et a voulu avoir son heure de gloire, fusse
comme assassin.
L'enquête palpitante se poursuit, il y
a eu machination, car la touriste qui filmait
lors de l'attentat a disparu. Mc Garrett finit
par soupçonner le meilleur ami de la
victime, Benny (joué par le formidable
Simon Oakland, plus vrai que nature ici en indigène).
Lors d'une scène d'interrogatoire en
plein air et décors naturels, Benny désigne
à Mc Garrett le paysage défiguré
par les immeubles modernes et lui déclare
: "Un jour, nous serons des étrangers
sur la terre de nos ancêtres".
Pour Benny, Manu est un traître à
son île au profit des colonisateurs américains
et du modernisme qui abîme la nature.
À ce titre, Hawaii Police d'État a inventé avant l'heure l'écolo-terrorisme
avec la mallette piégée (une bombe)
remise dans le taxi qu'empruntait la victime
en sortant de l'aéroport.
Très bel épisode (visuellement
parlant), on mesure ici la supériorité
entre la série et celles tournées
en studio auparavant à Hollywood comme Hawaian Eye avec Robert Conrad. Les
scénaristes ont su multiplier les fausses
pistes (un mauvais garçon qui se suicide,
un pauvre type qui veut exister).
Le thème de l'écolo-terrorisme
indépendantiste reviendra avec le fabuleux
épisode Kaïlimoku (04-13).
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4.
LE PIÈGE
(TIGER BY THE TAIL)

  
Cet épisode a été multi-diffusé en France depuis sa première programmation en août septembre 1979 sur FR3, qui, pour l'occasion avait inventé des titres français, c'est à dire retitrés des épisodes qui depuis sont toujours diffusés ou édités en DVD avec un autre titre français. Cela risque d'embrouiller les fans de Mc Garrett qui tentent d'établir une cohésion dans le titre des séries et l'ordre dans les saisons.
C'est,
en tout cas, le titre français Le
piège qu'il faut conserver, je ne
me souviens pas quel fut le titre FR3 1979.
Histoire archi-classique du faux enlèvement
de fils à papa qui devient vrai enlèvement
avec kidnappé gênant et à
abattre. (Cet épisode ressemble comme
deux gouttes d'eau à celui de la saison
4 du Fugitif : L'enlèvement avec Lynda Day George.) Sal Mineo incarne ici
un chanteur de cabaret, Bobby George, qui veut
faire de la peine et escroquer son père
(incarné par Harold J Stone).
Très vite, l'anti héros qui s'est adjoint deux amis "kidnappeurs" devient une vraie victime que l'on va abattre.
L'épisode ménage un suspense constant,
et l'équipe de Mc Garrett doit à
la fois contrer le riche père de Bobby
mais aussi la situation de mauvaise plaisanterie
et rackett qui se transforme en tragédie.
Sal Minéo – qui fut le héros
de Exodus, La Fureur de vivre et guest star dans un épisode
de L'Immortel avec Christopher George
– a eu moins de chance que le personnage
qu'il interprète, Bobby. Il a été
assassiné dans sa villa de LA en février
1976, meurtre d'un rôdeur qui fut remis
en liberté conditionnelle en 1990.
Dans le rôle du milliardaire D J Georgiatti, Harold J Stone est comme d'habitude tout en force et en charisme. Ce comédien a souvent joué, avec talent, les gangsters. Le méchant de l'épisode, Sam Melville, est particulièrement torturé et convaincant dans le personnage du copain qui décide de tuer Bobby.
Un épisode un brin au-dessous de Balade
en bateau niveau qualité, mais qui
demeure représentatif de l'excellente
saison 1.
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Hawaii
étant l'état le plus à l'est
des États-Unis, et l'histoire de Pearl
Harbour ayant marqué à vie l'ïle,
la série va aborder plusieurs fois le thème
du Japon. Ici, toutefois, après un début
digne d'un pré-générique
de 007, l'épisode ne tient pas ses promesses.
Mc Garrett veut confondre un gangster, Tokura
(Riccardo Montalban), qui élimine tous
les témoins à charge à son
procès. Le pauvre Montalban est affublé
d'un maquillage aussi ridicule que celui de Sean
Connery vers la fin de On ne vit que deux
fois. Cela, d'emblée, nuit à
la crédibilité. Si l'on frissonne
au tribunal lorsque le témoin, Mary Travers,
s'effondre empoisonnée (par son rouge à
lèvres), l'intrigue sombre ensuite dans
l'ennui.
Le samourai fut diffusé pour la
première fois début 1976 par Antenne
2 le samedi après midi vers 14h. Ce n'est
pas le meilleur moment de la saison 1. Nous sommes
confrontés à toute la galerie des
clichés sur les samourais. Ici les Bushido,
organisation japonaise, veulent punir le faux
Tokura, un usurpateur, dont on saura qu'il était
un déserteur japonais de la Seconde Guerre
mondiale et a pris l'identité d'un américain
d'origine japonaise qu'il a tué.
L'histoire
revient sur l'emprisonnement des américains
d'origine japonaise après Pearl Harbour,
mais le thème a été traité
tant de fois et avec plus de bonheur (Un Homme
est passé au grand écran) qu'il
est ici éventé.
La mise en scène relève la pauvreté du scénario. Lorsque Mc Garrett est convoqué par le gouverneur, on se croirait dans un Bond. Même la secrétaire du gouverneur a le bon goût de ressembler à Loïs Maxwell. Les scènes qui opposent le pseudo Tokura et sa fille n'arrivent pas à capter l'attention ni à émouvoir.
Bref, un épisode pour compléter
la saison avant le chef-d'œuvre qui va suivre, Le rat d'hôtel. Dans Hara Kiri (03-08), nous aurons droit à un magnifique
épisode sur les criminels de guerre japonais.
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Voilà
un épisode incontournable, qui a généré
deux suites : dans la même saison l'épisode Les otages (01-17), puis La vieille
dame et l'incendiaire (03-22).
Danny, qui n'est pas en service, voit un jeune homme crocheter la serrure d'une
auto. Il prend le coupable en chasse. Le fuyard
se réfugie dans une chambre d'hôtel
qu'il habite. Pour ouvrir la porte fermée
à clef, Danny tire dans la serrure. Las,
le voleur était derrière et est
tué. Toutefois, il était armé.
Danny ne remarque pas qu'une prostituée
et droguée, petite amie du voleur, s'empare
de l'arme et s'échappe. Dès lors,
pour l'opinion publique, Danny est un policier
qui a froidement tué un homme désarmé.
Il est mis à pied en attendant d'être
jugé. Même Steve Mc Garrett semble
lui avoir retiré sa confiance.
La prostituée cherche de la drogue auprès
du dealer "Beau Sourire"
(Gavin Mc Leod). C'est l'un des méchants
les plus sadiques et terrifiants de la série
; il tentera d'avoir, une fois sous les verrous,
sa revanche dans l'épisode Les otages.
Et pourtant, nous connaissons Beau Sourire pour
un rôle infiniment plus sympathique, celui
du capitaine de La Croisière s'Amuse.
L'épisode, rempli de tension d'un bout
à l'autre, nous montre la lutte dramatique
d'un policier pour prouver son innocence. À
travers cette intrigue, c'est une analyse de
la position des policiers face aux bavures finement
menée par le scénariste. Autre
point abordé : la drogue et la prostitution,
ici vues par le prisme d'une jeune hippie paumée.
Enfin, troisième point : l'impuissance
de Mc Garrett devant un caïd haïssable,
Beau Sourire, qui le nargue jusque dans les
dernières images.
Pour profiter du succès de cet épisode,
la production, lors de la troisième saison,
inventera un frère au jeune voyou et
une vengeance contre Danny.
Épisode typique des années hippies
"flower power", Le rat d'hôtel ne fut diffusé qu'en 1976 sur Antenne
2 le samedi en début d'après midi.
Mais il a été multi-diffusé
depuis.
Après la vision de cet épisode,
on ne regarde plus le capitaine de La Croisière
s'Amuse du même œil. Les scènes
qui le montrent donner une petite dose de drogue
à la paumée, et où il lui
conseille de se trouver un autre fiancé
protecteur, en font l'un des personnages les
plus abjects que Mc Garrett aura à affronter.
L'une des scènes avec la jeune femme,
venant de fuir après la mort de son boy
friend, et tenant le pistolet dérobé,
se situe sur une plage. Le paradis d'Hawaii
est devenu un enfer.
C'est la conclusion que l'on pourrait tirer.
Malgré l'innocence reconnue de Danny,
l'épisode s'achève sur un happy
end au goût amer.
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7.
TRAFIC D'OR
(TWENTY-FOUR KARAT KILL)

 
Une
jeune hawaiienne se rend au marché et
achète du poisson. Quelle n'est pas sa
surprise de trouver une petite barre d'or à
l'intérieur. Hélas, elle est aussitôt
froidement poignardée.
L'équipe
de Five-O dispose
d'un seul indice : des traces d'or sur le couteau
de cuisine que la victime a utilisé pour
ouvrir le poisson. Dès lors, l'épisode
part un peu dans toutes les directions, avec
une intensité dramatique qui ne faiblit
pas. Pour percer à jour l'un des trafiquants,
un certain Johnny Fargo, il est fait appel à
un agent secret, Andréa Dupres (Marj
Dusay, alors à ses débuts). Lorsque
Steve demande ses références,
il lui est répondu qu'elle était
en mission en Extrême-Orient et qu'elle
est... toujours vivante.
Marj Dusay est une guest star de toutes
les séries de l'époque (Max
la Menace ; Cimarron : épisode Huit
ans après où elle tient un
rôle crucial ; Opération Danger/alias Smith and Jones ; Les Mystères
de l'Oues ; La Nouvelle Équipe).
Je l'avais remarquée pour une petite
ressemblance avec Diana Rigg. Elle reviendra
dans un rôle différent auprès
de Mc Garrett dès la deuxième
saison (SOS Singapour, 02-09). Elle
est particulièrement ravissante dans
cet épisode où elle approche un
truand dangereux.
L'épisode se distingue des précédents
par son extrême violence (meurtre de la
jeune femme au début en présence
de son bébé dans son parc ; Chin-Ho
grièvement blessé et ne survivant
de justesse que par une trépanation ;
menaces de Mc Garrett dans le bureau du gangster
Dennison – joué par une "gueule"
des années 60, Paul Richards –
où Jack Lord exprime une colère
rarement atteinte face à un suspect et
lui écrit sur le bureau "Chin ho
kelly" en criant "Assassin !").
La fin de l'épisode est décevante
: Dennisson est arrêté dans un
parking automobile souterrain alors que l'on
s'attendait à une fusillade, le "beau
gosse" Johnny Fargo évente le piège
d'Andrea Dupres destiné à acheter
de l'or et se fait abattre par Mc Garrett. On
retiendra ce grand moment d'humour lorsque Mc
Garrett demande au gouverneur un million de
dollars pour piéger les trafiquants.
"Et si vous le perdez Steve ? — Je
mangerai du pain à l'eau pendant quelque
temps ".
Un bon épisode, mais pas de la meilleure
veine de cette première saison.
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8.
LES VOIES DE L'AMOUR
(THE WAYS OF LOVE)

  
Rarement,
dans la série, Steve Mc Garrett se
dévêt de son costume cravate.
On le voit dans le pilote Le cocon à bord du bateau de Wo-Fat déguisé
en ouvrier, avec bleu de travail et casquette.
Et dans cet épisode,
il va jouer le rôle d'un taulard. Toute
une partie de l'intrigue consistera pour lui
à gagner la confiance d'un truand emprisonné,
Dave Barca.
Ce dernier a caché le butin volé
pour lequel il est en prison. L'épisode
joue donc plus sur la psychologie que sur
l'action malgré une entrée en
matière mouvementée, en l'occurrence
une poursuite en voiture. Sur le point d'être
rattrapé, Steve Larsen (Don Knight,
le "méchant" Fletcher qui
poursuit "L'immortel" Christopher
George) jette par la portière sa passagère
Céleste Holm. Avant de mourir, la jeune
femme a le temps de dire : "Les voies
de l'amour". C'est le début, pour
l'équipe Five-O, d'une enquête
sur des bijoux volés.
Il s'agit d'un des premiers épisodes
diffusés en France (août 1973,
3e chaîne) peu revu par la suite en
dehors des diffusions de l'intégrale
en 1989-1990 par TF1 et sur les chaînes
du câble Série Club et 13e rue).
L'édition de ce DVD nous permet donc
de voir et revoir cet excellent épisode.
Les scènes en décors naturels
d'aéroport militaire entre le continent
et Hawaii démontrent une fois de plus
que la série vaut toutes les pseudo-séries
tropicales tournées en studio.
James Patterson dans le rôle de Barca
et Don Knight (qui reviendra plusieurs fois
dans des rôles de tueurs dans la série)
sont particulièrement convaincants
et ne laissent guère de place au peu
de présence féminine.
Don Knight – qui a traversé les
années soixante et soixante dix en
jouant dans toutes nos séries culte,
de Drôles de Dames à L'Immortel, en passant par Kojak, Columbo, Magnum ou Mannix,
la plupart du temps dans des rôles de
méchants (dûs à son physique)
– nous a quittés discrètement
en 1997 à 64 ans. Il fait partie de
ces visages que l'on reconnaît instantanément
sans pouvoir mettre un nom dessus.
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Un
épisode diffusé très
tôt par l'ORTF (septembre 1973) et multi
diffusé par la suite, repris presque
à chaque rediffusion, alors que certains
épisodes des dernières saisons
n'on été programmés que
deux fois (TF1 et 13e rue).
Le chanteur de country Tommy Sands incarne
ici Joey Rand, un chanteur de night-club et
rat d'hôtel qui, au lieu de se consacrer
à sa boîte de nuit, visite les
chambres d'hôtel – si possible
habitées par des personnes fortunées
y conservant leurs bijoux. Il finira par se
faire abattre par Mc Garrett. Le titre français
vient des dernières paroles du policier
au chanteur-voleur mourant et à sa
petite amie complice Valérie "Plus
de fleurs bleues, Joey".
Un épisode qui mélange suspense
et musique, une superbe interprétation
de ce chanteur inconnu en France, et de la
comédienne Sandra Smith (vedette d'un Columbo : Dites-le avec des fleurs).
Au jeu du chat et de la souris, Mc Garrett
gagnera. La tension règne pendant 50
minutes, avec notamment la blessure du jeune
complice de Joey, le fait que ce dernier soit
sans cesse pousser à voler encore pour
rembourser ses dettes de jeu. Il faut dire
qu'il doit 200 000 dollars au syndicat du
crime. Cela motive pour agir !
Les numéros chantés ne font pas "toc" comme souvent dans les séries, et ne viennent pas casser le rythme de l'action.
Télé Poche lors de
la première diffusion montrait une
photo de Tommy Sands disant que, comme son
personnage, il chantait dans une boîte
de nuit à Hawaii, mais que là
s'arrêtait la comparaison avec le personnage
de l'épisode.
Un excellent épisode avec un adversaire plus paumé que méchant pour l'équipe de Five-O.
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10.
LE MAUVAIS NUMÉRO
(BY THE NUMBERS)


Le
mauvais numéro, c'est le téléspectateur
qui le tire, avec cet épisode d'un
ennui mortel, au scénario creux,
exsangue. À quoi bon tourner une
histoire aussi mauvaise si ce n'est l'obligation
de remplir les 24 numéros
d'une saison.
Non seulement c'est mal écrit, mais
en plus c'est mal joué. Le "héros",
un infortuné soldat en permission,
combattant au Vietnam, attend en vain sa
femme qui lui a posé un lapin. Pour
s'occuper, il s'intéresse à
la loterie. L'un de ses co-permissionnaires
vient de décrocher le gros lot, il
a le billet gagnant. Mais il s'agit là
d'une loterie clandestine et l'homme, lorsqu'il
veut se faire payer, est pris à partie.
Il est plus fort physiquement que ses agresseurs,
mais reçoit un coup de couteau mortel.
Le soldat du début, faute de revoir
son épouse, va jouer les détectives,
risquant ainsi sa vie par inconscience car
il évolue dans les bas fonds de Honolulu.
L'épisode a été diffusé
pour la première fois en 1988 sur
M6. L'une des seules scènes intéressantes
est constituée par le face-à-face
entre le caïd qui s'occupe des jeux
illégaux et Mc Garrett. L'équipe
de Five-O cherche à protéger
le soldat vengeur devenu lui-même,
lors de la séquence finale, la proie
d'un tueur dans un stade.
On nous a concocté un happy end avec l'épouse qui arrive enfin (il
était temps, la permission est déjà
largement consommée). Les scénaristes
devaient plancher sur le génial Demain
ne naîtra jamais et ont négligé
ce mauvais numéro 10 qui n'a pas
volé son nom !
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11.
DEMAIN NE NAÎTRA JAMAIS/LA VIE ET LA MORT
(YESTERDAY DIED, TOMORROW WON'T BE BORN)

   
Lors
de sa première diffusion française
en septembre 1979 sur FR3, cet épisode
portait le titre banal de La vie et la mort ; depuis, les rediffusions
et l'édition DVD ont choisi une traduction
partielle du titre original.
Si je devais conseiller à quelqu'un de
regarder un épisode sur les 280 de Hawaii
Police d'État, un épisode
représentatif du meilleur de la série,
je conseillerais parmi quelques autres (dont Kailimoku 04-13) celui-là.
Le seul problème de cet épisode, c'est que l'on n'y voit pratiquement pas Mc Garrett. Et pour cause.
Une musique obsédante à chaque
meurtre. On ne voit pas son visage. Il s'approche,
guette, un pistolet à la main. Mc Garrett
est sur une plage en train de courir. Tapi derrière
un buisson, l'inconnu regarde le policier faire
du sport, sauver un jeune hawaiien, un tout
petit enfant de la noyade ; il attend.
Cela fait des années qu'il attend. La vengeance est au bout de son arme. Mc Garrett arrive devant lui, étonné. "Mais on se connait ?" Des coups de feu claquent et notre héros s'effondre. Steve est entre la vie et la mort. Le prochain sur la liste n'aura pas sa chance et succombera. Toujours cette musique obsédante, l'absence de visage, la voiture qu'il regagne.
Mc Garrett est transporté aux urgences
où il sera opéré. C'est
Danny qui va mener l'enquête. Il y a un
homme qui veut tuer le chef des Five-O, c'est
le gangster Charley Mangan (Charlie dans la
VF). Incarné par l'un des "Incorruptibles",
Paul Picerni. La piste est bonne, trop évidente,
trop facile. Car avant que l'on tire Mc Garrett
a dit "On se connaît" mais c'est
dans un passé lointain qu'il aurait dû
chercher.
Un passé où il était soldat,
et avec deux autres militaires (dont l'un sera
tué, et l'autre est le gouverneur actuel
d'Hawaii), il a condamné un traître
qui faisait du marché noir en pleine
guerre de Corée. C'était il y
a quinze ans, en 1953.
Il s'appelle Trinian, Joseph Trinian, et il est magnifiquement joué par John Larch. C'est l'un des méchants les plus marquants de toute l'histoire de la série. Nous sommes en 1968 et Trinian vient de purger une peine de prison de quinze ans. Il revient voir son épouse qui lui est restée fidèle. Elle croit voir arriver un fantôme.
Tandis que Mc Garrett se bat contre la mort en salle d'opération, Danny, Chin Ho et Kono vont se démener pour trouver le tueur. Il apparaît que la piste Charly Mangan (que l'on va coincer au passage) n'est pas la bonne. C'est dans le passé du "chef" qu'il faut chercher.
Et
c'est Emma, l'épouse de Trinian qui va
aider Danny lors d'un défilé,
une parade à laquelle assiste le gouverneur,
à empêcher son mari d'accomplir
sa vengeance. Il sera abattu. Avant, elle l'attendait.
À présent, il n'y aura pas de
lendemain.
Très bel épisode, filmé
de main de maître par Herschel Daugherty,
incontestablement l'une des plus grandes réussites
de cette première saison. L'épisode
peut se revoir plusieurs fois sans lasser. L'épilogue
nous permet de retrouver Mc Garrett convalescent
et enfin sauvé sur le lit de sa chambre
d'hôpital. Il nous a manqué tout
l'épisode, comme Tara King dans Meurtres
au programme. Le comble serait que Jack
Lord ait pris des vacances pendant ce tournage,
l'histoire ne le dit pas.
12.
LE TÉMOIN SECRET
(DEATHWATCH)

  
Diffusé
pour la première fois sur Antenne 2 le
samedi en début d'après-midi en
mai 1976, Le témoin secret est
construit sur le même canevas que Le
samouraï, à savoir l'élimination
de témoins par un gangster, Matsukino
(James Shigeta) comme le faisait Riccardo Montalban
dans l'épisode pré-cité.
Ici, Matsukino se méfie de tout le monde, y compris de son bras droit et meilleur ami Harry Cardonus (Nehemia Persoff) que Mc Garrett a insidieusement retenu après Matsukino lors d'un interrogatoire. Ayant semé le doute dans l'esprit du gangster, Mc Garrett va se faire un "témoin secret" de Cardonus, qui, lorsqu'il confie les clefs de sa voiture à sa petite amie, voit l'automobile exploser et comprend que son ex-meilleur ami est devenu une menace mortelle.
L'épisode joue plus sur le terrain de la psychologie que de l'action. Cardonus est caché dans un endroit secret, le dernier étage d'un hôtel consigné par l'équipe Five-O. Bien que l'on goûte tous les plats, que l'on protège comme un trésor Cardonus, ce dernier est empoisonné. Feinte de Mc Garrett pour ne faire réapparaître Cardonus, plus remonté que jamais contre son ex complice, qu'au procès.
James Shigeta est essentiellement un acteur
de télévision, vu dans Les
Rues de San Francisco, Kung Fu, La Petite Maison dans la Prairie. Il
joue souvent les méchants asiatiques,
un peu comme Soon Taik Ho (le lieutenant Hip
dans L'Homme au pistolet d'or, moult
fois guest star dans Hawaii).
Ici, il est parfaitement convaincant en tueur
froid et chef de gang impassible, prêt
à sacrifier son meilleur ami sur un simple
soupçon.
Nehemia Persoff est un recordman en guest
star de toutes les séries des années
60-70, depuis Les Incorruptibles, Opération
Vol, Mission Impossible, Mannix, Les Rues de
San Francisco. Il a tenu aux côtés
de George Hamilton et Michael Rennie un rôle
au cinéma dans le méconnu La
Guerre des cerveaux de Byron Haskin (1967).
Il reviendra à plusieurs reprises dans
la série Hawaii Police d'État dans d'autres personnages au fil des saisons.
Leonard Freeman avait compris que la série
serait enrichie par des guest stars
de qualité, même pour des rôles
brefs (Milton Selzer dans Nous serons des
étrangers). Notons que c'est une
fois de plus Herschel Daugherty qui réalise
l'épisode. Il compte plusieurs réussites
dans cette première saison comme le sublime Demain ne naîtra jamais ou Plus
de fleurs bleues, gardant le meilleur pour
la fin de saison avec Le grand Kahuna sur lequel nous reviendrons.
13.
QUI A TUÉ MIRA BAI ?
(PRAY LOVE REMEMBER, PRAY LOVE REMEMBER)

   
Grande
réussite que cet épisode qui
tourne autour du meurtre d'une jeune étudiante
fiancée avec le principal suspect,
John Hayes, joué par un acteur assez
grand par la taille et le talent, Denny Miller. Ce comédien
participait il y a encore deux ans à
une convention des fans du Fugitif,
ayant joué le géant simple d'esprit
dans un épisode culte de la quatrième
saison, Un être inoffensif.
Denny Miller par sa stature se trouve souvent
confronté à des personnages
qui abusent de leur force. C'était
le cas dans Le Fugitif, cela l'est
ici aussi puisque, amnésique, il ne
peut donner aucun détail à Mc
Garrett qui dans un premier temps l'inculpe
du meurtre de sa fiancée étranglée.
L'épisode a été diffusé
assez tôt en France (mai 1975, FR3 le
dimanche soir). Puis souvent reprogrammé.
L'histoire est assez astucieuse car devant
un coupable trop évident, Mc Garrett
va se mettre à enquêter sur…
un poisson volé. Une petite fille
le met sur la piste. Elle a perdu son poisson.
Il ne s'agit pas de simples poissons rouges
mais de spécimens qui atteignent des
sommes faramineuses. Le téléspectateur
est dérouté et un temps ne comprend
plus rien. Loin du crime passionnel, qui s'expliquerait
par le fait que Mira voulait repartir en Extrême-Orient
et Hayes rester aux USA, compromettant un
mariage d'amour évident, Mc Garrett
traque ici Benny, une force de la nature et
un simple d'esprit prêt à tout
avouer du moment qu'on lui rend son animal
fétiche, un coq.
Benny a volé le poisson à l'université
et s'est fait surprendre pour son malheur
par Mira (dont il a tout juste "un peu
serré le coup parce qu’elle criait").
La fin de l'épisode nous montre la
psychologie de l'équipe Five-O, qui
va mettre à jour les peurs du meurtrier
: il n'a pas conscience de la gravité
de son geste, mais ment pour couvrir le fait
qu'il a conduit sans permis.
Aussi, l'enquête policière trop vite résolue par l'arrestation (à tort) de Hayes est ici le prétexte pour nous montrer la sensibilité de Mc Garrett, prêt à tout pour innocenter l'amoureux de Mira, puis à trouver la communication avec le simplet Benny. Jack Lord révèle ici un grand talent loin de la froideur qu'il affiche souvent dans la série. La scène avec la petite fille qui demande au policier de rechercher un poisson, qui aurait pu sombrer dans le saugrenu, est un grand moment d'émotion.
Et de stupeur pour l'équipe lorsque Mc Garrett fait imprimer des avis de recherche avec l'image du poisson. Son subordonné Kono, dans une scène comique, se demande si "le patron" parle sérieusement ou non !
Avec autant de joyaux dans la première saison, il était difficile de maintenir une telle qualité scénario/réalisation/interprétation pendant douze saisons.
14.
LE ROI DE LA COLLINE
(KING OF THE HILL)

 
Après
plusieurs épisodes réussis, Le roi de la colline, qui se déroule
entièrement en huis clos dans un
hôpital et repose sur les épaules du comédien Yaphet Kotto (Kananga
dans le James Bond Vivre et laisser
mourir), est une fausse bonne idée.
En effet, très vite, on s'ennuie. Nous assistons aux hallucinations du caporal Auston (Yaphet Kotto) qui va voir tour à tour nos brillants éléments de la police d'état soit sous l'uniforme de l'armée américaine, soit en vietcongs. Les trucages sont assez réussis, mais tenir cinquante minutes avec ce seul argument relevait de l'impossible.
L'épisode commence de façon banale. De retour du Vietnam, Auston est légèrement blessé à la tête et perd conscience. Lorsqu'il reprend ses esprits, il se croit dans l'enfer du Vietnam. Il va manquer mettre à feu et à sang tout un hôpital parce qu'il se croit à l'assaut du QG ennemi dans la jungle.
L'épisode fait partie des douze premiers diffusés en France l'été 1973 sur la troisième chaîne ORTF balbutiante. D'après la lecture du résumé, on pouvait penser à un épisode palpitant. Grande fut ma désillusion des années plus tard lors de la première rediffusion.
En dehors du premier adversaire de Bond-Roger
Moore, la distribution nous propose dans
le rôle du colonel-chef de ce soldat
fou L Q Jones. Pour les amateurs des séries
américaines 60-70, il était
difficile d'échapper à ce
comédien qui, tout comme Nehemiah
Persoff, a participé à la
plupart des séries de l'époque
en guest star : Cannon, L'Homme
de Vienne, Drôles de Dames, Columbo,
Kung Fu, et une prédilection
pour les séries western comme Le
Ranch L, Le Virginien, Le Proscrit.
Un épisode à voir quand même pour la prestation de Yaphet Kotto qui vole la vedette à Mc Garrett et à son équipe.
15. LE GRAND VOYAGE
(UPTIGHT)

 
Un
des pires ratages de la saison 1. Les programmateurs
français refouleront l'épisode
dans les années 70 sur FR3 et Antenne
2.
Lorsque Hawaii
Police d'État parle de drogue et
de hippies, soit elle le fait de façon
réaliste (la prostituée du Rat
d'hôtel 01-06 en est une bonne évocation),
soit de façon bêtement moralisatrice.
L'équipe de cinéma psychédélique
du dernier épisode de la saison (Le
grand Kahuna) sera ainsi présentée
de façon caricaturale et désastreuse,
comme c'est le cas dans le présent épisode.
Le regretté Ed Flanders avait pris un
abonnement comme guest star à
chaque saison de Hawaii 5-0. Ainsi,
sa figure nous est-elle familière, puisqu'après
le chimiste du Grand voyage, il joue
le rôle d'un savant tourmenté dans
le double épisode final de la saison
2 (Alerte à Hawaii), revient
en violoniste soviétique dissident en
début de saison 3 dans L'affaire
du Guarnérius, et continuera ainsi
au fil des saisons. Ici, il joue le rôle
du chimiste David Stone, hippie, dealer, professeur
révoqué. Il est responsable de
la mort d'une jeune femme, et le père
va exercer sa vengeance.
Auparavant, les scènes s'enchaînent
sans aucun souci de réalisme, ainsi la
visite à la meilleure amie de la victime,
une fille à papa nommée Donna.
Cette vision caricaturale de la façon
dont circule la drogue dans la bourgeoisie américaine
des sixties a aussi fait l'objet d'un
épisode de la seconde saison de L'Homme
de Fer : Où est la limite ? encore plus moralisateur.
L'épisode reste cependant assez violent,
avec la vengeance du père, Ralph Hastings,
qui oblige Stone à avaler sa drogue jusqu'à
l'overdose sous la menace d'une arme. Nous le
voyons ensuite déambuler, tel le rescapé
de Body Snatchers version 1955 qui
cherche à échapper aux automobiles
sur l'autoroute. Décidant de faire "le
grand voyage" et de se prendre pour un
oiseau, il sera in-extremis sauvé
par Mc Garrett.
Le grand voyage nous laisse sur un
sentiment d'inachevé, quid du
père de la victime par exemple, on ignore
ce qu'il devient. Hawaii Police d'État nous a habitué à des fins plus
carrées avec le fameux "Bouclez-les,
Danny !". L'épisode réussit
l'exploit d'être encore plus ennuyeux
que Le roi de la colline.
Un épisode à zapper sans regrets.
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16.
FACE AU DRAGON
(THE FACE OF THE DRAGON)

 
Pas
de dragon dans cet épisode (vous aurez
noté le contresens du titre français,
la vo signifiant "visage" et non "face
au").
Des touristes découvrent un mourant victime de la peste bubonique. Un motard à visière noire dérobe au malheureux son portefeuille afin qu'on ne l'identifie pas.
L'épisode joue sur deux registres, le premier celui de la contagion et de la panique occasionnées par la peste bubonique (dont le tueur motard au casque noir intégral est porteur).
Pour les combattre, Mc Garrett utilise les compétences
d'une savante (jouée par Nancy Kovacks,
vue dans l'épisode des Envahisseurs
: Action de commando).
L'autre registre est celui de l'usurpation d'identité
de ce motard, agent de la Chine rouge qui se
fait passer pour le neveu d'une grande famille
de l'ïle dont le patriarche est Shen (David
Opatoshu, figure familière du petit écran
en guest star depuis Des Agents
Très Spéciaux, Kojak à Mission Impossible). Le motard, qui
n'hésitera pas à contaminer et
à tuer froidement, c'est Lewis Shen,
ou du moins l'agent chinois qui a pris son identité
avant de le tuer au terme d'un long voyage à
bord d'un cargo "empesté".
Le méchant est interprété
par Soon Taik Ho (L'Homme au pistolet d'or).
Malgré une réalisation soignée
et de belles vues d'Hawaii, l'épisode
souffre d'un scénario d'espionnage confus.
Lewis Chen est là pour dérober
une arme secrète militaire qu'il va rendre
après en avoir fait le dessin et l’avoir
démontée, pour ensuite rejoindre
un sous-marin chinois. Malgré plusieurs
balles (il n'est pourtant pas Jason Vorhees
ou Michael Meyers), il sera arrêté
par Mc Garrett sur le port.
L'épisode nous éclaire sur l'importante
communauté chinoise d'Hawaii en nous
faisant découvrir la famille Chen. Il
s'agit aussi d'espionnage "sérieux"
sans Wo Fat et ses gadgets du Cocon.
Par ce côté propagande anti-rouge,
la série se situe sur le même registre
que Destination danger avec Patrick
Mc Goohan.
On regrette en voyant Face au dragon que Nancy Kovacks ait arrêté tôt
sa carrière, essentiellement télévisuelle.
Elle donne la réplique avec talent à
Jack Lord. Elle fait partie des actrices qui
marqueront la série comme Marj Dusay
ou Diana Muldaur.
Les scènes de quarantaine et de vaccinations
finissent par ennuyer le téléspectateur.
Cet aspect répétitif nuit au suspense
recherché. Le passeur clandestin du cargo
contaminé, Sibley (Jackie Coogan) et
le trop jeune Soon Taik Ho n'offrent pas comme
méchants des portraits inoubliables,
au contraire de Beau Sourire et Wo Fat.
Un
épisode inégal ; sitôt vu,
sitôt oublié.
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17.
LES OTAGES
(THE BOX)

   
Après
une série d'épisodes moyens, un
nouveau grand moment pour cette saison 1 avec
la première séquelle de l'épisode Le rat d'hôtel (la seconde sera La vieille dame et l'incendiaire, 03-22).
Intéressante analyse de l'univers carcéral
et de ses travers, cet épisode se penche
sur les conditions de détention dans
les prisons d'Hawaii. Et ce à travers
le cas de Carl Swanson (Gérard S O Loughlin)
qui se révolte contre la loi que mène
en prison le terrible "Beau Sourire"
(Gavin Mc Leod, plus proche du capitaine des Révoltés du Bounty que
du gentil héros de La Croisière
s'Amuse). Mc Garrett a mis sous les verrous
Beau Sourire à la fin de l'épisode Le rat d'hôtel et celui-ci va
tenter ici de se venger.
Avec les diffusions dans le désordre
des épisodes de Hawaii 5-0 à
la télévision française,
le téléspectateur lambda ne comprend
pas ce que fait au milieu des bandits l'un des
hommes de Mc Garrett. Il s'agit de Al Harrington,
le sympathique Ben Kokua qui remplace Kono à
partir de la saison 5. Ici, il est Toshi, un
truand. Dans le documentaire 1996 Souvenirs
de Hawaii 5-0, Al Harrington raconte que
Leonard Freeman l'imposa à Jack Lord
ccntre son gré dans le rôle de
Ben Kokua. Hélas pour le comédien,
le créateur-producteur Freeman décéda
en 1973, et rapidement (lorsque la décision
dépendit de Jack Lord), il fut écarté
de la série.
Swanson prend à la fois en otage des
prisonniers (Beau Sourire et sa bande) et des
gardiens. Il sait ce qui l'attend s'il est à
nouveau emprisonné avec le sadique Beau
Sourire. Toute la tâche de Mc Garrett
va être de convaincre (en se livrant comme
otage) Swanson de renoncer à son évasion,
de laisser partir un gardien blessé,
et de s'exprimer à la presse et à
la télévision sur l'enfer qu'il
vit, afin qu'une nouvelle prison plus moderne
soit construite.
Si dans l'hôpital du Roi de la colline le huis clos était vite lassant, ici
le réalisateur Seymour Robbie a su tirer
avantage du climat de claustrophobie. L'indécision
de Swanson, la menace omniprésente de
Beau Sourire à qui l'on vient de livrer
son pire ennemi Mc Garrett, nous tiennent en
haleine cinquante minutes. Finalement, Swanson
choisira Mc Garrett contre Beau Sourire, dont
le chef des Five-O dit : "Lui, il ne sortira
jamais !".
Cet épisode a souvent été
diffusé (M6, TF1, puis les chaînes
du satellite) et par sa qualité, permet
au néophyte de se faire une idée
de la série (sans avoir vu forcément Le rat d'hôtel).
On reverra le personnage de Swanson en fin de
saison (01-23) dans Six kilos.
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18.
TANTE MARTHA
(ONE FOR THE MONEY)

  
Jeannette
Nolan, la tante Martha de cet épisode,
était la terrifiante Mademoiselle Havergill
dans l'épisode Cauchemar de
la série Les Envahisseurs. Sous
les traits de Tante Martha, elle n'est guère
plus avenante, méprisant l'un de ses
neveux, Charlie (Paul Collins) pour vanter les
qualités de l'autre, Arnold (Farley Granger).
Pour hériter de sa tante, tutrice de
son héritage et qui le brime, Charlie
va imaginer un tueur en série qui écrit
à Mc Garrett sa volonté de tuer
cent femmes. De fait, le neveu déshérité
commence par tuer deux innocentes avant de faire
de sa tante la troisième victime. Sur
le même canevas (cacher un meurtre en
le faisant passer pour l'un des crimes d'un
tueur en série), la troisième
saison nous proposera mieux avec Meurtre,
amour et poésie 03.12.
Tante Martha reste cependant un très
bon épisode par son atmosphère
qui rappelle un peu le futur Columbo.
Nous voyons en effet le meurtrier calculer au
centimètre près l'endroit où
il devra se poignarder pour être blessé
de façon convaincante et ne pas figurer
sur la liste des suspects. Hawaii Police
d'État, avant l'heure, nous montre
ici ce que l'on a pu voir dans les vingt premières
minutes de chaque Columbo.
L'erreur qui va mettre Mc Garrett sur la piste
du criminel est le fait que toutes les victimes
travaillent pour la même société,
celle dont Charlie veut prendre la tête.
Le réalisateur Paul Stanley ne ménage
pas les scènes de suspense (pas moins
de deux tentatives de meurtre sur le "gentil"
Arnold par son frère). Fragile psychologiquement,
l'assassin va revoir, une fois morte, comme
le fantôme de sa tante. Nous ne sommes
pas loin du chef-d'œuvre de Hitchcock, Psychose, tant Charlie garde même post mortem ce sentiment de domination
par sa vieille sorcière de tante.
Même le jeu du chat et de la souris entre
Mc Garrett et le coupable rappelle Columbo,
car peu à peu, le chef de Five-O va démonter
un à un les éléments du
mécanisme criminel, trouvant des indices
qui ne concordent pas avec le récit de
la soi-disant victime. Rappelons que Charlie
est censé avoir été poignardé
par le tueur en série et n'avoir pu sauver
sa tante.
Un épisode glauque, passionnant mais sans réelle surprise. On connaît la finesse de détective de Steve Mc Garrett face aux situations embrouillées. On pourra reprocher le manque de nuances dans le scénario entre le trop poli et bien élevé Arnold et le psychopathe Charlie, élément renforcé par l'interprétation des deux comédiens. Ce côté manichéen et un peu caricatural empêche d'en faire un épisode parfait.
Tante Martha est l'un des premiers
épisodes à avoir été
diffusé en France l'été
1973, mais il fallut longtemps attendre sa rediffusion.
19.
SON DERNIER ROUND
(ALONG CAME JOE)

 
Ne
pas confondre cet épisode avec Les
amis de Joey Kalima (10-04).
Joey Kalama est battu à mort après un match de boxe. Le seul témoin est sa petite amie Lois.
Mais
avec la confusion qui régnait dans
la ruelle, aveuglée par les phares de la voiture
des deux tueurs, elle ne peut apporter de
témoignage.
Cet épisode sans surprise raconte l'enquête
parallèle menée par le père
de la victime, le policier Phil Kalama (Frank
De Kova). Mc Garrett tente de l'écarter
de l'enquête (même schéma
qu'avec le détective de "Meurtre,
amour et poésie, 03-12, où
Monte Markham joue une situation similaire).
Kalama est un sanguin, et en bousculant –
accidentellement – un entraîneur
véreux, Nat Keller, il le fera tomber
d'un escalier, devenant à son tour
"recherché pour meurtre".
Belle prestation du toujours élégant
Peter Marc Richman (Les Envahisseurs,
Mannix, Les Rues de San Francisco, Dynastie,
Santa Barbara) en Nick Morgan, commanditaire
du meurtre de Joey Kalama. À l'époque,
il s'appelait simplement Mark Richman. Il
n'a pas dû être emballé
par la série car on ne le retrouve
plus en guest star dans les onze
saisons suivantes, alors qu'il a participé
(dans deux rôles différents)
aux deux saisons des Envahisseurs,
et qu'en général, il revient
plusieurs fois dans les séries où
il apparaît.
L'épisode multiplie les scènes "moralisatrices", par exemple lorsque Mc Garrett fait parler Lois, la petite amie, une fille de petite vertu, ou encore lors du final lorsqu'il rappelle son honneur de policier à Phil Kalama pour l'empêcher de tuer Morgan.
C'est un épisode trop prévisible,
avec l'éternel match truqué,
le boxeur qui accepte de se coucher mais ne
le fait pas, et que la pègre des paris
fait abattre. La scène où Mc
Garrett parvient à faire parler l'un
des deux tueurs est un copié-collé
de la façon dont il avait piégé
Cardonus dans Le témoin secret (01-12).
Aucune surprise donc dans cet épisode diffusé d'abord en 1973 sur la 3e chaîne ORTF. L'épisode a été souvent rediffusé par la suite, alors qu'il est loin d'être l'un des meilleurs.
20.
LA PREUVE VIVANTE – 1re PARTIE
(ONCE UPON A TIME –
PART 1)

   
Il
s'agit là d'un véritable épisode
en deux parties de cinquante minutes, non
d'un 90 minutes artificiellement découpé
en deux (comme le pilote Le cocon).
Cet
épisode a ceci de remarquable
qu'il nous fait enfin connaître la
famille de Mc Garrett. Et ce dans des conditions
dramatiques puisque sa sœur, Mary Ann
(Nancy Malone) a un bébé atteint
d'un cancer. La médecine l'a condamné.
Mais la sœur de Steve Mc Garrett a
choisi de se tourner vers les médecines
parallèles, en l'occurrence le Docteur
Frémont (Joanne Linville, qui reviendra
en deuxième saison dans un autre
rôle dans La reine de la Polynésie 02.24).
Or, le docteur Frémont est un charlatan.
Elle se sert d'un appareil électrique
et prétend guérir les gens
du cancer. Les malheureux, dépouillés
de leur argent, finissent par mourir. Si
le policier, loin de son Honolulu (l'action
se passe à San Francisco), parvient
à trouver des preuves, il se heurte
à l'hostilité de sa sœur
Mary. Frémont exerce sur elle un
chantage : "Votre frère veut
me mettre en prison, j'arrête le traitement."
Par conséquent, les deux parties de cet épisode ne vont pas du tout relever du genre "policier" à proprement parler, mais du drame psychologique.
Comme allié, Mc Garrett dispose de
son beau-frère, Tom, qui l'a fait
venir à San Francisco. L'épisode
ne cumule pas les scènes d'action
(il n'y en a aucune) mais la recherche de
témoins de familles victimes de Frémont.
Ce sont souvent des situations délicates,
car le policier vient réveiller des
souvenirs douloureux dans les familles.
De plus, le docteur Frémont a un comité de soutien (genre bande de cinglés fanatiques) qui croient en elle et la protègent.
L'inévitable arrive, et le bébé meurt. Mc Garrett traîne le docteur Frémont en justice. Parviendra-t-il à confondre cette dangereuse créature ?
21.
LA PREUVE VIVANTE – 2e PARTIE
(ONCE UPON A TIME –
PART TWO)

   
Les
Américains, on le sait, aiment
les procès télévisés.
C'est même un genre à part
entière. Perry Mason et Murder One en sont les illustrations.
Cet épisode se concentre donc sur
le procès de Mc Garrett contre
le Docteur Frémont.
De nombreux rebondissements vont se produire
au tribunal, car le docteur Frémont
trouve des témoins pour contredire
l'accusation. Le visage de Mary Ann, la
soeur de Mc Garrett, qui porte le deuil
de son bébé, est tendu et
ses yeux braqués tantôt sur
son frère, qu'elle croit responsable
du drame (il a provoqué l'arrêt
du traitement), tantôt sur Frémont.
L'épisode réussit à ne jamais ennuyer, alors que nous entamons une seconde tranche de cinquante minutes sur le même sujet. Mc Garrett découvre qu'il à fort à faire, ses poings, sa forme physiques, son équipe, tout ce qui lui permet d'habitude de combattre le mal est inefficace en l'occasion. Il doit donc piéger à son propre piège le charlatan.
Mc Garrett réussit avec difficulté à obtenir l'exhumation du corps d'une victime de Frémont. Hélas, le cercueil n'était pas étanche et il est impossible de confondre Frémont en faisant des analyses sur le cadavre.
Retour au tribunal : la tension augmente
lorsque Frémont accepte de faire
une démonstration. Elle va tester
la santé de Mc Garrett en mettant
sa machine électrique en marche.
L'avocat de la défense est particulièrement
vindicatif. Il déconseille à
sa cliente de laisser Mc Garrett tester
la machine.
Pour l'examen, Frémont fait un petit prélèvement de sang à Mc Garrett sur un bout de carton. Mc Garrett le subtilise et le remplace par un autre contenant une goutte de jus de fruit.
C'est la descente aux enfers pour la démoniaque
Frémont. L'écran d'ordinateur
de sa machine rappelle les décors
(à l'époque futuriste) des Avengers ou des Champions.
Le docteur a pris connaissance du passé
médical de Mc Garrett, et récite
cela comme si l'ordinateur le lui avait
révélé. Puis, elle
évoque l'avenir et indique au policier
qu'il va être atteint et mourir
d'un cancer avant la cinquantaine.
Enfin convaincue de la fumisterie de Frémont, Mary Ann se jette dans les bras de son frère.
Fin d'un double épisode atypique,
qui bien évidemment ne reflète
pas le Hawaii Police d'État que nous connaissons. Notons que des années
et saisons plus tard, Steve fera encore
allusion à ce qui est arrivé
à sa sœur en parlant à
la fille de Chin Ho.
22.
POUR LA PAIX
(NOT THAT MUCH DIFFERENT)

   
La
fin de saison approche et voici un épisode
témoin de son époque,
et il faut bien le dire assez incompréhensible
pour les jeunes générations
actuelles. Nous évoluons ici
dans le milieu étudiant contestataire
(l'épisode a été
tourné en 1969, en pleine guerre
du Vietnam). C'est le climat de "Mai
68" qui prédomine, pour
simplifier. Rappelons qu'aux États-Unis
eurent lieu de tragiques émeutes
étudiantes à Ken State.
Cette tragédie qui vit la police
tuer quatre étudiants se déroulera
quelques mois après la diffusion
de cet épisode, très exactement
le 4 mai 1970 dans l'Ohio.
Pour la paix est un titre ironique
pour un épisode très violent
qui voit la mort d'un jeune lors d'une
manifestation pacifique contre la visite
d'un général. Les étudiants
font front commun contre l'équipe
de Steve Mc Garrett, qui ignore que
derrière ce drame se cache une
rivalité entre deux jeunes gens.
Nous assistons au procès d'un
des leurs par le groupe. Une distribution
essentiellement jeune et sans vedette
invitée connue. L'épisode
reste très politique avec un
Mc Garrett moralisateur même si
la victime n'a pas été
tuée par erreur.
On peut considérer que ce genre
d'épisode a beaucoup vieilli
et nous n'en verrons certainement nul
ersatz dans le remake 2010.
Après qu'un des jeunes ait anonymement
informé Mc Garrett, l'histoire
quitte le terrain politique pour une
intrigue policière classique,
avec poursuite en voiture, innocent
sauvé au bord d'une falaise par
l'équipe de Five-O, conclusion
de Mc Garrett qui à la fois pense
qu'il n'y a pas "que de la mauvaise
graine" dans cette jeunesse, mais
aussi ironie devant l'assassin qui se
croit mortellement blessé. Mc
Garrett l'informe qu'il va aller méditer
de longues années en prison (la
peine de mort n'existe pas dans l'état
d'Hawaii).
Mais il y a une image rare dans cet
épisode, et qui vaut le détour,
nous rappelant le pilote Le cocon : Mc Garrett, devant un Danny Williams
médusé, joue de la guitare.
Profitons-en, les incursions du chef
de la police d'État dans la fantaisie
sont rarissimes tout au long des douze
saisons.
23.
SIX KILOS
(SIX KILOS)


Zéro
pointé pour cet avant-dernier
épisode de la saison qui, je
vous rassure, se terminera en beauté
avec Le grand Kahuna. Ces
deux épisodes font partie des
premiers diffusés en France
en 1973 et il fallut longtemps attendre
une rediffusion.
Tout d'abord, on prend le téléspectateur
pour un amnésique : nous retrouvons
(libre comme l'air) Carl Swanson,
toujours interprété
par Gérard S O Loughlin, qui
était le héros de l'épisode Les otages 01.17. Ici, il
fait la connaissance de Mc Garrett
qui se fait passer pour un cambrioleur,
Harry Brown (le vrai Harry a été
tué à l'aéroport
d'Hawaii par Danny Williams).
Or,
Swanson ne reconnaît pas Mc
Garrett. Alors, me direz-vous, l'épisode
est diffusé en fin de saison
mais l'action est antérieure
à Les otages. Eh non,
car Swanson se fait descendre à
la fin.
Pour le fan, cette incohérence
du scénario désoriente.
Dans la peau d'Harry Brown, Mc Garrett
porte des complets de luxe que l'on
croirait tailllés pour 007
ou Matt Helm des sixties,
est entouré de jolies filles
en bikini, et drague ouvertement Margi
(Antoinette Bower qui va se révéler
aussi dangereuse que dans l'épisode
des Envahisseurs : Alerte au rouge).
Mais Jack Lord nous a habitués
à être tellement sérieux
et martial, avec son visage de pierre
et ses manières rigides, que
de le voir se comporter comme un Thomas
Brown-Steve Mc Queen nous laisse plutôt
sceptique.
L'équipe de Five-O est sur
la piste de cambrioleurs dangereux
qui vont tenter un "gros coup"
à bord d'un yacht. Leur chef,
tel un Blofeld ou un Monsieur X/Valéry
Inkijinov des Chevaliers du Ciel,
ne communique que par le biais d'une
voix monocorde sur une bande magnétique.
La fin est un peu trop simpliste avec
Mc Garrett changeant la vitesse de
lecture du magnétophone révélant
ainsi la voix de... Margi, laquelle
vient d'abattre Swanson et un autre
comparse pour partager le butin avec
celui qui l'a séduite en Harry
Brown et l'arrête en Steve Mc
Garrett.
Ce ratage de fin de saison comporte
aussi un titre tiré par les
cheveux : Six kilos (qui
est aussi le titre anglais) est le
poids du butin dérobé
sur le yacht.
Un épisode à vite oublier pour découvrir une atmosphère fantastique et mystérieuse avec le fantôme du "Grand Kahuna".
24.
LE GRAND KAHUNA
(THE BIG KAHUNA)

   
En
douze saisons, Hawaii Police d'État qui est une série policière
du type "Police procedural",
c'est-à-dire crime-enquête-arrestation
du coupable, s'est rarement aventurée
dans le genre fantastique. À
deux exceptions
près : cet épisode final
de la saison 1 (mais qui relève
du "fantastique expliqué"
comme dans Belphégor la série télé,
ou chez Gaston Leroux) et le génial Coup de froid (10-21) que l'on
aimerait tant revoir. À ma connaissance,
l'épisode Coup de froid qui parle de cryogénisation (comme
les étudiants de l'académie
Alpha dans L'invasion des terriens, épisode des Avengers)
n'a pas été rediffusé
depuis la diffusion de l'intégrale
sur TF1 de septembre 1989 à mai
1990.
Le grand Kahuna, lui, après
sa diffusion confidentielle sur la 3e
chaîne ORTF pendant l'été
1973, a été rediffusé
plusieurs fois et est bien connu des
fans de la série.
Attachez vos ceintures, les frissons
sont au rendez-vous. Le vieux Sam Kalakua
(John Farley) est un personnage respecté
dans l'île, y compris par le gouverneur
qui demandera à Steve de le ménager.
Il possède un terrain qu'il refuse
de vendre, ce qui provoque des convoitises.
Voilà soudain qu'une nuit, il
est réveillé par un fantôme,
celui de la déesse Pelé.
Seul le téléspectateur
naïf ou inattentif ne remarque
pas sur le champ, à travers ce
personnage auréolé de
lumière, qui se déplace
dans l'air, une certaine ressemblance
avec l'actrice Sally Kellerman (héroïne
au cinéma de Mash) qui
joue ici la nièce du vieil homme,
Eleanor, pressée de faire passer
son oncle pour fou et de vendre la propriété
à un promotteur. À plusieurs
reprises, le fantôme de la déesse
Pelé se manifeste et Kalakua
finira par lui jeter une lanterne à
la figure provoquant un incendie et
son internement.
Une savante enquête de l'équipe,
avec Danny Williams performant qui découvre
plusieurs indices, nous permet de découvrir
que le fantôme n'est qu'un trucage,
un hologramme créé par
une compagnie de cinéma dirigée
par des hippies. Comme dans Belphégor,
il n'y a pas de fantôme mais un
truc.
Très bien réalisé
une fois de plus par le génial
Herschel Daugherty ( auquel on doit
pour l'instant les meilleurs épisodes),
le suspense est ménagé
jusqu'au coup de théâtre
final. Le premier plan la nuit ressemble
au début du Halloween 1978 de Carpeneter.
Puis, une fois le trucage révélé
au spectateur, on lui réserve
une autre surprise, terrifiante. Eleanor
va être punie par où elle
a péché. Se trouvant au
bord d'une falaise, la nièce
se déguise en son "effet
spécial" en chair et en
os, peinte sur tout le corps, fantôme
de déesse Pelé plus vraie
que nature, et veut faire tomber Kalakua.
Un
peu comme la scène finale de Sueurs froides avec Kim Novak,
elle va mourir. Ce n'est pas une religieuse
qui provoque sa chute fatale, comme
dans Vertigo de Hitchcock,
mais la vision de Mc Garrett et Danny
qui empêchent in extremis l'oncle de se suicider. Et sa chute
rappelle celle de Juliette Gréco
à la fin de Belphégor.
Moralité, quand on joue les fantômes
au bord du vide, il faut garder son
sang froid et ne pas soi-même
être craintive de personnes qui
arrivent subitement derrière
votre dos.
Fin morale de l'épisode et de la saison, le vieux Sam Kalakua lègue sa fortune pour la construction d'un hôpital pour enfants.
Fin de la première saison, Steve
Mc Garrett reviendra dans Assurance
sur les morts...
Crédits
photo: Paramount.
Images
capturées par Patrick Sansano.
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