
HORS
SÉRIE
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Vous les entendez tous dire : « Oh, on peut pas vivre sans amour ! ». Oui mais l’oxygène est quand même plus important !
Clarence, condamné pour un quadruple meurtre, attend dans le couloir de la mort son exécution. Mais il est soudain pris d’un accès de rage et de délire où il voit ses victimes lui parler, ce qui lui cause une crise cardiaque. Grâce aux relations de Stacy, House parvient à faire sortir le condamné de sa prison pour traiter son cas. Cameron de son côté tente de convaincre House de s’occuper du cas de Cindy, une très jeune étudiante qui pourrait être en phase terminale de cancer. Mais House, pas intéressé par ce cas « simple », refuse à la grande fureur de Cameron…
La saison 2 démarre en force avec cet épisode tonique et au rythme enlevé. Grâce à une idée de base géniale (pourquoi soigner un homme condamné à mort ?), l’épisode développe sans temps mort des situations très originales et stimulantes.
Après une introduction très testostéronée, nous découvrons le caractère bourrin du patient du docteur, assez violent dans son attitude, d’une présence massive et inquiétante. Pas un patient très habituel ! Perpetuellement antipathique par son orgueil et son tempéramment sanguin, Clarence révulse et fascine à la fois. Il n’a pas de gestes violents dans l’épisode mais la féroce introduction et le récit de ses exactions en dit long sur lui ! Par conséquent, une rencontre avec House ne peut qu’être étincelant !
Et en effet, House parvient à capter son attention en adoptant une attitude « fun ». La scène la plus symptomatique est la « beuverie » où House et Clarence picolent joyeusement : Clarence évacue ainsi le poison qu’il a ingéré !! Et comme par hasard, Cameron se pointe à ce moment et voit le spectacle ! Ah, les méthodes Housiennes, c’est quelque chose ! Surtout quand House dit de Cameron « qu’il aurait pu se la faire ! » (le pire est que c’est vrai !)
L’ambiguité étant une qualité chérie dans la série, le personnage de Clarence gagne subitement en épaisseur quand est fait mention de sa volonté de vouloir contrôler sa vie et sa part d’humanité réelle sans tomber pour autant dans l’angelisme, Foreman ramenant à la réalité un Clarence qui s’épanchait. Foreman a une attitude équivoque dans cet épisode : il donne un coup au cliché des noirs « forcément solidaires avec leurs compagnons de ghetto » en se montrant parfois cassant avec Clarence, instaurant une tension qui participe à l’atmosphère lourde de l’épisode. Quant à House, s'il accepte de soigner quelqu'un qui mourra de toute façon, c'est uniquement pour traiter un cas à sa hauteur ! La vérité et rien d'autre, comme son modèle Sherlock Holmes qui pratiquait son métier par amour de l'art...

Le diagnostic final est une véritable surprise qui remet en cause tout ce que nous venons de voir, la compassion l’emporte finalement sur cet assassin malgré lui. Armé de ce twist final, le scénariste ne tombe pourtant pas dans la facilité et la décision finale, « humaine » de Foreman est renforcée du fait que même si c’est une « bonne » décision, elle n’est pas moralement irréprochable comme lui rappelle House qui cependant le laisse libre de son choix. Ainsi, cet épisode laisse même dans sa conclusion cet arrière-goût qui ne rend jamais le happy end totalement « happy ». Quelle adresse ! Le Hallelujah final, méditatif, est d’ailleurs un excellent choix pour finir l’épisode.
Le cas de Cindy Kramer permet à Cameron de s’imposer dans l’épisode. Elle fait preuve comme d’habitude de son angélisme indéfectible. Défendant bec et ongles la belle jeune étudiante malade et toute seule (comme figure tire-larmes, dur de trouver mieux !), elle se brise à chaque fois devant la froideur de House qui semble avoir gagné en antipathie depuis l’arrivée de Stacy. Mais Cameron s’attache presque viscéralement à cette condamnée et comme le fait remarquer House, réagit comme une enfant en espérant de tout cœur une erreur de diagnostic et demandant des examens supplémentaires, dans l’espoir qu’elle n’est pas aux portes de la mort. Elle ne fait que retarder l’inéluctable. Elle a la vue brouillée par sa gentillesse excessive et son désir de changer l’ordre du monde. Sa conversation avec Wilson est bouleversante où elle explique que la mort de toute bonne personne est une tragédie et qu’il doit exister au moins une personne qui doit souffrir de sa disparition pour ne pas que cette vie soit inutile (raison pour laquelle elle se maria avec un cancéreux incurable). Le personnage de Jennifer Morrison, digne parfois des pires soaps, échappe quand même à la caricature en flirtant avec le pathos sans jamais y sombrer.
Après avoir retardé l’échéance, Cameron parvient enfin à délivrer la terrible nouvelle à Cindy (un progrès donc depuis Panique à la maternité). En même temps, elle se révolte contre le cynisme de House et s’oppose à lui (n‘ayant plus aucune illusion après Des maux d‘amour). Le personnage amorce doucement sa transition mais doit encore perdre ses illusions…
House, plus odieux que jamais empoisonne la vie de tout le monde, en gâchant l’après-midi de Chase, ou bien disputant un concours de piques avec Stacy ! Leurs scènes tournent toutes au duel verbal dès le début, quand House lâche un mensonge énorme à son ex (provoquant tout un débarquement de policiers dans l’hôpital, ne pas rater la tête effarée de Cuddy !). Cuddy n’est pas en reste et tente de maintenir son employé qui franchit lignes jaunes sur lignes jaunes. Ce trio est vraiment explosif ! Stacy continue de se comporter de manière trouble avec House, instaurant comme une sorte de relation Steed-Cathy mais avec encore plus d’acidité ! A retenir, sa mise en garde à Cuddy contre House : Il est craquant, faites attention !!!

Un épisode qui fait réfléchir enfin sur quelques thèmes : tout homme a-t-il droit aux mêmes soins, qu’il soit saint homme ou bourreau de la pire espèce ? (Quand House invente une « hiérarchie » volontairement stupide de criminels). Pouquoi sommes-nous jugés sur notre part d’ombre et non notre part lumineuse ? Est-ce la faute à la société paranoïaque dans laquelle nous vivons ? Autant de questions qui naissent à la vue de cet épisode particulièrement réussi.
LL Cool J manque de subtilité dans son personnage : quand il devient moins méchant, son jeu est assez pesant mais heureusement, quand il fait le bourrin, il le fait bien ! Christie Lynn Smith n’a pas la chance d’avoir un personnage développé et reste au second plan mais cette charmante tête blonde très douce ne s’oublie pas facilement. Hugh Laurie repousse les limites de la méchanceté de son personnage avec un entrain délicieux. Jennifer Morrison surprend en variant son jeu de la colère exacerbée à la sensibilité à fleur de peau. Sela Ward est le pendant parfait de Laurie en étant à son unisson et en se montrant aussi piquante que lui. Omar Epps est toujours aussi bon quand il s’agit de jouer dans la gravité…
Infos supplémentaires
- Le générique français (l’original étant indisponible en France pour raisons de droits) est légèrement réorchestré à partir de cette saison. Ses qualités musicales restent cependant très limitées ! Les décors de l’hôpital sont, eux, plus neufs et plus colorés.
- Le titre de l’épisode original Acceptance (Résignation) désigne en fait le stade final qui précède l’appréhension de la mort comme le mentionne House. Cameron, partageant le sort de Cindy, ne se résignera qu’à la fin d’accepter la nouvelle… Le titre français est plus axé sur Clarence…
- House n’aime pas quand on écrit sur SON tableau blanc ! Il déjeune régulièrement dans la chambre d’un comateux pour être tranquille et regarder la télé. D’après Stacy, il tient mal l’alcool. Il continue de regarder le soap opera Hospital central.
Par un curieux hasard, Christie Lynn Smith jouera par la suite dans 8 épisodes de… Hospital Central !!!
- Nous apprenons que Cuddy est juive, House mentionnant à son sujet le site de rencontres J-date, site de rencontres juif (traduit assez fidèlement par chercheunmecjuif.com). Son mot de passe pour accéder à sa base de données est partypants (porte-jarretelles). Le sous-titre français (mais pas la VF heureusement !) curieusement, traduit par trouble-fête !
Son assistant n’apparaît que dans cet épisode.
- Troisième épisode avec le personnage de Stacy. Fait surprenant, on la voit en blouse !
- Stacy a rencontré son mari à un gala de charité ; House, dans un bar à strip-tease dont l’entrée était à 2$ (qu’elle regrette depuis avoir dépensés !). Dans Des maux d’amour (saison 1), House disait que le café Spoleto était un ancien bar à strip-tease, est-ce là qu’il l’a rencontrée ? Elle dit qu’elle aime le faire souffrir quand elle lui parle. Selon House, elle a une voix stridente.
- Jennifer Morrison s’est teint les cheveux en blond ! Sa couleur changera cependant au fil des épisodes.
Reflexion de Clarence, le condamné, sur la jeune femme : That's the finest piece I seen in ten years. (Le plus beau cul que j’ai vu en dix ans !) En voilà un homme de goût !
- Foreman a un tatouage amérindien au poignet droit, son symbole a pour sens « Force de vie ». Il dealait de l’origan quand il était en prison.
- Chase sait faire de la voile. Il est contre la peine de mort par principe mais préfère « voir un meurtrier subir cette peine que d’avoir des ennuis avec son patron »
- House, pour se moquer du moyen mnémotechnique de Chase, mentionne le Yahtzee. C’est en fait un jeu où l’on jette cinq dès. On garde un ou plusieurs des dés et on jette les autres, on refait la même recette une troisième fois. Le but est d’obtenir à la fin (ou avant) cinq fois la même valeur aux dès. Cette combinaison, surnommée également Yahtzee, est la meilleure du jeu et permet au joueur chanceux de gagner.
Erreurs médicales :
- Quand Wilson examine la radiographie de Cindy que Cameron lui remet, il la tient à l’envers !
- Quand House examine Clarence au dispensaire, il tient mal son stéthoscope : il le pointe vers l’arrière de sa tête, au lieu de l’avant !
Références :
- House mentionne le chef-d’œuvre de John Boorman Délivrance quand il envoie Chase interroger les détenus car il a « une belle gueule » (prettier mouth)
- Quand House appelle Cindy Cindy Lou Who, il fait référence à un fameux dessin animé de Noël, diffusé en 1966 sur la télé américaine : Comment le Grinch a volé Noël ! (How the Grinch Stole Christmas!)
- Quand Cuddy l’apostrophe, House réplique par l’onomatopée ruh-roh, à la manière de Scoubidou.
- La chanson à la fin de l’épisode est Hallelujah de Leonard Cohen, interprétée par Jeff Buckley.
Acteurs
LL Cool J (1968) est un acteur et rappeur américain. Après avoir vécu une enfance chaotique (voyant son père tuer sous ses yeux sa mère et sa grand-mère), il se lance dans le rap, quittant tôt l’école et sortant son premier album à 17 ans qui est un succès. Il sort régulièrement plusieurs albums tout en menant une carrière d’acteur au cinéma (Halloween, 20 ans après, Peur bleue, Charlie et ses Drôles de Dames, Le Deal, SWAT…). Il écrit parfois la musique de certains films. En 2009, il s’intéresse enfin davantage aux séries en jouant Sam Hanna (48 épisodes), un des rôles principaux de NCIS : Los Angeles (spin-off de la série NCIS : Enquêtes spéciales)
Christie Lynn Smith a commencé par tourner quelques publicités. Marquée par le film Grease, elle s’oriente vers la comédie. Elle joue quelques courts métrages qui lui valent ses premières récompenses. Une pièce de théâtre en 2001 lui permet d’attirer l’attention sur ses capacités à jouer des rôles demandant beaucoup d‘émotion. Cette superbe blonde solaire a joué dans beaucoup de séries comme Les Dessous de Palm Beach, Beverly Hills, 7 à la Maison, Charmed, Alerte à Malibu, JAG, Les Experts, Malcolm, Des jours et des vies (2 épisodes), Las Vegas, Monk, Bones, Dexter, Urgences, FBI : portés disparus, Hôpital Central (8 épisodes), 90210, Castle... ainsi que quelques téléfilms…
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- Si elle n’a jamais embrassé de garçon, c’est clair qu’elle n’a jamais fait l’amour.
- Dis ça aux tapineuses qui ne veulent jamais m’embrasser sur la bouche !
Andie, 9 ans, est une petite fille atteinte d’un cancer incurable. Alors qu’elle était dans sa salle de bain, elle est prise d’hallucinations. Amenée à l’hôpital, elle surprend House par le courage qu’elle manifeste devant l’imminence de sa mort. House et son équipe tentent de trouver ce qui a causé ses hallucinations, ce qui permettrait de rallonger sa durée de vie. Ils ignorent qu’ils seront contraints d’adopter, pour résoudre ce cas, une technique « extrême »…
Ce très bel épisode atteint une grande intensité dramatique, pas fréquent dans une série médicale. Il le doit beaucoup au personnage principal du jour, furieusement atypique et émouvant.
Andie, cancéreuse incurable, fait preuve en effet d’un hallucinant courage : alors que sa vie, dont on sait qu’elle sera tristement brève, risque d’être encore abrégée à cause de sa nouvelle maladie, elle arrive à rester digne, confiante, souriante, comme si elle n’avait pas conscience de ce qui lui arrivait. Ses deux scènes avec Chase sont à cet égard tout à fait remarquables : dans la première, elle fait montre d’une bonne humeur plutôt décalée dans la situation où elle se trouve, étonnant Chase par sa connaissance de tous les risques qu’elle encourt. La deuxième est encore meilleure : délaissant son sourire, elle se montre d’une gravité et d’une maturité rarissimes pour une enfant de son âge, elle sait qu’elle risque de mourir mais refuse d’être affectée. Poussant le stoïcisme à son extrême limite, elle désarçonne tous les médecins et Chase en premier lieu. Leur scène est remarquable de ton et aboutit au fameux baiser entre les deux personnages. Voir une enfant de 9 ans embrasser un homme de 30 ans sans qu’il y ait le moindre sous-entendu obscène est une preuve que cette série est décidément à part dans l’univers médical ! Précisons que cette scène inquiéta beaucoup la production qui avait peur qu’elle fut censurée par la chaîne. Heureusement, la direction comprit l’innocence de la scène (Andie voulait seulement embrasser un garçon une fois dans sa vie) et la conserva. La grande réussite de ces scènes doit beaucoup à la complicité entre Sasha Pieterse et Jesse Spencer.
Le courage d’Andie est la grande affaire de l’épisode : alors que tous les médecins sont admiratifs devant cette attitude que peu de gens oseraient adopter, House est le seul à s’en irriter : après l’échec des différentes opérations, Andie est condamnée et sa mère fond en larmes… mais pas sa fille qui reste tout à fait insensible à cette nouvelle, comme si elle avait déjà fait ce long et douloureux travail intérieur qui consiste à accepter la mort prématurée. House entretient alors une jalousie féroce à son égard : lui qui n’aime pas ses semblables est devant une jeune enfant pure, sans défaut et sans peur. Bref, un être humain qu’il ne peut rabaisser ou attaquer ce qui est franchement embêtant pour lui ! Il devient même carrément insupportable lorsqu’il veut voir si Andie flanchera quand on lui apprendra sa mort prochaine, ce qui provoque un Go to hell ! (Va te faire foutre !) dégoûté de Wilson. Il essaiera même de l’effrayer en lui disant en quoi va consister la terrible intervention désespérée (par sadisme ou par respect pour sa maturité ? Délicieuse ambiguité) que les chirurgiens vont essayer. Si Andie finit enfin par pleurer ce n’est pas pour elle mais pour sa mère qui serait inconsolable après sa mort : House a beau lui dire qu’elle se prépare à un reste de vie douloureux et amer, et qu’il vaudrait mieux en finir, elle veut vivre pour celle qui lui a donné le jour. House ne peut rien dire face à une telle déclaration d’amour filial.

House refuse d’avouer la grandeur d’âme d’Andie, allant même jusqu’à penser que son courage serait dû à un simple dysfonctionnement du centre de la peur du cerveau ce qui rendrait caduc la valeur de son courage. L’antipathie joussive du docteur a encore augmenté depuis la saison précédente ! Elle est heureusement tempérée par la scène finale : il descend finalement la voir et Andie le serre dans ses bras. House reste d’une froideur innommable mais son regard puissant et troublé montre bien la confusion qui est en lui : il est capable d’émotion mais par peur de paraître humain (donc faible), il tente de les cacher.
Andie, décidément enfant parfaite devine ce qui se passe dans la tête de House et lui donne conseil de profiter de cette journée, de la Vie, en fait. Cette déclaration, ajoutée à celle de Wilson qui lui avait fait remarquer qu’Andie aimait plus la Vie que lui contribue House à sortir et se promener avec une super moto dans la campagne. House n’a pas perdu toute son humanité…
Tout au long de l’épisode, l’intensité dramatique ne faiblit jamais : la recherche médicale est très passionnante : Wilson modère les propositions trop risquées de House (scène du balcon, humoristique mais très intense) qui pour une fois l’écoute. Mais aussi l’écoute des battements du cœur d’Andie dans la salle des douches, l’opération à cœur ouvert, les trois diagnostics différentiels. Et bien entendu le climax de l’épisode : l’autopsie d’Andie, tuée artificiellement. Car l’épisode repose aussi sur ce coup de théâtre : House fait subir une mort clinique à Andie pour pouvoir trouver le caillot par autopsie avant de la « ressusciter ». Tuer un être humain pour le sauver… quelle situation inédite !!! Et cette dernière scène développe un effroyable suspense, car si les médecins ne trouvent pas rapidement le caillot, Andie mourra réellement. Suspense initié par la « répétition générale » de l’opération qui n’a cessé de foirer. Foreman, finalement, entrevoit brièvement le caillot. House remonte dans notre estime en accordant sa confiance à Foreman et ça marche ! Andie est sauvée d’extrême justesse.

Le cas secondaire du jour est magnifique d’absurdité : un homme, pour satisfaire sa copine juive, s’est auto-circoncis avec un cutter (Randall Park, très drôle !)… et ça n’a pas très bien marché ! C’est pas tous les jours qu’on voit des patients qui ont un tel grain dans la tête ! House lui-même semble rester sans voix devant la situation !!
Détail : on remarquera que House est surpris, qu’au début, que Cameron lui sert une boisson. Le bref regard qu’ils échangent est ambigu tout comme le curieux mensonge de House qui prétend apprécier le nouveau mélange de Cameron.
On reste pantois devant le talent incroyable de Sasha Pieterse qui à 9 ans accomplit une superbe performance d’actrice et parvient, dans ses quatre scènes principales à être impressionnante de vérité et d’émotion, un second rôle hors-classe ! Jesse Spencer est également excellent mais la palme revient à Robert Sean Leonard, très impliqué, qui s’oppose sans cesse à House et lui tient tête avec acharnement, mettant une grande humanité dans son personnage, il est éblouissant de talent ! Il a jamais semblé aussi sympathique. La mise à l’écart de Jewel Christian (la mère) est judicieuse, empêchant tout pathos. Le reste du casting est à l’écart mais Lisa Edelstein est toujours aussi craquante dans ses échanges avec House (On peut faire une autopsie sur quelqu'un de vivant ?……. - Vous êtes raide ?!!). Bien entendu Hugh Laurie, encore plus antipathique, est enthousiasmant.
Infos supplémentaires
- L’introduction de l’épisode dure 1’09, c’est une des introductions les plus courtes de la série. La salle de bains est en fait une maquette, nécessaire pour pouvoir filmer le « tremblement de terre ». Le balcon qui relie les bureaux de House et Wilson est en fait un décor intérieur.
- Lawrence Kaplow a reçu un Writers Guild of America Award pour avoir écrit le scénario de cet épisode. Au départ, la patiente devait avoir 40 ans. Son âge fut ramené à 9 car permettant plus d’émotion. Le recours à l’autopsie sur une personne vivante fut le point de départ de l’histoire, Kaplow souhaitant que quelqu’un soit tué pour sauver l’enfant. Finalement, le scénario décida de tuer l’enfant elle-même… pour la sauver !
Kaplow apprit par la même occasion la procédure d’autopsie et le son différent des valvules du corps humain.
- House a un goût très modéré pour le mélange noix-gingembre (d‘après Shore, cet échange fut une pure improvisation des comédiens). Il se shooterait tous les mardis. Et il confirme qu’il voit à l’occasion des prostituées…
Quand il est trop malade pour écrire au tableau, House délègue (selon son contrat, il paraît !) cette tâche à Cameron, et sinon, à Foreman. Chase, lui, n’est « pas prêt ». Chase écrira pourtant sur le tableau dans l’épisode House contre Dieu. House prend parfois du « baume du tigre ».
- La balle de House dans la saison 1 fut volée. Dans la saison 2, on a une nouvelle balle. La disparition d’accessoires est courante dans une série. Ainsi, les perruques blondes de Linda Thorson durant la saison 6 de Chapeau Melon et bottes de cuir connurent par exemple le même sort.
- Détail : Hugh Laurie n’était pas enrhumé pendant l’épisode, c’est simplement une idée de Kaplow.
- House écoute dans les douches de l’hôpital (parce que l’acoustique y est meilleure !) le célèbre air Nessun Dorma, extrait du troisième acte de Turandot, le dernier opéra (inachevé) de Giacomo Puccini (1858-1924). Cet air de ténor, réputé très difficile et très éclatant a été rendu populaire par l’interprétation qu’en fit Luciano Pavarotti. C’est une des rares fois où l’on voit House écouter de la musique classique (bien qu’il en joue parfois sur son piano) et un signe de son affection pour la plupart des genres musicaux…
- Chase a trente ans. Mais Jesse Spencer (26 ans à l‘époque) n’était pas convaincu que le public penserait qu’il aurait réellement cet âge !
- Wilson a une affiche du film Vertigo, un des plus grands chefs-d’oeuvre de Sir Alfred Hitchcock (1958), dans son bureau. Il a de bons goûts cinématographiques… Il semble ne pas aimer les chiffres (surprenant pour un médecin !) et flirterait avec Debbie, la comptable de l’hôpital, d’après House. Quel chaud lapin ce Wilson !
- House, au sujet du patient qui s’est (mal) autocirconcis, mentionne Rifkah, qui est en fait le prénom Rebecca. La belle-fille d’Abraham est un personnage du livre de la Genèse dans la Bible et importante figure matriarcale des religions (car mère d‘Esaü, fondateur de la branche juive et de Jacob, fondateur de la branche musulmane). House manifeste donc ici toute sa dérision envers les religions et les exigences stupides de la petite amie du patient…
Erreurs médicales :
- Dans la scène d’introduction, Andie s’injecte du produit contenu dans une seringue… mais la seringue est vide !
- Lorsque Wilson dit à House de prendre du Benedryl, celui-ci répond qu’il en prend des doses de 1000 mg… ce qui est 20 fois la dose recommandée ! Un tel dosage est mortel ! Il est cependant possible qu’il s’agisse ici d’une private joke, House se payant la tête de son ami…
- A noter : certains détails médicaux sont rajoutés en post-production pour les épisodes. Ici, ce fut le cas, avec par exemple le sang dans l’œil d’Andie. De même, les dialogues de la scène finale furent coupés, accompagnés seulement de la chanson. Quant au plan final, il est virtuel : c’est un effet spécial avec ajout par ordinateur d’un motocycliste.
- Erreur de continuité : La moto conduite par House à la fin est un Aprilia RSV 1000 mais le bruit de son moteur évoquerait plutôt un « inline-4 bike ».
- Mis à part l’opéra de Puccini, la soundtrack est constituée de deux morceaux : In the deep de Michael Becker et Kathleen York, chantée par cette dernière ainsi que la chanson de Linda Perry Beautiful interprétée dans l’introduction par Christina Aguilera et à la fin par Elvis Costello (qui la chanta exclusivement pour cet épisode). Le choix de Costello s’explique par le fait que Shore ne pensait pas que le style d’Aguliera convenait à la série et donc voulut une autre version.
Acteurs
Sasha Pieterse (1996) est une enfant précoce de la comédie : elle tourne dès l’âge de six ans dans la série Family Affair (8 épisodes) et depuis tourne à la télévision dans des séries comme Stargate SG-1, Les Experts : Miami, FBI : portés disparus, Medium… mais c’est surtout son rôle d’Amanda Struzella dans la série Heroes (11 épisodes) qui a contribué à sa notoriété, conjointement à sa performance dans cet épisode. Elle a tourné dans quelques films comme X-Men : le commencement et joue dans la série populaire Pretty little liars (19 épisodes en juin 2011).
Il est à noter que David Shore et Katie Jacobs furent admiratifs de la performance de la jeune comédienne. Elle portait évidemment une perruque chauve qui la plupart du temps ne recouvrait qu’à moitié ses cheveux, aussi ne voit-on jamais l’arrière de son crâne (à l'exception de l'introduction).
- La bonne nouvelle, c’est qu’il ne râlera pas de perdre sa main s’il ne peut plus respirer !
Parce qu’elle prépare un dîner, Cuddy demande à Alfredo, son couvreur mexicain, de travailler plus longtemps malgré son asthme. Mais Alfredo finit par tomber du toit. Amené à l’hôpital, tout le monde constate avec horreur que sa main droite noircit : elle se nécrose et il risque de perdre tout espoir de travailler. Cuddy, en proie à une profonde culpabilité, interfère dans le diagnostic de House dans l’espoir de se racheter mais ne fait qu’aggraver son état. Stacy tente alors de calmer le jeu entre les deux médecins.
Pour la première fois depuis le début de la série, un épisode donne le premier rôle à Cuddy. L’occasion pour Lisa Edelstein de nous éblouir de son talent quand il s’agit de jouer le drame. De plus, cet épisode nous offre un intéressant cas médical couplé à de superbes dialogues. Malgré quelques longueurs, cet épisode est un des plus marquants de cette saison.
Le sujet principal de l’épisode est l’opposition Cuddy/House, arbitré de loin par Stacy dont nous saluons avec joie la réapparition. En dépit de son ironie et de sa froideur, nous savons bien que Cuddy est très humaine au fond et cet épisode le confirme définitivement. Effondrée par l’état d’Alfredo, elle se considère comme responsable totale de sa chute et ne cesse de trouver des diagnostics axés uniquement sur le fait qu’elle est coupable (ce qui fera dire à House que dans ce cas, l’univers tourne autour du toit de Cuddy !). House a beau lui faire comprendre que rien ne prouve que c’est sa faute, peine perdue : le remords dévore Cuddy, la conduisant au bord des larmes à tel point que Stacy devra jouer de son comportement dominateur pour la calmer (scène où elle exige que Cuddy ne s’approche pas d’Alfredo). L’enjeu est de taille : si Alfredo perd sa main, il ne peut plus nourrir sa mère et son frère cadet qui sera alors obligé de quitter ses études et de travailler minablement alors que sa famille avait tant foi en lui… Le poids est trop lourd pour la sensible Lisa qui ne tient pas en place, assistant de loin à tous les examens sans pouvoir intervenir. Elle se sent tellement nulle qu’il suffit que House pointe un de ses défauts avec la douceur qui le caractérise pour qu’elle hoche la tête. Voir Cuddy « qui ne joue pas sa Cuddy » est un agréable changement et permet de mieux considérer la femme derrière le médecin.
Les dialogues sont d’une puissance incroyable. House sermonne Cuddy sur sa faiblesse : elle est attachée à Alfredo, donc son diagnostic n’est pas neutre, donc son jugement est faussé. Curieusement, House, dans le double épisode Euphoria, subira également une perte de jugement objectif du fait qu’il connaît le malade. Mais en attendant, House « ayant raison » profite de sa supériorité pour mettre Cuddy en face d’elle-même avec cette fois un ton doux inhabituel chez lui ! La scène finale dans le bureau où il prononce une de ses plus belles tirades est un grand moment d'émotion dans la série… qu’il réduit immédiatement en pièces en faisant une énorme avance sexuelle à Cuddy avant de se retirer en vitesse ! Eh oui, House, ennemi du sentiment jusqu’au bout…

On pourrait craindre qu’un pathos lourd pénalise cet épisode mais tout début de dégoulinade est joyeusement saboté par House qui casse immédiatement l’atmosphère par ses réparties grinçantes : Entre autres, quand Cuddy tente de l’émouvoir (ainsi que le spectateur compatissant) sur le sort qui attend Alfredo et sa famille si on lui coupe la main, House balaye l’argument : Y’a que du pathos ! Rien de médical là-dedans !! La scène du bureau de Stacy va dans le même sens : on est là pour parler de la terrible décision de l’amputation mais toute émotion est annulée par la colère de House qui s’emporte contre la subjectivité de Cuddy et le louvoiement de Stacy. Chose curieuse, Stacy mate momentanément House (Shut up !) et parvient à garder la tête froide. C’est seulement après avoir bien réfléchi avec Lisa qu’elle accepte l’amputation tandis que House, avec justice, attaque son ex qui a le don de s’opposer systématiquement à lui. Elle est pourtant la Raison incarnée mais House et la Raison…
Dans la salle de consultation, Stacy conseille à House (qui ne consulte personne bien entendu) d’être plus gentil avec Cuddy ; évidemment, elle se fait allégrement rembarrer !
Enfin, comme si ça n’était pas suffisant, un double coup de tonnerre conclut l’épisode : la révélation de la maladie apparaît sous les habits de l’humour noir (House est si sûr de lui qu’il n’attendra même pas la confirmation du diagnostic !) et surtout le retournement final qui propulse la fin dans un sommet d’ironie acérée et dans un happy end d’un cynisme dévastateur ! Félicitations à Matt Witten qui noircit finalement la victime sans pour autant la juger !
L’humour n’est pas absent car la fouille de l’appartement de Cuddy par Chase, Foreman et House est un moment de pure comédie : le pari truqué de House qui mystifie ses deux acolytes est à rapprocher de Steed réussissant « à sa manière » l’épreuve du « petit pois » dans Le Club de l’Enfer (saison 4 de Chapeau Melon et bottes de cuir), les fausses photos de Chase dans le tiroir à sous-vêtements, les strings rouges ou pas rouges de Cuddy ainsi que les tampons de la dame jusqu’à la réaction outrée de Cuddy devant l’audace de House ! Autant de détails piqûants ! Stacy nous prouve aussi qu'elle sait jouer à Sherlock Holmes en devinant ce que lui cache Wilson. 
Shippers : à vos claviers ! une tension sexuelle s’instaure lors des fouilles des appartements avec une Cuddy éludant les questions sur ses rapports avec House (et inversement). Il y a quelque chose de fort entre deux comme le soupçonne Chase. Ce voile mystérieux est à peine levé ici et nous met en appétit ! Cuddy et House auraient-ils eu une relation intense dans le passé qui expliquerait leur cohabitation sous haute tension ?
Le cas médical principal est bien construit et son suspense (amputation or not amputation ? Vivra ou pas ?) joue avec les nerfs du spectateur, pris dans ce diagnostic difficile.
Le cas médical secondaire manque d’humour mais est révélateur de la paranoïa du racisme : un vieil homme noir refuse de prendre un médicament qui a spécialement été conçu pour eux, il veut celui des « blancs » (racisme anti-blanc bien présent dans les échanges, rappel que le racisme marche dans les deux sens) ce qui nous vaut quelques échanges bien secs entre lui, House (qui le dupe avec son sans-gêne coutumier) et Foreman. La dispute de Foreman avec House sur l’ambiguité de l’attitude des Blancs, même non-racistes, envers les Noirs est lourde de sens et fait désespérer qu’un tel fléau social disparaîtra.
Lisa Edelstein a du mal à convaincre dans le premier quart d’heure de l’épisode avec un jeu surjoué. Mais elle se rattrape dans les deux tiers restants avec une remarquable composition de femme ravagée et blessée, et apporte beaucoup d’émotion. Elle montre qu’elle est vraiment une grande actrice ! Hugh Laurie monte d’un cran dans l’agressivité tandis que Sela Ward enchaîne réprimandes et coups de gueule avec un entrain communicatif tout en demeurant solidaire du personnage de Cuddy avec une grande sincérité. Ce trio brillant laisse les autres comédiens sur la touche, y compris Ignacio Serricchio qui est certes correct mais a du mal à se démarquer. Sa famille (Christine Avila et J.R.Villarreal) est de même confinée dans un rôle purement lacrymal. Mais ce défaut n’entache que peu ce brillant épisode.
Infos supplémentaires
- Quatrième épisode avec le personnage de Stacy.
- Humpty Dumpty est le titre d’une comptine enfantine à propos d’un personnage qui chute du toit d’une maison. Le titre original de l’épisode apparaît donc bien choisi. Le titre français privilégie les états d’âme de Cuddy.
- Nous en apprenons davantage sur Cuddy : elle rêvait d’être médecin dès l’âge de 12 ans. Elle fut diplômée d’une l’école de médecine du Michigan à 25 ans, arrivant - à sa grande fureur - deuxième de sa promotion (bien que cela ne soit pas dit, on peut supposer qu’elle fut dans la même promotion que House et que ce fut lui qui fut le premier). Elle fut nommée enfin médecin-chef à 32 ans, ce qui en fait la deuxième femme médecin-chef la plus jeune de l’histoire de la médecine. Cependant, elle ne pratique plus la médecine depuis 10 ans.
- Elle semble affectée de contredire toujours House. Elle habite au 925 de sa rue et c’est la première fois dans la série que nous voyons son appartement. Elle fait régulièrement du jogging. Plus légèrement, elle a dans son tiroir de sous-vêtements des strings roses-rouges (et aucune photo de Chase) et utilise des tampons « super ». Enfin, selon House, elle est très sexy quand elle hurle…
- House a déjà été viré quatre fois d’un hôpital. Bien que Cuddy refuse de dire pourquoi elle a engagé House à Cameron, nous aurons la réponse dans l’épisode L’homme de ses rêves (saison 3). D’après elle, quand House étudiait dans le Michigan, il était « déjà une légende ». House parle également parfaitement espagnol.
- Stacy voulait être avocate depuis l’âge de 6 ans. Nous apprenons que c’est elle qui a plaqué House et non l’inverse.
- On remarquera que la fin du générique précise qu’aucun animal a été blessé durant le tournage. Nous avons vu en effet des coqs dans la scène finale.
- House demande à Cuddy de consulter son équipe qu’il surnomme le « scooby-gang ». Il s’agit bien entendu d’une référence au film Scoubidou (1969). Quoiqu’il est possible que ce soit aussi une allusion à l’autre Scooby-gang, le groupe qui lutte contre les forces des ténèbres dans la fameuse série Buffy contre les vampires.
- La soundtrack de l’épisode est constituée de la chanson Delicate de et par Damien Rice et de la Salsa Habanero de Wayne Jones.
4.
ÊTRE OU PARAITRE
(TB OR NOT TB)

 
- Je parie que vous avez une chatte.
- Oui, celle de ma mère, elle est morte
- Vous gardez une chatte morte ?
- Non, ma mère est morte.
- Ah… pauvre chatte !
Sebastian Charles, un médecin très populaire, combat la tuberculose en Afrique. Lors d’une réunion avec son sponsor, il s’écroule. Il est certain d’avoir attrapé la terrible maladie mais House pense qu’il souffre d’un autre mal encore plus sérieux. House déteste tout de suite son patient « exemplaire » et il n’a de cesse à le rabaisser. Lorsque Charles commence à flirter avec Cameron qui ne semble pas insensible, House et lui entrent en conflit ouvert…
La saison 2 a parfaitement réussi son lancement avec trois épisodes consécutifs de très haute qualité. Du coup, la brusque descente du niveau se fait douloureusement ressentir à la vue de cet épisode qui bien qu’original, subit une surcharge de verbiage et de pathos qui en fait exactement l’antithèse de l’épisode précédent.
Pourtant le début était prometteur : Charles étant médecin de profession, il est présent lors du premier diagnostic différentiel, posant son avis (tuberculose). Evidemment, cela produit quelques étincelles avec House (en désaccord, comme par hasard) qui n’apprécie pas vraiment qu’on marche sur ses plates-bandes ! Les vannes de House, très acides pour le coup sont donc très percutantes ! (Il s’est écroulé - Sous le poids de son ego ?).
Malheureusement, on doit déchanter car la poursuite du cas médical s’avère poussive, sans trop de trouvailles. On retiendra quand même qu’il vaut mieux surveiller House quand il veut faire le « test de la bascule » à un patient car il dépasse très vite les normes de sécurité (et gagne au passage un pari stupide avec Foreman) ! Mais sinon, rien de bien palpitant car on n’arrive jamais à s’inquiéter pour Charles (qui ne pâlit pas trop si ce n‘est une peu marquante chute d’escalier). Du coup, l‘atmosphère d‘urgence qui sied si bien à la série est absente (accentuée par le manque d‘intensité des situations) de cet épisode trop lent. Le « rebondissement » central avec la courageuse mais peu judicieuse décision de Charles est certes inattendu mais peu crédible. S‘il manifeste ainsi une haute grandeur d‘âme, son personnage devient tout à fait inintéressant, sans face d‘ombre, sans faute. Et ce qui marchait dans Leçon d‘espoir échoue ici à cause de l‘absence de mystère. En effet, le patient de la semaine est d’un ennui rare. Certes, très sympathique car « humaniste » ; mais ses discours ronflants sur le mal qui sévit en Afrique répétés tout au long de l’épisode tapent sérieusement sur les nerfs. Le fond est remarquable mais la forme pénible. La série veut certes interpeller le spectateur sur ce grave problème mais déclamée sur un mode moralisateur, l’idée perd beaucoup de sa force. Ce défaut culmine lors de la scène avec la TV, bien trop "pathos". Heureusement que House sabote royalement l'interview mais le mal est fait...
Enfin, l’opération finale manque cruellement de suspense, ce qui laisse un goût d’inachevé quand défile le générique de fin.

Ce qui ferait le sel d’un épisode comme celui-là serait un affrontement bien méchant entre les deux médecins mais il se résume à un bref échange entre Cameron et Charles (objectivité contre subjectivité) et une trop brève scène entre les deux docteurs dans laquelle cependant House se déchaîne en matière de saloperies ! La fin justifiant les moyens.
David Foster a voulu en contrepoint montrer un commencement de romance entre Cameron et Charles (avec une pointe de jalousie de Chase ! Annonciateur de ce qui arrivera dans les épisodes suivants) mais hélas cette facette de l’histoire est d’une médiocrité agaçante : non seulement, les comédiens adoptent un jeu compassé mais l’académisme des situations qu’elle entraîne (Cameron défendant Charles, Cameron veillant sur Charles, Cameron souriant à la drague pas très subtile de Charles, etc.) plombe lourdement le rythme. En plus, comme tout reste en surface, sans réelle avancée, tout ce pan de l’histoire apparaît bien inutile. Les fans du Hameron (relation Cameron-House) doivent passer ici leur chemin tant House a l’air tout à fait au-dessus de cette espèce d’amourette sans lendemain. L’étreinte platonique entre les deux intéressés apparaît donc comme logique et constitue le seul point réussi de cette tentative.
Heureusement l’épisode est relevé grâce à un House plus salaud que jamais qui balance traits sur traits et fait disjoncter toutes les règles de bienséance (scène devant les journalistes TV, scène où il supprime tout confort dans la chambre du patient, quand il le traite de crétin, quand il dit à Foreman qu’il ne sait pas encore maîtriser l‘art d‘insulter une patiente… le sommet est quand il vole un steak à la cantine !) si par hasard on avait encore quelques doutes sur le sujet !
Le cas secondaire marche cette fois à l’humour noir où Foreman commet une bourde… et c’est House qui paye les pots cassés grâce à Cuddy qui semblait n’attendre que ça pour bien le faire hurler ! C’est finalement la résolution de ce cas qui constitue la meilleure scène de l’épisode : House, profitant de son handicap (la faiblesse devient une force) réussit à s’excuser auprès de la patiente… sans s’excuser ! Cuddy croit réellement qu’il s’est excusé alors qu’en fait non !! Ce faux-semblant est tellement énorme qu’il déchaîne le rire ! Cameron, d’ailleurs, au lieu d’être choquée semble amusée par ce qui vient de se passer. Ca y’est, elle commence enfin sa mue… Donc un scénario faible, un patient oubliable mais des dialogues étincelants !

Ron Livingston sous-joue son personnage. N’est pas David Duchovny qui veut hélas, et sa performance est certainement une de ses moins bonnes. Jennifer Morrison est, elle, atone à souhait quand elle ne surjoue pas la colère. Heureusement, un Hugh Laurie survolté et une Andrea Bendewald très déterminée sauvent la mise.
Infos supplémentaires
- Le titre original de l’épisode est évidemment un pastiche de la célèbre phrase inaugurant le monologue d’Hamlet (Acte III scène 1) de William Shakespeare (1564-1616), souvent considéré comme le passage de littérature anglaise le plus renommé au monde. TB désignant en fait l’abréviation du mot tuberculosis. Ce jeu de mots ne fonctionnant pas en français, le titre VF est donc moins fort.
- Ron Livingston (Sebastien Charles) jouait Jack Berger dans la saison 5 et 6 de Sex and the city, un des (nombreux) amants de Carrie Bradshaw (jouée par Sarah Jessica Parker). Curieusement Cynthia Nixon (Miranda Hobbes), un des principaux rôles de la série jouera dans un épisode de cette saison : Faux-semblants. Enfin, Jason Lewis (Smith Jerrod), dernier amant de Samantha Jones (jouée par Kim Cattrall) jouera dans deux épisodes de la saison 4 : Trop gentil pour être vrai et Pour l’amour du soap. Trois comédiens de Sex and the city ont donc joué dans la série !
- Première fois que la scène d’introduction se passe à l’étranger (ici en Afrique).
- Le groupe pharmaceutique sponsorisant les actions de Charles s’appelle Stoia Tucker. C’est un clin d’œil à Chris Stoia, premier assistant réalisateur de la série.
Erreurs de continuité :
- A Princeton-Plainsboro, on utilise des pilules qui bougent toutes seules ! Quand Charles regarde les pilules, il y’en a quatre, quand il les verse sur la table, il y’en a plus que trois ! Et lorsque Charles manipule les quatre pilules colorées (tiens y’en a une qui est réapparue !), elles changent trois fois de place !!
- Sinon, un moment d’égarement sur le plateau de doublage : En VO, Cuddy dit aux journalistes de la TV que l’état de Charles est stable et non contagieux. En VF il y a un gros blanc à la place !
- Référence à la comédie musicale Spinal Tap (1980) quand House demande « d’aller jusqu’à 11 » (le 11 étant le chiffre central du film).
- La chanson de l’épisode est Stranger in a strange land de et par Leon Russell.
Acteurs
Ron Livingston (1967) étudie à l’Université de Yale d’où il sort diplômé en Art dramatique et en Anglais. Il a joué dans plusieurs séries comme JAG, The Practice (12 épisodes), Sex and the city (8 épisodes), Les Griffin, et un des rôles principaux de l’éphémère Defying gravity (13 épisodes) etc. Il est cependant plus actif au cinéma où il a joué dans une quarantaine de films nationaux.
Andrea Bendewald (1970) se lance dans la comédie dès sa sortie de la très renommée Université d’Etat de Wright. Principalement connue pour son rôle de Maddy Piper dans la populaire série Susan ! (59 épisodes), on l’a vue surtout dans des séries dont F.R.I.E.N.D.S, Les Experts : Miami, Mon Oncle Charlie, FBI portés disparus sont les plus connues. Elle tourne quelquefois au cinéma.
5.
FILS À PAPA
(DADDY'S BOY)


- Tu m’utilises pour éviter de voir tes parents.
- Et qu’est-ce que ça te fait ?
- Rien, mais j‘aurais aimé savoir pourquoi.
- Tu pouvais me le demander.
- Tu m‘aurais menti.
- Tu m‘aurais cru, et tout le monde aurait été content !
Carnell Hall, un jeune lutteur, termine son année en faisant la fête mais en plein milieu de soirée, de violentes décharges électriques le saisissent et le font hurler de douleur. A l’hôpital, House et son équipe se rendent compte que lui et Ken, son père, bien qu’en bons rapports, ne cessent de se mentir l’un à l’autre. Quant à House, il reçoit un appel de ses parents qui, de passage à Princeton, veulent lui rendre visite ; House tente alors par tous les moyens d’éviter de les voir…
Cet épisode est une bien mauvaise surprise : alors que 26 épisodes durant, la série nous avait habitués à des épisodes magistraux, au pire corrects, elle nous fourgue soudainement cet épisode qui est une vraie catastrophe sur tous les plans : tant scénaristiquement qu’émotionnellement, c’est un échec quasi total. Les clichés les plus sirupeux s’enchaînent durant toute l’histoire, ne permettant que de brefs instants de réjouissance.
L’épisode tient surtout à la relation fils-père hélas désastreusement écrite. Elle part d’abord sur une profonde incohérence : mettre un père et son fils dans de bonnes relations mais qui ne cesse de se défier à coups de mensonges et de secrets inavoués. Grévée de ce postulat de départ, l’épisode enchaîne les situations les plus classiques, loin de l’originalité de la série. Et qui plus est, sur un tempo soporifique.
La plus grande erreur de l’épisode est en effet de s’embourber dans le chantage à l’émotion. Rien ne nous est épargné : le père, noir et modeste, qui pousse son fils à « s’en sortir » mais qui en même temps lui met un frein en ne cessant jamais de lui rappeler là d’où il vient (ce qui tuera son fils) promet déjà de grosses scènes tire-larmes. Le fils qui désobéit au père en cachant ses vacances qu’il a faites à la sauvette puis qui demande pardon ; et son père qui le comprend lui et les erreurs qu’il a faites en lui imposant trop de travail et pas assez de loisirs. Et le père qui a menti sur la mort de sa femme pour ne pas entraver son fils qui est révolté par ce mensonge. Puis qui comprend l‘attitude de son père. Et que je te mets une réconciliation larmoyante, etc. Si encore les scènes étaient bien écrites, on pourrait supporter un tel étalage de poncifs mais les dialogues d’une banalité outrageante et une interprétation souvent lourde enlèvent tout intérêt possible. Par pitié, on se croirait dans un de ses vulgaires soaps guimauves, personnification de ce que la télévision peut faire de pire
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La scène finale est ainsi une des plus désolantes écrites pour la série. Voyant que son fils est condamné, Ken va près de lui et on pourrait penser qu’aux portes de la mort, il dirait la vérité à son fils ; mais non, il lui dit qu’il guérira, qu’il ira mieux, etc. Donner le plus faux des espoirs, donner à penser que finalement, il mentira toujours est insupportable et rend vain tout l’épisode qui n’est qu’un triste constat sur un père et son fils condamnés à ne jamais se comprendre. Si le pessimisme est souvent présent - avec succès - dans la série (voir le prodigieux Sacrifices (saison 1) ou le fantastique Mauvaises décisions (saison 3)), il est ici lourd, pesant et vidé de toute véritable émotion par sa vacuité finale. Seule la surprise du diagnostic final (avec la scène du sac à dos mortel) est bien trouvée ce qui est peu.
Thomas L. Moran, d’habitude bon scénariste se paie même le luxe de rater complètement l’histoire secondaire avec House confronté à la visite de ses parents !! Il tente de les éviter et essaie de trouver mille excuses pour ne pas les croiser. On s’attend à de fulgurants housismes ou des situations rocambolesques mais non rien de tout ça ! A peine quelques remarques inoffensives et surtout quasiment aucun humour qui aurait fait du bien à côté de la fadeur de l’intrigue principale. Moran reste trop sérieux et ainsi gaspille son précieux atout sur la découverte des parents de House.
Ces derniers se révèlent particulièrement inintéressants, un comble pour un des médecins les plus flamboyants de la série télé ! Les talents des brillants Diane Baker et Ronald Lee Ermey tournent à vide face à l’absence de relief de leurs rôles, et leur expérience n’est d’aucune utilité. Pire, alors qu’on nous a décrit Blythe House comme quelqu’un sans illusions sur son fils, elle lui dit lors du fameux dîner « tu es parfait comme tu es ! » Euh, au secours ! Sortez-nous de là !
La scène du dîner, géographiquement sommet de l’épisode, n’a aucune saveur : tout est convenu, banal au possible. Certes, c’est pour nous montrer que même House, devant ses parents, se comporte tout à fait ordinairement (à quelques piques près) mais franchement quel manque de fantaisie, quel manque d’imagination !
Bon, tout n’est pas mauvais dans cet épisode. House frimant avec sa nouvelle moto par exemple.
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Mais la scène la plus réussie demeure celle où House se paye la tête de Wilson en « testant » son amitié. Mais il ne voit pas le retour de bâton venir et Wilson lui répond du tac au tac, le laissant maté ! La scène où House demande des consultations nocturnes à Cuddy (c’est le monde à l’envers !) est également bien acérée, chacun rembarrant l’autre avec délectation. Sans oublier LA réplique de l’épisode : House disant Bonjour maman, je suis content de te voir et sa mère de répondre en l’embrassant : Oh Greg, ne mens pas !
D’autres scènes quand Cameron doit examiner le pénis d’un possible contaminé à son travail : elle se penche vers l’organe pour l’examiner et voilà que le boss du patient les surprend dans cette position ! Pas original mais efficace !
Clifton Powell arrive à se dépêtrer dans son rôle lacrymal, ce qui n’est pas le cas de Vicellous Reon Shannon qui lui s’enfonce dans le pathos sans rémission. Hugh Laurie est en petite forme, plutôt modéré au niveau ironie même s’il rend bien compte de la confusion de son personnage quand arrive ses parents. Les autres comédiens, hormis Lisa Edelstein, ne sont guère à leur avantage !
Cet épisode est le plus mauvais de cette saison 2 par ailleurs souvent excellente. Une faute d'autant moins excusable.
Infos supplémentaires
- Aka. Devine qui vient dîner.
- Quatrième échec de House et premier de la saison. Ici, l’échec est total car son unique patient ne peut être sauvé.
- Gregory House est le fils de John, ancien Marine, et Blythe House, femme au foyer. Nous apprendrons ultérieurement qu’en réalité, il y a un lourd secret de famille (L’origine du mal, saison 5). Ses parents sont mariés depuis 47 ans et Gregory est leur unique enfant. Il décrit sa mère comme « gentille, ayant un super sens de l’humour, ayant horreur de l’affrontement et qui a un détecteur de mensonges dans la tête » et son père comme « moraliste au point qu’il est incapable de mentir » . House hait son père (une des raisons de ce désamour sera expliquée dans un épisode de la saison 3 : De pièces en pièces) mais aime sa mère à qui il ne ment jamais.
- Cela fait au moins dix ans qu’ils ne se sont pas vus puisque lors de la dernière visite de ses parents, House avait encore sa jambe droite qui fonctionnait.
- House avait un chien qui s’appellait Taddy. Il a un nouveau blouson et a emprunté à quatre reprises de belles sommes d’argent à Wilson (qui lui, ment régulièrement quand il fait des compliments à House). Il a acheté une nouvelle deux-roues, une Honda (pouvant aller jusqu’à 290 km/h).
- Wilson a des ennuis avec sa femme qui ne veut plus lui parler. Première référence à la vie conjugale tourmentée de l’oncologue qui ne va cesser de se compliquer. Plus légèrement on remarquera que comparé à celle, très claire, de House, Wilson a une écriture de cochon !
- Cuddy ment à sa mère depuis l’âge de 12 ans.
- Chase aime bien les Beatles.
- Détail : Vicellous Reon Shannon est censé jouer un étudiant finissant son année… malgré que l’acteur avait 34 ans au moment de l’épisode !
- House cite Evel Knievel (1938-2007), il s’agit d’un fameux motard cascadeur américain connu dans son pays pour avoir réalisé des cascades aussi spectaculaires que dangereuses dont une au-dessus du Snake River Canyon. Sa vie a été l’objet d’une adaptation scénique sous forme d’opéra rock : Ek opera rock. (Source : Wikipédia)
- Erreur de continuité : Lorsque House arbore pour la première fois son nouveau blouson de cuir, on voit écrit sur le côté droit « KTAI Sports ». Mais dans la scène du parking avec Wilson et les autres, le lettrage est devenu « RTAI Sports ».
- La chanson de l‘épisode est Word Up de Larry Blackmon et Tomi Jenkins, interprétée par le groupe Korn.
Acteurs
Diane Baker (1938) sera une des rares personnes qui reviendra dans la série, elle rejouera le même rôle dans l’épisode L’origine du mal (saison 5).
Elle étudia la comédie et le ballet. Elle est connue du grand public pour avoir joué le superbe second rôle de Lil Mainwaring, belle-sœur de Mark Rutland (Sean Connery) dont elle est amoureuse dans le sublime Pas de printemps pour Marnie (1964) de Sir Alfred Hitchcock. Malgré cette prestation remarquée et quelques autres films (Le Journal d’Anne Frank, Voyage au centre de la Terre, le Silence des Agneaux, Mirage avec Gregory Peck et Walter Matthau, etc.) elle se cantonna ensuite dans des petits rôles à la télévision : tout au long de sa longue carrière (débutée en 1959) elle a joué dans des séries aussi diverses que Les Envahisseurs, le Fugitif, Mission : Impossible (triple épisode de la saison 4 : Le Faucon), Night Gallery, Bonanza, Les Rues de San Francisco, Dr.Marcus Welby (3 épisodes), Columbo, Kojak (double épisode de la saison 5 : L’été 69), La Croisière s’amuse, L’île fantastique (4 épisodes), Arabesque (3 épisodes), La vie à tout prix, Une nounou d’enfer, Urgences, New York unité spéciale, Lie to me, etc. Elle continue de tourner tout en enseignant la comédie à l’Academy of Art University de San Francisco qu‘elle dirige par ailleurs.
Ronald Lee Ermey (1944) commença sa carrière sous l’étoile de Stanley Kubrick en jouant l’horrible sergent Hartman dans Full metal Jacket (1984). Ce rôle explosif le spécialisa dans les rôles de militaires (il fut lui-même Marine durant 11 ans, et de ce fait conseilla F.F. Coppola dans Apocalypse Now, John House est d’ailleurs un ancien Marine !) tant au cinéma (L’école des héros, Terrain miné, Seven, Massacre à la tronçonneuse, les Toy Story…) qu’à la TV. Il joua notamment dans Deux flics à Miami, Les Simpson, X-Files (épisode de la saison 3 : Révélations), JAG, Les Griffin, New York unité spéciale, etc.
Clifton Powell (1956) est surtout connu en Amérique comme acteur de cinéma (une quarantaine de films dont la comédie Next Friday et sa suite Friday after next ou encore Rush Hour, Bones, Ray…) Il n’a commencé à tourner qu’au début des années 90 et ce dans beaucoup de séries comme Matlock, Arabesque (2 épisodes), Walker texas Ranger, The practice, New York 911, New York section criminelle, Les Experts, Daybreak, Numb3rs, Cold Case, Mentalist…
6.
LA COURSE AU MENSONGE
(SPIN)

  
- Qu’est-ce qui peut faire baver un type comme ça ? Chase, tu portais ton short au ras des fesses ?
Jeff Forster, cycliste de haut niveau, s’effondre en pleine course. Moira, son manager, et lui, ne cachent pas au Dr.House qu’il se dope régulièrement par transfusion sanguine. Mais curieusement, son dopage ne semble pas être la cause de sa maladie. De son côté, Cameron ressent une vive antipathie pour ce « tricheur » et se demande si elle ne doit pas le dénoncer. Enfin, Stacy hurle sans cesse après House depuis qu’il a volontairement énervé Mark. House soupçonne que Stacy n’est finalement pas heureuse auprès de son mari bien qu’elle le nie…
Bien que ce ne soit pas un chef-d’œuvre, La course au mensonge présente un des cas les plus originaux de toute la série, que la conclusion, d’un humour noir féroce mémorable, couronne justement. La tension du trio House-Stacy-Mark apporte une plus-value non négligeable à cet épisode sans oublier quelques questionnements éthiques proposés par les personnalités de Cameron et de Wilson.
Il est vrai que c’est pas tous les jours qu’un sportif avoue spontanément à ses docteurs qu’il se dope en permanence. C’est encore moins fréquent que son dopage n’influe pas sur sa santé ! En effet, bien que Jeff ait pris les pires saloperies, sa maladie a une toute autre origine. La chute finale réside moins dans le diagnostic que dans le traitement à en rester baba qu’il entraîne. Mais hors cette belle trouvaille, tout le cas médical est stimulant au plus haut point où l’on voit un homme sans regrets de la triche qu’il s’impose (belle scène quand Cameron l’attaque froidement à ce sujet).
La maladie est cependant davantage au cœur de l’épisode que le patient lui-même mais heureusement, la présence de sa belle manager compense un peu ce petit défaut. Le personnage est très intéressant car très déterminé et n’hésitant pas à mentir ou agir effrontément avec une constance étonnante : les multiples mensonges qu’elle raconte aux journalistes sur la maladie de son client sont assez gros mais le sommet reste quand elle paye un gros pot-de-vin à Cuddy (pour votre service de médecine nucléaire !) pour qu’elle puisse accélérer les traitements sur Jeff ! De plus, le personnage apparaît savamment ambigu de par la relation très protectrice qu’elle instaure envers Jeff (dont elle est peut-être amoureuse). Bien qu’elle ait le mauvais rôle, toutes ses actions sont dictées au moins par un devoir de fidélité envers lui. A contrario, Jeff est moins sympathique qu’il n’y paraît. Certes, poussé par House, il renverra sa manager (pensant qu’elle l’avait dopé au EPO sans le lui dire) mais refusera de s’excuser et de la reprendre lorsqu’il s’apercevra de son erreur (puisqu’il n’a plus à reverser de pourcentage). Dans la scène de sa guérison, il est donc particulièrement sans-gène et sans scrupules. Grisé par le succès de ses prestations, il ne voit aucun mal à se doper car il a ainsi l’admiration des foules (sa tirade sur le sentiment d’admiration est très révélatrice) et c’est cette gloriole qui est sa raison de vivre. Un être vraiment superficiel et c’est ainsi que le voit Cameron. Tandis que la scène de rupture avec Moira la fait apparaître comme quelqu’un d’affectueux et volontariste.

Cameron est mise en avant dans cet épisode, elle est la seule à ne pas apprécier le malade car ni ses collègues ni House sont choqués de son dopage (ils sont assez désabusés et sont à deux doigts de le justifier !). Le bouillonnement de Cameron, sur le point de tout révéler aux journalistes est palpable durant tout l’épisode tandis que Wilson s’interroge avec elle sur le devoir de vérité : faut-il dire la vérité à tout prix ? Certes, il a triché mais sa faute rejaillerait sur ses proches et elle se comporterait en moralisatrice si elle déballait l’affaire. Pourquoi faire une révélation qui ne servirait qu’à faire du mal sans autre contrepartie que de sauver la morale ? Le jeu en vaut-il la chandelle ? Finalement, le passé de Cameron vient la rattraper et lui fait prendre sa décision tandis que nous apprenons que Wilson est - comme House - quelqu’un qui assume ses choix et ses erreurs (son infidélité) sans qu’il en tire gloire pour autant. Leurs deux scènes communes marchent parfaitement bien, surtout la deuxième où ils ne peuvent que constater l’amoralité de la situation finale. La colère prend ici les traits de l’ironie et cela accentue l’amertume du happy end.
En dehors du cas, l’épisode demeure sous haute tension grâce à la tournure acide que prend la relation entre House et les Warner. Cela commence par la première scène où Stacy vient emmerder copieusement House, puis la scène du déjeuner où le couple Warner rencontre House et Wilson, rythmée par des répliques qui claquent (Comment vont les p'tits muscles ? - L’important n’est pas la taille mais l'endroit où on le met !) et puis une autre scène d’anthologie lorsque House, faussement ému, suit une séance de psychanalyse commune avec Mark : House nous fait croire à un moment qu’il est plein de bonne volonté avant de déraper très rapidement : suit un échange de flèches empoisonnées pour notre plus grande joie ! Pas le temps de souffler : House, en consultation (cas secondaire sans intérêt), se fait attraper par Stacy qui lui hurle dessus, une des meilleures scènes de l‘épisode où la colère noire de Stacy et le détachement moqueur de House crépitent efficacement. L’interrogatoire de Cuddy et de Stacy ajoute encore plus de tension. Finalement, la réconciliation provisoire de « Greg » et Stacy apparaît bien surprenante mais reste cohérente, bien dans la lignée de leur relation agitée. La scène dans le bureau de l’avocate, grâce au jeu subtil et expressif de Sela Ward et de Hugh Laurie, est la clé de voûte de l’épisode, quand sont dévoilés les sentiments contradictoires de Stacy. Mais House, pour la seconde fois, dupe son entourage et dérobe le dossier psychologique de Stacy, l’épisode se termine là sur un point d‘interrogation, sans que soit révélé son contenu.

Cet épisode très dense réussit donc tous ses objectifs, et l’interprétation est à la hauteur : Taraji Henson, très professionnelle et protectrice est brillante en Moira. Kristoffer Polaha est plus limité dans son jeu mais sait faire sentir le côté retors de son personnage. Sela Ward, pleine de cynisme et de fureur, réussit tout simplement là une de ses meilleures interprétations. Currie Graham joue parfaitement bien son rôle d’opposant, tantôt ironique tantôt irrité. Jennifer Morrison limite hélas son jeu mais les inflexions de sa voix (bien rendue aussi par la VF) font bien ressentir ce que pense le personnage, ça compense… Robert Sean Leonard est systématiquement bon et on est ravis que son rôle soit plus étendu dans cet épisode. Mention à l’autoritaire Alanna Ubach en docteur dépassée par la dispute Mark-House !
Infos supplémentaires
- Cinquième épisode avec le personnage de Stacy. Deuxième épisode avec le personnage de Mark.
- D’après le chèque barré par Moira, l’épisode a lieu le 15 novembre 2005.
- Nous apprenons que Cameron est tombée amoureuse du meilleur ami de son mari (un certain Joe, qui fut leur témoin). Elle sortait même avec lui alors que son époux était malade. Cependant, elle n’a jamais succombé à la tentation de coucher avec lui car « elle n’aurait pas pu continuer à vivre avec ça ». Plus anecdotiquement, c’est elle qui écrit les comptes-rendus de son patron (trop paresseux pour le faire).
- Nous apprenons que Wilson en est à son troisième mariage, et ce n’est pas encore le bon puisque ça se dégrade encore avec sa femme : il couche sur le canapé. Ses deux précédents mariages ont capoté car il trompait ses épouses mais curieusement, il ne leur a jamais caché son infidélité. On ne sait pas si le scénario se répète ici pour la même raison mais vu les allusions de House à ses prétendus flirts, ce ne serait pas impossible ! (Il couchera d’ailleurs avec une de ses patientes dans l’épisode House contre Dieu.)
- Cuddy consulte le site de rencontres DocMixer.com (site fictif) et communique avec un certain Maxwell Abatte. Cuddy cherche donc un homme et la suite de la saison ainsi que la suivante vont nous montrer en fait son véritable but.
- House, selon Stacy, aurait un casier judiciaire chargé ; on est les premiers à s’en étonner ! Il participerait à un club littéraire le lundi matin et ferait du poker le jeudi (mais on peut supposer qu’il s’agit là de bobards)
- Stacy aime les bonbons à la menthe et consulte un psy. Mark aime faire du squash.
- Foreman lit le Forbes. Son oncle est capable de cracher un noyau de cerise à 50 mètres.
- Chase cite Mickey Mantle et Barbara Walters.
Mickey Mantle (1931-1995), américain, est considéré comme un des plus grands joueurs de baseball de tous les temps, ayant une puissance de frappe exceptionnelle et étant frappeur ambidextre. Il est 13e au classement des frappeurs (536 coups de circuit dans sa carrière) et 1er ambidextre. Il fait partie de L’équipe du siècle (les meilleurs joueurs de baseball) en tant que voltigeur.
Barbara Walters (1929) est une journaliste américaine connue pour son franc-parler et ses déclarations souvent tranchantes (notamment vis-à-vis du catholicisme). Elle a animé beaucoup d’émissions sur la chaîne ABC. Elle a interviewé tous les présidents américains depuis Nixon et même Monica Lewinsky.
- Erreur médicale : la seringue qu’utilise House pour piquer son patient est vide.
- Erreur de continuité : lorsque Chase pompe la bulle d’air, il ne porte pas de gants mais à la fin de l’opération, il en porte.
- Référence à La Guerre des étoiles quand House fait une citation sur le sabre laser.
- La chanson de l’épisode est None of us are free de et par Solomon Burke.
Acteurs
Kristoffer Polaha (1977) est un comédien qui s’est surtout consacré à la télévision. Il a surtout joué dans des séries très populaires et souvent de grande qualité comme Angel, Roswell, Tru Calling (3 épisodes), North Shore (21 épisodes), Les Experts : Miami, Bones, FBI portés disparus, Dollhouse, Mad Men (4 épisodes), etc. Et joue un des rôles principaux (Henry Gallagher) de la série Ringer aux côtés de Sarah Michelle Gellar (qui joue sa maîtresse).
Taraji Penda Henson (1970), est une descendante de Matthew Henson, le légitime découvreur du Pôle Nord géographique. Chanteuse (elle continue de chanter) et danseuse dans des cafés pendant ses études à la Howard University, elle décroche trois récompenses et passe avec brio son examen dans les arts théâtraux. Elle est surtout connue pour avoir joué la mère de Benjamin dans L’Etrange histoire de Benjamin Button, performance saluée par la critique qui lui a décerné plusieurs prix. Elle a d’abord privilégié la télévision avec des rôles dans le téléfilm L’heure de la justice, troisième téléfilm (sur quatre) dérivé de la série Arabesque, et dans les séries Urgences (2 épisodes), Division d’élite (14 épisodes), Boston Justice (17 épisodes)... mais depuis 2005, elle se tourne de plus en plus vers le cinéma.
- Qu’est-ce qui se passe ?
- Euh, c‘est pas ce que vous croyez ! Je sais qu’on a l’impression de laver la vaisselle, mais en réalité, on s’envoie en l’air !
Kalvin, un jeune homosexuel séropositif qui ne pense qu’au sexe, aux drogues dures, et à l’alcool harcèle House pour qu’il s’occupe de lui. Le diagnosticien refuse car selon lui, il n’a pas d’autre maladie que le SIDA. Mais il se voit forcé de l’examiner quand il s’aperçoit qu’il a tort. Pendant les examens, Kalvin projette du sang contaminé sur Cameron qui a maintenant des chances d’avoir attrapé la terrible MST. House, lui, tente de se rapprocher de Stacy…
Cet épisode tonique aux multiples scènes de bravoure reste longtemps dans la tête tellement la densité du scénario et les dialogues rythmés donnent un spectacle très amusant.
Kalvin s’impose immédiatement comme un des patients les plus hors-normes de cette saison et cela dès l‘introduction avec son affrontement contre House. Véritable tête brûlée, vivant à 600 à l’heure, jouisseur, alcoolo, hédoniste fervent, ce Sardanapale des temps modernes utilise toute la fougue de sa jeunesse pour vivre pleinement une vie de débauche, saturée de plaisirs éphémères. A la différence des autres patients, Kalvin (nom très mal choisi car évoquant l’austérité sévère du calvinisme !) existe vraiment dans cet épisode et marque par son attitude d’écorché vif, draguant ouvertement Chase (Sensitive… and cute !), apportant sa came à l’hôpital même tout en récitant son credo à longueur de journée (sexe et drogue).
L’épisode traite aussi efficacement le lien s’instaurant entre Kalvin et Cameron, à l‘opposé complet l‘un de l‘autre : la sainte-nitouche et le jouisseur impénitent. Leurs scènes communes, selon le principe des vases communicants, donne une tension psychologique indéniable à leurs échanges ; chacun influençant l’autre : Cameron faisant prendre conscience à son patient de la vacuité de sa vie tandis que Kalvin réussira - pur miracle - à décoincer Cameron en la poussant à sniffer un peu de drogue, ce qui mènera à son hallucinant coup de folie (voir plus loin).
Le revers de la médaille se fait alors jour : brouillé avec son père qui l’accuse de la mort de sa mère, Kalvin est en fait dans une perpétuelle fuite en avant. Seul, sans repères, brûlant tous ses vaisseaux, il mène une vie sans but, ponctuée seulement de coups d’un soir, de poudre blanche et de bouteilles d’alcool. Une vie remplie à l’extérieur mais désespérément vide à l’intérieur. Sa « culpabilité » le ronge en fait car c’est son mode de vie qui « a tué » sa mère et l’a poussé définitivement dans ce monde psychédélique. Même s’il refuse de l’admettre, Cameron, dans la dernière scène, le remettra durement en place, écho de la scène où Kalvin s’irritait de l’excessive gentillesse qu’elle lui donnait alors qu’il l’a peut-être contaminé avec son sang (Arrêtez d‘être toujours sympa, c‘est chiant ! Gueulez un coup m erde !). Cameron s’apercevant enfin de son pénible angélisme et tout ce qu’elle s’interdit au nom de principes trop rigoristes.
Michael, le père de Kalvin, se montre tourmenté et furieux à l’égard de son fils et quand House s’en mèle, c’est pire ! Pour vérifier son diagnostic, House le provoque en disant les pires atrocités sur sa défunte femme pour l’inciter à le frapper. Le père, furibard, lui envoie un coup de poing et House réplique par un coup de canne à l’estomac produisant un choc anaphylactique… qui confirme le diagnostic ! C’est une des méthodes les plus extrêmes utilisées par House qui se surpasse dans cet épisode où il balance beaucoup de vannes sur son entourage !

Quand Cameron ouvre les yeux à Kalvin sur ce qui lui sert de vie, il comprend enfin que tout ça n’a mené à rien. L’épisode se termine là, sans que l’on sache si Kalvin réussira à changer de vie ou si, piégé dans sa spirale, il la gaspillera jusqu’à ce qu’il s’effondre. Encore un happy end bien amer même si Michael veille sur son fils quand il se remet de l‘opération, symbole d‘un possible pardon…
House et Stacy prennent de leur côté le virage opposé de l’épisode précédent. Ils commencent à se rapprocher sous l’impulsion d’un House qui se montre plus manipulateur que jamais. Sachant désormais que Stacy ne couche plus avec son mari (révélation du dossier qu‘il a dérobé), il se montre aimable, gentil (c’est délirant hein !)… et Stacy est touchée par cette soudaine chaleur, ne voyant pas que House cherche à la séparer de Mark. Le rat du grenier est un McGuffin très drôle pour que House squatte chez elle ! Leurs scènes sont de plus en plus intenses jusqu’à la scène du grenier où House semble regretter ses erreurs. Impossible de savoir s’il est sincère ou s’il joue son numéro de reconquête. Une ambiguïté déconcertante qui ne sera pas levée mais qui reste très émouvante. Le jeu de leurs regards, le ton de leurs voix est maîtrisé à la perfection ! Mais House, dans la dernière scène, finit par se trahir car il a sous-estimé la connaissance que Stacy a de lui. Elle le perce à jour et se rend compte de la duplicité de son ex qu’elle chasse de son bureau avec un calme glacial, plus terrifiant que des cris de colère.

L’humour domine cet épisode pourtant sombre dans ses thématiques. Une des scènes les plus burlesques est un pastiche de western-spaghetti quand House tente d’attraper le rat du grenier (Ca va saigner !!!) : silence total, gros plans à la Leone, main qui s’avance vers l’arme… Gloria Muzio réussit parfaitement cette scène complètement décalée, manquerait plus que la musique de Morricone dérrière… Ou House demandant à Foreman de diagnostiquer… la maladie du rat ! Ou bien le nom de Steve McQueen que donne House au rat (source de bonnes blagues). Et il faut citer LA scène de l’épisode : Chase, pour remonter le moral de sa collègue déprimée par sa possible contamination, lui propose un rendez-vous pour boire un café. Elle accepte après avoir pris de la drogue. Chase va chez elle dans des intentions tout à fait platoniques et il est à peine rentré qu’une Cameron défoncée se jette sur lui, l’embrasse fougueusement et le déshabille rapidement ! Chase, complètement stupéfié, est pris dans la tornade et se laisse faire. On regrettera que la scène reste très pudibonde mais il s’agit là d’une des scènes les plus surprenantes de la série avec un ange idéaliste transformé en bête de sexe insatiable ! D’ailleurs la descente est difficile car Cameron le lendemain subit une énorme gueule de bois ce qui nous vaut un joli échange sur le port des capotes ! Echange qui permet à House de deviner ce qui s’est passé la nuit dernière (le pire est qu’il s’en fout complètement !)
Jennifer Morrison se surpasse et réussit tous ses changements d’attitude : normale au début, déprimée (avec un jeu blanc volontairement immobile) puis défoncée (irrésistiblement drôle !) puis dans les vaps (hilarante !), en colère (brillante !) puis inquiète (l’échéance du VIH). Sela Ward parvient enfin, après son échec dans Cours Magistral (saison 1), à adoucir son personnage et Hugh Laurie est d’une suave ambiguïté : joue-t-il la comédie ou non ? Matthew John Armstrong apporte une composition impeccable, bien servi par un personnage profond, un talent volontaire et enthousiaste ! Et Wings Hauser, en père furieux et malheureux, s’en sort aussi très bien.
Bref, un épisode à ne pas manquer !
Infos Supplémentaires
- Sixième épisode avec le personnage de Stacy. Troisième épisode avec le personnage de Mark.
- Cet épisode marque le début du Chaseron, la relation entre Cameron et Chase, qui couchent ensemble pour la première fois. D’ailleurs, d’après Chase, leur première fois « c’était pas nul » (« it didn't suck » ).
L’épisode marque aussi l’apparition de Steve McQueen, le rat adopté par House.
- Fait rare : c’est une réalisatrice qui dirige l’épisode (Gloria Muzio).
- L’introduction se déroule avec le personnage de House (et de Wilson), un fait peu fréquent.
- La salle de diagnostic est au 3e étage (Cameron appuie sur ce bouton de l’ascenseur).
- Foreman, Chase et House sont prudents : ils mettent toujours des capotes quand ils font l’amour (mais House, c’est parce que sinon, la « tapineuse » refuse !).
- Dans le grenier de Stacy, House sifflote le premier thème du premier mouvement (Molto allegro) de la Symphonie n° 40 en sol mineur KV550 de W.A.Mozart. Un des thèmes les plus connus du répertoire classique.
- Deuxième épisode où House se fait frapper (après A bout de nerfs (saison 1)) mais cette fois, il a tout fait pour !
- Rowan Chase, le père de Robert, a travaillé sur la berylliose aiguë. Son fils connaît donc bien cette maladie.
- Stacy commença à fumer deux semaines après l’opération de House. Des menthol puis des light. Quand elle en fumait une, ça allait ; quand elle en fumait six ou plus, elle avait le moral à zéro.
- House demande si Kalvin connaît par cœur les films 42e rue (1933) et The Wiz (1978), remake décevant du Magicien d’Oz de Victor Fleming (1939). House fait référence aussi à La Grande Évasion (1963) quand dans son bureau, il joue avec sa balle de la même manière que le Capitaine Hilts quand il est enfermé dans le « frigo » du camp du film. House donne d’ailleurs au rat de l’épisode le nom de son interprète : Steve McQueen.
- La chanson de l’épisode est Colors de et par Amos Lee.
Acteurs
Matthew John Armstrong (1973) a surtout joué à la télévision. Notamment dans les séries The Shield, Numb3rs, Heroes (8 épisodes, il y rencontra son épouse), Private Practice, Les Experts : Miami, Mentalist, Bones, Supernatural…
Wings Hauser (1947), parfois comparé à Richard Widmark pour la similtude de leurs rôles d’acteurs et époux d’une descendante de l’immense Edward.J.Robinson, a joué dans une centaine de films et séries. Prolifique au cinéma dans les années 80 et 90 (avec plus de cinquante rôles), il s’est ensuite davantage tourné vers la télévision. On l’a vu dans Baretta, Magnum, l’homme qui tombe à pic, Supercopter, L’agence tous risques, Walker texas ranger, Kung fu la légende continue, JAG, Arabesque (4 épisodes), Beverly Hills (6 épisodes), Les Experts : Miami, New York 911, Monk, Cold Case, Bones, Mentalist, Esprits criminels, Les Feux de l’amour (3 épisodes), etc.
8.
L'ERREUR
(THE MISTAKE)

  
- Si Chase s’est gouré aussi gravement, pourquoi le gardes-tu ?
- Il a de beaux cheveux.
Le Dr.Chase doit comparaître devant ses supérieurs pour avoir, six mois plus tôt, tué par négligence Kayla, une de ses patientes. House, responsable de Chase, est également sur la sellette. Cuddy demande à Stacy de défendre Chase mais l’avocate se rend compte qu’elle est obligée également de parler à House avec qui elle est en conflit total. Pour ne rien arranger, elle s’aperçoit que les deux accusés ne cessent de lui mentir. Stacy va devoir batailler pour faire éclater la vérité…
A part Cours Magistral (saison 1), aucun épisode « particulier » brisant le canevas habituel de la série n’avait été réalisé. L’Erreur apparaît donc comme une plaisante surprise car changeant un peu la routine. L’épisode étant axé sur Stacy (heureuse idée !) menant son enquête policière et judiciaire, tout ce qui fait le sel de la série est présent sous d’autres formes. De plus, il est la parfaite démonstration de l’aphorisme Housien Everybody lies !
Impossible de s’ennuyer durant les interrogatoires de Stacy. Nous voyons vite que Chase est décidé à ne pas être tout à fait franc avec son avocate mais quand on a vécu avec House durant cinq ans, on sait très bien quand on vous cache la vérité ! Chase n’a donc aucune possibilité de travestissement d’autant que son interlocutrice, très doucereuse et méthodique, cherche vraiment à l’aider avec un grand professionalisme.
Le cas médical de Kayla n’apparaît d’abord guère original mais Chase, distrait après avoir reçu un coup de téléphone, oublie quand sa patiente s’adresse à lui de lui poser quelques questions routinières. Cette omission entraîne une cascade de rebondissements de plus en plus graves d’autant plus surprenants que l’erreur initiale était vraiment minime ! Et on assiste, ébahi, à cette invraisemblable progression vers sa triste issue.
Chaque tentative pour rétablir la situation ne fait que l’aggraver. Le sommet est atteint quand Chase est sur le point d’accompagner Kayla pour une transplantation de rein illégale, douteuse, dans des conditions exécrables. On voit combien Chase est effondré par sa bévue et qu’il tente de la réparer par tous les moyens, y compris les plus désespérés, jusqu‘à sa résignation finale où il balance tout ce qu‘il a sur le cœur à Sam (le frère de Kayla). En revanche, la présence de Sam sert davantage d’alibi que d’atout scénaristique. Certes c’est aussi à cause de lui que sa sœur est morte mais sinon, sa présence alourdit ce pourtant bon épisode. C’est là le seul regret à exprimer devant ce cas. L’issue fatale bien qu’annoncée dès le début de l’épisode demeure très touchante, après une dernière déclaration d’affection de la condamnée à son frère sonnant très juste.

Scénaristiquement, une petite trouvaille : dans l’intro, Kayla déclare que si la petite Sally Ayersman se moquait de ses filles, elle rayerait la voiture dudit Ayersman. Or le chirurgien de l’épisode s’appelle… Ayersman ! Ironiquement, quand House envoie la lettre anonyme à la femme du chirurgien où il lui dévoile son infidélité, elle raye sa voiture de colère ! La justice frappe toujours où on l’attend le moins !
Les meilleurs moments de l’épisode ne sont pas les déclarations de Chase, uniquement là pour faire avancer l’épisode (quoique les interruptions de Stacy ajoutent un peu de tension) ainsi que pour « remplir ». Mais il en va autrement des récits de House face à une Stacy passablement irritée où il donne la pleine mesure de son talent naturel à se fâcher avec tout le monde, que ce soit pour engueuler un Chase révolté, à briser le ménage d’un chirurgien de l’hôpital, à répondre du tac au tac à son ex avec qui il multiplie les passes d’armes, etc.
On s’étonne que Chase n’ait pas révélé à Stacy d’entrée de jeu la raison de sa distraction ce jour-là. Ca lui aurait épargné tout ça ! Cette chute, empreinte de gravité semble quand même un peu trop légère pour être crédible. Le verdict final n’est que semi-prévisible car House subit une sanction plaisamment inattendue. Cette sanction, bénigne, est toutefois très humiliante pour le practicien qui se voit momentanément déchu de ses pouvoirs de dirigeant ! Mais il faut noter le mauvais sourire en coin qu’il décoche à son « successeur » dans le plan final. House a perdu une partie mais son nouveau supérieur n’a qu’à bien se tenir !
Mais la grande force de l’épisode, outre le plaisir de voir Stacy en premier rôle mener son enquête avec ténacité, réside surtout dans sa forte concentration en répliques assassines. L’Erreur reste en effet, dans toute l’histoire de la série, comme un des épisodes les plus inspirés au niveau des dialogues cinglants, débités à la vitesse de l’éclair par un House défoncé à l’humour sulfurique, que ce soit quand il parle à Stacy ou dans les flash-backs. Les vannes pleuvent : démonstration de sa possible homosexualité, apologie des plans cul à quatre, énorme mensonge à un patient terrorisé, chantage à l’adultère (le clou de l‘épisode !), désinvolture outrancière dans les situations les plus graves, coup de gueule final… Hugh Laurie devait jubiler à l’idée d’être aussi caustique et il le montre bien, tellement il a l’air enthousiaste à jouer le son of a bitch qu’il prétend être (Être ou paraître). Une véritable bacchanale de bons mots, brillantissimes !

Cet épisode est plein de flashbacks et comme Cours Magistral, des fantaisies de mises en scène sont disséminées çà et là comme Stacy apparaissant tout à coup à côté de Chase pour vérifier ses dires, ou des arrêts sur image le temps de revenir à la réalité, ou une scène vue sous différents angles selon que Chase ou House mentent plus ou moins (en particulier la scène du coup de fil de Chase) sans oublier le gag décalé où à la demande de Stacy, un flacon de vicodine disparaît de l’écran avec un « pop » sonore !! Sinon, la grande variété des plans accordée aux scènes de dialogue permet une grande vivacité et empêche aux scènes de discussion d’être statiques. David Semel accomplit là un excellent travail comme l’avait fait avant Paris Barclay.
Si on regrette que Jesse Spencer ne réalise pas un numéro mémorable, Sela Ward parvient à être encore plus féroce que de coutume et mène tout l’épisode avec brio, Hugh Laurie est merveilleux d’antipathie et d’ironie comme d’habitude. Allison Smith est une patiente très émouvante mais Ryan Hurst a du mal à se dépatouiller de son personnage trop caricatural. John Rubinstein est excellent en chirurgien cassant finissant par être broyé par l’implacable cynisme de House.
Un très bon épisode.
Infos supplémentaires
- Aka. Erreur Médicale ou Six mois après
- Septième épisode avec le personnage de Stacy.
- Cinquième échec de House : sa patiente meurt mais cela est davantage dû aux erreurs combinées de Chase et de Sam. Mais quand même un échec...
- On apprend que 40% des procès intentés à l’hôpital sont dus au comportement de House. Sacré Greg !
- Nous apprenons que Rowan Chase s’est remarié après avoir quitté la mère de son fils.
- Chase est un docteur très aimé de ses patients mais d’après Foreman, ce lien n’est pas réciproque, Chase mépriserait en privé ses patients. Cependant, cela ne sera jamais vraiment affirmé (ou infirmé).
- On remarque, après Symptômes XXL (saison 1), une nouvelle preuve de l’animosité de Foreman envers Chase.
- Robert Sean Leonard a dit s’être inspiré de l’accent du « Never » d’Alfred (Michael Caine) dans Batman Begins (2005) pour parodier la voix de Chase dans cet épisode.
- Il est impossible d’envisager la durée qui sépare deux épisodes car elle ne cesse de varier : ainsi plus d’un an s’est passé depuis que House a engagé les trois docteurs (fraîchement débarqués de la fac dans le pilote) d’après Stacy. Mais il ne s’est écoulé que deux mois entre la visite de Rowan Chase dans le 13e épisode Le Mauvais œil (saison 1) et son décès lors du cas Kayla. Donc au moins 10 mois se sont écoulés entre l’épisode 1 et l’épisode 13 et seulement 8 (2+6) mois entre l’épisode 13 et l’épisode 30.
- L’enfant qui joue du violon dans les toutes premières secondes de l’épisode exécute les premières mesures du thème de L’Hymne à la joie, thème principal du dernier mouvement de la Neuvième Symphonie de Ludwig van Beethoven (1770-1827).
Acteurs
John Rubinstein (1946) est le fils du grand pianiste Arthur Rubinstein. Compositeur de musique de film et d’épisodes (plus de 150 !) ainsi que d‘œuvres classiques, il a cependant fait une fructueuse carrière de comédien tant à Broadway qu’à la télévision (il a peu tourné au cinéma). A la TV, il a joué 6 fois le rôle de Murrow dans Angel et 3 fois dans Enterprise. A Broadway, citons Pippin (créateur du rôle-titre), Les Enfants du silence, Fools, The Caine Mutiny Court-Martial, et beaucoup d’autres… A la télévision, on l’a vu dans L’Homme de Fer, Cannon, Sergent Anderson, Les Rues de San Francisco (Lindy dans le pilote, saison 1, et Young dans Un ex-détenu, saison 5), Hawaï police d’Etat (Harold dans La Mort d’un ami, saison 5, et Joey Kalima dans Les amis de Joey Kalima, saison 10), Wonder Woman (Dexter dans Jeux Mortels, saison 2), L’Île fantastique (2 épisodes), La Croisière s’amuse, Robocop (4 épisodes chacun), Arabesque, Star Trek : Voyager, Urgences, A la maison blanche, FBI portés disparus, Charmed, 24, The Closer, New York unité spéciale, New York police judiciaire, Les Experts, Cold Case, Esprits criminels, DayBreak (4 épisodes), Supernatural, Numb3rs, Les feux de l’amour (12 épisodes), Desperate Housewives (6 épisodes), etc.
Allison Smith (1969) se fait remarquer très tôt par son joli timbre de voix dans sa ville de Waldwick (Marta dans La Mélodie du bonheur, Baby June dans Gypsy…). A Broadway, elle tient notamment plus d’un millier de fois le rôle-titre de Little Orphan Annie et joue dans Evita. Elle termine ses études à New York University’s School of Arts and Sciences tout en jouant dans la sitcom populaire Aline et Cathy (95 épisodes). Elle a par la suite continué de chanter et de jouer au théâtre (son activité principale) mais a tourné également au cinéma, aussi bien des comédies que des drames. A la télévision, on l’a vue dans des séries comme Arabesque, Beverly Hills, X-Files (Patti dans Trust no one, saison 9), Urgences, The Closer, FBI portés disparus, Scrubs, Ghost Whisperer, A la Maison Blanche (11 épisodes), Nip/Tuck, Cold Case, Numb3rs, Les Experts (2 épisodes), etc.
Ryan Hurst (1976) est surtout connu pour avoir joué dans Le plus beau des combats (2002), Michael, le frère d’Allison Dubois de la série Médium (3 épisodes) et le rôle d‘Opie dans Sons of Anarchy (36 épisodes). Après des études à la Santa Monica High School de Californie, il se tourna vers la comédie en jouant tant au cinéma (Il faut sauver le soldat Ryan…) qu’à la télévision : Beverly Hills, JAG, Emmerdale Farm, Les Experts : Miami, New York Unité Spéciale...
9.
FAUX-SEMBLANTS
(DECEPTION)

  
- Qu‘attendez-vous de moi House ? Que je démissionne ? Que je pleure ?
- En fait, je veux que tu sois ce que tu es d’habitude : mon employé, mon valet, ma chose...
Anica Javanovitch s’évanouit dans un bar sous les yeux de House. Cependant, la patiente semble être habituée aux rendez-vous médicaux à tel point que Cameron soupçonne Anica de s’injecter des produits pour se rendre malade et ainsi rester le plus possible dans les lieux médicaux (Syndrôme de Munchausen). House pense à autre chose de plus grave. Mais étant désormais sous les ordres de Foreman, sa marge de manœuvre est limitée, ce qui n’est pas sans l’irriter.
Bien que Faux-semblants est qualitativement en-dessous des précédents, il demeure un épisode parfaitement regardable. Il le doit surtout aux performances des acteurs qui tous semblent changer de caractère.
Le point négatif de l’épisode est qu’il ne se concentre pas assez sur Anica, le personnage est insuffisamment dessiné. Sa psychose, uniquement suggérée, n’est que rarement marquante (à une ingestion de rifampicine près) et les promesses de l’introduction qui laissaient supposer une patiente hors-normes ne sont pas tenus. Non parce qu’elle ne l’est pas mais parce que ce pan de l’intrigue est passé à l’as. Son secret est révélé vite fait en quelques secondes lors de la scène sous la neige, sans approfondissement.
Le cas d’Anica commence par inquiéter à cause de son inquiétant classicisme. Heureusement, quelques scènes assez joyeuses font rapidement leur apparition et nous captivent immédiatement dont la mondre n’est pas la ponction lombaire réalisée par un House faisant exprès d’être maladroit pour stresser sa patiente ! La première discussion animée et légère entre House et Anica permet de mesurer toute la complicité entre Hugh Laurie et Cynthia Nixon, très amusants (la scène du questionnaire est tordante !). Dans la seconde, plus grave, au dehors, l’émotion se profile à l’horizon, autorisant une très belle scène entre les deux comédiens. Le cas, tout en rebondissements, nous tient en haleine jusqu’au surprenant retournement final brillamment humoristique avec House tentant de cacher ce qu‘il a fait. Le comportement inqualifiable de House permet une belle tirade inquiète de Foreman quand il voit Cuddy continuer à défendre House.
Cameron surprend tout le public : elle se transforme en manipulatrice qui refuse de se laisser prendre au jeu d’Anica en lui balançant ce qu’elle pense réellement d’elle sans l’insulter pour autant. Le piège subtil et presque pervers qu’elle lui tend pour confirmer son diagnostic est machiavélique, digne… de House ! D’ailleurs, lui-même n’a pas l’air d’en revenir ! Cameron, de plus, s’énerve en pensant qu’on ne lui a pas proposé de prendre la tête du service, dénotant une facette intéressée de sa personnalité guère vu avant ! Elle crache son venin sur Cuddy qu’elle accuse d’être misogyne car ayant peur qu’une autre femme comme elle ait du pouvoir. Chase lui répond qu’elle serait incapable de dire non à House (et plus légèrement que ça entraînerait une hausse de harcèlements sexuels !). Et House confirme : qualités de meneuse d’hommes : inexistantes !! Sympa ! Ou comment les bonnes relations ne sont que des façades, chaque personnage voulant écraser l’autre sous le vernis policé des politesses de rigueur. Rarement, cette fissure aura été si palpable…

Mais c’est dans la relation House-Foreman que l’épisode pétille le plus. Forcé d’obéir à son « subordonné », House commence à le tyranniser avec force coups tordus : il continue de mener les diagnostics différentiels malgré Foreman, demande des IRM pour toute la maternité, le dérange pour rien, lui fait observer qu’il doit désormais écrire tous les comptes-rendus qu’il n’a pas écrits, et bien entendu ne cessent de se gueuler dessus. Foreman ayant le pouvoir, il peut s’imposer face à son ancien patron et avancer SES hypothèses et SA façon d’agir, coups de gueule à la clé. Mais Foreman ne peut l’égaler en domination comme quand House lui démontre que sa prudence est guidée par sa poltronnerie et son incapacité à prendre une décision tranchante.
House n’admet jamais qu’il a tort. Et là, nous avons un point intéressant. Il pouvait toujours faire ce qu’il voulait quand il était chef même si ça dépassait les bornes permises. Mais là, il a plus le droit. On le voit bêtement insister, envers et contre tout. Cela mène à une scène ahurissante : il fait du charme à une belle infirmière (avec un grand sourire de dragueur et un compliment au rabais !) pour avoir des résultats !! Et le pire, c’est que ça marche ! Le sex-appeal de House est décidément très élevé ! Il va même encore plus loin en truquant carrément les analyses de sang !
On conclura en disant que Foreman fait un « boss » très crédible. Toujours impeccablement habillé, vif d’esprit, et autoritaire, il ferait un bon chef de diagnostic. La perche que lui tend Cuddy le travaille. Et s’il remplaçait House définitivement ? Evidemment, le revirement de Cuddy était attendu mais reste ambigu : était-elle sincère ou non ? Quoiqu’il en soit, même si Foreman est incontestablement le meilleur médecin du trio, il n’arrivera jamais à contrôler House ou à le surpasser en audace ou en coups tordus. Sa nomination provisoire est donc bel et bien un cadeau empoisonné qui durera encore deux semaines !

Fans du Hameron, vous noterez que Cameron a un grand sourire quand House prend ses mains pour qu’elle l’enlace sur la moto. Plus légèrement, quand Wilson paye quelque chose pour House, ce dernier prend aussi la monnaie. Culot, quand tu nous tiens…
Le cas secondaire est joyeusement dégueulasse : une jeune femme a trouvé dans un produit commun des vertus spermicides mais qui lui cause des irritations au vagin. House a du mal à se retenir de pouffer devant sa patiente. A croire qu’il n’y a que des fêlés du bocal qui se présentent en consultations !!
C’est l’interprétation des comédiens qui est le meilleur atout de cet épisode. Cynthia Nixon, malgré un personnage moins intéressant qu’il n’y paraît, est absolument craquante : légèreté, fausse légèreté, stress, négation, ou acceptation, elle réussit tous les changements d’état de son personnage. On voit chez elle quelques traces de la fantaisie qu’elle manifestait dans Sex and the city. Jennifer Morrison surprend avec son personnage faisant montre d’un côté intéressé, ambitieux, et manipulateur insoupçonnés depuis lors ! House l’influence durablement. Omar Epps, en « boss » dépassé par House est génial, agacé et toute en colère rentrée. Hugh Laurie est comme d’habitude acide à souhait, et même davantage dans la situation où il se trouve ! Lisa Edelstein est également très bien. Seul Jesse Spencer déçoit un peu, trop transparent.
Infos supplémentaires
- House est présent dans l’introduction. On y apprend qu’il aime jouer aux courses et prendre des sandwiches au jambon avec de la bière. Il mise davantage sur les jockeys que sur les chevaux.
- Foreman prend son café avec du sucre.
- Cynthia Nixon joua un des rôles principaux de la série Sex and the city, celui de Miranda Hobbes. Elle apparaît dans Dr.House après Ron Livingston, qui jouait Jack Berger, un des (nombreux) amants de Carrie Bradshaw (Sarah Jessica Parker) dans la saison 5 et 6 de Sex and the city. Enfin, Jason Lewis, qui jouait Smith Jerrod, dernier amant de Samantha Jones (Kim Cattrall) jouera dans un épisode de la saison 4 : Pour l’amour du soap. Trois comédiens de Sex and the city ont donc joué dans la série !
- Dans la vie d’Anica, le sexe ne semble pas partie importante de sa vie. Quand on sait que Cynthia Nixon a joué un personnage à la vie sexuelle assez riche, on ne peut s’empêcher de sourire !
- Dans l’épisode, Anica fait référence à Franklin Delano Roosevelt. Petite autocitation car Cynthia Nixon venait de jouer dans un film : Warm Springs (2005) où elle interprétait Eleanor, l’épouse du président.
- L’enfant qui criait au loup mentionné par House est une fable d’Esope (620-564 av J.C) : un jeune berger décide de faire une farce aux habitants du village en prétendant qu’un loup est en train de dévorer ses moutons. Les villageois accourent mais ne trouvent évidemment rien. L’enfant rit de sa blague et la refait le lendemain. Les villageois tombent encore dans le panneau. La troisième fois, hélas, le loup est réel et pensant qu’il leur refait sa farce, les villageois restent sourd aux cris du berger. Le loup dévore les moutons et le berger lui-même (dans certaines fins, seuls les moutons meurent). House, toujours caustique, rajoute que les parents du berger finissent aussi dans le ventre de la bête. C’est évidemment une pure invention Housienne !
- Erreur de continuité : lors de la conversation entre Anica et House au dehors, la neige s’accumule sur la tête et les épaules de la comédienne mais ne cesse de changer de place alors que la conversation continue.
- L’infirmière Imelda cite Salma Hayek comme modèle de beauté. Salma Hayek (1966) est une actrice-réalisatrice-productrice mexicano-libanaise, réputée pour son talent d’actrice (elle a joué avec George Clooney, Antonio Banderas, Will Smith…) mais surtout pour sa grande beauté physique. Elle adapta en 2006 (un an après l’épisode) une série colombienne aux USA qui devint Ugly Betty, série sur la mode qui eut beaucoup de succès
- House est déjà allé à un concert de Ricky Martin (1971). Ce chanteur de pop latino est surtout connu pour son tube Un dos très (1995), très populaire encore aujourd’hui. Il continue de chanter. Il a aussi joué dans quelques séries TV.
- Foreman fait référence à Rosa Parks (1913-2005). Rosa Parks était une couturière noire qui travaillait à Montgomery, ville profondément raciste. Elle refusa, un soir de décembre 1955, de se lever de son siège de bus pour laisser sa place à un blanc, provoquant son arrestation. Ce geste de défi déclencha aux USA une vague de révolte contre la ségrégation raciale qui sévissait en Amérique. Le pasteur Martin Luther King, meneur de cette révolte non-violente, prit sa défense et parvint à abolir peu à peu les lois ségrégationnistes à l'encontre des noirs. Rosa Parks est une icône en Amérique, car porte-drapeau de cette révolution. Elle reçut le titre de Mère du mouvement des droits civiques.
- Deux références cinéma : Le cheval gagnant de l’introduction est Termigator. La référence au célèbre Terminator (1984) est évidente ! Enfin, House dit qu’il aime « l’odeur du napalm au matin », ce qui est une citation d’Apocalypse now (1979).
Acteurs
Cynthia Nixon (1966) est surtout connue comme étant l'interprète de Miranda Hobbes dans la série Sex and the city (94 épisodes) et dans les films dérivés. Cette talentueuse comédienne a étudié le théâtre au collège Barnard de New York puis s'est investie au théâtre (Angels in America, The Women... à Broadway), au cinéma (comme Amadeus où elle jouait la bonne de Salieri ou Les valeurs de la famille Adams, l'Affaire Pélican). Malgré un Theatre World Award à 14 ans, elle reste discrête jusqu'à ce que la série Sex and the city lui donne la notoriété. On l'a vue dans les séries My body, my child (avec une certaine Sarah Jessica Parker), The Equalizer (épisode Fureur silencieuse), New York (Police judiciaire, Unité spéciale et Section criminelle), Arabesque, Au delà du réel, Urgences... Elle fut candidate au rôle de Dana Scully dans X-Files.
10.
PROBLÈMES DE COMMUNICATION
(FAILURE TO COMMUNICATE)

  
Je vous ai appris à mentir, à voler… et dès que j’ai le dos tourné, vous redevenez honnêtes ?
Lors d’une fête en l’honneur d’une rédactrice en chef d’un journal ; Fletch, l’un des journalistes, s’effondre en plein laïus et cogne durement un bureau. Le choc lui entraîne une aphasie de Wernicke : il s’exprime alors avec des suites de mots sans lien logique ; impossible de comprendre ce qu’il dit. Quelle maladie a pu causer la chute et qu’essaye-t-il de dire ? L’équipe doit gérer le cas en l’absence de House, retenu avec Stacy à Baltimore. House tente de les aider au mieux par téléphone tandis que sa situation fait que lui et son ex se rapprochent dangereusement l’un de l’autre…
Cet épisode part avec un gros handicap : le cas du jour, laborieux, et traînard est d’un ennui total. Il est heureusement largement relevé par la nouvelle tournure que prend la relation House-Stacy et l’animosité permanente entre médecins quand leur boss est loin d’eux.
L’épisode réussit en effet la détestable performance de rendre non seulement le cas ridicule mais également leurs protagonistes. Fletch, dans la scène d’introduction, fait preuve d’un humour délicieux mais après son accident, il ne devient plus qu’un idiot qui s’exprime bizarrement un point c’est tout. Greta, la rédactrice en chef est totalement subalterne tandis qu’Elisabeth, l’épouse de Fletch, est la figure clichetonneuse de la femme inquiète pour son mari auquel elle ne donne aucune originalité. La force de leur amour est démontrée par le changement de vie décidé par Fletch de vivre moins dans le danger mais tout cela demeure d’une navrante superficialité. Ainsi, leur tristesse finale, assez convenue, loupe l’émotion recherchée car les personnages sont trop fades pour nous convaincre. Reste que cela entraîne un de ses fameux faux happy ends dont la série est passée maître ce qui n’est pas négligeable.
Le cas médical est lui-même très routinier : analyses, aggravations, recherches… et surtout, on ne ressent jamais l’impression d’urgence qui est caractéristique de la série : on ne s’inquiète pas trop pour Fletch, le rythme est peu mobile, et il n’y a même pas de rebondissement final. Enfin, la scène où House finit par déchiffrer les phrases nonsensiques du patient est complètement ratée : longue, bavarde, complexe, aux explications brouillonnes, elle pèse désagréablement malgré le faux happy end qui en résulte.
Doris Egan a cependant eu la bonne idée de laisser le premier plan à la relation House-Stacy qui franchit un nouveau cap. Ayant rendez-vous avec le responsable de l’assurance maladie (une scène très drôle avec plein de vannes cinglantes !), ils ne sont pas à l’hôpital. Dans cette scène, Stacy montre son grand talent de défenseure (la manière dont elle mate son adversaire !) et House repart sans ennuis. A l’aéroport, manque de chance, ils se retrouvent bloqués à l’aéroport et doivent « cohabiter » toute la soirée ! House remarque alors qu’elle n’a pas sa croix sur elle, il se prend alors pour Sherlock Holmes et réussit à en déduire qu’elle et Mark se sont disputés pour une peccadille malgré ses mensonges répétés. La tension sexuelle entre les deux personnages est présente avec un House très chaleureux (pas avec les mots, mais regardez son attitude) et une Stacy très réfrigérante, figée dans la peur de ne pouvoir se contrôler qu’elle transforme en défiance solide. Mais la peur est visible (le gros plan sur ses yeux fixant avec impatience le tableau d’affichage).

L’adrénaline monte lorsque tous les vols étant annulés, Stacy réserve pour eux deux une chambre d’hôtel avec lit double… bon, ok, c’était la dernière chambre mais là, on commence à flirter dangereusement sur la ligne jaune ! Cette scène est le clou de l’épisode et de leur relation : Les voir dans la même chambre, si près l’un de l’autre… et on retient son souffle tandis que Stacy, avec une forfanterie pourtant étrangère au personnage, dit la déclaration d’amour la plus épicée des séries existantes (God, I really miss curry). Elle compare en effet sa relation fort justement avec le curry vindaloo dont le goût fort et pimenté est terriblement attractif et douloureux à la fois. Cette scène, très intimiste, drôle, et sobre, est excellemment réalisée avec des plans bien axés sur le lit à deux places qui semble attendre les amants qui repoussent le moment fatidique. Les mots s’épuisent peu à peu, le langage du corps doit maintenant prendre le relais et nous attendons avec impatience le passage à l’acte. Le jeu de séduction de House est trouble, car il suggère que son ex et Mark s’entendent mieux qu’ils ne le laissent paraître, que leur couple bat de l’aile uniquement parce qu’ils sont dans un moment difficile, etc. et ainsi, semble jouer un jeu d’attraction/répulsion (règle fondamentale pour les expert(e)s en séduction). A moins qu’il ait subitement peur de l’acte et qu’il cherche à se protéger de Stacy en mettant un semblant de distance. Mais un baiser brûlant de Stacy l’interrompt. Enfin, le couple s’embrasse et semble succomber à la tentation…
Mais voilà : après les coups de sonnette du film Allez coucher ailleurs !, les coups de révolver de Max la Menace, l’abeille de X-Files, combattre le futur… succède la sonnerie de portable la plus irritante de la série, cassant net le charme !! Et le cassant définitivement car House ne raccrochera plus avant d’avoir résolu le cas Fletch. Et à cette heure-là, l’ivresse du moment se sera fanée… Ce n’est pas encore pour cet épisode ! Mais House et Stacy ne sortent pas indemnes de cette incartade, et promettent une tension encore plus forte à leur retour à Princeton-Plainsboro ! Mais les fans sont pour le moment au supplice !
En parallèle, une fronde se met en marche avec l’animosité de Chase qui ne veut pas obéir à Foreman. Le remplaçant de House semble avoir abandonné tout espoir de se faire respecter. Lui-même préfère déléguer la direction du cas à House. Cameron est la seule à réagir avec bon sens en maintenant la diplomatie. Mais tout comme un musicien d’orchestre ne peut s’improviser chef, Foreman n’a pas assez d’autorité comparé au misanthrope diagnosticien. La nature rebelle de Chase est donc moins en filigrane.

D’ailleurs, on s’aperçoit combien nos trois médecins sont impuissants sans House : l’état s’empirant sans explication, une Cuddy peu encline à leur faire confiance, le fait qu’ils redeviennent « honnêtes » dès que leur boss est loin. La scène où le trio se gêne mutuellement dans la séquence d’asphyxie de Fletch montre la confusion de leur groupe. Ou comment quelqu’un que l’on déteste et craint reste indispensable. Ce sentiment de haine/respect entre House et ses subordonnés est un atout bien utilisé dans la série. Ils ont besoin de lui. Eux-mêmes l’avoueront à la fin de la saison 3-début de la saison 4 : ils n’eussent pu rêver meilleur job que celui-là.
On remarquera que la série attaque aussi la modernisation outrancière des hôpitaux. Ainsi, la robotisation générale a failli tuer le patient alors qu’un simple examen empirique de son sang suffit à trouver le diagnostic final. Comme quoi, le progrès n’a pas que de bons côtés ! La machine ne pourra jamais remplacer un cerveau humain nous rappelle salutairement la série. L’humanisme est une valeur défendue par la série même si pour des besoins dramatiques, elle nous montre souvent notre face d’ombre, dont House, par son attitude asociale, est le distillat de tous nos travers, malgré son bon fond enterré par sa misanthropie.
Le trio Michael O’Keefe-Mimi Kennedy-Erica Gimpel est trop anodin pour être mémorable. Leur fadeur n’est que partiellement occultée par les prestations moyennes du trio des médecins (plus Sean Leonard, encore en retrait), qui n’ont ici guère à défendre. Heureusement, Hugh Laurie et Sela Ward, plus alchimiques que jamais assurent le show, réussissant toutes leurs scènes, y compris, celle difficile de la chambre d’hôtel. Lisa Edelstein parvient aussi à se démarquer.
Infos supplémentaires
- Huitième épisode avec le personnage de Stacy. Premier épisode où House est absent de l’hôpital.
- Quand Chase évoque la possibilité que Fletch se drogue, Foreman lui répond que leur patient a écrit un livre où il explique avoir abandonné la drogue. Chase rétorque alors par la célèbre réplique de la série : Everybody lies !
- La croix de Stacy lui vient de sa mère (décédée depuis). Elle y tient beaucoup au point qu’un jour (elle était encore avec House), quand les canalisations de leur maison explosèrent, causant une inondation, Stacy plongea dans l’eau et nagea à contre-courant pour récupérer le précieux souvenir. Stacy se maquille également souvent avant de sortir.
- House lit dans l’aéroport un livre intitulé Classic lesbian prison stories. Sans commentaire…
- D’après House, Cameron est de nature prévisible.
- Pour une des rares fois de la série, on voit Foreman s’opposer à Cuddy.
- Erreurs de continuité :
Quand Fletch s’effondre dans la scène d’introduction, Elisabeth se lève de son banc. Mais au plan suivant, on la voit assise et en train de se mettre debout !
Stacy possède un stylo vivant ! Quand elle attend avec House dans l’aéroport, elle a le stylo dans sa bouche, au plan suivant, derrière son oreille et au plan qui suit encore, il a disparu !
Sachant qu’il n’y a que deux heures entre Princeton et Baltimore, on se demande bien pourquoi House et Stacy ne prennent pas un taxi pour les y amener au lieu de patienter durant des heures dans un aéroport pour finalement ne pas décoller !
- Références cinéma : en dehors de House qui continue de lancer sa balle « à la Hilts » ( La grande évasion (1963)), le titre de l’épisode fait référence au film Luke la main froide (1967) qui comporte la réplique : What we have here is a failure to communicate ; tandis que le nom du journaliste de l’épisode évoque le film Fletch aux trousses (1985).
Acteurs
Michael O’Keefe (1955), après des études à la Royal Academy of Dramatic Art de New-York, commence sa carrière par une pub pour Colgate. Il enchaîne ensuite films et séries. Il est surtout un acteur de cinéma, qui a joué dans près de soixante-dix films et téléfilms ! Il a joué également dans quelques séries comme Alfred Hitchcock présente, Au-delà du réel l’aventure continue, New York ( Police judiciaire et Unité spéciale [2 épisodes]), A la maison blanche, Les Experts, The Closer, Esprits criminels, Numb3rs, Ghost Whisperer (2 épisodes), Burn Notice, etc.
Erica Gimpel (1964), après être lauréate de la High School of Performing Arts de New York, fit une tournée en Europe dans la pièce Porgy and Bess. Elle se fit connaître cependant dans son pays en jouant l’inoubliable rôle de Coco dans 39 épisodes de la série culte Fame. Elle a également privilégié le cinéma (une trentaine de films) tout en ne négligeant pas le petit écran qui l’a fait connaître (comme son rôle d’Angel Brown dans 45 épisodes de la série Profiler). D’autres séries ont eu l’honneur de sa présence : New York ( Police judiciaire et undercover), Roswell (3 épisodes), Urgences (20 épisodes), JAG (2 épisodes), Veronica Mars (9 épisodes), Numb3rs, Esprits criminels, Grey’s anatomy, Les feux de l’amour… Elle a également tenté sa chance dans la chanson.
Mimi Kennedy (1948) commence à monter sur les planches à 12 ans au théâtre de la Rochester Community Players. Lauréate de la Lady Mercy of Ladies School, elle a joué dans quelques musicals de Broadway ( Grease, Rhinegold…) a elle, davantage privilégié les séries que le cinéma (notons un second rôle dans Minuit à Paris de Woody Allen). Elle est ainsi apparue dans La Cinquième dimension (épisode de la saison 2 : L’éternelle jeunesse), Dharma & Greg (119 épisodes), Méthode Zoé, Cold Case, Grey’s anatomy, Les feux de l’amour (3 épisodes), Médium, Urgences, Ghost Whisperer, Private Practice, No ordinary family, Esprits criminels, etc. Elle est aussi connue pour son fervent activisme politique.
11.
DÉSIRS ILLUSOIRES
(NEED TO KNOW)

   
- Hypervigilance, irritabilité soudaine...
- Symptomatique d‘un... déjeuner avec Cuddy ?
Margot Dalton, mère de famille débordée vivant à cent à l’heure, est prise de spasmes incontrôlables. Comme elle suit un traitement contre la stérilité, l’équipe pense que ça doit être un effet secondaire. Mais son état empire sans explication. De leur côté, House et Stacy sont au pied du mur : doivent-ils se remettre ensemble et abandonner Mark ? Ce terrible dilemme les obsède d’autant que Mark se doute de quelque chose…
En voyant cet épisode, on se réjouit que le « Houcy » (relation House-Stacy) se termine par ce dernier épisode d’une splendide beauté dramatique. Pamela Davis a écrit un génial scénario qui finit une superbe histoire « sentimentale » (si on peut dire !) en évitant le piège du tire-larmes ou celui du ton moralisateur. De plus, le cas médical du jour se révèle passionnant à suivre, couronné par une chute amère et cynique, même si elle laisse place à un réel espoir, quand bien même fragile et curieusement amoral. Questions philosophiques, humour irrésistible, force dramatique puissante, impeccable résolution du Houcy… L’épisode réussit tous ses objectifs !
Le cas Margot se déroule excellemment. Cette « supermaman » à l’emploi du temps énorme nous intéresse de suite par son caractère ambivalent entre douceur et dureté, entre tendresse et coups de colère noire. Elle cache un secret dont curieusement elle n’est pas honteuse alors qu’il s’agit d’une trahison claire et nette envers son mari qui l’aime tant. Un suspense fort prend tout le long, et les séances de diagnostic différentiel, particulièrement enlevées et captivantes, évitent toute aridité par leur clarté et leur intérêt. La chute finale reste terriblement cinglante, dans la lignée de la vision pessimiste du Couple défendue par la série. Le désaccord Foreman-House reste toujours aussi tendu avec des répliques claquantes à chaque scène (sans oublier l’hilarante scène de la montre), rajoutant de l’humour (le « hoo-hoo », les céréales, la résignation de Foreman…) en plus des vannes de House ici particulièrement gratinées ! L’innocence de Stella (la fille du mari de Margot) permet également une scène très drolatique avec House. Et tout ça au milieu d’un cas très dramatique.
Malgré le soin apporté au cas, c’est bien évidemment la conclusion du Houcy qui est la raison d’être de cet épisode. Les fuites de House, la confusion de Stacy… tout concourt à une tension très forte. Il est vrai que la situation ici présente est d’un classicisme dommageable, mille fois vue dans tout feuilleton sentimental, mais la performance des acteurs ainsi que la fin retenue rehausse le niveau. Le point de non-retour est franchi quand - enfin - House et Stacy passent à l’acte (tout comme Partie de chasse, la scène est plus soft tu meurs, on est pas dans Nip/Tuck !) Mais House n’a pas de chance : pour la deuxième fois consécutive, son travail le rappelle d’urgence ! Cette répétition comique est aussi révélatrice : le travail prime avant tout pour House, même dans ses moments les plus intimes, même à contrecœur.

Alors que Stacy finit par accepter de rester avec House et de briser son mariage, l’intervention de Mark chamboule tout. Cette scène est le climax de l’épisode : conscient confusément que Stacy lui échappe, il supplie House de lui dire comment la récupérer mais House, d’un égoïsme monstrueux, se montre d’une froideur cassante. Il provoque une chose inouïe : Mark se lève de son fauteuil roulant pour le rattraper ! Mais c’est beaucoup trop tôt et il ruine entièrement ses trois mois de rééducation en retombant sur le sol. House, mi-méprisant, mi-choqué, l’abandonne dans l’escalier.
House prend enfin conscience que bien que Stacy soit la femme de sa vie, Mark l’aime davantage que lui, et cela le tourmente.
La scène finale est splendide car la série joue à fond sur une de ses meilleures cartes : l’ambiguité. House choisit un déchirant sacrifice qui n’est pas sans rappeler le final du film Casablanca (1942) de Michael Curtiz : tout comme Rick sacrifie son amour en ordonnant à Ilsa de rejoindre Victor, Gregory Bogart demande à Stacy Bergman de partir avec son légitime époux. Il veut le bonheur de Stacy, et il est incapable de le lui donner. Une fin triste car il n’y a pas de « beautiful friendship » qui compenserait le départ définitif de Stacy que House ne reverra certainement plus jamais. Le personnage de House, incompatible normalement avec un tel altruisme, fait que cette fin morale et conventionnelle au premier abord devient originale et inattendue.
Mais c’est à ce moment que Wilson arrive pour remettre brutalement House à sa place. Il détruit toute la beauté du geste de House, le considérant non comme un sacrifice courageux mais comme une couardise idiote : House est incapable de s’imaginer heureux. Masochiste au fond de lui-même, il refuse le bonheur car cela le rendrait « humain ». Or House, à aucun prix, ne se défera de son enveloppe de glace, primordiale pour qu’il demeure efficace dans son travail. Le superbe aphorisme de Wilson : Tu ne t’aimes pas mais tu t’admires résume tout le personnage qui n’aurait finalement agi que par égoïsme et stupidité. Cette déclaration fracassante laisse House et le téléspectateur muets, précipitant la fin dans une grande noirceur. Le cas House serait-il sans espoir ?
Wilson n'a cependant pas tout à fait raison. Au cours de ces neuf épisodes avec elle, House n'a cessé de suggérer de plus en plus explicitement son amour pour Stacy, et il est clair que sa décision finale relève autant de son souhait de bonheur pour elle (preuve éclatante de ses sincères sentiments) que de sa capacité à détruire tout sentiment de bonheur en lui. House s'impose décidément comme un des personnages les plus complexes et fascinants dans l'histoire des séries télé.
Cet épisode interroge beaucoup sur le thème du bonheur : sait-on ce qui nous rendrait heureux ? Comment y parvenir si on s’invente mille excuses pour ne pas y arriver ? Le thème de la culpabilité (largage du mari faible et abandonné) est très présent et participe à la tension générale.
Ainsi nous quitte Stacy Warner qui neuf épisodes durant aura tant apporté à la série par sa relation si particulière avec House. Le Houcy, supérieurement écrit, nous a captivés jusqu‘à son émouvante fin. Jamais plus les scénaristes ne retrouveraient un tel niveau dans les écritures amoureuses ultérieures (Chaseron, Huddy, Foreteen…) de la série, certes de bonne facture, mais sans retrouver cette relation si épicée et si particulière. Au revoir aussi à Mark Warner qui gagne in extremis la partie.

Ah, j’oubliais, ne manquez pas la réplique qui tue de l’épisode : Cameron refuse de faire le test du VIH (l’affaire du sang contaminé de Partie de Chasse) car elle a trop peur du résultat. Conséquence : House lui sort certainement le plus gros bobard de la série entière pour faire le test sans qu’elle ait eu le temps de protester !! Je ne dis rien, je vous laisse découvrir ; les fans du Hameron apprécieront ! Moins légèrement, l’épisode pose une question existentielle profonde : faut-il toujours tout savoir ? House est clair : oui ! Mais cela peut parfois faire du mal. Ignorer une information importante mais tragique est peut-être mieux que de tout déballer. Encore le dilemme éternel de Socrate : vérité ou bonheur ? Comme si ces deux notions restaient tragiquement incompatibles... La fameuse devise de Cameron dans l’épisode 2.15 semblera le confirmer. Nouvel exploit de l’épisode : il évite la prévisibilité lors de la remise des résultats de Cameron par le comportement de House qui se comporte vraiment en salaud génial pour le coup !
Ne pas oublier non plus l’imitation de Stacy par Cuddy (avec devil mind au passage !), avec une Lisa Edelstein très amusante !
Sinon, Wilson prépare de la marijuana pour une de ses patientes ! (Troy et McNamara se serviraient-ils chez lui ?)
Sela Ward réussit sa sortie en jouant fort bien l’épouse infidèle perdue dans son dilemme, elle est très émouvante. Currie Graham ne rate pas non plus la sienne en offrant une saisissante prestation dont la brièveté n’a d’égale que sa force. Hugh Laurie se montre moins froid, plus troublé, et rend à merveille ses sentiments contradictoires. Robert Sean Leonard assène ses vérités avec conviction et talent. C’est un plaisir de voir l’acteur au rôle plus élargi ici, alors qu’il n’est que trop souvent mis en arrière-plan dans la série. Le trio de médecins fait un sans-faute, mention à Jennifer Morrison. La splendide Julie Warner accomplit une prouesse d’actrice mémorable dans son rôle tandis qu’Edward Kerr et la très jeune mais prometteuse Elle Flanning demeurent périphériques.
Infos supplémentaires
- Neuvième et dernier épisode avec le personnage de Stacy. Quatrième et dernier épisode avec le personnage de Mark.
- Foreman, dans le premier diagnostic différentiel suggère comme maladie la Chorée de Huntington. Cette maladie est celle dont est atteinte celle qui deviendra Numéro 13 dans la série. Curieusement, Cameron manifeste ici son refus de savoir si elle est malade, exactement comme Numéro 13 plus tard.
- House fut, d’après Wilson, anéanti par le départ de Stacy. Notre docteur a donc bien un p’tit cœur qui bat… Il semble être connaisseur en tabac et drogues (épisode de la marijuana) tout comme Sherlock Holmes, modèle du personnage. Il semble être kleptomane : il pique des journaux et tente également d‘escamoter une cigarette de marijuana !! Il arrive en avance dans cet épisode (cas unique !) ce qui laisse à penser qu’il est systématiquement en retard à son travail !
- L’équipe prend des céréales Animal crackers.
- L’épisode se déroule entre le 4 et le 6 mai.
- Erreur de continuité : dans la scène d’introduction, le reflet du caméraman est visible quand le mari ouvre la porte de la voiture.
- Références cinéma : Quand House surnomme Foreman « Miss Daisy » en comparant le cas à « sa limo », il s’agit bien entendu d’un hommage au film Miss Daisy et son chauffeur (1989).
Quand Foreman et Cameron fouillent la maison, on voit un DVD du film Dunston - Panique au palace (1996).
Acteurs
Julie Warner (1965) rencontra à 12 ans un agent qui l’encouragea à se tourner dans la comédie. Après un bref rôle dans le soap opera Haine et Passion, elle décroche un diplôme en art théâtral à la Brown University de Providence. Elle travaille à Los Angeles comme serveuse en enchaînant les auditions puis commence à se faire connaître au cinéma : Doc Hollywood (avec Michael J.Fox), Mr.Saturday Night (avec Billy Crystal), An Indian Summer, etc. Elle continue au cinéma mais sa carrière fait un bond avec son rôle récurrent de Danny Lipton dans la série Associées pour la loi (49 épisodes). Elle a joué aussi dans les séries Star Trek : la nouvelle génération (2 épisodes), Scrubs, Nip/Tuck (7 épisodes), etc.
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12.
CASSE-TÊTE
(DISTRACTIONS)

  
- Vous avez provoqué une migraine chez un comateux ???
- Un petit mal de tête… comme celui que vous me donnez là.
- L’éthique, vous connaissez ?
- Je n’allais pas essayer sur un patient conscient de la douleur !!
Adam, un adolescent, et son père, font du quad ensemble quand Adam perd le contrôle de son véhicule qui se crashe, prenant feu. Adam est dans un état critique. House et son équipe tentent de déterminer la maladie qui a provoqué l’accident mais étant grièvement brûlé, on ne peut lui faire les tests habituels. House de son côté, tente de se venger du Dr.Philip Weber, de passage à Princeton-Plainsboro. Ce dernier a en effet causé son renvoi de l’école de médecine vingt ans plus tôt et House va essayer de démontrer que son nouveau médicament n’a aucun effet…
Malgré le départ de Stacy, la série n’accuse pas de baisse de forme et continue à nous fournir des cas aussi intéressants que complexes. L’histoire parallèle avec le Dr.Weber permet un ravissant jeu de massacre qui compense l’absence de cas secondaire.
Le cas réserve son lot de surprises : la condition de grand brûlé d’Adam oblige House a trouver des compromis comme une utilisation d’un appareil aujourd’hui révolu (trouvaille rappelant celle de Chase à la fin du pilote), un scanner ordinairement utilisé pour les femmes enceintes, une ponction lombaire dans les vertèbres cervicales (hyperdangereux !!) ou de manière plus spectaculaire des asticots disposés sur le corps d’Adam qui mangent ses chairs mortes !!! On notera aussi des scènes bizarres comme Adam qui a une réaction assez ahurissante dans le caisson hyperbare ! Tout cela entraîne la décision de House, au mépris de toute déontologie, à réveiller son patient brûlé pour avoir plus de précisions ! Si la révélation finale apparaît faible après une telle succession de scènes, elle n’en demeure pas moins ironique par nature tout en dénonçant, une fois de plus après Un témoin encombrant (saison 1), l’achat de médicaments sur Internet et posant comme d’habitude un regard pessimiste sur les liens familiaux.
Mais comme souvent dans la série, c’est l’histoire parallèle qui excite notre intérêt. La confrontation Weber-House donne une succession de scènes toutes aussi entraînantes qu’hilarantes. Déjà le fait que House ait contrefait la signature de Cuddy pour le faire venir est assez drôle (entraînant une présentation maladroite de Cuddy de Weber puisqu’elle ne le connaît pas ; ce dernier lui renvoie d’ailleurs la pareille !) mais évidemment, elle donne lieu à l’enthousiasmante scène de l’amphithéâtre où House marmonne pis que pendre de son ancien ennemi dans sa barbe, et où Wilson tente de le dissuader de faire n’importe quoi (fais plutôt du bowling, payes-toi une fille…). Peine perdue, House finit par perturber royalement le cours de Weber sous les yeux épouvantés de Wilson (sa tête est à pleurer de rire). Le duel verbal qui s’engage entre les deux rivaux est dévastateur en diable et curieusement, c’est Weber qui remporte la première manche en démontant les arguments de House ! Mais notre médecin préféré n’a pas dit son dernier mot…

L’épisode mentionne une ressemblance de plus entre House et Sherlock Holmes : Dans Une étude en rouge, Stamford dit à Watson que Holmes serait capable d’administrer un produit dangereux à un tiers non par malveillance mais uniquement pour connaître les effets du poison… avant de dire Soyons justes, il se l’administrerait lui-même ! Et l’épisode va suivre la même direction : après avoir sans succès administré le médicament de Weber à un comateux pour simplement connaître son effet, House s’injecte lui-même le fameux produit censé prévenir toutes les migraines possibles après s’être injecté… de la nitroglycérine pour avoir une migraine ! Et ça marche… pas ! House jubile : le traitement anti-migraine de Weber est caduc car l’effet de la nitro est plus fort, il obtient ainsi une migraine carabinée prouvant que Weber a tort ! Mais la migraine est si forte que House va endurer mille morts pendant plus de 24 heures !! Toutefois, alors que Holmes aurait fait cette expérience par amour de l’art, une raison bien plus perverse et plus puissante a dirigé House dans cette décision. Ainsi, House s’inspire de son modèle mais tout en conservant sa personnalité propre.
Cette raison est révélée dans le moment « psychologie », quasi rituel dans les épisodes où Wilson frappe à la porte de la conscience de House. Ce moment est ici particulièrement réussi. Comme d’habitude House envoie promener Wilson (qui se venge en escamotant son café et en faisant beaucoup de bruit) qui n’hésite quand même pas à lui faire une piqûre de rappel sur son « masochisme » : House se condamne à souffrir physiquement dans cet épisode car le médicament ne marche pas tandis que s’il avait marché, il eut été frustré de ne pouvoir contredire son adversaire : perdant dans tous les cas ! Wilson lie la recrudescence du masochisme de son ami au départ de Stacy. Bien que House le nie, la suite de la saison prouvera que Wilson, comme toujours, ne s’était pas trompé… On mesure à quel point la relation que noue House avec lui-même est complexe : il se déteste profondément, s’obligeant à souffrir comme un sorte d’autopunition inconsciente (sa vengeance envers Weber n’est qu‘un prétexte pour se faire souffrir). Mais en même temps, il a une telle admiration de lui-même qu’il est sûr d’avoir toujours raison. C’est parfois assez enrageant de le voir si sûr de lui mais que peut-on dire puisqu’il a presque toujours raison ! Ainsi la maxime de Wilson de l’épisode précédent Tu ne t’aimes pas mais tu t’admires trouve sa parfaite illustration.
La scène de résolution où House philosophe en regrettant que « l’univers » devrait tout équilibrer alors qu’il ne le fait pas est plus forte qu’à première vue : elle révèle que House regrette un manque de justice, un manque d’équilibre dans les situations du monde. Sa tristesse devant cette Vie pleine d’aléas est peut-être la cause de son athéisme. C’est d’ailleurs la première raison invoquée par ceux qui se réclament comme non-croyants.

Voir House diriger le diagnostic alors que sa migraine épouvantable le torture est d’un excellent effet : malgré la douleur intense, il trouve le moyen de vanner, de rappeler à l’ordre… Finalement, il se met à délirer, complètement défoncé et voyant des hallucinations (une scène à ne pas manquer avec musique appropriée !). La discussion finale avec Cuddy (Lisa Edelstein est fantastiquement belle dans cette scène) nous apprend qu’après avoir pris la Nitro, House a pris du LSD pour calmer la douleur, déclenchant l’hallucination, il a alors pris des anti-dépresseurs pour arrêter les effets du LSD ! Nitro-LSD-Antidépresseurs : Il n’y a que House pour oser prendre un tel cocktail (Cuddy en reste comme deux ronds de flan !). Sa victoire finale sur Weber permet aussi de dénoncer le manque de rigueur des laboratoires pharmaceutiques ou les pratiques douteuses, appliquées dans des pays pauvres pour diminuer les coûts et faire des tests tout aussi douteux en toute discrétion (House matant Weber aussi grâce à ses notions d’hindi).
Entre autres scènes, on s’amusera des fausses sorties de House, de ses réparties toujours aussi vachardes ou de la scène finale où il fait appel aux services d’une prostituée car ayant besoin « de distraction » : la froideur qu’il manifeste devant la souriante « Paula » montre le vide de sa vie personnelle (superbe plan d’ensemble de House seul dans son grand appartement) et ici, montre sa frustration sexuelle : il ne couche plus avec son ex, sa libido crie famine et il revient aux « tapineuses », symbole de l’échec total de House sur sa vie personnelle, échec sans doute choisi car équilibrant justement son génie de diagnosticien.
Interprétation en demi-teinte, le trio Lisa Darr-Christopher Cousins-James Immekus n’existe pas vraiment. Mais Dan Butler est excellent en neurologue aussi caustique que son collègue, et est un adversaire brillant pour House, sans compter que tout manichéisme est évité, Weber n’ayant aucune intention malsaine en créant ce médicament. Le trio de médecins joue bien, sans plus, tandis que Laurie, Sean Leonard, et Edelstein demeurent toujours aussi géniaux ! Petite mention à la belle Kristen Pate en prostituée.
Infos supplémentaires
- On en sait un peu plus sur House : étudiant à l'université Johns-Hopkins dans la classe dirigée par les Dr. Brightman et Gilmar, il aurait dû décrocher l'envié poste d'interne de la clinique Mayo. Mais il fut renvoyé de la fac quand Weber le dénonça pour tricherie. House l'appelle "von liebermann" ( homme aimant en allemand !!) par dérision. Sinon, on voit House solliciter les services d'une prostituée. On apprend aussi qu'il a de bonnes notions en hindi et que comme Holmes, il ose tester sur lui-même des produits dangereux (ce qu'il fera de nouveau dans Le dessous des cartes (saison 4)).
- Cuddy a une assistante ! Mais on ne la voit jamais...
- Wilson prononce un « Touché » en français.
- Willem Einthoven (1860-1927) est un physiologiste néerlandais (et non belge comme le prétend House), lauréat du prix nobel de physiologie ou médecine en 1924. Inventeur du galvanomètre à cordes cité par House, premier électrocardiographe du genre. Dominique-Jean Larrey (1766-1842) fut le chirurgien (français) de la Grande Armée Impériale de Napoléon Bonaparte. Novateur en matière de techniques chirurgicales (dont la fameuse asticothérapie) et de premiers secours aux blessés, il fut très populaire en son temps et est encore étudié aujourd'hui.
- House mentionne aussi Rabbi Hillel. Hillel l'Ancien (-110 - +10) est considéré comme un des plus grands Sages juifs religieux. D'une grande humilité (il préféra travailler et étudier plutôt que de profiter de la fortune de sa famille), d'une intelligence hors normes (résolvant un dilemme théologique ardu à l'époque sur la Pessah et le Shabbat d'après le Talmud) et d'un esprit tolérant (sa lecture de la Loi est considérée comme assez souple), il dirigea le peuple juif durant les quarante dernières années de sa vie avec sagesse. C'est lui qui énonça la « règle d'or » des religions : Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse (éthique de réciprocité). C'est une des figures juives les plus importantes.
- Wilson, en saluant ironiquement House d'un « Dr. Jekyll, I presume », fait référence à Stevenson et sa nouvelle Dr.Jekyll et Mr.Hyde ainsi qu'à la fameuse salutation du Dr.Stanley au Dr.Livingstone.
- Erreurs de continuité :
- On voit le reflet de la caméra sur les casques des protagonistes de la scène d'introduction.
- Quand House sort de la douche, il a des sous-vêtements sous sa serviette.
- House s'injecte directement la nitroglycérine mais aurait dû la diluer avant (risque d'hypotension sévère).
- La chanson de l'épisode est Get Miles de et par Gomez.
Acteurs
Dan Butler (1954) quitta la Purdue University et le San Jose State College sans aucun diplôme. Il migra à San Francisco pour travailler au théâtre régional. D'abord homme de théâtre, il a joué souvent au cinéma (les deux premiers Hannibal Lecter) mais cet acteur apprécié a joué dans beaucoup de séries comme X-Files (épisode La Main de l'Enfer), Columbo, Code Quantum ( Amour à vendre et Le Grand Voyage), Star Trek : Voyager, Ally McBeal, Supernatural ( L'homme au crochet), Monk, New York, section criminelle et surtout la série Frasier (52 épisodes) qui le rendit célèbre.
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- J’te parie 100$ que ses belles pommes d’amour ont été créées par Dieu.
- J’pensais que vous croyiez pas en Dieu ?
- J’y crois maintenant !
Alex, jeune top-model de 15 ans aux formes généreuses et à la féminité exacerbée subjugue son monde par son exceptionnelle beauté. Au cours d’un défilé de mode, elle est prise de nausées, frappe violemment une autre mannequin et s’évanouit. House soupçonne une prise d’héroïne puis Martin, le père (qui est aussi son manager), d’abuser sexuellement de sa fille. Toutefois, il a du mal à traiter le cas efficacement car la douleur de sa jambe est devenue subitement plus forte…
Un des meilleurs épisodes de la saison, et certainement un des sommets de la série entière.
En effet, cet épisode triomphe sur tous les tableaux : le cas médical est absolument passionnant, accumulant fausses pistes et retournements de situation à la chaîne, jusqu’à se terminer par une chute spectaculaire, l’une des plus impressionnantes de la série entière, avec faux happy end de rigueur ! Une grande intensité dramatique se met en place par la mise au jour progressive de la personnalité du mannequin et de son père, de leur relation pour le moins tordue, ainsi que de la révolte de Cameron. Pourtant Confusion des genres (quelle horreur ce titre !) est aussi marqué par des moments de burlesque pur qui en font un épisode très tiré vers la comédie (notamment grâce à House et Wilson et un cas secondaire mémorable). L’épreuve douloureuse de House est très bien narrée alternant comédie et drame, qui se résout de manière très surprenante, attestant que malgré son départ, l’ombre de Stacy plane encore sur ces épisodes. Enfin, l’épisode procède à une attaque en règle contre l’artificialité du métier de mannequin.
Plaisir des yeux de voir une actrice aussi pulpeuse occuper la place principale, filmée avec délectation par Jim Heyman (quoiqu‘il occulte la scène de nudité d’Alex, dommage…), et cela dès la tonitruante introduction sous les flashes déchaînés des photographes jusqu’à la détresse finale. Alexandra Robinson est un personnage moins lisse qu’il n’y paraît. Semblant d’abord superficielle, c’est en réalité une manipulatrice ambitieuse et arriviste, prête à tout pour briller sous les projecteurs, usant de ses charmes pour mettre son monde dans sa poche. L’épisode aborde ainsi le thème tabou de l’inceste père-fille mais le revisite génialement en alternant drame et comédie et mieux encore : ce n’est même pas la concrétisation d’une pulsion libidineuse paternelle ou d’un complexe d’Electre mais simplement un moyen utilisé pour son profit ! De plus, Alex se drogue pour se croire mature pour son âge (et tenir bon).
Et pourtant, l’adolescente aime profondément son père, en parle avec un ton affectueux et avec des attitudes qui font penser à une petite fille. Alex est la femme-enfant par excellence : son corps est celui d’un adulte mais son esprit ne suit pas la même vitesse : elle n’a pas eu le temps de grandir, s’engageant tôt dans la voie du mannequinat. Elle en est d’ailleurs consciente : elle a assez de cervelle pour comprendre que son intelligence est limitée et que son corps est son meilleur atout : une blonde pas si sotte…

La juste révolte de Cameron, violant le secret médical pour alerter l’assistante sociale du délit sexuel touche du doigt un point sensible sur la conservation appropriée ou non du secret médical (que House transgresse ou respecte… à sa guise !). Ce qui n’est pas sans rappeler le dilemme des chirurgiens de Nip/Tuck dans le pilote Le visage de la honte où ils doivent changer le visage d’un pédophile activement recherché ! Mais le résultat de la décision de Cameron est très inattendu, débouchant sur une vérité peu commune !
Le cas se déroule à tempo très vif, multipliant les fausses pistes (la drogue, le sexe, le cancer invisible…) pour nous mener en bateau tout au long, nous gratifiant de plusieurs scènes marquantes (le sevrage express, l’amnésie subite…) jusqu’à la stupéfiante chute finale, fantastiquement renversante mais d’un poignant dramatisme.
L’humour alimente constamment l’épisode grâce à un House survolté, on ne sait ce qui est le plus drôle : qu’il adopte tout de suite le cas car c’est une top-model, House qui va la voir séance tenante, House se moquant de Cameron, le pari de House, le cas secondaire assez burlesque (Cuddy se retient de pouffer !), House criant à une femme enceinte trop braillarde de la fermer, Alex draguant Chase, House s‘amusant à faire apparaître et disparaître les symptômes d‘Alex, ou encore la mauvaise blague finale adressée au père, plus noire tu meurs !… Même les deux révélations finales ont quelque chose de comique. Mais ce sont les scènes avec Wilson qui déchaînent le plus de rires, quand House le frappe avec sa canne et surtout la scène de l’IRM où ils partent en plein délire (- House, ici Dieu ! - Ecoutez, j‘suis pas vraiment disponible là ; jeudi, vous auriez un créneau ?), sommet hilarant de l’épisode.
En parallèle, les moments psychologiques sont très bons : la jambe de House est douloureuse, plus que d’habitude, et Wilson diagnostique que c’est psychosomatique : House ne s’est pas remis de sa rupture avec Stacy et cette douleur psychique est liée à la douleur physique. House bien entendu n’en croit rien, refusant d’admettre une telle faiblesse. Mais il en est réduit à demander de la morphine à Cuddy. Ses deux scènes avec elle sont impeccablement écrites, la première est sous tension, grave, jusqu’à l’acte à la fois désespéré et ridicule de House, enlevant son pantalon et montrant sa blessure pour apitoyer Cuddy. Qu’il recourt aux bons sentiments, qu’il adopte une attitude de supplication en dit long sur sa détermination poignante ! La deuxième scène est jouissivement ironique avec une chute désopilante où le manipulateur s’est retrouvé manipulé à son tour ! Acculé devant une évidence qu’il ne peut nier davantage.

L’épisode frappe fort quand il s’agit de dénoncer le monde des apparences dans lequel nous vivons. Après Symptômes XXL (saison 1) et la dictature de la minceur, Confusion des genres exprime bien la dictature de la beauté, atout artificiel érigé en condition sine qua non pour réussir vite et bien. Les filles du défilé de la scène d’intro sont hyperformatées, le père d’Alex utilise un langage aussi formaté, automatique, et presque cru pour vanter la beauté de sa fille dans les magazines, distinguant son statut de père et celui de manager. Le fléau de la drogue est également sous-entendu (l’ironique remarque de Chase : Un top-model camé ? C‘est dingue ça !) tandis que celui des coucheries est mis en avant avec force lors de la scène Alex-Cameron : Alex, blasée, a couché avec tous les hommes dont elle avait besoin pour grimper les échelons ; elle ne l’a pas fait par plaisir mais pas par dégoût non plus, quoique son regret de devoir « coucher pour réussir » est manifeste, quand bien même elle pense que c’est naturel. Maurice Druon, dans Les Rois Maudits, écrit que dans le monde des puissants, c’est allongée qu’une femme monte le plus vite. Cet épisode en est une parfaite illustration : prix à payer pour vivre dans un monde de strass, de paillettes, où le clinquant triomphe de tout, qui vous procure gloriole (mais temporaire) et argent (jusqu’à ce que vous ne soyez plus assez belle). Bref, un monde rempli d’apparences, et on a presque pitié de cette pauvre fille dont la féminité est son unique atout : la révélation finale est donc d’une grande cruauté pour elle car niant finalement cet avantage charnel, qui n’est que symptôme d’une ahurissante maladie génétique (thématique qu’on retrouvera dans Demi-prodige (saison 3)). D’où un faux happy end flirtant avec le unhappy end tout court.
L’interprétation de Cameron Richardson est très brillante. Le jeu de Tom Verica est plus limité mais reste très bon. Jennifer Morrison, en révolte, est meilleure que d'habitude mais c’est Hugh Laurie et Robert Sean Leonard, dans leurs scènes de pure comédie, qui raflent la mise par les rires qu’ils déchaînent.
Un épisode quasiment parfait et complet en tous points.
Infos supplémentaires
- Chase aime regarder les magazines de mannequins.
- House avait un oncle qui aimait raconter des histoires dégueulasses… ça explique bien des choses ! C’est un des rares épisodes où on voit la blessure de House.
- Cameron Richardson avait 26 ans lors de l’épisode ce qui explique sa féminité très développée pour un personnage qui n’en a que 15 !
- Erreurs :
- House dit qu’il faut attendre 3 ans avant qu’Alex, 15 ans, atteigne sa majorité sexuelle. Mais dans le New Jersey, la majorité sexuelle est à 16 ans.
- Lors de l’explication de la biopsie du cerveau, l’attitude d’Alex est fluctuante : tantôt agitée, tantôt calme.
- Dans la scène d’intro, Alex tombe face contre terre. Au plan suivant, elle est sur le dos.
- Si Wilson voit les faux ovaires, comment n’a-t-il pas remarqué l’absence d’utérus ?
- House fait référence au Roi Lion (1994) en évoquant le « cercle de la vie » et Jerry Maguire (1996) en parlant des « teenage supermodel ».
- La soundtrack est constituée de « Desire » de et par Ryan Adams et « Dance With You » par Wayne Jones et Jon Ehrlich.
Acteurs
Cameron Richardson (1979) commença une carrière de mannequin mais ses agents la persuadèrent de se tourner rapidement vers la comédie. Elle usa sa petite notoriété (étant généralement dans le classement des femmes les plus « hot » de la planète) pour jouer dans plusieurs séries dont Skin (5 épisodes), FBI family (24 épisodes), Entourage (3 épisodes), ou plusieurs films comme Alvin et les Chipmunks, etc.
Tom Verica (1964) est un acteur complet (TV, cinéma, théâtre). Sa filmographie compte des films comme Die Hard 2, Dragon rouge, Mémoires de nos pères, Zodiac… mais aussi de nombreuses séries comme son rôle le plus célèbre : Jack Pryor dans 61 épisodes de la série Mes plus belles années mais aussi Code Quantum (épisode Le kamikaze hilarant), Les 4400 (3 épisodes), New York unité spéciale, Boston Justice, Lie to me, Grey’s anatomy, The Closer L.A Enquêtes prioritaires (épisode Le cerveau), Médium (épisode La loi des nombres), etc.
14.
MALADIES D'AMOUR
(SEX KILLS)

  
- Vous avez déjà été amoureux ?
- C’est quand ça fait tout bizarre dans le pantalon ?
Henry Errington, 66 ans, a des absences inquiétantes. Amené à l’hôpital, House et son équipe voient son état se dégrader. Bientôt, l’infection, trop avancée, fait qu’il a besoin d’une transplantation cardiaque. Mais le comité de greffe rejette la demande de House car le patient est trop âgé. House va donc essayer d’obtenir (illégalement) le cœur d’une accidentée de la route qui vient de décéder. Les complications ne font que commencer…
Cet épisode original malmène le canevas de la série pour notre plus grand plaisir : en effet, au bout de quinze minutes, la maladie du patient est découverte ! Car l’intérêt de Maladies d’amour est que l’important n’est pas le diagnostic pour une fois mais le traitement, beaucoup plus compliqué à pratiquer ! La série vire alors dans le pur suspense, multipliant les situations surprenantes, jusqu‘au sinistre twist final. Plus supplémentaire : le cas secondaire de l’épisode est de plus loin le plus foldingue de la série entière !
Le cas commence par inquiéter car démarrant sans tambour ni trompette (quoique la tirade de House sur le cancer du testicule est assez gratinée !). Alors que l’épisode aurait pu donner son point de vue sur un sujet aussi original que la sexualité des séniors, ce point reste en filigrane. La fille du patient est d’un désintérêt total, d’autant plus que la voix de Keri Lynn Pratt est vite insupportable (la VF est encore pire) à entendre dans cet épisode. Le cas est un trompe-l’œil car servant uniquement de prétexte à la deuxième partie de l’épisode, qui exposera le véritable but de l’intrigue. Bref ce cas est assez ennuyeux jusqu’à ce que l’épisode bascule dans son deuxième tiers.
La course contre la montre pour trouver un cœur, occupant la moitié de l’épisode, est d’un suspense omniprésent mais la gravité des situations est souvent contrariée avec brio par l’humour noir caustique de House et l’incongruité consécutive des situations : House devant le comité de greffe (sous haute tension !), House qui imagine une diabolique manipulation à la fois burlesque et dramatique (le sommet de l‘épisode, House dans son état le plus pur !), jusqu’à cette ahurissante idée d’un diagnostic différentiel… d’une personne décédée ! L’élément le plus fort de l’épisode réside dans le chemin du croix de l’infortuné mari, contraint de subir les assauts de House qui veut le cœur de sa femme, bataillant contre les contraintes imposées, alors qu’il n’a même pas le temps de faire son deuil, de réaliser pleinement la mort de sa chère et tendre. A la fois drôle et triste. Le comique acide de House donne beaucoup de force à ces scènes.

Mais le sérieux n’est pas défavorisé avec l’énorme bévue involontaire de l’employée de l’agence qui annonce la mort de l’épouse sans préparation, ou bien les souffrances répétées du mari (qui ira jusqu‘à frapper House !), jusqu’au surprenant double twist final (et une Cameron ouvrant des grands yeux !) avec deux révélations très noires, symptomatique de la série à toujours montrer des couples heureux en apparence mais qui ne cessent de se trahir. Cette vision toujours pessimiste des époux, qui s’aiment sincèrement, mais jamais francs entre eux, connaîtra son point culminant dans le superbe épisode suivant. Parallèlement, on s’amuse des difficultés à répétition que rencontre House dans ses quêtes de cœur (sans jeu de mots).
A noter que le veuf a tout de suite cerné le personnage de House : House doit être un grand médecin. Quand on est salaud à ce point-là, on est soit génial soit au chômage !
Cet épisode n’échappe pas à la veine militantiste de la série qui s’attaque cette fois à ces laissés-pour-compte que sont les séniors. La scène du comité de greffe véhicule ce message : les membres du comité refusent la salvatrice transplantation car le patient est trop âgé. House les accuse de préférer réserver leurs ukases aux jeunes personnes malades (car les grands-pères ont déjà bien vécu…) d’où une démonstration de la différence de traitement accordé aux patients selon leur âge. Mais la scène ne tombe pas dans le manichéisme car la décision des médecins n’est pas si amorale : regrettable, certes, mais motivée pour des raisons tout aussi défendables. Ce cas de conscience est bien mis en scène et évite l’opposition House gentil/méchants médecins.
Wilson est dans une mauvaise forme. Gregory Holmes, très mentaliste pour le coup, décrypte ses attitudes et en conclut qu’il est en froid avec sa femme et qu’il va voir une maîtresse. Evidemment, son ton très léger est peu supportable pour Wilson qui préférait davantage de compassion et non de l’ironie ! A bout, il finit par le dire à House qui l’envoie gentiment balader ! Finalement, l’épisode annonce un nouvel arc narratif après les arcs Vogler et Stacy avec Wilson : chassé du domicile conjugal après une énième dispute, il est forcé dans la scène finale d’emménager chez House qui accepte de l’héberger. Notre imagination vagabonde en se demandant comment va se dérouler la cohabitation… Disons-le tout de suite, ce sera un impitoyable jeu de massacre ! L’évocation de la vie privée de Wilson occupe peu de place et ne phagocyte pas le récit tout en éveillant notre intérêt.

Le cas secondaire est absolument hé-nau-rme, avec un jeune homme qui avoue avoir… des penchants zoophiles envers les vaches et qui aimerait subir une sorte de castration chimique temporaire ! La rencontre entre ce malade de première classe et un House qui s’en donne à cœur joie devant la « déviance » de son patient permet trois petites scènes de pur burlesque ; d’autant que le jeune homme est interprété par Adam Busch qui confirme après Buffy contre les vampires et son rôle de Warren (membre du fameux « Trio ») qu’il a un don véritable pour la comédie tellement ses mimiques apeurées, inquiètes, jouées volontairement à l’excès déchaînent le rire ! En fait, la « zoophilie » du patient est un paravent pour ne pas parler de son véritable problème avec sa belle-mère, un peu trop sexy à son goût, amenant ainsi une conclusion à se serrer les côtes ! Ce cas joyeusement barré est certainement un des plus réussis de la série.
D’ailleurs, Michelle Trachtenberg (Dawn Summers) va à son tour se retrouver bientôt à Princeton-Plainsboro, de quoi regretter que Sarah Michelle Gellar ne soit jamais venue dans la série…
L’interprétation est dans la moyenne : Howard Hesseman insuffle une certaine fantaisie à son personnage peu développé tandis que Greg Grunberg, malgré des airs un peu appuyés, est convaincant en mari perdu. L’impayable Adam Busch, en patient givré, est d’un humour ravageur ! Keri Lynn Pratt, en revanche, tape sérieusement sur les nerfs (quoique son visage angélique lors de la scène de la manipulation est tout à fait approprié) et on est soulagé que le personnage ne prend pas trop d’importance. Les comédiens principaux sont comme toujours excellents, avec une mention pour Laurie bien sûr, plus régalant que jamais, et un Robert Sean Leonard en Wilson au bord du gouffre, en proie à un lourd désespoir qu’il cache avec difficulté.
Infos supplémentaires
- Deuxième épisode où House porte une blouse. On apprend que l’actuelle femme de Wilson le déteste (tiens, tiens…). Troisième épisode où il se fait frapper (à croire qu’il adore ça !).
- House finit son travail à 18h.
- Wilson et sa femme rompent dans cet épisode. Il joue avec House au baby-foot, inaugurant un nouveau rituel dans la série.
- C’est sur le tournage de l’épisode que Greg Grunberg proposa à Hugh Laurie d’intégrer son groupe musical Band from TV. Laurie tenant une partie de clavier et étant également chanteur. Ce groupe de cover band (spécialisé dans les reprises de chansons), composé d’acteurs de séries et qui sont aussi musiciens, propose CD et concerts dont les bénéfices sont intégralement reversés à des associations caritatives. Jesse Spencer (violon) a rejoint le groupe un peu plus tard. On peut aussi citer parmi les membres James Denton (guitare), et Teri Hatcher (voix) (Desperate Housewives).
- La chanson de l’épisode est Honky Tonk Women de Mick Jagger et Keith Richards, chantée par Taj Mahal.
Acteurs
Greg Grunberg (1966) commença dans la publicité avant de s’engager dans la comédie. Egalement bon musicien amateur (percussions), il est le fondateur du groupe Band from TV. Il milite contre l’épilepsie (un de ses fils en est atteint). On l’a vu souvent à la télévision, notamment dans Felicity et Alias (68 épisodes) ainsi que Heroes (59 épisodes) où il a les rôles principaux, preuve que c‘est un comédien très demandé. Mais aussi dans Melrose Place, Profiler, What about Brian, Monk, Lost (2 épisodes), etc.
Adam Busch (1978) est surtout renommé pour avoir joué Warren Meers, un membre du « Trio » dans 16 épisodes de Buffy contre les vampires. Il a fait partie d'un groupe de jazz-rock : Common Rotation. Il a joué dans les séries New York police judiciaire, Le fugitif, Terminator : les chroniques de Sarah Connor, Grey's anatomy, etc.
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15.
BONHEUR CONJUGAL
(CLUELESS)

   
Un enragé du sexe avec la langue boursouflée, vous imaginez tous les recoins que je pourrais demander à Foreman d’examiner !
Lors d’un intense ébat sexuel avec sa femme Maria, Bob Palko s’étouffe. House et son équipe se demandent si la cause n’est pas leurs fantasmes sexuels très énergiques. Malgré leur sexualité extravertie, House est certain que le couple n’est pas heureux en ménage (« comme les autres ») et en fait le pari. Pendant ce temps, la cohabitation House-Wilson tourne rapidement à l‘affrontement...
Cet épisode pêche par son côté trop « cérébral ». De trop nombreuses scènes de diagnostic différentiel empâtent un peu l’épisode. Malgré cette petite réserve, un cas médical de la plus grande efficacité dramatique, servi par des comédiens en état de grâce, assurent un spectacle permanent. D’autant plus que la chute finale est d’une noirceur perverse à couper le souffle, consacrant cet épisode comme un des plus pessimistes de la série entière. A côté, le « Hilson » prend des allures de sitcom très hilarantes !
Le ton est donné avec la brillante introduction où une jeune femme se fait agresser par un homme masqué qui tente de la violer… mais les apparences sont trompeuses : le violeur n’est autre que son propre mari ! Fantasme du viol… un fantasme d’une extrême perversité qui en dit long sur ce couple original et sur ce qui va suivre !
L’effet de répétition des diagnostics qui s’amoncellent pendant tout l’épisode est largement compensé par leur contenu, grâce aux vannes de House ou à certains gags assez cinglants. C’est ainsi qu’avec le plus grand sérieux, Cameron, qui a pourtant le moins de chances de faire une telle déclaration, défend le triolisme (modéré) en disant que « une partie à trois tous les sept ans, ça soude un couple » devant ses collègues tous sciés ! C’est aussi une très bonne idée de faire un diagnostic différentiel dans les toilettes des hommes (Cameron doit y aller aussi !). Le décor très inhabituel donnant un côté drôlement décalé à la situation.
Le cas principal est d’un mystère excitant. Le couple apparaît étonnamment soudé. Maria est toujours au chevet de Bob, guettant ses moindres réactions. Leur amour dure depuis l’enfance et semble s’être fortifié au cours des années. Beaux, ouverts, confiants l’un envers l’autre, c’est un couple qui semble enviable. L’apogée est atteint lors de leur scène commune où ils se rappellent leurs souvenirs. Cette scène sentimentale est un peu maladroite mais la formidable performance de Samantha Mathis empêche un trop lourd pathos par l’ambiguité qu’elle dégage (pourquoi a-t-elle tant de mal à dire je t‘aime à son homme ?). Mystère qui annonce la terrible révélation finale où jamais l’amour et la mort n’ont semblé aussi soudés.

On notera que c’est via un cas secondaire très très drôle et en miroir du premier cas que House résout ce dernier. Le cas secondaire montre un homme ayant un herpès. Autrement dit, lui ou sa femme est infidèle (Hugh Laurie est en pleine forme dans ce passage !) et il parvient finalement à trouver qui est coupable grâce uniquement à la psychologie. On ne répétera jamais assez combien House est expert en relations humaines et en mensonges de tout poil ! Même la récalcitrante Cuddy est admirative !
C’est un dur revers pour Cameron qui avait parié sur le bonheur des Palko. Jamais la série n’avait poussé à fond l’axiome platonicien de l’incompatibilité des concepts de Vérité et de Bonheur. Sa dernière scène avec House montre bien leur différence : House est pour la Vérité (et il n’est pas heureux d’avoir gagné son pari, il n’a fait que constater) et Cameron pour le Bonheur. Fascinant de voir comment Cameron s’éloigne (ses valeurs) et se rapproche (ses attitudes) de House à la fois…
La série n’a jamais raté une occasion de pilonner le Couple. Dès Question de fidélité (saison 1), la série donnait sa thèse : l’amour dans le couple est sincère mais les époux restent étrangers l’un à l’autre, jusqu’à ce que l’un fasse du mal à l’autre consciemment. Comme le dit Maria, les gens peuvent changer mais pas en profondeur. Déçu forcément par celui ou celle que l’on aime, la douleur, la tristesse entrent alors dans la vie quotidienne du couple. On peut essayer de détruire la routine par un changement de vie ou par une sexualité débridée (comme ici) mais on retombe toujours dans ses travers et ce n’est qu’un écran de fumée masquant l’échec de la relation au bout d’un moment.
La Vérité est un concept souvent étudié dans la série (déjà sujet de l’épisode précédent). Ici, l’épisode nous apprend à la fois son utilité et l’effet destructeur qu’elle peut alors entraîner. Lorsque Maria a ouvert les yeux sur l’état réel de son couple, elle en vient à une décision destructrice et désespérée alors que si elle avait maintenu l’illusion, elle aurait pu entretenir un semblant de bonheur. Il est donc logique que la dernière phrase de Cameron sonne si juste et soit devenue une des citations les plus connues de la série.
Le choix d'une chanson ayant pour titre Love and Happiness pour accompagner la douloureuse scène finale apparaît comme une dernière pointe d'ironie savamment lancée pour conclure cet épisode noir et sans espoir. On notera que le titre français est tout aussi cynique !

House et Wilson ne cessent de se tirer dans les pattes ! Leurs disputes continuelles donnent une véritable farandole de situations toujours plus drôles : Wilson perturbant le sommeil de House (qui songe à voir un conseiller conjugal !), House arrachant la télécommande des mains de Wilson, House mangeant à deux reprises le repas de Wilson, House qui préfère les crèpes de Wilson aux 72 vierges promises de l’Islam, etc. On s’étonne toutefois du dernier plan : House ne souhaite qu’une chose, que Wilson dégage de sa maison. Pourtant, il efface le message adressé à Wilson à propos d’un appartement qu’il aurait trouvé. Conséquence : House, au fond, veut que Wilson reste un peu plus de temps. Sadisme ? Manipulation ? Besoin sincère d’une présence amicale ? Un peu des trois sans doute, laissant penser que House aime et aime emmerder Wilson à la fois. Quelle étrange amitié… Ces saynètes détendent l’atmosphère de plus en plus sombre que prend l’épisode.
L’éblouissante Samantha Mathis accomplit une hallucinante performance en épouse aimante, passionnée, mais inquiétante et dangereusement perverse. Un rôle splendide pour une comédienne splendide ! Eddie Mills, moins présent, parvient quand même à exister tandis que le duo Peter Birkenhead-Stéphanie Erb se révèle amusant (surtout Erb, en forte gueule !). Bonne interprétation des rôles principaux avec comme d’habitude Laurie et Sean Leonard toujours aussi parfaits et une Jennifer Morrison qui passe parfaitement de la gravité à la légèreté et vice-versa.
Infos supplémentaires
- Chase ne parle pas espagnol. Cathy Gale devrait lui donner des cours !
- A noter que l’épisode s’appelle Clueless en VO, titre d’une série où Eddie Mills joua !
- House se nourrit essentiellement de soupe en conserve et de beurre de cacahuètes. On se demande comment son corps tient le coup si on ajoute ses manies de drogué ! Il adore les pancakes aux noix de macadamia.
- House regarde les séries Blackadder qu’il enregistre fréquemment. Rien d’étonnant puisque Hugh Laurie y a joué dedans !!! House regarde également les séries The New Yankee workshop, Bob l’éponge, et Newport Beach.
- House fait référence à Keisuke Miyagi, un maître de karaté fictif dans la saga Karaté Kid. Heureusement, en français, nous sommes respectueux de la toute-puissance de Chuck Norris qui prend donc logiquement la place du sensei dans le dialogue !
- La chanson de l’épisode est Love and Happiness de et par Al Green.
Acteurs
Samantha Mathis (1970) fut confrontée très tôt à l’industrie cinématographique et théâtrale et choisit immédiatement cette voie. Après quelques publicités, ses liaisons avec Christian Slater puis River Phoenix (qu’elle accompagna lors de sa mort) lui permirent de se frayer un chemin dans le milieu. Son génie d’actrice fit le reste. Elle a fait une honorable carrière cinématographique (plus de 40 films dont Les quatre filles du Dr. March, American Psycho, The Punisher, Broken Arrow…) et a joué dans des séries comme Harsh Realm (4 épisodes), La Treizième Dimension, New York (unité spéciale et section criminelle), Lost, Grey’s anatomy (3 épisodes), etc.
Eddie Mills (1972) est un acteur de séries, qu’on a pu voir dans Ally McBeal, Dawson (4 épisodes), Wasteland (13 épisodes), Dead like me, Les Experts : Manhattan, FBI portés disparus, etc.
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16.
PROTECTION REPROCHÉE
(SAFE)

   
- Six mois après une intervention, une chambre stérile n’est plus nécessaire.
- Six mois qu’elle a pas couché et le Dr.Cuddy porte encore des petites culottes brésiliennes, c’est son droit !
Mélinda Bardach, une adolescente immunodéprimée depuis une transplantation cardiaque, est confinée depuis plusieurs mois dans une chambre stérile chez elle afin d'éviter les allergies. Alors qu’elle recevait la visite de son petit ami, elle a une violente attaque et est amenée à l’hôpital. Après aggravation de son état, Mélinda se retrouve avec deux puis trois graves symptômes impossibles à corréler. Pendant ce temps, House multiplie les vacheries envers Wilson…
Encore un chef d’œuvre pour cette saison 2 décidément de classe exceptionnelle ! Protection reprochée (excellent titre pour une fois !) est en effet très bien construit et le cas médical fait penser à un pastiche bidon du Mystère de la Chambre jaune (comment Mélinda a pu tomber malade dans une chambre stérile ?) et amène jusqu’à une situation bloquée avec des symptômes qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Mélinda est un personnage intéressant et les huit dernières minutes de l’épisode comptent parmi les plus intenses de toute la série. En plus, House bat tous les records en matière de sournoiseries (pas si) gratuites envers Wilson !
Le cas Mélinda, au rythme soutenu et aux diagnostics différentiels (avec humour piquant inclus) bien conduits remporte l’adhésion. Les recherches façon Experts, les bonnes actions qui n’en sont pas (prise d’un antibiotique qui aurait tout déclenché), les complications, ici vraiment inquiétantes, mettent pas mal de tension. Allant des scènes de recherche aux scènes « psychologiques », l’épisode dégage une agréable impression de maîtrise qui compense sa mise en scène un peu trop « appliquée » et manquant finalement de « naturel ».
Et bien entendu, l’humour est de la partie, que ce soient les répliques toujours géniales de House, ses métaphores très claires, ou bien Cameron insinuant à demi-mot que Chase est éjaculateur précoce (la tête de Chase !), les airs hébétés de Dan, le petit ami, House qui se goure en confondant une tique avec une pellicule de cheveux…
Les fausses pistes sont disséminées tout au long du scénario, dont le rebondissement médical final (l’allergie initiale, premier symptôme, qui n’en était en fait pas une et fait tout repartir à zéro), très judicieux, permettent de créer plusieurs situations d’urgence, culminant avec le dénouement : à la recherche de la petite bébéte qui assassine lentement la jeune fille. Ainsi Wilson fait gagner du temps à House sous un prétexte médical bien trouvé, House stoppe l’ascenseur pour pouvoir, malgré Foreman et l‘état critique de sa patiente, continuer à rechercher la bébéte mortelle sur le corps de Mélinda qui commence à sombrer vers la mort. Cette scène climatique et longue est d’un suspense que n’aurait pas renié Hitchcock, tellement le sentiment d’urgence opressante de la scène est porté à un sommet d‘angoisse, jusqu’à sa fin théâtrale… et ironique (House passe également à deux doigts de la raclée !) puisque dans sa première nuit d’amour, Mélinda a reçu plaisir sexuel… et poison mortel ! Si on peut même mourir quand on fait l’amour…

Incarnée superbement par Michelle Trachtenberg (d’une immense beauté physique, dégageant une sensualité à se damner tout au long !), Mélinda n’est pas sans rappeler un des plus fameux rôles de la comédienne : Dawn Summers, de la série Buffy contre les vampires. Mélinda est proche de la sœur de Buffy dans la mesure où les deux personnages ne supportent pas de vivre dans l’ombre d’un être cher (une sœur dans Buffy, la mère dans l’épisode) et sont éprises de liberté et de reconnaissance, et cela malgré une affection sincère envers leurs proches. Mélinda et Dawn sont deux adolescentes se comportant comme telles, qui ont les doutes existentiels typiques de cet âge, ont leurs caprices, leurs révoltes d’adolescente etc. mais qui ne dissimulent pas une certaine maturité comme la lucidité envers elles-mêmes : Dawn commence à mûrir progressivement à la toute fin de Buffy (participant même à la bataille finale de la saison 7) tandis que Mélinda est consciente de sa si brève espérance de vie (son nouveau cœur ne tiendra pas indéfiniment) qu’elle a quand même accepté ; elle n’est pas dupe des airs qui se veulent rassurants de Foreman (scène de l’IRM).
Briéveté qu’elle veut compenser en vivant à fond… la scène de l’escalier est ainsi très belle où elle remâche sa rancœur envers celle qui lui a donné le jour : déjà mère-poule, sa maladie a donné une raison en or pour accentuer sa surprotection sur sa fille, toujours enfermée dans sa chambre. La froideur de la mère envers Dan est manifeste bien que discrète. Mélinda en souffre, mais sa guérison prochaine laisse présager l’espoir d’une vie enfin « normale ».
Comme Margo Dalton (Empoisonnement, saison 1), Barbara Bardach est une maman couvant trop son enfant mais dont les actions sont explicables par son amour maternel ; l’effacement du père nous laisse comprendre que c’est elle qui régente davantage la vie de sa fille. Consciente cependant de son attitude, elle s’assagira lors de la scène finale.
On notera que Michelle Trachtenberg est certainement la comédienne la plus convaincante de la série dans le domaine des crises convulsives : toutes ses scènes de convulsions, bien plus longues que l’habitude de la série, sont d’une violence réaliste très saisissante, comme celle de la spectaculaire introduction durant près de 40 secondes !

House a la patate ! Il démarre en douceur en obligeant « Jimmy » à laver plus de vaisselle, puis il passe à la vitesse supérieure ! Il le laisse dehors pendant des heures en prétextant être avec une prostituée (la scène est immense !), lui ment à répétition en disant « aimer ça », bouffe toutes les friandises, efface ses messages téléphoniques, fait tremper sa main dans de l’eau pendant qu’il dort pour qu’il urine dans son sommeil… ce défilé de mauvaises blagues est autant jouissivement tordant qu’il met mal à l’aise : pourquoi House se comporte-t-il ainsi envers Wilson aussi gratuitement ? Il dit que c’est pour « le fun », ce qui impliquerait un mépris féroce envers lui. Mais en réalité, ses intentions sont tout autres : ainsi la scène où House s’emporte contre Wilson donne la clef de son attitude : il veut qu’il réagisse.
Wilson est en effet trop gentil et encaisse tout ce qu’il subit sans avoir la réaction de révolte appropriée : largué par sa femme, il reste dans un état d’entre-deux, a peur de prendre ses responsabilités et se laisse détruire par celle qu’il aimait. House lui balance tout ce qu’il n’avait pas envie d’entendre mais qu’il doit entendre s’il veut relever la tête. House multiplie alors les saloperies les plus emmerdantes pour le mener au point de rupture, pour qu’enfin il cesse de se laisser marcher sur les pieds. D’ailleurs, regardez le visage de House quand Wilson accepte une fois de plus de faire la vaisselle : il indique une grimace de déception. Et lorsque Wilson, à bout, rend la pareille à House en lui faisant en retour une mauvaise farce (complètement inattendue !), House le prend bien et sourit : Wilson a enfin réagi et en effet, le soir même, Wilson demande le divorce d’avec sa troisième femme. La thérapie de House n’est certes pas tendre et tend à la méchanceté pure mais est justifiée par sa volonté de guérir son ami de son excessive gentillesse.
La brillante performance de Michelle Trachtenberg compte beaucoup dans la réussite de l’épisode (qui lui valut une nomination à un Emmy Award), bien soutenue par Mel Harris en dérangeante mère surprotectrice. Jake McDorman, en petit ami résolument con d’un bout à l’autre mais d’une évidente sincérité s’en sort très bien. Lance Guest est judicieusement réduit à un rôle transparent, laissant plus de place à la figure maternelle. Le trio de médecins est toujours en pleine forme (mention à Omar Epps, très juste) mais Lisa Edelstein n’est pas au meilleur de ses capacités avec un rôle d’opposant un peu cliché pour le coup. Heureusement, Hugh Laurie et Robert Sean Leonard s’éclatent toujours autant dans leurs scènes de ménage !
Infos supplémentaires
- Cuddy porterait souvent des strings. Les strings de Cuddy revêteront une importance capitale dans l’épisode Le dessous des cartes (saison 4). Et elle n’aurait plus couché depuis 6 mois d’après House. Comment connaît-il si bien la vie sexuelle de sa patronne ?
- « Je n’ai jamais vu de mère aussi surprotectrice » déplore Foreman en parlant de Barbara Bardach. Il a manifestement oublié le cas Margo Dalton d’Empoisonnement (saison 1) !
- House met un stéthoscope devant sa porte quand il fait l’amour. Toutefois, il ne précise pas s’il y’a une prostituée dans l’affaire ou s’il est tout seul…
- Wilson regarde Vertigo (1958) de Sir Alfred Hitchcock à la fin de l’épisode.
- La caméra fait un bruit à 17’48.
- House cite Tarzan (1932) dans la chambre de Mélinda et fait référence à L’enfant bulle (1976) quand il ironise sur la surprotection de la mère « façon John Travolta dans sa bulle ». Barbara Bardach prétend chercher (Le monde de) Némo (2003).
- La soundtrack de l’épisode est constituée de : Orange Sky de et par Alexi Murdoch, et de Pain in My Heart de Naomi Neville chantée par Otis Redding.
Acteurs
Michelle Trachtenberg (1985) est surtout renommée pour avoir joué (grâce à Sarah Michelle Gellar, amie de longue date) Dawn Summers, la petite sœur de Buffy Summers, héroïne de la série culte Buffy contre les vampires (66 épisodes). Connue aussi pour son rôle de Georgina Sparks dans Gossip girl (14 épisodes), ou pour sa participation à la série Mercy (22 épisodes). Elle a joué dans les séries New York (Police judiciaire et section criminelle), Weeds (5 épisodes), Six pieds sous terre (4 épisodes), etc. Cette superbe femme fut dans plusieurs classements de beauté mondiaux. Elle a commencé la comédie et la danse très tôt et accéda à la célébrité avant ses 18 ans, une belle performance ! Elle a débuté une carrière prometteuse au cinéma…
Mel Harris (1956) est une comédienne appréciée en Amérique pour son talent et sa beauté. Elle a surtout joué dans des séries : Alfred Hitchcock présente, Dawson, JAG (2 épisodes), Stargate SG-1 (Zénith, La dernière chance, Pour la vie), Cold Case, Les Experts : Manhattan, Esprits criminels, etc. Sa vie privée fut assez mouvementée car elle se maria et divorça cinq fois !
17.
DOUZE ANS APRÈS
(ALL IN)

   
Hey, comment va cette fissure anale ?
Ian Alston, 6 ans, souffre de diarrhées sanglantes. House, Cuddy, et Wilson sont à l’hôpital où ils jouent à un tournoi de poker caritatif. Sans en avertir Cuddy, House quitte la table et se saisit du cas car il est persuadé que Ian est atteint d’une maladie qui a tué douze ans auparavant Esther Doyle, une vieille femme qu’il n’a pas réussi à sauver et encore moins à diagnostiquer ! Une course contre la mort s’engage car la maladie inconnue progresse à une rapidité fulgurante…
Quand Dr.House rencontre Cold Case.
House face à ses démons. L’épisode joue sur deux tableaux et gagne à chaque fois : que ce soit le cas médical d’une formidable originalité, ou l’homérique partie intermittente de poker entre les trois protagonistes. Le premier se distingue par sa situation d’urgence permanente, prenant un coup d’accélérateur au milieu de l’épisode tandis que le deuxième est le prétexte à de mémorables échanges piquants ! La résolution finale, synthèse des deux tableaux, apparaît maligne et originale à la fois.
Alors ça démarre très fort avec une scène d’introduction réussie (pourtant loin d’être un point fort de la série) puis sur la partie de poker avec un choc : le House débraillé et négligé qu’on connaît, est en smoking impeccable (mais quand même pas rasé, y’a des limites tout de même !) et fume un gros cigare ! Le costume rigoureusement identique de Wilson donne un effet comique et confirme que Robert Sean Leonard et Hugh Laurie portent beau en tenue de soirée. Mais que dire de Cuddy, à fondre dans sa superbe robe bleue (très échancrée d’ailleurs !) où la beauté naturelle de Lisa Edelstein resplendit de mille feux ! Sans doute une des tenues les plus affriolantes de la série !
House, en plein poker, improvise un cours de sexologie animale complètement déplacé dans le contexte pour analyser les réactions de ses adversaires et savoir si leurs jeux sont bons ou pas ! Après l’exposé du cas, House quitte la table (mais non sans un petit échange de réparties à propos des seins de Cuddy).
Ce tonique début se termine brillamment avec House faisant joyeusement foirer le « coup » de Chase. Et on note que si Jesse Spencer et Omar Epps sont très élégants dans leurs costumes raffinés, Jennifer Morrison arbore une superbe robe à bustier rouge très sexy qui fera se déconcentrer House pendant quelques secondes ! (Pas que House d’ailleurs !).
Le cas renouvelle le genre grâce à sa configuration inédite. House est rongé par le souvenir d’Esther, échec complet qu’il a subi et dont il ne s’est pas remis, croyant voir frequemment un « remake » de ce cas chez plusieurs patients au cours des années. Une énième fois, ce cas semble se produire ; il va se jeter tout entier dans ce cas, quitte à saboter la soirée de tout le monde et en premier lieu celle de ses « valets ». Mais plus qu’un « remake » de ce cas, House semble, même si ce n’est qu’implicite, considérer Ian comme un cas de métempsycose, il utilise les données d’Esther pour les appliquer à celui de l’enfant, comme s’il était Esther ! Et House, ne supportant pas l’échec, a son jugement parfois brouillé, à tel point que salutairement, le quatuor (Wilson participant également) de médecins devra le rappeler à l’ordre.

Il permet aussi un schéma intéressant. Alors que nos médecins, généralement, sont soumis au déroulement aléatoire du cas, devant réviser leurs positions en permanence ; ici, ils savent exactement comment le cas va se dérouler et traitent donc en avance les symptômes à venir pour avoir plus de temps. Mais coup de Jarnac ! L’état de Ian se dégrade à vitesse grand V en passant directement au dernier symptôme qui a précédé la mort chez Esther ! Ce qui donne un suspense terrible et parfaitement minuté. L’intervention inopportune de Cuddy précipite la dernière partie de l’épisode sous haute tension jusqu’au dilemme final : 7 maladies envisagées, 3 tests possibles uniquement. La chute finale, très originale, vient au détour d’une main de poker de Wilson : la maladie a fait un coup de bluff ! Cependant, la décision de House, pour la première fois de la série, comporte un élément de hasard ! Il pourrait aussi bien avoir raison que tort ! En fait, c’est l’élégance et la beauté du raisonnement logique final qui fait que House prend le risque de retenir son hypothèse. Ainsi, il confirme son attachement au rasoir d’Occam (voir épisode 3, saison 1, du même nom) qui pourtant n’est pas fiable à 100%… Un certain amour de la beauté (qui transparaît dans son goût pour la musique ou celui de se creuser les méninges [comme dirait Beethoven : tout ce qui est difficile est beau]) anime ainsi ce personnage.
La fatigue, la frustration d’être privés d’une belle soirée, l’angoisse devant la perspective de la mort d’un enfant de 6 ans (et entraînerait l’irrésolution du cas Esther, double peine !) font que les médecins sont en état de tension permanente et cette atmosphère noire de doutes donne un cachet particulier à l’épisode. Par opposition, la caméra de Fred Gerber, magnifie les belles tenues, les lumières vives et l’ambiance de fête au rez-de-chaussée de l’hôpital, donnant un puissant contraste à l’ensemble de l’épisode.
Au milieu du cas, les scènes de poker sont autant de déchaînements de rire ! Leur réussite vient entre autres du « code secret » entre Wilson et House pour s’échanger des renseignements sans que Cuddy parvienne à les déchiffrer (Le poulet est à Piccadilly Square ! On va débrancher le patient ! etc…), savoureux pastiche des mots de passe qui fleurent dans tout film d’espionnage qui se respecte ! House a intérêt à faire durer la partie et en sachant le comportement de Cuddy, il peut conduire le jeu à sa guise grâce à son prodigieux don en matière de psychologie humaine : il fait volontairement perdre Wilson, puis le fait volontairement gagner. Mais la troisième fois (avec un chantage à mourir de rire !) il veut le faire perdre… mais a tout faux et Wilson rafle la mise !

Sinon, le fait de voir House tirer des déductions aussi hardies (comme une main exacte de Wilson !) à partir de presque rien est tellement surréaliste (et Holmesien) que ça en rajoute dans l’élément comique de l’épisode. Et bien entendu, le twist final avec le bluff de Wilson qui rejoint le « bluff » de la maladie est génialement trouvé, couronnant cette merveilleuse histoire.
Tout au long de la partie, l’irritation et l’agacement qui gagnent Cuddy (très douée au jeu) avec mimiques outrées et répliques assassines sont autant de moments comiques à savourer.
On notera que, élégamment, c’est sur une nouvelle déclaration de House sur le pénis des crustacés que l’épisode se termine, miroir de la scène initiale.
La famille Alston est en retrait (Laura Allen-Mackenzie Astin-Carter Page) mais on saluera la pulpeuse Michelle Harrison, qui dans sa petite scène avec Spencer et Laurie, passe de l’amusement à l’effarement en quelques secondes ! Les personnages principaux sont en pleine forme, jouant l’angoisse et la fatigue mêlées avec maestria. Hugh Laurie et Robert Sean Leonard (avec un rôle plus étoffé, pour notre plus grande joie), à la fois complices et toujours en opposition l’un contre l’autre, Lisa Edelstein sentant la moutarde lui monter en nez, ou Omar Epps et Jesse Spencer jouant leur partition avec entrain, rappelant souvent leur patron à l’ordre avec conviction. Par contre, Jennifer Morrison retombe dans la niaiserie dans laquelle son jeu s’égare parfois (les gros yeux suppliants lors du diagnostic final la rendent très belle mais sont vraiment exagérés !). Mais c’est Hugh Laurie, impérial en homme hésitant, tourmenté, qui fait de ce cas une affaire personnelle, qui ramasse le pot. D’autant qu’il assure aussi brillamment les moments de comédie de l’intrigue.
Infos supplémentaires
- House a un chiffre fétiche : le 42. Référence bien connue des geeks car 42 est bien entendu la « réponse ultime » à La grande question sur la vie, l'univers, et le reste selon le Guide du voyageur intergalactique de Douglas Adams... mais le problème est que la « question ultime » reste inconnue à ce jour !!!
Avec Wilson, il a imaginé un code pour s’échanger des informations lors de parties de poker. Il est également un peu magicien (s’amusant à faire disparaître des jetons dans la main).
- House arbore une nouvelle canne, plus « luxueuse » que la précédente. Fait rare, on le voit fumer (un gros cigare).
- Wilson met du vernis à ongles sur les pieds. Ah la honte ! Et il semble toujours en pincer pour l’arlésienne « Debbie de la compta ».
- Cuddy a un sein plus petit que l’autre. Mais House a toujours eu l’œil sur ce genre de détail existentiel…
- All in (Tapis en français) est un terme de poker désignant une action d'un joueur misant l'intégralité de ses ressources sur un coup. Cette action est obligatoire pour pouvoir suivre des enchères trop hautes pour qu'on puisse les payer. Dans ce cas, faire ce coup permet de rester dans la partie comme si on avait payé l'enchère demandée, tout en risquant de quitter la table dès ce coup si on perd. C'est donc une action dangereuse mais courante dans ce jeu. Ici, le titre original désigne aussi bien les différents tapis de Wilson que la décision finale de House qui fait tapis de la même manière lors de sa partie de poker métaphorique contre la maladie.
Erreurs :
- Esther est orthographié « Ester » sur le dossier médical.
- On voit un reflet de caméra à 11’46.
- Le cigare de House disparaît entre deux plans lors de la partie de poker.
- Quand Ian est sous respirateur artificiel, l’oreiller change de place plusieurs fois.
- Ian bouge ses mains en état d’inconscience ou en état d’arrêt cardiaque.
- Lors de la biopsie du cœur, les volets sont tour à tour ouverts ou fermés et les parents sont tantôt derrière les volets, tantôt dans la salle d’attente.
- La chanson de l’épisode est Deed I do de Fred Rose et Walter Hirsch, chantée par Diana Krall. Hugh Laurie joue au piano Hymn to Freedom de Oscar Peterson.
18.
INSOMNIES
(SLEEPING DOGS LIE)

   
- On a une hémorragie rectale.
- Quoi, vous tous ?!
Une jeune femme, Hannah, n’arrive pas à dormir depuis 10 jours entiers ! Une boîte entière de somnifères n’y change rien. Le cas est exceptionnellement ardu, d’autant plus que Cameron est en conflit ouvert avec Foreman car il a volé son travail à son profit. Bientôt, il faut une greffe de foie à Hannah, et Max, sa compagne, accepte de lui donner le sien. Mais House doit empêcher Cameron de révéler à Max qu’Hannah est sur le point de la larguer, ce qui la ferait revenir sur sa décision…
Cet épisode est sans conteste un des plus profonds de la série. Cette fois, l’intrigue médicale (conclue par une chute savoureusement ambiguë) se double d’un superbe problème éthique tenant en haleine tout le long. Cameron, mise en avant, est un pilier excellent pour l’épisode tandis que le couple saphique Hannah-Max est très touchant mais n’échappe pas à la vision pessimiste du Couple prônée par la série même si - miracle - une touche d’espoir (mais un espoir « tordu ») apparaît à la fin…
La scène d’intro, sans évanouissement ni convulsions théâtraux, donne un climat d’angoisse et de mystère avec ces plans répétés sur les grands yeux cernés de l’insomniaque, où toute la détresse du monde s’y lit. La série met au premier plan ce couple sans insister sur l’homosexualité d’Hannah et de Max comme si elle allait de soi. Dr.House suit ainsi les chemins audacieux de ses devancières comme Buffy contre les vampires (couple Willow-Tara) en imaginant un tel couple, présenté comme normal. On remarquera que House ne lâchera aucune blague sur cette relation alors qu’il n’hésitera pas ultérieurement à vanner à répétition sur la bisexualité d’un membre de sa future deuxième équipe (saison 4 et suivantes).
La difficulté du cas est ici particulièrement ressentie, avec quelques scènes assez difficiles psychologiquement : la veille forcée de la jeune femme depuis 10 jours mais aussi House qui veut la maintenir éveillée pour faire ses tests. Malgré les protestations compatissantes de l’équipe, House sait qu’il a raison et prolonge la torture d’Hannah dans l’espoir d’avancer.
Mais l’épisode arrive alors là où il voulait en venir : l’opposition Cameron-House sur l’éthique de la situation. Hannah vaut-elle la peine qu’elle lui donne la moitié de son foie, opération lourde aux séquelles durables ? En plus, Max risque de rester la table ! Pire, malgré l’opération, Hannah ne survivra pas si la maladie n’est pas trouvée. House, conscient que Max refuserait de la sauver si elle connaissait ses véritables sentiments ne veut pas que Cameron la mette au courant (Oui, je suis immoral, je veux sauver ma patiente !). Les dialogues féroces entre l’immunologue et le diagnosticien sont autant de flèches lancées : Cameron est prête à braver les ordres de House pour satisfaire sa conscience et House doit être vigilant pour ne pas laisser Cameron avec Max. House ne se soucie guère de l’avenir de ses patients : que Max soit abandonnée par la suite, la belle affaire ! Du moment qu’Hannah guérisse. Les tirades de House et de Cameron, très bien écrites, sont la teneur de ce fort drame psychologique qui se noue sous nos yeux, nouvelle déclinaison de l‘éternel duel Vérité contre Bonheur avec ici une inversion puisque c’est House qui soutient le « bonheur » du couple (mais uniquement pour sauver sa patiente).

Max est un personnage courageux et généreux. Elle est prête à sacrifier sa vie pour Hannah. Devant incertitudes et doutes, elle manifeste une incroyable bravoure. Un personnage d’une sympathie et d’une compassion rares. Les sentiments, en climax permanent (amour fou pour Max, colère pour Cameron, mépris pour Foreman…) donnent un caractère bouleversant, presque opératique, à l’ensemble. Bien qu’Hannah ait le mauvais rôle, elle n’est coupable que de frivolité, faiblesse tristement humaine, ce n’est pas une bitch comme le prétend House. Le personnage de Jayma Mays, tourmentée par ses sentiments, n’est pas si loin de la douce amoureuse qu’est Emma Pillsbury, qu’elle incarnera plus tard dans Glee.
La chute finale médicale est peu mémorable mais celle qui dévoile alors le jeu joué par Max l’est davantage. Mais cette surprenante révélation finale est à double tranchant : elle est dans la traditionnelle vision pessimiste du Couple car Hannah est frivole et Max, elle, joue au chantage affectif pour la faire garder maintenant auprès d’elle. Une relation désespérément tordue et immorale (au sens des sentiments). Hannah est maintenant otage, prisonnière de sa dette envers Max qu’elle ne peut plus quitter sans culpabiliser. Mais une lueur d’espoir : Max a foi en elle et en Hannah et espère que l’amour réciproque prendra le dessus. Une touche d’optimisme fragile nimbe alors cette fin malaisée. Pourquoi l’amour est-il un sentiment aussi dévoyé ?
Un autre atout de la série est le violent conflit Foreman-Cameron. Elle est dans un univers d’hypocrites et d’arrivistes prêts à tout. Refusant qu’une telle bassesse soit dans la nature humaine comme le lui dit House (Moi, je n’appelle pas ça être humain ! réplique-t-elle), son innocente naïveté est telle que le réveil n’en est que plus foudroyant. La force de l’épisode doit beaucoup à leurs affrontements avec un Foreman inhabituellement cynique et manipulateur, se rapprochant ainsi de House mine de rien.
Cameron, c’est aussi l’histoire d’une jeune femme qui n’a pas encore troqué son idéalisme béat d’enfant contre un réalisme brut et dur d‘adulte (alors que son veuvage précoce l’a rendue mature sur d’autres points). Elle s’en débarrassera au fur et à mesure mais perdre ses illusions n’est jamais agréable… La scène où Cuddy lui conseille de se venger enfonce le clou. Cameron ne veut pas faire la loi du talion devant Cuddy qui lui dit que la vengeance est un sentiment délectable et agréable, qui n’a même pas besoin de motif pour se justifier et est un bon outil pour « monter » professionnellement. Triste constat…

La scène finale est d’une audace stupéfiante : Cameron accepte d’enterrer la hache de guerre avec Foreman pour ne pas mettre en péril leur amitié. La réplique qui sort de Foreman est d’une noirceur telle qu’on se demande même si House aurait eu le courage de la prononcer ! Le ton ouvertement condescendant de Foreman rend tout encore plus terrible. Cette scène peut être rapprochée de celle du dîner dans Des maux d’amour (saison 1) où House anéantissait pareillement les espoirs de Cameron.
La série renoue pour notre plus grande joie avec les cas secondaires : House, à la demande d’une jeune chinoise, lui prescrit la pilule à l‘insu de sa mère présente, et pour sa mère - qui ne parle que le mandarin - une prescription contre son rhume. Malheureusement, les choses ne se passeront pas comme prévu : la résolution est d’un burlesque rafraîchissant au milieu du drame intense qui se joue par ailleurs.
Au fait, vous appréciez la chemise à fleurs de Cameron ? Personnellement, ça ne lui va pas du tout !!
Jayma Mays est très convaincante en malade souffrant le martyre (bien aidée par des maquilleuses efficaces) et Dahlia Salem est fantastique en compagne dévouée et aimante, jouant l‘amour éperdu et passionné mais en demeurant d‘une sobriété judicieusement calculée. Un numéro en or ! Leur couple fonctionne très bien à l’écran.
Jennifer Morrison réussit très bien son numéro d’idéaliste qui se fait posséder par moins fair-play qu’elle. Omar Epps, génialement surprenant en opportuniste antipathique, est également en avant et électrifie davantage la tension entre eux. Hugh Laurie est génial (ça devient un pléonasme !). Julia Ling est amusante en ado pas fute-fute tandis qu’Alice Lo, Lisa Edelstein (pas en grande forme), et Jesse Spencer sont en retrait.
Infos supplémentaires
- Nouveau talent de House : il parle correctement le mandarin. Il dit à Mrs.Ling dans cette langue « Félicitations, vous allez être grand-mère ! ».
- House, faisant un somme sur le sol, utilise comme oreiller Gray’s anatomy ce qui est moins une référence à la série du même nom (à une lettre près) qu’au livre lui-même, classique de la littérature médicale en anatomie humaine, écrite en 1858 par Henry Gray. Il est toujours aussi actuel.
- Erreurs :
Le sous-titrage français est erroné : il indique que sans sommeil, les neurones se régénèrent. Bien entendu, ils ne se régénèrent pas du tout dans ce cas !
Acteurs
Jayma Mays (1979) est surtout connue pour son rôle d’Emma Pillsbury dans la série musicale à succès Glee (66 épisodes). Elle a joué aussi dans Joey, Six pieds sous terre, How I met your mother, Ghost Whisperer, Ugly Betty (8 épisodes), Heroes (5 épisodes), etc. Dotée d’une belle voix et d’un talent naturel de comédienne, elle a obtenu son diplôme en théâtre avec une mention de félicitations unanimes. Elle perce de plus en plus dans le monde du cinéma avec davantage de rôles principaux.
Dahlia Salem (1971) décide de sa vocation d’actrice grâce à Jessica Lange. D’origine égyptienne, cette belle brune s’est lancée tôt dans sa vocation. New York 911, Les Experts, Les Experts : Miami, JAG, Urgences (7 épisodes), Esprits Criminels, Castle, Médium (épisode La femme aux deux visages), US Marshals, font partie des séries auxquelles elle a participé. Elle reste cependant connue grâce à son rôle de Claire Walsh dans 133 épisodes du soap opera Hôpital central. Elle a également ouvert un laboratoire de chocolat « Amélie » (en hommage à Amélie Poulain).
19.
HOUSE CONTRE DIEU
(HOUSE VS. GOD)

   
You talk to God, you're religious. God talks to you, you're psychotic.
Boyd, un adolescent de 15 ans, a une foi si grande en Dieu qu’il est capable de faire des miracles de guérison. Lors d’un sermon où il guérit une vieille femme, lui-même est pris de violentes douleurs et s’écroule. House et son équipe s’occupent de son cas. House, athée pur et dur, méprise ouvertement son patient qui étonne son équipe par ses dons. Boyd interfère de plus dans le cas de Grace, une cancéreuse condamnée, patiente de Wilson, et prétend l’avoir « guérie ». Quelques heures plus tard, le cancer incurable de Grace se résorbe. House est effaré et tente de trouver et une explication rationnelle et la maladie de son patient…
On se demande vraiment à quoi carburent les scénaristes qui enchaînent les chefs d’œuvre avec une régularité qui laisse pantois ! Les épisodes « religieux » ont souvent été des succès au sein des séries, que ce soit X-Files (L’Eglise des miracles, Révélations…), Code Quantum (La main droite du seigneur, Au nom du père…), La Quatrième Dimension (Enfer ou Paradis ?, L’homme qui hurle…) et tant d’autres. Dr.House ne fait pas exception avec cet épisode qui s’intéresse de près à la question de la foi, et celle, souvent risquée, des miracles. La confrontation House/Boyd et l’évocation de la religion permettent des scènes fortes et pleines de réflexion entre les travaillées scènes médicales, jusqu’à son étourdissante conclusion. Si l’épisode n’atteint pas la dimension bouleversante du magistral L’erreur est humaine (saison 1), il reste sans aucun doute un des meilleurs épisodes de toute la série.
Après une introduction savoureusement ironique (le guérisseur malade), l’épisode prend rapidement ses marques. House l’athée est face à Boyd le croyant et cet affrontement d’acier et de velours donne une saveur pimentée à l’ensemble. Leur duel idéologique et verbal est scénarisé avec une maîtrise totale, dont les temps forts sont soulignés par l’absurde tableau de scores qui compte les points de chaque côté ! Le match prendra fin de la meilleure façon possible avec en plus une possible ouverture.
Boyd est un des patients auxquels les scénaristes ont attaché le plus de soin car il paraît très complet. L’ardeur de sa foi ne faiblit jamais et le rend ainsi très vivant. Dès l’intro où sa foi donne un enthousiasme communicatif sidérant à l’assemblée, on a une bonne idée du personnage. Mais c’est un garçon qui a de la cervelle car, tout guérisseur qu’il est, il sait que les médecins sont nécessaires et fait donc confiance à House. Il se distingue par-là de sœur Augustine (L’erreur est humaine) qui, animée par sa seule foi, se négligeait alors que lui-même fait attention. Il a la tête dans les cieux mais les pieds sur terre (Croire en Dieu ne m’empêche pas de croire aux microbes !) et ainsi, fait un adversaire excellent pour House, bien qu’ici, c’est le diagnosticien qui a le mauvais rôle (et Hugh Laurie y va à fond !), non pas à cause de son athéisme mais de son mépris.

Boyd subjugue en devinant ce qui se passe chez les assistants du diagnosticien, mais House balaye ses prédictions en disant que Dieu ne lui parle pas mais qu’il a simplement un excellent don d’observation. Lorsque House sera lui-même confronté à plusieurs « miracles » de Boyd, il essaiera (et réussira !) à chaque fois de trouver une explication rationnelle. Une sorte de parallèle avec les agents Mulder et Scully peut être fait ici, car dans X-Files, Scully la sceptique (House) modère les élans mystiques de Mulder le croyant (Boyd) et parfois avec succès (comme ici). Scully et House y mettent tous deux toute leur énérgie. Une telle opposition permet en effet d’excellents échanges et House contre Dieu n’en est pas avare. Ainsi House tente de destabiliser son patient avec des sarcasmes sur ses pouvoirs de guérison et surtout sur sa foi, principe indémontrable et irrationnel par nature. Boyd répond avec la solidité et la confiance qu’il a en Dieu sans aucun parti pris de la part des auteurs.
Wilson est avec Grace, cancéreuse condamnée à brève échéance. Elle a accepté sa maladie mais n’a plus le goût de faire quoi que ce soit. Wilson se montre très affectueux envers elle et on sent qu’il se passe quelque chose entre eux deux. Lorsque Grace marche dans les couloirs de l’hôpital, elle rencontre Boyd, en pleine crise hallucinatoire (ou mystique ?) qui prétend la « guérir » en la touchant… et miracle ! Le cancer de Grace se résorbe !! Ce qui fait dérailler House qui ne sait plus (c’est le cas de le dire !) à quel saint se vouer !
La scène du poker mèle comédie et réflexion avec brio. Entrecoupée par la fouille de Chase dans l’appartement de Grace (qui n’est pas sans humour !), House réfléchit à la situation et finit par deviner que son ami a couché avec sa patiente et qu’il logeait chez elle depuis tout ce temps ! Une nouvelle fois après Protection reprochée, on mesure combien ses tendres qualités le laissent aller à des situations pas possibles ! La peur de Wilson devant le sans-gène de House qui dit tout haut tout ce qu’il pense devant leurs camarades de jeu est d’un excellent comique ! Mais vire brusquement au dramatisme quand Wilson claque la porte, poursuivi par House. Leur confrontation est d’une grande puissance rhétorique et théologique : Être croyant implique-t-il être soumis à une autorité ? Pourquoi croire à un concept qu’on ne peut prouver scientifiquement ? Les athées ont-ils peur de Dieu et cachent-ils leur peur par la négation de son existence ? Telles sont les questions posées par la joute verbale engagée par nos héros formant le moment le plus intense de l’épisode.
La sinistre chute finale clôt ce cas de manière éblouissante : Boyd, en dépit de sa croyance solidement ancrée, a « pêché ». Ainsi, House est plein de condescendance envers ce jeune garçon qui n’a pas réussi à s’imposer les règles qu’il s’était fixées… et pourtant, est-ce si grave ? Sa faute peut être choquante pour quelqu’un de puritain ou athée (comme Greg) mais est finalement vénielle. D’ailleurs, ce « pêché » explique que bien qu’étant presque un saint, Boyd reste homme avec les tentations qui vont avec. Et son père, voyant qu’en faisant trop confiance en Dieu, il avait un regard faussé sur son fils, permet la résolution finale. Mais la jubilation de House d’avoir trouvé la faille chez Boyd est tempérée par Wilson qui lui rappelle qu’il est mal placé pour donner des leçons (une certaine paraphrase de la parabole de la paille et de la poutre). Boyd finit par quitter House en bons termes (et réciproquement). De plus, son « don » n’a pas disparu : pour une fois, il ne provient pas de sa maladie (contrairement par exemple à Alex de Confusion des genres).

Mieux encore : la révélation finale sur le cancer de Grace peut autant s’expliquer comme un miracle que comme un enchaînement rationnel de circonstances hautement improbable (mais possible). Aussi, Dieu et House marquent un point chacun d’où l’évidence du score final. Génialement astucieux et pertinent ! Pourtant, est-ce que Boyd a échoué en prétendant avoir guéri la patiente ? Elle reste condamnée, après tout ! Eh bien, non ! Boyd l’a bel et bien guérie mais pas dans le sens physique : dans le sens spirituel. Avant, Grace était résignée et sans joie sur son cancer incurable. Son expérience avec Boyd, qui se montra d’une gentillesse débordante envers elle lors de leurs rencontres a ravivé en elle une sorte de feu intérieur : animée par une foi toute neuve, elle retrouve le goût de vivre et ose enfin faire son fameux voyage à Florence qu’elle avait tant rêvé : signe que si son corps va mourir, son esprit, lui, mourra en pleine force ; elle triomphe de ses démons grâce à la foi. N’est-ce pas là une forme de guérison ? D’autant que si on lit attentivement les déclarations de Boyd, il ne lui a jamais promis une rémission corporelle, simplement une « guérison ». Tout était sous-jacent… L’adresse de Doris Egan dans l’écriture de son histoire est admirable.
Ainsi la conclusion, malgré une certaine mélancolie, apparaît lumineuse, sortant des faux happy ends classiques de la série.
On dit parfois que pour un acteur, le sentiment le plus difficile à interpréter est la foi religieuse. Si c’est le cas, on ne peut qu’applaudir vivement la performance de Thomas Dekker qui - à quelques excès près - parvient à rendre saisissante la foi intense de son personnage qui échappe à la caricature. William Katt, en père trop négligeant redécouvrant son autorité, est également très bon.
Le choix de Tamara Braun, actrice de soap, pouvait faire ricaner à l’avance ; mais elle livre une composition douce et claire de cancéreuse condamnée qui surprend agréablement ! Royal Hugh Laurie qui se déchaîne sans compter dans son rôle d’athée férocement condescendant mais plus troublé qu’il ne veut le faire paraître. Robert Sean Leonard confirme qu’il est un grand comédien en reconstituant les errements, les paniques, et les convictions de son personnage. Jesse Spencer a presque un rôle d’amuseur dans cet épisode, qui lui sied très bien. Jennifer Morrison et Omar Epps jouent sous tension. Un sans-faute !
Infos supplémentaires
- Stacy est Taureau.
- Wilson, pour entrer chez House, frappe quatre coups rapprochés. Signe de connivence ?
- Dekker cite l’évangile de Matthieu 13:44-47 : la parabole du trésor caché où le Christ explique à son auditoire que le royaume de Dieu est comme un trésor caché dans un champ. Lorsqu’il l’a trouvé, l’homme, pour l’avoir, vend tous ses biens pour acheter le champ. Une manière de dire que les biens spirituels sont plus durables et plus forts que les biens terrestres, et que le royaume des cieux est la plus grande récompense qui attend un enfant de Dieu : il faut tout faire pour y entrer.
- House fait référence à la chanteuse et actrice Lindsay Lohan (1986) dont la trajectoire professionnelle en dents de scie, son investissement dans la mode, et ses démêlés avec la justice (vol ou plus souvent état d’ivresse) ont fait les choux gras des magazines people. Il fait aussi référence à un de ses films où elle jouait : Lolita malgré moi (2004).
Acteurs
Thomas Dekker (1987) a eu le privilège de jouer le rôle principal de John Connor dans 31 épisodes de la série Terminator, les chroniques de Sarah Connor. Il tourne son premier rôle à 6 ans. On l’a vu également dans Les feux de l’amour, une nounou d’enfer, Star Trek : Générations et Voyager (2 épisodes), Boston Public, Les Experts, Sept à la maison, Heroes (12 épisodes), etc. Il poursuit une belle carrière au cinéma avec des films comme Kaboom, Freddy les griffes de la nuit (remake), Le village des Damnés (remake), Angels Crest, etc.
Tamara Braun (1971) s’est surtout fait connaître en jouant dans plusieurs soaps : La force du destin (82 épisodes), Des jours et des vies (131 épisodes) et surtout Hôpital central (514 épisodes !!!). Elle est apparue dans 2 épisodes de Buffy contre les vampires (La métamorphose de Buffy et Un charme déroutant), mais aussi dans Sept à la maison, Cold Case, Le Caméléon, Ghost Whisperer, FBI portés disparus, Les Experts, etc.
20.
DE L'AUTRE CÔTÉ...
(EUPHORIA. PART 1)

  
- Je ne peux même pas imaginer la logique tordue qui vous a fait tirer sur un cadavre.
- J’aurais tiré sur quelqu’un de vivant, y’aurait eu plus de paperasse !
Joe Luria, policier, procède à une arrestation quand il est saisi d’euphorie soudaine, n’arrêtant pas de rire bêtement. L’interpellé lui colle alors une balle dans le crâne et Luria s’écroule, toujours en riant. House envoie Foreman inspecter la maison du flic qui est une vraie porcherie. L’état du patient se dégrade gravement mais Foreman ne fait qu’en rire, ricanant à tout bout de champ : il a lui aussi attrapé la maladie mortelle et il est confiné dans la chambre stérile où est installé le flic. Une course contre la mort s’engage…
Au milieu de cette cavalcade à en avoir le vertige d’épisodes tous aussi géniaux les uns que les autres, apparaît (tout aussi génial) le premier véritable double épisode de la série. Si Cours magistral apparaissait comme introduisant Le choix de l’autre (saison 1), on ne pouvait encore parler d‘épisode en deux parties. Euphoria inaugure donc dans Dr.House avec bonheur la tradition du double épisode, souvent synonyme dans les séries de réussite. Et en effet, l’épisode joue à fond sur la carte du suspense et parvient à construire une ambiance délétère psychologique qui monte dans un crescendo terriblement tendu. Dans cette première partie, il faut un peu de temps pour que s’installe l’angoisse mais elle ne lâchera plus le téléspectateur dans la deuxième partie, encore plus réussie.
L’intro en elle-même, presque en caméra subjective, est déjà assez flippante avec ce flic rigolard sans aucune raison qui continue de se marrer après avoir reçu la balle de son agresseur !
L’épisode démarre tranquillement mais sous le signe de l’humour noir. Le comportement de Foreman envers le policier, très glacial, laisse transparaître une étonnante haine envers la police (lié à son passé de voleur ?). La scène de la radiographie où son comportement condescendant fait penser à House est d’ailleurs à relever. D’une manière générale, c’est un comique acide qui domine le premier tiers de l’épisode avec les piques de House (ou sa négociation avec une policière pour faire sauter un PV...), et aussi celles de Foreman, particulièrement en verve ! Ou encore la scène assez énorme avec House flinguant un cadavre (défilé de blagues à la clé), Luria prétendant que son appartement est « clean » alors que même une soue de cochons est d’une impeccable propreté à côté ! (les restes de nourriture avariés sont très peu ragoûtants, Beuaaah !) ; tandis que ses vannes foireuses apportent un élément décalé drôlatique… mais Foreman attrape à son tour la maladie ; et par une subtile transition, l’humour s’efface devant l’avancée du dramatisme.
Sinon, on peut remarquer une nouvelle preuve que House (et son interprète) a un certain succès auprès de la gent féminine : regardez le beau sourire de la femme du commissariat...

Foreman est drôle quand il est dans sa phase d’euphorie, que nous pressentons avant que l’équipe ne s’en aperçoive (scène de la morgue puis de l’IRM) mais il devient de plus en plus affolant, surtout quand il s’esclaffe devant une crise presque fatale du patient ! (C’est normal que je sois le seul à trouver ça drôle ?). Mais lorsqu’il est emprisonné dans la chambre du flic pour éviter la contagion, l’atmosphère se noircit… On notera que la réalisation de Deren Sarafian joue intelligemment de ce changement narratif avec des lumières devenant plus pâles, lugubres, presque obscures, comme si une ombre maléfique s’étendait sur l’hôpital, l’ombre de la mort…
La tension prend rapidement une jubilante dimension « crispatoire » dès lors que l’état du policier devient critique. La souffrance croissante qui le saisit brise son arrogance sous-jacente manifestée au début de l’épisode. Son hyperalgésie devient presque insoutenable : il souffre et rien ne peut le calmer, ni la morphine, ni - pire - le coma, ne peuvent l’empêcher de ressentir une douleur inhumaine ! La terreur de Foreman à l’idée d’endurer mille morts à son tour est donc très horrifique. Plus que la peur de la mort, la peur de souffrir est très présente dans l’esprit humain. Et puis, il y’a le geste désespéré de Foreman qui pique Cameron avec une seringue infectée pour la contraindre à retourner chez Luria ! Il le fait sans aucune excuse et ses remords tardifs sont tournés en dérision mais cette fois par Chase. Monde cruel… Le cas se poursuit sans réelle avancée et l’effondrement physique des deux patients est vraiment effrayant, suspense permanent qui ne faiblit jamais…
La maladie de Foreman permet à House de faire tomber un masque : il veut rester lui-même mais ne peut s’empêcher de se trahir : il met son cynisme en veilleuse, arbore des expressions pensives et impatientes, et surtout, devant un Wilson toujours aussi observateur, se montre d’une prudence inédite envers le suivi de Foreman : il est davantage qu’un patient et House ne parvient pas, pour une fois, à être neutre lors de ce cas, car c’est un membre de son entourage qui est atteint. Le House qui emmerdait copieusement Foreman, le ridiculisait tout le temps, est obligé ici de montrer le lien qui l’unit à lui. A force de côtoyer une personne durant quelque temps, on nourrit un lien envers cette personne, même s’il n’est pas forcément positif (on en reparlera lors du final de la saison 4), une sorte d’attachement même si on ne l’aimait pas tant que ça. House se moquait de l’investissement excessif de sa patronne dans Culpabilité mais se retrouve piégé à son tour et c’est joliment mis en scène.

Cameron n’y échappe pas non plus. Alors qu’elle a toutes les raisons du monde d’haïr ce jerk qu’est Foreman, elle s’investit au maximum pour essayer de le sauver, prétextant qu’elle « ne fait que son job ». Le jeu aussi tranchant que l’acier de Jennifer Morrison nous laisse dans une excitante indécision : est-elle aussi neutre qu’elle le prétend ? Ou un effet de sa nature angélique ? Sans doute les deux comme le remarque House quand elle sort de l’appartement de Luria : elle voulait y aller malgré le véto de son patron et l’acte de Foreman ne fut qu’un prétexte. Malgré qu’elle ne soit pas croyante, Cameron se comporte comme telle, en essayant d’aimer son entourage, qui souvent le lui rend si mal. Elle est décidément le personnage le plus étranger de la série (et donc un des moins intéressants), mais, paradoxe, elle y apporte beaucoup de valeur car elle est le plus proche de nous et son identification au spectateur est plus évidente que les autres personnages (ne parlons même pas de House !). Ainsi, la force de la série vient aussi du fait qu’on a le sentiment d’y entrer de plain-pied, via Cameron.
On note l’adresse de la fin : quelques scènes lentes et calmes pour donner un sentiment de détente au milieu de la pression générale mais lorsque Cameron se rend compte que la théorie de House est fausse, la scène s’accélère brusquement (eh oui, les portables, c’est pas toujours fiable !) avec un dernier suspense réellement tétanisant, les plans filent à toute allure dans l’urgence finale débouchant sur un tout aussi tétanisant cliffhanger qui tombe comme un couperet… To be continued !

Infos supplémentaires
- Premier épisode sans diagnostic final. Cinquième échec de House (semi-échec ici car Foreman est encore en vie) et deuxième de la saison.
- La présence de Scott Michael Campbell n’est pas anodine. Il avait déjà tourné avec Hugh Laurie dans le film Le vol du phénix (2004). Pendant le tournage du film, Laurie passa son audition pour être dans le casting de Dr.House. C’est Campbell qui lui donna la réplique lors de l’audition filmée (disponible d’ailleurs dans les bonus de la saison 1).
- Foreman n’aime pas les flics. Il a de bonnes connaissances en matière de balistique et en particulier sur les balles de révolver. Rodney, son père, est très croyant.
- House n’est pas fort en mathématiques. Même notre cher docteur a ses limites…
- House fait référence à West Side Story (1961), appelant le flic « officer Krupke ».
Erreurs :
- Lorsque Joe augmente sa dose de morphine, elle atteint le niveau « 16 », mais quand Foreman lui demande d’augmenter encore la dose, Cameron répond qu’il a dépassé 20.
- Quand Baby Shoes tire sur Luria, il tient le révolver dans ses deux mains. Au plan suivant, avec la balle partant au ralenti, il tient le révolver que dans une seule main.
- Lorsque Luria est victime d’un saignement de l'œil, ledit œil, à certains plans, n’a pas de trace de sang.
Acteurs
- Scott Michael Campbell (1971) obtient à 20 ans son diplôme en art dramatique. Il a surtout fait sa carrière à la télévision, jouant dans un incroyable nombre de séries, notamment Urgences (7 épisodes), A la maison blanche, Les Experts, Grey’s anatomy, NCIS : enquêtes spéciales, Cold Case, 24 heures chrono, Boston Justice, Esprits criminels, The Shield, Private Practice, Les Experts : Miami, Drop Dead Diva, Bones, Supernatural (épisode Seuls sur la route), etc. On l’a vu cependant dans quelques films dont Mission Evasion et Le secret de Brokeback Mountain.
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21.
...AU SUIVANT
(EUPHORIA. PART 2)

   
- Tu as installé une webcam ?
- Dans la douche de Cuddy. Tu aimes les épilations brésiliennes ?
Luria est mort, et Cuddy, par crainte d’une épidémie, refuse envers et contre tous son autopsie. House, Chase, et Cameron repartent de zéro et tentent par tous les moyens de retarder la mort d’un Foreman brisé par la douleur et l‘angoisse, le temps de trouver l’infection mortelle qui le tue. Rodney, le père de l’infortuné docteur, vient à la clinique tenter de réconforter son fils…
La deuxième partie de l’épisode est un pur joyau de suspense entraînant et angoissant. L’imminence de la tragédie est plus présente que jamais. La crainte d’une fin horrible pour Foreman se fait fortement sentir. ...Au suivant s’impose comme un nouveau chef-d’œuvre total par son scénario implacable et lancinant.
Après un bref flash-back de l’épisode précédent ainsi que celui d’Insomnies (conflit Cameron-Foreman), l’épisode démarre immédiatement avec une intro stressante qui eut été comique si le cas n’était pas aussi grave avec la « biopsie » du matelas.
Les confrontations House-Cuddy, laissées de côté depuis un certain temps, reprennent des couleurs ! La position que doit prendre Cuddy permet en effet des disputes féroces : seule contre tous, elle assume courageusement sa difficile décision de ne pas entreprendre l’opération qui pourrait sauver Foreman, pour ne pas risquer une épidémie mortelle. House se démène pour faire plier Cuddy, lui signale que le temps de Foreman est petitement compté. Il va jusqu’à utiliser le père de Foreman qui vient d’arriver pour apitoyer Cuddy. Cette scène est une des plus réussies de l’épisode avec un Rodney grave, un House sarcastique, et une Cuddy désorientée et abattue par son dilemme insoluble. Mais elle tient bon et parvient à donner l’image d’une femme blessée mais contrainte de faire passer le règlement et la sécurité de tous avant la vie de son employé. Le jeu magistral de Lisa Edelstein atteint son sommet lors de cette entrevue montrant que son personnage est aussi bien femme de cœur que directrice impitoyable. Rodney Foreman ne peut que tristement approuver tandis que House bouillonne d’exaspération, ne voyant pas qu'il cède, lui, à l’émotion, contrairement à Cuddy qui parvient à rester neutre, soit une géniale inversion des rôles !
Rodney Foreman apparaît comme un père aimant, réfléchi, et calme. C'est un judicieux contrepoint aux autres esprits à fleur de peau. Certes, il est dévoré d’angoisse sur le sort de son fils, mais il ne veut pas que la douleur ou l’hystérie ne lui fasse perdre la tête. Se recueillant continuellement dans l’église, il affirme ainsi sa foi et son humilité. C’est un beau personnage sincère et la scène de l’église fait comprendre que House a du respect pour cet homme, ce qui est rare venant de sa part !
La scène où il étreint la main de son fils avant sa plongée dans le coma est très émouvante.
Le cas est toujours aussi passionnant et stressant. Et permet quelques scènes fortes comme l'énorme cocktail de pilules imposé à Foreman, ou le fracas spectaculaire d'une fiole contenant un agent infectieux de legionellose...
La dispute Foreman-Cuddy est également un grand moment. La démence de Foreman éclate lors de cette scène sauvagement cruelle où il lance à Cuddy, au bord du point de rupture, une rafale de violences verbales. La douleur et la peur de la mort étreignent Foreman qui ne peut que vitupérer face à celle qui tient sa vie entre ses mains malgré elle et qui ne peut rien y faire. House ne rate d’ailleurs pas l’occasion de surenchérir, mais en mode humour noir !

Le conflit Foreman-Cameron atteint son sommet de dramatisme. Sentant l’échéance fatale approcher, Foreman veut faire la paix avec Cameron mais la douce doctoresse, de plus en plus endurcie depuis quelque temps, refuse : c’est son état qui lui a soufflé cette décision, et Cameron ne peut accepter des excuses non sincères. Foreman aura décidément tout subi ! Cette scène surprenante et imprévue est une démonstration éloquente de la série à se tenir éloignée de toute émotion invraisemblable. Le revirement de Cameron qui finit par accepter les excuses de Foreman à l’agonie n’est pas contradictoire : sa peur et sa sympathie reprennent le dessus, elle le fait au dernier moment. La série joue très habilement de la psychologie de ses personnages.
Le rebondissement scénaristique central voyant subitement Cameron seul maître à bord est une trouvaille royale ! House est placé en infériorité et ne peut plus tout contrôler, devant marchander avec Cameron. La ténacité de House à ne vouloir prendre aucun risque prouve combien il est attaché à Foreman plus qu’il ne veut l’avouer, incapable de le considérer comme un patient normal et combien il n‘a jamais été moins « House » qu‘ici !
La fouille finale (la 4e !) de l’appartement de l’ex-flic porte le suspense à son paroxysme : House n’a que peu de temps pour trouver l’origine du mal et va de fausses pistes en fausses pistes. S’il ne la trouve pas à temps, Cameron sera obligée de déclencher la biopsie hyperdangereuse du cerveau de Foreman, qui risque de le paralyser à vie ou de le tuer ! On suit, haletant, House errant dans l’appartement et le taux de Sat O2 de Foreman chutant inexorablement en plans alternés.
Mieux encore, la résolution finale, loin de baisser la pression comme à l‘habitude, la renforce encore, et nous sommes suspendus à la scène finale ! Certes, on croit légitimement que tout s’est bien passé : Foreman est un héros de la série, il ne peut pas mourir et effectivement, il semble se remettre tranquillement sous les yeux soulagés de tous…
Mais les dernières secondes cassent l’ambiance de sérénité qui regnait dans la chambre et c’est sur un petit cliffhanger inattendu et inquiétant, dernier trait de génie de l’épisode, que tout se termine…
On remarquera l’ironie de la situation finale : alors que pendant tout l’épisode, on cherchait la maladie qui a tué Luria et faili emporter Foreman, la maladie est trouvée simultanément à la fin par trois moyens différents !

Au milieu des ténèbres, apparaît un rayon de lumière apaisant : un cas secondaire vraiment pas piqué des hannetons ! Une mère s’inquiète que sa petite fille ait des troubles corporels bizarres. House trouve rapidement le diagnostic (à tomber par terre !) ce qui lui permet des petites saillies d’un comique enfantin irrésistible ! On notera d’ailleurs que House, devant une Cuddy interloquée, bat son record de consultations mensuelles… en une après-midi ! Mais c’est parce qu’il ne savait pas quoi faire…
Peu d’humour dans l’épisode sinon. On retiendra quand même le spectacle de House et Wilson espionnant « Steve McQueen » pour savoir si le rat va tomber malade, c’est d’un surréalisme tordant ! (D’habitude, ce sont les patients, tes cobayes ! Là, ce sont les rats… c’est un progrès !)
Scott Michael Campbell joue très bien son rôle de flic euphorique qu’on croirait shooté au LSD. Il est également idéal en homme cassé par la douleur et la peur. Lisa Edelstein accomplit là une de ses meilleures performances en directrice déchirée par son dilemme moral, soutenant une position inconfortable mais nécessaire. Elle donne beaucoup d’émotion tout en prouvant sa capacité à jouer les femmes de tête avec une force prodigieuse. Mais c’est Omar Epps qui est le centre de l‘épisode : son jeu est d‘une intensité ravageuse hyperréaliste. Sa performance va en crescendo, de la moquerie et du cynisme jusqu‘à ses explosions de rage et de larmes de plus en plus passionnées. A coup sûr, un flamboyant numéro qui restera dans les mémoires ! Jennifer Morrison est elle aussi au premier plan, très brillante : sa Cameron feint le professionalisme et la froideur acérée pour ne pas avouer sa rancœur et son amertume envers Foreman. Le résultat est excellent. Même si elle demeure compatissante, elle donne à son personnage une nouvelle facette plus autoritaire, plus rebelle à laquelle même House se heurte. Et son jeu métallique est ici grandiose. Hugh Laurie, moins dur, plus sur le qui-vive, brise la glace du sarcasme pour se comporter en homme affecté, une étonnante composition ! Jesse Spencer et Robert Sean Leonard sont hélas encore relégués au second plan malgré un bon jeu. Charles Dutton est un bon choix pour incarner le père de Foreman auquel il donne une grande humanité : son jeu sobre et mesuré, sans crise de pathos, convient tout à fait, une très bonne surprise ! Mention aussi à Leigh Allyn Baker et surtout à la très jeune Amber DeMarco qui rendent leur scène de consultations si drôle !
Infos supplémentaires
- En consultation, House donne une sucette à une petite fille. C’est le monde à l’envers !
- Première apparition de Rodney Foreman, le père d’Eric. La mère de Foreman est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Nous apprenons aussi que Foreman a un frère mais nous ignorons tout de lui pour le moment, si ce n’est qu’il s’est éloigné de sa famille. Fait rare, Foreman appelle Cameron par son prénom lors de sa crise d’angoisse : Allison.
- House fait référence à la chanteuse Alanis Morissette et à sa chanson Ironic (1996) quand il se moque de Cuddy sur le fait que faire ses heures de consultation est comme s’il pleuvait le jour de son propre mariage.
- House fait référence à la série 24 heures chrono en disant que la situation d’urgence de l’hôpital exige l’intervention de Jack Bauer. Il cite aussi en consultation des petites phrases enfantines inspirées des films Les divins secrets, Le monde de Némo, et La marche de l’empereur pour ne pas prononcer le mot « masturbation ».
- La chanson de l’épisode est One Safe Place de Phil Galdston et Marc Cohn, et chanté par ce dernier.
Acteurs
Charles S. Dutton (1951) reviendra dans la série avec le même rôle dans l’épisode Mauvaises décisions (saison 3). Il commença bien mal avec une détention illégale d’armes et un mauvais comportement en prison, ce qui lui valut en tout sept ans et demi en geôle. Il découvrit le théâtre lors de son incarcération, et se reconvertit à sa libération en intégrant un groupe de théâtre. Depuis, il a réussi sa reconversion, en jouant au théâtre, dans plusieurs films (Alien 3, Compte à rebours mortel, Fame…) ou des séries comme Equalizer (épisode Embuscade), Deux flics à Miami, FBI portés disparus (2 épisodes chacun), Cagney et Lacey, Oz, Les Soprano, Esprits criminels, Les Experts : Manhattan, Los Angeles police judiciaire, sans oublier The L Word (épisodes Locatrices, Lacis, Lancinante, et La croisière s’amuse), etc.
22.
A LA VIE, A LA MORT
(FOREVER)

 
- Ce soir, marathon L Word !
- Tu regardes L Word ?
- Sans le son.
Brent Mason surprend sa femme Kara en train de convulser dans sa baignoire. Pire, elle a lâché Mikey, leur bébé, dans l’eau. Le bébé et sa mère sont dans un état critique. L’équipe de House se demande si Kara a eu un délire cérébral ou si elle a voulu tuer consciemment son enfant. Foreman, se remettant de son mal, est désormais d’une sérénité à toute épreuve ce qui irrite son boss qui ne le reconnaît plus. Chase, lui, a pris de la distance en changeant provisoirement de poste. De son côté, House apprend que Cuddy a invité Wilson à dîner. Wilson est certain que c’est un rencard, House, non. Qui a raison ?...
Au sein d’une saison 2 d’une richesse à en rester baba, cet épisode détonne brusquement. Trop sérieux, A la vie, à la mort enchaîne les péripéties médicales propres à la série en mode automatique, sans surprise. Malgré une fin très noire bien amenée, toute l’histoire reste statique, se résumant à une suite de diagnostics différentiels un peu barbants à la longue. Heureusement, les histoires annexes (Foreman sympa, rendez-vous Cuddy-Wilson, motivations de Chase…) donnent un peu de fantaisie à cet épisode trop rigide.
L’introduction est un remarquable trompe-l’œil mais le reste ne suit pas. La série veut nous refaire le coup de la grosse émotion avec un bébé (et sa mère) gravement malade, malheureusement souvent synonyme d’épisode médiocre dans la série (parachevée par le désastre intersidéral de Rêves éveillés (saison 5)). Et en effet, une nouvelle sorte de chantage à l’émotion réapparaît dans cet épisode terriblement creux, l’épisode tombant dans tous les clichés des autres séries hospitalières. Ce cas n’aurait pas été renié par une série genre Private practice et ne doit son salut qu’à la solide interprétation des comédiens, usant de l‘habituelle et bienvenue sobriété de leur jeu.
L’épisode court deux lièvres à la fois : la mère et le bébé, ce qui d’habitude n’est pas un obstacle ; mais ici Liz Friedmann semble avoir perdu la main. Passant d’un cas à l’autre avec un collage douteux, elle n’arrive pas à insuffler la tension nécessaire, du moins pas avant le revirement central avec Kara tentant d’étouffer son bébé. Enfin, une secousse ! Peu à peu, les atours de l’épisode deviennent de plus en plus sombres, se parant d’un suspense qui joue avec nos nerfs, culminant avec une fin terriblement tragique. C’est un des échecs les plus cinglants de House qui voit ses deux patients mourir sans qu’il puisse les retenir. Cependant, la scène finale avec les adieux de Kara est tristement maladroite : pourquoi vouloir mourir alors qu’elle sait très bien qu’elle n’y est pour rien ? Culpabilisant à outrance, elle veut expier sa faute, sans égard pour son mari, privé des deux personnes qui comptaient le plus pour lui. On soupçonne la scénariste d’avoir voulu une fin exagérément noire qui fait son effet mais semble hors de propos ici. Dommage car la deuxième partie était plus aboutie que la première.
Première apparition d’une relation certes mineure mais originale : le « Wuddy » (relation Wilson-Cuddy).

Cuddy a invité Wilson à dîner. Evénement assez ahurissant qui entraîne bien sûr des scènes très cocasses au sein du triangle House-Cuddy-Wilson : Que ce soit House qui s’introduit dans le bureau de Cuddy, la poubelle de Cuddy étalée sur le bureau de Wilson, le dîner totalement foireux (qu’on comparera avec celui, plus profond et moins comique, de Des maux d’amour (saison 1), y’a pas que House qui est pas doué pour faire la conversation !), l’examen secret de la patronne jusqu’à l’abattement final de Wilson (Y’a L Word à la télé ?). Sans oublier la case « sérieux » avec la solitude et la souffrance de Cuddy, décidément très différente entre sa vie professionnelle et sa vie intime si vide (le lot de bien des héros de série télé…)
On voit que Wilson espérait beaucoup de ce dîner et sa résignation finale prouve sa frustration. Mais c’est le comportement de House qui retient l’attention. Se moquant ouvertement de Wilson, il se démène pour démontrer que le but de Cuddy était davantage professionnel que romantique. C’est moins pour se payer la tête de son ami qu’une certaine marque de jalousie qui dirige House. Et on voit ici les premiers symptômes de ce qui deviendra le « Huddy » : avec un House plus intéressé envers sa patronne qu’il veut le montrer (d’où leur tension sexuelle incessante). Si on regrette que ce genre d’histoire se rapproche davantage des clichés d’un certain nombre de séries hospitalières moins ambitieuses ; ici, la légèreté triomphante des situations et le jeu brillant des comédiens les rend assez pétillantes !
Le Wuddy, lui, refera son apparition dans la saison 5 avec le même triste résultat pour l’oncologue.
Le comportement fuyant de Chase nous intrigue mais ce point reste en filigrane. Même si l’on finit par savoir la raison de cet éloignement, c’est sur sa sensibilité que finit par se centrer un des axes de l’épisode. Il prend très à cœur la guérison de Mikey. Ainsi, son désarroi est particulièrement poignant lors de la mort du bébé, n’arrivant plus à travailler. Il faut que House le secoue de manière assez directe pour qu’il arrive à se reprendre et à faire l’autopsie du cadavre. Il fait d’ailleurs une courte prière avant de l’examiner mais la manière dont il la dit est mêlée de confiance, de chagrin, et de colère. Une foi peut être ébranlée par un choc (comme Foreman lors de sa maladie) et Chase, déjà en conflit avec Dieu, ne sait comment apprivoiser une telle situation d‘où le trouble du personnage. Chase est un personnage plus intéressant qu’il n’y paraît et on ne peut qu’être énervé de le voir tout le temps à l’arrière-plan.

Foreman veut croire que sa douloureuse expérience n’a pas été inutile et cherche à en tirer le meilleur enseignement possible : il devient calme, souriant, d’une gentillesse Wilsonnienne, veut se comporter en homme détaché, prenant la vie avec philosophie. House n’en croit pas ses oreilles et à deux reprises fait des mimiques effarées, le provoque, ou balance des absurdités pour le faire réagir… sans succès. C’est tout juste si Foreman ne nous dit pas I want to believe ! Mais il le pense, sa maladie doit avoir eu un sens pour l’accepter totalement. Mais c’est sans compter sur le réalisme pessimiste de son patron qui finit par le décourager. House, parfait rabat-joie, fait prendre conscience à Foreman que la vie est qu’une vaste injustice et que sa maladie n’est qu’un obstacle de plus, où il n’y a rien à en tirer. Foreman est furieux d’être dépossédé de cette sérénité qui vole en éclats après les tirades pessimistes de son patron, rendant presque vain le courage et la philosophie dont il a fait preuve. On peut peut-être reprocher à House d’y aller trop fort dans la noirceur mais c’est dans l’esprit du personnage qui n’a jamais cherché l’adhésion du spectateur.
L’interprétation est heureusement au beau fixe : Hillary Tuck, malgré son peu de temps de présence, campe une angoissante (et très belle !) mère de famille terrorisée par ses pulsions meurtrières. Kip Pardue est correct sans plus. Jesse Spencer - enfin ! - au premier plan, joue remarquablement la crise existentielle et de foi de son personnage, perdu au milieu d’un monde cynique et injuste, au bord de l’abandon. Une excellente performance qui n’est pas sans rappeler celle de L’erreur est humaine (saison 1). Hugh Laurie est royal (comme d’hab) et tout le reste du casting défend vigoureusement cet épisode malhabile, on leur en est gré !
Infos supplémentaires
- Sixième échec de House (ici total : ses deux patients meurent) et troisième de la saison.
- House est fan de la série The L Word (sans le son). Il prend son café noir.
- Nous apprenons que Rowan Chase a déshérité son fils Robert.
- Début du « Wuddy », la relation (amicale) entre Wilson et Cuddy.
- Cameron prépare des piètres cafés ; du moins, au goût de House…
- Une référence à l’épisode Leçon d’espoir lorsque House demande à Chase s’il a choisi de travailler temporairement en néo-nat pour embrasser des petites filles de 9 ans.
- Hillary Tuck a joué dans 66 épisodes d’une série qui s’appelait Honey, I shrunk the kids, suite du film Chérie, j’ai rétréci les gosses. Coïncidence, elle jouait la grande sœur de… Thomas Dekker, le héros de l’épisode House contre Dieu !
- House fait une allusion au Magicien d’Oz (1939) en comparant Foreman au personnage de Scarecrow.
- La soundtrack de l’épisode est constituée d’Over Yonder d’Howard Hunt Jr, chantée par The American Boychoir, et la Salsa Habanero de Wayne Jones.
- Erreur de continuité : lorsque l’on voit le bébé à l’hôpital pour la première fois, il a un bas noué autour du pied gauche, puis la fois suivante, au droit, et au plan encore suivant, à gauche !
Acteurs
Hillary Tuck (1978) commence à tourner dès l’âge de 15 ans dans quelques publicités avant de s’ouvrir à la télévision et au cinéma. Elle sait parler le langage des signes, et est une danseuse accomplie (jazz et moderne). Elle est très active au sein des associations de sourds et malentendants, particulièrement celles des enfants atteints de ce mal. Elle a joué dans les séries FBI portés disparus, Cold Case, The Closer L.A Enquêtes prioritaires (épisode Rédemption), Bones, Ghost Whisperer, Grey’s anatomy, US Marshals, 90210 Beverly Hills nouvelle génération, NCIS enquêtes spéciales, etc. Elle est cousine de Dennis Quaid.
Kip Pardue (1975) a commencé par le football américain et le baseball, puis par le mannequinat avant de se tourner vers le cinéma. Il a joué dans quelques films (Les lois de l‘attraction, Le plus beau des combats, Hostel 3, etc.) avec un certain succès. Mais il n’a pas suivi de carrière à la télévision. On citera entre autres Sept à la maison et Urgences (6 épisodes).
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23.
DE PÈRE INCONNU
(WHO'S YOUR DADDY ?) )

 
Elle devait avoir mal, je voulais lui faire mal. Tout le monde est gagnant !
Dylan Crandall, un vieil ami de House, lui confie Leona, sa fille malade qu’il vient de retrouver 16 ans après sa naissance et victime de l‘ouragan Katrina. House est persuadé que Leona n’est pas sa fille et qu’elle tente d’escroquer son « père ». Tout en cherchant sa maladie, Cuddy le sollicite : elle veut un don de sperme et demande conseil à House pour choisir le bon donneur…
Cet épisode nous laisse encore plus frustrés que le précédent. A peu près rien ne fonctionne. Le cas est d’une indigence rare et malgré quelques atouts de départ, l’épisode s’enfonce dans un gouffre d’ennui. Heureusement, cet épisode plat est sauvé d’extrême justesse par des scènes « Huddy » piquantes et drôles. De père inconnu peut être considéré comme le plus correct des épisodes mauvais ou le plus mauvais des épisodes corrects.
L’épisode tente de s’intéresser à l’actualité avec le fameux ouragan Katrina qui dévasta la Nouvelle-Orléans en 2005. Mais alors qu’on aurait pu s’attendre à des critiques bien vitriolées sur tout ce qui concernait la catastrophe (gestion calamiteuse, misère, inégalités ethniques…), l’épisode reste en surface, sans jamais étudier la question.
Diagnostics différentiels à répétition, manque d’humour, rebondissements aussi explosifs que des pétards mouillés, interprétation mécanique… l’épisode, paresseux au plus haut point, ne décolle jamais. On voudrait se passionner pour l’enfer qu’a vécu Leona là-bas, mais le sujet ne sera pas abordé. Les états d’âme de Crandall sont bien suggérés mais tout le temps téléphonés. Ses scènes où il veut se convaincre qu’il est bien le père ne tiennent que grâce à la performance du comédien. Le trio des docteurs est impuissant à redonner un peu d’énergie. Heureusement, House échappe à cette purge mais son acidité semble s’être diluée au contact du lénifiant général de l’épisode. La recrudescence de la douleur de House aurait pu donner des scènes intéressantes (comme dans Confusion des genres) mais se limite seulement à plus de déambulations dans l’hôpital pour soulager la douleur. Inoffensif…
Un tempo soporifique plombe cet épisode qui accumule les scènes de remplissage (les scènes entre médecins surtout). Pourtant, quelques idées sortent la tête de la fange globale : ainsi House s’amuse de la crédulité de son ancien camarade si naif en lui servant des bobards. Ou bien, la séance de torture où House, sous couvert d’examen médical, fait volontairement mal à Leona en l’accusant de mensonge (entraînant une hallucination de cette dernière avec un House se « liquéfiant », bon appétit !). Une tentation sadique qu’il ne réprime pas ! C’est d’ailleurs la meilleure scène de l’épisode. L’interrogation Dylan est-il le père ? donne un suspense relatif qui se résout assez élégamment comparé à toute la conduite scénaristique jusque-là peu concluante ! Avec un énième mensonge de House mais cette fois qui permet la réconciliation entre Dylan et Leona. Une belle fin, assez émouvante ! Comme quoi notre docteur sait se montrer bon et généreux envers son prochain (de tels actes ne sont pas si fréquents dans la série). Simplement, il le fait à sa manière : en étant ironique, méprisant, ou plus simplement froid.

Le cas secondaire arrache un sourire mais sans plus…
Au milieu de tout ça, le Huddy fait une belle avancée. D’abord, la tenue de Lisa Edelstein est diablement sexy, mettant bien en avant sa superbe poitrine et ses longues jambes. Elle a vraiment un physique aguicheur. Cuddy cherche un bon donneur de sperme et consulte House sur la personnalité des prétendants. Pour House, l’affaire est rapide : aucun ne convient. Le voir se déchaîner sur « 613 » est très réjouissant ! D’autant qu’il se paiera le luxe de convoquer ledit « 613 » sous un prétexte d’un ridicule énorme, et réussira à dégoûter Cuddy de sa présence. Il faut dire qu’on a rarement vu un benêt aussi hors-classe depuis longtemps ! Rien que sa bouille d’abruti déchaîne le rire ! On sent cependant que House semble être embêté de la décision de Cuddy de recourir à une fécondation in vitro. Il n’osera pas avouer qu’il a un faible pour elle et d’être tenu à l’écart de sa vie privée. Fait rare, il gardera le secret de Cuddy, alors qu’il ne l’aurait fait pour personne d’autre (même pas Wilson) : preuve de son intérêt.
Les deux scènes où House relève la jupe de Cuddy, caresse sa fesse avant de faire l’injection sont à déguster ! Sans compter que les deux fois, Cuddy vérifie à l’excès que personne ne peut les voir et leurs attitudes font penser à deux amants interdits s‘accordant une brève étreinte illicite. La tension sexuelle n’a jamais été aussi présente dans ces scènes très intimistes ! Dans la première scène, il « prolonge » la désinfection, histoire de la caresser plus longtemps et faire durer le plaisir. Dans la deuxième, Cuddy désarçonne House en envisageant de le choisir, lui, comme donneur ! Ce à quoi House répond prenez quelqu’un qui vous plaît. Rattachons ça à la scène finale, qui est un modèle de litote amoureuse : Cuddy (plus belle que jamais), les yeux humides par l’émotion, vient voir House, hésite, et le remercie pour les injections. House devine alors que ce n’est pas ce qu’elle a voulu dire, Cuddy confirme : elle est venue pour autre chose… et s’éclipse ! Elle n’a pas osé choisir House quoiqu’il l’ait deviné. Une remarquable scène Huddy d’une subtilité joyeuse !

Quant à la scène où Ingrid (la charmante America Olivo, déjà vue dans A bout de nerfs (saison 1)) fait le massage à House dans une position, euh… équivoque, elle est franchement hilarante ! Surtout quand Wilson puis Cameron le surprennent dans ladite position (Ce n‘est pas ce que tu crois !!!). Ça aurait été pas mal d’ailleurs si les deux autres docteurs étaient venus ajouter leur grain de sel !
On remarquera au début de l’histoire que le message répondeur de House est très accueillant envers ceux qui veulent le contacter ! Et que notre médecin favori s’adonne à la morphine, ce qui n’est pas sans rappeler le modèle Holmésien bien que ce soit ici à des fins thérapeutiques.
D.B.Sweeney n’a guère l’occasion de faire briller son talent. Un gâchis car il joue astucieusement les questionnements continuels qui torturent son personnage. Aasha Davis n’a aucun charisme dans cet épisode, son rôle se limitant à crier ou à rester silencieuse. Hugh Laurie se défend mieux mais lui aussi pâtit de la mauvaise écriture de l’ensemble malgré quelques vannes bien trouvées. Christopher Carley a la tête de l’emploi idéal pour incarner l’idiot massif de l’histoire ! Mais c’est finalement Lisa Edelstein qui a le meilleur jeu : étonnante de justesse, elle trouve de savoureuses expressions à chaque séquence, parvenant à laisser échapper quelques moments d’humour bienvenus. A l’aise dans les quelques moments de fantaisie qu‘elle a avec Hugh, très complice avec elle. On en redemande ! Les autres personnages sont en retrait.
Infos supplémentaires
- Aasha Davis est sensée jouer la possible fille de D.B.Sweeney alors que les comédiens n’ont que trois ans d’écart !
- House n’aime pas Mozart (Wolfgang Amadeus). Personne n’est parfait…
- Wilson pisserait au lit d’après House. On se demande comment il est au courant…
- L’ami de House s’appelle Crandall comme la costumière Cathy Crandall.
- House fait référence au show Bill Nye, the science guy (1993-1998), émission scientifique pour enfants qui fut très appréciée. Nye est reconnu pour ses talents de pédagogue.
- House fait remarquer à Cuddy que le patient 613 a un « numéro juif ». En effet, La Torah compte 613 mitzvoth (ou « commandements » ) que doivent respecter les juifs. Les mitzvoth comportent 365 prescriptions négatives (nombre de jours dans une année terrestre) et 248 prescriptions positives (nombre de parties du corps humain). Le choix de ce numéro s’explique par la valeur du mot « Torah » en hébreu, qui en notation guematria classique (l‘alphabet hébraïque donnant aux lettres des valeurs numériques) vaut 611. Si on ajoute les deux premiers commandements du Décalogue que les juifs entendirent de Dieu lui-même, on obtient 613. D’ailleurs l’expression be Torah (« dans la Torah » ) vaut aussi 613.
- La chanson de l’épisode est Tipitina de et par Roy Bird.
Acteurs
D.B.Sweeney (1971) eut un accident de moto qui mit fin à ses rêves de joueur de baseball professionnel. Il se tourna vers le théâtre (Broadway…) puis commença à apparaître au cinéma avec plusieurs films (dont deux sur le baseball), surtout au cours des années 90. Il a ensuite diversifié son activité en l’étendant à la télévision. Il a joué dans les séries Harsh Realm (9 épisodes), Au-delà du réel - l’aventure continue, Les Experts, Les Experts : Miami, Les Experts : Manhattan, Esprits Criminels (3 épisodes), 24 heures chrono (2 épisodes), Hawaï 5-0, Castle, The Event (6 épisodes), etc.
Aasha Devis (1974) a surtout fait sa carrière à la télévision. Elle a joué dans les séries Boston Public, Gilmore girls, The Shield, Urgences, Grey’s anatomy (2 épisodes), Castle, etc.
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24.
HOUSE À TERRE
(NO REASON)

   
- Tu as tué le type qui lui a vendu le flingue ?
- Elle s’est enfermée dans le garage et elle a mis les gaz.
- Alors vous avez tué celui qui lui a vendu la commande d’ouverture de la porte du garage ?
Alors que House et son équipe travaillent sur le cas d’un patient à la langue enflée, Jack Moriarty, un de ses anciens patients, entre dans le bureau et tire deux balles de révolver sur House ! House se réveille deux jours plus tard aux côtés de son agresseur, touché par un vigile et transporté dans la même salle que lui. House s’aperçoit que sa jambe est guérie mais que son cerveau a été atteint suite au traitement expérimental décidé par Cuddy. House, malgré sa faiblesse physique, veut résoudre le cas du patient à la langue enflée mais ce cas devient absurdement difficile et incompréhensible, d’autant que ses capacités intellectuelles commencent à flancher et que Moriarty se comporte étrangement. Bientôt, House n’arrive à plus à distinguer le réel de l’imaginaire…
Quand Dr.House rencontre Inception…
Et voici mon épisode préféré de toute la série !!! La saison 2 se termine en feu d’artifice avec ce brillant scénario à tiroirs, multipliant fausses pistes et illusions, mélangeant sans cesse réel et illusion. Et perdant le spectateur dans un labyrinthe logico-sémantique stimulant au plus haut point ! D’autant qu’à sa manière, l’épisode revisite le principe du verrou temporel (Daybreak n’est pas si loin) que House doit absolument briser pour sortir de cette situation ubuesque ! Cet épisode écrit et réalisé par David Shore, le créateur de la série, est un pic absolu. Il s’agit du meilleur scénario écrit pour la série !
La spectaculaire introduction voyant House se faire tirer dessus est particulièrement impressionnante et réaliste, renforcée par le jeu menaçant et tendu d’Elias Koteas. Mais après ce début en force, on ne sait pas trop quoi citer tant les scènes qui s’enchaînent à vive allure sont autant de petits trésors. La première scène frappe déjà assez fort avec House sortant de son coma qui ne trouve rien de mieux à faire de se moquer de Cameron et d’avoir des nouvelles de son patient, se foutant comme une guigne de ce qui lui est arrivé et encore moins du mobile du tueur ! Ce qu’il veut, c’est résoudre ce cas, un point c’est tout !
Tout comme le fameux Lundi des X-Files, cet épisode de piège temporel est parsemé de scènes d’humour à croquer (sans oublier des piques sémantiques pas loin du burlesque, qui détournent entre autres... la Sémantique ! [You, anti-semitic bastard !]) Mais à la différence de Vince Gilligan, Shore mise autant sur le comique que sur le sérieux, avec un épisode mélangeant à merveille les deux atmosphères :
Le cas médical de « Harpo » comme le surnomme House devient rapidement d’une absurdité démente ! Tous les tests sont négatifs ! Et tout au long de l’épisode, s’enchaînent des discussions de l’équipe qui ne savent quoi penser, donnant un savoureux comique de répétition. L’état du patient devient tellement catastrophique qu’il en devient comique, surtout lorsque son œil gauche est expulsé de son orbite (scène bien gore) ou lorsqu’un de ses testicules gonfle jusqu’à explosion, Chase recevant le sang (et sans doute autre chose) de « l’accident ». Le patient est décidément dans un sale état, avec sa grosse langue, sa figure borgne, son visage tout rouge et son corps mutilé de partout qui implose de l’intérieur. On se prend à rêver de ce que Temperance Brennan (Bones) ou Dana Scully (X-Files) auraient dit si elles avaient dû autopsier le corps…

Les symptômes deviennent tellement abscons que House envisage les possibilités les plus débiles qui soient (le patient n’est pas humain, son corps n’en est pas un, aucun appareil ne marche…), symptomatique de la confusion qui s’est emparée de lui et que les piques faussement innocentes de Moriarty n’apaisent pas.
Cuddy, grâce à un traitement expérimental, a réussi à guérir la jambe de House. House qui ne le savait pas est hors de lui : sa jambe est guérie mais ce n’est pas pour lui une bonne nouvelle, sa patronne l’ayant soumis à un traitement qu’il n’avait pas demandé ! Pire, un effet secondaire dévastateur brise la guérison de sa jambe : son cerveau déraille et Moriarty le lui en fait prendre conscience : son équipe n’est pas plus intelligente que d’habitude, il est simplement plus bête. Horreur de House : c’était son cerveau qui était sa raison d’être. Le fait d’avoir retrouvé l’usage de ses jambes est illusoire comparé à cette immense perte (Je suis un cerveau Watson, le reste de mon corps n’est qu’un simple appendice comme dirait Holmes dans La pierre de Mazarin).
La première hallucination de House (parlant avec une morte) est terriblement inattendue, d’autant qu’elle est mise en scène comme étant « normale ». Cet affrontement à fleurets mouchetés entre House et la belle Judy qui le perce à jour en moins de deux nous surprend car House n’a aucune prise sur elle, qui sait d’avance ce qu’il va dire. Une scène forte où son âme mise à nu n’offre aucune défense. Mais nous ne nous attendons pas aux autres hallucinations qui se multiplient de plus en plus sans que nous ayons vu tout ça venir malgré quelques indices étranges (comment House a-t-il pu sortir de l’hôpital ? Comment s’est-il libéré des menottes ?…). Du coup, le labyrinthe infernal se referme aussi sur le téléspectateur, prisonnier de ce scénario en vase clos. Plus nous avançons, plus nous prenons conscience que House passe de plus en plus de temps dans l’imaginaire, et que le réel le fuit en permanence. Témoin la scène où deux hallucinations s’enchaînent immédiatement alors que nous en avons conscience. Voir House et Moriarty manger tranquillement dans un restaurant en blouse de malade est d’un surréalisme tordant, car en réalité, ils ne sont pas là et seul House parle, Moriarty devenant son double, l’interrogeant sur le sens des réalités et de la vie avec des dialogues merveilleusement écrits, jamais pompeux. D’ailleurs la question quant à savoir quelle est la définition du réel, comment le reconnaître et si ce que nous appelons réel n’est pas en fait un imaginaire crée par quelqu’un, sur la nature exacte de ce qui nous entoure, n’est pas sans rappeler un autre classique du verrou temporel : Peine Capitale, épisode de La Quatrième Dimension qui en reprend quelques thématiques.
House se perd dans la confusion, et envisage de se retirer du cas, ce qui ne lui était encore jamais arrivé…

Parlons de Moriarty (un nom très Holmésien), un excellent interlocuteur, dont la femme s’est suicidée en partie à cause de House. Etant son Némésis, il sait qui il est. Il sait qu’il méprise l’humilité et qu’il ne veut pas avouer que ses actions ont des conséquences. Toute personne « responsable » est coupable aux yeux de House. Seule la Vérité compte, tant pis si elle fait du mal. Il le dépeint comme un homme qui hait le genre humain. Pour fuir à tout prix cette appartenance, il ne respecte pas les règles de la société qu’il juge iniques. Ce sentiment de révolte permanent fait presque de lui un néo-Numéro 6. Mais la ressemblance s’arrête là car House les remplace par ses propres règles, guère meilleures.
Devinant qu’il n’a pas de respect pour ses « larbins », il lui fait prendre conscience que, privé des ressources de son cerveau, ils se montrent aussi bons que lui bien qu’il arrive toujours à savoir ce qu’ils vont dire à l’avance (normal : quand il est en mode hallucinatoire, le trio n’est qu’une émanation d’un autre double de House). Aussi, les diagnostics différentiels, qui tournent toujours court, ne se passent pas comme d’habitude et on sent comme un malaise général. Tout ceci fait que House est comme devant un miroir de son âme qu’il refuse de regarder mais qu’il ne peut empêcher d’entendre (scène où il tente de dormir mais où la voix de Moriarty s’immisce dans sa tête). Pire, Moriarty le convainc que s’il veut sortir de son verrou temporel, il doit continuer de ne pas agir et laisser son équipe le faire à sa place, lui faire confiance. Car eux ne sont pas malades et pourront savoir quand House délire. Ainsi, House saura à temps s’il hallucine ou non. House doit donc mettre sa foi en eux ! On imagine le déchirement !
En fait, House se fait manipuler. Il ne voit pas que Moriarty cherche à le bloquer dans cette situation sans issue. En s’empêchant d’agir, House se prive de la possibilité de résoudre ce problème ! Machiavélique Moriarty qui vérouille House dans sa prison mentale tout en lui faisant croire qu’il l’aidera à s’évader !
La séance de psychologie avec Wilson est encore plus réussie : Wilson dit que si House n’est pas heureux d’avoir retrouvé sa jambe, c’est que son handicap avant le définissait et était partie intégrante de sa personnalité qui est extrêmement originale : le martyr qui souffre mais ne tire aucune leçon de ses souffrances. Sa jambe guérie, que devient-il ? House n’assume pas son handicap, il le nie ! Et pire, House se transforme en froid calculateur, rationnel et carré dans une logique pure sans faille pour ne pas montrer ce qu’il y’a d’humain en lui. C’est un ordinateur, pas un homme. Platonicien à l’excès, il supprime tout matérialisme pour se concentrer uniquement sur ses jeux intellectuels que sont la recherche d’un diagnostic. Mais il supprime aussi toute possible légitimation de son comportement en dénigrant spiritualité ou applications de principes moraux, il n’en a aucun ! Cet amour de l’anti-conformisme jusqu’àu pathétisme est une excellente définition du personnage. Mais la séance vire à l’interrogatoire quand House comprend que Wilson était de connivence avec Cuddy, s’enchaînant à la scène du bureau de Cuddy avec House lui criant dessus puis en frappant Wilson ! Cette séquence est d’une intensité dramatique à couper le souffle, avec des angles de caméra bizarres et véloces comme une réalité qui commence à perdre pied. D’autant qu’elle prend fin de manière génialement ironique !

La Mort semble alors se profiler. Piégé dans ses niveaux oniriques à rendre fou, House ne sait plus comment sortir de la frontière séparant réel et imaginaire, allant sans cesse de l’un à l’autre jusqu’à ce que son cerveau trouve une porte de sortie. Il enchaîne les hallucinations à tel point qu’on ne sait plus trop où on est. Moriarty lui dit alors qu’il n’a plus aucune raison de vivre : pour House, la vie n’a aucun but, et tout ce qui a de bon en lui, il le méprise et son cerveau grillé lui enlève tout. Alors pourquoi vouloir encore vivre… House se voit alors dans une voiture, avec à son côté l’épouse morte du patient. House comprend qu’on l’invite à franchir le grand passage, à accepter la mort. Cette scène de passage, avec une sale lumière rouge à l’arrière est lugubre. Et seule la scène du bus de Dans le cœur de Wilson (saison 4) ira encore plus loin dans l’émotion. La voix douce de Moriarty sur l’inanité de sa vie l’affecte et il semble sur le point de renoncer… mais il arrive à la conclusion que tout ce qu’il fait en ce moment ne rime à rien (les inscriptions cabalistiques qu’il trace sur la vitre ne veulent rien dire) et par là, aperçoit la solution finale. Le twist final, avec un côté un peu Fight Club, arrivant dans les ultimes secondes, est particulièrement stupéfiant, nous faisant voir tout l’épisode avec un autre œil ! D’autant qu’il vient juste après la scène de « révélation » où House éventre sauvagement son patient devant son équipe pleine d’horreur (scène la plus gore de toute la série) !! Les tripes à l’air, le cadavre n’est pas beau à voir… d’autant que rien ne semble se passer. Dernier moment de doute, derniers instants d’angoisse, avant la délivrance… un suspense maîtrisé de bout en bout, y compris dans les tous derniers plans achevant l’épisode en suspens.
Les fans du Hameron sont à la fête avec deux scènes très suggestives. Dans la première, House défie Cameron qu’elle ne pourra pas le toucher car cela impliquerait « un contact physique trop sexuel »… mais elle le touche et l’échange de regards entre les deux est très révélateur : celui de Cameron est déterminé et presque noir mais la fascination qu’exerce House sur elle se lit bien. Tandis que House la contemple longuement, entre sarcasme et admiration, et dans ses yeux s’allume comme une flamme de désir. S’il paraît évident que House n’a jamais aimé Cameron, il l’a désirée, certainement. La deuxième scène est grandiose : House fait actionner la machine à microcoupures sur Cameron, allongée. Il la fait faire de courtes incisions sur la peau de Cameron qui ont presque l’air de caresses (d’autant que la machine a comme des doigts métalliques), effleurant sa peau, relevant lentement son chemisier ; ou bien de manière très sensuelle, fait sauter un bouton de sa veste, laissant entrapercevoir son corsage… une charge sexuelle intense se dégage de cette scène, aussi lourde de sens qu’une étreinte charnelle. L’art consommé de la métaphore est maîtrisé par Shore qui se surpasse ! D’autant que Cameron, les cheveux éparpillés comme après une nuit d’amour fougueuse a des attitudes presque extatiques pendant qu’un feu intérieur s’allume dans les yeux captivés de House… Génial !! Mais pas encore de baiser… rendez-vous dans Demi-prodige…

Ah, au fait : De quelle maladie souffrait le patient à la langue boursouflée ? Parce qu’au bout du compte, on ne sait toujours pas de quoi il souffrait !
Elias Koteas est un très bon second rôle. Même s’il ne fait que parler, sa voix est agréable et il semble incarner une conscience de substitution pour House, et son visage est très expressif. Chris Tallman, en patient accumulant les emmerdes, est assez rigolo ! Mais c’est un épisode d’acteurs et la distribution principale est parfaite : Hugh Laurie fait une performance fantastique en homme subitement confronté à la perte de ce qui lui est plus cher, et perdu entre deux mondes. Tous les autres sont très bons mais on accordera plus d’attention à Jennifer Morrison qui a une vraie complicité avec Laurie lors de leurs scènes communes où elle apporte beaucoup d’ambiguité et de mystère… Une pensée pour Michelle Clunie en « épouse » qui exhale un mystère pénétrant et curieux et dont la scène avec House est tout en velours tranchant…
La réalisation de David Shore n’est pas sans être trop agitée : l’enthousiasme du débutant. Mais la fièvre permanente de son jeu de caméra est brillante dans un épisode aussi puissant, réussissant quelques plans ingénieux (travelling panoramique du bureau de Cuddy, zoom arrière et floutage de visage, application scolaire mais efficace du champ/contrechamp, très bonne direction d’acteurs). Bref, le créateur de la série montre qu’il est à l’aise derrière une caméra, de quoi regretter qu’il n’ait pas renouvelé l’expérience (Hugh Laurie se montrera moins adroit dans Personne ne bouge ! [saison 6]).
Cet épisode est un vrai miracle de scénario et de réalisation. La quintessence de la série est tout entière concentrée dans cet épisode, pourtant très particulier et sortant du carcan habituel de la série. A manquer sous aucun prétexte !
Infos supplémentaires
- Première et unique réalisation de David Shore (sur un de ses scenarii), le créateur de la série. Il explique que « pour réaliser cet épisode assez barré, il fallait prendre quelqu’un qui n’y connaissait rien ! ». Deuxième épisode sans diagnostic final. Premier épisode où on voit House marcher normalement.
- Exceptionnellement, l’introduction se déroule en présence de House et de son équipe.
- Gregory House est né en Ohio le 11 juin 1959 selon le bracelet médical qu’il porte. Il s’agit également de la date de naissance de Hugh Laurie. House a les narines qui bougent quand il dort.
- Des membres de l’équipe ainsi que Hugh lui-même rougissaient lors de la scène où House utilise le robot pour « dépiauter » Cameron. Quelle pudibonderie !
- House, en parlant de Vince, le patient, le compare à Harpo Marx. C’est un des cinq frères Marx qui dans les films ne parlait jamais, se contentant d’un comique intégralement visuel.
- Hugh Laurie insista pour que la scène d’intro le montre en bonne santé, pour rendre un vrai contraste avec le reste de l’épisode. Elle fut difficile à tourner car le faux sang ne jaillissait pas au bon moment lors du coup de feu.
- La langue boursouflée est bien entendue une prothèse et l’aiguille à biopser une aiguille rétractable. Shore devait d’ailleurs jouer le chirurgien mais finit par refuser, arguant qu’il « passe mal à l’écran ». Cette scène fut tournée 8 fois !
- La femme (décédée) du patient s’appelle Judy dans le script. Il s’agit du prénom de la femme de David Shore. Sympa de la part de David !
- Le nom du tireur, Moriarty (le pire ennemi de Sherlock Holmes, modèle de House) est dans le script, mais jamais prononcé dans l’épisode : « C’était trop gros » prétend David. Pourtant, Wilson ne se généra pas pour mentionner une certaine Irène Adler (la seule femme qui tint en échec le célèbre détective) dans l’épisode Le divin enfant (saison 5). A noter qu’Elias Koteas fut le premier choix de David Shore pour jouer le personnage.
- Le plan partant du haut du restaurant mexicain pour aller jusqu’à House en train de parler est inspiré du premier plan du pilote (hors intro et générique) : Bryan Singer filmait les pieds de Wilson et House parlant pour remonter jusqu’à eux.
- Dans plusieurs plans de la scène du restaurant, on voit l’image de la « main de Dieu » (extrait du tableau La création d’Adam de Michel-Ange), un ajout fait par Shore.
- Robert Sean Leonard et Jesse Spencer faisaient semblant de marcher sur le tapis roulant : en marche, il était trop bruyant et couvrait le dialogue !
- Le dialogue House-Cuddy sur le seuil de la salle de consultation fut la première scène tournée de l’épisode. Ce simple dialogue convenait pour assurer les débuts de Shore derrière la caméra.
- 8 prises furent nécéssaires pour tourner le monologue de Moriarty avec House feignant de dormir !
- La scène du testicule qui explose est une idée de Lawrence Kaplow.
- Les trois robinets des toilettes marchaient véritablement, ce qui est rare dans un décor crée de toutes pièces !
- Shore avait envisagé de supprimer la scène avec Cameron étendue sur la table d’opération, mais l’équipe lui en dissuada.
- La machine à microcoupures (ainsi que le garage) a été inventée de toutes pièces spécialement pour l’épisode.
Acteurs
Elias Koteas (1961), canadien d’origine grecque, a étudié à l’American Academy of Dramatic Arts puis à l’Actors Studio de New York. Il décroche par la suite beaucoup de rôles cinématographiques (près de 70 films), devenant un des acteurs canadiens les plus populaires, dont la notoriété s’étend grâce à son interprétation d’un scientifique pervers dans Crash de David Cronenberg, dont il est un comédien récurrent dans ses films (tout comme ceux d’Atom Egoyan). Jouant aussi au théâtre (Broadway…), c’est surtout au cinéma qu’il est le plus connu : Les Tortues Ninja, Bienvenue à Gattaca, La Ligne rouge, Zodiac, Two lovers, L’Etrange histoire de Benjamin Button, The Killer inside me, Shutter Island, etc. Son investissement dans le grand écran fait qu’il ne s’est pas beaucoup intéressé à la télévision. Il a joué dans Les Soprano, Traffic, Les Experts : Manhattan, etc.
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TOP 5 DE LA SAISON 2
1. House à terre : Un scénario de rêve (!) mélangeant un cas médical exceptionnel, le thème du verrou temporel, les questionnements sur la réalité et sur nos désirs, les joutes rhétoriques, le monde de l’absurde, la frontière réalité-imaginaire, et du bon gore ! Une ambiance de cauchemar sans fin se dégage de cet épisode enchaînant les scènes de bravoure à un tempo effréné. Humour et tragédie sont savamment dosés dans cet épisode parfait, conclu par une chute retentissante !
2. House contre Dieu : La série aborde la question des miracles et de la puissance de la foi religieuse avec une intensité qui laisse pantois. Sans prosélytisme, la série nous offre un superbe duel spirituel entre le rationnel et l’inexplicable, grâce à des dialogues ciselés au millimètre !
3. Confusion des genres : Une attaque en règle contre le triomphe des apparences régissant notre monde via le mannequinat. Le cas médical est un des plus passionnants de la série, l’humour est dévastateur, les situations, de plus en plus insolites, et la chute spectaculaire est digne de La Quatrième Dimension !
4. …Au suivant : La deuxième partie d’Euphoria est un bijou de suspense féroce. L’obsession perpétuelle de la Mort maintient cet épisode dans un sentiment anxiogène débordant, en même temps qu’il est une haletante course-poursuite Hitchcockienne contre un redoutable ennemi inconnu. Composition hallucinante d’Omar Epps.
5. Bonheur conjugal : Un choix douloureux pour cette cinquième place. Leçon d’espoir, Partie de Chasse, Désirs Illusoires, Douze ans après, ou Insomnies la méritaient tous par la fulgurance et la pertinence de leurs propos. Mais Clueless se distingue par sa noirceur indélébile et tragique et par l’interprétation de Samantha Mathis, en état de grâce.
Accessits d’honneur : Désirs Illusoires, Douze ans après, Insomnies.
Crédits
photo: FOX.
Images
capturées par Clément Diaz.
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