STEED
ET LA VOYANTE
MEDIUM RARE
TOURNAGE :
AVRIL 1977
DIFFUSION : ITV, 22 SEPTEMBRE
1977 – TF1, 6 JUILLET 1979
Scénario :
Dennis Spooner
Réalisation :Ray
Austin
Jon
Finch (Wallace), Mervyn Johns (elderly man), Jeremy
Wilkin (Richards), Sue Holderness (Victoria Stanton),
Neil Hallett (Roberts), Maurice O'Connell (McBain),
Diana Churchill (dowager lady), Celia Foxe (model
girl), Steve Ubels (young man at seance), Allen
Weston (Mason).
Résumé
Un collègue
de Steed est assassiné après avoir
découvert un trafic. Les auteurs essaient
d’impliquer Steed afin de détourner
l’attention des Avengers. C’est compter
sans l’intervention d’une voyante…
Fin de l 'épisode
Steed, Gambit et
Purdey se félicitent de l'arrestation de
Wallace ; Purdey demande à Steed ce que
Wallace va devenir ; il hésite et se tourne
vers Miss Stanton, la voyante, qui répond
: ‘Comment diable pourrais-je le savoir
?’ [Don't look at me, how would I know?]
Critiques
Denis Chauvet


Avis :
Avec cet épisode, on commence, malheureusement,
à sombrer dans le médiocre. Nous
sommes loin de la qualité de la première
saison qui ne réapparaîtra que trop
rarement. On a néanmoins le plaisir de
revoir deux acteurs de la période Emma
Peel, seul lien avec cette glorieuse époque
! Peu d’humour dans cet épisode qui
n’a d’intérêt que quelques
scènes comme l’introduction et les
échanges caustiques entre Purdey et la
voyante. Le subterfuge ridicule de cette voyante
est une trop grosse ficelle, même dans le
monde des Avengers !
Steed
3003
22 juin 2005

Dennis Spooner s’autorise, après
Le monstre des égouts, une nouvelle
incursion dans le fantastique, nettement moins
probante néanmoins.
En effet, le titre nous faisait penser à
une intrigue à la Warlock dans
le milieu de la voyance. Ce n’est malheureusement
pas du tout le cas dans ce scénario désespérément
trop réaliste et classique à la
trame éculée, quoique malgré
tout peu usitée dans la série :
John Steed victime d’un complot visant à
l’assassiner, tout cela pour une histoire
de sous en plus. La belle tradition des diabolical
masterminds de la série se voit ici
pleinement bafouée. Néanmoins, les
intrigues plutôt classiques ont parfois
donné d’excellents épisodes
dans la série (Un dangereux marché,
Le Joker, Avec vue imprenable… ), ce
n’est malheureusement pas le cas ici, tant
tout paraît prévisible et linéaire.
Le personnage de la voyante, seul élément
un peu original de l’histoire, ne renouvelant
finalement que très peu une intrigue qui
sent fort le déjà vu et qui aurait
gagné à être resserrée.
En effet, les longueurs sont nombreuses. Quant
aux quelques rebondissements, dont un twist
final très peu plausible, ils ne réussissent
guère à relancer une intrigue poussive.
De plus, le manque d’humour ne fait qu’aggraver
ce triste constat. En bref, un scénario
très médiocre, loin de l’inventivité
de Clowneries et de l’efficacité
de Cible, du même auteur.
Encore une fois après Le jeu à
trois mains et Le piège,
Ray Austin hérite d’un scénario
boiteux. Ce dernier se montre bizarrement beaucoup
moins énergique et nerveux que d’habitude
et il fait ici une mise en scène qui dégage
une impression de «vite tourné»,
voire parfois résolument bâclée.
Même les combats, d’habitude superbement
réglés par cet ex–cascadeur,
déçoivent un peu. De plus, les nombreuses
scènes de dialogue, parfois (et ça
c’est carrément criminel pour la
série) mal cadrées, sont filmées
platement. Par ailleurs, comme pour masquer la
faiblesse de son travail, Ray Austin multiplie
les effets inutiles : floutages, zooms…
Seul point positif, on reconnaîtra à
Ray Austin un sens du hors champ parfaitement
aiguisé. Au niveau de l’interprétation,
Gareth Hunt joue de manière routinière,
Joanna Lumley minaude sans trop y croire, quant
à Macnee il cabotine outrageusement (il
se met en mode automatique, c’est assez
intéressant à observer, il n’est
pas du tout connecté avec le reste de la
distribution et ressert ses mimiques habituelles
sans trop y croire) dans cet épisode qui
donnait pourtant la part belle à son personnage.
Seule Sue Holderness, dans la grande tradition
télévisuelle des voyantes loufoques,
se débrouille plutôt bien. En bref,
Ray Austin nous livre ici une mise en scène
paresseuse qui ne fait qu’enfoncer un piètre
scénario.
On apprend dans cet épisode que Steed,
aussi raffiné soit–il, déteste
les ballets. Ce dernier nous confirme aussi son
antipathie pour les armes : « As a matter
of fact, I have horror of guns » [En fait,
j’ai une sainte horreur des armes]. Cela
ne l’empêche pas pour autant de garder
chez lui un colt 45 pour des raisons « sentimentales
» ! On voit aussi Purdey lire des journaux
arabes. Par ailleurs, cet épisode montre
la confiance totale (à l’opposé
du climat soupçonneux des premières
saisons de la série) qu’il existe
entre le trio. En effet, malgré les preuves
s’accumulant à la charge de Steed,
Purdey et Gambit ne croient pas un seul instant
en la culpabilité de ce dernier.
Au niveau des décors, tout est, encore
une fois malheureusement, particulièrement
morne et insipide. Seule la maison de la voyante,
particulièrement soignée et regorgeant
de petits détails en tout genre, ressort
de cet ensemble palot.
Purdey est toujours aussi mal habillée,
cette semaine, nous avons droit à deux
ensembles particulièrement atroces : ensemble
blanc, pas du tout à sa taille, accompagné
d’une petite cravate à carreaux,
ainsi qu’un T–shirt + jupe aux rayures
jaunes/rouges ignobles. En voilà une qui
aurait gagné à rencontrer Carrie
Bradshaw ! Heureusement, Gambit, plutôt
correct, avec une jolie veste verte notamment,
et Steed défendent une certaine idée
de la mode !
Comme s'il s’était rendu compte que
ce qui se passait à l’écran
était exécrable, Laurie Johnson
a dû se dire « Au moins, les spectateurs
pourront écouter de la bonne musique »,
tant sa composition, souvent complètement
décalée avec l’action, se
révèle savoureuse. Un vrai bonheur
pour les oreilles de bout en bout !
EN BREF : Un épisode à regarder
les yeux fermés… Juste pour déguster
la superbe musique de Laurie Johnson, seul aspect
positif d’un ensemble moribond.
Extrait
vidéo
Steed en pleine consultation !
Informations
complémentaires
Tournage
o La maison de Steed a été déplacée
à Fulmer près de Gerrard's Cross
dans le Buckinghamshire pour cette seconde saison.
(source : The Avengers dossier).
Continuité
Détails
o On peut lire sur la note reçue par
Steed : ‘Must see you. Dawn. B Complex.
George Cowley’. George Cowley est le nom
d’un personnage de la série Les
Professionnels dont le tournage allait débuter
peu de temps après. Il ne faut pas oublier
que les participants des New Avengers
(Albert Fennell, Brian Clemens, Laurie Johnson,
Ray Austin) allaient se retrouver sur Les
Professionnels.
Acteurs
o
Jon Finch (1941) débuta
sa carrière au théâtre très
jeune avant de s’engager dans l’armée
à 18 ans. Il joua ensuite dans de nombreuses
pièces puis il tourna pour la télévision
en 1967 et la Hammer en 1970. Il dirigea alors
sa carrière vers le cinéma où
il participa, entre autres, à Frenzy,
un des derniers Hitchcock et Mort sur le Nil,
adapté d’un roman d’Agatha
Christie. Il se consacra ensuite aux pièces
de Shakespeare portées au petit écran
et il tourna finalement dans de nombreux films
d’horreur. À la télévision,
on a pu le voir dans les séries Maigret
et Sherlock Holmes.
o
Neil Hallett (1925-2005) a joué
dans de nombreuses séries britanniques
autre que The Avengers : Le Saint, Département
S, Amicalement Vôtre, Les Professionnels,
Le Retour du Saint, Bergerac… Il a
quatre autres participations à la série
: Dead of winter (saison 1), Le vengeur
volant (saison 5), Les évadés
du monastère (saison 6) et Visages
(The New Avengers).
o
Mervyn
Johns (1899-1992) était une star
du cinéma britannique pendant la seconde
guerre mondiale. Son plus grand rôle d'après
guerre est dans le film A christmas carol
(1951) d'après Dickens. Patrick Macnee
y joue le rôle du jeune Jacob Marley ! Il
apparaît justement dans un des meilleurs
épisodes de la série, Faîtes
de beaux rêves, saison 4 où
Dickens est évoqué. Steed et
la voyante fut l'avant-dernière apparition
de cet acteur gallois.
o
Diana Churchill (1913-1994) a
participé à des comédies
dans les années 30. Elle fut principalement
une actrice de théâtre durant les
années de guerre. Veuve depuis 1965, elle
épousa Mervyn Jones en 1976. Medium
Rare fut sa dernière apparition à
l’écran.
À
noter que...
o Diana Churchill et Mervyn Johns, tous deux veufs,
s’étaient mariés l’année
précédant le tournage. Cela ajoute
du sel à la situation où un couple
âgé cherche la bénédiction
de l’épouse décédée
pour se remarier !
o Ray Austin, le réalisateur, était
le coordinateur des cascades des saisons Emma
Peel ; on le voit dans l'épisode Les
fossoyeurs et brièvement dans L'heure
perdue (le laitier assassiné), deux
épisodes de la saison 4.
o
Le jeu de mot du titre : "medium" signifie
en anglais voyant mais aussi à point
pour la cuisson de la viande, alors que "rare"
signifie rare mais aussi saignant !
o
Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.
Fiche de l'épisode
Steed et la voyante des sites étrangers
:
En anglais
http://theavengers.tv/forever/newave-16.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/newavengers/n16.html
http://deadline.theavengers.tv/NAS2-03-Medium%20Rare.htm
En flamand
http://home.scarlet.be/%7Epvandew1/avengers/newav17.htm
En italien
http://www.serietv.net/guide_complete/gli_infallibili_tre/stagione_2.htm#17
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