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Critiques
Steed3003
19 février 2005
  
Dès qu'on commence à parler de Jeux,
les superlatifs ne manquent pas, Génération
séries le qualifie de "meilleur [épisode] de
toutes les saisons des Vengeurs (sic)",
le guide Irrespectueusement vôtre rejoint
cette appréciation ; Didier Liardet le trouve lui
aussi "excellent". Pourtant à la vision de cet épisode,
mon jugement apparaît plus nuancé.
"It's
all a game really" (en VF : "Tout cela est bien
un jeu"), dit Tara King au cours de cet épisode
; cette petite phrase résume tout à fait l'esprit
du scénario de Richard Harris : faire de Jeux
un des épisodes les plus… ludiques de la série.
Si Richard Harris n'a écrit qu'un seul épisode pour
la saison 5, il nous avait marqués : Le vengeur
volant par son ton "cartoonesque" nous avait
montré combien l'auteur aimait jouer avec l'imaginaire
enfantin. Il pousse encore plus loin le concept
dans cet épisode, où tout paraît être vu à travers
les yeux d'un enfant et la série apparaît comme
un immense terrain de jeux ; avec bien sûr pour
principal aspect : si nos jeux de société prenaient
vie ? Une idée complètement délirante mais oh !
combien superbement mise en valeur et efficace.
La saison 6 devient de plus en plus extravagante
; débarrassés de l'imposante Mrs Peel, les scénaristes
se font plaisir et ça se voit. De toute manière
dans Chapeau Melon, plus l'idée de départ
est improbable, plus l'épisode est excellent !
Ainsi,
l'univers de l'enfance domine durant tout l'épisode
: c'est dans un square que l'on découvre les cadavres
successifs, les indices prennent la forme d'un puzzle,
Tara qui construit des "remparts" avec deux chaises
et un fauteuil (comme un enfant l'aurait fait) pour
protéger Steed… Même les adultes paraissent être
comme les enfants se l'imaginent. Vous verrez d'ailleurs
qu'ils constituent un panel joliment représentatif
de ce que les enfants voudraient devenir quand ils
sont grands : sportif, militaire, professeur… et
agent secret ! On retrouve le trader et
ses 5 téléphones qui dit "Achetez, vendez !" à travers
le monde ; le militaire planqué dans sa tranchée
qui clame : "Chargez !" ; le professeur d'université
très cultivé et vieux jeu… Des stéréotypes
toujours valables aujourd'hui ! Même le méchant,
Monty Bristow, apparaît finalement comme un enfant
capricieux et mauvais joueur. Mais dire que le scénario
est infantile serait inadéquat. C'est justement
en nous faisant pénétrer (non sans nostalgie) dans
cet univers que Richard Harris réussit à transcender
la série qui, elle, finalement, ne s'est jamais
montrée trop adulte et a toujours eu ce côté inoffensif
et décontracté. Steed et ses partenaires
apparaissant finalement comme deux copains qui s'amusent
à résoudre des énigmes ensemble, comme chaque enfant
aimerait le faire avec son/sa meilleur(e) ami(e).
C'est d'ailleurs cela qui a fait, fait toujours
et fera sûrement son indéfectible popularité auprès
des plus jeunes.
Pour
revenir au scénario intrinsèque, Richard Harris
se montre plein d'imagination : les scènes de meurtres
successifs sont (avec Clowneries) les plus
inventives de la série. Même si certains jeux paraissent
inadaptés (le jeu des échelles, le circuit de formule
1…), les autres sont tous autant de vrais moments
de génie : le jeu de la bourse ou de lettres sont
de grands morceaux de suspense, comme la série ne
nous en offre que très rarement. Que dire du jeu
de l'agent secret, fantasme de spectateur prenant
vie, un génial moment de bravoure, auquel tout le
monde aurait aimé participer. La grande réussite
de Jeux est que, comme Caméra Meurtre
mais dans un autre genre, il s'amuse avec les codes
de la fiction et avec les connaissances du spectateur
sur le show. Par ailleurs, l'épisode ne
manque pas d'humour, les échanges entre nos Avengers
sont des plus piquants. Jig création (la maison
du puzzle à laquelle la famille royale elle-même
aurait rendu visite) est l' "organisation excentrique
de la semaine" et donne lieu, comme toujours chez
les Avengers, à des moments très comiques. Le côté
so british de la série, qui avait progressivement
disparu, revient en force, avec la scène du thé
dans les tranchées (après le train dans Voyage
sans retour) ; un moment indescriptible car
tellement "avengeresque".
Néanmoins,
quelques points déçoivent : tout d'abord, la structure
particulièrement classique et linéaire du scénario
(on pourrait d'ailleurs adresser le même reproche
au Vengeur volant), qui paraît un peu trop
simpliste ; comme les motifs du méchants (une simple
vengeance) désagréablement "sériesque". C'est bien
là la seule critique qu'on pourrait adresser à un
scénario particulièrement osé, imaginatif et rythmé.
Le meilleur de la saison ? Sans aucun doute.
Jusqu'ici,
tout va bien ; mais alors que la réalisation dans
la saison 6 s'était jusqu'ici montrée impeccable,
elle dessert ici un scénario qui, paradoxalement,
permettait à son metteur en scène de donner le meilleur
de lui-même. La déception est encore plus grande
quand l'on voit que c'est Robert Fuest (qui nous
avait épaté avec son travail sur Mon rêve le
plus fou) qui en est la cause. On peut facilement
comprendre la difficulté à mettre en scène un scénario
aussi fou et facilement "casse-gueule",
surtout pour des budgets serrés et en un temps limité,
deux facteurs inhérents aux fictions télévisuelles.
Mais James Hill s'en était très bien sorti, lui,
avec un scénario tout aussi complexe pour Clowneries.
Commençons
par les fameuses scènes de jeux : si leur fond noir
paraît de prime abord adéquat, donnant à ces scènes
des allures de rêves éveillés rejoignant le monde
de l'imaginaire auquel fait appel l'épisode, il
finit par décevoir. En effet, l'épisode faisant
appel à l'univers de l'enfance, des couleurs plus
vives, voire carrément criardes (comme dans
Le vengeur volant, par exemple) auraient paru
préférables. De plus, les nombreux effets qui parsèment
ces scènes sont carrément ratés (la maquette de
la séquence d'intro, le panneau du jeu boursier…),
voire risibles (le serpent "en peluche" du jeu d'échelles…).
Néanmoins, deux séquences sont particulièrement
haletantes : le jeu de lettres et le jeu du super
agent secret. Toutes les deux très intelligemment
mises en scènes.
L'autre
grande déception vient des scènes d'action (pourtant
un point fort de Mon rêve le plus fou)
: elles sont brouillonnes et renouent avec les problèmes
de doublures trop visibles des saisons précédentes,
qu'on croyait pourtant enterrés. Finalement, le
principal défaut de Robert Fuest apparaît ici dans
l'épisode : à force d'innover, on finit parfois
par s'y perdre. Ainsi, si l'on sent à chaque plan
un désir de bien faire (voire de trop bien faire
en multipliant les artifices inutiles) tout en essayant
de faire artistiquement évoluer la série, ces innovations
apparaissent ici nettement plus hasardeuses (la
caméra qui virevolte dans le square) et pénibles
(beaucoup trop de zooms, l'accéléré dans la maison
du puzzle) que celles de sa précédente réalisation.
Par conséquent, l'épisode manque énormément d'unité
et de fluidité.
Heureusement, Robert Fuest
dirige toujours aussi bien ses acteurs : si Peter
Jeffrey reste toujours aussi convaincant en méchant,
on retiendra surtout Anthony Newlands, éblouissant
de talent en militaire qui se prend au jeu. Quant
au duo Macnee/Thorson, jamais le couple n'est apparu
aussi alchimique à l'écran. En bref, une immense
déception pour cette mise en scène, indigne du talent
de Robert Fuest.
Après À vos souhaits, Tara se fait encore
une nouvelle fois chloroformer dans cet épisode.
Quant à Steed, il prouve ses qualités d'agent secret
dans un inoubliable jeu qui lui est taillé sur mesure.
Par ailleurs, le passé militaire de Steed refait
de nouveau surface dans cet épisode (après L'heure
perdue) ; où l'on apprend qu'il aurait fricoté
avec la fille d'un colonel ! Sacré Steed ! Enfin,
les échanges entre nos Avengers sont des plus comiques
dans cet épisode, où Steed n'hésite pas à donner
une tape généreuse sur les fesses (tout aussi généreuses)
de Tara King. Ne manquez pas le tag final, comme
toujours dans cette saison très réussie, où l'on
découvre le "Steedopoly" !
Alors qu'ils auraient dû être le point fort de l'épisode,
les décors sont ici très décevants : le circuit
de formule 1 ridicule, le jeu d'échelles moyen…
Ceux du jeu de lettres et du jeu du super agent
secret sont nettement plus convaincants. La maison
du méchant est soignée, mais trop classique : on
aurait apprécié voir le thème du jeu et du hasard
(omniprésent dans son esprit) de manière plus marquée.
Quant aux extérieurs, ils se résument à de vertes
campagnes ensoleillées particulièrement plaisantes.
Tara
change énormément d'habits dans cet épisode ; elle
nous marque surtout dans ses ensembles respectivement
jaune et bleu ciel, le reste est de bon goût. Steed,
après quelques écarts dans les épisodes précédents,
revient aux sources : des costumes impeccables !
Howard
Blake reprend l'aspect infantile de l'épisode
Rien ne va plus dans la nursery dans sa musique,
avec un certain succès.
EN
BREF :
Un scénario exceptionnel débordant d'imagination,
malheureusement gâché par une réalisation approximative.
Pas le chef-d'œuvre qu'il aurait dû être, mais un
très bon épisode tout de même.
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| Acteurs
– Actrices
o
Peter Jeffrey (1929-1999) a participé à trois
autres épisodes de la série : Avec vue imprenable
(saison 4), Le joker (saison 5) et Le
château de cartes (New Avengers).
Il était un acteur talentueux et reconnu. Un grand
comédien britannique. L'un des plus grands méchants
des Avengers : les personnages de Prendergast
du Joker et Bristow de Jeux sont
mémorables. Diplômé de Cambridge, son répertoire
allait du théâtre classique aux comédies télévisées.
Il travailla avec les plus grandes compagnies théâtrales
dont la Royal Shakespeare Company. Peter Jeffrey
réalisa plusieurs mémorables apparitions
dans Dr Who (le rôle titre lui aurait
d’ailleurs été proposé),
la plus célèbre demeure le diabolique
Comte Grendel dans… The Androïds
of Tara ! (1978). De quoi consoler Tara de
n’avoir jamais rencontré les Cybernautes…
Il est décédé le jour de Noël
1999 d'un cancer de la prostate.
o
Garfield Morgan (1931) fait deux autres apparitions
très remarquées : Les marchands de peur,
saison 5 et Noël en février, saison 6.
Il est l'inspecteur Frank Haskins dans la série
Regan (1975-78) avec John Thaw dans le
rôle titre.
À
noter que…
o D'après le magazine Génération séries,
cet épisode (sans Mère-Grand) est sans aucun doute
le meilleur de toutes les saisons des Vengeurs.
o Cet épisode est le premier dans le top 5 des meilleurs
épisodes de la saison 6 du guide The Avengers
dossier.
o
Cet épisode fut choisi pour ouvrir la saison aux
États-Unis et en Angleterre. Il est habituellement
le premier de la saison 6 à être diffusé en France,
lors des rediffusions de la série.
o Commentaire de Patrick Macnee pour cet épisode
: "Les méchants dans les Avengers étaient
aussi excentriques que bizarres, ça me plaisait
! Ils semblaient normaux, mais étaient en fait fous
à lier. Comme le maître de jeux macabre de cette
histoire, joué à la perfection par la guest-star
Peter Jeffrey." - (source : bonus DVD)
o
Une image atroce tout au long de l'épisode : définition
exécrable, couleurs baveuses, image floue, master
sale...
o
Les noms des seconds rôles et des acteurs qui les
interprètent n'apparaissent pas une fois de plus
au générique de fin.
o
Howard Blake composa la musique de cet épisode.
o
Une référence au premier James Bond, Dr No,
lorsque Steed rampe dans les tuyaux et 'sacrifie'
son melon.
o
Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.
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