CHAPEAU MELON & BOTTES DE CUIR - The Avengers

Chapeau Melon et Bottes de Cuir
SAISON 5

 

LE JOKER
( THE JOKER)

Steed trumps an ace – Emma plays a lone hand

Tournage : Terminé le 11 avril 1967

Diffusion : ITV, 29 avril 1967 – TF1, 2 septembre 1978

Scénario : Brian Clemens

Réalisation : Sydney Hayers

Peter Jeffrey (Prendergast), Sally Nesbitt (Ola), Ronald Lacey (strange young man), John Stone (major George Fancy).


Résumé

Emma Peel est invitée dans la demeure retirée d'un éminent joueur de bridge. Il est absent à son arrivée et elle fait la connaissance d'une étrange jeune femme. Des évènements bizarres et l'atmosphère pesante des lieux feront comprendre à l'Avengers girl qu'elle est tombée dans un piège…

Épilogue

Dans l'appartement de Steed, les Avengers font des tours de cartes. Steed joue au solitaire et Mrs Peel vient le perturber ! Steed décrète : "Solitaire is a game for one person". Mrs Peel lui répond : "I know, highly anti social !".


Critiques

Denis Chauvet

Avis : Un épisode plébiscité par les critiques et les fans à juste raison. Grandiose et incontournable ! Le thème de la revanche est abordé subtilement et l’intrigue nous tient en haleine jusqu’à la fin. Une mise en scène impeccable, une musique de circonstance, des seconds rôles marquants et Mrs Peel déshabillée font de cette aventure un grand moment de la saison. Max Prendergast reste un méchant de référence dans la série, même s’il n’apparaît que quelques minutes. Le schéma traditionnel est brisé et Steed a un temps de présence limité. Pour cette raison, je ne pense pas que cet épisode soit représentatif des Avengers ; c’est un chef-d’œuvre un peu à part. La réplique du Joker est pour Steed lorsqu’il s’adresse à Mrs Peel au sujet de l’âge avancé de son hôte : "You know what rejuvenating effects you have !".

Critique plus complète à venir !


Critiques

Steed3003 14 mai 2005

Une nouvelle fois après Caméra meurtre, Brian Clemens centre l'épisode autour d'Emma Peel dans une formule qui n'est pas sans rappeler celle de L'héritage diabolique.

En effet, Le joker, contrairement à Caméra meurtre, tranche avec la légèreté des épisodes précédents. On retrouve l'ambiance lourde des premières saisons (pas étonnant, puisque cet épisode est un remake avoué, à moitié pardonné, de l'excellent Ne vous retournez pas, juste adapté au personnage d'Emma Peel). Cet épisode est l'un des plus angoissants et effrayants de la série, l'un des moins bavards aussi. En effet, les dialogues, malgré quelques incontournables pointes d'humour (on retiendra notamment le panneau indiquant à un Steed perdu dans le brouillard qu'il a une vue imprenable sur quatre régions !), vont au plus efficace. Pour une fois, Brian Clemens rompt avec son plaisir du bon mot et épure totalement la forme, le résultat à l'écran n'en est que plus réussi. En effet, on dit souvent que c'est le format même de la série qui lui permettait de toucher tous les genres (suspense, horreur, humour, western, absurde…), c'est totalement faux. À chaque fois, la série a su s'adapter pour aborder ce nouveau genre, en reprenant ses codes inhérents, tout en essayant de le renouveler et de l'accommoder à l'esprit du show (un des exemples les plus pertinents à cet égard est la parodie des détective stories de la saison 6 : Trop d'indices). Ainsi, beaucoup de clichés s'enchaînent : entre les personnages classiques de films d'horreur (la demi-folle, l'inconnu qui débarque, l'hôte absent…), le schéma classique de l'héroïne prisonnière d'un manoir perdu au milieu du brouillard, les bruits étranges… Néanmoins, encore une fois après Caméra meurtre, la série sait se moquer d'elle-même et c'est par là, bizarrement, qu'elle établit une sorte de connivence avec le spectateur et qu'elle devient séduisante et crédible. Dans une scène mémorable, le "mystérieux inconnu" énumère avec ironie l'étrangeté de la situation de Mrs Peel, pour lui avouer qu'il ne manquerait plus que les fils téléphoniques soient coupés, avant de s'apercevoir qu'ils le sont bel et bien ! Brian Clemens se révèle être un inattendu maître du suspense, tous les éléments s'enchaînent avec une logique implacable, tandis que le piège se referme progressivement sur Mrs Peel. Cette dernière est d'ailleurs sublime en héroïne (forte, 30 ans avant Buffy contre les vampires) de film d'horreur. Avec cet épisode, la série perd en (joyeux, il faut bien l'avouer) infantilisme, pour gagner en profondeur, jouant sur une palette d'émotions plus adultes, inexplorées jusqu'alors (voyeurisme, amour trahi…). D'ailleurs, une nouvelle fois, contrairement à Caméra meurtre où Z.Z. Von Schnerk marquait plus le spectateur par son outrance sans vraiment l'effrayer, le méchant de cet épisode, Prendergast, prend une dimension humaine inédite : autrefois trahi par Emma Peel, il est un des méchants les plus "compréhensibles" et les plus terriblement humains de la série (seul celui de Méfiez-vous des morts, dans les New Avengers, réussira à l'égaler à ce niveau). Brian Clemens innove aussi dans ses choix narratifs : jouer sur le contraste entre le faux standard Mein Liebe, Mein Rose et ce qui se passe à l'écran (X-Files pillera d'ailleurs joyeusement cette idée, notamment dans des épisodes comme La meute), englober l'histoire sur un fond romantique (les roses coupées, l'œil envieux et voyeur scrutant Emma Peel)… Toutes d'excellentes idées ! En bref, Brian Clemens surprend une nouvelle fois le spectateur en allant là où on ne l'attendait pas, voire plus, dans un épisode entre suspense et horreur particulièrement réussi.

Sidney Hayers nous avait déjà convaincu de son sens du suspense et du hors champ dans Le dernier des sept, il se montre ici largement à la hauteur de nos attentes. Tout d'abord, il tranche avec le certain conformisme dans lequel s'étaient installés jusqu'alors les réalisateurs de la saison 5, en cherchant, lui aussi, à surprendre le spectateur. Il joue astucieusement sur les miroirs, les bruits… Tout en laissant une grande part d'imagination au spectateur, en en montrant le moins, tel un M. Night Shyamalan, pour suggérer le plus. Un choix de mise en scène qui se révèle ici particulièrement efficace. Il parvient ainsi à instaurer une ambiance d'angoisse que nous n'avions quasiment jamais vue jusqu'ici dans la série (seul L'héritage diabolique avait aussi bien réussi). On est loin de l'ambiance plutôt légère de la saison. L'épisode se déroulant quasiment en huis clos aurait vite pu lasser le spectateur. Néanmoins, Sidney Hayers réussit à filmer ce décor unique sous tous ses angles avec inventivité et intelligence, on ne s'ennuie finalement pas un seul instant. Si le choix de la vue subjective pour symboliser le méchant commençait à devenir redondant lors des derniers épisodes, elle se révèle ici parfaitement adéquate pour caractériser l'aspect voyeuriste du méchant (comme ces effrayants gros plans sur les yeux de Prendergast d'ailleurs). Au niveau de l'interprétation, Diana Rigg est remarquable, dans un registre plus difficile qu'à l'accoutumée. Peter Jeffrey, même s'il apparaît finalement très peu dans le rôle de Prendergast, livre lui aussi ici sa meilleure composition de méchant pour la série. Seule l'interprétation de Sally Nesbitt, excessive jusqu'à agacer dans le rôle d'Ola, déçoit un peu. En bref, une réalisation largement à la hauteur de l'excellent scénario.

Cette semaine, Mrs Peel est une spécialiste du bridge ! La semaine prochaine, apprendrons-nous qu'elle est aussi une championne d'haltérophilie ? On découvre, au détour d'une réplique, que Steed danse le tango ! Nous n'aurons malheureusement jamais l'occasion de jauger son talent par la suite… Comme vous pourrez le constater, Steed est définitivement le fameux "joker" du titre pour Emma Peel, comme il le prouve dans une fin émouvante.

Le décor de Ne vous retournez pas était l'un des plus réussis et impressionnants de la 3e saison. Celui de cet épisode, tout aussi fastueux et soigné, ne démérite pas, même s'il lorgne plus vers l'ambiance films Hammer avec chandeliers, portes qui grincent, longs couteaux pendant dans la cuisine… À noter que le brouillard est superbement rendu tout au long l'épisode.

Mrs Peel est toujours aussi bien habillée, notamment dans sa robe violette, qu'elle porte quasiment tout au long de l'épisode. Le spectateur n'en est que plus ravi !

Le thème musical de l'épisode, qui fait directement penser aux meilleurs thèmes hitchcockiens, est inoubliable et inusable. Même s'il est utilisé à de nombreuses reprises, on ne se lasse pas de l'entendre, tant il convient parfaitement à l'épisode. Un de mes thèmes préférés de la saison, après celui de Chasse au trésor.

EN BREF : Encore un excellent épisode pour la saison 5. La série sait se renouveler et nous livre un petit film d'angoisse parfaitement maîtrisé.

Vidéo

Le harcèlement de Mrs Peel !


Informations complémentaires

Tournage


Continuité

o Lorsqu'Emma retourne dans sa chambre et trouve les roses, on aperçoit par deux fois l'ombre du bras d'un technicien sur le mur au-dessus du lit.


Détails

o Le journal de l’introduction s’intitule : Bridge players’ international guide. C’est le numéro de juin (june) et l’article écrit par Mrs Peel a pour titre Better Bridge with Applied Mathematics.

o IBPC est l’abréviation pour International Bridge Player Convention. L’hôte des lieux est censé s’être rendu à cette réunion.

o Les paroles de la chanson Meine Liebe, Meine Rose sont sur le site de David Smith (avec la traduction en anglais). Le disque est édité par Deutsche Phon (référence manifeste à Deutsche Gramophon !).

o La musique est souvent inédite, mais on peut entendre un thème connu de la saison 4 juste après la chute de Steed dans l’escalier.

o La maison est la même que celle de l'épisode Le dernier des sept.

o Mrs Peel lit le livre Trump Hand. "Trump" signifie "atout" en anglais.

o La chanson qui rythme cette histoire comporte une erreur de déclinaison dans le titre. En effet, sur le disque, nous lisons Mein Liebe, Mein Rose, alors qu'il faudrait lire Meine Liebe, Meine Rose ; die Liebe et die Rose sont féminins en allemand.

Acteurs – Actrices

o Peter Jeffrey (1929-1999) a participé à trois autres épisodes de la série : Avec vue imprenable (saison 4), Jeux (saison 6) et Le château de cartes (TNA). Il était un acteur talentueux et reconnu. Un grand comédien britannique. L'un des plus grands méchants des Avengers : les personnages de Prendergast du Joker et Bristow de Jeux sont mémorables. Diplômé de Cambridge, son répertoire allait du théâtre classique aux comédies télévisées. Il travailla avec les plus grandes compagnies théâtrales dont la Royal Shakespeare Company. Il est décédé le jour de Noël 1999 d'un cancer de la prostate.

o Ronald Lacey (1935-1991) débuta sa carrière en 1961. Il est célèbre pour son rôle de nazi dans Les Aventuriers de l'arche perdue (1981). Il a également tourné dans Firefox (1982) avec Clint Eastwood. Il a deux autres participations remarquables dans la série : Le legs (saison 6) et le personnage de Hong Kong Harry dans l'épisode des TNA, Le baiser de Midas. Également à la TV dans Département S, Jason King, Poigne de Fer et Séduction, Colditz, Regan, Le Retour de Sherlock Holmes, Bergerac

o Sally Nesbitt a très peu tourné à part son autre apparition remarquée dans la série au début de l'épisode Bizarre, saison 6. Présente également au cinéma dans l'excellent Le Clan des Siciliens (1969).

o John Stone (1924) est un acteur gallois. Il a participé à deux autres épisodes de la série : Le marchand de secrets (saison 3) et Du bois vermoulu (saison 6). Vu également à la télévision dans Le Saint, Les Champions, Amicalement Vôtre

À noter que……

o Commentaire de Patrick Macnee pour cet épisode : "Les Avengers n'était pas une série à gros budget. Cet épisode, remake de Ne vous retournez pas avec Honor Blackman (saison 1963/1964) fut donc entièrement tourné en studio, les quelques extérieurs étant rajoutés par la suite. Cela arrivait souvent, mais n'affectait pas la qualité des scénarios." (Source : bonus DVD)

o Dans la version allemande, Max Prendergast est autrichien et non allemand ; il a rencontré Emma à Vienne et non à Berlin ! Ce procédé était courant paraît-il en Allemagne dans les années 60 lorsque le "méchant" était allemand !

o Erreur DVD : au tout début du générique d'ouverture, si vous avez activé le bonus Suivez le chapeau de votre DVD, vous trouverez l'information suivante : "En Espagne, la série est intitulée Los Avengerdores". Aficionado de la série et visiteur régulier de notre site, vous aurez corrigé par vous-même l'erreur : en Espagne, la série s'intitule bien Los Vengadores.


Fiche du Joker des sites étrangers :

En anglais
http://theavengers.tv/forever/peel2-15.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/emmacol/515.html
http://theavengers.alexia.us/ep119.shtml
http://deadline.theavengers.tv/PeelS2-15-TheJoker.htm
En flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/peel42.htm
En italien
http://www.intrigo.net/Avengers/15
col.htm
En espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/peel_joker.htm