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SAISON
4
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| L'HÉRITAGE
DIABOLIQUE
(THE HOUSE THAT JACK BUILT)

Steed
takes a wrong turn – Emma holds the key to
all
Tournage
: 9 au 18 janvier 1966
Diffusion
: ITV, 5 mars 1966 – FR3, 6 juillet 1991
en VOST
Scénario
: Brian Clemens
Réalisation
: Don
Leaver
Michael Goodliffe (Professor Keller), Griffith Davies
(Burton), Michael Wynne (Withers/Pongo), Keith Pyott
(Pennington).
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Résumé
Mrs Peel se rend dans une maison à la campagne qui
vient de lui être léguée par un oncle inconnu. Elle
s'aperçoit très vite que la demeure a des aspects
inquiétants et qu'elle est retenue prisonnière.
Le piège lui a été tendu par un ingénieur en automatisation
qu'Emma avait licencié lorsqu'elle avait repris
l'entreprise de son père. L'ingénieur, décédé, avait
conçu cette maison diabolique gérée par un ordinateur
dans le but de faire perdre la raison à Mrs Peel.
Épilogue
Steed et Mrs Peel quittent les lieux en tandem.
Steed explique qu'il avait demandé au pauvre Pongo
d'effectuer une surveillance discrète, ne voulant
pas alarmer sa partenaire, d'où le jeu de mot avec
"soft pedal". Peut-être un jeu de mot à triple entrée...
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Critiques
Denis
Chauvet 6 octobre 2004
 
The house that Jack built est curieux,
angoissant et particulièrement prenant pour le téléspectateur.
C'est bien évidemment un épisode incontournable
de la saison et même de la série. Je lui ai mis
quatre étoiles mais il ne figure pas, à mon avis,
parmi les trois meilleurs épisodes toutes saisons
confondues, car il lui manque deux aspects indispensables
sans lesquels The Avengers n'est pas la
série telle qu'on la connaît : la bagarre finale
et surtout l'humour ! L'histoire ne s'y prête pas
du tout et les scènes entre les Avengers propices
à ce genre de situation sont réduites au minimum.
Nous avons deux scènes avec Steed et Mrs Peel. Celle
du début où nous découvrons la mystérieuse clé au
pouvoir étrange. Steed demande si c'est celle de
la Bastille et conseille à Emma de visiter la cave
à vin ! Dans la scène finale, nous avons droit à
un regard langoureux d'Emma pour Steed bien qu'il
soit arrivé, pour une fois, après le dénouement.
"What happened to the shining armour ?", "It's still
at the laundry". Pas de place pour l'humour dans
cet épisode sérieux et lugubre.
Nous
découvrons une Emma différente dans L'héritage
diabolique. Grâce à l'excellente réalisation
de Don Leaver, le spectateur participe à la peur
de Mrs Peel, qui se transforme même en panique devant
l'ordinateur ; il a une place privilégiée et c'est
une sorte d'épisode pour voyeurs. L'atmosphère oppressante
est parfaitement rendue par une succession d'événements
lents, mais somme toute logiques. Le suspense est
à son paroxysme, mais nous découvrons assez tôt
l'auteur de ce plan machiavélique. Le Professor
Keller est en fait de la même lignée que le Doctor
Armstrong : l'automatisation à tout prix, "replace
man with machine", ce qui était un sujet précurseur
à l'époque ! Il n'y a pas de bagarre finale car
le "méchant" est déjà mort, mais la présence du
cadavre de Keller sous verre renforce le côté sinistre
de l'épisode. Le thème de la vengeance est très
bien exploité et elle trouve ses racines dans le
passé de Mrs Peel. Elle a repris l'entreprise de
son père à 21 ans alors qu'elle s'appelait encore
Knight et s'est débarrassée du Professor Keller,
fou d'automatisation. Le mémorial à Emma Peel est
morbide, mais très enrichissant pour la connaissance
du personnage (cela me fait penser aux vignettes
du générique d'Amicalement Vôtre). À noter
également un petit effet intéressant du réalisateur
lorsque Mrs Peel jette un coup d'œil à travers son
portrait géant.
La distribution est réduite au minimum mais les
seconds rôles sont tous convaincants. Professor
Keller (Michael Goodliffe) est revanchard et aigri.
Il est perdu mais sa maison va lui rendre justice
tôt ou tard. C'est un méchant plus démoniaque encore
que Prendergast dans Le joker, l'épisode
pendant de la saison cinq. Burton (Griffith Davies),
l'échappé de prison, a été vaincu par l'invention
du professeur et sa composition de fou est assez
saisissante (bien plus en tout cas que celle d'Ola
!). Par contre, Steed n'a pas choisi en Pongo (Michael
Wynne), le meilleur agent. Il a un regard en coin
inquiétant et des attitudes efféminées (d'où la
triple entrée de l'épilogue). La scène où ses genoux
sont au premier plan dans la Lotus est assez...
obscène !
Les longues séquences sans dialogue sont une autre
particularité de cet épisode. Emma est seule tellement
longtemps qu'une voix off est utilisée pour éclairer
son raisonnement, indispensable à la compréhension
de l'intrigue. Le mécanisme de la porte fait se
déplacer les pièces, ce qui explique la scène du
labyrinthe. Cette dernière peut néanmoins paraître
trop longue à la rediffusion. En tout cas, nous
apprenons que Mrs Peel ne se déplace jamais sans
son bâton de rouge à lèvres !
À
noter des extérieurs intéressants dans la campagne
hivernale anglaise où la Lotus Elan et la Bentley
sont mises en valeur. L'intérieur de la maison est
étonnant, mélangeant passé et futur. La musique
est de circonstance et parfois agréable (Burton
se dirigeant vers la maison – Pongo allant
à la rencontre de Mrs Peel). Lorsque Steed découvre
la Lotus garée près de la maison, je suis persuadé
que Patrick Macnee est doublé : la silhouette n'est
en effet pas familière !
The
house that Jack built est un chef-d'œuvre incontournable
et tient une place particulière dans la saison quatre,
mais il n'est pas à voir en pilote pour découvrir
la série tant les aspects traditionnels sont ignorés.
"Good bye, dear lady".
EN
BREF : Mrs
Peel est attirée dans un piège machiavélique pour
un épisode grandiose.
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Critiques
Steed3003
26 mai 2006
 
Après
avoir trouvé son rythme de croisière et une identité
propre, la série commence à prendre un peu de recul
avec ses schémas narratifs habituels et nous offre
un épisode au ton inattendu.
Avec
L'héritage diabolique, Brian Clemens ouvre
l'ère des épisodes ludiques : ceux qui jouent ouvertement
avec le téléspectateur, et ses nerfs, sans souci
de la vraisemblance. Caméra meurtre, Le joker
ou Jeux s'engouffreront dans cette voie.
Le concept de l'épisode est simple : Mrs Peel prise
au piège dans un immense labyrinthe. Concept aisément
"casse-gueule" et qui aurait pu facilement
ennuyer sur la longueur. Surtout quand, cas unique,
les 2/3 de l'épisode sont silencieux ! Au contraire,
Brian Clemens s'en tire brillamment, grâce à une
intrigue extrêmement resserrée et à un approfondissement
bienvenu, mais un peu tardif tout de même, du personnage
de Mrs Peel. En effet, si le déroulement de l'épisode
est plutôt lent, il est, oh combien ! efficace !
En recentrant exclusivement l'épisode sur son héroïne
(personnages secondaires limités au maximum, rôle
de Steed accessoire) et en offrant des rebondissements
inattendus, Brian Clemens dynamite les poncifs de
la série et réussit à surprendre le spectateur.
Il lui offre au final un petit film d'angoisse complètement
maîtrisé. Il n'hésite pas à plonger le spectateur
dans une ambiance lourde – très peu d'humour
dans cet épisode – et à faire passer Mrs Peel
par les pires tourments. La tension ne relâche jamais
! Par ailleurs, on saluera aussi un des méchants
les plus efficaces de la série, avec une machination
superbement huilée.
La
réussite du passage à l'écran de ce type de scénario
nécessitait un réalisateur à la hauteur ;
un réalisateur qui réussirait à retranscrire
son ambiance oppressante. C'est à Don Leaver qu'on
a confié cette mission. Ce nom peut inquiéter, surtout
quand on a vu son travail pour Meurtre par téléphone.
Cet épisode s'apparentait plus à du théâtre
filmé qu'autre chose. Heureusement pour nous, sa
mise en scène est ici d'une toute autre qualité.
Disons le tout de go : Don Leaver a réalisé ici
l'épisode le plus angoissant des Avengers.
Il utilise toutes les facettes d'un décor unique
avec un talent et une inventivité qui forcent l'admiration.
Sa mise en scène rappelle le génie du réalisateur
du film Cube, reposant sur le même concept.
Sa mise en scène est dynamique et rythmée, tout
en préservant la certaine lenteur du scénario.
Il retranscrit parfaitement à l'écran les différents
mécanismes du piège dans lequel est tombée Mrs Peel.
On ne pourra s'empêcher de regretter néanmoins quelques
effets outrés : comme ce lion bondissant apparaissant
à deux reprises dans l'épisode vraiment pas crédibles,
ces scènes de voitures grossièrement tournées en
studio ou l'usage pénible (mais heureusement limité)
d'une voix off explicative pour Mrs Peel plutôt
redondante. Néanmoins, il faut bien reconnaître
que le travail de Don Leaver ne manque pas d'audace,
avec une belle variété de plans. Il offre aussi
au spectateur un final impressionnant, c'est malheureusement
peu souvent le cas dans la série, avec des effets
spéciaux à la hauteur. Diana Rigg est magnifiée
tout au long de cet épisode. C'est véritablement
là qu'elle prend ses galons d'héroïne culte. Sa
performance est à la hauteur du scénario. Le reste
de la distribution est dans la moyenne de la série,
avec mention spéciale pour Michael Goodliffe, effrayant
dans le rôle du revanchard de service.
Premier
épisode solo pour Mrs Peel. Ces derniers se multiplieront
dans la saison suivante : Caméra meurtre, Le
joker et Le village de la mort. Tara
King y aura aussi droit avec Pandora et
Étrange hôtel , à l'ambiance
certes plus légère. Cet épisode nous
permet de mieux connaître l'histoire du personnage,
au détour d'une exposition qui lui est consacrée.
Des choix qu'elle a faits dans le passé ressurgissent
violemment dans un effet boomerang. Par ailleurs,
Steed développe lui-même ses photos ! À noter
que ce dernier n'arrive finalement que lorsque que
sa partenaire s'est déjà tirée d'affaire, ce ne
sera pas toujours le cas pour les autres épisodes
solos.
Décors
absolument splendides et d'une rare créativité,
notamment le labyrinthe en trompe-l'œil dans lequel
va se perdre Mrs Peel, digne de celui réalisé en
clin d'œil à cet épisode pour le film. Mrs Peel
porte le voile au début de cet épisode, ce qui lui
donne des airs d'héroïne hitchcockienne lorsqu'elle
est au volant de sa voiture. Sa tenue toute blanche
(encore une fois) est sympathique sans être sexy.
Chapeau melon et costume de rigueur pour Steed,
of course !
La
musique est de qualité, avec des sonorités agréablement
variées.
EN
BREF: Un chef-d'œuvre d'angoisse !
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Vidéo
Mrs
Peel découvre son mémorial !
Informations
complémentaires
Tournage
o L'extérieur
de la maison est en réalité celui
d'un asile psychiatrique, Shenley Lodge ! La maison
est censée se trouver à Pendlesham, Seven Pines,
Hampshire. En fait, c'est la région de Hertfordshire
qui est filmée.
o Mrs Peel prend la route qui domine Ivinghoe Beacon
en se rendant à la maison. Elle prend en stop le
scout qui vient de dévaler Beacon Hill. Mrs Peel
aperçoit plus tard Ivinghoe Beacon en regardant
par la fenêtre de la demeure.
Continuité
o Après avoir défoncé la barrière, la Bentley de
Steed a un phare en piteux état ; il est néanmoins
réparé au plan suivant.
o Quand Emma Peel déchire sa photo pour rentrer
dans la pièce, elle est déchirée
d'une manière différente dans le plan
suivant.
o
Les vêtements de la famille d'Emma ne sont pas de
la période à laquelle ses parents sont censés avoir
vécu (les années 30).
o
À la 21e minute, Emma s'apprête à appuyer
avec le pouce sur le bouton qui fait tourner tout
le décor, puis gros plan sur sa main et elle appuie
avec... l'index ! Puis retour sur Emma et c'est
toujours le pouce qui est au-dessus du bouton.
o
À la 12e minute, on voit un cadreur au détour
d'un reflet :
 
Détails
o
Titre du journal "Emma Knight Takes the Helm of
Father's Industries". Le nom de jeune fille d'Emma
Peel est donc Knight.
o
La "B31" n'existe pas.
o
Le titre en VO de cet épisode est également le titre
d'une comptine qui sert de trame. Elle est disponible
en intégralité sur le
site de David Smith.
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Acteurs
– Actrices
o Deux acteurs de cet épisode à l'atmosphère
si particulière se sont suicidés.
o
Michael Goodliffe (1914-1976) fut prisonnier
de guerre en Allemagne pendant cinq ans lors de
la seconde guerre mondiale. Il a joué dans de nombreux
films des années 50 à 70 dont L'Express du colonel
Ryan et Les 39 marches. À la
télévision, il est apparu dans L'Homme à la
Valise et Destination Danger. Dépressif,
il a sauté de la fenêtre d'un hôpital.
o
Alan Lake (1940-1984) a eu une vie bien mouvementée.
Emprisonné après une rixe dans un pub, il fut également
victime d'un grave accident de la circulation. Il
a tourné dans de nombreuses séries : Le Saint,
Département S, Madigan, Poigne de Fer et Séduction,
L'Aventurier, Regan. Il s'est donné la mort
le jour anniversaire de la rencontre avec sa femme,
l'actrice Diana Dors décédée quelques mois plus
tôt. C'est le gardien de prison du début de L'héritage
diabolique mais son nom n'apparaît pas au générique
contrairement à sa seconde participation dans la
série : Ne m'oubliez pas, saison six.
o
Michael Wynne (1932) n'a fait qu'une apparition
chez les Avengers mais a tourné dans de
nombreuses séries à succès : Le Saint (trois
épisodes), Les Champions, Amicalement Vôtre,
L'Aventurier, Colditz, Les Mémoires de Sherlock
Holmes, Wycliffe.
À
noter que…
o
Le caisson pour se suicider est l'ascenseur de l'usine
du Docteur Armstrong dans l'épisode Les cybernautes
– saison 4.
o
Les lions en pierre de la porte d'entrée reviennent
dans l'épisode La porte de la mort devant
le centre de conférence, ainsi que le bout de film
montrant un lion bondir dans Le tigre caché
– tous les deux de la saison 5.
o
L'escalier en colimaçon est également dans la scène
finale du Club de l'enfer – saison
4.
o
Diffusé pour la première fois en France dans l'émission
Continentales en VOST sous le titre La
maison que Jack a construite.
o
Le passage du lion bondissant est tiré du film
Nor the Moon by Night de Ken Annakin (1958)
avec, entre autres Patrick Mac Goohan. Je ne sais
pas si ce film a un titre français. Ce film anglais
est connu aux États-Unis sous le titre Elephant
gun.
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Fiche de L'héritage diabolique des
sites étrangers
En
anglais
http://theavengers.alexia.us/ep101.shtml
http://theavengers.tv/forever/peel1-23.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/emmabw/423.html
http://deadline.theavengers.tv/PeelS1-23-HouseJackBuilt.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/peel24.htm
En
italien
http://www.avengers.it/23bn.htm
En
espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/peel_house.htm
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