
SAISON
3
|
| MORT
D’UN ORDONNANCE
( DEATH OF A BATMAN)

Tournage
: août 1963
Diffusion
: ITV, 26 octobre 1963 – 13ème
Rue, 16 avril 1998
Scénario
: Roger Marshall
Réalisation
: Kim Mills
Andre Morell (Lord Teale), Philip Madoc (Van Doren),
Katy Greenwood (Lady Cynthia), David Burke (John
Wrightson), Geoffrey Alexander (Gibbs), Kitty Attwood
(Edith Wrightson), Ray Browne (Cooper). |
| Résumé
Steed se rend aux funérailles de Wrightson,
son ancien ordonnance. À la lecture du testament,
en présence du banquier de la famille Lord
Teale, il découvre que le défunt a
légué la somme effarante de 180 000£
à son épouse. Aidé par Cathy
Gale, il décide de mener une enquête
et découvre que Wrightson, travaillant dans
une imprimerie où étaient réalisées
les actions de sociétés cotées
en Bourse, informait Lord Teale et son associé
Van Doren des opérations à venir.
Grâce à ces délits d’initiés,
les banquiers, par nationalisme dévoyé,
désiraient financer le développement
de l’industrie électronique britannique.
Steed met fin à leurs escroqueries boursières,
non sans avoir sympathisé avec la très
spontanée Lady Cynthia !
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Critiques
Estuaire44
8 avril 2008
 
Mort
d’un ordonnance séduit de prime
abord par la qualité d’écriture
de son intrigue. Le suspense demeure habilement
entretenu jusqu’au terme de l’histoire,
où sont enfin dévoilées les
motivations des banquiers. Cette enquête policière
de fort bonne tenue se double d’un volet relativement
technique concernant les opérations boursières,
mais l’ensemble demeure parfaitement clair.
On trouve d’ailleurs de fortes réminiscences
entre cet épisode et l’excellent
Six mains sur la table (saison 2) où
des hommes d’affaires manipulaient également
les règles du capitalisme par nationalisme
dévoyé. Certains effets savamment
aménagés, comme la révélation
du testament ou le jeu du fils Wrightson, contribuent
à perpétuer l’intérêt.
L’habile Roger Marshall n’hésite
d’ailleurs pas à égayer le fil
principal, quelque peu austère, de son intrigue,
en donnant toute la place qu’elle mérite
à la relation entre Steed et la désopilante
Lady Cynthia. On apprécie également
l’humour présent dans les dialogues
finement ciselés de l’épisode.
Cet alliage entre enquête financière
et scènes plus distrayantes fonctionne à
merveille.
Hélas
! Ce beau savoir-faire se trouve malheureusement
compromis par la pesanteur et l’inertie de
la mise en scène commise par un Kim Mills
que l’on a connu autrement plus inspiré.
La caméra se traîne paresseusement
durant tout l’épisode et finit par
l’anesthésier. Les différentes
scènes, y compris celles d’action,
sont platement filmées. On éprouve
souvent l’impression que le réalisateur
se contente de mettre l’épisode en
boîte, sans apporter aucune valeur ajoutée
par son talent. Inévitablement l’attention
du spectateur finit par faiblir devant ce manque
de rythme, d’autant que la qualité
de l’image comme du son paraît bien
médiocre. Certaines phrases demeurent ainsi
quasiment inaudibles.
Cette
impression de gâchis se trouve confortée
lorsque l’on considère la qualité
des adversaires de Steed. En effet Madoc et Morell
sont utilisés au meilleur de leur répertoire
et apportent beaucoup d’éclat à
leur personnage. Si Lord Teale ne présente
pas l’impressionnante folie que donnera Morell
à Horatio Kane (Mort en magasin,
saison 4), il n’en distille pas moins un délire
glacé et opiniâtre très dérangeant,
dévoilé avec habileté progressivement
au cours de l’épisode. Van Doren n’est
pas pour autant éclipsé par son partenaire,
grisé par sa virtuosité financière
et la puissance de la Bourse de Londres qu’il
manipule à son gré. Cette dimension
irrationnelle donne un véritable cachet aux
personnages.
La
famille Wrightson paraît plus effacée
et conventionnelle, mais elle présente tout
de même le mérite de témoigner
d’une dure réalité sociale,
les différences de rang se perpétuant
aussi bien à l’armée que dans
le civil. Ces questions posées avec acuité
dans plusieurs épisodes de la période
Cathy Gale (Les œufs d’or, saison
2), en constituent une intéressante caractéristique,
car elle disparaîtront presque totalement
par la suite. L’excellente surprise de l’épisode
s’avère néanmoins Lady Cynthia.
Incarnée avec entrain par la vive et charmante
Katy Greenwood, elle s’avère aussi
amusante qu’irrésistible durant toutes
ses apparitions. Les passages avec Steed pétillent
réellement et constituent de superbes scènes
de comédie. L’épisode installe
malgré tout un cruel contraste entre cette
aristocrate insouciante « changeant de métier
comme d’autres attrapent un rhume »
au gré de ses envies et la situation difficile
de la famille Wrightson.
Sans
guère d’initiative, Cathy Gale occupe
une place relativement marginale dans cet épisode,
même si ses agacements devant les attitudes
de Steed demeurent toujours aussi amusants. Honor
Blackman montre également une belle veine
comique quand l’austère Mrs Gale se
prend à pasticher les dames de la haute société,
lors de la particulièrement brillante scène
des magazines. Le héros de l’histoire
demeure incontestablement Steed, menant l’enquête
de bout en bout et nous offrant des scènes
particulièrement drôles tout au long
de l’épisode, en compagnie de Cathy
Gale ou de Lady Cynthia. Son regard sur les puissants
de ce monde demeure aussi lucide qu’ironique,
annonçant la verve satirique de la saison
suivante. Patrick Macnee accomplit une superbe performance,
illustrant à merveille à quel point
il a su faire évoluer son personnage vers
plus de panache et de fantaisie.
EN
BREF : Une intrigue admirablement écrite,
des dialogues pétillants et d’enthousiasmants
numéros d’acteurs se voient gaspillés
par une mise en scène atone et pesante. Quel
gâchis ! |
|
Vidéo
Sport
en chambre !
Informations
complémentaires
Tournage
Continuité
o Honor Blackman doit s’y prendre à
plusieurs reprises pour fermer la porte de la chambre
de Wrightson, l’actrice n’en perd pas
contenance pour autant ! (12’42’’)
:
o
La brochure remise à Steed indique Van Doran
au lieu de Van Doren (19’48’’)
:

Détails
o
Chose très rare, personne n’est assassiné
dans cet épisode !
o Steed et Cathy lisent respectivement les magazines
King et Miss. Le magazine de Steed
comporte une publicité pour les cigarettes
Capstan. Ces cigarettes sans filtres, à
forte teneur en nicotine, furent très populaires
durant les années 50 et 60, avant d’être
délaissées suite à la diffusion
de l’information concernant les risques de
cancer du poumon. Leurs jolis emballages restent
extrêmement recherchés par les collectionneurs.
o
Les débuts de Steed dans le Renseignement
s’effectuèrent à Munich en 1945.
Sa première enquête, considérée
par lui-même comme modeste, concernait un
trafic de café ! Il s’intéresse
également à une fraude sur la pénicilline.
Étrangement Munich, comme toute la Bavière,
se situait dans la zone d’occupation américaine
et non pas britannique.
o Cathy Gale parle couramment l’Espagnol,
comme elle l’avait déjà prouvé
dans Missive de mort (saison 2).
o Steed a un nouveau chien, nommé Peggy.
o Il se passionne pour le polo, ce qui était
déjà le cas dans Ne vous retournez
pas (saison 3).
o Comme toujours quand il est question de vin, Steed
se plait à parler en Français. Évoquant
une soirée abondamment arrosée au
Champagne, il suggère à Lady Cynthia
qu’elle était un peu grise
.
o Deux comédiens présents dans cet
épisode ont interprété le rôle
du célèbre Dr. Watson : Andre Morell
et David Burke. C’est également le
cas pour Patrick Macnee à la télévision,
avec comme partenaire dans le rôle de Sherlock
Holmes : Roger Moore (Sherlock Holmes in New
York, 1976) puis Christopher Lee (Incident
at Victoria Falls, 1991 et Sherlock Holmes
and the Leading Lady, 1992). Il interpréta
enfin le Grand Détective, toujours pour un
téléfilm, dans The hound of London
(1993).
o L’ordonnance était un soldat attaché
au service d’un officier, dans un rôle
conjoint de domestique et d’aide de camp :
entretien de l’uniforme, conduite de la voiture
mais aussi transmission des ordres et même
garde du corps lors des combats. Durant la Deuxième
Guerre Mondiale, Peter Ustinov fut ainsi l’ordonnance
de son ami, le lieutenant-colonel David Niven. Tolkien
servit comme ordonnance durant la Grande Guerre
et se basa sur cette expérience pour écrire
le personnage de Sam Gamegie. Héritage d’une
époque où les officiers se recrutaient
parmi les nobles, l’ordonnance disparaît
progressivement des armées après 1945.
o De retour chez elle, Edith Wrightson reprend une
phrase de la cérémonie religieuse
: Fight the good fight. Il s’agit
d’une citation du Nouveau Testament (Première
Épître de Paul à Timothée,
chap.6, verset 12) : « Combats le bon
combat de la foi, saisis la vie éternelle,
à laquelle tu as été appelé,
et pour laquelle tu as fait une belle confession
en présence d'un grand nombre de témoins.
». Cet extrait est très populaire parmi
les chrétiens pratiquants de Grande-Bretagne
et des États-Unis.
o La Military Cross représente une des plus
hautes distinctions militaires de Grande-Bretagne.
Crée en 1914, elle récompense les
actes de bravoure devant l’ennemi. La plus
haute distinction demeure la Victoria Cross, destinée
aux actes exceptionnels.

o
La banque Teale & Van Doren se situe dans Morton
Street, dans Belgravia. À deux pas de Buckingham
Palace, il s’agit d'un des quartiers les plus
huppés de Londres. Morton Street comprend
effectivement d’importantes banques, ainsi
que de nombreuses galeries d’art.
o Lord Teal se vante auprès de Steed d’avoir
financé le développement d’importantes
découvertes électroniques réalisées
dans un modeste garage. Ce cliché a été
remis au goût du jour dans la Silicon Valley.
En 1971, Stephen Wozniak, cofondateur d’Apple
et mythique créateur de l’informatique
personnelle, bricole en effet son premier ordinateur
dans son garage. Cette histoire devenue légendaire
du hippie génial fut reprise dans l’épisode
Un fantôme dans l’ordinateur
de X-Files (saison 1).
o Bloody Mary : Très apprécié
par Lady Cynthia, le Bloody Mary est un cocktail
très populaire, à base de jus de tomate,
vodka et épices diverses. Son origine demeure
disputée ; on considère généralement
qu’il a été créé
à Paris, en 1921 au futur Harry’s Bar.
Il connaît son envol aux États-Unis,
durant la prohibition, où il était
présenté comme un remède à
la gueule de bois. La tomate permettait
en fait de masquer l’odeur d’alcool.
Le terme « Bloody Mary » ferait référence
à la Reine d’Angleterre Marie Tudor,
surnommé Marie la Sanglante du fait des persécutions
des Protestants. D’autres sources le rattachent
à la légende de Bloody Mary, dont
le visage apparaît dans un miroir éclairé
par une chandelle, si son nom est invoqué
treize fois. Ce rituel apparaît dans l’épisode
de X-Files, Âmes damnées (saison
3).

|
| Acteurs
– Actrices
o
Philip Madoc (1934) est un acteur gallois,
ayant étudié à la Royal Academy
of Dramatic Art, puis à Vienne. Il a ensuite
participé à de très nombreuses
séries anglaises des années 60 et
70, tout en connaissant une belle carrière
au théâtre et à la radio. Il
a ainsi joué dans pas moins de cinq épisodes
des Avengers : Le décapode,
Six mains sur la table (saison 2), Mort
d’un ordonnance (saison 3), Meurtres
distingués (saison 5) et Mon rêve
le plus fou (saison 6). Madoc a également
tenu quatre rôles différents dans
Doctor Who. Son rôle le plus fameux fut
son interprétation de l’ancien Premier
Ministre David Lloyd George, dans une série
lui étant consacré (1981). Ses lectures
dans des livres audio demeurent très populaires
Outre-Manche. Il soutient activement le parti nationaliste
gallois, le Plaid Cymru. Madoc explique avoir surtout
joué des rôles de méchants du
fait de son physique ténébreux, ce
qu’il ne regrette pas car, selon lui, ce sont
les meilleurs !
o Andre Morell (1909-1978), parfois
également prénommé André,
a aussi participé à l’épisode
Mort en magasin (saison 5). Membre important
de la troupe de l’Old Vic, il connaît
une superbe carrière au théâtre,
où il incarne de nombreux rôles marquants
du répertoire shakespearien. Spécialisé
dans les rôles d’officier ou d’aristocrate,
son imposante filmographie, débutée
dans les années 30, comprend des participations
à de nombreuses séries (Le Saint,
Destination Danger, Dr Who, Les Professionnels…)
ainsi que plusieurs rôles marquants au cinéma.
Il est ainsi le Pr Quatermass dans le serial
à succès Quatermass and the Pit
(1959) ou encore le colonel Green dans
Le Pont de la rivière Kwaï (1957).
Devenu une figure marquante des productions de la
Hammer (L’Invasion des morts vivants,
1966), il incarne ainsi le Dr Watson aux cotés
de Christopher Lee et Peter Cushing dans Le
Chien des Baskerville (1959). Il était
l’époux de l’actrice Joan Greenwood.
o Ray Browne ne fera pas carrière
au-delà de quelques apparitions durant les
années 60. Il aura tout de même participé
à quatre épisodes des Avengers
: La trahison, Le grand penseur (saison
2), Le cocon et Mort d’un ordonnance
(saison 3).
o David Burke (1934), diplômé
de la Royal Academy of Dramatic Arts et comédien
chevronné au théâtre, a participé
à de nombreuses séries (Dixon
of Dock Green, Z Cars, Les Champions…).
Il reste dans les mémoires pour son interprétation
du Dr Watson (1984-1985) dans 13 épisodes
de la série Sherlock Holmes, avec
Jeremy Brett.
À
noter que…
o L’uniforme
de Steed montré par la photo de la scène
initiale indique qu’il a servi dans l’Armée
de Terre durant la Guerre, ce que confirmera l’épisode
Jeux (saison 6). Dans L’heure
perdue (saison 4), il aura par contre un passé,
peut-être antérieur, d’officier
de l’Armée de l’Air. Patrick
Macnee sert durant le conflit dans la Royal Navy,
affecté à la surveillance de la Manche.
o Cela demeure extrêmement passager mais,
après être arrivé chez les Wrightson
sous une pluie battante, on aperçoit Steed
fermer son parapluie à la porte. Durant toute
la série, Steed utilisera son fameux parapluie
de mille manières détournées
mais très rarement selon son véritable
emploi. On peut citer Dans sept jours le déluge
(saison 4), mais la pluie a alors disparu ! La seule
authentique utilisation du parapluie se déroule
très tardivement, pour protéger Purdey
du système anti-incendie noyant la machine
diabolique de Complexe X-41 (saison 8,
TNA).
o La scène où Steed discute de l’affaire
avec Cathy tout en jouant avec la crosse de polo
trouve son pendant dans Cœur à Cœur
(saison 4), où il jouera au golf dans son
appartement tout en parlant avec Mrs Peel. Cette
comparaison permet de mesurer le cheminement de
la série vers toujours plus de fantaisie
car, là où Cathy Gale se montre comme
souvent irritée par les facéties de
Steed, Emma Peel participe à la douce folie
ambiante en jouant de la musique avec le tuba de
Steed !
o Roger Marshall (1934) fut un
des auteurs les plus importants des Avengers.
Il écrivit pas moins de quinze épisodes,
de la saison 2 à la saison 5, donnant naissance
à quelques-uns des plus beaux moments de
la série. Il a ainsi écrit : Tueurs
à gage, Mort d’un grand danois, La
loi du silence (saison 2), La toison d’or,
Mort d’un ordonnance, La cage dorée,
La mandragore (saison 3), Meurtres par
téléphone, Avec vue imprenable, La
poussière qui tue, L’heure perdue,
Maille à partir avec les taties, Les chevaliers
de la mort (saison 4), Une petite gare
désaffectée et Un petit déjeuner
trop lourd (saison 5). En 2000, il réalisera
également un documentaire sur la série
: Avenging the Avengers. Il a participé
à l’écriture d’autres
séries : Public Eye, Armchair Theatre,
Lovejoy…
o Kim Mills (1931-2006) a réalisé
de nombreux épisodes de diverses séries
anglaises des années 60 (Public Eye,
Mystery and Imagination, Armchair Theatre…)
avant de débuter une carrière de producteur
dans les années 70 (Zodiac, The rivals
of Sherlock Holmes…). Il a en tout réalisé
10 épisodes des Avengers :
Le grand penseur, La boîte à trucs,
L’homme dans le miroir, La baleine tueuse
(saison 2), Concerto, Mort à la carte,
Mort d’un ordonnance, Les sorciers, La grandeur
qu’était Rome et Le quadrille
des homards (saison 3). Il a eu ainsi l’honneur
de conclure chacune de ces deux saisons !
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| Fiche
de Mort d'un ordonnance des sites étrangers
:
En
anglais
http://theavengers.tv/forever/gale2-5.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/gale/310.html
http://deadline.theavengers.tv/GaleS2-05-DeathOfABatman.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/gale32.htm
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