
SAISON
3
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| LE
PIÈGE À RATS IDÉAL
( BUILD A BETTER MOUSETRAP)

Tournage
: août 1963
Diffusion
: ITV, 8 février 1964 – 13ème
Rue, 11 juin 1998
Scénario
: Brian Clemens
Réalisation
: Peter Hammond
Athene Seyler (Cynthia), Nora Nicholson (Ermyntrude),
Harold Goodwind (Harris), John Tate (Colonel Wesker),
Alison Seebohlm (Caroline), Donald Webster (Dave),
Marian Diamond (Jessy), Allen Mclleland (Stigarit),
David Anderson (Gordon). |
| Résumé
De mystérieux phénomènes se
produisent dans la campagne anglaise, aux alentours
d’une centrale nucléaire : tous les
moteurs, électriques ou à explosion,
cessent parfois de fonctionner une heure durant.
Cathy Gale, qui s’est dans introduite dans
un groupe de jeunes faisant de la moto dans la région,
et Steed, basé dans l’auberge locale,
mènent l’enquête. Ils découvrent
que les incidents se produisent en cercle autour
du moulin des excentriques sœurs Peck, filles
d’un grand inventeur aujourd’hui disparu.
Les Avengers sont également confrontés
à des agents de l’autre bord, attirés
par la possible existence d’une arme terrifiante,
tandis que le chef des motards commence à
perdre patience…
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Critiques
Estuaire44
28 avril 2008
   
Avec
Brian Clemens et Peter Hammond, le duo inspiré
de Plaidoirie pour un meurtre et Ne
vous retournez pas se reconstitue, autant dire
que l’on attendait beaucoup du Piège
à rats idéal ! Cet espoir se
trouve fort heureusement récompensé
par un épisode véritablement impressionnant
de hardiesse et de maîtrise narrative. La
fertile imagination de Brian Clemens galope tout
au long de cette intrigue ambitieuse et c'est avec
un réel plaisir que le spectateur se laisse
entraîner dans cette trépidante succession
d’ahurissants rebondissements. Le thème,
délicieusement saugrenu, tranche franchement
avec les épisodes passés, constituant
une fenêtre grande ouverte sur la saison 4
à venir. Avec ces mystérieux incidents
on bascule ainsi dans une situation complètement
absurde, flirtant de très près avec
la Science-Fiction que l’auteur introduira
ultérieurement dans la série avec
un succès unique. Il ne se contente pas d’un
simple développement linéaire mais
multiplie les intrigues secondaires et les brillantes
scènes de comédie. Déjà
scénariste consommé, il parvient néanmoins
à éviter le trop plein et tisse les
fils de son récit en une trame parfaitement
ordonnée et lisible.
Clemens
manifeste également la vision satirique de
la société anglaise qu’il déploiera
tout au long de la saison 4. Ici il ne s’attaque
pas aux majordomes empesés ou aux ennuyeux
clubs de golf, mais à la jeunesse rebelle
des années 60. Les blousons noirs ou autres
yéyés se voient en effet passés
au vitriol, car décrits comme superficiels
et arrogants. Les rebelles en cuir se révèlent
de petits enfants aisément manipulables par
Steed et buvant du Coca-Cola avec une paille…
Demeure néanmoins un témoignage sur
l’effervescence de la jeunesse de l’époque.
Entre peur du nucléaire et obscurantisme
superstitieux, l’épisode constitue
une brillante évocation de l’incommunicabilité
entre les âges. Harris contient les blousons
noirs dans la grange, tandis que Steed doit ruser
pour s’infiltrer dans une bande n’hésitant
pas à ironiser sur l’âge de Cathy.
"Retourne chez les tiens !" lui lancera
Jessy. Les deux mondes ne parviennent plus à
vivre ensemble et ne coexistent plus qu’hermétiquement.
Clemens observe avec finesse cette jeunesse des
années 60 qui, même au prix d’une
certaine vanité, refuse désormais
de perpétuer la vie de leurs aînés
et décide de son indépendance. Il
pressent avec acuité les tensions à
venir.
Clemens
bénéficie d’une grande chance
(d’un privilège ?) car il dispose encore
une fois, en la personne de Hammond, du metteur
en scène le plus doué de cette époque
de la série. Une fois de plus, Hammond met
tout son talent au service de la fantaisie débridée
de cette histoire. Sa caméra s’avère
aussi pétillante que la plume de Clemens,
multipliant avec bonheur les angles de vues judicieux.
Avec dynamisme, il accomplit l’exploit de
rendre encore plus vivant un épisode déjà
gorgé de sève. Les scènes virevoltantes
de la grange donnent agréablement le tournis,
d’autant que le décor s’avère
très réussi. Il en va de même
pour le bar de l’auberge, typique à
souhait et surtout pour le moulin, superbement aménagé,
écrin idéal pour les pittoresques
sœurs Peck. Il est patent que l’épisode
jouit d’un budget conséquent, d’autant
plus qu’il s’ouvre sur une des rares
scènes extérieures de la période,
d’autant plus impressionnante qu’elle
se déroule à moto ! Malheureusement
les autres cavalcades motorisées se déroulent
de nuit, ce qui, joint à la mauvaise qualité
de l’image, les rend difficilement regardables.
La musique souligne efficacement les moments clés
de l’histoire et s’agrémente
d’une succession de mélodies yéyés
distrayantes. Seul bémol : la bagarre finale
demeure bien brouillonne, mais cela semble presque
logique au terme d’une histoire aussi délirante
!
L’auteur
s’offre le luxe de développer des personnages
réellement irrésistibles en la personne
des sœurs Peck, en qui on reconnaît aisément
ses futurs excentriques (Steed utilise d’ailleurs
le terme). Ermyntrude, coquette comme une jeune
fille, évaporée et instantanément
amourachée de Steed, se voit dominée
par la massive et énergique Cynthia, dont
le caractère abrupt dissimule une folie douce
encore plus affirmée que chez sa sœur.
Ce duo mal assorti ressemble d’ailleurs beaucoup
à celui des frères Lakin créé
par le même Clemens (Plaidoirie pour un
meurtre, saison 3). Athene Seyler et Nora Nicholson
enthousiasment durant tout l’épisode
et en justifient le visionnage par leur seule présence
! Sous leur aspect pittoresque, leur situation d’isolement
et de faiblesse face aux prédateurs extérieurs
évoque toutefois les vicissitudes de la vieillesse,
dans ce récit analysant les différents
âges de la vie sous un angle finalement bien
amer.
Cette
subtile dualité de l’épisode
se discerne avec une rare intensité chez
Harris. L’aubergiste distille d’excellentes
brèves de comptoir, sympathise avec Steed
et semble prendre avec philosophie le départ
de sa femme... Mais on comprend vite sa douleur
face à la solitude et à la certitude
que ses meilleures années appartiennent désormais
à son passé. Il suscite une scène
particulièrement émouvante et cruelle,
lorsqu’il tente maladroitement d’aborder
la jeune Jessy, ne pouvant que l’effrayer
et la mettre en fuite. Décidemment Clemens
ne voit aucune communication possible entre personnes
que les années séparent et montre
un authentique sens du théâtre dans
ce passage à part, brillamment filmé
et dialogué. Goodwind et Diamond paraissent
particulièrement convaincants.
Les
agents soviétiques demeurent finalement les
éléments les plus convenus de l’histoire,
tels une survivance des premiers de la série,
au moment ou la fantaisie se montre en passe d’en
devenir le moteur principal. Ils s’insèrent
néanmoins dans un joli glissement de l’intrigue,
le digne Colonel se transformant en espion tandis
que conjointement les mystérieuses sorcières
de conte de fées se muent en de charmantes
vieilles dames.
Comme
un bonheur n’arrive jamais seul, nos héros
resplendissent particulièrement dans ce superbe
épisode !
Cathy
Gale impressionne en motarde indépendante
bardée de cuir ! Rarement le personnage aura
représenté aussi clairement un symbole
de la libération féminine. C’est
à juste titre que cette image demeure une
de ses plus connues. La parfaite maîtrise
de la conduite des motos constitue la compétence
exceptionnelle du jour de cette femme aux multiples
talents. Elle se montre psychologiquement très
forte lors des plaisanteries sur son âge et
très lucide à propos des blousons
noirs. Sa relation avec Steed assure toujours des
moments très amusants, comme lors de sa colère
silencieuse face aux moqueries de son partenaire
au retour de sa balade à pied ou quand elle
se prend à le considérer avec un sourire
admiratif lorsqu'il prend d’un tour de main
le contrôle de la horde sauvage. Honor Blackman
crève l’écran de bout en bout
d’un épisode où elle réalise
une de ses plus belles compositions.
Steed,
qui passe un temps considérable au bar sans
en paraître particulièrement chagriné,
se montre lui aussi sous un excellent jour. C’est
avec une grande joie que, lors de l’irrésistible
scène (une des plus amusantes de la série)
où il se présente aux sœurs Peck
comme un fonctionnaire de la Défiance Nationale
(!), nous l’admirons réaliser un de
ces grands numéros qui compteront parmi les
meilleurs moments de la saison 4. Un grand moment
de non sens britannique ! Séducteur en diable,
son numéro de charme à Ermyntrude
vaut aussi le coup d’œil, de même
que ses conversations avec Harris. Macnee est à
son meilleur niveau au moment où il trouve
vraiment son personnage. Voir Steed renâcler
à boire un Coca-Cola à la paille ou
prendre une mine effarée lors de la révélation
finale reste un authentique régal !
EN
BREF : Fantaisie du sujet, savoureuse
satire sociale et brillante mise scène, cet
épisode pourrait figurer parmi les meilleurs
de la saison 4 ! Cathy Gale est irrésistible
tandis que Steed revêt toute sa dimension.
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Vidéo
Steed,
agent du Ministère de la Défiance
Nationale !
Informations
complémentaires
Tournage
Continuité
Détails
oLe
moulin des sœurs Peck remonte à 1870
!
o Alors qu’il faut atteindre une vitesse de
170 km/h, Cathy Gale caracole à plus de 175.
o Cathy Gale pilote une moto Triumph, immatriculée
987 CAA. Au moment du tournage de l’épisode
cette marque prestigieuse connaît son apogée,
présente en Europe et en Amérique
du Nord. Fondée en 1885, elle ajoute dès
1902 un moteur à ses bicyclettes. Grâce
à des modèles innovants elle connaît
une fulgurante progression que seuls les bombardements
allemands pourront freiner. Son usine, située
à Coventry, est en effet pilonnée
lors des terribles raids aériens du Blitz.
À partir de la seconde moitié des
années 60, la concurrence japonaise commence
à se manifester ; l’entreprise, tardant
trop à réagir, périclite et
ferme ses portes en 1980. Dans les années
90 elle est cependant relancée avec succès,
notamment en capitalisant sur la nostalgie !
o L’auberge se nomme Hunter’s horn,
soit "Le cor des chasseurs", comme le
souligne d’ailleurs la gravure sur le panneau.
o Steed et le Colonel boivent un Whisky de marque
Douglas, London dry on.
o Twist : Les jeunes dansent un
twist endiablé. Cette danse très déhanchée
(To twist signifie se tordre), sans que
les danseurs se touchent, connaît en effet
un grand succès durant les années
60. Créée aux États-Unis en
1959 sur des bases de Rock and roll, elle est rapidement
adoptée par les yéyés. Son
incroyable popularité s’étend
en Europe et en Amérique, et tous les grands
artistes de l’époque s’y consacrent,
comme Les Beatles, avec Twist and Shout,
enregistré l’année même
du tournage de l’épisode, en 1963.
En France ce sont notamment Les Chaussettes noires
et Les Chats sauvages (Twist à Saint-Tropez,
1961) qui participent au mouvement. Le rythme des
déhanchements était si accentué,
que la digne Lloyds créa une assurance contre
les risques de cette danse ! Les années 60
demeurent souvent surnommées Les années
Twist.

o
Comme l’indique la carte de Steed, l’action
se situe aux alentours de la ville fictive de Vernon.
Quand Cathy tombe en panne, le panneau indique qu’elle
en est à sept km ! Une jolie balade de nuit,
en effet…
o Caroline évoque la Dolce Vita
en trinquant avant Steed. Le grand succès
de Fellini est encore dans les esprits car sorti
en 1960. Il remporte cette année-là
la Palme d’Or du Festival de Cannes.
o Calder Hall : Les habitants de
Vernon suspectent la centrale nucléaire locale.
Il faut dire qu’il s’agit encore d’une
inquiétante nouveauté en 1963 et que
l’histoire a laissé un cruel souvenir.
La première centrale nucléaire de
production d’électricité au
monde fut britannique. Débutée en
1953, cette centrale de Calder Hall fut inaugurée
par la Reine sur le site de Winscale, en 1956. Toutefois,
dès 1957, un violent incendie s’y déclare,
détruisant un réacteur et causant
le plus grave nuage de contamination nucléaire
jusqu’à l’accident de Three Mile
Island en 1979. Si aucune victime n’est officiellement
à déclarer, les cultures et laiteries
avoisinantes devront être détruites.
Décontaminé, le site change de nom
pour Sellafield et, étendu progressivement
par de nouvelles centrales, demeure toujours le
principal du dispositif britannique. Situé
sur les bords de la Mer d’Irlande, au nord-ouest
de l’Angleterre (Cumbrie), sur près
de 10 km² il emploie 10 000 personnes ! La
centrale originelle de Calder Hall ferme ses portes
en 2003. La forte croissance mondiale du nombre
de centrales nucléaires durant les décennies
60 et 70 est quasiment stoppée depuis les
années 80, du fait des craintes du public
quant aux risques encourus et aux difficultés
de retraitement des déchets.

|
| Acteurs
– Actrices
o
John Tate (1914-1979). Originaire d’Australie,
connu dans le soap opera Dynasty, il s’installe
en Angleterre durant les années 60 et d’y
connaître le succès dans les série
de l’époque (Le Saint, Destination
Danger, Les Champions…) Il réalisera
également de nombreuses voix pour les Thunderbirds.
Il est le père de Nick Tate (Alan Carter,
pilote de l’Aigle Noir dans Cosmos 1999).
o Nora Nicholson (1892-1973) apparaît
aussi dans l’épisode Miroirs
(saison 6). Après une belle carrière
au cinéma (The blue lagoon, 1949)
et au théâtre, elle participe à
de nombreuses séries anglaises des années
60 (Destination Danger, Detective, Le Saint,
Z Cars…).
o Athene Seyler (1889-1990) fut
également l’inoubliable Dr. Sheldon
dans La mangeuse d’hommes du Surrey
(saison 4). Sa première apparition au théâtre
remonte à 1909 et au cinéma à
1921 ! Si sa carrière de comédienne
cessa en 1968, elle continua à participer
à de nombreux shows télévisés
jusque dans les années 80, demeurant toujours
très populaire. Elle fut élevée
au rang de Commandeur de l’Empire Britannique.

À
noter que…
o Peter
Hammond (1923) est une figure importante
de la série car il a réalisé
pas moins de 19 épisodes, durant les saisons
1 (neuf épisodes, dont Passage à
tabac), 2 (Warlock, Le point de mire, Mort
d’un grand danois, Les œufs d’or,
La loi du silence) et 3 (Plaidoirie pour
un meurtre, La toison d’or, Ne vous retournez
pas, Le piège à rats idéal,
Seconde vue). Il a participé à
de nombreuses autres séries (Rumpole
of The Bailey, Shades of greene…). Plus
récemment il a tourné neuf épisodes
du Sherlock Holmes de Jeremy Brett.
o Le dessinateur de décors Douglas James
montrera toujours beaucoup de goût lors de
ses créations finement ornementées.
Il contribuera ainsi efficacement à l’atmosphère
de cinq épisodes des Avengers :
Les œufs d’or, La baleine tueuse
(saison 2), Concerto, Le piège à
rats idéal, Le cinq novembre (saison
3).
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| Fiche
du Piège à rats idéal
des sites étrangers :
En
anglais
http://theavengers.tv/forever/gale2-21.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/gale/311.html
http://deadline.theavengers.tv/GaleS2-21-Mousetrap.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/gale48.htm
En
espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/cathy_mousetrap.htm
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