
SAISON
3
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| LE
MARCHAND DE SECRETS
( THE SECRETS BROKER)

Tournage
: Octobre 1963
Diffusion
: ITV, 1 Février 1964 – 13ème
Rue, 28 Mai 1998
Scénario
: Ludovic Peters
Réalisation
: Jonathan Alwyn
Avice Landon (Mrs. Wilson), Jack May (Waller), Ronald
Allen (Allan Paignton), John Stone (Frederick Paignton),
Patricia English (Marion Howard), John Ringham (Cliff
Howard), Brian Hankins (Jim Carey), Jennifer Wood
(Julia Wilson), Valentino Musetti (Bruno). |
| Résumé
Un confrère de Steed est assassiné
alors qu’il participait à l’élaboration
d’un système révolutionnaire
de détection sous-marine. Steed envoie Cathy
enquêter au laboratoire, tandis que lui même
suit une piste le conduisant à s’intéresser
à un marchand de vin au comportement suspect.
Il découvre qu’en réalité
ce Waller dirige un réseau d’espions
utilisant le chantage pour dérober les secrets
militaires du pays. Alors que l’organisation
tente une nouvelle une fois de s’emparer des
plans de cette nouvelle invention en manipulant
l’épouse du directeur du projet, Steed
et Cathy interviennent et mettent hors d’état
de nuire l’ensemble du gang. |
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Critiques
Estuaire44
28 mai 2008

Le
marchand de secrets peine réellement
à retenir l’attention du spectateur
La faute en revient principalement à une
intrigue particulièrement convenue et prévisible
en tous points. En effet aucun suspens ou effet
de surprise ne subsiste dans ce récit cousu
de fil blanc, recourant à tous les poncifs
les plus éculés de l’espionnage
et accumulant de surcroît les maladresses
d’écriture. C’est ainsi que plusieurs
éléments distincts de l’intrigue
nous sont présentés successivement
sans que l’auteur ne se préoccupe de
leur liaison. Le spectateur ressent ainsi la désagréable
sensation de ne pas tout saisir, d’autant
que la scène de spiritisme ouvrant le récit
disparaît totalement par la suite, ne refaisant
surface qu’en fin de parcours ! On reste d’ailleurs
bien perplexe sur l’utilité réelle
de ce procédé inutilement théâtral.
Quel intérêt pour le gang d’ainsi
se compliquer la vie ? La complexité de l’histoire,
source de nombreuses incohérences, tourne
d’ailleurs à vide, ne présentant
aucun enrichissement pour l’épisode,
bien au contraire. On peut aussi s’interroger
sur la menace prétendument représentée
par cette organisation et son manque d’efficacité
manifeste par ailleurs. Le manque de crédibilité
et d’intérêt du sujet, ainsi
que la mauvaise exposition d’un scénario
cherchant à abuser le spectateur sur sa faiblesse
par une complication artificielle, condamnent sans
recours ce récit d’espionnage vraiment
bas de gamme.
Tout
comme L’école des traîtres
(saison 2), dont l’argument apparaît
finalement très proche, l’épisode
souffre également d’une mise en scène
incroyablement statique, Alwyn filmant platement
des scènes, qui , il est vrai, ne méritent
pas le plus souvent un autre traitement. Rien n’est
jamais tenté pour insuffler un semblant de
vie à cette succession de bavardages, le
manque d’inventivité de l’histoire,
trouvant comme naturellement écho dans celle
de la réalisation. Les décors semblent
également parfaitement quelconques, notamment
la cave. Les scènes de dégustation
s’y déroulant, quoique clairement les
plus plaisantes de l’épisode, achèvent
en fait de mettre en faillite Le marchand de
secrets par la comparaison qu’elles induisent
avec leurs équivalentes dans Meurtre
par téléphone (saison 4), autrement
plus relevées et enthousiasmantes. De plus
le son apparaît régulièrement
exécrable (plusieurs scènes demeurent
à la limite de l’audible), tandis que
l’image semble bien médiocre et subissant
de nombreux à-coups.
Face
à ce néant les talentueux comédiens
font leur possible pour permettre à leur
personnage d’exister. Si Jack May présente
un jeu trop marqué et frôle dangereusement
le cabotinage, Ronald Allen et Patricia English
paraissent convaincants en couple adultère
et passionné. Avice Landon donne à
Mrs Wilson l’onctuosité perverse qui
convient. Son jeu du chat et de la souris avec ses
victimes offre à l’épisode quelques
unes de ses scènes les plus marquantes. Jennifer
Wood a de la présence, Julia demeure cependant
bien trop anecdotique après avoir beaucoup
promis pour rien durant la scène d’introduction.
Une incongruité de plus et un personnage
inutile dont l’intrigue aurait pu faire judicieusement
l’économie.
«
L’homme du Ministère a son utilité
après tout » déclare Jim Carey
et on ne peut certes lui donner tort tant Steed
se révèle indispensable à l’épisode.
Le manque d’intérêt rend précieux
les quelques éléments de fantaisie
et d‘humour que Patrick Macnee parvient à
distiller. Grâce à Steed les scènes
tournant autour du vin demeurent plaisantes, même
si pauvrement filmées. Il se montre également
amusant lors de la scène des diapositives
mais souffre lui aussi de l’insigne faiblesse
d’écriture de l’épisode.
On reste ainsi confondu devant sa fade et quelconque
présentation de l’affaire à
Cathy Gale, lui qui déploie coutumièrement
des trésors de finesse et de panache dans
cet exercice. Surtout Steed conserve un ton bien
policier durant cet épisode, certes réaliste
mais dans lequel il perd une grande partie de son
charme. Lors de sa discussion avec Carey à
propos de l’alibi de ce dernier on apprend
ainsi qu’il est lié à la surveillance
des réunions des partis d’opposition…
Ce n’est pas vraiment dans de domaine qu’on
le préfère ! On doit également
évoquer la scène passablement ridicule
où Cathy le surprend dans la cave de Waller
au point qu’il s étale sur le sol.
On se demande d’ailleurs bien pourquoi Steed
avait dissimulé cette intrusion à
Cathy ! Encore un tumulte inutile pour tenter de
combler quelque peu le vide de l’intrigue…
Cathy
Gale subit un sabotage similaire, perdant ici son
fort caractère si irrésistible, demeurant
bien passive durant tout l’épisode.
Steed vient perturber son travail lors de la préparation
d’une importante conférence et elle
ne cille même pas, se contentant d’obéir
sans mot dire ! Son rôle parait également
bien effacé durant le combat final où
seul Steed a la vedette. Elle ressort en fait comme
la principale victime de l’inutile inflation
de personnages secondaires car dépouillée
de tout espace véritable au cours de cette
histoire.
Cet
irrespect du personnage achève de nous faire
sentir à quel point Ludovic Peters, auteur
de polars à l’éphémère
participation aux Avengers, n’a de
fait rien compris à l’esprit de la
série. Il se contente en réalité
de maladroitement plaquer ses schémas d’écritures
coutumiers à des personnages autrement plus
brillants et originaux, condamnant dès lors
l’épisode à un échec
fracassant.
EN
BREF : Ludovic Peters se contente
de perpétuer sans subtilité les conventions
de ses récits d’espionnage, ce qui
ne convient plus à des Avengers ayant désormais
commencé à emprunter d’autres
voies. Un fastidieux retour en arrière où
la sauce (marchand de vin) ne prend vraiment pas
! |
|
Vidéo
Steed
fait ses emplettes!
Informations
complémentaires
Tournage
Continuité
o Steed sort la carte de visite avant même
que Waller ne le lui demande. Patrick Macnee ne
peut éviter un cours instant d’embarras
ni de jeter un bref coup d’œil à
l’équipe technique (10’37’’)
:
o
Howard éteint la lumière avant de
quitter son travail, mais aucune différence
ne se fait remarquer. En fait la lampe n’était
pas allumée ! (28’35’’)
:

o
Un bruit de chute particulièrement sonore
se fait entendre durant la conversation entre Cathy
et Marion (37’19’’).
o Comme souvent le sous-titrage indique Melle Gale
au lieu de Mme.
o La fameuse porte coulissante de l’appartement
de Cathy se referme à l’arrivée
de Steed. Celui-ci intercale son parapluie tandis
que Cathy se précipite pour lui ouvrir. Honor
Blackman et Patrick Macnee improvisent à
merveille, ne laissant transparaître qu’un
léger sourire. (23’44’’)
:

o
L’image connaît de violents à-coups
à de multiples reprises au cours de l’épisode
(24’43’’, 39’26’’,
45’05’’, etc.).
Détails
o
Durant les années 60 la publicité
devait déjà être interdite dans
œuvres de fiction : à deux reprises
le nom d’un négociant en vin de Chelsea
apparaissant sur des cartons a été
effacé (22’36’’ et 49’48’’).
o Le père de Steed serait mort d’avoir
renoncé aux vins du Rhin (sans doute une
boutade), suite à la disparition d’un
vignoble imaginaire nommé Harteinsch. Dans
ses mémoires, Steed rapporte au contraire
les graves problèmes d’alcoolisme connus
par son père sa vie durant.
o Comme toujours lorsqu’il s’agit vin
ou de grande cuisine, Steed se laisse aller au français.
Il lance ainsi un vibrant « touché
» à Cathy le surprenant dans la cave
et prononce à merveille les noms français
des divers vins évoqués.
o Mrs Wilson évoque Les liaisons dangereuses,
à propos de l’adultère. Il s’agit
du célèbre roman épistolaire
de Choderlon de Laclos (1782), mettant en scène
le libertinage, et ses conséquences funestes,
autour de la marquise de Merteuil et du Vicomte
de Valmont. Lors du tournage de l’épisode
cette histoire reste bien présente dans les
esprits, pour sa récente adaptation au cinéma
par le jeune Roger Vadim (Les liaisons dangereuses
1960, 1959). Le film provoqua en effet un scandale
considérable (il fut un temps interdit) par
son évocation explicite des pulsions sexuelles
des personnages, dans un cinéma pré
Nouvelle Vague encore bien chaste.
o
L’épisode s’illustre par une
impressionnante succession de vins français.
o Steed apprécie le Chambertin 1952, dont
il cite le cépage encore une fois en excellent
français : le pinot noir. Le Chambertin est
un Grand Cru de Bourgogne (la plus haute distinction),
situé dans la commune de Gevrey-Chambertin.
Il en existe neuf clos, comportant tous le pinot
noir comme cépage, comme d’ailleurs
tous les grands vins de Bourgogne. Le millésime
1952 est effectivement considéré comme
une grande année, les bouteilles pouvant
se vendre à 1200 Euros sur Internet. Le Chambertin
était le vin préféré
de Napoléon, qui veillait toujours à
en disposer durant ses campagnes militaires !
o Par contre Steed goûte fort peu les Sauternes,
hormis le Château d’Yquem. Le Sauternes
est un vin de Bordeaux liquoreux, obtenu grâce
à un champignon minuscule propre à
la région. Il se divise en plusieurs crus
de diverses qualités, un seul d’entre
eux atteignant la classification prestigieuse de
Grand Premier Cru, l’élite des vins
de Bordeaux. On l’a deviné, Steed est
connaisseur, il s’agit du Château d’Yquem.
En 2006 un lot « vertical » de 135 ans,
soit une bouteille par millésime de 1960
à 2003 en a été vendu à
Londres pour 1,5 million de Dollars ! Le Château
de Reyne-Vigneau, également cité dans
l’épisode, constitue un Premier Cru,
donc un Sauternes de très grande qualité,
même si moins réputé.
o Waller se vante de ne vendre que des rieslings
comme vins du Rhin. Le Riesling constitue de fait
le vin de Rhin et Moselle le plus réputé.
Outre sa consommation directe, il est fréquemment
utilisé en gastronomie pour ses arômes
aussi fruités que variés. Les connaisseurs
recherchent ses arômes minéraux, une
des caractéristiques du Riesling., en particulier
ceux de pétrole !
o Steed déclare que le Lafite Rothschild
représente plus que du vin : une inspiration.
Il s’agit d’un des vins de Bordeaux
les plus fameux. L’histoire de ce Premier
Grand Cru mondialement réputé remonte
au XVIIième siècle, les Barons de
Rothschild faisant l’acquisition du Château
en 1868. Les millésimes les plus côtés
sont 1921, 1945 et 2000, mais 1961, année
de création des Avengers constitue également
une année particulièrement appréciée
! Les bouteilles de Château Lafite Rothschild
peuvent atteindre plusieurs milliers d’Euros
l’unité…

o
Sonar : Le dispositif de détection
sous-marine décrit dans l’épisode
correspond au Sonar (SOund Navigation and Ranging).
Ce dispositif a été inventé
durant la Grande Guerre par le Français Paul
Langevin, pour permettre de détecter mines
et navires allemands. La légende veut que
Langevin ait débuté ses travaux suite
au drame du Titanic, il visait alors le repérage
des icebergs! Une onde sonore est émise par
l’appareil, dont la réflexion et son
écho permettent de mesurer la distance avec
l’objet atteint. Des modèles plus modernes
assurent une écoute directe des bruits sous-marins.
Outre ses applications militaires, le sonar permet
de mesurer la profondeur des fonds marins, ou de
détecter les bancs de poissons. Comme indiqué
dans l’épisode, la Grande-Bretagne
occupa toujours un place de premier rang dans le
développement du sonar. La Royal Navy fut
ainsi la première flotte au monde à
en avoir généralisé l’emploi,
dès les années 20. Elle offrit cette
technologie aux Américains durant la Deuxième
Guerre Mondiale, assurant aux Alliés la prédominance
durant les grandes batailles maritimes.
|
| Acteurs
- Actrices
o
Patricia English est, comme son nom ne
l’indique pas, d’origine américaine.
Elle apparaîtra également dans Mission
à Montréal (saison 2) et sera
surtout la remarquable Dr James de Interférences
(saison 5). Par la suite elle participera à
plusieurs séries (Les Champions, Department
S), avant de se retirer au début des
années 70.
o Valentino Musetti est apparu
dans un total impressionnant de cinq épisodes
des Avengers : Le Décapode
(saison 2), Mort à la carte, Le marchand
de secrets, Le retour du traître et Le
quadrille des homards (saison 3). Dans Le Décapode
il est par erreur crédité sous le
prénom Valentine ! Il mène une double
carrière comme acteur (Doctor Who, Cosmos
1999, Mission casse-cou, Batman…) et
cascadeur (Amsterdamned, Alien, plusieurs
James Bond…).
o John Stone (1924) est un acteur
gallois. Il a participé à deux autres
épisodes de la série : Le Joker
(saison 5) et Du bois vermoulu (saison
6). Vu également à la télévision
dans Le Saint, Les Champions, Amicalement vôtre…
o Jack May (1922-1997) a participé
à un grand nombre de séries (UFO,
Dr. Who, Adam Adamant lives ! où il
interprétait le rôle récurrent
du majordome William E. Simms…) et a également
connu une belle carrière au cinéma
(L’homme qui voulut être roi,
1975). Il rencontra un vif succès en tant
qu’acteur de voix, dans de nombreux dessins
animés et émissions de radio. Il interprète
ainsi le roi Théoden de Rohan dans la version
radio à succès du Seigneur des
Anneaux de la BBC en 1981. Son rôle le
plus connu demeure cependant celui de Nelson Gabriel
dans The Archers, le plus long soap radio
n’ayant jamais existé, avec plus de
15 000 épisodes d’un quart d’heure
déjà émis par la BBC. Le feuilleton
a débuté en 1950 et continue à
être diffusé aujourd’hui !
o Ronald Allen (1930-1991), diplômé
de la Royal Academy of Dramatic Arts, débuta
au théâtre, jouant notamment à
l’Old Vic et au cinéma. Il accéda
à la renommée avec le rôle de
David Hunter (1969-1985), un des propriétaires
de l’hôtel donnant son nom à
Crossroads. Il fut également une
figure régulière du Dr. Who et participa
à bien d’autres séries (Destination
Danger, Bergerac…).Quelques mois avant
de décéder d’un long cancer,
il se maria avec Sue Lloyd (apparue dans Dans
sept jours le déluge, saison 4, mais
aussi l’adaptation au théâtre
des Avengers en 1971) son épouse
à l’écran de Crossroads
et amie de longue date.
o John Ringham (1921) participa
également à l’épisode
L’économe et le sens de l’histoire
(saison 4). Il tourna dans une multitude de
séries (Yes Minister, The Tripods, Dixon
of Dock Green…). Il fut notamment une
figure importante du Dr. Who, apparaissant
dans plusieurs périodes de la série.
Il connaît également une belle carrière
au théâtre ainsi que dans la publicité.
Il pasticha ainsi avec succès Indiana
Jones en 1981 pour les chocolats Terrys !
A
noter que…
o Jonathan
Alwyn (1940) a dirigé sept épisodes
: Missive de Mort, Combustible 23, Festin de
Pierre, Inter-Crime, L’école des traîtres
(saison 2), Le marchand de secrets, Le retour
du traître (Saison 3). Sa carrière
de réalisateur (Armchair Theatre, The
rivals of Sherlock Holmes…) et de producteur
(Maigret, the rivals of Sherlock Holmes…)
s’est prolongée jusque dans les années
90.
o Ludovic Peters (1931) Le marchand
de secrets constitue sa seule participation aux
Avengers, mais il a également écrit
pour Crane, Dixon of Dock Green, The troubleshooters…
Il est également l’auteur d’une
dizaine de romans policiers, principalement durant
les années 60 et 70. Ludovic Peters est un
pseudonyme, l’auteur s’appelle en fait
Peter Ludovic Brent.
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| Fiche
du Marchand de Secrets des sites étrangers :
En
anglais
http://theavengers.tv/forever/gale2-19.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/gale/314.html
http://deadline.theavengers.tv/GaleS2-19-SecretsBroker.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/gale46.htm
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