
SAISON
3
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| LE
COCON
( THE NUTSHELL)

Tournage
: mai 1963
Diffusion
: ITV, 19 octobre 1963 – 13ème
Rue, 9 avril 1998
Scénario
: Philip Chambers
Réalisation
: Raymond Menmuir
Charles Tingwell (Venner), John Cater (DISCO), Patricia
Haines (Laura), Christine Shaw (Susan), Edina Ronay
(Elin), Ian Clark (Anderson), Ray Browne (Alex),
Jan Conrad (Jason), Edwin Brown (Military Policeman).
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| Résumé
Steed et Mrs Gale sont convoqués en urgence
au Cocon. Il s’agit d’un vaste complexe
souterrain servant d’abri anti-atomique aux
plus hautes autorités du Royaume, ainsi que
de chambre forte pour les documents les plus sensibles.
DISCO, chef des services secrets, leur révèle
qu’une copie de BIG-BEN, liste des agents
doubles implantés à l’Est, a
été dérobée, un traître
ayant permis à une jeune contorsionniste
de se glisser jusqu’à ce microfilm
stratégique. Les Avengers ne disposent que
de quelques heures pour mettre hors d’état
de nuire le réseau adverse, et empêcher
que BIG-BEN ne quitte le pays. La tâche s’avère
d’autant plus difficile que Steed paraît
très vite compromis…
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Critiques
Estuaire44
6 février 2008
   
Le
Cocon constitue un épisode à
l'atmosphère très singulière,
résonnant admirablement en phase avec Concerto.
En effet, après avoir célébré
dans la joie et l'entrain l'avènement de
la Détente, la série nous rappelle
ici l'horreur glacée et inhumaine de la Guerre
Froide.
En
effet, s'il n'oublie pas de nous offrir une intrigue
passionnante, plus complexe et enchevêtrée
que de coutume, l'intérêt principal
de l'histoire réside dans l'atmosphère
qu'elle dégage. Tout concourt ici à
nous faire vivre un réel cauchemar. Le premier
élément frappant les esprits demeure
bien entendu l'extraordinaire décor : couloirs
s'entrecroisant sans fin, bruits lancinants des
ordinateurs, omniprésence des caméras
de surveillance (Steed se réfère explicitement
à 1984), décoration standardisée
et déshumanisée au possible... Nous
ressentons avec un rare impact la folie de la confrontation
des Blocs et de la course aux armements, dont l'absurdité
nous est d'ailleurs énoncée dès
l'ouverture de l’épisode.
Au
cœur de la caverne d'acier et de béton
réside l'effroi ultime de cette chambre des
tortures moderne, où le fer rouge des bourreaux
de jadis se voit remplacé par des décharges
électriques du dernier « cri ».
Nous nous trouvons face à une des visions
les plus sinistres de la série, d'autant
plus troublante qu'elle émane des «
bons » et non du cerveau dérangé
d'un Diabolical Mastermind.
Cette
superbe, autant que horrifique, création
se met au service d'une mise en scène rehaussant
habilement l'angoisse ambiante : plans serrés
et obliques sur les visages, tonalité froide,
voire clinique, de nombreuses scènes. Les
dialogues sont incisifs à souhait, la surabondance
de sigles venant renforcer la déshumanisation
du contexte. Par ailleurs l'exposition sous toutes
les coutures, sans avoir l'air d'y toucher, du nouveau
décor de l'appartement de Steed représente
un joli exercice de style !
Les
personnages secondaires s'insèrent eux aussi
idéalement dans ce cauchemar en gris.
John
Cater est admirable dans sa création de DISCO.
Brillant et volontiers caustique, ce personnage
symbolise à merveille cette machinerie administrative
devenue folle, s'emballant jusqu'à planifier
l'Apocalypse article par article, codicille par
codicille. Lui-même est aussi glacé
que son environnement, machine parmi les machines.
On est bien loin de l'humanité bourrue et
sympathique de One-Ten !
DISCO
est admirablement secondé par Laura, qui
incarne la secrétaire parfaite d'efficacité,
du même métal que son patron. Quand
on la compare avec l’excentrique Cynthia (La
dynamo vivante, saison 5), on mesure à
quel point on se situe loin, ici, de la future joyeuse
tonalité de la série. Patricia Haines
est parfaite dans ce rôle à des lieues
de la délurée Lola. Cette talentueuse
actrice, trop tôt disparue, aura elle aussi
beaucoup apporté aux Avengers.
La
spectaculaire et pétulante Edina Ronay accomplit
ici une fort agréable apparition. Sa scène
commune avec Steed, accompagnée dans un décor
insolite par les efforts d'un contorsionniste amateur
(!), apporte à l'épisode une petite
note de fantaisie (et de sensualité) fort
appréciable. Edina ne s'en sort pas si mal
en tant que comédienne. Comme dans Tueurs
à gage elle revêt un accent exotique
très divertissant. En toute sincérité,
on ne peut que regretter son absence dans la suite
de la série !
Si
les adversaires (très convainquant Charles
Tingwell) semblent plus anecdotiques, on note avec
intérêt que, malgré tous leurs
défauts, ils manifestent une plus grande
émotivité que les serviteurs robotisés
du Cocon.
On
peut compter sur nos Avengers pour ne pas se laisser
gagner par la paranoïa contagieuse des lieux.
Cathy Gale ne se dépare pas de son humanité
coutumière et, toujours superbe d’indépendance,
n’hésite pas à remettre en cause
le discours dominant lors de la brillante scène
d’introduction. Avant d’être dévorée
d’inquiétude pour son partenaire (Honor
Blackman montrant encore une fois ses grands talents
de comédienne), elle continue à lui
décocher quelques piques, apportant une bouffée
d’humour bienvenue à l’épisode.
Toutefois, comme cela demeure régulièrement
le cas en ce début de saison, alors même
qu’il restait assez régulièrement
en retrait durant la saison 2, c’est ici Steed
qui apparaît en vedette. Patrick Macnee, tout
en énergie et humour cynique, parvient à
insuffler de la vie à un environnement particulièrement
sinistre. Grâce à Steed, l’épisode
parvient à susciter un véritable amusement,
sans rien perdre de son terrible impact.
Enfin,
à cet épisode déjà très
riche, le spectateur de 2008 peut également
trouver un intérêt supplémentaire.
En effet, au fur et à mesure que se déroule
l’épisode, on éprouve une impression
toujours plus forte de déjà vu
: le compte à rebours stressant, le rythme
trépidant vécu par le héros
durant toute l’histoire, le quartier général
– forteresse remplie de dispositifs high-tech
(pour l’époque !) – la sinistre
salle d’interrogatoire où se pratique
une torture sophistiquée, le personnage principal
n’hésitant pas à recourir à
des méthodes bien tordues sans en référer
à sa hiérarchie, des traîtres
haut placés, des coups de théâtre
perpétuels, une séduisante mercenaire
solitaire (bon, ce n’est pas une tueuse…),
la partenaire convaincue de l’innocence du
héros et l’aidant finalement en sous-main,
des tumultes évoqués dans la sphère
supérieure (Whitehall) et une réflexion
sur ce que la dérive sécuritaire peut
engendrer dans nos démocraties…
Décidemment,
tout comme Warlock (saison 2) avait comme
une saveur de X-Files, Le Cocon
fait furieusement penser à 24 heures
Chrono ! Revisionner l’épisode
dans cette optique s’avère particulièrement
réjouissant…
EN
BREF : Ce passionnant épisode s’avère
particulièrement engagé, soulignant
brillamment la folie de la Guerre Froide. Sans hésiter
à prendre parti, la série fait clairement
référence aux tumultes de son époque.
Cette intéressante caractéristique
de l’ère Cathy Gale aura rarement été
aussi fascinante que dans les méandres du
"Cocon" ! |
|
Vidéo
Un
entretien original !
Informations
complémentaires
Tournage
Continuité
o Encore une fois, le sous-titrage indique Melle
Gale.
o Durant la séquence d’introduction
on aperçoit à plusieurs reprises l’ombre
de la caméra sur le sol (2’27’’
et 2’33’’) :

o
On remarque une superbe faute d’orthographe
dans le sous-titre : « Et bien, cet endroit
vient d’être violer ! » déclare
DISCO (10’38’’).
o Patrick Macnee serait-il troublé par Edina
Ronay ? Il laisse choir les brosses à dents
(18’18’’) avant de heurter la
porte en sortant (18’39’’) !
o Toujours maladroit, il fait également tomber
l’émetteur–radio ! (26’11’’)
:

o
En fin d’épisode (49’44’’)
Macnee se surprend à fixer un instant l’équipe
technique :

Détails
o
The Nutshell ne signifie pas Le Cocon
mais La Coquille de noix. Le titre espagnol
de l’épisode est lui fidèle
à l’original : Cáscara de
Nuez !
o Steed possède un tableau d’un ancêtre
lui ressemblant trait pour trait : R.K.J. de V.
Steed.
o « Big Brother is watching you » déclare
Steed à Cathy Gale en montrant les caméras
du Cocon (8’30’’). Il fait référence
au célèbre roman 1984 de
George Orwell, où le dictateur Big Brother
épie chaque faits et gestes des citoyens
grâce aux télécrans, dont la
vie privée n’existe plus, même
la nuit. De gigantesques affiches rappellent ce
slogan dans chaque rue, avec un portrait du Guide,
celui-ci devant être présent à
chaque instant dans l’esprit de tous. Autres
temps, autres mœurs, Big Brother est
également le titre de la version anglaise
de Loft Story…
o Quand DISCO énonce que la vanité
est la faiblesse de Steed (39’44’’),
Cathy Gale ne le conteste pas …
o De nombreux codes parsèment l’épisode
: WISHMAKE, BRUTUS, BISMARCK, ZENITH… NUTSHELL
signifie Thermonuclear Underground Target Zone
Shelter, BIG BEN Bilateral Infiltration
of Great Britain, Europe and North America,
et DISCO : Director of Intelligence, Security
and Combined Operations.
o Connaissant l’existence des caméras,
il est étonnant que Elin ne porte pas de
masque !
o Jason s’enfuit dans un Kingfisher
[Martin-pêcheur], un hydravion développé
par la marine américaine durant la seconde
Guerre Mondiale. Catapulté depuis les navires,
il servait à la reconnaissance et à
la prise de photographies. Après le conflit,
sa grande manœuvrabilité lui vaudra
d’être repris par de nombreuses marines
dont la britannique et... la soviétique !

o
Steed semble apprécier les plages françaises,
puisque, après la French Riviera dans
Tueurs à gage (saison 2), nous apprenons
qu’il a passé des vacances à
Deauville. On se souvient également qu’il
convie Mrs Peel à un séjour très
romantique dans notre beau pays (Qui suis-je
?, saison 5 : Paris, Montmartre, Saint-Tropez…),
tandis qu’il y passe également ses
vacances dans Le visage (saison 6), ramenant
du parfum à Tara King. Steed est bien un
amoureux de la France !
o Deauville, avec sa belle station balnéaire
et son très chic Casino (1912), lancés
par le Duc de Morny, constitue traditionnellement
une destination très appréciée
par la clientèle la plus huppée et
le Gotha. On ne s’étonnera donc guère
de voir y séjourner John Steed ! Deauville
commence cependant à se populariser durant
les années 60.
o Whitehall : Centre de l’exécutif
britannique, Whitehall est une célèbre
rue de Londres, située à proximité
du Parlement. Elle tire son nom de l’immense
palais royal qui s’y élevait, détruit
par un incendie en 1698. Les bâtiments subsistant
accueillent désormais le Ministère
de la Défense. Dans le langage courant, Whitehall
désigne en fait le gouvernement britannique,
car on y trouve ses principales institutions :
résidence et cabinet du Premier ministre,
l’Amirauté, le Trésor, la Horse
Guard, le Foreign Office, le Ministère de
la Santé, les représentations de l’Écosse
et du pays de Galles, la Direction des Impôts
et celle des Douanes etc. S’y élève
également le Cénotaphe, le plus grand
et prestigieux Monument aux morts de la Grande-Bretagne,
érigé en 1919 en hommage aux soldats
tombés durant la Grande Guerre. Chaque année
la Reine y préside aux cérémonies
du 11 Novembre.

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| Acteurs
– Actrices
o
Charles Tingwell (1923)
« Bud » Tingwell, d’origine australienne,
débute au cinéma dès 1946.
Il devient célèbre durant les années
50 dans des films de guerre, avant de s’installer
en Angleterre durant les années 60. Il y
devient une grande vedette de la télévision,
tenant le rôle principal de Emergency Ward
10, assurant de nombreuses voix secondaires des
Thunderbirds et participant à de très
nombreuses séries (Detective, Z Cars,
Adam Adamant lives !, Destination Danger…).
Au cinéma il joue l’Inspecteur Craddock
dans une série de films consacrés
à Miss Marple. Dans les années 70
il revient en Australie où sa carrière
se poursuit encore aujourd’hui (Antigravity,
2008).
o John Carter (1932) participe
également aux épisodes Mort en
magasin (saison 4) et Le mort vivant (saison
5) Il est appercu dans un très grand nombre
de séries anglaises (Destination Danger,
Le Baron, Docteur Who, Department S, Z
Cars…) et joue dans le film de Brian
Clemens Capitaine Chronos, chasseur de vampires,
avec également Caroline Munro et Ian Hendry
(1974). Il continue encore à tourner aujourd’hui
(Bad Girls, The last detective…).
o Patricia Haines (1931-1977),
décédée trop tôt d'un
cancer, fut mariée à Michael Caine.
Elle a participé à deux autres épisodes
des Avengers : Holly Trent dans Les
aigles, saison 4 et Lola dans Qui suis-je
?, saison 5. Elle a également joué
dans les séries : Destination Danger,
Les Champions, Le Saint, Département S, Paul
Temple, Poigne de Fer et Séduction.
Dans la série humoristique Up Pompeii
!, elle interprète "Pussius Galoria"
dans un épisode intitulé Jamus
Bondus ! (1970)
o Edina Ronay (1945) apparaît
également dans l’épisode
Tueurs à gages (saison 2). Elle s’est
surtout fait connaître comme mannequin, sa
carrière d’actrice se limitant à
quelques apparitions durant les années 60
(Les Champions, Department S, Prehistoric Women),
avant de devenir créatrice à succès
de vêtements. Elle est la fille du célèbre
critique culinaire d’origine hongroise Egon
Ronay, auteur des très populaires Egon
Ronay’s guides to British eateries. Dans
son propre restaurant, The Marquee (en
face d’Harrods), il contribua au
renouveau de la cuisine française dans le
Londres d’après guerre. Steed fait
terriblement penser à lui dans son interprétation
de Monsieur Gourmet, dans Avec vue imprenable
(saison 4). Edina Ronay est aussi la mère
de Shebah Ronay, également modèle
et actrice. Edina, qui fut très proche des
Beatles et des autres vedettes de l’époque,
raconte que durant les années 60, tout ce
petit monde ne se nourrissait que de steaks et de
salade (la minceur étant une obsession),
avant de devenir hippy et végétarien
durant les années 70, au grand dégoût
de son père !
À
noter que…
o L’idée
d’un abri protégeant les trésors
du Royaume sera reprise dans Homicide et vieilles
dentelles (saison 6).
o Tara King tentera elle aussi de s’infiltrer
dans un zone de haute sécurité dans
Affectueusement vôtre (saison 6),
mais pour en tester les défenses !
o Torse nu dans Dragonsfield (saison 1),
déshabillage dans Monsieur Nounours,
tenues de plage dans Tueurs à gage
et Le Cocon… Les premières
saisons des Avengers voient un Steed n’hésitant
pas à se montrer en petite tenue, ce qui
ne sera plus le cas par la suite !
o Avec cet épisode nous découvrons
le nouvel appartement de Steed, qui demeurera le
sien jusqu’à la fin de la saison. Comme
pour Mrs Gale, l’amélioration est sensible,
l’ensemble apparaissant agrandi et plus cosy.
Mais là où sa collaboratrice privilégie
le modernisme et les gadgets à la mode, Steed
en reste à une décoration anglaise
très traditionnelle, à dominante maritime,
remplaçant les affiches de pantomimes. On
retrouve le thème du tableau au-dessus de
la cheminée, qui deviendra central dans les
saisons ultérieures.
o Raymond Menmuir a également
réalisé l’épisode Le
clan des grenouilles (saison 2) et a participé
à de nombreuses séries des années
60 et 70 (The Troubleshooters, Zodiac, Duchess
of Duke Street…). Il a produit 15 épisodes
des Professionnels (deuxième saison,
1978-1979).
o Philip Chambers a aussi écrit
l’épisode Le retour du traître
au cours de cette saison. Durant sa très
courte carrière télévisuelle
il a également participé à
Adam Adamant lives !. Son activité
principale demeure l’écriture de romans
policiers : il est notamment l’auteur de nombreuses
aventures de Sexton Blake, détective
privé.
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| Fiche
du Cocon des sites étrangers :
En
anglais
http://theavengers.tv/forever/gale2-4.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/gale/303.html
http://deadline.theavengers.tv/GaleS2-04-TheNutshell.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/gale31.htm
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