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SAISON
3
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L’ÉLÉPHANT BLANC
( THE WHITE ELEPHANT)

Tournage
: novembre 1963
Diffusion
: ITV, 4 janvier 1964 – 13ème Rue,
14 mai 1998
Scénario
: John Lucarotti
Réalisation
: Laurence Bourne
Godfrey Quigley (Noah Marshall), Edwin Richfielfd
(Lawrence), Scott Forbes (Conniston), Bruno Barnabe
(Fitch), Judy Parfitt (Brenda Paterson), Rowena
Gregory (Madge Jordan), Toke Townley (Joseph), Martin
Friend (George). |
| Résumé
Les tueries d’éléphants liées
au trafic d’ivoire prennent des proportions
considérables en Afrique. Steed s’intéresse
aux réseaux développés en Grande-Bretagne,
quand Snowy, un éléphant blanc, disparaît
des locaux de Noah Marshall, grand fournisseur en
animaux exotiques des zoos et cirques d’Europe.
Intrigué par cette coïncidence il y
envoie Cathy Gale qui, forte de son expérience
africaine, s’y fait engager comme superviseuse
des safaris. Steed mène, lui, l’enquête
auprès des différents partenaires
de l’entreprise. Il apparaît que c’est
le Professeur Lawrence, ethnologue officiellement
disparu, qui dirige ce trafic, en dissimulant l’ivoire
dans les cages de Noah en partance pour le continent,
à l’insu de ce dernier. Lawrence a
fait enlever Snowy, dont il est le propriétaire
légitime, pour pouvoir diriger les opérations
nocturnes de transfert chez Noah, sans que l’éléphant
ne se manifeste. L’organisation de Lawrence
se trouve par ailleurs minée par une dissension
interne avec son associé Conniston. Les Avengers
profitent de cette rivalité et, après
avoir remonté l’ensemble de la filière,
mettent le gang hors d’état de nuire
après un combat final se déroulant
dans le zoo de Noah. |
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Critiques
Estuaire44
11 juin 2008
 
L’intrigue
de L’éléphant blanc
souffre d'une complexité inutile et, comme
conséquence, d’une multiplication ahurissante
des personnages secondaires. Basée au départ
sur une idée originale, l’histoire
se perd en vaines ramifications, sans pour autant
trouver un véritable souffle. L’histoire
offre néanmoins de bons moments (notamment
autour de Steed), mais ils demeurent fort isolés.
On reste perplexe devant cette organisation criminelle
de bric et de broc, multipliant à foison
les indices à destination des Avengers et
montrant un amateurisme des plus grossiers. On éprouve
l’impression que Lucarotti tente maladroitement
d’imposer une histoire de triangle amoureux
en total décalage avec le sujet initial de
l’épisode, avec pour résultante
une artificialité fréquente. Reste
une défense sympathique des animaux en péril
et une teinture écologiste rendant ce récit
sympathique.
La
conséquence de telles dérives est
que les personnages secondaires ne disposent chacun
que de brefs instants pour se mettre en valeur,
ce qui les réduit quasi infailliblement à
de simples silhouettes. On s’attriste ainsi
de voir une excellente actrice comme Judy Parfitt
réduite à un rôle aussi creux
que transparent. Edwin Richfield apparaît
aussi convaincant qu’à l’accoutumée,
mais doit se contenter de défendre quelques
répliques particulièrement conventionnelles
et caricaturales. Le jeu de Scott Forbes semble
lui vraiment pesant, avec une accumulation d’effets
démonstratifs trop marqués. Les seconds
couteaux de l’organisation paraissent certes
plaisants. Leurs confrontations successives avec
Steed comptent parmi les meilleures scènes
de l’épisode, mais elles demeurent
trop passagères. La seule exception à
ce néfaste éparpillement des seconds
rôles demeure Noah, solidement campé
par Godfrey Quigley, qui dispose de l’espace
nécessaire pour établir une originale
relation amicale avec Cathy. Leurs personnalités
et leurs souvenirs communs de l’Afrique concordent
dans une complicité plaisante à suivre.
La
mise en scène de Laurence Bourne, nouveau
venu dans la série, se révèle
agréable à suivre, d’autant
qu’il ne se contente pas de filmer platement
l’étonnant décor de l’Arche
de Noah et ses animaux vivants. La caméra
sert efficacement l’action et le combat final
entre Steed et Conniston se révèle
assez spectaculaire.
Cathy
Gale se montre particulièrement attachante
dans cet épisode illustrant une partie importante
de son passé. Honor Blackman sait rendre
communicatif l’attachement de son personnage
aux animaux, de même que sa complicité
avec Noah. Si Cathy participe activement à
l’enquête, elle reste néanmoins
ici en retrait face à Steed. On doit en effet
à celui-ci les scènes les plus amusantes
de l’épisode. Lors de ses visites aux
boutiques d’armement de cages, on retrouve
la saveur des futurs Excentriques de la série,
avec une pointe de perversité chez Madge
Jordan ne semblant pas laisser notre héros
indifférent ! Ces rencontres successives
apportent un humour particulièrement bienvenu
à l’épisode. Macnee y excelle,
tandis qu’il se montre également convaincant
lors du duel final, alors que les scènes
d’action n’ont pas jusqu’ici constitué
son point fort. Steed nous offre au passage une
nouvelle anecdote de tante imaginaire !
Les
deux associés contre le crime produisent
également des étincelles durant leurs
scènes communes. Les séquences d’improbable
yoga (nettement moins fatigantes pour Steed que
pour Cathy…) ou la partie d’échecs
servant de réunion de travail constituent
autant de moments particulièrement divertissants
et très Avengers. Quasiment absentes
durant la saison précédente, ces scènes
d’appartement n’ont cessé de
prendre de l’ampleur et de se teinter de fantaisie
au cours de cette saison 3, jusqu’à
faire, comme ici, directement songer à la
période Emma Peel. Même s’il
y a encore de l’audace à gagner dans
la mise en scène, c’est bien un pilier
important de la série qui se met en place
sous nos yeux !
EN
BREF : Plombé par une intrigue
inutilement alambiquée, l’épisode
retrouve des couleurs grâce à des moments
d’humour dans une veine très "Avengers".
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| Vidéo
Steed
chez la marchande de chaînes !
Informations
complémentaires
Tournage
Continuité
o Le perroquet perché sur l’épaule
de Quigley tente de saisir dans son bec la pipe
de celui-ci. Honor Blackman ne peut dissimuler un
sourire devant cette scène (5’15’’).
o
Du fait de la proximité des décors,
les différents bruits causés par les
animaux s’entendent plus ou moins distinctement
durant l’épisode. L’un d’entre
eux, particulièrement fort, fait sursauter
Macnee alors que Steed discute avec les marchands
d’armes (10’46’’).

o
Quigley omet de présenter Cathy à
Conniston, puis se reprend alors que la conversation
entre ses partenaires a déjà commencé
! Il s’ensuit une légère confusion,
au cours de laquelle Honor Blackman ne dissimule
pas non plus un lumineux sourire... (22’57’’)
:

o
D’une manière assez ironique, dans
cet épisode comprenant déjà
de nombreux animaux, un insecte se déplace
sur l’image durant de longs instants, à
partir de 8’45’’ (ici à
droite du visage de Steed) :

o
Cette apparition tient sans doute au mode d’enregistrement
pratiqué à cette époque : le
kinescope. Cette caméra spécialement
aménagée filmait l’image sur
un téléviseur, l’insecte en
question s’étant sans doute installé
sur son objectif ! La copie produite (ou cinégramme),
était ensuite reproduite en vue de diffusion
dans les zones non touchées par la diffusion
originale, en ces temps où les antennes d’émission
n’avaient pas assez de puissance pour couvrir
tout le territoire. Appareil utilisé pour
convertir un format vidéo en pellicule film,
le kinescope représentait, avant l’apparition
du magnétoscope, l’unique mode de conservation
des émissions diffusées en direct,
telles Les Avengers en ces saisons 2 et
3. Il fut utilisé par les diverses télévisions
du début des années 50 à la
fin des années 70 et le développement
des cassettes vidéo. Jusqu’en 1969,
Hawaï et l’Alaska ne recevaient les programmes
américains que par cette méthode.
De nombreuses séries des années 60
nous sont parvenues uniquement grâce à
ce procédé, nullement considéré
à l’époque comme un moyen de
préservation future de ces chefs-d’œuvre
!

Détails
o
Outre le serpent Samba, l’épisode s’illustre
pas la présence de nombreux animaux : aras,
tigre, kangourou, singes… Manque seulement
à l’appel le fameux éléphant
blanc Snowy, à l’évidence pour
des raisons pratiques !
o Ces divers animaux semblent d’ailleurs absolument
terrorisés par la fusillade finale ! Aujourd’hui
l’épisode provoquerait sans doute une
belle polémique…
o Le numéro de téléphone de
Steed est Whitehall 00 11. Whitehall a déjà
été évoquée dans l’épisode
Le cocon.
o Les fusils de chasse sont fabriqués par
Bannerman & Kemps, et les cages par
Jordan & Moss.
o Le pistolet confié pour réparation
par Steed à Bannerman & Kemps
est un Derringer. Ce nom générique
provient de Henry Derringer, fameux fabriquant américain
de petites armes à feu au début du
XIXe siècle. Le terme désigne généralement
le plus petit pistolet d’un calibre donné,
ces armes miniatures convenant spécialement
aux dames.
o Fitch lit un exemplaire de The Daily Tribune
(20’07’’), publication fictive.
On y reconnaît une photographie de Gina Lollobrigida,
alors en plein succès, notamment après
le triomphe de Come September (1961), avec
Rock Hudson, un de ses films les plus populaires.

o
Steed reconnaît et date d’un coup d’œil
un ancien pistolet à amorces de 1650. Mrs
Peel fera encore plus fort dans Remontons le
temps (saison 5). En regardant simplement une
balle, elle y détermine que celle-ci a été
tirée par un modèle spécial
d’un fusil de chasse de calibre moyen, datant
du XVIe siècle, utilisé par les gentilshommes
sous le règne élisabéthain
!
o L’épisode permet d’approfondir
le passé de Cathy Gale : après le
décès de son mari, qui possédait
un ranch au Kenya, elle a servi de guide pour plusieurs
safaris.
o Steed semble singulièrement détendu
par son yoga immobile, l’exercice avait d’ailleurs
achevé de l’endormir dans Plaidoirie
pour un meurtre !
o RUSI : L’original du pistolet
remarqué par Steed dans la vitrine de Bannerman
& Kemps se trouve au Royal United Services Museum
(10’02’’). Ce musée consacré
à l’armée et à la marine
britanniques est intégré au RUSI (Royal
United Services Institute). Cet organisme, fondé
en 1831 par le Duc de Wellington, est le plus ancien
institut de stratégie militaire au monde.
Outre la définition de la doctrine militaire
du Royaume-Uni, le RUSI s’attache également
à la prévention des périls
contemporains, des fléaux naturels au terrorisme
international. Situé sur Whitehall, il sert
de point de rencontre entre gouvernement, membres
du Parlement et militaires.

o
UNESCO : Steed évoque un
rapport de l’UNESCO sur les espèces
animales menacées (8’03’’).
L’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation,
la Science et la Culture a été fondée
en 1945 et se base à Paris. En promouvant
la culture et l’éducation à
travers de vastes programmes, elle entend favoriser
la paix entre les nations. Elle comporte des dizaines
de bureaux et d’instituts divers disséminés
à travers la planète. Une de ses actions
les plus célèbres consiste en l’édification
progressive de la liste du patrimoine culturel de
l’humanité. Elle y inscrit les sites
les plus remarquables, naturels ou créés
par l’homme, et participe éventuellement
à leur sauvegarde. La France y apparaît
pour 31 sites, contre 27 pour le Royaume-Uni. L’Unesco
se soucie également de l’environnement
et a effectivement publié d’importantes
communications du type de celle citée par
Steed.

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| Acteurs
– Actrices
o Godfrey Quigley (1923-1994) est
apparu dans deux autres épisodes : Neige
brûlante et Brought to book
(saison 1). Cet acteur irlandais connut une belle
carrière au théâtre ainsi qu’au
cinéma où il a notamment participé
à deux films de Kubrick : Orange mécanique
(1971) et Barry Lindon (1974). Il fut également
une figure familière des séries britanniques
: Le Saint, Z Cars, Les Champions…
Il décéda de la maladie d’Alzheimer.
o Scott Forbes (1920-1997), de
son vrai nom Conrad Scott-Forbes, débuta
sur la scène londonienne d’après
guerre, avant de se lancer dans le cinéma
en Amérique (Opération dans le
Pacifique, 1951). Il figure ainsi sur le Hollywood
Walk of Fame ! Dans les années 60 il retourna
en Grande-Bretagne où il participa à
de nombreuses séries (Dixon of Dock Green,
Crane...). Cet homme aux multiples talents
connut également une carrière d’auteur
de scénarios (Le Saint).
o Rowena Gregory (1929) participe
également à l’épisode
L’argile immortelle (saison 2). Sa
carrière ne s’est pas prolongée
au-delà de quelques apparitions durant les
années 60 (No hiding place, Dixon of
Dock Green…).
o Edwin Richfield (1921-1990) a
joué dans cinq autres épisodes de
la série : La trapéziste
de la saison 1, Tueurs à gage de
la saison 2, Faites de beaux rêves de
la saison 4, La chasse au trésor
de la saison 5 et Miroirs de la saison
6. Il a également joué à la
télévision dans Ivanhoé
et Destination Danger.
o Judy Parfitt (1935) est apparue
dans trois autres épisodes : Le point
de mire (saison 2), Remontons le temps
(saison 5) et George et Fred (saison6).
Comédienne shakespearienne réputée,
issue de la Royal Academy of Dramatic Arts, elle
connaît de grands succès sur scène
durant les années 50. Elle reste une des
actrices étant le plus fréquemment
apparue dans les séries des années
60 et 70 (Adam Adamant lives !, Z-Cars, Poigne
de Fer et Séduction, Le Saint…)
Elle a également participé à
de prestigieuses adaptations littéraires
(Hamlet, 1969). Encore active aujourd’hui,
elle a tenu un des rôles principaux du magnifique
film La Jeune Fille et la Perle (2003).
À
noter que…
o Alors que
Steed dévore les albums de Tintin dans plusieurs
épisodes, la série rend peut-être
ici un nouvel hommage à Hergé, Snowy,
le nom de l'éléphant de l'épisode,
étant également le nom anglais de
Milou !

o
John Lucarotti (1926-1994) a écrit
cinq épisodes des Avengers : The
far-distant dead (saison 1), La baleine
tueuse (saison 2), Mort à la carte,
L’éléphant blanc (saison
3) et Le fantôme du château De’Ath
(saison 4). D’origine canadienne, il partage
sa carrière entre ce pays et l’Angleterre.
Il est notamment connu pour sa participation à
The Troubleshooters (10 épisodes,
1965-1969) et à Dr Who (15 épisodes,
1964-1966). Parlant Français, il travaille
également pour la télévision
française (Faites entrer M. Ariman,
1974).
o Laurence Bourne a réalisé
trois épisodes des Avengers : L’éléphant
blanc, Les petits miracles et Le cheval
de Troie, tous durant la saison 3. Il a également
apporté sa contribution à plusieurs
séries des années 60 (Public Eye,
The Troubleshooters, Dr Finlay’s Casebook…).
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| Fiche
de L'élephant blanc des sites étrangers
:
En
anglais
http://theavengers.tv/forever/gale2-15.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/gale/317.html
http://deadline.theavengers.tv/GaleS2-15-WhiteElephant.htm
En
espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/cathy_elephant.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/gale42.htm
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