
SAISON
2
|
| SIX
MAINS SUR LA TABLE
( SIX HANDS ACROSS
THE TABLE)

Tournage
: mars 1963
Diffusion
: ITV, 16 mars 1963 – 13ème Rue,
26 mars 1998
Scénario
: Reed R. de Rouen
Réalisation
: Richmond Harding
Guy
Doleman (Olivier Waldner), Campbell Singer (George
Stanley), Philip Madoc (Julian Seabrook), Edward
de Souza (Brian Collier), John Wentworth (Sir Charles
Reniston), Sylvia Bidmead (Rosalind Waldner), Frank
Siemen (Bert Bames), Stephen Hancock (Draugtsman),
Freda Bamford (Lady Reniston), Gillian Barclay (Miss
Francis), Ilona Rodgers (Receptionist), Ian Cunningham
(Butler).
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| Résumé
Un cartel de trois armateurs anglais décide,
par patriotisme dévoyé, d’assassiner
un confrère participant au projet de construction
d’un navire à propulsion nucléaire
franco-anglais. Cathy Gale, amie d’études
de Rosalind, la fille du principal dirigeant du
cartel, vient passer quelques jours dans leur luxueuse
propriété familiale. Il se trouve
que Rosalind est fiancée au fils de la victime,
qui entend bien poursuivre son œuvre. Steed
survient pour demander à Cathy d’enquêter
sur l’affaire.
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Critiques
Estuaire44
7 décembre 2007
  
L’intrigue
de Six mains sur la table se révèle
particulièrement originale. L’argument
n’est pas ici la résolution d’une
énigme, puisque dès le départ
nous connaissons les tenants et les aboutissants.
Il ne consiste pas non plus en une partie d’échecs
à la Columbo, l’aspect enquête
étant développé par un Steed
demeurant totalement périphérique.
En réalité l’histoire s’attache
principalement à la description des sentiments
de ses personnages, dans une trame finalement très
romanesque.
Dans
cette optique Cathy Gale s’impose comme la
figure principale du récit. On la découvre
en effet beaucoup plus féminine que de coutume.
C’est ainsi qu’elle apparaît étincelante
dans une superbe robe de soirée, alors qu’elle
nous avait jusqu’ici habitués à
des tenues pour le moins austères. L’évolution
de sa romance avec Waldner apporte une nouvelle
facette à ce personnage, novatrice dans le
contexte très dur de cette saison. Les diverses
émotions de Cathy sont exposées avec
finesse, d’autant qu’Honor Blackman
réalise vraiment une superbe performance.
Cathy demeure toutefois redoutable, nous offrant
une scène de judo impressionnante de maîtrise
technique !
Cette
prédominance du sentiment se retrouve chez
les personnages secondaires, d’ailleurs tous
magnifiquement interprétés. Ainsi
le cartel des armateurs, au-delà de toute
considération économique, semble avant
tout motivé par un nationalisme exacerbé,
nostalgique de la grandeur de l’Empire. Cette
vision, que l’on peut supposer plus répandue
en 1963 qu’aujourd’hui, lui confère
une certaine originalité. Le plus troublant
demeure Waldner dont le sincère sentiment
envers Mrs Gale ne fait guère de doute, mais
qui demeure entravé par sa machination et
ses penchants néfastes. Le couple de jeunes
gens reste lui plus anodin, même si attachant.
Il n’y a pas jusqu’au sinistre Seabrook
qui ne manifeste une personnalité aussi déroutante
qu’énigmatique. On se demande jusqu’au
bout quel est son véritable moteur, lui aussi
ne paraissant pas poussé par la seule avidité
mais par les troubles jeux du pouvoir. Philip Madoc
est absolument remarquable, dans un rôle finalement
assez proche de celui qu’il tenait dans Le
décapode.
Le
seul gardant réellement la tête froide,
dans ce contexte dominé par la passion, demeure
finalement, comme il se doit, John Steed ! Tout
au plus manifeste-t-il un soupçon de jalousie
agacée face à l’idylle naissante
entre Cathy et Waldner. On se souvient comment lui-même
a été rudement éconduit au
début de leur relation… Il s’ensuit
un défilé de répliques assassines
rappelant, s’il en était besoin, que
le Top Agent britannique est le maître incontesté
de la perfidie ! Les scènes communes de nos
héros s’avèrent particulièrement
pétillantes durant toute l’histoire.
Macnee est impérial dans le passage de la
chambre à coucher, l’un des plus amusants
de la saison. Steed montre tout de même une
sincère émotion, devant l’affliction
éprouvée par Cathy, dans un tag
final nettement plus affectueux et moins ironique
que de coutume. Cela conclut comme il se doit cet
épisode singulier, où prédomine
tant l’émotionnel.
Cette
originalité réussie ne peut faire
oublier certaines facilités, d’autant
que la réalisation de Harding ne fait pas
preuve d’une grande inventivité, même
si elle demeure agréable. Le choix de privilégier
la description des sentiments induit un certain
dédain du développement de l’intrigue.
Celle-ci s’achève ainsi par un dénouement
vraiment trop précipité. De plus les
différentes manœuvres boursières
des protagonistes restent décrites avec un
certain flou, contrairement a ce qui s’était
déroulé dans Le point de mire.
On ne comprend rien à l’étonnant
retournement de situation final… On retrouve
cette facilité dans le running gag
montrant Collier frôler la mort à chaque
fin d’acte, d’autant que les divers
effets visuels et sonores semblent particulièrement
appuyés. Le sommet en la matière demeure
l’ahurissant vacarme accompagnant l’entrée
de Steed par la fenêtre. On se croirait revenu
au temps de W.C. Fields (ou de Z.Z. Von Schnerk…)
!
Ces
faiblesses entachent la belle réussite de
l’épisode mais ne le privent pas de
son réel intérêt, d’autant
que cette histoire prend la valeur d’un authentique
témoignage historique sur cette époque
révolue où ports et arsenaux britanniques
dominaient les mers. Prédominants jusqu’aux
années 70, puis dévorés par
la concurrence asiatique, les chantiers navals anglais
n’existent plus que pour d’occasionnelles
sous-traitances de la Royal Navy. Les Français
doivent, eux, s’allier aux Scandinaves pour
faire subsister leur dernier grand chantier naval,
à Saint-Nazaire. C’est l’ultime
exploit de cet épisode que de faire revivre,
notamment à travers tableaux et maquettes
de décors très évocateurs,
un peu de cette splendeur défunte.
EN
BREF : Ce brillant épisode
révèle une nouvelle facette, plus
sentimentale, de Cathy Gale, ce qui nous vaut de
savoureux persiflages de la part de Steed. Déjà
moderniste, la série tourne le dos au fantôme
de l’Empire et lorgne vers le Marché
Commun ! |
| Vidéo
Un
persiflage bien aiguisé !
Informations
complémentaires
Tournage
Continuité
o
Quand Steed dépose le magnétophone
(28’45’’), on s’aperçoit
que la moitié de la bande a déjà
défilé :
o
Durant tout l’épisode le sous-titrage
indique Miss Gale au lieu de Mrs.
o
Contrairement à ce qu’il affirme, il
est évident que Steed n’a pas escaladé
de mur : la chambre de Cathy se situe au rez-de-chaussée…
ou sur le plancher du studio !
Détails
o Steed (portant encore un feutre) et Cathy discutent
dans une voiture plongée dans le noir.
Cette astuce, permettant d’économiser
un décor, a déjà été
utilisée dans Combustible 23.
Ces deux épisodes ont d’ailleurs
eu le même concepteur de décors,
Paul Bernard.
o Brian Collier découvre les nouvelles
dans le Glasgow Times, journal imaginaire.
o Steed n’apparaît qu’à
10’31’’, ce qui constitue sans
doute son entrée en scène la plus
tardive de la série ! Il disparaît
d’ailleurs bien vite (11’31’’)
pour ne réapparaître qu’à
24’30’’. Près de la moitié
de l’épisode s’est alors déjà
écoulée !
o Il est surprenant que les Français aient
communiqué ainsi leur technologie, sans
que le projet soit totalement abouti.
o Le tunnel sous la Manche étant évoqué
par Waldner, la série apparaît encore
en avance sur son temps puisqu’il faudra
patienter 31 ans pour assister à son ouverture
officielle, le 6 mai 1994.
o L’étonnante coiffure relevée
de Mrs Gale situe définitivement l’épisode
dans les années 60, où ce type de
coupe baroque était à la mode. On
assiste en effet durant cette décennie
à l’éclosion de nouvelles
coiffures dont le French Twist,
soulevant les cheveux féminins à
l’arrière pour les ramener vers l'avant
en de savantes figures. Celui de Mrs Gale reste
particulièrement élaboré
!

o
Pour Cathy, Waldner réserve une table au
Savoy. Il s’agit d’un
des hôtels les plus fameux de Londres, situé
sur le Strand. Inauguré en 1889, et dirigé
notamment par César Ritz, il tire son nom
du Palais de Savoie sur les fondations duquel
il fut bâti. En 1246, Richard III offrit
le terrain au Comte de Savoie, oncle de son épouse.
Premier hôtel au monde éclairé
à l’électricité, sa
voie d’accès est la seule d’Angleterre
où l’on se gare à droite,
afin de faciliter l’accès de la prestigieuse
clientèle. Sa table est réputée
pour demeurer l’une des meilleures (et des
plus onéreuses) de Londres. C’est
là qu’Escoffier inventa la Pêche
Melba ! De nombreux tableaux de la célèbre
série de Monet sur Londres et son brouillard
furent peints depuis une des fenêtres de
cet l’hôtel, où il s’était
installé durant son séjour.

Le
Parlement, effet de soleil dans le brouillard,
1901

Le
pont de Charing Cross, 1903
o
Propulsion navale nucléaire :
L’épisode se situe dans l’actualité
de son temps en évoquant une émergence
française. Le programme militaire développant
la propulsion navale nucléaire, le projet
COELACANTHE, est en effet lancé avec succès
en 1959. En 1963 les premieres réussites
tangibles sont enregistrées, un réacteur
expérimental fonctionnant à la perfection
dès 1964 (serait-ce celui montré
à Steed ?). Il faut tout de même
attendre 1971 pour que le Redoutable prenne la
mer. Aucune collaboration franco-anglaise n’a
jamais vue le jour dans un domaine aussi stratégique
! Au début des années 60, aiguillonnées
par la Guerre Froide, toutes les Puissances lancent
séparément leur programme. Toutefois,
dès 1962, les États-Unis, leaders
en la matière, partagent leur technologie
avec leurs alliés britanniques. L’idéal
de splendide isolement de nos armateurs apparaît
décidemment bien dépassé
!
|
| Acteurs
– Actrices
o
Philip Madoc (1934) est un acteur
gallois ayant étudié à la Royal
Academy of Dramatic Art, puis à Vienne. Il
a ensuite participé à de très
nombreuses séries anglaises des années
60 et70, tout en connaissant une belle carrière
au théâtre et à la radio. Il
a ainsi joué dans pas moins de cinq épisodes
des Avengers : Le décapode,
Six mains sur la table (saison 2), Mort
d’un ordonnance (saison 3), Meurtres
distingués (saison 5) et Mon rêve
le plus fou (saison 6). Madoc a également
tenu quatre rôles différents dans Doctor
Who. Son rôle le plus fameux reste son
interprétation de l’ancien Premier
Ministre David Lloyd George, dans une série
lui étant consacré (1981). Ses lectures
dans des livres audio demeurent très populaires
Outre-Manche. Il soutient activement le parti nationaliste
gallois, le Plaid Cymru. Madoc explique avoir surtout
joué des rôles de méchants du
fait de son physique ténébreux, ce
qu’il ne regrette pas car, selon lui, ce sont
les meilleurs !
o Gary Doleman (1923.1996) est
un acteur d’origine néo-zélandaise.
Il a notamment interprété, au cinéma,
le Comte Lippe, agent du SPECTRE dans Opération
Tonnerre (1965), et le Colonel Ross dans les
différents Harry Palmer (Mes funérailles
à Berlin, 1966). Il a également
participé à de nombreuses séries
télé (Le Prisonnier, Matt Houston,
L’Homme qui Valait Trois Milliards…)
Installé au États-Unis, il décède
d’un cancer du poumon.
o Campbell Singer (1909-1976) apparaît
également dans l’épisode Qui
suis-je? (saison 5). Il est une figure familière
des séries anglaises (Z Cars, Coronation
Street, Dr Who, Le Saint, Amicalement Vôtre…).
o Ilona Rodgers (1942) participe
également à l’épisode
L’oiseau qui en savait trop (saison
5) où il faut une certaine perspicacité
pour la reconnaître en Samantha Slade ! Après
un beau parcours à la télévision
anglaise durant les années 60 (Carol, dans
Dr Who) elle s’installe en Australie
et en Nouvelle-Zélande où elle apparaît
dans de nombreuses productions locales (The
Sullivans, Hercule…) tout en menant une
carrière d’animatrice de télévision.
À
noter que…
o Steed utilise
un mini appareil d’enregistrement. L’emploi
de gadgets restera cependant extrêmement rare
durant toute la série.
o Emma Peel connaîtra également un
début de romance avec un ennemi, Paul Beresford,
dans Le retour des Cybernautes (saison
5). La jalousie y inspirera de nouveau quelques
perfidies à Steed !
o Reed R. de Rouen (1921-1986)
a mené une double carrière d’acteur
et d’auteur. Il a ainsi joué dans l’épisode
The far distant dead (saison 1) et écrit
le scénario de Six mains sur la table
(saison 2). Il est également apparu dans
The Troubleshooters, Dr Who, Z Cars et
L’Homme à la Valise, tout
en écrivant deux épisodes ce cette
dernière série. Il a également
beaucoup joué au théâtre, créant
ainsi en 1955, au très moderne Queen’s
Theatre Hornchurch, Un tramway nommé
désir, dans le rôle du fameux
Stanley, interprété à l’écran
par Marlon Brando.
o Richmond Harding (1923) a réalisé
en tout sept épisodes, exclusivement au cours
cette saison 2. Mort en vol a du être
son coup d’essai, car il de montrera souvent
plus inspiré ! (Mr Nounours, Mauritius
Penny, Un traître à Zebra, L’argile
immortelle, La naine blanche et Six mains
sur la table). Même si sa mise en scène
restera toujours de facture classique, ces épisodes
comptent souvent parmi les meilleurs de la saison !
o Paul Bernard (1929-1997) a réalisé
les décors de six épisodes : La
trapéziste, Kill The King (saison 1),
Carburant 23, Six mains sur la table (saison
2), L’homme aux deux ombres, Mort d’une
ordonnance (saison 3). Il demeure cependant
principalement connu pour son importante activité
de réalisateur, ayant mis en scène
de nombreux épisodes de : Z Cars, Dr
Who, The Tomorrow people, Coronation Street…
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Fiche de Six mains sur la table des sites
étrangers :
En
anglais
http://theavengers.tv/forever/gale1-25.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/season2/225.html
http://deadline.theavengers.tv/GaleS1-25-SixHands.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/gale26.htm
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