
SAISON
2
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| MAURITIUS
PENNY
( THE MAURITIUS PENNY
)

Tournage
: octobre 1962
Diffusion
: ITV, 10 novembre 1962 – 13ème
Rue, 29 janvier 1998
Scénario
: Malcolm Hulke & Terrance Dicks
Réalisation
: Richmond Harding
Alfred Burke (Brown), David Langton (Gerald Shelly),
Richard Vernon (Lord Matterley), Sylvia Langova
(Sheila Gray), Edward Jawesbury (Maitland), Harry
Shacklock (Peckham), Alan Rolfe (Goodchild), Philip
Guard (Inspector Burke), Grace Arnold (Charlady),
Edward Higgins (P.C. Andrews), Delia Corrie (Miss
Power), Anthony Blackshaw (Lorry Driver’s
mate), Theodore Wilhelm (Foreign Delegate), Anthony
Rogers (Boy). |
| Résumé
Steed et Cathy Gale enquêtent à propos
du propriétaire d'une boutique de philatélie,
qui sera assassiné. Cela les mène
à une vente aux enchères dont le catalogue
contiendrait un des timbres les plus rares au monde,
le Mauritius Penny. Cette piste les conduit jusqu’à
une organisation de fanatiques désirant mettre
à bas les démocraties d’Europe.
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Critiques
Estuaire44
19 septembre 2007
 
L’intrigue
de Mauritius Penny semble absurde à
bien des égards. En effet elle se traduit
par une succession d’événements
tous plus improbables les uns que les autres, de
cette conspiration à l’échelle
du continent dont on ne nous explique pas un seul
moment comment elle entend procéder, à
ce livreur qui joue pas moins de deux fois les sauveurs
providentiels (two is a crowd...). Belle facilité
! De plus le complot nous est présenté
comme clairement fascisant, alors que la pseuso
dentiste apparaît comme un agent de l’Est,
ce qui demeure tout de même difficilement
conciliable. De même la horde de fanatiques
se voit mise hors de combat par deux individus,
confiés à la garde d’une seule
personne... On se retrouve ainisi devant une conclusion
absurdement précipitée, comme trop
souvent durant cette saison.
L’épisode
ressort clairement constitué de passages,
certes parfois brillants, mais assemblés
sans guère de cohérence. L’on
peut redouter que le duo naissant d’auteurs
n’ait guère su se coordonner, chacun
écrivant ses propres scènes avec une
structuration passant en dernier. Cela se traduit
également par une multiplication exagérée
des adversaires, chacun construisant les siens.
Ceci peut sembler admissible face à un réseau
d’espions mais l’épisode souffre
tout de même de l’absence d’un
adversaire affirmé et correctement développé.
Toute la trame de l’épisode montre
bien que l’éparpillement a pris le
pas sur la profondeur et la cohérence d’écriture.
Un péché de jeunesse en quelque sorte
!
La
réalisation, quoiqu'efficace, ne parvient
pas à surmonter ce handicap originel, devant
se contenter d’aligner les scènes conçues
par l’imagination bouillonnante des auteurs,
en réussissant toutefois quelques moments
forts, comme la vente aux enchères ou la
séance cauchemardesque chez le dentiste.
Au moins Harding évite-t-il l’écueil
d’une mise en scène trop statique,
qui aurait été en totale contradiction
avec la nature chaotique du récit, évitant
ainsi le naufrage de l’épisode.
Les
décors apparaissent également efficaces,
l’atmosphère d’une petite boutique
de philatélie étant bien rendue, de
même que la salle des enchères. La
véritable surprise provient cependant de
la musique, celle-ci n’hésitant pas
à vagabonder au-delà des habituelles
mélodies agréablement jazzy de Dankworth
pour explorer le classique, voire même les
rythmes hispaniques avec un Steed s’improvisant
torero ! Le tout est très réussi,
ajoutant, cette fois avec bonheur, au caractère
de bric et de broc de l’épisode.
L’intérêt
principal de l’épisode provient essentiellement
de l’interprétation, tant Mauritius
Penny apparaît avant tout comme un épisode
d’acteurs dont le beau talent, dans son meilleur
emploi, parvient partiellement à suppléer
aux insuffisances de l’écriture et
aux limites de la mise en scène.
Richard
Vernon est ainsi tout à son affaire en aristocrate
dévoyé, conservant malgré tout
sa dignité. Il parvient à conférer
un authentique cachet à son personnage, même
si celui-ci ne s’affirme que trop tardivement
dans les multiples méandres de l’histoire.
Sylvia Langova donne une vraie force à son
personnage féminin très carré,
non exempt de clichés. Elle constitue un
négatif de Cathy Gale avec qui la confrontation
produit ainsi quelques étincelles ! Burke
est également étonnant de justesse.
Le meilleur de ces morceaux de bravoure est réalisé
par David Langton, dans un rôle lui convenant
à merveille. Il crée lui aussi un
personnage aux allures de Steed ténébreux,
mêlant les manières anglaises les plus
raffinées à une personnalité
très noire. Malheureusement, le trop grand
nombre d’adversaires l’empêche
encore une fois d’aller au bout de sa démarche,
par manque d’espace.
Ces
jolis numéros de talentueux comédiens
parviennent à sauver l’épisode
de la catastrophe, sans étouffer les personnages
principaux.
Ainsi
Steed montre un bel entrain à résoudre
cette affaire, réalisant une jolie prestation
en tant que philatéliste à lunettes.
Il est également très goûteux
de le voir se préoccuper pour sa précieuse
cave ! Steed se montre pétillant et dynamique,
mais son personnage conserve quelques stigmates
de cette période, comme le recours aux écoutes
téléphoniques, ou la perte de son
flegme face à Shelly. Macnee parvient comme
toujours à insuffler charme et fantaisie
à son personnage (joli passage de corrida
!), ce qui demeure finalement l’essentiel.
Cette
succession de talents se trouve confortée
par le superbe jeu d’Honor Blackman, dont
le personnage s’avère décidemment
un modèle d’efficacité, montrant
toujours plus d’aptitude au combat. La nouvelle
compétence de la semaine est bien entendu
la philatélie, venant se rajouter aux déjà
multiples talents de Cathy Gale. Malheureusement
celle-ci a temporairement rentré ses griffes,
sa relation avec Steed se développant de
manière plus malicieuse et complice que de
coutume. Ce n’est certes pas sans intérêt,
mais le caractère émoussé des
piques et crispations coutumières se fait
cruellement sentir. Encore une fois c’est
avec panache que le talent de l’actrice pallie
à ce manque de relief d’écriture
de cet épisode.
EN
BREF : Une intrigue s’affranchissant
de toute vraisemblance vient oblitérer l’intérêt
de cet épisode patchwork. D’excellents
acteurs, dans leur meilleur profil, en constituent
toutefois la planche de salut ! |
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Vidéo
Enchères
philatéliques !
Informations
complémentaires
Tournage
Continuité
o Lors de sa visite à la boutique de philatélie,
Steed s’arrête sur des timbres napoléoniens.
Goodchild lui indique alors un prix de 85 Livres
alors que l’étiquette en indique visiblement
100 ! (6’55’’) :

Détails
o
Décidemment Steed semble accorder une grande
importance aux parcmètres, il y veillait
déjà soigneusement dans La trahison
!
o
La salle de vente s’intitule Grosvenor auction
Ltd, ce qui la situe dans les plus beaux quartiers
de Londres. On trouve en effet dans le très
chic Mayfair (Cité de Westminster), le Grosvenor
Square, magnifique place, et l’Hôtel
Grosvenor, un des plus prestigieux hôtels
de luxe de la capitale anglaise. Grosvenor était
le nom de famille des Ducs de Westminster.
o Pour célébrer les 50 ans d’ITV,
lancée le 22 septembre 1955, la Poste anglaise
sortit en mai 2005 plusieurs timbres représentant
les programmes les plus populaires de la chaîne.
Bien entendu les Avengers sont du nombre,
avec ce timbre-ci :

o
Mauritus Penny : ce fameux timbre
existe bien. À la suite du lancement du timbre
poste en Angleterre (1840), il fut émis par
la autorités de l’Ile Maurice, colonie
de la Couronne, en 1847. Il fut émis en deux
versions : Red et Blue, de 500 unités chacune,
qui furent majoritairement utilisées pour
poster les invitations au bal de la fille du Gouverneur,
comme le veut la tradition… :

La raison de sa
rareté, et donc de sa valeur, provient d’une
erreur : la mention POST OFFICE aurait dû
légalement être POST PAID. Après
un retour temporaire au paiement en numéraire
de l’affranchissement, une nouvelle série
sera de nouveau émise en 1853, correctement
typographiée. Peckham établit d’ailleurs
cette distinction au tout début de l’épisode.
En 2006, seuls 26 exemplaires au monde étaient
référencés, ce qui en fait
un des timbres les plus chers au monde. Devenu une
des plus grandes célébrités
de l’Ile Maurice, la capitale Port Louis lui
a consacré un musée, le Blue Penny
Museum, où un exemplaire de chaque type est
exposé, achetés pour la modique somme
de 600.000 Euros. En 1993, la seule enveloppe au
monde affranchie par un Mauritius Penny de chaque
espèce, Blue et Red, dite « l’Enveloppe
de Bordeaux », a été vendue
aux enchères pour plus de 6 millions de Francs
suisses ! :

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| Acteurs
– Actrices
o
Alfred Burke (1918) est également
apparu dans les épisodes Dragonsfield
(saison1) et Maille à partir avec les
taties (saison 4). Venu du théâtre
amateur, il intègre la Royal Academy of Dramatic
Art en 1937, avant de mener une brillante carrière
sur les planches le conduisant jusqu’à
la Royal Shakespeare Company. Parallèlement
il se lance à la télévision
au milieu des années 60, où sa silhouette
et son aptitude à endosser brillamment des
rôles très différents lui valent
un grand succès (Z Cars, Le Saint, Destination
Danger…). Son rôle le plus connu
demeure celui de Frank Marker, le miteux détective
héros de Private Eye (1965-1975)
En 2002 ce comédien reconnu et respecté
apparaît encore dans Harry Potter et la
Chambre des Secrets, interprétant le
portrait d’Armando Dippet, le prédécesseur
de Dumbledore.
o David Langton (1912-1994) participe
également aux épisodes Le cinq
novembre (saison 3) et Un petit déjeuner
trop lourd (saison 5). Après une carrière
chaotique au théâtre, il finit par
connaître le succès dans les séries
anglaises des années 60 (The Troubleshooters,
Dr Who, Les Champions…) mais son principal
titre de gloire demeure le rôle de Richard
Bellamy dans Upstairs, Downstairs (1971-1975).
Il continue par la suite à alterner les apparitions
à l’écran et sur les planches.
À sa mort, on découvre qu’il
s’est rajeuni de 10 ans durant toute sa carrière
!
o Richard Vernon (1925-1997), s’est
spécialisé durant sa longue carrière
dans les rôles d’aristocrates anglais
très dignes. Il tourna beaucoup pour la télévision
(Yes, Prime Minister, The Duchess of Duke Stree,
Department S…) et au cinéma (A
hard day’s night, Allez France !), et
fut également très actif dans les
dramatiques radiodiffusées de la BBC. Il
participa à Goldfinger (1964) où
il interpréta le Colonel Smithers, représentant
de la Banque d’Angleterre confiant un lingot
d’or nazi à 007 pour appâter
Goldfinger. Il ne joua donc aucune scène
avec Honor Blackman !
o Sylva Langova (1920) a également
participé à l’épisode
Dragonsfield (saison 1) ainsi qu’à
quelques autres séries des années
60 et 70 (Maigret, Dial M for murder…).
o Anthony Blackshaw (1929) apparaît
dans trois autres épisodes des Avengers
: La trahison (saison 2), Esprit de
corps (saison 3) et Le document disparu
(saison 6). Il jouera dans de nombreuses autres
séries dont Le Saint, Le Baron ou
Détective. Il fera une très brève
apparition dans Opération Tonnerre
(1965) où il joue un des gardes de la base
britannique où les bombes sont volées.
À
noter que…
o Si on ajoute
au dentiste de cet épisode le docteur de
La boîte à trucs (saison 2),
le dentiste de L’heure perdue (saison
4), l’ophtalmologiste de Bons baisers
de Vénus (saison 5), le pédicure
de Meurtres distingués (saison 5)
ou le chirurgien de Double personnalité
(saison 6), on pourrait finir par croire que les
auteurs des Avengers conservent... une
dent contre les médecins !
o Nous reverrons la femme de ménage de Steed
dans Le dernier des cybernautes (Saison
7, TNA)
o Dans L’heure perdue (saison 4),
Hickey, le clochard fidèle à la RAF
et à ses poubelles, se montre très
véhément envers la philatélie
(22’42’’) : « I detest war,
violence or stamp collectors. Filthy habit, collecting
stamps. All that old saliva. More diseases get spred
that way ! »
o Le titre de l’épisode se lit pareillement
en Anglais et en Français, il en ira de même
pour Warlock, Inter-Crime, Concerto, Le joker,
Requiem, Bizarre, Obsession et enfin
Emily !
o Richmond Harding (1923) a réalisé
en tout sept épisodes, exclusivement au cours
cette saison 2. Mort en vol a dû
être son coup d’essai, car il de montrera
souvent plus inspiré ! (Mr Nounours,
Mauritius Penny, Un traître à Zebra,
L’argile immortelle, La naine blanche
et Six mains sur la table). Même
si sa mise en scène restera toujours de facture
classique, ces épisodes comptent souvent
parmi les meilleurs de la saison !
o Malcom Hulke (1924-1970) a participé
à l’écriture de neuf épisodes
: Mauritius Penny, Inter-Crime, La naine blanche
(saison 2), Concerto, Les fossoyeurs, Les sorciers,
Le cheval de Troie (saison 3), Les fossoyeurs
(saison 4) et Homicide et vieilles dentelles
(saison 6). Il a également contribué
à d’autres prestigieuses séries
: Pathfinders (en collaboration avec Eric
Paice), Gideon’s Way, Destination Danger…
Il a principalement collaboré à Dr
Who (13 épisodes, sept novélisations).
Auteur d’un livre référence,
Writing for television in The 70’s,
il fut également un ami personnel de Terrance
Dicks à qui il mit les pieds à l’étrier
avec l’écriture conjointe de Mauritius
Penny.
o Terrance Dicks (1935) est un
auteur important de la télévision
britannique. Il commence à écrire
pour le petit écran grâce à
son ami Malcom Hulke, qui le lança avec l’écriture
conjointe de Mauritius Penny. Ils écriront
en commun trois autres épisodes : Inter-Crime
(saison 2), Concerto (Saison 3) et Homicide
et vieilles dentelles (saison 6). Il collabore
à d’autres séries comme
Crossroads ou Cosmos 99 mais connaît
la consécration avec Dr Who, dont
il devient auteur et superviseur de l’écriture
des scénarii de 1969 à 1980. Depuis
1980, tout en continuant à participer ponctuellement
à la série, il produit de nombreuses
émissions enfantines pour la BBC, en poursuivant
conjointement une brillante carrière d’auteur
pour la jeunesse, débutée par la novélisation
de 64 épisodes du Dr Who !
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| Fiche
de Mauritius Penny des sites étrangers
:
En
anglais
http://theavengers.tv/forever/gale1-7.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/season2/207.html
http://deadline.theavengers.tv/GaleS1-07-MauritiusPenny.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/gale08.htm
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