
SAISON
2
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| INTER-CRIME
( INTERCRIME)

Tournage
: décembre 1962
Diffusion
: ITV, 5 janvier 1963 – 13ème Rue,
26 février 1998
Scénario
: Malcolm Hulke & Terrance Dicks
Réalisation
: Jonathan Alwyn
Kenneth J. Warren (Felder), Julia Arnall (Hilda
Stern), Angela Browne (Pamela Johnson), Patrick
Holt (Manning), Alan Browning (Moss), Jerome Willis
(Lobb), Paul Hansard (Kressler), Donald Webster
(Palmer), Rory MacDermot (Sewell), Bettine Milne
(Prison Officer Sharpe), Trustees (Charlott Selwyn,
Jean Gregory) . |
| Résumé
Une nouvelle organisation, Inter-crime, fédère
les criminels du monde entier et provoque une explosion
du nombre de cambriolages. Steed parvient à
retourner l'un des leurs, laissé pour mort
pour indiscipline. Il apprend ainsi la venue en
Angleterre d’Hilda Stern, tueuse professionnelle
envoyée par la branche d’Allemagne.
Cathy Gale se substitue à cette femme, après
l’arrestation de celle-ci, et réussit
à s’infiltrer dans l’organisation.
Malgré l’évasion de Stern, les
Avengers parviendront à triompher d'une Inter-crime
minée par des dissensions internes.
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Critiques
Estuaire44
1er novembre 2007
  
Après quelques épisodes très
statiques, Inter-Crime constitue une excellente
surprise : l’écriture s’y avère
beaucoup plus dynamique que de coutume, sans temps
morts ou digressions inutiles. On demeure particulièrement
sensible à la disparition des sempiternels
bavardages venant plomber nombre d’épisodes
de cette saison. Ici tout est action et rebondissement,
avec une véritable intensité dramatique
mise en place. Le spectateur entre tout de suite
dans l’histoire et se laisse avec plaisir
prendre au jeu de cet excellent polar, à
l’intrigue solide à défaut de
paraître totalement originale.
Le
tout se trouve de plus agrémenté d’une
saveur Sixties des plus réjouissantes.
En effet on retrouve une des grandes thématiques
de l’époque, avec une organisation
criminelle mondiale hyper structurée, faisant
écho au TRUSH des Agents Très
Spéciaux comme au SPECTRE de James
Bond ou bien encore au KAOS de Max la Menace.
L’intrigue ne réduit pas cet aspect
à un simple élément du décor
mais présente la grande habileté d’en
exploiter au mieux les diverses facettes : intrigues
intestines, cérémoniaux internes,
gouvernance mondialisée… Si la série
ne dispose pas du budget d’un James Bond,
l’inventivité de la narration rend
l’ensemble parfaitement crédible.
On
note également un certain nombre de naïvetés
(prison de haute sécurité tenant visiblement
portes ouvertes, organisation criminelle mondiale
incapable d’éditer un faux passeport
correct, Steed laissant sa source seule avec un
téléphone…) mais la force de
cet épisode consiste à leur donner
comme un goût de madeleine, nous replongeant
avec joie dans les standards de cette époque
sans empêcher l’ensemble de fonctionner.
Le couple de jeunes auteurs se laisse porter par
le même « enthousiasme » que dans
Mauritius Penny, sans que cette fois cela
ne s’avère réellement pénalisant.
Le métier commence à rentrer !
Si
l’image et le son demeurent aussi médiocres
que de coutume, la réalisation d’Alwyn
surprend agréablement par sa vivacité
et son sens du rythme. Il parvient à se jouer
de la faiblesse de moyens pour donner vie à
l’épisode, grâce à une
caméra mobile et alerte, ainsi qu’à
une utilisation judicieuse du décor. C’est
notamment le cas lors de la scène de bagarre
finale, très enlevée et structurée
à la fois, avec deux affrontements parallèles
menant au grand final dans le bureau central. Belle
chorégraphie ! On remarque également
que les combats sont remarquables d’intensité,
avec une fusillade plus convaincante qu’à
l’accoutumée. Les décors semblent
excellemment conçus avec une prison lugubre
à souhait et le stand de tir parfaitement
synchrone avec la couverture de PME d’Inter-Crime.
Dans
la grande tradition de ces organisations criminelles
imaginaires, les sous-fifres sont transparents tandis
que les chefs s’affirment hauts en couleur.
Felder
s’impose comme un adversaire redoutable, aussi
cruel que machiavélique. L’ambivalence
du personnage, entre chef d’entreprise et
criminel sans pitié, est parfaitement rendue.
Un des grands attraits de cette saison 2 consiste
à reconnaître d’excellents comédiens
que nous avons déjà admirés
durant les saisons ultérieures. Rarement
ce sentiment aura été aussi prégnant
que lors de nos retrouvailles avec le grand Kenneth
J. Warren. Si son personnage semble moins euphorisant
que le légendaire ZZ. Von Schnerk, l’interprète
montre les mêmes qualités de charisme
et de finesse de jeu, d’autant que Felder,
dans sa folle ambition, vit son ascension comme
un film dont il serait le metteur en scène
tout puissant.
L’excellente
surprise de cet épisode demeure néanmoins
la très belle Julia Arnall, qui étincelle
véritablement dans le rôle, pourtant
bien lesté de clichés, d’Hilda
Stern. Son accent germanique fait merveille, tandis
qu’elle sait montrer une cruauté d’exécutrice
des plus glaçantes. Durant tout l’épisode
sa confrontation avec Cathy Gale produit des étincelles,
d’autant que sa prestation lors de leur combat
impressionne réellement par sa férocité
!
Face
à ce sombre duo, celui de nos héros
s’avère parfaitement à la hauteur.
Si
Steed, une fois de plus après Le grand
penseur et avant Les œufs d’or,
demeure relativement en retrait, il n’en manifeste
pas moins une redoutable efficacité, couplée
à son sens de l’humour habituel. On
apprécie particulièrement son approche
de Pamela Johnson (convaincante Angela Browne) tant
il y montre un entrain mâtiné de cynisme
assez irrésistible. Son « Good
evenig, Miss Johnson, not dead yet ? »
provoque un véritable éclat de rire
! Patrick Macnee est particulièrement à
son aise dans ce Steed très proche de celui
que nous connaissons, arborant d’ailleurs
cette fois chapeau melon et parapluie. Il apparaît
également impressionnant dans sa bagarre
finale en se donnant visiblement à fond dans
un exercice qui, on peut bien le dire, ne constitue
pas son registre premier.
Mise
en avant dans cet épisode, Cathy Gale (dont
la compétence de la semaine est la maîtrise
de l’Allemand) gagne encore en humanité.
On la voit se montrer quelque peu rebutée
à l’idée de mettre sa vie en
jeu, elle n’est pas un robot, tant mieux !
Elle exprime également un véritable
désir de sauver la tête du pathétique
accusé, n’hésitant pas ensuite
à détruire sa couverture pour l’épargner.
Encore une fois l’épisode se montre
délicieusement anachronique, nous sommes
loin de Jack Bauer ! Les qualités de Mrs
Gale n’altérant en rien son efficacité,
on lui doit, ainsi qu’au jeu sensible d’Honor
Blackman, une bonne part de l’intensité
de l’épisode. Aussi habile en infiltration
qu’en combat, elle s’impose vraiment
comme une héroïne à part entière
!
EN
BREF : Cet épisode très
réussi a le mérite de nous rappeler,
dans cette saison parfois terne, que les "Avengers"
demeurent parfaitement solubles dans le genre policier,
pourvu qu’on y introduise de la vivacité
et un soupçon de fantaisie ! |
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Vidéo
Un
combat particulièrement impressionnant !
Informations
complémentaires
Tournage
Continuité
o Par une porte laissée entrouverte, on aperçoit
le passage dune caméra poussée par
son opérateur (42’42’’)
:

o
On revoit brièvement ce cameraman quand Hilda
Stern se précipite hors de la pièce
(45’47’’) :

o
Au moment d’appeler la police, Cathy Gale
semble hésiter : le combiné étant
décroché, elle doit allonger le bras
pour le reprendre (47’04’’).
Détails
o
L’appartement de Steed, toujours situé
au 5, Westminster Mews, s’orne de superbes
tableaux de nus féminins.
o Comme dans Mauritius Penny, Steed utilise
une paire de lunettes comme accessoire de déguisement.
o Steed évoque les bienfaits du marché
commun ; la Grande-Bretagne devra néanmoins
attendre 1972 pour l’intégrer, du fait
d’un veto résolu du Général
De Gaulle.
o Prison d’Holloway : Cette
prison existe réellement et se situe dans
le district londonien de Islington, juste au-dessus
de Westminster City. Ouverte en 1852 et devenue
exclusivement féminine en 1902, elle a accueilli
les pires criminelles du Royaume mais également
les Suffragettes les plus véhémentes
ainsi que les membres de l’IRA ou bien encore
les sympathisantes nazies durant la Guerre. C’est
là que se déroulaient les pendaisons
des condamnées à la peine capitale,
la dernière exécution ayant eu lieu
en 1955. Devenue vétuste, elle est reconstruite
à partir de 1970, perdant l’apparence
de forteresse médiévale qu’elle
présente dans l’épisode, pour
devenir un édifice moderne en briques. Précisons
que personne ne s’en est jamais évadé
! On fera croire à Cathy Gale qu’elle
y est enfermée pour meurtre dans l’épisode
La cage dorée (saison 3). Les personnages
du passionnant film Cube portant tous un
nom de pénitencier, on y trouve une Hélène
Holloway.
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| Acteurs
– Actrices
o
Kenneth J. Warren (1929-1973)
a joué dans trois autres épisodes
de la série : Le trapéziste
(saison1), Les petits miracles (saison
3) et Caméra meurtre (saison 5).
D’origine australienne, il mène une
double carrière, sur les planches et devant
la caméra. Il s’y spécialise
dans les rôles de criminels à la forte
présence. Venu tenter sa chance à
Londres à la fin des années 50, il
connaît très vite le succès
au cinéma (A high wind in Jamaica,
1965) et participe aux séries les plus prestigieuses
(Z Cars, Destination Danger, Amicalement Vôtre…).
o Angela Browne (1938-2001) a joué
dans Comment réussir un assassinat
(saison 4) et Le Prisonnier. C'est "la
fille en pyjama rose" (titre de l'épisode)
dans Destination Danger. Également
vue dans Le Saint, L'Homme à la Valise,
Paul Temple, Bergerac.
o Patrick Holt (1912-1993) est
également apparu dans l’épisode
Les fossoyeurs (saison 3). Comme Patrick
Macnee, il connaît un commencement de carrière
au théâtre brisé par la Guerre.
Il y joue un rôle actif dans les services
secrets, en immersion derrière les lignes
ennemies, achevant le conflit comme officier supérieur.
Durant les années 50, il joue régulièrement
les utilités dans des séries B, avant
de rejoindre la télévision (Le
Saint, Z Cars…).
o Jerome Willis (1928) a aussi
participé aux épisodes Comment
réussir un assassinat (saison 4) et
Du bois vermoulu (saison 6). Il a connu
une très belle carrière, avec plus
de 100 rôles référencés,
au théâtre comme à l’écran.
Il participe à de nombreuses séries
(Yes Minister, Z Cars…) mais reste
surtout dans les mémoires pour son rôle
récurrent dans Doctor Who, en tant
que Stevens le Pollueur. Encore actif aujourd’hui,
il intègre la Royal Shakespeare Company en
2002 (Pericles) et participe en 2006 au
très beau film Le Parfum.
o Julia Arnall (1930) : Née
à Vienne et ayant effectivement passé
son enfance à Berlin, elle gagne la Grande-Bretagne
après avoir épousé, en 1950,
un officier du contingent d’occupation. Elle
connaît une vraie popularité durant
les années 50 en tant que mannequin et actrice
de cinéma (Lost, 1955), puis réalisera
quelques apparitions au petit écran durant
la décennie suivante (Destination Danger,
Le Saint, Dixon of Dock Green…). Sa carrière
d’actrice ne se poursuivra cependant pas au-delà
des années 60, dont elle demeure une petite
icône du glamour, aux antipodes de
la glaciale Hilda Stern.

À
noter que…
o On retrouvera
les clichés germanophobes avec le Dr. Sturm
de Dans sept jours le déluge (saison
4).
o Inter-Crime réapparaîtra dans l’épisode
Homicide et vieilles dentelles (saison
6) tandis qu’une nouvelle référence
au crime mondial organisé a lieu dans
Le piège (saison 8, TNA).
o Malcom Hulke (1924-1970) a participé
à l’écriture de neuf épisodes
: Mauritius Penny, Inter-Crime, La naine blanche
(saison 2), Concerto, Les fossoyeurs, Les sorciers,
Le cheval de Troie (saison 3), Les fossoyeurs
(saison 4) et Homicide et vieilles dentelles
(saison 6). Il a également contribué
à d’autres prestigieuses séries
: Pathfinders (en collaboration avec Eric
Paice), Gideon’s Way, Destination Danger…
Il a principalement collaboré à Dr
Who (13 épisodes, sept novélisations).
Auteur d’un livre référence,
Writing for television in The 70’s,
il fut également un ami personnel de Terrance
Dicks à qui il mit les pieds à l’étrier
avec l’écriture conjointe de Mauritius
Penny.
o Terrance Dicks (1935) est un
auteur important de la télévision
britannique. Il commence à écrire
pour le petit écran grâce à
son ami Malcom Hulke, qui le lança avec l’écriture
conjointe de Mauritius Penny. Ils écriront
en commun trois autres épisodes : Inter-Crime
(saison 2), Concerto (Saison 3) et Homicide
et vieilles dentelles (saison 6). Il collabore
à d’autres séries comme
Crossroads ou Cosmos 99 mais connaît
la consécration avec Dr Who, dont
il devient auteur et superviseur de l’écriture
des scénarii de 1969 à 1980. Depuis
1980, tout en continuant à participer ponctuellement
à la série, il produit de nombreuses
émissions enfantines pour la BBC, en poursuivant
conjointement une brillante carrière d’auteur
pour la jeunesse, débutée par la novélisation
de 64 épisodes du Dr Who !
o Jonathan Alwyn (1940) a dirigé
sept épisodes : Missive de mort, Combustible
23, Festin de pierres, Inter-Crime, L’école
des traîtres (saison 2), Le marchand
de secret, Le retour du traître (Saison
3). Sa carrière de réalisateur (Armchair
Theatre, The rivals of Sherlock Holmes…) et
de producteur (Maigret, The rivals of Sherlock Holmes…)
s’est prolongée jusque dans les années
90.
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| Fiche
d'Inter-crime des sites étrangers :
En
anglais
http://theavengers.tv/forever/gale1-15.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/season2/215.html
http://deadline.theavengers.tv/GaleS1-15-Intercrime.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/gale16.htm
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