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LA
TRAPÉZISTE
( GIRL ON THE TRAPEZE )

Tournage
: février 1961
Diffusion
: ITV, 11 février 1961
Scénario
: Dennis Spooner
Réalisation
: Don Leaver
Ingrid Hafner (Carol Wilson), Kenneth J. Warren
(Zibbo), Delena Kidd (Vera), Howard Goorney (Supt.
Lewis), Edwin Richfield (Stefan), Mia Karam (Anna
Danilov), Ivor Salter (Police Sergeant), David Grey
(Dr. Sterret), Dorothy Blythe (Box Office Clerk),
Ian Gardiner (Policeman), Andy Alston (Turek). |
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Résumé
Une jeune femme se jette dans la Tamise depuis un
des ponts de Londres. Présent sur les lieux
le docteur Keel tente de la ranimer, mais elle décède
en prononçant un nom mystérieux :
« Danilov ». Alors que Keel et le Superintendant
Lewis mènent l’enquête, les énigmes
s’accumulent : la jeune femme a été
en fait victime d’une injection mortelle et
un témoin du « suicide », ayant
donné une fausse adresse, demeure introuvable.
Keel, aidé par Carol, identifie la jeune
femme, entrevue dans un magazine : elle travaillait
dans un cirque dont la dernière représentation
est donnée le soir même ! Ils vont
y assister et découvrent dans les coulisses
que ce cirque, originaire du bloc adverse, sert
en fait de paravent à des agents secrets
tentant d’empêcher que le Professeur
Danilov, scientifique réputé, et sa
fille ne passent à l’Ouest. La victime,
dont l’assassinat a été maquillé
en suicide, est en fait une des leurs désirant
les trahir, la fille de Danilov devant prendre sa
place au moment de quitter le pays. Le groupe capture
Keel mais, aidé par la courageuse Carol et
la police qu’il a pu prévenir, celui-ci
parvient à mettre le gang hors d’état
de nuire et à libérer la fille de
Danilov.
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Critiques
Estuaire44
3 octobre 2008
   
Étrange
exercice que de commenter cet épisode ! En
effet, c'est bien la première fois qu'une
histoire se déroule sans John Steed, la place
de héros se voyant de plus occupée
par un Dr Keel que l'on connaît très
peu. Fort heureusement on retrouve rapidement nos
repères car c'est bien un authentique duo
d'Avengers qui tient le devant de la scène.
En
effet, le Dr Keel montre beaucoup d'allant et une
vive énergie lui assurant rapidement la conquête
du spectateur. Par la vie qu'il insuffle à
l'épisode, il parvient à accomplir
l'exploit de gommer, au moins partiellement, l'absence
de Steed. On apprécie également de
le voir manifester un certain humour durant toute
l'histoire, bien loin de la pesanteur qui marquera
les prestations futures de son fugace remplaçant,
le Dr King. Ian Hendry, excellent et tonique, s'impose
avec force et on comprend mieux qu'il ait pu occuper
la première place durant toute une saison,
surtout face à un Steed n'ayant pas encore
vécu l'évolution faisant de lui l'irrésistible
gentleman que nous connaissons.
À
chaque épisode de cette première saison
sa bonne surprise : si le Docteur Keel confirme
tout le bien que nous pensions de lui lors de
Neige brûlante, la révélation
de La trapéziste demeure sans conteste
Miss Carol Wilson. Celle-ci se révèle
comme une digne annonciatrice des futures grandes
figures féminines de la série. Sa
douceur dissimule en effet une véritable
audace. Si elle ne possède pas les qualités
martiales des associées de Steed, elle participe
pleinement aux scènes d'action, voire d'affrontement,
comme lors de la bagarre finale. Elle apparaît
bien comme une partenaire à part entière
de Keel (et au moins aussi astucieuse), et surtout
pas comme une simple potiche. Même affligée
de la coupe de cheveux la moins glamour
de la série, Ingrid Afner donne un charme
certain et une vraie présence à son
personnage. Le revers de la médaille consiste
bien sûr en un regret supplémentaire
devant ces épisode perdus...
La série conserve bien entendu de réelles
marges de progression car le rapport hiérarchique
entre le docteur et son assistante s'affiche encore
de manière bien plus prononcée qu'entre
Steed et ses associées ; mais, dès
son commencement, la série tranche par cette
originalité qui fait de la femme un vrai
partenaire du héros masculin. Un autre élément
captivant demeure la nature exacte de la relation
unissant Keel et Carol. Leur éclatante complicité,
leur départ enlacés, la participation
si naturelle de Carol aux dangereuses aventures
du docteur laissent planer une énigme sur
les éléments non explicités
de leur duo, tout comme cela sera plus tard le cas,
d'une manière encore plus avérée,
entre Steed et Mrs Peel. Cette correspondance apporte
un sel tout particulier à l'épisode
!
Si
elle se cantonne encore au strict domaine de l'espionnage,
l'intrigue de La trapéziste porte
bien la griffe de Dennis Spooner. Elle développe
ainsi une énigme bienvenue (ce sera loin
d'être toujours le cas durant la saison 2),
avant de rebondir par une excursion originale dans
ce monde toujours auréolé de magie
que demeure le Cirque. L'histoire se développe
avec une réelle fluidité, un sens
affirmé du rebondissement et un suspense
maintenu jusqu'à la toute fin. Seule la scène
d'introduction paraît assez faible et conventionnelle,
un inconvénient somme toute secondaire. Le
spectateur se laisse bien volontiers entraîner
dans cette histoire réellement prenante,
la personnalité du clown apportant même
un soupçon de cette fantaisie qui fera ultérieurement
les riches heures de la série. On comprend
bien volontiers que Spooner lui envoie comme un
lointain écho dans Clowneries !
S'il
n'apporte pas la vive imagination dont un Peter
Hammond aurait certainement magnifié cette
vision de l'univers du cirque, Don Leaver traite
tout de même fort honorablement la mise en
scène. Faisant bonne chère avec peu
d'argent il parvient à surmonter efficacement
les contraintes de production et la faiblesse de
moyens de l'époque pour donner un spectacle
des plus convenables. C'est ainsi que les vues nocturnes
en extérieur sur la Tamise s'avèrent
bien plus intéressantes que la majorité
de celles présentées durant l'ère
Cathy Gale. On apprécie également
la présence d'animaux vivants pour donner
de la vie au décor, même si on reste
encore loin de La loi du silence ou de
L'éléphant blanc. Si , contrairement
encore une fois à La loi du silence,
Don Leaver doit se contenter d'inserts, ceux ci
se révèlent fort plaisants à
regarder, et se glissent efficacement dans l'action.
Leaver parvient également à donner
de la vivacité à son jeu de caméra,
d'une manière bien plus efficace que lors
des épisodes souvent si statiques de la saison
deux. La qualité de l'image et du son demeure
correcte, sans doute grâce au travail de restauration.
À
propos de décor, on remarquera aussi que
les fameuses scènes d'appartement existent
déjà entre Keel et Carol, alors qu'elles
disparaîtront durant la saison deux, pour
revenir progressivement durant la trois. La tradition
du salon orné par un superbe tableau, solidement
installée chez Steed, existe déjà,
puisque l'on retrouve le magnifique tableau de Rembrandt
déjà remarqué lors de Neige
brûlante ! Nous avons également
doit à la traditionnelle scène de
thé... La nature avengeresque de
l'épisode transparaît décidément
tout du long, en dépit de l'absence de John
Steed !
Cet
élément achève de se confirmer
grâce aux seconds rôles, marqués
par deux fortes personnalités de la série
: Kenneth J. Warren et Edwin Richfield. Avec son
talent coutumier chacun apporte un véritable
cachet à son personnage tout en ajoutant
encore au plaisir de la découverte de cet
épisode. Retrouver les grands interprètes
des saisons Emma Peel et Tara King représente
un des grands plaisirs de la période Cathy
Gale, il en va bien naturellement de même
pour le docteur Keel ! La personnalité du
Supt. Lewis constitue l'ultime bonne surprise de
cet épisode : s'il paraît lesté
par les poncifs de ce type de personnage, l'excellent
Howard Goorney ne lui confère par moins humour
et panache. Il n'est pas interdit d'y voir comme
un passage de témoin entre Police Surgeon
et les Avengers !
EN
BREF : Excellente surprise, cet
épisode se montre passionnant et ne se limite
pas à un précieux témoignage
sur l'évolution historique de la série.
Le Dr Keel et Carol se révèlent un
couple déjà très Avengers et
nous font presque oublier l'absence de Steed !
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Vidéo
Un
show inoubliable !
Informations
complémentaires
Tournage
Continuité
o
À la morgue, on voit distinctement respirer
le « cadavre » de Katrina, sa couverture
se soulevant régulièrement ! (6’14’’).
o Le bruit de la chaise que Keel brise sur la tête
de l’homme Fort (47’42’’)
sonne faux. Il apparaît ainsi évident
qu’il s’agit d’un accessoire !
Détails
o
Sur le programme du cirque, le numéro de
trapèze est ainsi présenté
: Vera, whose death-defying dire of ninety feet
will astound you !

o
Le trapèze volant, discipline donnant son
titre à l'épisode, fut inventé
en 1859 par le français Jules Léotard,
surnommé l'audacieux jeune homme au trapèze
volant. Celui-ci créa également
la tenue collant généralement associée
à la discipline et laissant une totale liberté
au corps. Au cours du XXe siècle le Trapèze
devint une figure incontournable du cirque, ses
règles étant fixées par le
Mexicain Alfredo Codona en 1920. À coté
des traditionnelles figures imposées mettant
en œuvre un lanceur et un récupérateur,
de nouvelles tendances se développent actuellement,
dont la suppression des barres ou le développement
de sauts de plus en plus longs.

o
Ponts de Londres : Vera semble
se jeter dans la Tamise depuis un des nombreux ponts
de Londres, non identifié dans l'épisode.
La capitale anglaise, bâtie autour du grand
fleuve, s'enorgueillit de quatorze ponts souvent
chargés d'histoire. Le London Bridge,
premier historiquement, remonte à l'antiquité
romaine, mais fut bâti en pierre, et non plus
en bois, en 1750. Les têtes des condamnés
à mort y étaient jadis exposées...
trop étroit, il fut vendu en 1969 à
la ville de Lake Havasu (Arizona), et remplacé
par la structure métallique actuelle. Le
Tower Bridge (1894), proche de la Tour de Londres,
était en son temps le plus grand et complexe
pont basculant au monde. Il demeure un des sites
les plus célèbres de la capitale britannique.
Le Millennium Bridge (2000) reste le pont
le plus récent construit à Londres.
Ce superbe pont suspendu métallique traverse
le fleuve à hauteur de la City. Les problèmes
de résonance le rendirent longtemps vibrant,
à la grande joie des Londoniens qui l'affublèrent
du surnom de Wobbly Bridge (pont bancal).
Un complexe système de contrepoids résolut
le problème en 2002. Le Westminster Bridge
(1862) traverse la tamise à hauteur du Parlement.
Sa teinte verte évoque les sièges
de la Chambre des communes, tandis que le Lambeth
Bridge (à l'autre extrémité
du Palais) est lui en rouge en référence
à la Chambre des Lords !
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Acteurs
– Actrices
o Ingrid Hafner
(1936-1994) incarna Carol Wilson, la secrétaire
et réceptionniste du Dr Keel, durant 19 épisodes
de cette première saison. Tout comme Ian
Hendry, elle est une transfuge de Police Surgeon.
Ces deux acteurs font de nouveau équipe,
car ils y incarnaient le Dr Geoffrey Brent et son
infirmière Amanda Gibbs, héros récurrents
de cette série policière. Ingrid Hafner
fut également une comédienne très
réputée au théâtre, où
elle apparut régulièrement au West
End ainsi qu’au prestigieux Old Vic de Bristol.
Elle y interpréta les grands rôles
du répertoire shakespearien, mais composa
également une Roxanne remarquée dans
Cyrano de Bergerac. Elle participa également
à de nombreuses autres séries (Public
Eye, Crown Court, Les Rivaux de Sherlock Holmes…).
Elle décède en 1994 des suites d’une
maladie nerveuse dégénérative.
o Edwin Richfield (1921-1990)
a joué dans cinq autres épisodes de
la série : Tueurs à gage
de la saison 2, L’éléphant
blanc de la saison 3, Faites de beaux rêves
de la saison 4, La chasse au trésor
de la saison 5 et Miroirs de la saison
6. Il a également joué à la
télévision dans Ivanhoé
et Destination Danger.
o Kenneth J. Warren (1929-1973)
a joué dans trois autres épisodes
de la série : L’éléphant
blanc, Les petits miracles (saison 3) et Caméra
meurtre (saison 5). D’origine australienne,
il mène une double carrière, sur les
planches et devant la caméra. Il s’y
spécialise dans les rôles de criminels
à la forte présence. Venu tenter sa
chance à Londres à la fin des années
50, il connaît très vite le succès
au cinéma (A high wind in Jamaica,
1965) et participe aux séries les plus prestigieuses
(Z Cars, Destination Danger, Amicalement Vôtre…).
À
noter que…
o Non créditée
au générique (elle ne prononce qu’un
seul mot : Danilov), l’actrice jouant
la victime Katrina Sandor n’est autre que
la très jeune Patricia Haines. Elle joue
ici un de ses tout premiers rôles à
la télévision et apparaîtra
par la suite dans Le cocon (saison 3),
Les aigles (saison 4) et Qui suis-je ?,
(saison 5), devenant l’une des principales
interprètes féminines de la série
!
 
o
Ian Hendry, qui débuta au cirque, suggéra
aux producteurs de faire appel à ce monde
très particulier.
o Le titre de travail de cet épisode fut
The Man On The Trapeze.
o Retrouvé en avril 2001, en Californie,
cet épisode a été proposé
en bonus pour les abonnés de la seconde édition
kiosque des DVD de la série, mais il ne figure
pas dans la version coffrets.
o Fait exceptionnel, cet épisode se déroule
sans John Steed ! Ceci se reproduira uniquement
dans l’épisode The far-distand
dead, cette même saison.
o On retrouvera le monde du cirque dans La loi
du silence (saison 2) et Clowneries
(saison 6), également de Dennis Spooner.
o Dennis Spooner (1932-1986) compte
parmi les auteurs majeurs des séries télévisées
britanniques, et parmi les plus prolifiques. Il
tint une place centrale dans la création
de nombreuses séries incontournables (Doctor
Who, Cosmos 1999, le Baron, L’Homme à
la Valise, Department S, Jason King, Randall and
Hopkirk (Deceased)…). Il est ainsi le
père des fameux Daleks, les pires ennemis
du Docteur, qui passionnent encore aujourd’hui
outre-Manche ! Proche de Brian Clemens, il fut l’auteur
de trois épisodes des Avengers : Please
don’t feed The animals, La trapéziste
(saison 1) puis Clowneries (saison 6).
Puis il s’investit pleinement dans les New
Avengers, dont il écrivit pas moins
de neuf épisodes.
o Don Leaver mettra en scène
20 épisodes des Avengers, majoritairement
dans les saisons 1 et 2. Ses réalisations
se révéleront souvent atones et assez
plates, à la considérable exception
du fameux L’héritage diabolique
(saison 4).
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Fiche
de La trapéziste des sites étrangers
:
En
anglais
http://theavengers.tv/forever/keel-6.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/keel/106.html
http://deadline.theavengers.tv/keel-006-Trapeze.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/keel07.htm
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