
Introduction
Chapeau
Melon et Bottes de Cuir est une des séries
les plus populaires de l'histoire de la télévision,
vendue dans plus de cent vingt pays. Diffusé
pour la première fois en 1961 en Grande-Bretagne,
The Avengers (titre original, littéralement
« Les Vengeurs ») était
initialement une série basée sur
l'espionnage avant de venir en France en 1967.
Entre-temps, elle était devenue un subtil
mélange d'aventures,
de fantastique et de fantaisie agrémenté
d'un humour omniprésent, évoluant
dans un univers unique et intemporel. L'agent
au chapeau melon – John Steed, personnage
central – aura d'abord un partenaire masculin,
le docteur Keel, puis plusieurs « bottes
de cuir » : Cathy Gale, Emma
Peel et Tara King.
L'origine du concept
The
Avengers débuta en 1960 lorsque
Sydney Newman, responsable des fictions de la
chaîne ABC, eut l'idée de
transformer une série inconnue en France,
Police Surgeon (littéralement
« Médecin de la police »),
qui n' avait plus d'attrait malgré la
popularité de l'acteur principal, Ian
Hendry.

Cette série ne convenait plus et ABC
(Associated British Corporation) désirait
s'orienter vers un thriller, un mélange
d'espionnage et d'humour.
Leonard White, le producteur de Police Surgeon,
s'associa à Newman pour repenser une
nouvelle série autour de Ian Hendry.
Ce dernier devint le docteur Keel et il fut
affublé d'un mystérieux espion,
John Steed. En effet, Ian Hendry, habitué
à une série d'une demi-heure,
ne se voyait pas tenir à lui seul une
heure.

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Les
premiers pas de la série

Pour incarner John Steed, Leonard White pensa
à Patrick Macnee qu'il avait connu au
Canada. Il lui suggéra en septembre 1960
de voir Sydney Newman pour un rôle dans
une nouvelle série. Patrick Macnee, devenu
producteur, gagnait bien sa vie et refusa tout
d'abord l'offre avant de se laisser convaincre,
sa demande de salaire ayant été
acceptée. The Avengers était
né.
Sydney
Newman trouva le titre de la série (littéralement
en français « Les Vengeurs »)
qui fait référence au premier
épisode, Hot Snow – Neige Brûlante
diffusé le 7 janvier 1961 et complètement
méconnu en France. La fiancée
du docteur est assassinée par des trafiquants
et Keel, avec l'aide de Steed, décide
de la venger.

La série grimpe en popularité
et petit à petit, John Steed, au début
faire-valoir du docteur Keel (dans certains
épisodes, Steed n'apparaît même
pas), devint le personnage central. Cela ne
fut pas simple car Patrick Macnee dut transformer
John Steed, pas au goût de la production,
et s'affubla ainsi d'un chapeau melon et d'un
parapluie pour parfaire son personnage. On peut
déjà cerner les prémices
qui feront la renommée des Avengers,
la série qui a su si bien dépeindre
une Angleterre "foldingue" dans les
années soixante.
Malgré
le succès de la première saison,
la série fut stoppée pratiquement
une année par une grève des acteurs,
après le tournage de vingt-six épisodes
sur les trente-neuf prévus. Ian Hendry
décida alors d'arrêter le tournage
et de poursuivre une carrière cinématographique.
Les
épisodes de cette première saison
sont enregistrés dans les conditions
du direct et même, pour certains, diffusés
en direct après deux semaines de répétition.
Deux épisodes-un tiers subsistent de
cette saison : Passage à tabac,
La trapéziste et la première
bobine de Neige brûlante.
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L'arrivée
d'Honor Blackman
Un léger
flottement suivit le départ de Ian Hendry.
Jon Rollason dans le rôle du docteur King
remplaça le docteur Keel pour trois épisodes
déjà écrits, mais Sydney
Newman provoqua un tournant dans l'histoire
de la télévision en décidant
d'engager une femme pour être la partenaire
de John Steed. Nyree Dawn Porter fut pressentie
pour le rôle mais indisponible ; Honor
Blackman devint alors la partenaire de Patrick
Macnee.
Cathy
Gale, la première « avengers
girl », devait incarner la femme
libérée, combattante, sûre
de soi, bien en avance sur son époque.
Honor Blackman fut engagée en l' absence
de Newman qui ne la trouvait pas à son
goût. Il considérait que le répertoire
de l'actrice ne correspondait pas au personnage.
Ainsi, Honor Blackman a dû abandonner
sa bonhomie du premier épisode (Death
Dispatch/Missive de mort) pour adopter
un ton plus sévère dans le deuxième
(Warlock/Le Sorcier) pour satisfaire
la production.

Comme
l'introduction du parapluie et du chapeau melon
pour Steed, l'arrivée du cuir est dûe
au simple hasard. Après des tentatives
infructueuses pour dissimuler des armes (revolver,
couteau), il fut décidé que Cathy
Gale se servirait de ses mains nues pour se
débarrasser de ses ennemis. Honor Blackman
prit des cours de judo, mais ses tenues n' étaient
pas adaptées à la situation et
se déchiraient très souvent. Une
collection de vêtements en cuir fut donc
créée (vert foncé et non
pas noir comme les images le laissent
penser)
et une nouvelle mode était née.
La série prend alors véritablement
son essor et le public se passionne pour les
relations Steed-Gale et ses sous-entendus à
connotation sexuelle. Cathy Gale fait l'unanimité
et les personnages du docteur King et de Vénus
Smith (interprétée par Julie Stevens
pour six épisodes) sont définitivement
abandonnés. Les scénarios sont
de bonne facture, les Avengers doivent déjà
combattre des criminels excentriques et les
réalisateurs ont recours à des
artifices pour palier le manque de budget et
l' absence quasi-totale de scènes en
extérieur.
À
l'orée de la troisième saison,
les producteurs ont envisagé de laisser
partir une des deux vedettes devant leur demande
financière. Fort heureusement, le budget
pour la série fut augmenté mais
elle est encore tournée en vidéo
et en noir et blanc. Certains changements apparaissent.
Les personnages principaux ont des garde-robes
plus conséquentes et les Avengers ont
des domiciles permanents (5 Westminster Mews
pour John Steed). Les scénarios mettent
davantage l'accent sur l'humour et le fantastique
et, petit à petit, The Avengers
se façonne pour devenir bientôt
la série qui est restée gravée
dans nos mémoires. Brian Clemens,
auteur
des meilleurs épisodes de cette saison,
commence à laisser son empreinte sur
la série.
The
Avengers est devenu un programme très
prisé de l'autre côté de
la Manche, mais Honor Blackman aspire à
une carrière cinématographique
et laisse tomber l'agent au chapeau melon pour
007 dans Goldfinger. Dans l'épilogue
du dernier épisode de cette troisième
saison, Steed téléphone à
sa prochaine partenaire, mais les téléspectateurs
demeureront dans le mystère pratiquement
une année entière. Les saisons
Cathy Gale resteront longtemps inconnues pour
les téléspectateurs français,
les saisons deux et trois n'ayant jamais été
diffusées sur une
chaîne hertzienne. L'arrivée des
vidéos et des chaînes câblées
fera découvrir la « préhistoire »
de la série aux fans français.
Ils peuvent être désorientés
par la qualité médiocre de l'image
et du son (en version originale, car ces saisons
n'ont jamais été doublées
en français) ou l'attitude de Steed qui
abandonne parfois le melon et fait preuve d'
un cynisme redoutable, mais ces saisons constituent
une excellente introduction à l'âge
d'or de la série.
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L'ère
Emma Peel

Après
le départ d'Honor Blackman, ABC engage
le producteur de cinéma Julian Wintle
qui recrute Albert Fennell et Brian Clemens
pour poursuivre la série sur film 35
millimètres, toujours en noir et blanc.
Le personnage de Cathy Gale doit être
remplacé par une femme, également
émancipée. Le nom d'Emma Peel
(dérivé de "man appeal")
est créé et Elizabeth Shepherd
est engagée pour le rôle. Après
le tournage de Voyage sans retour et
d'une partie de Cœur à cœur,
les producteurs se rendent compte qu'elle ne
fait pas l'affaire et elle est remerciée.
Diana
Rigg, 26 ans à l' époque, postule
« pour rire » et obtient
le rôle qui deviendra mythique. Le passage
de la vidéo au film permet aux producteurs
de présenter la série sous un
autre angle (et aussi de la vendre plus facilement
à l'étranger) et d'abandonner
progressivement le studio au profit de scènes
d'extérieur dans la campagne verdoyante
britannique. Brian Clemens établit des
règles qui doivent placer la série
dans un univers intemporel. Ainsi, les scenarii
auront rarement recours à la présence
de policiers, de femmes assassinées,
de sang, d'acteurs de couleur ou de figurants
dans les rues. Les épisodes font dorénavant
la part belle à la science fiction, au
fantastique plutôt qu' aux simples histoires
d' espionnage. C'est l'âge d' or
de la série et les scénaristes
s'en donnent à cœur joie. Les savants
fous et les divers excentriques sont des prétextes
pour parodier la société britannique
à l'extrême.

Le couturier John Bates doit créer une
ligne de vêtements modernes et intemporels
pour Diana Rigg, qui sera commercialisée.
Steed ne porte pas (ou rarement) d'armes à
feu et sa tenue, melon et parapluie en toutes
circonstances, souligne le côté
irréaliste de la série. Mrs Peel
revêt sa tenue cuir, très difficile
à supporter pendant le tournage, pour
des combats bien agencés par le cascadeur
Ray Austin. Laurie Johnson compose une musique
plus rythmée et adaptée aux exploits
des Avengers. Cette quatrième
saison, considérée par beaucoup
de fans comme la meilleure, permet aux Avengers
d'être reconnu sur le plan international.
Les Américains s' intéressent
à la série mais le noir et blanc
les rebute. Ils
acceptent
le marché des producteurs et achètent
la saison contre une promesse au passage à
la couleur pour la suivante. C'est la fin de
la spécificité britannique !
La série arrive sur les écrans
français, avec un titre basé sur
le générique, le 4 avril 1967
avec l'épisode Meurtre par téléphone.
L'existence des trois premières saisons
restera longtemps ignorée en France et
un titre calqué sur l' anglais n'aurait
pas eu de sens. Les Allemands, contrairement
aux Espagnols, suivront l'exemple français.
Treize épisodes de la saison seulement
seront diffusés cette année-là
et il faudra attendre 1973 pour voir deux classiques
: Faites de beaux rêves et Les
cybernautes. Les fans français découvriront
les sept épisodes encore inédits
en 1991, en version originale sous-titrée,
dans l'émission Continentales.
Ils ne seront doublés qu'en 1993 pour
la sortie vidéo.
Les
Américains ont droit à une petite
introduction spéciale (appelée
« introduction de l'échiquier »)
d' une trentaine de secondes pour les initier
à la série, introduction qui restera
inédite (sauf en bonus DVD) même
pour les Britanniques. La série débarque
aux États-Unis le 28 mars 1966 avec l'épisode
Les cybernautes, mais ABC (American
Broadcasting Corporation, à ne pas confondre
avec son homonyme anglais) impose certaines
vues pour la saison couleur, formatant la série
à l'audience américaine. Ainsi,
le judo des saisons Cathy Gale et le karaté
de la saison Emma Peel noir et blanc sont remplacés
par le kung-fu jugé moins violent, les
dialogues s'américanisent et la tenue
cuir est remplacée par les « Emmapeelers »
dont certains, considérés trop
sexy, sont retirés en cours de saison.
Les fameuses introductions "Mrs Peel,
we're needed" [Mme
Peel,
on a besoin de nous] seront supprimées
dans la seconde partie de cette saison pour
permettre à la chaîne américaine
d'intercaler des pages de publicité !
Diana Rigg hésite à tourner cette
saison devant les conditions de tournage exténuantes.
Elle accepte d'y participer à certaines
conditions (hausse de salaire et aménagement
d'emploi du temps pour pouvoir jouer au théâtre).
Les Américains traînent les pieds
pour financer la série qui sert tout
d'abord de programme d'été de
remplacement (!) mais, sans l'apport de dollars,
The Avengers peut s'arrêter à
tout moment. Le tournage sera d'ailleurs interrompu
durant cette cinquième saison qui fait
la part belle au fantastique et aux parodies
de séries concurrentes. Brian Clemens
et Philip Levene ont une part prépondérante
dans l'écriture et le style de cette
saison qui reste la plus connue des téléspectateurs.
Les ennemis des Avengers sont plus diaboliques
que jamais et immortalisent la série.
Malgré les conditions dantesques de production,
The Avengers devient incontournable
et est vendu dans plus de cent vingt pays. Diana
Rigg est nommée aux Emmy Award (récompense
télévisuelle) mais elle a décidé
de tourner définitivement le dos à
Chapeau Melon et Bottes de Cuir pour
devenir, à l'instar d'Honor Blackman,
une James Bond girl.

Comme la précédente, la saison
couleur Emma Peel sera diffusée en tranches
en France. Quinze épisodes en 1968, puis
trois dans les années soixante-dix et
les six derniers dans les années quatre-vingts.
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La période
Tara King

ABC
profite de l'occasion pour remercier les producteurs,
Albert Fennell, Brian Clemens et Julian Wintle,
les têtes pensantes de la série.
John Bryce, déjà présent
pendant les saisons vidéo Cathy Gale,
est engagé afin de donner à la
série un visage plus réaliste
en abandonnant la fantaisie. Devant le chaos
ambiant, Patrick Macnee s'interroge sur la suite
à donner. Néanmoins, après
trois épisodes catastrophiques et un
retard impressionnant de la production, ABC
rappelle Clemens et Fennell aux commandes. Entre-temps,
Linda Thorson dans le rôle de Tara King
alias l'agent 69, a été engagée
pour remplacer Diana Rigg, ce qui n'est pas
du tout au goût des anciens nouveaux producteurs.
L'actrice
canadienne
– recommandée par John Huston,
mais également petite amie de John Bryce
– n'a pas d'expérience avec ses
vingt ans et a dû suivre un régime
avant d'attaquer le tournage ! De plus,
désirant la différencier de sa
devancière, Bryce a voulu la teindre
en blonde, ce qui lui fit perdre ses cheveux
et l'obligea à tourner les premiers épisodes
avec une perruque !
Pressé par le temps, Brian Clemens ne
peut pas refaire les épisodes déjà
tournés sous John Bryce, mais doit les
repenser. Il écrit Ne m'oubliez pas,
qui sert de transition entre Mrs Peel et Tara
King, en un week-end. Diana Rigg reviendra donc
pour cet épisode, connu surtout pour
la scène "de l'escalier". Comme
Linda Thorson n'avait pas le talent de sa devancière
dans les scènes de comédie, Brian
Clemens introduisit le personnage de Mère-Grand
afin d'obtenir des scènes drôles
avec Steed et une tierce personne, mais ce personnage
n'était pas censé perdurer. Or,
les Américains le réclament et
Patrick Newell, alias Mère-Grand, apparaîtra
finalement dans vingt épisodes. Le décor
somptueux de l'épisode Ne m'oubliez
pas avait été détruit
et aurait été trop coûteux
à reconstruire. C'est pourquoi on retrouve
le Q.G. de Mère-Grand dans des endroits
très saugrenus (cabine téléphonique,
piscine, bus à impériale...).
Patrick Newell, las de pousser son fauteuil
roulant, demandera à la production d'engager
Rhonda, présente à partir de l'
épisode Miroirs. La saison bénéficie
de scénarios complètement délirants
et offre de très bons épisodes,
même si Linda Thorson ne fera pas oublier
Diana Rigg pour la majorité des fans.

ABC (les Américains) a dorénavant
la mainmise sur la série qui est d'abord
diffusée aux États-Unis avant
de passer au Royaume-Uni. Les efforts de Brian
Clemens et d'Albert Fennell pour maintenir la
série au zénith ne pourront rien
changer. Le budget est plus important et les
conditions de tournage idéales mais,
en concurrence avec un programme célèbre
outre-Atlantique, ABC préfère
sacrifier l'importation et The Avengers
se termine en février 1969 faute de dollars.

Linda
Thorson, qui aurait bien imaginé continuer,
a fait évoluer le personnage de Tara
King au fil des épisodes, mais l'ordre
de diffusion privera les Français de
ce constat. Ils la découvriront (avec
ses vrais cheveux) en octobre 1969 dans Miroirs,
un des meilleurs épisodes de la saison
et cela peut expliquer pourquoi elle fut très
appréciée en France, jusqu'à
faire la une de nombreux journaux de l'époque.
Six épisodes de cette ultime saison resteront
inédits jusque dans les années
quatre-vingts chez nous.

Malgré quelques tentatives avortées,
il faudra attendre sept ans le retour de John
Steed, accompagné des New Avengers.
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Le retour
des Avengers

En
1975, Rudolph Roffi, un producteur français,
tourne une publicité pour une marque
de champagne avec Patrick Macnee et Linda Thorson
dans leur rôle d'Avengers. (Toute
trace de l'existence de cette publicité
a disparu). Roffi apprend que la série
n'est plus produite faute d'argent et contacte
Brian Clemens pour lui proposer de financer
une nouvelle série. Clemens, Albert Fennell
et le compositeur Laurie Johnson forment alors
The Avengers (Film & TV) Enterprises
Ltd'. Patrick Macnee est rapidement persuadé
de reprendre son
chapeau
melon et le titre The New Avengers
permet de faire le lien avec la série
des années 60.
Joanna
Lumley, refusée pour jouer la pièce
de théâtre, est choisie parmi trois
cents candidates pour personnifier Purdey, agent
séduisante et autonome (en fait tout
le contraire de Tara King). Gareth Hunt devient
Mike Gambit ; l'ancien marine est l'impitoyable
bras droit de Steed et doit accomplir les scènes
d'action. Patrick Macnee, souffrant d'arthrose,
fut jugé moins apte, à cinquante
cinq ans, à tourner de telles scènes.
Joanna Lumley et Gareth Hunt suivent un important
entraînement physique avant le tournage
car, contrairement aux
Avengers,
les cascades sont effectuées par les
acteurs. Cyd Child, déjà présente
avec Diana Rigg et Linda Thorson, fut moins
mise à contribution.
The New Avengers bénéficie
d'un budget conséquent pour le tournage
de la première saison qui débute
en avril 76. Le ton est plus sérieux
et l'action plus présente que dans la
série originale. L'humour n' est pas,
par contre, au rendez-vous malgré quelques
échanges entre Purdey et Gambit. Les
critiques sont, dans
l'ensemble,
enthousiastes car elles retrouvent la recette
de la série originale dans certains épisodes
comme Le repaire de l'aigle. British
Leyland utilise la série comme vitrine
publicitaire et met plusieurs voitures à
disposition qui tomberont souvent en panne.
Après
le tournage des treize premiers épisodes,
les choses se gâtent : les créanciers
français exigent que Purdey soit habillée
plus sexy, alors que les Canadiens demandent
que des épisodes soient tournés
sur leur territoire. Le tournage de cette deuxième
saison commence au printemps 77 ; trois épisodes
sont tournés en France et quatre au Canada,
mais les finances ne suivent plus. Brian Clemens
ne se déplace même pas au Canada
et le dernier épisode, Emily,
est produit par des Canadiens.

La
série The New Avengers, dépendant
de l'argent étranger comme sa glorieuse
aînée, est vouée à
l' échec. Les problèmes financiers,
couplés avec une mauvaise programmation
au Royaume-Uni, obligeront à l'arrêt
de la série après vingt-six épisodes
et marqueront, malgré quelques tentatives
rapidement avortées, la fin des aventures
de John Steed.
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©Denis
Chauvet