CHAPEAU MELON & BOTTES DE CUIR - The Avengers

Chapeau Melon et Bottes de Cuir
Foire Aux Questions

 

ROMANS

Denis Chauvet s'est intéressé aux nombreux romans adaptés de la série. Ces novélisations sont-elles du même niveau que le matériel original ? La réponse dans les lignes qui suivent...

1. Chapeau melon et bottes de cuir, collection Télé junior.

Collection Télé junior No1, juillet 1980.

48 pages, bandes dessinées couleur.

Couverture :

Les aventures de Steed, Gambit et Purdey en bandes dessinées.

Les dessins sont de Pierre Le Goff, journaliste et dessinateur. Il a adapté d'autres séries en BD comme Les Brigades du Tigre et L'Homme qui Valait Trois Milliards. Né en 1932 et passionné d'automobiles, Pierre Le Goff illustra dans Le Journal de Mickey, Spirou, Tintin, Pilote entre autres. Néanmoins, certains experts s'accordent à dire que Pierre Le Goff ne serait pas le dessinateur de toutes les histoires, en particulier Falkenstein qui serait l'œuvre d'un autre auteur

Six histoires sont dans cet ouvrage ; deux avait déjà été publiées en anglais dans l'Annual de 1978 : Le secret de Midas et Le cybernaute. Les quatre autres histoires n'ont jamais été publiées en anglais. Il est probable que les histoires soient parues sur plusieurs semaines dans des magazines français en 1977 et qu'elles soient ensuite ressorties ensemble en 1980.

Cet album est sorti en France (12FF), en Belgique et en Suisse sous le copyright : 1977 The Avengers (Film & TV) Enterprises Limited. Le dessin au premier plan fait référence à l'épisode Les fossoyeurs où Steed sauve Mrs Peel sur les rails, mais cette dernière n'est pas présente dans les différentes histoires.

La plupart des histoires sont des condensés d'épisodes de la série. Néanmoins, la première et la plus longue, La malédiction de Falkenstein (11 pages) est inédite. Le repaire de l’aigle (sept pages, épisode du même nom), Le secret de Midas (huit pages, inspiré du Baiser de Midas), La mort avait des ailes (sept pages, inspiré d’Un chat parmi les pigeons), Le cybernaute (huit pages, inspiré du Dernier des cybernautes) et Le mystère de la planète Y (sept pages, inspiré de La grande interrogation) sont les autres aventures de cet album.

Les histoires sont inspirées des épisodes mais différentes soit dans le scénario soit dans les noms des personnages. Dans Le repaire de l’aigle, les noms des personnages varient ainsi : Stanley (Stannard), Professeur Weber (Von Claus), Colonel Rudoff (Father Trasker). À noter que, contrairement à l’épisode où le Führer est deviné, la BD le représente par un dessin. Dans Le secret de Midas, les noms des protagonistes n’ont pas changé mais le personnage de Freddy a disparu. Également, Fortelli remplace Zarcardi (La mort avait des ailes) et le professeur Aronov est l’inventeur des cybernautes et non le docteur Armstrong. Dans Le mystère de la planète Y, le personnage de Brandon est Bradley.

Quelques bizarreries de language sont à noter (peu nombreuses heureusement). Elles concernent surtout la première histoire où l'on peut lire : ‘Dieu gracieux, Mike, je suis ravie.’ (page 3) ou ‘Bonté gracieuse’ (page 4). Juste après, à la page 5, Steed déclare : ‘Je crois que je saurais utiliser une bonne bière.’ Également des fautes d’orthographe (‘de nombreux peintures’, page 1). Sinon, Purdey ne dit pas Steed mais John. On peut se le procurer sur e-bay… à partir de 1€. Cela serait dommage de s’en priver.

Mon avis : Dans l’ensemble, cet album est fidèle à la série et aux personnages ; les dessins de Steed, Gambit et Purdey sont très ressemblants et les histoires familières. Les scénarios sont généralement moins denses vu le nombre de pages consacrées à chaque aventure.

Extraits :








2. Romans de John Garforth

Les différentes éditions :

Date de 1re publication : 1967, Panther Books.

Les romans sont également sortis en France, aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Allemagne en 1967 avec des couvertures différentes (ainsi qu’au Chili en 1968 !).

En France, les quatre romans, traduits par France-Marie Watkins sont sortis séparément chez Solar en 1967 et ont été réédités dans un seul ouvrage en 1995, éd. Fleuve Noir.

À noter que les secondes éditions américaines de 1969 ont Tara King en couverture, alors qu’elle n’apparaît dans aucune des histoires de John Garforth.

Trois romans sont sortis individuellement en 1967 en Allemagne, la série et particulièrement Mrs Peel étant très populaires outre-Rhin. Ils ont été réédités en un seul ouvrage en 1998, Heyne sous le titre Mit Schirm, Charme und Melone – neue Fälle für John Steed und Emma Peel. À noter que la quatrième histoire, Heil Harris ! n’a pas été traduite en allemand. Le thème de cette aventure étant sûrement la raison de cet ‘oubli’. En allemand, The Floating Game devient Drei kleinen Chinamädchen ; The Laugh was on Lazarus est Die traurigen Toten von Highgate et The Passing of Gloria Munday est Der singende Tod von Blackpool.

Couverture allemande :

L’édition française la plus récente : 1995, Fleuve Noir (Collection Super Poche).

Couverture :

 

4e de couverture :

 

Cet ouvrage, intitulé tout simplement Chapeau Melon et Bottes de Cuir, regroupe les quatre histoires sorties en 1967 séparément. Elles sont précédées d’une préface d’une vingtaine de pages et d’une bibliographie très intéressantes. En préface, les passages concernent l'historique de la série et l'influence des Avengers girls, plus particulièrement Emma Peel. Les différents livres (sortis jusqu'en 1995) sont passés en revue ainsi que les magazines, fanzines et différentes associations. Ainsi, Club chapeau melon et bottes de cuir (années 80), The Avengers Club International – des imposteurs comme j'ai pu lire récemment –, Steed and Co et You have just been murdered (de Marseille), tous des années 90. La photographie de la couverture est tirée de l’épisode Le club de l’enfer.

À noter que la quatrième histoire n’a pas été traduite en allemand, sûrement à cause du sujet.

Analyse successive des romans :

LE FLAMBEUR FLAMBE – THE FLOATING GAME

Couverture originale :

Couverture française :

Fait penser à : Avec vue imprenable (lavage de cerveaux, trois chinoises).

Emma est croupier et Steed se présente aux élections.

Mon avis : Histoire abracadabrante d’espions russes et de mafia à peine compréhensible. La finalité est de discréditer le gouvernement britannique. Tamara, agent lesbienne veut épouser Emma aux États-Unis !

DRÔLES DE MORTS – THE LAUGH WAS ON LAZARUS

Couverture originale :

Couverture française :

4e de couverture française :

Fait penser à : Le mort vivant, Double personnalité, Le repaire de l’aigle.

Emma est une tueuse de zombies et Steed doit se faire lobotomiser.

Mon avis : La meilleure des quatre histoires. Le cerveau et l’invention d’un professeur sont utilisés afin de ressusciter les personnes souhaitées (après les avoir tuées) pour accomplir une mission. Le premier chapitre est excellent. L’histoire se déroule à Watford et Radlett, lieux de tournage de la série mais on y trouve un agent noir, une femme tuée et Steed est en cage, nu et il séduit une vieille dame en tenue d’Ève !

POP CRIME – THE PASSING OF GLORIA MUNDAY

Couverture originale :

 

Couverture française :

Fait penser à : Les aigles, La poussière qui tue.

Emma est chanteuse pop et Steed est en prison.

Mon avis : Le conditionnement des masses par la pop musique doit faciliter la révolution en Grande-Bretagne. La plus faible des quatre histoires de John Garforth. Beaucoup d’ennui et de références temporelles qui n’existaient pas dans la série.

HEIL HARRIS !

Couverture originale :

4e de couverture originale :

Couverture française :

Fait penser à : Les chevaliers de la mort , Le repaire de l’aigle

Emma infiltre les chemises brunes et Steed se rend en Bavière à la recherche du trésor.

Mon avis : Bonne histoire Avengers malgré quelques éléments qui ne collent pas à la série (Steed est tout près de coucher avec la belle espionne allemande). Une organisation britannique composée de militaires et de nostalgiques veut mettre la main sur le trésor de guerre du Reich et provoquer une révolution sanglante en Grande-Bretagne. Steed se demande même si le Führer n’est pas derrière tout cela…

Conclusion : Les histoires de John Garforth, écrivain anglais, sont très moyennes dans l’ensemble mais le lecteur peut y retrouver de temps à autre l’atmosphère de la série. Steed est accompagné de Mrs Peel dans les aventures. Deux bonnes histoires sur quatre, même si les critères de la série ne sont pas toujours respectés. Un collaborateur de couleur (dans deux histoires), des femmes assassinées, de la violence et du sexe qui font plus penser à du James Bond qu’aux Avengers ! De plus, Steed fume ; il a un supérieur, le Vieux, un clochard informateur, Thorburn et un chauffeur de taxi, Benson qui le conduit aux convocations du Vieux.

Retour à l'index

3. The New Avengers

 

Date de publication en Grande-Bretagne : 1976 et 1977, Futura Publications.

Aucun roman n’a été traduit et publié en français.

Six romans adaptés d’épisodes des New Avengers sont sortis en Grande-Bretagne en livres de poche peu après le passage de la série à la télévision. Il existe une édition américaine pour les trois premiers romans ; une édition néerlandaise pour deux romans et une édition allemande pour le premier. Ils n’ont pas été réédités et il est par conséquent assez difficile de trouver des exemplaires en état impeccable. Néanmoins, on peut se les procurer à des prix très abordables sur des sites comme e-bay ou amazon. Ces romans sont sortis en Grande-Bretagne, surtout pour les bibliothèques de prêts, en couverture dure chez l’éditeur Arthur Barker Ltd (sauf le dernier Hostage) mais ces versions sont beaucoup plus rares.

La production étant en mal de liquidités, il est facile de comprendre les raisons de la publication de certains épisodes. Quatre écrivains ont participé à l’élaboration de ces six romans : John Carter, Justin Cartwright, Peter Cave et Walter Harris. À noter que quatre couvertures sur six sont illustrées par des photos provenant d’épisodes autres que le titre du roman.

HOUSE OF CARDS

Auteur : Peter Cave.

Premier des six romans publiés en livre de poche. L’histoire est basée sur le scénario de l’épisode écrit par Brian Clemens (Le château de cartes) mais celui-ci n’est pas mentionné. Il existe une édition néerlandaise (1977), américaine (1978) et allemande (1978). À noter que la couverture de l’édition britannique est illustrée par une photo provenant de l’épisode Le dernier des cybernautes ?.

THE EAGLE'S NEST

Auteur : John Carter.

Second des six romans publiés en livre de poche. L’histoire est basée sur le scénario de l’épisode écrit par Brian Clemens (Le repaire de l'aigle) avec un mixage du scénario de l'épisode Le baiser de Midas. Brian Clemens n’est pas mentionné. Il est fait souvent référence à Mother dans le texte alors que chacun sait que le personnage de Mère-Grand n'est jamais mentionné dans les New Avengers. Il existe une édition américaine (1978).

TO CATCH A RAT

Auteur : Walter Harris.

Troisième des six romans publiés en livre de poche. L’histoire est basée sur le scénario de l’épisode écrit par Terence Feely (Pour attraper un rat). Il existe une édition néerlandaise (1977) et américaine (1978).

FIGHTING MEN

Auteur : Justin Cartwright.

Quatrième des six romans publiés en livre de poche. L’histoire est basée sur le scénario de l’épisode, Commando très spécial écrit par Brian Clemens. Le roman, qui n’a pas le même titre que l’épisode, va plus loin que sa source. À noter que la couverture est illustrée par une photo provenant de l’épisode La grande interrogation.

CYBERNAUTS

Auteur : Peter Cave.

Avant-dernier des six romans publiés en livre de poche. L’histoire est basée sur le scénario de l’épisode Le dernier des Cybernautes ? écrit par Brian Clemens. Le roman a pour titre The Cybernauts sur la couverture mais Last of the Cybernauts sur la page titre ! À noter que la couverture est illustrée par une photo provenant de l’épisode Cible.

HOSTAGE

Auteur : Peter Cave .

Dernier des six romans publiés en livre de poche. La seule histoire adaptée de la seconde saison des New Avengers. Elle est basée sur le scénario de l’épisode écrit par Brian Clemens. À noter que la couverture est illustrée par une photo provenant de l’épisode Le long sommeil. Le seul roman à ne pas être sorti en couverture dure chez Arthur Barker Ltd.

Verdict :

Retour à l'index

4. Steed and Mrs Peel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trois recueils de bandes dessinées publiés au début des années 90 et inspirés de la série. Une autre bande dessinée s’appelait The Avengers et il était, par conséquent, impossible d’en affubler une deuxième avec le même titre. Cette mini-série devait commémorer le trentième anniversaire des Avengers.

Les trois albums sont publiés par deux éditeurs : l’américain Eclipse Comics et l'anglais Acme Press. À noter que les livres sont imprimés aux États-Unis. Le nom de Dave Rogers, décidemment partout, apparaît comme consultant.

Deux histoires, The Golden Game et Deadly Rainbow, se trouvent dans ces trois volumes mais, de telle façon, qu’il est indispensable d’avoir le troisième pour connaître l’issue des deux histoires. C’est sûrement pour cela qu’il est le plus difficile à trouver.

On y retrouve les personnages de la série à savoir Steed, Mrs Peel, Tara King, Mother (avec une calvitie prononcée) mais leurs aspects sont moins familiers, surtout pour Steed, comparé, par exemple, aux dessins de l’album publié par Télé junior en 1980. Jugez par vous-même avec les planches plus bas.

Les auteurs :

Grant Morrison, né en 1960 à Glasgow, est un scénariste de comics reconnu ; il a écrit des scénarios pour les comic trips de Doctor Who Magazine. Le super héros Animal Man lui permit d’avoir sa place dans la bande dessinée américaine mais son travail sur The Invisibles fut sûrement le plus important.

Ian Gibson est connu pour son travail en noir et blanc dans les années 80 pour le magazine 2000AD et, comme Grant Morrison, il s’est fait un nom aux États-Unis. Il fut également caricaturiste.

Les albums :

45 pages, format 16X26, couverture souple.

Le ‘Book One’, publié en 1990, contient la première partie de l’histoire The Golden Game. Le scénario est de Grant Morrison et les dessins sont de Ian Gibson.

Le ‘Book Two’, publié en 1991, contient la seconde partie de The Golden Game ainsi que la première partie de Deadly Rainbow écrite par Anne Caulfield (sa toute première histoire). Les dessins sont toujours de Ian Gibson. À noter que la numérotation des pages commence là où elle s’était arrêtée à la fin du premier volume (page 46) pour la seconde partie du Golden Game (page 46 à 69).

Le troisième et dernier volume ‘Book Three’, publié en 1992, contient la troisième et dernière partie de The Golden Game (page 70 à 92) et la seconde et dernière de Deadly Rainbow (page 22 à 43).

Les histoires :

The Golden Game. Tara King a disparu et Mother convoque Steed. L’agent au chapeau melon ‘réactive’ Mrs Peel pour l’aider à la retrouver. Avec comme indices un dé et un livre, l’enquête conduit les Avengers dans un club très fermé réservé aux créateurs de jeux. Les inventeurs étant éliminés les uns après les autres, Steed rejoint le club. Il se rendra vite compte que tout n’est pas un jeu… La référence à l’épisode Game de la saison 6 est, bien entendu, évidente, mais certaines répliques et situations font penser à d’autres épisodes : La chasse au trésor, Les espions font le service ("At least, we know the butler didn’t do it") et nous avons les deux coupes de champagne s’entrechoquant comme dans le générique de la saison 5. Pour accéder au QG de Mère-Grand dans les égouts, Steed doit se rendre dans une cabine de toilettes publiques et tirer la chasse ! À noter le bref échange à la fin de l'histoire entre Mrs Peel : 'You've lost weight' et Tara King : 'I try to exercise.'

Deadly Rainbow. Peter Peel, pilote test, s’est crashé dans la jungle et il y est resté trois années, amnésique, en compagnie de la tribu des Léopards. De retour à la civilisation, il part en voyage avec sa femme, Emma Peel. Ils décident de passer la nuit à Pringle-on-sea, village qui s’avère être déserté…. Peter Peel est bien présent et l’histoire peut s’apparenter à une sorte de suite de l’épisode Ne m’oubliez pas. Les trois années de sa disparition sont évoquées en pictogrammes Incas pendant les huit premières pages ! Pringle-on-sea fait, bien entendu, référence à Little Bazeley by the sea de Voyage sans retour et Steed assiste au départ de Peter Peel et de sa femme comme dans l’épisode mais il a lieu, cette fois-ci, au début de l’histoire. Après un début fastidieux, l’atmosphère Avengers est moins présente que dans l’histoire précédente malgré de nombreuses références, en particulier la miniaturisation qui renvoit à l'épisode Mission très improbable. En effet, Emma Peel se bat contre une tribu Inca, vêtue de polos arc-en-ciel sortis tout droit de la gay pride !

Où se les procurer ? :

Comme la plupart des livres sur la série, la collection est épuisée, mais elle apparaît souvent sur plusieurs sites à des prix très différents. On peut très bien trouver les deux premiers volumes à $16 ou moins de £20 sur Amazon pièce ou alors jusqu’à €32 sur PriceMinister, mais il est également possible de se les procurer bon marché sur e-bay. J’ai acheté les deux premiers pour une dizaine d’euros. Le troisième est plus coûteux (environ $26) et plus difficile à trouver.

Verdict :

Deux histoires en bandes dessinées qui permettent de retrouver l’atmosphère de la série ; ma préférence va à la première beaucoup plus ancrée dans le monde des Avengers. Les références à la série sont nombreuses et, outre les clins d’œil directs à certains épisodes, les amateurs retrouveront également le suspense, les excentriques, la Bentley verte et même... l’Union Jack. On s’habitue très rapidement au coup de crayon particulier de Ian Gibson. Sans vous ruiner, si l’affaire se présente, n’hésitez pas !

Lire l'interview exclusive de l'illustrateur par Denis.

Lire la critique d'un site spécialisé.

Extraits :

 

Retour à l'index

5. Deadline & Dead Duck (L’article de la mort & Canards mortels)

Deux romans écrits en pleine gloire Avengers par Steed lui-même, Patrick Macnee, et Peter Leslie, journaliste et écrivain. Les deux romans, qui mettent en scène Steed et Mrs Peel, ont l’atmosphère de la saison quatre et ils sont considérés comme étant les meilleures adaptations sur papier de la série. La réédition de ces livres par Titan Books en 1994 a coïncidé avec la sortie de la série en cassettes vidéo chez Lumière. Les romans ont fait leur apparition aux États-Unis en 1998 pour coller à la sortie du film avec Ralph Fiennes et Uma Thurman.

Peter Leslie, né en 1922 comme Patrick Macnee, a écrit d’autres romans adaptés des séries Des Agents Très Spéciaux et Les Envahisseurs entre autres. Il fut journaliste et écrivit pour le journal anglais de musique The Melody Maker dans les années 50, essentiellement sur le jazz. Dans les années 60, il déménagea en France pour commencer une carrière de romancier et il co-écrivit ces deux adaptations Avengers dans notre pays. Nous ne pouvons que stipuler quant à l’aide apportée à Patrick Macnee par Peter Leslie dans la rédaction de ces deux histoires. Sur la page de garde des deux livres, Patrick Macnee ne manque pas d’écrire : "Je remercie vivement Peter Leslie de l’aide qu’il m’a apportée pour écrire ce livre". L’équivalent anglais ne se trouve que sur Deadline : "Patrick Macnee gratefully acknowledges the help given to him by Peter Leslie in writing this book." (Renseignements sur Peter Leslie recueillis sur le site Dead duck de Mike Noon).

DEADLINE

Auteurs : Patrick Macnee & Peter Leslie.

Paru en Angleterre en novembre 1965 chez Hodder and Stoughton sous le titre… Deadline.

La présentation du livre : A novel of death and deceit, savagery and sabotage, matched by the swift, smooth action of an operator whose umbrella is his sword.

Le livre a été réédité chez Titan Books en 1994. 188 pages, format poche.

En quatrième page de couverture, trois petites photos de la série : la première est tirée du générique de la saison 5, la seconde de la séquence de l’échiquier et la dernière de l’épisode Ne m’oubliez pas.

Emma Peel n’apparaît qu’à la page 44 et une secrétaire nommée Samantha Sheppard à la page 54. Samantha était le nom initial du personnage de Mrs Peel et Sheppard sonne un peu comme Shepherd, nom de la première actrice à incarner Mrs Peel. Coïncidence ? À noter une référence à Sherlock Holmes (p 31). Un clin d’œil au second roman lorsque Steed déclare : ‘Or even dead ducks…’ (p104).

Il a été traduit en français par Martin Winckler et édité dans la collection Huitième Art en 1995 sous le titre : L’article de la mort. 184 pages, format 14 X 22,5. À noter qu’à la fin de cette édition, il y a un encart invitant les fans à rejoindre l’association Steed & Co !

Le roman est également sorti au Portugal sous le titre, O Dia Depois De Amanha (Dêaga, 1967) et aux États-Unis, même couverture que l’édition Titan Books (TV Books, 1998).

Qui a intérêt à discréditer le gouvernement en faisant publier des discours politiques modifiés dans les éditions étrangères de la presse britannique ? Cela irrite certaines nations et provoque des émeutes anti-britanniques. Steed et Mrs Peel mènent leur enquête dans le milieu de la presse à Fleet Street et jusqu’aux Midlands. Ils vont devoir affronter la ‘Confrérie’, une bande de néo fascistes redoutables dont le but est de s’emparer du pouvoir… Macnee et Leslie se sont bien documentés sur l’élaboration d’un journal, de la typographie à la livraison. Une histoire d’espionnage et de crime qui pourrait s’apparenter aux saisons Cathy Gale.

DEAD DUCK

Auteurs : Patrick Macnee & Peter Leslie.

Paru en Angleterre en mai 1966 chez Hodder and Stoughton.

La présentation du livre : In the wilderness of an Essex marsh one dead duck and two live madmen spell danger for The Avengers and execution for a nation.

Le livre a été réédité chez Titan Books en 1994. 160 pages, format poche.

En quatrième page de couverture, trois petites photos de la série : la première est tirée du générique de la saison 5 et les deux autres des épisodes Interférences et Les marchands de peur .

Il a été traduit en français par Martin Winckler et édité dans la collection Huitième Art en 1996 sous le titre : Canards mortels. 182 pages, format 14 X 22,5. À noter qu’à la fin de cette édition, il y a un encart invitant les fans à rejoindre l’association Steed & Co !

Le roman est également sorti au Portugal sous le titre, O Pato Morto (Dêaga, 1967) et aux États-Unis, même couverture que l’édition Titan Books (TV Books, 1998).


Pourquoi plusieurs personnes tombent-elles raides mortes après avoir consommé du canard ? Steed invite Mrs Peel dans un restaurant renommé et ils assistent au décès d’une nouvelle victime. Quelle est la relation entre un docteur, un garde-chasse et une artiste ? L’enquête mènera les Avengers dans les marécages du comté de l’Essex où de redoutables comploteurs visent les réservoirs d’eau potable de la Grande-Bretagne… Ce roman Avengers est sûrement le meilleur jamais écrit car on retrouve l’atmosphère si particulière de la saison quatre. Tout le charme, l’humour et l’excentricité de la série télévisée sont présents dans cette aventure qui aurait fourni un scénario parfait.


Où se les procurer ?

Oubliez les éditions de 1965-66 (à moins d’être un collectionneur acharné) car elles sont généralement rares, chères et plus en très bon état. Les éditions anglaises Titan Books sont souvent meilleur marché que les traductions françaises parues chez Huitième Art. Ne dépensez pas plus de 10€ par exemplaire quelle que soit la version. Avec de la chance, vous pouvez même dégoter, comme je l’ai fait, les livres Huitième Art à 5€ pièce chez les bouquinistes des quais parisiens.

Verdict :

Ces deux livres doivent faire partie de la bibliothèque des fans car ils reproduisent l’atmosphère de la série, ce qu’aucun autre romancier (à part Dave Rogers et Peter Peel dans Too many targets) n’a su recréer. La collaboration Macnee – Leslie envoie aux oubliettes les nombreuses tentatives, les romans de John Garforth entre autres, car les auteurs ont réussi dans ces deux histoires à transmettre le feeling des Avengers sur papier. La contribution de Patrick Macnee himself n’est pas étrangère à cette réussite : les Avengers, c’est lui, le reste ne peut être qu’imitation ! J’ai une petite préférence pour Dead duck, le second roman, et son excellent chapitre 'The Corpse in the Cardboard Coffin' qui retranscrit la magie Avengers.


Retour à l'index

6. Chez l'éditeur américain Berkley Medallion Books


En l’espace de deux ans (1967-69), l’éditeur américain Berkley Medallion Books, exploitant le filon, a sorti aux États-Unis neuf romans consacrés aux Avengers sous forme de collection, en numérotant les ouvrages.

Où se procurer les ouvrages ? On trouve ces romans à tous les prix sur Internet. Vu qu’ils sont épuisés, il faut passer par des sites d’occasion ; de plus, il ne faut pas oublier qu’ils n’ont pas été réédités depuis près de quarante ans et qu’ils sont souvent, par conséquent, dans un état passable. Pour les collectionneurs donc. Le prix peut varier de €1,50 (The Magnetic Man sur e-bay) à plus de…£22 !

En plus des livres détaillés ci-dessous, Berkley Medallion Books a également publié en 1978 les trois premiers des six romans New Avengers avec des couvertures différentes des éditions britanniques :

De nombreuses infos et photos de cette section sont reprises du site de Mike Noon, Dead Duck.

La photo de couverture de "The Afrit Affair" provient de la collection personnelle de Carl Schmidt.

6.1 Romans de John Garforth


John Garforth
est un londonien un peu touche-à-tout : écrivain, politicien, directeur artistique, animateur d’œuvres sociales. Il a son blog et son site personnels depuis début 2008. On peut y lire qu‘il a une piètre opinion de ses écrits Avengeresques : 'Je recommande à toute personne qui, par hasard, verrait l'un de ces romans dans une librairie d'occasion ou une vente de charité de les acheter et de les détruire immédiatement sans même les avoir lus. Je vous rembourserai les 50p ou plus que vous avez payés. Vous rendrez service à la littérature! '.

Il dit néanmoins avoir apprécié d’aller à Pinewood et de rencontrer Diana Rigg.

Les quatre romans de John Garforth, sortis au Royaume-Uni au début 67 chez Panther Books, furent publiés aux États-Unis sous les numéros 1 à 4 une première fois entre avril et septembre 1967, puis en février 1969 avec des couvertures différentes.

Les critiques des livres ( deux "melons" ) et présentations des éditions britanniques et françaises sont un peu plus haut dans cette rubrique.


Premières éditions américaines :


Secondes éditions américaines :

6.2 Romans de Keith Laumer

Keith Laumer (1925-1993) fut d’abord capitaine dans l’US Air Force puis officier dans le corps diplomatique. Il devint ensuite écrivain et il est surtout connu pour ses romans de science-fiction.

Une biographie plus complète est disponible sur Wikipédia.

Il est également l’auteur des romans inspirés de la série Les Envahisseurs : The Invaders et The Invaders : Enemies from Beyond. Tous les deux publiés aux USA en 1967 (Pyramid Books).

Les trois romans de Keith Laumer furent publiés aux États-Unis sous les numéros 5 à 7 entre juin et septembre 1968. Ils n’ont pas été traduits ni réédités.

The Afrit Affair :

Publié par Berkley Medallion Books en juin 1968. Ce livre est le premier de poche américain d’inspiration Avengers et le seul à mettre en scène Emma Peel après les romans de John Garforth.

La couverture représente une photo couleur du tournage de l’épisode Les fossoyeurs, saison 4.

Résumé : Steed et Mrs Peel sont à la recherche d’un mystérieux individu qui signe ses messages menaçants par The Afrit. Les Avengers découvrent les empreintes géantes d’un monstre, des bombes dans un sous-sol, des cadavres avec une seule oreille… Un scientifique complètement fou a décidé de contrôler l’univers.

Mon avis : Un des meilleurs romans de la collection Berkley. On y retrouve Emma Peel mais le scénario fait penser à un épisode de la saison Tara King : des indices sont retrouvés dans du hareng mariné ou d’énormes lettres en mousse.

The Drowned Queen :


Publié par Berkley Medallion Books en juin 1968. Ce livre est le second de poche américain d’inspiration Avengers et le premier à mettre en scène Tara King.

La couverture représente deux photos couleur de Steed et Tara King.

Résumé : Les Avengers peuvent-ils empêcher un sabotage pendant le voyage inaugural de L’Atlantic Queen, le premier paquebot de luxe sous-marin ? Steed se fait passer pour le professeur de danse du navire et Tara King est la psychothérapeute.

Mon avis : Beaucoup moins intéressant que le précédent.

The Gold Bomb :

Publié par Berkley Medallion Books en septembre 1968. Ce livre est le troisième de poche américain d’inspiration Avengers et le second à mettre en scène Tara King.

La couverture représente une photo couleur du générique des cibles (Steed et Tara King sur fond orange).

Résumé : Il y a de fortes probabilités qu’une personne se fabrique une bombe atomique sur le sol anglais. Dans quel but ? Steed et Tara partent à la recherche d’indices mais le temps presse avant que le maniaque fasse sauter la moitié de la Perfide Albion !

Mon avis : Le moins bon des trois romans de Keith Laumer. On ne retrouve pas du tout l’atmosphère particulière des Avengers. L’auteur fait souvent référence, dans des termes assez crus, à la différence d’âge entre Steed et Tara.

Verdict :

Les romans de Keith Laumer sont intéressants pour un collectionneur, mais pas pour leur contenu. Ils sont d’un niveau inférieur à ceux de John Garforth malgré un premier livre prometteur.

Retour à l'index


6.3 Romans de Norman Daniels


Norman Daniels
est un des nombreux pseudos utilisés par Norman A. Danberg (1906-1995). Écrivain de ‘pulp fiction’ (littéralement : "romans à deux sous"), de romans et de nouvelles, il écrivit sous, au moins, huit différents pseudos ! La plupart de ses ‘œuvres’ sont inconnues chez nous. Il signa d’autres romans inspirés directement des séries Ben Casey, Dr Kildare ou Alfred Hitchcock Présente ainsi que les scénarios de trois épisodes de cette série.

Les deux romans de Norman Daniels furent publiés aux États-Unis sous les numéros 8 et 9 en décembre 1968 et février 1969. Ils n’ont pas été traduits ni réédités.

The Magnetic Man :

Publié par Berkley Medallion Books en décembre 1968. Ce livre est le quatrième de poche américain d’inspiration Avengers et le troisième à mettre en scène Tara King.

Une des deux photos de la couverture provient néanmoins du petit film d’introduction à la saison couleur Emma Peel : The Strange Case of the Missing Corpse. Même style de couverture que la seconde édition des romans de John Garforth.

Résumé : Steed doit aller à Hong Kong récupérer une valise, mais il est assommé et le contenu de la valise remplacé par une importante somme d’argent. De retour à Londres, les Avengers tendent un piège à ce généreux bienfaiteur… Une aventure avec Tara King dans laquelle les Avengers sont confrontés à un magicien diabolique qui utilise des jouets sur son prisonnier, Steed…

Mon avis : L’auteur n’a pas cerné la magie Avengers à part quelques scènes stéréotypées. Tara King est une apprentie espionne qui passe son temps à se vernir les ongles ou à faire ses courses.


Moon Express :

Publié par Berkley Medallion Books en février 1969. Ce livre est le cinquième et dernier de poche américain d’inspiration Avengers et le quatrième à mettre en scène Tara King.

Une des deux photos de la couverture provient néanmoins de la saison couleur Emma Peel. Même style de couverture que la seconde édition des romans de John Garforth.

Résumé : Qui propose un voyage vers la Lune avec possibilité d’y acheter une propriété lunaire ? Steed et Tara se portent candidats à l’aventure afin de savoir ce qui se cache derrière tout cela.

Mon avis : Je ne connais pas ce roman dont le résumé me fait penser à un mélange de Bons baisers de Vénus et à l’épilogue de Bizarre.

Verdict :

Les deux romans de Norman Daniels sont très méconnus mais méritent-ils un autre sort ?

Retour à l'index

6.4 Verdict final

Verdict final :

Les neuf romans publiés dans les années 60 par Berkley sont, dans l’ensemble, un bon faire-valoir sur les étagères de collectionneurs. Néanmoins, deux romans de John Garforth et le premier de Keith Laumer font, de temps à autres, replonger le lecteur dans l’atmosphère si particulière des Avengers.

Retour à l'index

7. Too many targets


Plus de 20 ans après le dernier roman consacré à la série, Too Many Targets vit le jour. Il fut uniquement publié aux États-Unis, par St Martin’s Press of New York en novembre 1990 (couverture dure) puis réédité par Tor Books (poche) en juin 1998. Il n’a, par conséquent, jamais été traduit en français ou dans une autre langue.



1990 – Couverture dure : 181 pages, 21 x 14 x 1.3 cm.


Poche : 214 pages, 16.8 x 10.4 x 1.5 cm.

La fiche révèle des spoilers et il est conseillé de lire le livre avant de la consulter.

Les deux couvertures présentent The Avengers en plus gros caractères que le titre du roman lui-même ce qui permet, bien évidemment, d’attirer les fans. Too Many Targets (en français : "Trop de cibles") a sa signification à la fin du roman, lorsque les cinq agents – Steed, Dr Keel, Cathy, Emma, Tara – sont cernés par un Cybernaute, nouvelle génération. Les deux couvertures ont une cible en évidence ; sur celle de 1990, la cible est accompagnée d’un melon et d’un brolly ; sur celle de 1998, Steed et Mrs Peel sont les cibles.

La toute première page, intitulée The Remarkable Mrs Peel, présente un court extrait accrocheur mettant en scène la plus populaire des Avengers girl. La courte, mais efficace, préface de Patrick Macnee donne ensuite un ton officiel et rassembleur pour les fans de la série. L’acteur précise qu’on peut même envisager de voir les Avengers au 21e siècle ! Pour la petite histoire, il donne 28 ans d’âge à son premier roman écrit avec Peter Leslie, Deadline ; or, dans ce cas, cela signifierait qu’il ait été écrit en 1962, ce qui est impossible (il fut publié en 1965).

Auteurs :

John Peel, né en 1954, est un auteur britannique bien qu’il soit marié à une américaine et qu’ils vivent aux USA. Il est l’auteur de plus de 100 romans dont la plupart inspirés de séries télévisées : Doctor Who, Star Trek, Diadem, The Outer Limits… Ami de Terry Nation, il est l’auteur de novélisations de plusieurs histoires de Doctor Who avec les Daleks. Un des rares auteurs à avoir accepté, vu le montant des droits demandés pour utiliser ces personnages. Il a publié en 1988 The Official Doctor Who & The Daleks Books (avec Terry Nation). Il signa d’autres romans adaptés de séries cultes des années 60 : Le Prisonnier (The Prisoner Files – 1986), Des Agents Très Spéciaux (trois romans dont The Girl from Uncle – 1987). Il a également écrit sous plusieurs pseudonymes dont John Vincent (sous lequel il écrivit les aventures de James Bond Jr) et Nicholas Adams. Il est membre de The Horror Writers Association.

Dave Rogers peut être considéré comme le pape de la série. Si les fans ont des ouvrages de référence et de qualité sur The Avengers, ils le doivent à cet homme qui a œuvré pour que la série retrouve une seconde jeunesse.
Il a publié le premier livre au monde consacré uniquement à la série en 1983 – The Avengers. D’autres ouvrages de référence suivirent : The Avengers Anew (1985), The Complete Avengers (1988), le meilleur de cette série, et The Ultimate Avengers (1995). Mais c’est assurément The Avengers and me, écrit en collaboration avec Patrick Macnee himself en 1997 sur les coulisses de la série, qui ravira les fans. Il a fait d’ailleurs l’objet d’une réédition récente (janvier 2008) sous le titre The Inside Story.
Dave Rogers est également l’auteur dans les années 80 et 90 de fanzines très prisés par les fans de la série : On Target et Stay Tuned. Bourrés d’informations, ils sont pratiquement introuvables, à part sur e-bay à environ £4 le journal. Dave Rogers est vraiment le plus grand spécialiste de la série : il est à l'origine de la découverte des négatifs originaux et il a demandé à Patrick Macnee de convaincre les éditeurs de ressortir la série dans une version remasterisée. C'est donc grâce à lui que nous avons aujourd'hui des copies de belle qualité en DVD. Dans une interview qu’on peut voir sur ce site, il parle de son travail pour les Avengers comme d’un labour of love !

Situation:

L’action de l’histoire est située moins d’un an après le départ de Mrs Peel. Tara fait équipe avec Steed.

Résumé :

Deux agents ont été assassinés et il y aurait une taupe dans les services britanniques. Mère-Grand est suspecté de trahison et Charles, son prédécesseur, fait appel à Steed pour enquêter. Celui-ci reprend contact avec Mrs Peel, plus apte et moins compromise que Tara pour l’agent au chapeau melon. De son côté, Mère-Grand soupçonne Steed et lance Tara sur sa piste. Rapidement, il s’avère que les voix accusatrices ont été modifiées au synthétiseur pour les impliquer. Qui a intérêt à semer le trouble dans le Département ?

Pendant ce temps-là, chacun de leur côté, Cathy Gale et Dr Keel ont en commun la destiné d’un petit État africain, le Katawa, à priori sans aucun rapport avec l’affaire de trahison. Dr Keel, témoin d’un kidnapping, mène son enquête et fait la connaissance de Cathy Gale tandis que Tara King résout une partie du mystère avec l’aide du professeur Lipp.

En définitive, la taupe et la trahison ne sont que des leurres pour attirer les Avengers au repaire du diabolical mastermind… tout simplement dans les Knight industries de Mrs Peel ! Le mobile est, bien entendu, la vengeance !
Tous les chemins mènent à Knight Industries et les cinq agents finissent par s’y rendre et se jeter dans le piège tendu par un ancien nazi : le frère de Klaus Drucker, connu pour avoir été à la tête du groupe Eisenhand qui voulait implanter un nouveau Reich en Angleterre. Le groupe avait été anéanti par Steed et Keel et les protagonistes tués. Le frère de Klaus Drucker avait, après de nombreuses expériences pendant la guerre, découvert l'ADN (DNA en anglais) et l'ARN (RNA en anglais) en injectant des substances d'une personne à une autre. Il n'avait pas participé au groupe Eisenhand, estimant l'Angleterre pas 'prête', mais il a jeté depuis son dévolu sur un petit pays africain, le Katawa. Ses expériences en génétique combinées avec les cybernautes du Dr Armstrong le rendraient irrésistible : des cybernautes à visage humain.

Il a réussi à approcher ainsi le concept d'immortalité en prélevant des cellules et l'ARN d'un individu pour le faire revivre. Son choix s'est porté sur le Dr Armstrong, devenu ainsi mi homme, mi cybernaute. Ce dernier a pour fantasme d’éradiquer tous les Avengers consignés dans un vase clos pour l’occasion mais… il y a, du coup, trop de cibles !

Mrs Peel a mis au point dans le melon de Steed un moyen de court-circuiter les cybernautes en manipulant les voix bidouillées qui ont permis de soupçonner Steed et Mère-Grand de trahison. Lorsque le Dr Keel applique le melon sur la partie 'non humaine' de Armstrong, la partie mécanique, le bon docteur est envoyé pour de bon ad patres. Quant au frère de Drucker (je ne révèle pas le nom sciemment), il succombe, victime des cybernautes.

Références :

De nombreuses références et clins d’œil à la série, au monde des Avengers ou autres. En voici quelques-unes, mais la liste n’est pas exhaustive.

– Référence bien évidente à la trilogie des Cybernautes ; Paul Beresford, contrairement à Felix Kane, est évoqué. Par contre, le prénom du Dr Armstrong est Clement dans la série mais Steed et Mrs Peel lisent sur sa tombe l’inscription : ‘Dr Henry Armstrong. Born 1921.’

– L’évocation des nazis et d’un nouveau Reich renvoient au Repaire de l’aigle ; les cybernautes à visage humain à Interférences et le cybernaute mi humain, mi machine, au Dernier des cybernautes ?

– À l’issue de la première scène censée se passer dans la jungle, des chasseurs échappent à un gorille et se réfugient dans leur voiture devant le panneau ‘LONDON – 27 MILES’. Allusion évidente à l’épisode Petit gibier pour gros chasseurs de la saison 4. Le pays africain imaginaire, ici Katawa, est le pendant de Kalaya dans ce même épisode.

– Le docteur Keel travaille maintenant pour la World Health Organization et il est ainsi le Dr W.H.O. ! (titre du chapitre 4).

– Steed se remémore la carte envoyée par Cathy de Fort Knox : épisode Faites de beaux rêves.

– La présence de Brodny, vu dans Un Steed de trop et L’homme invisible.

– Les anges cybernétiques qui pourchassent Steed et Mrs Peel dans le cimetière sont les Angels of Death (titre VO d’un épisode des New Avengers : Les anges de la mort).

– Dans le cimetière, à la recherche de la tombe du Dr Armstrong, Steed découvre celle de Uncle Evelyn Armstrong ! Et Steed de s’exclamer : ‘So they had one, too. Made my life hell.’ [Ils en avaient donc une aussi. M’a rendu la vie impossible.] Évidemment, Uncle Evelyn est ici une référence à la biographie de Patrick Macnee, Blind in one ear, dans laquelle l’acteur raconte qu’il vécut avec sa mère et son amie ‘Uncle Evelyn’ qui obligea, entre autres, le jeune Patrick à porter des kilts.

– La vie privée de Mrs Peel est évoquée dans la série : les Knight Industries dans L’héritage diabolique et Peter Peel dans Ne m’oubliez pas.

– Par contre, l’aventure avec David Keel, évoquée dans le roman, n’a pas été portée à l'écran lors de la saison 1. Dans cette dernière, Steed et Keel ont détruit l’organisation de Klaus Drucker. Son adjoint s’appelle Jaeger. Est-ce une coïncidence que Benson, l’adjoint du Dr Armstrong puis de Beresford, soit Frederick Jaeger ?

Critique :

Too Many Targets est le meilleur roman consacré aux Avengers, reléguant la plupart des autres à de simple faire-valoir dans une bibliothèque pour collectionneurs ! Si les autres ouvrages – à l’exception de Deadline et Dead duck – servent donc seulement de décoration sans grand intérêt littéraire, ce roman ravira les amateurs de la série. Les auteurs, John Peel et Dave Rogers, connaissent la série et cela fait toute la différence !

L’histoire permet de regrouper tous les personnages Avengers (à l’exception de la mièvre Venus Smith !) mais pas, malheureusement, les New Avengers (Purdey et Gambit). Ainsi, le titre (en français : "Trop de cibles") fait référence aux Avengers ; Steed, le docteur Keel, Cathy Gale, Mrs Peel, Tara King sont les cibles du nouveau cybernaute. Mère-Grand et Rhonda sont également présents dans ce roman.

Les personnages sont mis en scène en tenant compte des caractéristiques apportées à l’écran. Ils ont poursuivi leur vie et les ‘mises à jour’ sont crédibles. Dr Keel travaille dans l’humanitaire, Cathy Gale a passé quelques années en Afrique et Mrs Peel a repris les Knight Industries après le décès de son mari.

Il y a de grands moments qu’on verrait bien transposés à l’écran : la lutte de Tara avec le cybernaute Steed , celle de Mrs Peel avec la fausse Rhonda et la séquence du cimetière où les Angels of Death, anges cybernautes, attaquent Mrs Peel et Steed. Tara leur vient en aide en utilisant… un Magnum ! Difficile néanmoins d’imaginer la midinette jouer l’inspecteur Harry !

Steed a toujours son tuba dans son salon, mais il lit The Guardian dorénavant (plus à gauche que The Times). On apprend qu’un certain Charles fut le prédécesseur de Mère-Grand et la rencontre initiale de Mrs Peel et Steed n’est pas celle décrite dans la série dans La porte de la mort.

Par contre, l’horripilant Brodny, sans sa crème de violette, a une place (trop) importante (neuf pages). Ce n’est pas ce personnage qui insuffle l’humour dans le roman. Les réparties de Steed avec Mrs Peel et la présence d’un excentrique, valeur sûre de la série, y contribuent. Le professeur Lipp, directeur de V.O.I.C.E. – Venerable Order of Inter-Communicative Endeavors – est, en effet, un excentrique qui n’aurait pas dépareillé avec ceux de la période Emma Peel.

Tara ou Mrs Peel ? Quelle est la partenaire préférée de Steed ? Le roman ne fait pas de mystère à ce sujet. Tara est ennuyée de la très bonne entente entre Mrs Peel et Steed. Elle se sent triste, inférieure et délaissée, particulièrement lorsque Mrs Peel, à l’avant de la Bentley avec Steed, bidouille le chapeau melon en lui expliquant sa stratégie. Tara se rend compte qu’elle peut lutter contre n’importe qui pour garder Steed… sauf Mrs Peel ! Assez jubilatoire, je dois l’avouer, pour ceux qui, comme moi, préfèrent la période Peel ! Miss King se demande ce qui va se passer après cette affaire. D’ailleurs, lors de l’épilogue, Mère-Grand demande à Steed : « And how about Mrs. Peel ? Think she might be amenable to being reactivated, eh ? » [Et Mrs Peel ? Vous pensez qu’elle peut-être réactivée, hein ?] Et il conclut par : « She was always one of the best. » [Elle a toujours été une des meilleures.]

Quelques points négatifs pour terminer. Le récit est freiné par le nombre d’Avengers et l’implication de plusieurs enquêtes s’entremêlant qui amèneront finalement à la réunification des cinq Avengers. L’action est ainsi un peu trop hachée et décousue – il faut attendre la page 71 pour lire : ‘Mrs Peel, you’re needed’ – avant que Cathy Gale rencontre le docteur Keel et que Tara secoure Steed et Mrs Peel au cimetière. Après ces rencontres, la narration sera ancrée sur deux pôles au lieu de quatre ce qui rendra l’action plus fluide.

L’intrigue intéressera les fans, mais elle aura plus de mal à captiver les non initiés au monde des Avengers. La fin peut également paraître bâclée et un peu décevante.

Verdict :

Dommage que ce livre soit resté sans suite ! Il permet aux fans de se replonger avec émerveillement dans l’univers Avengers. Les deux auteurs, connaisseurs, ont choisi les Cybernautes, seuls ennemis récurrents de nos héros, pour cette aventure en y ajoutant tous les ingrédients nécessaires à une bonne soupe Avengers. Le thème n’est pas la trahison, comme pressentie, mais la vengeance, souvent explorée avec mæstria dans la série. La fin du roman et le retour envisagé de Mrs Peel permettent de rêver ! Grande nostalgie !

Lire l'interview de John Peel par Denis

Retour à l'index

©Denis Chauvet