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Foire
Aux Questions
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GUIDES
Comme pour toutes les séries TV, de nombreux guides
sont parus à propos de la série. Quels sont
les plus exhaustifs ? Les plus pertinents ? Suivez notre
guide : Denis Chauvet !
1.
Chapeau Melon et Bottes de Cuir : Irrespectueusement vôtre
2. The Avengers (Toby Miller)
3. Chapeau Melon et Bottes de Cuir (Carrazé/Putheaud)
4. Mrs. Peel Wir Werden Gebraucht
5. The Avengers Files
6.The
Avengers Programme Guide & The Avengers Dossier
7. Das Konzept Emma Peel
8. Chapeau Melon et Bottes de Cuir : Au royaume
de l'imaginaire
9. The Avengers on Location
10. Reading between Designs
11. Saints & Avengers
12. Investigating couples
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Auteurs
: Eric Cazalot et Philippe Paygnard.
Publié
par DLM en juillet 1996 dans la collection
"Le guide du téléfan" (No14).
Format
‘grande télécommande’ (21X11), 155 pages, photos
en noir et blanc.
Le
livre est épuisé, mais on peut le
trouver facilement sur divers sites d’occasion.
"Le
guide du téléfan" était
une collection de livres destinés à
tous ceux qui voulaient en savoir plus sur leur
série préférée. Dans
la collection, il y a, entre autres, de Francis
Valéry : ‘Le Prisonnier’ retour
au village, 1994 ; The Invaders : Les Envahisseurs,
1992 ; The X Files, aux frontières du
réel : une mythologie moderne (en trois
volumes), 1995, 1996 ; Le Saint, 1995 –
de Didier Liardet : Mission Impossible : opérations
intelligence, 1996 ; Les Mystères
de l’Ouest : les nuits de l’imaginaire,
1995 – de Philippe Lombard : Amicalement
Vôtre, l’oisiveté au service
du bien, 1995. Cette collection fut publiée
jusqu’en 1995 chez ‘Car rien n’a
d’importance’ puis DLM a repris des
titres publiés chez cet éditeur. Ces
livres au format poche imprimés sur papier
économique sont moins fournis iconographiquement,
mais ils se rattrapent avec des textes documentés.
Contenu
: L'historique de la série, les résumés
et anecdotes des épisodes de la première
à la sixième saison et les fiches
sur les acteurs Avengers sont les différents
aspects évoqués. La série est
connue mais son histoire échappe souvent
au grand public. Outre un guide des 161 épisodes
des Avengers, parsemé d'anecdotes,
Éric Cazalot et Philippe Paygnard se sont
attachés à raconter en détails
chaque étape de ce programme à travers
l'histoire, souvent houleuse, de la production.
Après une rapide introduction, une chronique
de la série est évoquée en
quatre chapitres sur vingt-cinq pages : Chapeau
melon... sans bottes de cuir, Chapeau melon... et
féminisme, Chapeau melon... et série
culte !, Chapeau melon... et Tara King. L’essentiel
du livre est consacré au guide des épisodes
(de ‘Hot snow’ à ‘Bizarre’).
Chaque saison est définie en quelques lignes
qui précèdent la liste des épisodes
(avec résumés succincts et anecdotes
parfois inédites). On y trouve des informations
intéressantes sur les dates des diffusions
des saisons quatre à six à la télévision
française. Une biographie des comédiens
Patrick Macnee, Honor Blackman, Diana Rigg et Linda
Thorson clôt l’ouvrage.
 
Conclusion
: Ce petit livre est essentiel à tout
fan et il complète parfaitement le livre
beaucoup plus luxueux de Didier Liardet (Chapeau
Melon et Bottes de Cuir, au royaume de l’imaginaire).
Simple et précis, il permet une approche
détaillée pour tous les néophytes.
Cet ouvrage fait partie d’une collection de
qualité, ne ratez pas l’occasion de
vous le procurer si elle se présente. Le
seul point négatif à ce livre, mais
il est de taille, est l’absence totale des
New Avengers. À aucun moment, cette
suite n'est évoquée. On peut se demander
si un volume n’avait pas été
prévu pour cette ‘sequel’.
Lire
l'interview d' Eric Cazalot
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Auteur
: Toby
Miller.
Publié
par British Film Institute, 1997.
192
pages, photos noir et blanc.
Contenu
: Il est divisé en sept chapitres : History,
Pop, Fashion, Sex, Genre, The post-modern et Following.
Il est terriblement ennuyeux : pas d'humour, un
ton pédant (qui n'a pas sa place dans le
monde des Avengers) et il est écrit
par une personne qui a une connaissance limitée
de la série. Il est, en effet, bourré
d'inexactitudes, certaines assez cocasses... surtout
lorsqu'on sait que soixante-dix personnes y ont
contribué ! La liste fournie par le site
de David Smith est éloquente ! Une perle
: Toby Miller parle de relation intime entre le
docteur Keel et Steed dans un épisode...
de la troisième saison (Les charmeurs)
!
Conclusion:
Tous les spécialistes sont unanimes : son
intérêt est très limité.
Les rares personnes qui défendent ce livre
ne connaissent pas la série ou veulent lui
donner des dimensions pseudo-intellectuelles jamais
voulues par les créateurs. Collectionneur
de tout ouvrage sur la série, ce livre est,
néanmoins, un des deux que j’ai revendu
! Écrit par un professeur d’université
australien (travaillant aux USA), il est exclusivement
destiné à ceux qui désirent
une analyse intellectuelle, tirant souvent vers
le ridicule, de leur série préférée.
Il est essentiellement basé sur les saisons
Cathy Gale et Emma Peel. Dave Matthews, le webmaster
du site consacré aux New Avengers,
souligne même que certains mots ne sont pas
dans le dictionnaire ! En bref, il faut l'acheter
si on veut 'tout' avoir car ce livre n'est ni divertissant
ni instructif, mais un recueil de blabla
philosophique incohérent et truffé
d’erreurs sur la série. Chacun doit
rester à sa place !
Lire
l'interview de Toby Miller
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Auteurs
: Alain
Carrazé et Jean-Luc Putheaud.
Publié
par Huitième Art en 1990 et réédité en 1995.
Il
fut le premier livre en français uniquement sur
la série à être publié.
Beau
livre, grand format, 250 photos couleur et noir&blanc,
200 pages.
Les 1 827 premiers exemplaires sont numérotés
et comprenaient une page avec une photographie numérotée.
Il existe également 100 exemplaires hors
commerce marqués HC 1 à 100.
Ce
livre, épuisé, était très
coûteux à sa sortie surtout, mais il
peut se trouver dorénavant à un prix
très abordable sur des sites d’occasion.
Je me suis procuré le mien à 12€
et à ce prix là, faut pas s’en
priver !
Ce
livre a été traduit en anglais et
publié par Titan Books en Angleterre
en septembre 1997 et par Bay Books aux États-Unis
en 1998 sous le titre : The Avengers Companion
(couvertures différentes). Alex J. Geairns
a participé à l’édition
anglo-saxonne. Cette édition est à
éviter absolument, vu sa traduction approximative.
Couverture
anglaise :

Couverture
américaine :

Contenu
: La première partie est consacrée
à des entretiens (Regards et témoignages)
avec Patrick Macnee, Diana Rigg, Linda Thorson,
Grant Morrison, Dave Rogers, David Fakrikian, Christophe
Casa-Zza et François Rivière. La seconde
partie est un guide des épisodes de toutes
les saisons, y compris les New Avengers
; à noter que certains titres de la saison
quatre sont en VO car ils étaient encore
inédits lors de l’élaboration
du livre. Treize épisodes sont résumés
en détails et cela constitue la partie fastidieuse
de l’ouvrage ! Les épisodes choisis
sont : The House That Jack Built, Remontons
le temps, Le vengeur volant, Caméra meurtre,
Rien ne va plus dans la nursery, Le joker, Meurtres
à épisodes, Le village de la mort,
Jeux, Clowneries et la saga des cybernautes
(Les cybernautes, Le retour des cybernautes et Le dernier des cybernautes ?).
70 pages (presque la moitié du livre) sont
consacrées à ces résumés
et ils sont superflus à l’époque
actuelle des DVD. La dernière partie, Créateurs
et créatures, a plusieurs thèmes :
‘Les vengeurs’ par Brian Clemens, quatre
pages intéressantes – Huit heures de
travail et de plaisir par jour, quatre pages de
belles photographies généralement
de tournage et parfois inédites (page 176,
Miroirs en haut à gauche) et le
livre se termine par les habituelles rubriques :
les acteurs vedettes – les véhicules
stars – les grandes lignes de la mode Avengers
– liste des principaux réalisateurs
et acteurs invités.
Conclusion
: L’intérêt du livre réside essentiellement
dans ses nombreuses photographies sur papier glacé
et se doit de figurer sur les étagères des fans
de la série malgré ses défauts.
Lire
l'interview d'Alain Carrazé et Jean Luc Putheaud
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Auteur
: Franziska
Fischer.
Publié par Bertz en 1996 (120 pages).
La
troisième édition, publiée par Bertz+Fischer est
sortie en juin 2006.
Livre
à couverture souple, 224 pages, 325 photos noir&blanc.
Contenu
:
L’auteur
Franziska Fischer a découvert la série
à l’âge de cinq ans avec l’épisode
Rien ne va plus dans la nursery ( Eins,
Zwei, Drei- Wer hat den Ball ? en allemand).
Mrs
Peel est le personnage central de l’ouvrage.
La première partie, Die Avengers-Story comporte
34 pages, dont 15 sur la période Emma Peel.
Cet historique est très souvent inspiré
des bouquins de Dave Rogers (The Avengers
de 1983 mais surtout The complete Avengers
de 1988) et également du livre de Kathleen
Tracy, Diana Rigg: The Biography (2004).
Dans ce dernier, cette citation de D. Rigg, concernant
le casting, m’était inconnue : ‘Le
studio fourmillait de jeunes femmes. Nous devions
toutes porter pantalon et pull-over noirs, ce qui
nous faisait ressembler à une armée
de néo-nazis’ (page 24). Nous apprenons
également que c’était la première
cascade et apparition TV de Cyd Child. Dans Stay
Tuned, elle déclare qu’elle n’aurait
pour rien au monde échangé son travail
sur les Avengers. Surprenant de lire que
Ian Hendry a quitté la série, mécontent
car les producteurs faisaient la part belle à
Steed.
En
1966, la chaîne ZDF diffuse la série
un mardi soir sur deux à 21h15 avec 55% d’audience
(premier épisode, Les cybernautes
le 18 octobre 66). Après treize épisodes,
elle est remplacée par Des Agents Très
Spéciaux, mais elle revient après
une grosse protestation des téléspectateurs.
Chapeau Melon est la seconde série
britannique à être diffusée
en Allemagne après Simon Templar (Le Saint)
en 1963. Diana Rigg a la voix allemande de Brigitte
Bardot et Marilyn Monroe tandis que Steed a celle
de James Bond ! Quand on pense que la série
n’est toujours pas sortie en DVD en Allemagne
alors que les fans ont dû être retenus
par la police tandis que Patrick Macnee et Diana
Rigg dînaient dans un restaurant de Düsseldorf
!
On
peut lire également que Patrick Macnee comparait
Purdey à la porcelaine de Dresde et que Nelson
Mandela aurait déclaré de sa prison
sud-africaine : ‘Si Purdey peut se sortir
de là, nous le pouvons aussi.’
La
seconde partie, Die Stars, se résume à
environ vingt pages sur deux acteurs : Diana Rigg
et Patrick Macnee (dans cet ordre significatif.)
Le Wiener Kurier de janvier 73 rapportait
la tenue de Diana lors de son mariage (robe rouge
cerise et un chapeau de paille blanc et rouge).
L’actrice a déclaré au Berliner
Morgenpost en juin 88 : ‘Je n’aurais
jamais pensé que la série serait encore
diffusée vingt ans après. Une preuve
de sa qualité. De temps à autre, je
regarde un épisode avec ma fille, Rachel,
ma meilleure production.’ La vie de Patrick
Macnee est très fortement inspirée
du livre Blind in one ear. On y apprend néanmoins
que l’acteur a déclaré à
Télé 7 jours en 1992 qu’’avec
l’argent dépensé pour mes cures
de désintoxication, j’aurais pu agrandir
ma maison de quelques pièces.’ En septembre
85, il sauve une femme de la noyade et BZ
(Berliner Zeitung) titre : ‘Sans parapluie
mais avec du charme.’ .
La
troisième partie (Die Erfolgsformeln, mot
à mot : Les recettes du succès) décortique
les particularités qui ont fait le succès
de la série en 80 pages et sept chapitres
(plus du tiers du livre) : l’intemporalité
de la série, les personnages, le schéma
narratif des scénarios des saisons Emma Peel,
les techniques de tournage, l’humour et les
jeux de mots, les thèmes abordés et
les références culturelles. C’est
assez inégal, alternant l’intérêt,
l’évidence et l’ennui. Dans le
Wiener Kurier de juillet 67, sous le titre ‘
Emma Peel – für uns gezähmt’
[Emma Peel, pour nous apprivoiser], nous avons une
petite idée de l’accueil réservé
par l’Autriche aux Avengers : ‘
La télévision allemande nous a envoyé
une sélection d’épisodes ; l’héroïne
a en effet quelques particularités : elle
est la reine des péchés, boit de l’alcool
dans un cercueil, est presque écrasée
dans une presse à vin et pratique la danse
du ventre. L’Autriche ne verra pas cela !’.
Néanmoins, le journal Christ und Welt
écrivait en juin 67 après la diffusion
de quelques épisodes : ‘Les Britanniques,
champions d’Europe de la légèreté
et du vrai divertissement.’
Le
film est évoqué sur quatre pages et il est décrit
comme prometteur mais ennuyeux. Le melon est trop
large pour Fienes et le film n’a pas de classe,
de rythme, d’humour et de bons dialogues. Sans commentaire.
Le
guide des épisodes qui suit (72 pages) s’appuie
sur les bouquins de Dave Rogers, The Avengers
dossier, le site de David Smith et le site
allemand. Il est surprenant de constater que de
nombreux épisodes de la saison 4 ne furent
pas diffusés avant 1998 (Dans
sept jours le déluge, L’heure
perdue, Le
club de l’enfer,
L’héritage diabolique) ou 1999
(La
mangeuse d’hommes du Surrey, Faîtes
de beaux rêves, Maille
à partir avec les taties, Comment
réussir un assassinat). Cœur
à cœur, Das Mörderinstitut
pas avant le 5 janvier…2003 sur Kabel 1 !
La saison couleur a été diffusée
en 1967 (neuf épisodes) ou 1969 (10 épisodes)
à l’exception de cinq épisodes
qui sont restés inédits jusqu’en
1993. Quant à Tara King, 22 épisodes
ont été diffusés pour la première
outre-Rhin en 1999 sur SAT 1 ! Les New Avengers
n’ont pas été diffusés
dans leur intégralité avant 1997 sur
TM3.
Dans
le court chapitre (deux pages) intitulé :
‘Mrs Peel, Sie werden immer noch gebraucht’
[Mme Peel, on a encore besoin de vous], nous apprenons
que les légendes ne meurent jamais : Christie’s
a vendu aux enchère un chapeau melon porté
par Patrick Macnee pour £1 440 en 1992 ; Linda
Thorson a ouvert un café Avengers en Australie,
le pantalon cuir de Mrs Peel et le melon de Steed
sont sur
le site de la…CIA !
Certaines
erreurs sur les légendes des photos :
– p 106 : photos de "Clowneries"
au lieu de "Jeux"
– p 183 : une photo de Steed prise
dans l’appartement de Tara pour l’épisode
"Remontons le temps". P 191 Scène
du "Club de l’enfer" dans la saison
couleur
– p 193 : photo de tournage de "L’heure
perdue" dans la saison couleur
– p 196 : une photo de "Clowneries"
au lieu de "Jeux"
–
p 204 : une photo de "Fog" au lieu de
"Requiem".
Conclusion
: Le meilleur livre sur la série en langue
allemande et l’intérêt pour les
non germanophones réside dans la qualité
exceptionnelle des photos noir&blanc. Certaines
scènes sont découpées en images
(générique saison 4, Mrs Peel en reine
des péchés, la danse du ventre par
exemple) et ces photos constituent un véritable
attrait, de nombreuses étant inédites.
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Auteur
: Andrew Pixley.
Publié par Reynolds & Hearn,
2004.
350 pages et 16 pages photos (huit en n&b, huit
en couleurs).
Andrew Pixley est un écrivain freelance
; il s’intéresse à la TV, à
la radio et au cinéma. Il a écrit
pour TV Times, Doctor Who magazine
entre autres.
Contenu
:
Dès
la préface écrite par Brian Clemens,
il y a une volonté, presque une obsession,
de ‘persuader’ le lecteur que les Avengers
sont des personnages réels.
À partir de ‘documents officiels’
et de ‘films de surveillance’ (les épisodes),
Andrew Pixley raconte chronologiquement l’histoire
des personnages de la série en les faisant
passer pour des êtres en chair et en os. Ce
qui peut paraître novateur par moments, déconcerte
et tourne au ridicule dans de nombreux passages.
Lors de l’introduction, l’auteur tire
un parallèle entre Steed, espion bien vivant,
et un personnage de fiction renommé, Sherlock
Holmes ! Dans tout l’ouvrage, les épisodes
sont référencés par codes de
quatre lettres ou chiffres (à la manière
des nouvelles de Conan Doyle justement).
15 chapitres et 175 pages sont consacrés
à l ‘agent au chapeau melon. Les six
premiers chapitres sont essentiellement basés
sur le livre de Tim Heald, John Steed : an authorised
biography ; volume 1 : Jealous in Honour publié
en 1977 chez Weidenfeld & Nicolson. La vie de
John Steed, son enfance, ses ancêtres sont
évoqués ; quelques informations (les
tantes de Steed…) font référence
à certains épisodes. Ces chapitres
sont assez rébarbatifs et lassants et, de
plus, ils ne sont pas indispensables à la
compréhension de la suite. On apprend dans
ces pages que Steed a épousé une française
et qu’il aurait rencontré James Bond
et un certain Patrick Macnee !! Par conséquent,
Andrew Pixley enfonce le clou et ridiculise son
œuvre par ce "jusqu’au-boutisme".
En fait, le lecteur peut directement passer au chapitre
sept, le plus intéressant des quinze consacrés
à Steed.
Ce chapitre intitulé John Steed : The
man – professional and personal est le
plus épais (52 pages) et il est, de loin
le plus captivant. Il a fallu à l’auteur
noter chaque détail de chaque épisode,
que cela soit les répliques ou les noms des
protagonistes, pour dresser ce tableau. Tout concernant
l’espion au chapeau melon est répertorié
(sous forme, toujours, de vécu) : connaissances
dans différents domaines (littérature,
histoire, science, musique), goûts (culinaires,
boissons)… Chaque fait et geste est classé
et la provenance codée de l’épisode
indiquée. Cela est parfois fastidieux (huit
pages sur les tenues vestimentaires) parfois plaisant
(quatre pages sur ses relations avec ‘l’opposite
sex’, p. 77 à 80) mais toujours intriguant.
Les armes utilisées, la lecture, les sports
et jeux (les échecs p. 102) sont des exemples
d’autres thèmes évoqués.
Cette approche détaillée est novatrice
mais il est important de souligner qu’il est
essentiel de connaître les épisodes
‘par cœur’ pour apprécier
ces passages (amusez-vous à deviner l’épisode
évoqué avant de voir le code…
pas toujours facile !).
Les chapitres 8 à 14 consacrés à
John Steed sont plus banals et résument chronologiquement
les 187 épisodes de la série (chaque
chapitre correspondant à une période).
Les descriptions des appartements sont également
à trouver dans ces pages. Le quinzième
chapitre sert d’épilogue.
Les chapitres 16 à 24 (128 pages) dressent
le portait des autres personnages de la série
(à la façon de Steed du chapitre 7).
Successivement : Dr David Keel, Dr Martin King,
Mrs Catherine Gale, Miss Venus Smith, Mrs Emma Peel,
Miss Tara King, Mike Gambit, Purdey et The Department
(Mother y a une part conséquente, mais sont
évoqués également brièvement
: S, One-Six, One-Seven, One-Ten, One-Twelve, One-Fifteen,
Charles, Colonel Robertson et Father).
Deux appendices et une biographie clôturent
le livre :
– L’appendice A est la liste des 187
épisodes classés par ordre alphabétique.
L’ordre est le code à quatre lettres
ou chiffres.
– L’appendice B retrace chronologiquement,
par des résumés succincts, les romans
et autres écrits publiés entre 1962
et 1977. Certaines histoires auraient faits d’excellents
épisodes (TV Crimebusters, TV
Comic, John Garforth (Anthony Hussey de son
véritable nom), Diana, The Avengers
Annuals, les bouquins de Keith Laumer, The
New Avengers Annuals…
Le livre vu par son auteur (sur la base d'un entretien avec Andrew Pixley) :
Au début
2003, Marcus Hearn, des éditions Reynolds
& Hearn, contacte Andrew Pixley pour écrire
un livre sur les Avengers car ils possèdent
une licence Canal +. Après avoir
évalué le contenu de différentes
archives, Andrew Pixley se rend rapidement
compte qu’il n’était pas possible
d’améliorer beaucoup les livres fascinants
de Dave Rogers sur les à-côtés
de la série. Il décide alors d’orienter
ses écrits vers quelque chose d’inédit
et de risqué. Reynolds and Hearn donna
carte blanche et Pixley se lança dans des
recherches «amusantes »... mais
cela le fut beaucoup moins lorsqu’on lui
a demandé que le texte soit assemblé
en seulement six semaines, un autre auteur ayant
laissé tomber la maison d’édition
! Canal + a donné l’accès
à tous les documents écrits et images
qu’ils possédaient sur la série,
ce qui fut utile pour combler certains choses
comme l’orthographe des noms et lieux, ainsi
que les nombreux morceaux de musique entendus
dans la série. Brian Clemens écrivit
la préface et fut content de participer
à cette vaste plaisanterie.
Avec la longévité
de Steed, Pixley axe ses recherches sur les détails
de continuité... Certains étaient
cohérents alors que d’autres étaient
contradictoires. Il a cette notion de A à
Z en tête qui avait été faite
pour d’autres séries mais pas pour
les Avengers. Chaque épisode est
revu et les détails scrupuleusement notés
– personnages, noms, endroits, dates, ce
que les gens mangeaient, ce qu’ils buvaient,
ce qu’ils conduisaient etc. Il était
évident qu’il y avait énormément
d’informations sur Steed et Mrs Gale et
la partie Steed serait particulièrement
importante. Non seulement les épisodes
mais tous les écrits, les romans, annuals,
bandes dessinées, fanzines, sont ainsi
examinés.
La biographie
des personnages prend forme et l’ordre de
production est retenu comme échelle de
temps. Le livre déroge à cette règle
uniquement lorsqu’il y a des preuves à
l’écran, comme un calendrier, un
agenda, un journal etc. Un exemple fut l’épisode
Interférences où l’agenda
du professeur Frank N. Stone a posé problème.
D’autres preuves à l’écran
de datation pouvaient être des petites choses
comme une vignette sur une voiture, Steed qui
emploie des phrases cultes d’autres programmes
(Rowan and Martin’s Laugh-In),
un commentaire qu’un match se jouait, quelqu’un
précisant à quelle heure étaient
l’aube ou le crépuscule...
Ce livre répertoire
de la série de A à Z (accompagné
de listes de détails et d’informations
complémentaires) reçut un accueil
contrasté. Certaines personnes ont compris
la plaisanterie. D’autres pas. Le livre
a choqué de nombreuses personnes qui avaient
payé cher parce qu’elles étaient
convaincues qu’elles auraient entre les
mains un guide sur la série et pas un ramassis
de faits tirés d’épisodes
mais aussi de bandes dessinées trouvées
dans des programmes télévisés
régionaux. Pixley pense même que
toutes les personnes contrariées se sont
débarrassées rapidement de leur
exemplaire sur e-bay…

Conclusion
: Livre très particulier et parfois rébarbatif,
The Avengers Files se consulte plus qu’il
ne se lit. Ce n’est pas un roman et le fan
a la possibilité de s’y référer
pour trouver moult détails sur sa période
préférée. Le lecteur doit connaître,
en effet, les épisodes pour suivre ! D’autre
part, le côté réel donné
aux personnages (dont les six premiers chapitres
empruntés au livre de Tim Heald) gâche
et ridiculise le livre qui aurait pu être
abordé autrement.
Personnellement, je privilégie les chapitres
7 (l’analyse de Steed), 20 (Mrs Emma Peel),
23 (Purdey) et l’appendice B. On peut saluer
le travail de précision et de recoupement
d’Andrew Pixley jamais effectué auparavant,
mais le résultat est quelquefois lourd et
lassant. Certains détails relatés
sur la saison cinq, pourtant archi connue, ne sautent
pas forcément aux yeux, c’est dire…
Si vous n’appréciez pas ou ne connaissez
pas les saisons antérieures à Mrs
Peel, vous pouvez carrément sauter les chapitres
16 à 19 au risque de vous ennuyer ferme…
The Avengers Files est un livre original, parfois
intéressant mais pas indispensable.
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| 6. The Avengers Programme Guide & The Avengers Dossier |
The Avengers Programme Guide

Auteurs
: Paul Cornell, Martin Day et Keith Topping.
Publié
par Virgin Publishing Ltd, 1994.
358 pages, photos n&b, couverture souple. En
anglais.
Contenu
:
Une
rareté ! Ce livre ne fut pas publié
en Grande-Bretagne car certains passages faisaient
référence, paraît-il, à
une liaison entre John Bryce, le producteur, et
Linda Thorson qui aurait permis à cette dernière
d'obtenir le rôle de Tara King. Virgin préféra
détruire le stock plutôt que d’être
attaqué en diffamation par l’actrice,
mais certains exemplaires se sont vendus en Nouvelle
Zélande et en Australie. Les exemplaires
encore en circulation sont évidemment très
coûteux et très difficiles à
trouver.
L’ouvrage
est le premier livre sur la série qui ne
soit pas écrit par Dave Rogers. Il contient
des sujets "inédits" expliquant
pourquoi la saison 4 est meilleure que la 5, le
racisme dans la série et des écrits
sur différents aspects des Avengers,
le tout sur un ton humoristique. On y trouve également
un guide complet des saisons, y compris The New
Avengers.
The
Avengers Dossier

Auteurs
: Paul Cornell, Martin Day et Keith Topping.
Publié
par Virgin Publishing Ltd, 1998.
374 pages avec un encart de huit pages de photos
n&b, format livre de poche. En anglais.
Ce
livre n’a pas été traduit en
français.
Contenu
:
The
Avengers Dossier est la version édulcorée
de The Avengers Programme Guide. Il comprend
la présentation des 187 épisodes et
trois écrits sur la série. Les auteurs
font référence à la version
supprimée en qualifiant l’ouvrage de The Avengers Unpulped dès la première
page !
Après
une rapide introduction et des conseils d’utilisation
du manuel, les épisodes des Avengers
et New Avengers sont passés en revue
avec une introduction de quatre, cinq pages pour
chaque saison y incluant un Top Five (pages
12 à 344). Cela constitue, bien entendu,
l’ossature du livre. Ce guide sort des sentiers
battus avec une approche humoristique très
inédite. À peu près deux pages
sont consacrées à chaque épisode
; la distribution, un résumé succinct
et des critères d’analyses plutôt
singuliers comme ‘wit’ (humour), ‘kinkiness
factor’ (aspects coquins), ‘fights’
(combats), ‘champagne’, ‘eccentrics’
et bien d’autres… Sans oublier : des
informations supplémentaires très
intéressantes car souvent inédites
: ‘notes’. Mêmes critères
pour les New Avengers avec, en prime, ‘Violence’
et... ‘Porno funk music factor’ !
Le
livre est plutôt original et il présente
des points de vue intéressant. À noter,
néanmoins, que les titres des épisodes
en français sont bourrés de fautes
(voir la liste en bas de la critique). D'après
le livre, les titres français et allemands
de la série privilégient la vision
esthétique à la vision subtile de
Sydney Newman (titres originaux et espagnols) !
Pour la petite histoire, les auteurs précisent
que cela aurait pu être pire car les français
ont traduit Man in a Suitcase par Un
homme dans une valeise (sic) ! (Faux, c'est
L'homme à la valise).
On
y apprend qu'une certaine Eleanor Bron a refusé
le rôle d'Emma Peel avant qu'Elizabeth Shepherd
soit engagée et que Maira Richmond avait
le rôle avant le bout d'essai de Diana Rigg.
Le livre insiste surtout sur les deux saisons distinctes
de la saison Emma Peel couleur. The Avengers
Dossier fait des huit derniers épisodes
Emma Peel une saison à part. Le tournage
fut interrompu six semaines entre Qui suis je
? et Le retour des cybernautes. Les
16 premiers épisodes formeraient donc la
saison cinq et les huit derniers la saison six.
Ces derniers épisodes sont reconnaissables
car ils n'ont plus la scène d'introduction
We're needed. 10 épisodes étaient
prévus mais huit furent achevés. Le
neuvième fut interrompu et repris par Brian
Clemens dès son retour (Ne m'oubliez
pas) et le dixième a disparu (nb : peut-être
Double personnalité, un des premiers
tourné par Linda Thorson et prévu
pour Diana Rigg). D'après le livre, les débuts
de la saison sept (Tara King) se situeraient au
30 octobre 67 quand The Times annonçait
le début du tournage d'Invitation to
a Killing. C'est à ce moment que Linda
Thorson fut envoyée dans une ferme de remise
en forme (si on peut dire !). Clemens et Fennell
sont revenus en décembre 67 (après
le tournage de deux épisodes et demi sous
John Bryce) et la fameuse scène de l'escalier
de Ne m'oubliez pas fut tournée
le 19 janvier 68. En mars 68, les américains
découvrent 15 nouveaux épisodes ;
les huit derniers Diana Rigg et les sept premiers
Linda Thorson dont Ne m'oubliez pas qui
fut diffusé au Royaume-Uni six mois plus
tard. Patrick Newell, alias Mother, est remarqué
aux États-Unis et son rôle devient
récurrent à partir d'avril (À
vos souhaits). À noter que le générique
de fin de Ne m'oubliez pas, utilisé
uniquement pour cet épisode dans les versions
britannique et française, est le générique
allemand pour tous les épisodes de cette
saison.
En
ce qui concerne les New Avengers, Brian
Clemens aurait déclaré : 'The French
didn't come up with all the promised money. Never
work with French companies. They are all crooks
and vagabonds.' C'est pour cela que la série
émigra au Canada au grand dam de Brian Clemens
qui considère que c'est 'the worst place
to shoot anything' ! Il aurait préféré
Los Angeles par exemple ! Nielsen-Ferns Inc of Toronto
finança ! Contrairement à Fennell,
Brian Clemens n'a pas fait le voyage au Canada.
D'ailleurs, Emily est le seul épisode
qui ne fut pas produit par le duo mais par Hugh
Harlow et Jim Hanley et la série était
devenue canadienne !
Chacun
des trois auteurs du livre écrit ensuite
une petite contribution personnelle (pages 345 à
362) ; Paul Cornell dans S and Em (l’écrit
le plus intéressant) retrace le changement
de perception de la femme avec les rôles de
Cathy Gale et d’Emma Peel. Elle devient l’égale
de l’homme et elle lui est même, parfois,
supérieure. Le passage à Tara fut
un retour en arrière, mais Purdey allait
redonner du glamour à l’héroïne
dans les New Avengers. Paul Cornell évoque
aussi l’apartheid dans l’Angleterre
des Avengers : les gens de couleur étaient
considérés ‘lower class’
dans les années 60 en Grande-Bretagne et
il ne pouvait rien avoir de ‘lower class’
dans le monde des Avengers.
Keith
Topping – The medium is the message
– replace The Avengers dans son époque
télévisuelle et politique… allant
jusqu’à supposer que la série
pouvait être une tentative du MI5 pour déstabiliser
le gouvernement travailliste au pouvoir à
l’époque ! Keith Topping souligne que
la société de consommation est présente
dans plusieurs épisodes et on peut y trouver
un manque de confiance en la modernité. Il
conclut en regrettant le départ de Clemens
et Fennell et il précise que la série
n’a pas retrouvé sa splendeur malgré
leur retour.
Martin
Day – Turn ! Turn ! Turn ! –
souligne que la particularité de la série
à ses débuts résidait dans
le personnage de Cathy Gale, mais pas dans les histoires
qui ne tranchaient pas avec les séries de
l’époque. L’auteur trouve que
le film a apporté quelque chose de nouveau
tout en rendant hommage à la série.
Le
livre se termine par deux pages sur le film où
des anecdotes de tournage sont données (Uma
Thurman avait une combinaison si serrée qu’elle
devait mettre du talc pour rentrer dedans) et un
index des 187 épisodes classés par
ordre alphabétique de A comme All Done
with Mirrors jusqu’à Y comme You’ll
Catch Your Death.
 
Conclusion
: Le livre, très intéressant,
complète et contredit parfois même
les dires de Dave Rogers sur l’histoire de
la série. Le style particulier est très
humoristique et il colle bien à l’essence
de la série. Il ne faut pas hésiter
à se le procurer si l’occasion se présente,
car il est beaucoup plus rare sur e-bay que les
livres de Dave Rogers. Le mauvais côté
est le nombre incroyable d’erreurs de citations,
d’orthographes des noms ; beaucoup sont répertoriées
sur
le site de David Smith. Un exemple parmi d’autres
: ce n’est pas Emma qui déclare à
la fin des Espions font le service : "The
butler did it." mais Steed !
Lire
l'interview des auteurs du livre.
Erreurs sur les titres français
(à droite) :
Voyage
sans retour --> Voyage sans return
Meurtre par téléphone --> Meutre
par telephone
Faîtes de beaux rêves –-> Faites
de beaux reres
Le jeu s’arrête au 13 –-> Le
jeu S’Arrele au 13
Les espions font le service –-> Les espians
font le service
Caméra meurtre –-> Camera meutre
Meurtres à épisodes –-> Meutres
à episodes
Double personnalité –-> Double personalité
Je vous tuerai à midi –-> Je vous
tuerci à midi
Meurtre au programme –-> Meutre au programme
Le monstre des égouts –-> Le monstre
des egonts
Méfiez- vous des morts ! –-> Mefiez-vous
des mortes !
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| 7. Das Konzept Emma Peel |

Auteur
: Lars Baumgart.
Publié par Ludwig, 2002. Réédité
en 2005.
184 pages – Livre à couverture souple
(20 X13, 5 cm) ne présentant que quatre pages
d'illustrations (179 à 182).
Ce livre n'existe qu'en allemand.
Contenu
:
Tout sur le personnage et son importance dans l'émancipation
de la femme à travers les séries télévisées.
L'introduction compare Emma Peel à Dana Scully
(X Files) comme étant des Ikonen
der Emanzipation (pas besoin de traduire !). L'auteur,
Lars Baumgart, explique le succès d'un tel
personnage (Emma Peel) pour la télévision
et le public conservateur de l'époque. La
vision de la femme dans les programmes fut alors
complètement bouleversée. Le sous-titre
du livre résume parfaitement le contenu :
Der unerwartete Charme der Emanzipation: The
Avengers und ihr Publikum [Le charme inattendu
de l'émancipation : The Avengers
et son public].
Le livre a deux parties importantes. Zwischen
Exzentrik und Emanzipation (pages 10 à
87) retrace brièvement l'historique de la
série et son apparition chaotique à
la télévision allemande (nombreux
épisodes furent coupés). L’auteur
analyse ensuite scrupuleusement les deux héros
et le programme sous différents aspects.
Au milieu de quelques lignes intéressantes
mais surtout de passages rébarbatifs (certains
sont même à zapper tant l'auteur se
complaît à disséquer des banalités
ou à se lancer dans des explications psychiques),
le chapitre intitulé Sex und Kinkiness
(pages 46 à 62) est plutôt original.
L'auteur recense les connotations sexuelles de la
période Emma Peel. Elles sont beaucoup plus
nombreuses, comme on pouvait s'y attendre, pour
la quatrième saison. Prenons au hasard les
personnages d'Arkadi (Du miel pour le prince),
Hooter et son appendice nasal (Comment réussir
un assassinat) et Piedi, fétichiste
des pieds (La danse macabre).
On y apprend également que le cuir, réservé
dans les années 60 au porno, a servi de prétexte
pour des 'dérives', en tout cas en Allemagne.
Ainsi, le film Mit Schlitz, Schwanz und Melone
(ne comptez pas sur moi pour vous le traduire, on
risquerait d'être fermé !), raconte
comment Erma Peals et John Steep (!) se lancent
aux trousses d'un savant inventeur d'une machine
permettant aux femmes de perdre tout complexe et
de se livrer à tout ce que vous pouvez imaginer.
Le savant a l'intention de l'utiliser sur la Reine
lors de son prochain passage à la TV... [
Plus
d'informations sur ce film]
Les deux derniers chapitres soulignent la transformation
que le personnage Emma Peel a apportée au
monde télévisuel et à la société
machiste des années 60. Pour étayer
son point de vue, l’auteur dissèque
les épisodes Le joker, Caméra
meurtre et L’héritage diabolique.
La seconde partie, Zwischen gestern und heute
[D' hier à aujourd'hui] (pages 88 à
135), retrace l'évolution de la femme dans
les séries télévisées,
de La Patrouille de l'Espace à X
Files, et nous nous éloignons assez
souvent des Avengers, d’autres séries
étant évoquées : Hawaï,
Police d’État ; Mission impossible
; Bonanza… Comme dans la première
partie, le pire côtoie ensuite le meilleur
et on retiendra seulement quelques passages intéressants
sur les références et hommages de
la série à d’autres œuvres
(pages 120 à 123).
La
fin de l’ouvrage est constituée de
16 pages d’annotations pas pratiques à
consulter – il faut, à chaque fois,
se référer à la fin du livre
pour des anecdotes ou des emprunts à de nombreux
ouvrages –, d’un guide des épisodes
des saisons Emma Peel avec dates de diffusion à
la télévision allemande (copié,
comme indiqué, sur le livre de Franziska
Fischer qui, elle-même, avait pompé
le livre de Dave Rogers !) et d’une bibliothèque.
Les
quatre dernières pages comportent des photographies
de Diana Rigg dans L’héritage diabolique
et Voyage sans retour, un petit plan de
l’appartement de Mrs Peel et de Steed et deux
dessins d’Eric Stanton (1926-1999). Il était
un artiste de bondage et fétichisme américain
et, contrairement à la plupart des artistes
de bondage, Stanton aimait dépeindre les
femmes comme des dominatrices… d’où
la comparaison avec Emma Peel !
Il y a également, et cela constitue un des
pôles d'intérêt de ce livre,
la publicité de la marque Mercedes-Benz de
1999. On voit Steed en ombre (générique
de la saison couleur) sans Mrs Peel et le titre
allemand tronqué Mit Schirm und Melone.
Le Charme a été retiré
comme Mrs Peel et le slogan de la pub est Das
Leben wäre ärmer ohne Partner
qu'on peut traduire par : 'la vie serait triste
sans partenaire'. Cette pub fait partie d'une série
lancée par Mercedes à l'époque.
Elle s'appuyait sur des associations de personnages
connus du public allemand.
Conclusion
: Il
est indispensable de bien connaître la langue
de Goethe pour se plonger dans cet ouvrage. J'ai
dû avoir recours à plusieurs reprises
au dictionnaire car le ton utilisé s'apparente
parfois à celui de Toby Miller ! Si vous
voulez avoir un point de vue allemand sur la série,
optez plutôt pour le livre de Franziska Fischer, Mrs Peel, wir werden gebraucht.
Das Konzept Emma Peel n'a pratiquement pas
de photographies et ses seuls intérêts
se résument à quelques passages et
à une superbe couverture, rendant hommage
à la saison 4, qui fait un très bel
effet sur l'étagère !
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| 8.
Chapeau melon et bottes de cuir : Au royaume de l’imaginaire. |

Auteur
: Didier Liardet
Publié
par Yris dans la collection Télévision
en séries.
Format
16X24 cm, 272 pages, plus de 330 photos n&b
avec un encart couleur de 16 pages.
Les éditions Yris sont spécialisées
dans la sortie d’ouvrages sur les séries
télévisées :
http://www.yris.net/
Didier Liardet est l’auteur de nombreux livres
consacrés aux séries Les Mystères
de l’Ouest, Amicalement Vôtre, Les Envahisseurs,
Au Nom de la Loi, Les Têtes Brûlées…
Ce
livre a trois éditions : 2000, 2001, 2005.
La fiche est basée sur la seconde mais les
différentes éditions ont, en fait,
très peu de modifications. La troisième
édition contient seize pages supplémentaires
ainsi qu’une vingtaine de nouvelles photos.
Contenu
:
La
couverture présente la célèbre
image du générique de la saison cinq,
Mrs Peel et Steed entrechoquant leur coupe de champagne.
Les autres principaux personnages, à l’exception
du Dr Keel, apparaissent en beaucoup plus petit
sur un échiquier. La présentation
n’est pas anodine : les saisons Emma Peel
bénéficient d’un traitement
de faveur.
La
préface d’Honor Blackman, écrite
en juillet 2000 et absente de la première
édition, est très intéressante
car l’actrice évoque des anecdotes
de tournage et les coulisses de la production. Elle
souligne également l’importance de
Leonard White dans le succès de la série.
Le
livre est constitué d’un historique
détaillé, de la production de la série
saison par saison, des coulisses du tournage, d’un
guide complet et commenté des 187 épisodes,
d’une étude de ses éléments
constitutifs et du portrait et filmographie de ses
principaux interprètes.
L'auteur propose aussi une approche critique –
beaucoup trop partisane – du film Chapeau
melon et bottes de cuir , ainsi qu'un vaste
tour d'horizon des produits dérivés
de la série et des meilleurs sites Internet
qui lui sont consacrés.
Les
quatre premiers chapitres (pages 9 à 157)
évoquent les quatre périodes des Avengers
: Ian Hendry (La genèse de la série),
Cathy Gale (Les années Cathy Gale),
Diana Rigg (Le label Chapeau melon) et
Tara King (Un style évolutif).
Chaque
chapitre est composé d’un historique
d’une demie douzaine à une douzaine
de pages suivi d’un guide des épisodes
(résumé, fiche technique, dates de
diffusion, anecdotes).
Les épisodes sont classés par ordre
de diffusion (comme les DVD) et non pas dans l’ordre
de production comme sur le site.
L’historique de la série est une version
très édulcorée des livres de
Dave Rogers mais l’ouvrage reste une référence
pour les fans français, surtout pour ceux
qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare
et qui ne peuvent pas profiter du travail de Dave
Rogers, le spécialiste de la série.
Les fiches épisodes sont, dans l’ensemble,
très bien conçues ; les résumés,
concis et précis, et la distribution permettent
aux fans de situer rapidement l’aventure.
La présentation est claire et fait luxueuse.
Bien qu’étant exclusivement en noir
et blanc (à l’exception de l’encart
de 16 pages), les photos du livre sont nombreuses,
surtout pour la saison 4, de grande qualité
et bénéficient d’un découpage
très artistique. Certaines sont rares comme
les photos de tournage à la page 85 (entre
autres, Diana Rigg, cigarette aux lèvres
sous la presse à vin de Dans sept jours
le déluge).
Le
livre est, malheureusement, entaché de nombreuses
erreurs qui n’échappent pas à
l’œil averti d’un fan ; c’est
assez dommageable car je m’appuie sur la seconde
édition du livre qui aurait dû être
corrigée. Des exemples, au hasard, sur les
saisons Emma Peel ; à la page 27, John Lucarotti
est crédité du scénario de…
L’heure perdue (écrit en fait
par Roger Marshall). Les noms sont, parfois, mal
orthographiés (Dr Storm au lieu de Dr Sturm,
Elizabeth Sheperd au lieu de Shepherd, PURR au lieu
de PURRR) et les résumés ont quelques
inexactitudes (Wadkin réapparaît dans
un restaurant chinois, Vénus et son assistant
Mansford). C’est dans Caméra meurtre,
plutôt que dans Le jeu s’arrête
au 13, que Mrs Peel parodie le lion de la MGM.
On peut lire aussi « Steed embrassant madame
Peel et lui donnant une tape sur les fesses avec
la main. » (sinon avec quoi d’autre
?).
Une autre erreur à la page 130 : «
Cyd Child doublure de Diana Rigg lors des deux saisons
précédentes » : la première
doublure de Cyd Child est sur l’épisode Bons baisers de Vénus…
Page 136 : « Le visage (où
l’on accède en composant un numéro
spécial dans une cabine publique attenante)
» ; faux, c’est Interrogatoires.
À
noter, pour finir, cette phrase qui m’a beaucoup
amusé : « Tara compense son manque
relatif de charme par un physique généreux
et des formes pour le moins pulpeuses. »
Le
chapitre 5 (pages 159 à 193) intitulé
Un concept unique revient sur les spécificités
de la série. En fait, c’est principalement
la cinquième saison qui est analysée
sous toutes les coutures ; c’est parfois répétitif
: on a ainsi la description du générique
de cette saison sur une page et demie ! Plusieurs
aspects sont ensuite passés en revue : les
armes, les véhicules, les vêtements,
les décors, les scènes d’introduction
(sur trois pages), les épilogues et les personnages
(John Steed et Emma Peel uniquement). Tout ce qui
représente l’identité de la
série est exposé avec justesse.
Les parties suivantes de ce chapitre sont plus ‘spéciales’
et d’un intérêt inégal.
‘Un ensemble filmique emblématique’
est principalement six pages de remplissage très
rébarbatives (la construction scalaire, l’analyse
de l’espace filmique…), ‘Le jeu
des références’, ‘Une
thématique éclectique’ et ‘Un
concept particulier’ clôturent, avec
plus de bonheur, ce chapitre original constitué
principalement d’une étude sur la série
jamais réalisée jusqu’alors
en français.
Le
chapitre 6 (pages 195 à 205), Portrait
d’un gentleman retrace la vie de Patrick
Macnee et le lecteur n’apprend rien de nouveau
(surtout s’il a lu Blind in one ear ). Les années les plus récentes sont,
néanmoins, un excellent complément
aux vidéos de notre site.
Le
chapitre 7 (pages 206 à 233) est dédié
aux New Avengers. Didier Liardet présente
l’historique puis une analyse précise
et intéressante des New Avengers
; la seule en français car rappelons que
Chapeau Melon et Bottes de Cuir : Irrespectueusement
vôtre n’évoque pas cette
‘sequel’. L’auteur conclut en
soulignant que ‘The New Avengers
ne possède pas le caractère intemporel
(de la série initiale) mais mérite
néanmoins d’être réhabilité
au regard de ses qualités d’ensemble.’
Un guide des épisodes (résumé,
fiche technique, dates de diffusion, anecdotes),
à l’instar des saisons ‘vintage’,
termine le chapitre.
Le
dernier et huitième chapitre (pages 234 à
248), consacré au film, est le passage le
plus controversé de l’ouvrage. L’auteur
retrace successivement la production et l’histoire
du film avant de nous livrer une critique toute
personnelle sur quatre pages. Ces dernières
sont, en fait, une vision idyllique du film. Le
début est très significatif : « La
vision du film fut donc une agréable surprise
que certaines insuffisances et une presse très
critique ne parvinrent pas à altérer.
» On peut lire également que Ralph
Fiennes incarne avec justesse Steed et que le film
fait partie des adaptations réussies (comparé
à Mission Impossible) ! Bref, à
lire ces lignes, on se demande si Liardet évoque
la même production que tous les fans connaissent.
Il considère le film proche de la série,
ce que rejette la plupart des fans de la planète.
Le ‘naufrage financier’ évoqué
est simplement imputé au public jeune méconnaissant
la série et à la date de sortie !
Il y avait matière à creuser les raisons
de l’échec de ce film en livrant une
critique plus neutre.
Les
annexes retracent d’une façon exhaustive,
photos à l’appui, tout ce qu’on
peut se procurer sur la série entre 1961
et 2001 (pages 250 à 266). Livres, revues,
annuals, bandes dessinées, romans, fan-club,
discographie, Internet, produits dérivés,
DVD, vidéocassettes… C’est clair,
précis, instructif.
 
Conclusion
:
Chapeau
Melon et Bottes de Cuir : Au royaume de l’imaginaire
est l’ouvrage à posséder pour
tous les fans français malgré quelques
désagréments (quelques erreurs, critique
subjective du film) ; il démontre, comme
le souligne son auteur dans sa préface, la
longévité et l’impact de la
série qui en font une référence
indémodable. L’ouvrage est devenu l’unique
livre de référence pour les fans francophones
tandis que les anglophones auront toujours la possibilité
de faire un parallèle ou de préférer
les écrits de Dave Rogers.
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|
| 9. The Avengers on Location |

Auteur
: Chris Bentley
Publié
par Reynolds & Hearn Ltd, 2007.
296
pages, plus de 600 photos en noir et blanc.
Ce
livre est dédié à la mémoire
de Gareth Hunt. Il possède une très
belle couverture qui met en évidence, une
fois de plus, Mrs Peel au détriment des autres
Avengers girls concernées, Tara
King et Purdey.
Chris
Bentley est un écrivain free lance
et l’auteur de livres sur les séries
UFO et Thunderbirds. Il est également
co-organisateur du rallye annuel Dead Man’s
Treasure Hunt.
Contenu
:
La
préface, très intéressante,
est de John Hough, réalisateur des épisodes
: Le document disparu, Le matin d’après,
Brouillard, Homicide et vieilles dentelles,
(tous de la saison 6) ainsi que Un chat parmi
les pigeons (New Avengers).
Il réalisa également des épisodes
d’autres séries : Le Baron, Les
Champions, Le Saint, Poigne de Fer et Séduction
et Mission Casse-Cou.
L’introduction
nous apprend que les rallyes annuels ont donné
naissance à cet ouvrage. Les repérages
eurent lieu en 1986 et la première Treasure
Hunt un an plus tard. La plupart des lieux
de tournage se trouvent, en fait, dans un rayon
de cinq miles autour des studios Elstree. Le site
d’Anthony McKay, Avengerland, fut
le prolongement de ces réunions et finalement,
ce livre, The Avengers on Location propose plus de 500 lieux de tournage de la série
dont 70 inédits. Néanmoins, dû
à des disparitions et des démolitions
(certaines très récentes) et aussi
à d’éventuelles nouvelles découvertes,
les futures éditions de cet ouvrage auront
très certainement des informations modifiées.
Tous
les épisodes, de la saison 4 aux New
Avengers, sont classés par ordre alphabétique
de All Done with Mirrors jusqu’à You’ll catch your death. Les trois
premières saisons, tournées pratiquement
exclusivement en studio, ne sont pas évoquées.
Cinq épisodes sur les 109 ne figurent pas
non plus dans l’ouvrage. Brouillard,
exclusivement tourné en studio ainsi que
quatre autres épisodes dont les lieux de
tournage n’ont pas été formellement
reconnus : Meurtres distingués, Le joker,
Le mort vivant et Pandora.
Pour
chaque épisode, les dates de tournage sont
fournies ; elles sont assez flexibles (contrairement
à d’autres séries tournées
en même temps comme Les Champions
ou Département S) et peuvent s’étendre
au delà des dix jours prévus (un mois
pour La chasse au trésor). Les épisodes
sont présentés avec la distribution,
un résumé succinct et le contexte
chronologique au moment du tournage (très
intéressant). Chaque épisode est traité
en fonction de l’importance des lieux, de
quelques lignes à dix (Le S 95)
ou huit pages (La chasse au trésor, Le
matin d’après).
Les lieux de tournage apparaissent en caractères
gras ; ils sont détaillés soit pour
leur première apparition dans la série
soit pour l’importance de leur présence
à l’écran.
D’autres séries et films sont mentionnés
à chaque lieu de tournage.
Les lieux de tournage sont évoqués
avec moult détails tant du point de vue historique
que des éventuelles visites possibles (avec
liens Internet, numéros de téléphone
si disponibles). L’historique, les transformations
depuis le tournage et les accès sont décrits
avec précision. Ainsi, lors de la rénovation
de North Mymms Place (quartier général
de PURRR) à la fin des années 80,
une fresque murale datant du XVIIe siècle
fut découverte par accident. Nous apprenons
aussi que Brian Clemens possède toujours
Park Farm, lieu de tournage de Je vous tuerai
à midi ; la présence de la Post
Office Tower de Londres dans Le S 95 aurait
dû être interdite car cette tour était
classée "top secret" jusqu’au
milieu des années 90 et elle ne devait pas
être photographiée ni filmée
; la résidence Starveacres eut une double
fonction dans Petit gibier pour gros chasseurs,
l’avant de la demeure étant la maison
du Dr Gibson tandis que l’arrière était
celle du colonel Rawlings ; la demeure de Barbara
Cartland de 1959 à sa mort en 2000 servit
de lieu de tournage à Double personnalité
entre autres (elle est enterrée dans le parc)
; la séquence d’ouverture des Marchands
de peur fut tournée à Wembley
à peu près un mois après la
finale de la Coupe du Monde 66 entre l’Allemagne
et l’Angleterre ; deux tiers des studios Elstree,
délimités par des peupliers visibles
dans Dans sept jours le déluge,
furent démolis en 1991. Les peupliers sont
toujours là mais ils délimitent dorénavant
le parking du supermarché, Tesco ! Ce livre,
à travers diverses photos et écrits,
souligne l’importance et la grandeur de ces
studios qui permettaient de donner l’impression
que la série était tournée
en extérieurs alors que la production filmait
souvent les à-côtés des immenses
hangars (vue d’avion page 67).
Nous
apprenons également tout sur le phare Start
Point Lighthouse (Miroirs), le château
écossais Eilean Donan (Le repaire de
l’aigle), les studios Elstree qui apparaissent
dans pas moins de 32 épisodes (sur 83) des
Avengers ou le fameux pont à Tykes
Water Lake, propriété privée,
qui apparaît dans 11 épisodes et le
générique de la saison 6. À
noter qu’il est très difficile de reconnaître
à quel endroit exact se trouve la porte de
l’appartement de Steed sur Stable Mews. Les
doublures des acteurs tournaient souvent les scènes
en extérieur dans des plans plus ou moins
éloignés tandis que Patrick Macnee
et Diana Rigg restaient en studio.
Plus besoin d’un guide de Londres car tous
les hauts lieux de la capitale britannique visibles
dans la série bénéficient d’un
rappel historique complet. Néanmoins, les
lieux de tournages les plus représentés
se trouvent autour des studios Elstree. Les lieux
français ne sont pas en reste et j’ai
signalé une petite erreur à l’auteur
qui cite Le Caveau de Palais, Place Vendôme
(au lieu de Caveau du Palais). Cette erreur sera
corrigée dans la prochaine édition.
De
nombreuses photos de tournage, pour la plupart restées
inédites bien trop longtemps, agrémentent
la lecture de ce livre. Trois exemples au hasard
: page 88, Diana Rigg et Patrick Macnee sur le tournage
de la scène finale de Ne m’oubliez
pas dans les studios Elstree et page 258, Elizabeth
Shepherd sur la plage lors du tournage de la première
version de Voyage sans retour. La photo
page 243 (Mais qui est Steed ?) est
caractéristique de la série : on y
voit Mère-Grand téléphoner
d’une barque ; au premier plan, il y
a deux gigantesques projecteurs et une douzaine
de techniciens et à l’arrière-plan
la tour en bois qui servit à L’oiseau
qui en savait trop. Le tout fait, bien évidemment,
partie du périmètre des studios ABP
Elstree.
Un
index recense, à la fin du livre, sur six
pages, tous les lieux de tournage par ordre alphabétique.
   
Conclusion
: Ce livre est indispensable aux fans de
la série et il peut être lu comme un
roman ou consulté comme un dictionnaire.
Très précis et détaillé,
il permet de faire surtout connaissance avec l’Angleterre
des sixties et seventies qui s’est bien modifiée
depuis quatre décennies. Certains lieux demeurent
inchangés. D’autres, comme malheureusement
les studios Elstree, ont subi des modifications
préjudiciables. The Avengers on Location
est, non seulement un véritable guide touristique
de la Grande-Bretagne au temps des Avengers,
mais également une source d’informations
essentielle sur le tournage de la série agrémentée
de photos de tournages inédites saisissantes.
Il fait partie, avec The Complete Avengers
et The Avengers and me, des livres indispensables
que tout fan des Avengers doit posséder.
Lire
l'interview de Chris Bentley
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| 10. Reading between Designs |
Auteur
: Piers D. Britton et Simon J. Barker
Publié
par University of Texas Press en 2003.
Format
23.2 x 15.4, 251 pages, photos en noir et blanc.
Le livre, non épuisé, se trouve facilement
sur Internet, mais uniquement en Anglais.
Sous titré Visual Imagery and the Generation
of Meaning in The Avengers, The Prisoner and Doctor
Who, il s’agit d’une publication
universitaire américaine. Ses auteurs sont
deux Professeurs d’Université, spécialisés
respectivement dans l’histoire de l’Art
et l’étude des médias.
La
couverture représente cinq photos et dessins
illustrant les trois séries traitées
: deux pour Dr Who (le costume du Quatrième
Docteur et les Daleks), le Village de Portmeirion,
décor du Prisonnier, et pour les
Avengers deux dessins de Harry Pottle,
établissant le décor du salon de Sir
Clive dans Les aigles et de la salle d’interrogatoire
de La Danse macabre.
Le livre est dédié à Harry
Pottle, « un être humain remarquable
et un authentique artiste ».
Contenu
:
Le
livre analyse comment décors et costumes
influent puissamment sur l’atmosphère,
les personnages et l’image véhiculés
par une série. Il représente l’un
des rares ouvrages concernant les médias
à examiner les tendances de la mode et de
la pop culture, et comment celles-ci inspirent les
créateurs d’une série. Reading
between designs s’intéresse ainsi
à l’aspect purement visuel des séries,
et non aux techniques d’écriture des
scénarios ou de mise en scène, avec
l’idée que là réside
l’art télévisuel le plus pur.
Après avoir présenté ces concepts
dans une première partie générale,
évoquant brièvement diverses séries
(dont Buffy et l’expression visuelle
évolutive de la nature anglaise de Giles)
les auteurs s’emploient à les approfondir
à travers l’étude de ces trois
séries cultes des Sixties anglaises.
Ils estiment en effet que cette période a
vu le design émerger comme concept à
part entière de la pop culture. Sciemment
utilisé par des auteurs pionniers, il devient
alors un des moteurs essentiels du succès
de ces œuvres visuellement spectaculaires,
contribuant puissamment au maintien de leur forte
popularité encore aujourd’hui. C’est
bien la naissance du « look » dans l’univers
des sériés télé que
les auteurs nous invitent à découvrir.
Chacune des séries présentes s’étudie
dans un chapitre distinct. Celui consacré
à The Avengers occupe d’ailleurs
volontairement la première place, les auteurs
la jugeant d’un rayonnement sans égal,
jusqu’à exprimer la quintessence de
cette décade prodigieuse.
Intitulée Agents Extraordinary : Stylishness
and the Sense of play in Design for the Avengers,
cette section se base notamment sur les travaux
et commentaires de designers et d’artistes
ayant travaillé sur Chapeau Melon.
Concernant les décors, elle se centre principalement
sur l’œuvre d’Harry Pottle, créateur
de ceux de la saison 4 (mais aussi de la majeure
partie de ceux d’Amicalement Vôtre)
dont le livre fournit plusieurs croquis originaux.
Le livre voit dans son travail un rôle clé
pour le passage de l’austérité
de l’ère Cathy Gale à l’imagination
débridée des saisons ultérieures.
La saison 4 constitue ici le point d’inflexion
central de la série, où s’observe
cette émergence du design. Le texte s’intéresse
à la manière dont l’évolution
du style des décors (appartements ou autres)
accompagne la marche de la série vers toujours
plus de fantaisie, en accordant également
un espace aux tous derniers de la série,
marquant le terme de cette évolution graduelle,
en particulier ceux de Bizarre. Toutefois
les auteurs énoncent clairement qu’ils
discernent une progressive décadence de la
série, tant visuelle que narrative, au cours
des saisons ultérieures à la période
Pottle.
Selon eux, les seuls éléments de style
présents durant l’époque Cathy
Gale étaient constitués par les costumes
des acteurs principaux. L’immense apport de
Pottle consiste à avoir introduit un design
subtil et original, lisible à plusieurs niveaux,
dans les décors, une nouveauté absolue
à l’époque. Il apporte ainsi
une contribution essentielle à la série,
une œuvre dont l’insigne précision
ne se retrouvera pas chez ses successeurs. Dans
un entretien datant de 1994, Pottle rapporte l’élan
d’enthousiasme créatif de cette période
où l’esthétisme acquiert une
dimension inusitée. Il n’oublie cependant
pas d’indiquer les contraintes de tournage
et d’écriture des scénarios,
faisant qu’il ne disposait souvent que de
deux jours pour réaliser ses croquis, sur
la base d’indications orales très succinctes
de Brian Clemens ! Il admet également que
le mode de tournage, sur film et sans les contraintes
du direct, autorise une meilleure mise en valeur
du décor.
L’essence de l’art de Pottle réside
dans la création d’une imagerie véhiculant
un véritable discours, au-delà d’une
simple apparence. En cette saison 4, les Avengers
bénéficient d’une écriture
particulièrement relevée (échanges
Emma-Steed, parodie de films, satire du mode de
vie traditionnel anglais…), à laquelle
ces créations apportent une précieuse
pierre de touche. Pottle dépasse la classique
efficacité du décor, pour stimuler
l’intelligence du spectateur. Via des effets
subtilement outrés, il introduit en effet
une distanciation indiquant son propre artifice,
pour susciter un univers aux confins de l’absurde,
parfait écrin pour des justiciers très
singuliers. Le summum de cette démarche réside
dans l’accueillant appartement d’Emma
Peel, aux antipodes de celui, très matérialiste
et inhospitalier, de Cathy Gale. Le livre compare
ainsi la froide caméra de surveillance de
Cathy à l’œil cyclopéen
de la porte d’Emma, évoquant un temple
où résiderait une vraie déesse,
d’autant que Mrs Peel se montrera aussi omni
compétente que omnisciente ! Le contraste
finement élaboré entre la simplicité
de l’intérieur et une scène
aussi folle que le duel de Voyage sans retour
renforce grandement l’impact de la scène.
Au
fil des épisodes, le livre étudie
de manière concrète et approfondie
comment ces décors intérieurs collaborent
efficacement aux scénarios : chargés
d’hostilité dans Voyage sans retour,
d’une froideur impersonnelle dans L’heure
perdue, précieusement rococo dans Cœur
à cœur etc. Dans son approche,
Pottle intègre également la manière
dont les personnages utilisent son décor,
de même que les techniques de tournage. Il
joue habilement des conventions, notamment par des
objets emblématiques, pour susciter des effets
mémorables, utilisant le kitch pour parvenir
à un surréalisme éloquemment
parodique. L’épisode La danse macabre
se voit de ce point de vue détaillé
avec un soin particulier (guichet de banque, salon
de danse, porte donnant dans le vide, boutique du
tatoueur, salle d’interrogatoires etc.). D’une
manière un peu plus technique, mais toujours
clairement explicitée, les auteurs abordent
les nombreuses écoles d’architecture
qu’entremêle savamment Pottle pour créer
les appartements de Steed et Emma, au point que
ces décors ne soient plus simplement stylés
mais constituent bien une brillante évocation
des concepts même de stylisation et de design.
La garde-robe de Steed constitue le second sujet
principalement abordé. Les auteurs développent
que les Avengers représentent la
première série à accorder une
importance primordiale au « look » de
ses personnages, notamment par un recours à
la haute couture via Pierre Cardin. Ils distinguent
entre la période Noir et Blanc et celle en
couleurs. La première avec des costumes d’une
élégance anglaise de bon ton (et convenant
admirablement au monochrome) correspondant à
une diffusion britannique de la série. Lorsque
ses promoteurs décident de pénétrer
le marché américain, l’évolution
du costume de Steed devient un argument marketing
aussi en pointe que le passage à la couleur.
Il perd sa sobriété pour devenir d’un
dandysme plus tapageur et exacerbé, correspondant
mieux à la vision américaine du snob.
Ainsi Steed cesse d’être un élégant
observateur d’Excentriques pour devenir le
premier d’entre eux, satisfaisant ainsi aux
appétits de spectaculaire de son nouveau
public au prix d’une perte de subtilité
certaine du personnage.
De multiples idées se voient abordées
au cours de cette analyse très fine établie
tout au long des évolutions de l'habillement
ultra codifié de Steed, dès après
la première saison. Ainsi, si l’on
évoque souvent les Emmapeelers comme
symbole d’une émancipation de la femme
s’emparant de certains attributs masculins
(liberté de mouvement, participation à
l’action), le dandysme de notre héros
n’en reste pas moins significatif d’une
période où les hommes accordent plus
d’importance à leur apparence physique,
avec cette fois une appropriation partielle de l’apanage
féminin, trouvant des échos dans la
période contemporaine. Cette interversion
des emblèmes pousse audacieusement les auteurs
à s’interroger sur une certaine ambivalence
de la sexualité de Steed, s’appuyant
notamment sur plusieurs déclarations convergentes
de Macnee, Clemens ou Leonard White.
Après
la période Cathy Gale, purement anglaise,
où le caractère très affirmé
d’une héroïne à la garde-robe
particulièrement peu féminine semble
donner corps à cette assertion, cet échange,
certes diffus et limité, des postures, pose
problème derechef au public américain
lors de l’ère Emma Peel. Et ce même
si Mrs Peel accomplit l’exploit de demeurer
parfaitement féminine. Les auteurs expliquent
ainsi, du moins en partie, l’arrivée
de Tara King au moment où le marché
d’Outre-Atlantique devient vital. La jeunesse
de Tara et sa relation aussi énamourée
que dissymétrique avec Steed, accroît
la dimension virile de celui-ci. Les auteurs commentent
le générique de la saison six comme
particulièrement explicite à cet égard
(bien plus que le précédent), Steed
et Tara se répartissant leur action selon
le schéma sexuel le plus traditionnel, ceci
dans le cadre de la simplification évoquée
plus haut.
Aux
détours des pages, le livre aborde également,
plus brièvement, de nombreux autres sujets,
entre autres : les extravagants repaires de Mother,
la tentative avortée de reconstitution de
l’univers visuel de la série lors du
film de 1998, étudiant les causes de l’échec
du point de vue du design (Retrofailure),
une comparaison avec les X-Files (monochrome
très design et décors employés
selon l’approche de Pottle dans Prométhée
post-moderne, parallèle entre Caméra
meurtre et Hollywood…) etc.
Dans
sa section suivante, l’ouvrage étudie
comment décors et costumes s’emploient
à susciter dans Le Prisonnier une
atmosphère étrange et volontairement
énigmatique, dans cette série propice
comme nulle autre au débat. Puis il se conclut
sur un panorama de la multitude d’étranges
endroits, de créatures exotiques et de gadgets
extraordinaires caractérisant Doctor
Who. Il explicite comment ils contribuent à
enthousiasmer l’imagination du spectateur
dans cet univers particulièrement exubérant
et chamarré, mais aussi emprunt d’une
vraie volonté de stylisation.
 
Conclusion
:
Le livre sait éviter tout jargon
technique incompréhensible et s’exprime
dans un style clair et accessible, dans un souci
visiblement pédagogique. Évidemment
l’anglais employé demeure soutenu,
et se révèlera d’une lecture
plus malaisée que lors d’un article
de presse. On ressent néanmoins la véritable
passion qui anime les auteurs, même à
travers une rigueur d’analyse des plus louables.
Aussi enthousiaste que fort bien documenté,
leur travail représente un des meilleurs
exemples de ces ouvrages universitaires s’employant
à trouver du sens au-delà des évidences,
sans jamais ici tomber dans l’hyperbole. On
se laisse bien volontiers guider tout au long de
cette balade aussi explicative que captivante à
travers costumes et, plus novateur encore, décors
de la série. On remarque néanmoins
que Reading between Designs présuppose
une certaine connaissance de Chapeau Melon
pour pouvoir s’apprécier pleinement,
et qu’il s’adresse donc prioritairement
à un public d’amateurs relativement
avertis.
L’iconographie
se constitue uniquement de photos en Noir et Blanc,
sans doute du fait de contraintes budgétaires,
mais elles s’insèrent parfaitement
au sein d’un récit qu’elles explicitent
à merveille. Se détachent bien entendu
les croquis de Pottle, même si on les aurait
souhaité plus nombreux (trois au total).
On s’amuse également beaucoup d’un
dessin humoristique réalisé pour Les
Carnets du Major Thompson, et commentant, en
français dans le texte, l’uniforme
réglementaire des gentlemen anglais, du brolly
au melon ! Le livre bénéficie également
d’une bibliographie fort conséquente
et très clairement agencée, idéale
pour ceux, étudiants ou non, qui souhaiteraient
approfondir les diverses questions traitées.
Le
seul véritable reproche que l’on pourrait
adresser à l’ouvrage consiste dans
le trop vaste champ abordé. Il demeure en
effet particulièrement frustrant de n'avoir
réservé que moins d’un tiers
du livre pour chacune de ces séries aussi
riches qu’innovantes, qui nécessiteraient
toutes au bas mot un volume entier pour voir traiter
exhaustivement leur design. De fait, les auteurs
eux-mêmes reconnaissent le caractère
seulement partiel de leur approche. On regrette
ainsi l’attention comparativement bien plus
succincte portée à la garde-robe de
Mrs Peel ou aux décors des saisons cinq et
six. Hormis quelques lignes, l’absence des
New Avengers ou de Cathy Gale se fait également
cruellement ressentir, d’autant que les auteurs
semblent négliger certaines fulgurances déjà
observables parmi les décors de la saison
trois (appartement du non-voyant Halvarssen dans
Seconde vue, bureau particulièrement
stylisé de Mark St. John dans Le cinq
novembre, etc.). L’oubli des voitures
de la série dénote également,
alors qu’elles me semblent participer puissamment
au design de la série.
La
qualité des écrits ne fait bien entendu
qu’exacerber ces regrets, même s’il
s’agit avant tout de gourmandise ! Si, de
par ses limitations, Reading between Designs
ne constitue pas l’œuvre définitive
sur le design si enthousiasmant des Avengers,
il la suggère néanmoins avec brio
et ne pourra qu’éveiller un vif intérêt
parmi les amateurs de la série !
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| 11. Saints & Avengers |

Auteur : James Chapman
Publié par les éditions I.B. TAURIS, en 2002, réédité en 2006.
Format 23.2 x 15.4, 296 pages, photos en noir et blanc.
Le livre, non épuisé, se trouve facilement sur Internet, mais uniquement en anglais.
Sous titré British Adventure Series of
the 1960s, il s’agit d’une revue
des principales séries britanniques des années
60, relevant de l’action et de l’espionnage.
Son auteur est Professeur de cinéma à
l’Université de Leicester, où
il dirige le département des études
cinématographiques et d’art visuel.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, tous
parus aux éditions I.B. TAURIS, dont il dirige
la collection Popular Television Genres,
dédiée à l’analyse des
séries télé de toutes les époques.
Parmi les différents livres de James Chapman
on peut citer Licence to Thrill : A cultural
history of the James Bond films (1999) et Inside
The Tardis : A cultural history of Doctor Who
(2006).
La couverture représente une photographie d’Emma Peel, issue du générique de la saison 5 des Avengers.
Le livre est dédié à Jeffrey Richards, autre Professeur d’Histoire, spécialisé dans l’évolution des médias et critique de cinéma.
Contenu
:
Outre l’introduction décrivant son
projet général, l’ouvrage se
décompose en 10 chapitres, chacun consacré
à une série culte suivant l’ordre
chronologique de leur apparition à l’écran.
On débute ainsi avec Destination Danger,
série inaugurée en 1960 pour en terminer
avec Amicalement Vôtre, qui établit
le lien avec les années 70 (1971). Entre-temps
auront été analysées des séries
très connues du public français, ou
d’autres surtout populaires Outre-Manche (Chapeau
Melon et Bottes de Cuir, Le Saint, Adam Adamant
Lives !, L’Homme à la Valise,
Les Champions, Department S, Randall and Hopkirk
(Deceased), Jason King). Chacune de ces sections
se voit accompagnée d’un titre amusant
(The English Knight Errant pour Le
Saint ou The Special Relationship
pour Amicalement Vôtre).
Dans un préambule l’auteur explique que le livre s’insère dans un courant actuel voyant les universitaires britanniques accorder une importance accrue à l’étude des séries télé. Il entend mener son analyse dans une approche d’historien, liant ces séries à leur contexte économique, technique et culturel. Les années 60 correspondent en effet à un moment unique où la pop culture britannique connaît une influence majeure, ce qui ne sera plus le cas au cours des années 70, où les séries insulaires connaîtront un déclin concomitant.
James Chapman développe ses vues dans l’introduction
du livre, qu’il débute par un rappel
de l’évolution de l’approche
des séries d’espionnage et d’action
des années 60 (qu’il élargit
à la période 1959-1974), en y liant
d’ailleurs la saga James Bond. Longtemps Universitaires
et critiques ne portèrent que peu d’intérêt
à ce type de séries. Les seules considérées
comme dotées d’un enjeu culturel demeurent
traditionnellement les réalistes, décrivant
un environnement social, ou celles adaptant les
grands noms de la littérature. De plus, les
analystes du cinéma se préoccupent
principalement des metteurs en scène, alors
que ceux de la télévision se centrent
sur les auteurs. Or les auteurs dits de « genre »
(Brian Clemens, mais aussi Terry Nation, Denis Spooner
ou Roger Marshall) subissent la même condescendance
qu’en littérature. Enfin, la structure
par épisodes fait suspecter un manque d’inventivité
et une trop grande prévisibilité.
L’auteur explicite comment ce « snobisme
intellectuel » (auquel seul échappa
Doctor Who, pour sa popularité au
long cours et la richesse de ses thèmes)
s’est affaibli depuis quelques années,
ouvrant le champ à de nombreuses études.
Parallèlement, Chapman se livre également
à un historique de la naissance de la série
authentiquement britannique, les années cinquante
finissantes voyant un véritable assujettissement
au style américain. Les grands thèmes
des séries américaines de l’époque
(westerns et policier) trouvent un fort écho
dans les aventures de Robin des Bois ou
autres Ivanhoé ou les adaptations
de Conan Doyle et Christie. Cette dépendance
se traduit également d’un point de
vue technique et économique, de nombreux
professionnels américains traversant l’Atlantique
pour travailler en Grande-Bretagne. L’auteur
narre ensuite comment les Années 60 correspondent
à une reprise en main par les Britanniques,
sous les angles économiques et artistiques,
notamment à l’initiative de la chaîne
ITC (avec Destination Danger) et des studios
de production. C’est à partir de cette
révolution au sein de l’industrie audiovisuelle
que les productions britanniques vont développer
un ton original. Ce mouvement s’observe comme
la conjonction de plusieurs facteurs : technologiques,
révolution de la Pop Culture où la
Grande-Bretagne brille particulièrement (la
fameuse British Invasion : musique,
mode, design…), impact des James Bond, politique
ambitieuse des chaînes, notamment à
l’exportation vers le continent nord-américain,
inversant les rôles.
La production des séries devient une industrie
à part entière, se développant
au point de devenir un élément de
l’identité nationale, à cette
époque où la télévision
remplace le cinéma comme média de
masse dominant. Néanmoins, l’intensité
de cette essence britannique varie selon les séries
(maximale chez les Avengers, plus relative
chez Les Champions). Toutes ces séries
présentent cependant l’intérêt
de développer une véritable originalité,
se rapprochant certes du policier, de l’espionnage
ou du détective privé, mais en y incorporant
en proportions variables d’autres styles comme
le fantastique ou la science-fiction, tout en ne
cadrant jamais exactement dans l’une de ces
familles. Aussi l’auteur choisit-il de les
désigner sous le terme d’Adventures
series, encore qu’il reconnaît
que le terme de Pop Series pourrait également
convenir, tant elles s’imbriquent dans ce
mouvement tout en s’enracinant profondément
dans la culture britannique. Il nous invite à
en découvrir l’historique, les codes
narratifs et leur représentation de l’identité
britannique.
Dès cette introduction les Avengers
occupent une place de choix, l’auteur, outre
qu’il débute son livre en avouant une
inclination personnelle envers Honor Blackman et
Diana Rigg, la cite en effet en tout premier, même
avant Destination Danger : Two
secret agents – one a bowler-hatted, umbrella-wielding
Old Etonian, the other a trendy young woman with
a penchant for black leather and martial arts –
are Britain’s last line of defence againt
the nefarious schemes of diabolical criminal masterminds.
Chapman lui reconnaît un rôle moteur
dans la promotion des séries britanniques
à l’étranger et pour développer
une identité nationale particulièrement
forte. Série la plus longue parmi les étudiées,
elle représente le paradigme le plus achevé
des évolutions techniques (notamment avec
ses différents modes d’enregistrement)
et artistiques caractérisant ce mouvement
d’ensemble. Elle symbolise également
la montée en puissance de l’industrie
des séries, le budget par épisode
s’élevant initialement à 3 500£
avant de croître progressivement pour culminer
à 35 000 ou 40 000£ pour
les épisodes en couleurs, soit une multiplication
par 10 !
De fait la section consacrée aux Avengers (Is There Honey Still For Tea ?), illustrée par des images de la série en Noir et Blanc, se révèle la plus développée de l’ouvrage, avec 48 pages, la seconde (Destination Danger) se cantonnant à 36.
L’auteur débute son propos par un rappel
de quelques notions illustrant l’importance
et la spécificité des Avengers.
Ils constituent en effet la série la plus
étendue de l’époque, mais aussi
celle connaissant le plus grand succès, y
compris à l’exportation. Au moment
de sa plus grande popularité la série
est ainsi vue dans plus de 70 pays, par trente millions
de spectateurs. Elle représente de plus la
quintessence des séries d’aventure
abordées dans le livre, notamment par son
caractère très britannique. Tandis
que John Drake ou Simon Templar parcourent la planète,
Steed demeure ainsi dans la mère patrie,
dans des histoires très connotées
culturellement. Les Avengers se distinguent
également clairement de la série d’espionnage
classique, ce que démontre l’auteur
par une comparaison antagoniste avec Mission
: Impossible (technocratie, ordre et tradition
américaine contre anarchie, chaos et modernité
britannique). James Chapman explique en quoi
les thrillers sophistiqués teintés
d’humour, d’action et d’étrangeté
constituant les Avengers sont en fait à
rapprocher des films d’Hitchcock et des romans
de Ian Fleming. Les Avengers se caractérisent
également par une grande évolution
technique (passage de la vidéo au film, du
noir et blanc à la couleur) mais aussi dans
l’écriture de scénarios, avec
une part toujours plus grande donnée à
la fantaisie et au Fantastique. Ces différents
éléments rendent passionnante l’étude
de la série, l’auteur regrettant d’ailleurs
que les commentateurs s’intéressent
souvent principalement aux années Emma Peel
et Tara King, l’approche historique devant
s’aborder globalement pour demeurer pertinente.
Après ce panorama général,
le livre déroule la chronologie des évènements
majeurs de la réalisation de la série,
depuis son lancement en 1961 par Sydney Newman,
en remplacement de Police Surgeon. Le récit
détaille les connections entre les deux séries
d’ABC puis les premiers temps difficiles des
Avengers au cours d’une première
saison ne rencontrant qu’un succès
limité. Les différentes caractéristiques
de la série d’alors sont explicitées,
ainsi que le rôle des divers intervenants.
Encore sous influence américaine (Macnee
évoque New York Confidential), elle
ne se distingue guère des conventions de
la famille des détectives privés,
y compris chez ses deux héros nantis d’imperméables
archétypaux et vivant des aventures proches
des canons du genre. La claustrophobie inhérente
à ces thrillers urbains se trouve même
renforcée par les contraintes techniques
de l’époque et les tournages en studio.
Quelques spécificités se dénotent
déjà toutefois, comme la profession
médicale de Keel ou la spécificité
d’un Steed impliqué dans les services
secrets via One-Ten et disposant d’une troupe
d’informateurs hauts en couleurs.
Puis, à travers l’entrée en
scène de Cathy Gale et la transformation
progressive de Steed en gentleman, le texte explicite
comment les Avengers acquièrent
leur identité (comparativement à des
séries comme Z Cars ou Destination
Danger) et par la suite le succès. Le
bond en avant de la série comme phénomène
culturel est analysé à travers divers
filtres, comme l’importance accordée
à la mode, une nouvelle figure féminine,
affirmée jusqu’à rivaliser au
combat avec les hommes, le design déjà
innovant des décors, des metteurs en scène
nettement plus innovants que leurs contemporains
et sachant tirer parti des contraintes de tournage...
Les Avengers quittent le genre « privé »
pour s’intégrer clairement à
l’espionnage à travers des scénarios
typiques que l’auteur énumère
et commente en les reliant à l’actualité
de l’époque. La série s’affirme
toutefois plus audacieuse que la majorité
du genre, avec l’émergence d’histoires
originales, examinées en ce sens (Mandrake,
Les charmeurs, Plaidoirie pour un meurtre…).
Les vilains gagnent également en originalité
avec l’apparition de tendances appelées
à se développer, entre réactionnaires
incapables d’intégrer la modernité
(d’un point de vue social, économique
ou scientifique) ou mégalomanes visant à
détruire l’ordre existant, préfigurant
les films de James Bond. L’ère Cathy
Gale apparaît bien comme une époque
où les auteurs s’essaient à
la nouveauté, dans les intrigues comme dans
le style, avec notamment l’entrée en
lice de Brian Clemens. Chapman étudie également
les critiques de presse de l’époque,
parfois interloquées devant la nouvelle direction
prise par la série, assimilée à
un manque de réalisme.
Un tournant majeur se déroule lors du passage
à la quatrième saison, avec l’adoption
du film, le tranfert du tournage de Teddington à
Elstree et l’apparition d’Emma Peel.
Le texte détaille les évolutions de
l’équipe de production et les circonstances
du recrutement de Diana Rigg. Emma Peel, alliant
haute couture et arts martiaux, introduit un glamour
s’accompagnant d’une relation avec Steed
nettement plus douce et proche que ce que l’on
avait connu avec Cathy Gale. Grâce à
cette jeune femme très moderne l’esprit
sixties souffle désormais à
grand vent sur la série, alors que les critiques
sont conquis par son charme. La série conserve
néanmoins sa précieuse spécificité
britannique, tandis qu’elle dessine une Angleterre
délicieusement habitée par les anciennes
traditions (y compris l’excentricité)
mais soumise au crible de la modernité. Les
histoires gagnent en audace et inventivité,
tandis que le pays fait face à des adversaires
particulièrement redoutables. La série
pourrait sembler paranoïaque, mais cet écueil
est évité grâce à la
décontraction souriante des héros.
Au lieu d’un espionnage classique, les Avengers
doivent lutter contre la destruction de l’harmonie
sociale par l’irruption du chaos, éventuellement
réactionnaire. Ces éléments
sont analysés par l’étude de
nombreux épisodes de la saison, mais aussi
en relation avec les courants intellectuels ou artistiques
de l’époque. Un parallèle est
par exemple établi entre l’ordinateur
de L’héritage diabolique et
HAL 9000.
La montée en puissance de la science-fiction
apparaît comme une évolution notable
de cette période, spécifiant encore
la série en la plaçant à la
lisière d’un nouveau genre. Le phénomène
s’accentue encore durant une cinquième
saison marquée également par le passage
à la couleur. Les Avengers, toujours
plus populaires, achèvent de s’affranchir
du statut de simple série pour devenir un
pur concept de stylisation, avec une inégalable
direction artistique (design, vêtements, voitures…),
et la définition d’un univers à
part, régi par les fameuses règles
de Brian Clemens. L’Angleterre décrite
comme un lieu où règnent l’art
de vivre et un glamour sophistiqué remporte
tous les suffrages. L’ensemble n’est
pas entièrement gratuit car le placement
de produits se développe, à l’image
des films de James Bond. La série devient
ainsi la première à se doter d’un
directeur d’exploitation chargé d’optimiser
cette source de revenus. Un important contrat est
ainsi signé avec Pierre Cardin, qui fournit
une sublime garde-robe pour Steed, en échange
d’une belle exposition. L’auteur avance
également que la série véhicule
un message de classe, la société de
consommation ne pouvant être pleinement appréciée
que par ceux qui ont l’éducation et
le savoir-vivre pour cela. L’idée ressort
avec une particulière clarté dans
Qui suis-je ???.
Une nouvelle relation est introduite durant la saison
6, avec la jeune et ingénue (en
français dans le texte) Tara King, de même
qu’avec l’arrivée de Mère-Grand.
L’ouvrage détaille également
les diverses péripéties survenues
derrière le décor. Cette saison pousse
au paroxysme une caractéristique majeure
des Avengers, la juxtaposition de l’imaginaire
au réel, avec une fantaisie plus que jamais
omniprésente et symbolisée par les
étranges lieux de rencontre avec Mère-Grand.
Les rues de Londres sont également filmées
avec un art consommé pour y faire naître
l’étrange et le merveilleux. Chapman
étudie cette croisée de deux mondes
à travers plusieurs épisodes caractéristiques :
Brouillard, Clowneries... L’épreuve
de l’agent secret dans Jeux apparaît
comme une métaphore de la manière
dont la série a explosé les règles
du genre et sonne déjà comme un bilan.
Le public demeure enthousiaste, même si certains
critiques déplorent les concessions réalisées
pour plaire au public américain.
Enfin, le livre décrit les causes de l’arrêt
de la série, avant de sortir de son cadre
Sixties pour aborder brièvement
les New Avengers puis le film de 1998.
Les New Avengers, considérés
comme une production franco-britannique, sont analysés
comme très différents des Avengers,
dont ils ne reconstituent qu’imparfaitement
la magie. Le retour au réalisme et à
un espionnage souvent traditionnellement ancré
dans la Guerre Froide constituent des points de
ruptures très clairs, d’autant que
les adversaires manifestent le plus souvent des
ambitions très prosaïques et une psychologie
réaliste, bien loin des Diabolical Masterminds
de naguère. Steed se voit également
éloigné de l’action, tandis
que l’instauration d’un trio brise la
dynamique de couple qui a tant apporté à
la série. Les quelques intrusions du Fantastique
demeurent soit une répétition du passé
(Cybernautes) soit peu convaincantes car traitées
de manière secondaire comparativement à
l’espionnage. De fait les New Avengers
apparaissent presque comme une préfiguration
des Professionnels plutôt que comme
un prolongement des Avengers.
Le film constitue un exemple parmi tant d’autres
de la vogue du cinéma des années 90
de récupérer les séries
des Sixties. Un exercice malaisé
où Chechik échoue, mais pas totalement.
James Chapman lui reconnaît en effet d’avoir
réellement tenté de recréer
l’esprit Avengers, notamment en conservant
la touche britannique, loin de toute américanisation.
La seule tentative explicitement faite dans ce sens
(le choix d’Uma Thurmann) se révèle
d’ailleurs désastreuse. Le scénario
se montre absurde au mauvais sens du terme, handicapé
par les coupures, mais on y distingue de bonnes
idées, comme les nombreux clins d’œil
à la série. Ce respect manifesté
rend toutefois incompréhensible la rupture
du tabou de la relation Steed/Emma, mais le résultat
final reste digne, à défaut d’entièrement
convaincant. Il faut dire que le défi était
particulièrement difficile à relever,
même Brian Clemens y ayant échoué
avec les New Avengers !
  
Conclusion : Écrite en un anglais parfaitement accessible, la section Chapeau Melon et Bottes de Cuir offre un panorama complet de la série, mêlant des points de vue très divers : perspective historique, évolution aussi bien économique qu’artistique, comparaison avec d’autres séries majeures de l’époque… Les promesses de l’introduction ont bien été tenues. Les différentes périodes de la série sont bien distinguées, avec une explication circonstanciée de leurs particularités. On apprécie que l’auteur, outre les témoignages coutumiers des membres de l’équipe, ait eu recours aux critiques de télévision contemporaines à la série. On y trouve parfois des surprises, les critiques anglais se montrant féroces et bien moins révérencieux qu’aujourd’hui devant les "Avengers". Le résultat en résulte fort plaisant à lire, d’autant que James Chapman, qui n’hésite pas à prendre partie, fait bien ressentir sa passion et sa fierté légitime d’Anglais devant ce qu’il considère explicitement comme une pièce du patrimoine culturel de son pays.
Cependant cette volonté d’exhaustivité concernant une série aussi vaste et riche que les "Avengers", joint au nombre relativement faible de pages, fait que, si l’ensemble des sujets se voit abordé, ceux-ci ne le sont souvent que brièvement. Le livre s’adresse à des amateurs de la série désireux de parfaire leurs connaissances mais n’apportera guère d’éléments nouveaux aux passionnés ayant déjà consulté d’autres ouvrages sur le sujet. La synthèse ainsi dressée des différentes facettes des "Avengers" présente néanmoins l’intérêt de la clarté, allant droit à l’essentiel. Cette philosophie (proche des "Que sais-je ?") se retrouve dans les autres sections de l’ouvrage, offrant une petite encyclopédie fort bien réalisée sur ces séries si enthousiasmantes, mais ne dispensant pas d’avoir recours à des ouvrages plus pointus sur telle ou telle question que l’on souhaiterait approfondir. L’ouvrage, très didactique, offre d’ailleurs une bibliographie très fournie, ainsi qu’un index facilitant les recherches. On regrettera cependant la pauvreté des illustrations, monocolores et se limitant à des photographies déjà maintes fois vues ailleurs.
Au-delà de leur popularité, on saluera enfin la pertinence du choix des différentes séries proposées, toutes de grande qualité et offrant un judicieux condensé de cette époque à nulle autre pareille. Le public français aura, de plus, l’occasion de découvrir quelques perles méconnues, aux lisières du Fantastique, comme "Adam Adamant Lives !" ou "Randall and Hopkirk (Deceased)". Deux séries majeures manquent cependant à l’appel. : "Doctor Who", qui par sa nature purement de Science-Fiction se situe certes en dehors de l’objet de l’ouvrage, mais aussi "Le Prisonnier", ce qui semble plus discutable.
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| 12. Investigating Couples |

Auteur : Tom Soter
Publié par les éditions McFarland & Company, en Octobre 2001.
Format 22,3 x 15, 239 pages, photos en noir et blanc.
Le livre, non épuisé, se trouve facilement sur Internet, mais uniquement en anglais.
Sous titré A critical analysis of The Thin Man, The Avengers and The X-Files, le livre s’attache à analyser l’évolution de la figure du couple de détectives à travers ces trois séries. Tom Soter est un journaliste américain ayant collaboré depuis les années 70 à de nombreuses parutions dans le domaine du cinéma, du théâtre et de la télévision. Il enseigne l’improvisation scénique à Broadway, dans le cadre de représentations à l’affiche depuis 1992. Actuellement rédacteur en chef du magazine Habitat, Tom Soter est également l’auteur d’un autre ouvrage : Bond and Beyond: 007 and Other Special Agents.
La couverture représente le couple vedette du Thin Man, les époux Nick et Nora Charles.
Contenu : Dans sa préface Tom Soter remercie les différentes personnes ayant contribué à l’élaboration de l’ouvrage, en premier lieu Honor Blackman et Patrick Macnee. Il les a interviewé pour l’occasion et juge fondamental leur apport au livre. Par la suite l’auteur estime que les années 30, 60 et 90 ont respectivement été marquées par le succès hors normes, tant qualitatif que public, du Thin Man, des Avengers et des X-Files. Au-delà de leurs différences de style et d’univers, ces séries ayant exercé une influence majeure sur leur temps présentent comme point commun de mettre en scène des couples mixtes de détectives confrontés à d’étonnantes énigmes. A travers ses dix chapitres l’ouvrage va s’attacher à discerner une convergence entre les concepts de ces trois séries.
Dans ses trois premiers chapitres, Investigating Couples décrit l’émergence de trois éléments dont la fusion réussie provoquera le succès du Thin Man. Ainsi la figure du Détective s’affranchit de ses origines littéraires (Poe, Conan Doyle) pour connaître de premières apparitions à l’écran au cours des années 20 puis 30. Bien avant Roger Moore, Hollywood adapte déjà le Saint de Leslie Charteris, dans The Saint in New York (1938 !). Le gangster fantasmé devient également une figure du cinéma (Little Caesar, Scarface …) tandis que la comédie romantique passablement loufoque (Screwball comedy) connaît un véritable envol, notamment en réaction aux duretés de la crise économique des années 30. Les plus stylées de ces oeuvres naissent du talent unique de Frank Capra, dont l’influence se fera directement sentir sur The Thin Man (New York-Miami, La grande dame d’un jour, L’extravagant Mr. Deeds…)
Dans les chapitres 4 et 5 l'auteur étudie le couple Nick et Nora Charles, issu de la fertile imagination de Dashiell Hammett, également auteur du Faucon maltais. Dans le roman original The Thin Man (L'Introuvable, 1933), cet auteur décrit avec beaucoup d'entrain cet ancien détective privé qui, en en compagnie de sa pétillante épouse, se voit confronté malgré lui à la résolution de meurtres survenant dans son entourage. Une adaptation au cinéma connaît un immense succès en 1934, et cinq nouveaux opus se succèderont jusqu'en 1947. Nick et Nora Charles, peu connus en France mais toujours populaires en Amérique, évoquent de fait très clairement Steed et Mrs Peel : fantaisie des enquêtes et humour tranchant avec la littérature policière classique, appartenance à une haute société américaine décrite avec ironie, hédonisme et joie de vivre du couple (qui consomme du champagne mais aussi moult autres alcools...), sentiment amoureux entre mari et femme, nombreuses personnalités excentriques rencontrées, modernité et volontarisme de Nora, partenaire à part entière de son mari parfois indolent en apparence... Les Charles s'affirment bien comme des prédécesseurs lointains des Avengers, hormis l'absence totale de Fantastique et le caractère explicite de leur relation, parfaitement normée socialement.
L’ouvrage s’intéresse aux Avengers aux chapitres 6 et 7, soit une trentaine de pages. L’auteur retrace brièvement la genèse de la série, ainsi que la biographie de Patrick Macnee. Il analyse les caractéristiques de la saison 1, notamment par une étude de l’épisode The Frighteners dont il conclue que les Avengers ne se distinguent alors guère du policier classique. La série ne manifeste pas l’originalité et le style que développe déjà à l’époque Destination Danger. L’arrivée d’Honor Blackman, obtenue malgré de grandes réticences parmi les producteurs, marque le véritable lancement des Avengers. Actrice à la forte personnalité, Honor Blackman convient idéalement à ce personnage de femme assurée, révolutionnant les codes du genre en apparaissant comme un partenaire à part entière de son homologue masculin. De plus elle n’hésite pas à se servir d’une arme à feu, encore une incongruité à l’époque. Parallèlement le personnage de Steed évolue vers le gentleman que nous connaissons, mouvement dans lequel Macnee joue un grand rôle, y compris dans le style vestimentaire. La série qui, comme le rappelle Macnee, précède James Bond à l’écran, n’entend pas suivre une voire similaire, malgré l’immense succès rencontré par 007. L’acteur lui reproche en effet son sadisme et ce qu’il appelle son snobisme froid. Steed sera lui un dandy, développant fantaisie et excentricité tout en se montrant volontiers parodique.
La série se distingue également par l’éclosion d’un certain érotisme, encore une fois avant-gardiste. L‘impact des tenues de cuir se voit néanmoins atténué par l’humour des situations. Le respect mutuel manifesté par les partenaires n’empêche pas une tension sexuelle de demeurer sous-jacente, ce qui tranche encore une fois sur les productions de ce temps. Les dialogues font également l’objet d’un soin particulier, veillant toujours à ne pas laisser Steed prendre l’ascendant sur Cathy Gale. Dès cette époque les Avengers se distinguent également par l’introduction de thèmes étranges, parfois aux confins du Fantastique, venant s’entremêler à des trames classiques. Les épisodes où cette dimension se manifeste particulièrement (Warlock, Les Charmeurs…) rencontrent un vif succès, ce qui influera sur l’évolution prochaine de la série. D’autres éléments achèvent d’élever la série au dessus de ses concurrentes, comme l’art achevé de la mise en scène dans les conditions du direct, l’utilisation optimale de décors ambitieux, la maîtrise de la photographie, et bien entendu les spectaculaires combats où le judo d’Honor Blackman remporte un succès toujours croissant. En définitive les Avengers réalisent l’exploit d’associer le meilleur du Spy Show traditionnel à la modernité des années 60, dont la libération de la femme. L’auteur tisse également quelques comparaisons avec le Thin Man, dont l’inversion des rôles traditionnels entre homme et femme, Cathy Gale, tout comme Nora, manifestant souvent plus de tranchant qu’un partenaire masculin fantaisiste et parfois quelque peu spectateur.
Une nouvelle inflexion survient à l’occasion du départ d’Honor Blackman pour Goldfinger, avec l’entrée en scène d’Emma Peel et de son interprète Diana Rigg. Le livre narre les diverses péripéties de ce changement (y compris l’épisode Shepherd), tout en décrivant les principaux éléments de la biographie de Diana Rigg. Cette dernière approche de son personnage d’une manière très différente d’Honor Blackman. Emma Peel manifeste plus d’ostentation dans ses dons, davantage d’opportunisme dans ses méthodes d’enquête et une sensualité plus explicite et joueuse. La relation sentimentale avec Steed s’affirme, la série laissant entrevoir une vie hors écran. La saison 4, extrêmement stylisée et sophistiquée, représente le sommet de la série, tandis que la saison 5 prolonge l’enchantement. La progression toujours poursuivie vers l’absurde et l’irréel conforte l’identité des Avengers. L’auteur étudie différents épisodes de ces deux saisons, illustrant le caractère suggestif de la relation Emma Peel - John Steed et la fantaisie des situations. Le rôle de Brian Clemens se voit également souligné.
Les Avengers se rattachent à une tradition britannique du surréalisme et du non sens, remontant jusqu’à Lewis Carroll. Leur monde apparaît bien différent du notre, peuplé d’esprits diaboliques rêvant de dominer la planète, d’étranges conspirations et d’inventions bizarres. Ici encore la série se situe dans la modernité, durant ces années 60 où le progrès scientifique ouvre sans cesse de nouveaux horizons à un public dont il pénètre le quotidien. Les Avengers deviennent un symbole de la pop culture triomphante, grâce à un design raffiné et à la disparition de la nature humaine dans un propos composé d’archétypes poussés jusqu’à l’absurde ou la parodie. Vont également dans ce sens la prédominance du glamour et l’attachement à la touche britannique. La série n’en oublie pas pour autant de développer un vrai suspens et une tension dramatique digne d’excellents thrillers, rendant ses épisodes captivants.
L’auteur établit de nouveau un lien entre le Thin Man et les Avengers, car Emma Peel ressemble beaucoup selon lui à Nora Charles : charme, ironie, grande affection pour son partenaire, participation active à l’aventure mais motivée avant tout par la romance avec son compagnon, élégance, esprit supérieur… L’intensité existant dans les duos de comédiens se retrouve pareillement dans ces deux séries. Elles accordent d’ailleurs toutes les deux une grande importance au couple des héros vis-à-vis de l’enquête, jusque dans la vie quotidienne. Nina Charles demeure cependant eoncore exclue des scènes d’action.
Dans les chapitres 8 et 9 Tom Soter brosse les grandes étapes de la Science Fiction et du Fantasque à l’écran (les films des années 50, la Hammer, Au-delà du réel, La Quatrième Dimension, Night Stalker…) mais aussi de la paranoïa (Le Prisonnier, A cause d’un assassinat, Les trois jours du Condor…), deux genres dont l’enchevêtrement font permettre le succès des X-Files. Les méandres de la relation Mulder et Scully sont analysés à travers des épisodes de la première partie de la série (période Vancouver), avant que leurs sentiments ne deviennent explicites. L’analyse demeure nettement plus brève que pour les deux précédentes séries, et aucun lien n’est explicité entre elles.
Dans le dixième et ultime chapitre l’auteur répertorie les liens existant entre les trois séries : l’étrangeté des affaires à élucider, l’illustration éloquente de la tonalité de leurs époques respectives, l’importance accordée à la relation de couple, toujours originale, entre les héros, l’humour comme élément important, le plus souvent noir, un détachement affirmé du réalisme de l’investigation criminelle, une excellent casting avec une véritable alchimie s’instaurant entre les comédiens et le fait d’avoir chacune développé une même formule à succès (ouverture violente par un crime inhabituel, entrée en scène du couple de héros menant l’enquête avec le plus souvent une succession de victimes à la clé et différents suspects progressivement écartés, maintien d’épisodes atypiques et décalés pour rompre la monotonie). Enfin, The Thin Man, The Avengers et The X-Files ont chacune atteint une telle qualité face à l’ensemble des autres séries, qu’elles se sont révélées des succès difficiles à copier. L’auteur prend quelques exemples de séries ayant tenter de les imiter, avec selon lui un succès bien moindre (Pour l’amour du risque, Remington Steele, Clair de Lune...) Macnee reproche à cette série d’avoir échoué du fait du nombrilisme des deux personnages, leur suffisance les empêchant d’être réellement apprécié du public. Et encore Clair de Lune se révèle-t-elle bien supérieure aux autres séries citées, indifféremment médiocres. Même le film tiré des Avengers échoue à recréer la magie unique de cette série. Au-delà de leurs univers différents ces trois séries concordent sur l’essentiel : l’affirmation d’un lien entre un homme et une femme, et l’absolue confiance en découlant leur permettant de faire face à un monde dangereux. Un thème dont l’universalité touche directement le public.
Le reste de l’ouvrage, soit encore un bon tiers, se compose de l’énumération des épisodes ou films de ces trois séries, agrémentée d’un long résumé et d’un commentaire pour le Thin Man, et d’une présentation nettement plus brève pour les X-Files. Les Avengers se contentent de deux phrases d’argument. Un index et une bibliographie viennent conclure l’ensemble.
 
Conclusion :
L’ouvrage se lit sans déplaisir mais demeure avant tout centré sur le Thin Man. On découvre avec intérêt cette série de films méconnus dans notre pays, ainsi que les divers éléments se rapportant aux productions d’avant guerre. Mais l’amateur des Avengers risque fort de rester sur sa faim. En effet si l’ensemble des éléments constitutifs de la série fait l’objet d’un rapide survol, le livre n’atteint jamais la profondeur des études universitaires précédemment étudiées. Un lecteur s’étant déjà intéressé à la série n’effectuera guère de découverte, assez logiquement car l’ouvrage reste bien avant tout orienté sur le Thin Man, les Avengers ne disposant que d’un espace moindre (Les X-Files sont encore plus réduits à la portion congrue). Il reste dommage qu’un tiers de l’ouvrage soit dévolu à une liste d’épisode d’un intérêt réduit à l’époque de l’Internet, au lieu d’aller plus loin dans propos. On se situe uniquement dans le descriptif, guère dans l’analytique. On reste également stupéfait que toute la période Tara King soit purement et simplement passée sous silence, tandis que les New Avengers ne demeurent cités qu’au détour de quelques phrases. La bibliographie proposée n’offre de même que peu de titres en relation avec les Avengers. Les illustrations monochromes du livre ont de plus déjà été vues maintes fois ailleurs. Enfin l’on regrette que Clair de Lune et son ouverture sur les pétillantes années 1980 aient été aussi vite qu’injustement évacuées…
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©Denis
Chauvet / Estuaire44
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