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Foire
Aux Questions
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BIOGRAPHIES
ET AUTOBIOGRAPHIES
La vie des acteurs de la série a été
racontée à travers de nombreux livres, par
des journalistes ou par les acteurs eux-mêmes. Quels
sont les livres regorgeant le plus d'anecdotes sur la
série ? Denis Chauvet et Steed3003
les ont lus et vous donnent leur avis.
1.
Stare Back and Smile : Les mémoires de Joanna Lumley
1.1 Éditions
1.2
Anecdotes
2. Diana Rigg : the biography
3. Chapeau Melon : Mémoires de Patrick
Macnee (Blind in One Ear)
3.1
Éditions
3.2 Présentation
3.3 Anecdotes
3.4 Où le trouver ?
3.5 L'avis d'Estuaire44
3.6 Le verdict
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Éditions
:
Publié
par Viking (1989), 288 pages.
Couverture
:

Penguin
(1990) en livre de poche, 217 pages.
Couverture
:

4e
de couverture :
Le
numéro des pages de cette présentation se base sur
l’édition Penguin. Il y a un encart de
24 pages de photographies mais seulement trois photos
font référence aux New Avengers.
Ce
livre existe également en version audio (1992) lu
par Joanna Lumley. Sept cassettes pour une durée
totale de sept heures et dix minutes.
Il n’est pas traduit
en français.
Stare
back and smile est une autobiographie de l’actrice.
Elle est née au Kashmir puis elle est envoyée dans
le Kent et le Sussex pour ses études. Dans les années
60, elle débute une carrière de top model et elle
devient actrice grâce d’abord à de petites apparitions
comme dans le James Bond, Au service secret de
sa Majesté. Le rôle de Purdey lui vaut la consécration.
L’actrice retrace le chemin parcouru par des faits
souvent cocasses et la rencontre de personnes importantes
qui ont jalonné sa vie.
Anecdotes
:
Engagement
:
Elle
n’est pas retenue mais elle décide de se représenter
‘lorsque des grosses de 50 ans et des jeunettes
de 16 ans postulent’. Les entretiens ont lieu à
Pinewood et durent en moyenne huit minutes. J. Lumley
insiste auprès du trio Fennell-Clemens-Johnson pour
avoir sa chance. Trois semaines d’attente à Amalfi
où elle fait des séances de photos. Puis un bout
d’essai d’une journée avec le cascadeur Vic Armstrong
et Gareth Hunt. Retour en Italie où elle apprend
qu’elle a obtenu le rôle. Fiesta et champagne to
the New Avengers !
Pré
tournage :
–
L’équipe est au secret jusqu’à la conférence de
presse à l’hôtel Dorchester de Londres. Des bruits
courent que la New Avengers girl portera
des jarretelles. Les photographes veulent une tenue
sexy et A. Fennell insiste auprès de Joanna. On
se pressa pour trouver la tenue adaptée et une femme
rencontrée dans les toilettes de l’hôtel dut céder
une partie de ses sous-vêtements. Les bas sont trop
petits pour Joanna ! Peu importe : un flingue dans
l'un des bas, un chapeau melon sur la tête et les
photographes sont contents.

–
Contre l’avis des producteurs, J. Lumley se fait
couper les cheveux en promettant de porter une perruque
en cas de fiasco.
–
Le nom de l’héroïne, Charlie est abandonné et J.
Lumley choisit Purdey en l’honneur du célèbre
fusil et du métier de la mode : Sue Purdie.
–
J. Lumley et G. Hunt subissent un entraînement physique
très dur à Pinewood pendant trois semaines sous
la direction de Cyd Child. G. Hunt fait également
des haltères et J. Lumley du ballet pour personnifier
Purdey (passé, technique de combat). Le reste du
temps est consacré à des interviews avec la presse,
intriguée par le nouveau format de la série.
Tournage
première saison :
– Le premier épisode est tourné en Écosse
avec des nazis déguisés en moines (cf Le
repaire de l’aigle). Peter Cushing offrit
à Joanna un bouquet de fleurs dans sa loge.
–
Chaque épisode avait une durée de 53 minutes et
nécessitait deux semaines et demi de tournage. La
plupart dépassaient ce créneau mais le tournage
d’un nouvel épisode débutait toutes les deux semaines.
Parfois, trois épisodes étaient tournés simultanément.
Il est arrivé que cinq épisodes soient tournés en
même temps. D’où l’importance des doublures (street
double) pour les scènes anodines.
–
À cause des changements répétés, elle garde
les mêmes petites boucles d’oreilles en or et la
‘coupe en champignon’ qui collent à chaque histoire.
–
Épuisée par le tournage, elle fait trois
fois le tour d’un rond-point, ne sachant plus quelle
direction prendre. La production lui octroya alors
voiture et chauffeur pour rentrer chez elle.
–
7h30, maquillage aux studios Pinewood : c’est le
début d’une journée de tournage.
–
Contradictions de la production : G. Hunt monte
à cheval et J. Lumley a des scènes à moto
(alors que les rôles auraient dû être inversés).
– On lui demanda son avis pour l’appartement
de Purdey : ‘Pas de mauve’ répondit-elle. Il fut
néanmoins lilas et violet, avec un rideau en perles
mauves, ce qui fit dire à Patrick Macnee : ‘Like
a tart’s boudoir !’ (Je vous laisse traduire !).
–
Beaucoup de personnels avaient travaillé sur la
période Avengers des années 60 et on l’appelait
souvent Diana au début. Elle n’avait vu qu’un épisode
avec Diana Rigg. Les Avengers girls se
sont toujours respectées dans les interviews ; il
n’y avait aucune rivalité. Personne n’a mentionné
Linda Thorson, mais J. Lumley considère qu’elle
lui doit le rôle dans la série car les Français
ont mis beaucoup d’argent, espérant qu’elle soit
choisie.
–
Elle répondait toujours ‘oui’ aux journalistes qui
lui demandaient si elle avait étudié le rôle. En
fait, peu importe si le personnage lit du Kafka
et a des œufs brouillés pour déjeuner lorsqu’on
joue un ‘cartoon character’ comme dit Patrick
Macnee. Elle voulait son personnage compétent et
au lit seul à onze heures !
–
Beaucoup de rigolades sur le tournage. Le surnom
de Patrick Macnee était ‘Bits’ car il découpait
dans les journaux les articles susceptibles de les
intéresser.
–
Dès que la série fut diffusée, son statut d’anonymat
a disparu. Les gens avaient une attitude différente
avec elle.
Cascades
:
–
J. Lumley refusait de se faire doubler. Elle avait
été entraînée et désirait faire le travail. La seule
exception concernait les scènes à moto. Le
cascadeur faisait la plupart des scènes et Wendy
Cooper prenait le relais pour les séquences nécessitant
l’apparence d’une femme.
–
J. Lumley appréciait les journées de tournages de
scènes de cascade plus que les autres. Elle a dû
courir sur le toit d’un hôpital désaffecté, quatre
étages sans filet (cf Cible ?), escalader
de hauts grillages (cf Le
baiser de Midas), sprinter en ballerines
le long d’une voie de chemin de fer (cf Le S95),
démonter et remonter un Baretta (cf Cible),
courir sur des rochers en hauts talons (cf Bastion
pirate)….
–
Elle devait apprendre à jouer des claquettes pendant
la pause déjeuner (tap dance), mais le
résultat ne fut pas concluant et une doublure la
remplace dans la scène tournée à Wimbledon Theatre
(cf scène finale de Jeu à trois mains).
–
Deux peurs que J. Lumley révèle : elle a dû
sauter d’une fenêtre sur une pile de ‘stunt
boxes’ recouverte d’un matelas. On lui avait
conseillé de ne pas atterrir sur les pieds car les
genoux allaient lui rentrer dans les dents. Lors
de la scène du parcours du combattant (cf Le
baiser de Midas), elle devait atteindre
en hauts talons une plateforme ‘aussi haute que
le dôme de St Paul’s’. Avant de tourner la scène,
elle dit à Cyd Child : ‘I can’t do this’ et elle
s’élança !
Tournage
seconde saison :
–
Il y eut une pause de plusieurs semaines après les
treize premiers épisodes.
–
Joanna Lumley fut invitée à la TV hollandaise pour
casser des planches et rencontrer un karateka !
Elle a difficilement convaincu la production que
Purdey n’était que de la fiction. Le karateka fut
renvoyé, mais elle dut casser les planches (au trois-quart
prédécoupées).
–
Les Pays-Bas aimait la série. Par contre, la Suède,
la Norvège et le Danemark ne l’ont pas achetée car
ces pays la jugeaient trop violente. Elle fut néanmoins
doublée en grec et en japonais.
–
Elle a touché 600£ par épisode pour la première
saison et 800£ pour la seconde.
–
Elle fut présentée à la Queen Mother comme Carole
Lombard (déjà décédée), mais elle n’osa pas rectifier
après avoir entendu la Reine Mère déclarer à Gareth
Hunt au sujet des TNA : ‘I’m afraid we
don’t watch that !’ ("J'ai bien peur que nous
ne regardions pas ce programme!").
Tournage
à Paris :
–
Patrick Macnee parlait français en cas de force
majeure ; Gareth Hunt pas un mot.
–
Contrairement à Pinewood, toute l’équipe déjeunait
ensemble et chaque membre dont c’était la fête payait
sa tournée.
–
L’hôtel parisien pendant le tournage (été 76) se
trouvait près de la Tour Eiffel.
–
Lors d’un dîner au restaurant, Gareth Hunt a été
pris pour un "pigeon" par les amuseurs
de rues.
–
Joanna Lumley a appris des recettes par le cuisinier
qui avait travaillé auparavant chez Maxim’s.
–
Le tournage en France dura sept semaines.
–
Pendant Le long sommeil, Pierre Vernier
devait passer en revue les corps de vieux soldats,
mais au mot ‘Action’, les ‘morts’ se relevaient,
n’ayant pas compris la consigne ! La scène a dû
être tournée plusieurs fois.
–
Pierre Vernier s’habillait comme un gentleman anglais
et traduisait des comptines à J Lumley.
–
Lors du tournage d’une scène à la morgue, un acteur
est maquillé, grisâtre, avec un impact de balle,
alors que des parents attendaient l’identification
de leur fille à quelques mètres.
Tournage
à Toronto :
–
J. Lumley emmène son fils de 11 ans en vacances.
Le fils de Gareth Hunt (Gareth Hunt Jr. !)
est du voyage et une fille au pair est engagée.
–
Par manque d’argent, un winnebargo sert
de garde-robe, d’abris, de salon de maquillage pour
toute l’équipe. Il y eut une fuite d’eau qui endommagea
une partie du matériel.
–
Pour la scène du lavomatique dans Emily,
Joanna Lumley fut recouverte de lessive afin qu’elle
mousse abondamment dès qu’elle reçoit l’eau de lavage.
Il faisait moins deux degrés de température.
La scène fut tournée deux fois, mais il n’y avait
pas de bain ni d’eau chaude dans les environs et
elle fut lavée au jet glacé du lavomatique après
le tournage. Joanna passa la pause déjeuner dans
un bain pour se réchauffer.
–
Elle fut déçue que la série soit estampillée trop
violente aux USA, alors que la production avait
tout fait pour ne pas l’être. Son contrat de cinq
ans prit donc fin après seulement deux années, mais
ce rôle eut une grosse répercussion pour l’avenir.
  
Conclusion
: Bien qu’assez vivante et parfois humoristique,
la lecture des 217 pages du livre est parfois fastidieuse.
Joanna Lumley retrace sa vie en détails (enfance,
internat, modèle, actrice, voyage au Kashmir) et
nous conte ses rencontres avec Ava Gardner, David
Niven et Sting entre autres. Les pages les plus
intéressantes concernent le tournage en Suisse du
James Bond, Au service secret de sa majesté,
où Joanna Lumley a une seule réplique (page 84 à
88), et bien entendu, The New Avengers de
la page 125 à 148. Ces quelques pages valent l’acquisition
du livre.
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| 2.
Diana Rigg : the biography
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Auteur
: Kathleen Tracy .
Publié
par Benbella en 2004, 283 pages (vingtaine
de photos en N&B).
Aucune
traduction française à ce jour.
Contenu
: Ce livre est une biogaphie exhaustive de
Diana Rigg. Il nous fait découvrir une femme pour
qui la liberté a toujours primé sur les questions
matérielles. À l'aide de nombreuses coupures
de journaux, Kathleen Tracy retrace avec minutie
toute la carrière de l'actrice et partage de nombreuses
anecdotes à son sujet. Sur les 15 chapitres du
livre, quatre sont consacrés à Chapeau Melon
et Bottes de Cuir. Pendant 60 pages, Kathleen
Tracy nous dévoile tout sur la participation de
Diana Rigg à la série, ainsi que l'impact qu'a
eu ce rôle sur sa vie.
Anecdotes
:
Le personnage
de Mrs Peel :
–
À l'origine, le personnage était prénommé
Samantha.
–
Mrs Peel devait, au départ, présider la société
fondée par son père, Knight Industries. Son rôle
dans cette entreprise devait prendre une part
majeure dans la série ; ce n'est finalement que
dans L'héritage diabolique qu'on évoquera
Knight Industries.
–
Selon Diana Rigg, Mrs Peel a toujours été dépendante
de Steed : "Si vous faisiez bien attention,
je n'étais jamais une menace pour les méchants.
Je passais la moitié d'un tournage à me bagarrer
avec trois cascadeurs et ensuite Steed arrivait
et les mettait tous à terre avec un coup de parapluie
!"
–
Contrairement à Macnee, Diana Rigg pensait que
jamais Steed et Mrs Peel n'avaient consommé leur
relation : "Mes relations avec lui sont pour
résumer ambiguës. Ils ne sont certainement pas
actifs à l'écran mais je ne pense pas non plus
qu'ils aient eu une relation amoureuse. Je pense
qu'il s'agit de l'une de ces relations maintenues
par la seule promesse qu'il pourrait se passer
quelque chose dans le futur.".
Le casting
:
–
Diana Rigg se souvient de la 1re audition : "Je
ne connaissais pas le programme car je n'avais
pas de télévision. J'étais à deux doigts de ne
pas aller à l'audition. Ça n'avait pas
l'air d'être pour moi. J'y suis finalement allée
pour rire. Le studio était envahi de jeunes femmes
incroyablement ambitieuses, se bousculant pour
avoir le rôle. Il nous avait été demandé
de porter pull et pantalon noirs. Notre assemblée
ressemblait à une armée néofasciste. Ensuite,
j'ai demandé à l'un des producteurs : 'Tout cela
n'est qu'une perte de temps, n'est-ce pas ? '.
".
–
Si peu intéressée par le rôle, elle arriva en
retard à la 2de audition : "J'étais partie
déjeuner avec un ami qui habitait à proximité.
Nous avions bu quelques verres de vin… Les producteurs
étaient un peu en colère contre moi !".
–
Après l'insuccès d'Elizabeth Shepherd, Diana Rigg
est rappelée pour faire un screen test
avec Patrick Macnee. L'alchimie entre les deux
acteurs et le magnétisme de l'actrice lui permettent
d'emporter le rôle : "Je ne savais pas du tout
dans quoi je m'étais engagée. Je savais juste
que mon personnage se battait.".
Tournage
:
–
À propos du côté coquin de la série : "Cette
série a satisfait toutes les perversions inimaginables,
ce qui n'est pas étonnant au vu de certains des
scénaristes que nous avions. Nous avions un fétichiste
des pieds : je ne l'oublierai jamais. C'est pourquoi
j'étais toujours photographiée en bottes de cuir,
les pieds dans les airs ! Un autre était fasciné
par le bondage donc, pour une autre kyrielle d'épisodes,
j'étais toujours attachée de manière farfelue.
Et le cuir ! Dieu, je pensais que je ne me débarrasserai
jamais de tout ce cuir !".
–
Si Mrs Peel boit souvent à l'écran, Diana Rigg
s'imposait une discipline stricte en studio :
"Je ne buvais jamais durant les tournages.
Ce que Patrick Macnee et moi buvions devant la
caméra n'était qu'une limonade gazeuse, bien inoffensive.
Je ne touchais pas à la boisson donc. À
la maison, eh bien, c'était une autre histoire…
".
– Lorsqu'elle travaillait pour la série,
elle n'avait regardé que deux épisodes : "Tout,
du moins pour moi, est transparent. Je peux voir
les rouages de ma pensée et de ma technique. Je
me connais trop bien pour me trouver attractive.".
– Chaque matin, elle se levait à 6h30, prenait
un bain de 20 minutes, avalait un verre de jus
de citron et ensuite un chauffeur venait la chercher
pour la conduire sur le plateau.
–
À propos de l'argent gagnée grâce à la
série, Diana Rigg se montre assez amère : "Patrick
et moi supportions une série connaissant un fort
succès et j'avais 90 livres/semaine, quand le
caméraman en avait 120. La vérité est que mon
agent de l'époque avait mal négocié pour moi.
Je n'ai pas eu besoin de taper du pied. Tout ce
que j'ai dit c'est : 'Regardez c'est injuste !'et
j'ai eu le double, 180 livres. Ce n'était toujours
pas grand-chose. Toute dispute à propos d'argent
est vilaine, mais en même temps, je me sentais
exploitée et je devais mettre un cran d'arrêt
à cette situation. Même aujourd'hui, bien que
la série soit montrée à travers le monde, je me
considère chanceuse si j'ai occasionnellement
un chèque où figure une somme dérisoire.".
La célébrité
soudaine :
–
Diana Rigg avoue avoir été un peu dépassée par
cette notoriété : "C'était bizarre quand, soudainement,
tout le monde vous reconnaissait. Je donnais des
autographes pendant un temps et j'avais ensuite
décidé d'arrêter. Je travaillais un jour quand
un groupe de vacanciers m'a interpellée pour un
autographe. J'ai refusé et ils ont commencé à
me huer et à me siffler. J'étais terrifiée. J'ai
commencé immédiatement à écrire mon nom et maintenant
je donne des autographes, même si je ne comprends
toujours pas pourquoi les gens en veulent. Je
ne comprends simplement pas le syndrome des autographes.
".
–
Elle n'ouvrait jamais le courrier des fans et
laissait des sacs postaux pleins à craquer clos.
Elle chargea finalement sa mère de lire et de
répondre à ce courrier. Aux lettres contenant
des invitations sexuelles provenant de jeunes
troublés, sa mère répondait : "Ce ne sont pas
des pensées très élégantes. En plus, ma fille
est trop âgée pour vous. Ce dont vous avez besoin,
c'est d'une promenade pour vous rafraîchir les
idées.".
–
Elle a, une fois, dû se barricader dans
des toilettes publiques après qu'un groupe de
fans l'ait remarquée à une expo automobile et
ait commencé à se ruer vers elle.
–
Aujourd'hui, Diana Rigg regrette son comportement
à cette époque : "J'aurais dû mieux gérer
tout ça, essayer de m'amuser plus. Je me demande
parfois à propos de cette période : 'Pourquoi
n'avais-je pas plus confiance ? Pourquoi ne savais-je
pas que j'étais plutôt jolie ?'. Cela est probablement
dû à mon éducation du Yorkshire.
Toujours en train de penser que les gens pourraient
dire : 'Mais pour qui elle se prend celle-là?'.
".
Sur
les raisons de son départ :
–
Diana Rigg commençait à être lassée de son rôle
: "Je ne pensais plus à Emma Peel. J'apprenais
seulement des répliques et ce n'était pas assez.
L'un des aspects qui rend le métier d'acteur excitant
et merveilleux, ce sont les nouveaux personnages.
Attention, je ne suis pas ingrate. Je serai la
dernière à minimiser tout ce que la télévision
a fait pour moi. C'est un phénomène, un média
miraculeux qui peut accomplir en six mois ce qui
prend des années sur les planches. Soudainement,
vous êtes célèbres. Soudainement, tout le monde
vous reconnaît. Le problème, cependant, c'est
que vous n'êtes plus vous-même. Seulement, l'autre
personne que vous incarnez dans la série ? Et
là vous vous demandez : cela vaut-il le coup ?".
– L'actrice voulait aussi partir avant que
le succès ne s'érode : "Je n'avais aucune idée,
quand j'avais succédé à Honor, que j'allais acquérir
une telle célébrité. Je commençais à me sentir
claustrophobe. Je commençais à sentir que "Chapeau
Melon et Bottes de Cuir" prenait le pas sur
tout. Je savais que je devais partir et pourquoi
attendre d'être dépassée quand je pouvais partir
en plein succès ?".
L'impact
du rôle sur Diana Rigg :
–
Un impact personnel : "Emma Peel a beaucoup
fait pour moi en plus de m'apporter une notoriété
mondiale. J'avais l'habitude d'être timide. J'étais
inquiétée par l'avalanche de courriers de fans.
La Royal Shakespeare Company ne vous prépare pas
à ça. Mais j'ai fini par comprendre et apprécier
l'intérêt que le public a pour les acteurs de
TV. C'est surprenant et touchant que l'on continue
à m'écrire pour me dire à quel point on regrette
mon départ.".
– Un impact professionnel : "La télévision
m'a appris une économie de style que je n'avais
pas avant. Je pense que ça ne m'a apporté que
du bon. Quand je rencontre des metteurs en scène,
mon attitude est maintenant différente. Je peux
être constructive, au lieu d'être leur simple
instrument.".
  
Conclusion
: Cette biographie est indispensable à tous
les admirateurs de l'actrice, ainsi que, plus
globalement, aux fans de Chapeau Melon et
Bottes de Cuir, vu la part conséquente accordée
à la série. Fourmillant d'anecdotes, elle nous
permet de découvrir quelle actrice et surtout
quelle femme est Diana Rigg. On regrettera juste
que l'auteur n'ait pas pu bénéficier d'un entretien
avec l'actrice et ait dû se contenter d'interviews
données auparavant. En bref, dans l'attente d'une
autobiographie de l'actrice, vous pouvez vous
procurer ce livre en toute sérénité.
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| 3.
Chapeau Melon : Mémoires de Patrick Macnee
(Blind in One Ear) |
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Éditions
:
Publié
au Royaume-Uni par Harrap Ltd en 1988,
ce livre fut maintes fois réédité
tant en couverture dure qu’en livre de poche,
dans plusieurs pays. Harrap le réédita
l’année même de sa sortie. Il
est assez difficile de s’y retrouver ! Les
éditions anglo-saxonnes possèdent
un encart photos noir et blanc de seize pages.
Il est également sorti en poche en 1989 au
Royaume-Uni chez Headline Book Publishing London.

Édition
Harrap (UK)
Couverture dure, 1988
Il
est sorti en France en 1989 sous le titre Chapeau
Melon : Mémoires (Presses de la Renaissance).
340 pages, 98 FF. La traduction est de Jean Autret.

Édition
Presses de la Renaissance (France)
Couverture souple, 1989.
L’année suivante, il fut réédité
en poche dans la collection J’ai lu.
410 pages.
Attention, contrairement aux éditions précitées,
les versions françaises n’ont pas de
photographie.

Édition
J’ai lu (France)
Paperback, 1990.
Aux
États-Unis, il est sorti chez Mercury
House, San Francisco en 1989. Le titre US est :
Blind in One Ear: The Avenger Returns pour
cette édition en couverture dure.

Édition
Mercury House (USA)
Couverture dure, 1989.
Exemplaire dédicacé par Patrick Macnee.
Il est également sorti en poche chez Mercury
en 1992 (304 pages).

Édition
Mercury House (USA)
Paperback, 1992.
Il
existe également une édition canadienne
publiée en 1988 chez Doubleday Canada,
Toronto.
Présentation
:
Auteurs
: Patrick Macnee et Marie Cameron.
Blind
in one ear retrace la vie de Patrick Macnee
de sa naissance jusqu’à 1988, lorsqu’il
devient grand-père. La traduction française
fait évidemment référence à
la série, véritable faire-valoir de
l’acteur. D’ailleurs, la couverture
de l’édition de poche a trois photos
d’Emma Peel en arrière-plan. Le titre
anglais se traduirait littéralement pas ‘Aveugle
d’une oreille’. Il est expliqué
dès la préface.
La vie de notre agent au chapeau melon est un véritable
roman et pourrait facilement être adaptée
au cinéma, tellement elle fourmille d’anecdotes
croustillantes. Comme le souligne Estuaire44 plus
bas, la part consacrée à la série
n’est pas la plus importante, mais le lecteur
n’est jamais lassé par cette suite
de péripéties tristes, amusantes ou
surprenantes. Patrick Macnee évoque ses succès,
mais surtout ses déboires, de la vie avec
recul, ironie et franchise. Les premiers chapitres
évoquent son enfance tiraillée entre
sa mère mondaine et lesbienne et son père,
entraîneur de chevaux, qui n’ont que
l’alcool comme point commun. Deux personnages
excentriques que n’aurait pas renier la série.
Il vécut avec sa mère et son amie
‘Uncle Evelyn’ qui obligea le jeune
Patrick à porter des kilts. Son passage à
Eton est financé par l’amie de sa mère
et son renvoi pour vente de photos pornographiques
est très savoureux ; cette période
constitue un moment fort de l’autobiographie.
Côté vie privée, il se désole
et assume la responsabilité des échecs
de ses deux premiers mariages. Il va courir le cachet
avec des petits rôles ici et là pour
survivre, reconnaissant également une mauvaise
gestion de sa carrière avant de décrocher
le rôle de sa vie.
On découvre une grande complicité
avec Ian Hendry, le premier partenaire masculin
de la série. Après les tournages,
l’alcool coule à flots et Patrick Macnee,
qui luttait déjà contre les excès,
avait essayé le jus de pruneau comme palliatif,
sous les quolibets de son collègue.
Il évoque ses partenaires féminines
successives dans la série sans rien dévoiler
d’extraordinaire car il reste le parfait gentleman
aussi bien sur le petit écran que dans la
vie. Les cinq derniers chapitres raviront, néanmoins,
les amateurs de la série avides d’anecdotes
et ils seront un avant-goût à la lecture
du second livre autobiographique de l’acteur,
The Avengers and me, celui-ci axé
uniquement sur la série.
À
noter : J'ai deux versions des mémoires
de Patrick Macnee, mais il est surprenant de constater
des disparités entre la version britannique,
Harrap (288 pages ‘gros’) et
l’édition J’ai lu (410
pages 'petit'). Ainsi, certains passages sont éludés
ou, au contraire, surtraduits. La traduction du
livre est parfois très approximative, voire
erronée. De plus, le traducteur ne devait
pas connaître la série. Ainsi, à
la page 341, les épisodes cités sont
: Il y avait trop d'arbres de Noël, Le
cannibale de Surrey Green et La cité
du non-retour ! Ce passage correspond à
la page 241 de l'édition Harrap. Les titres
sont bien sûr : Faîtes de beaux
rêves, La mangeuse d'hommes du Surrey
et Voyage sans retour.
On se demande pourquoi il y a d’autres erreurs
de traduction ‘impardonnables’ ; par
exemple, « The show returned to the air on
28 September 1963 » traduit par « La
série revint sur les ondes le 28 février
1963 » !
À noter également que le nom de Marie
Cameron n’apparaît jamais sur la couverture,
mais seulement à l’intérieur,
quelle que soit l’édition et le pays
!
Anecdotes
:
Quelques anecdotes du livre (la numérotation
des pages correspond à l’édition
J’ai lu, sauf indication contraire)
:
o
Page 5 (éd. Presses de la Renaissance),
il déclare que son ancêtre, le peintre
Daniel Macnee, manifestait une prédilection,
qui confinait à la manie, pour le derrière
de ces dames. On comprend mieux certains gestes
que s’autorise Steed à plusieurs
reprises !
o
Page 39 (éd. PDLR), on découvre
que son « Oncle », toujours, le contraint
à porter un kilt (la famille de Macnee
est de vieille souche écossaise…)
Pas étonnant que Steed se montre ainsi
à l’aise dans Castle De’Ath
!
o
Page 76 (éd. PDLR) , on voit que
Macnee, contraint par son « oncle »
de faire le service, s’aperçoit que
les domestiques sont au courant d’une multitude
d’informations sur leurs maîtres,
souvent à l’insu de ces derniers.
On retrouve bien sûr ici l’idée
de What the butler saw.
o Page 106 (éd. PDLR), Macnee
réalise un séjour linguistique en
France (on s’aperçoit que la noblesse
française n’a rien à envier
à l’anglaise pour la loufoquerie)
; Steed montre toujours une excellente maîtrise
du français.
o
À la page 124 (édition Harrap),
Patrick Macnee souligne qu'il y avait au-dessus
des couchettes à l'armée : 'If you
want a mistress in the night, ring twice'. [Si
vous voulez une maîtresse durant la nuit,
sonnez deux fois.] Patrick Macnee a sonné
mais pas de réponse... Cette anecdote fait
penser à l'écriteau presque identique
de l'épisode Les aigles : 'If
you can't sleep, ring for a mistress'. Certains
souvenirs de l'acteur ont sûrement inspirés
les scénaristes !
o
C'est Peter Arne qui aurait conseillé à
Patrick Macnee que le cuir soit utilisé
pour Cathy Gale. Peter Arne apparaît dans
l'épisode Avec vue imprenable.
o Patrick Macnee a reproché à Honor
Blackman son départ de la série
au moment où elle atteignait la renommée.
Il ne connaissait pas à ce moment les réelles
motivations d'Honor Blackman. Les deux acteurs
sont restés brouillés deux années,
suite à cette dispute. Patrick Macnee n'était
pas au courant de l'accord cinématographique
d'Honor Blackman. Celle-ci ne devait pas le divulguer
trop tôt.
o À la page 349, Patrick Macnee raconte
que Ronnie Barker (Chesshire du Tigre caché)
l'invita chez lui peu de temps après le
tournage de l’épisode pour prendre
un verre. Ronnie sortit une bouteille de lait,
en versa un verre à Patrick et se versa
sa ration dans une soucoupe qu'il lapa à
genoux. Se relevant, il dit : 'I'm a ginger tom'
[Je suis un matou rouquin].
o
Page 366 : Patrick Macnee adhère à
une colonie de nudistes, l'Elysium, dont il devient
un membre... actif ! (Je ne sais pas si les traducteurs
se rendent compte des fois...)
o
Page 367 : il renonce à l'alcool le jeudi
17 juin 1971, mais il lui faudra encore treize
ans pour gagner la bataille !
o
Page 368 : visite de Patrick Macnee et Linda Thorson
à Paris. L'arrivée de Linda provoqua
de véritables émeutes à Paris
et Sacha Distel, qui leur remet un trophée,"
tape dans l'œil" de Linda Thorson.
o
Page 381 : Patrick Macnee mentionne le spot publicitaire
pour le champagne Laurent Perrier, tourné
à Elstree avec Linda Thorson.
o
Page 384 : Patrick Macnee décrit Joanna
Lumley comme 'une jolie blonde, d'apparence délicate,
qui ressemblait à une bergère de
Dresde'. Le personnage devait s'appeler Charley
mais la sortie d'un parfum de ce nom obligea à
le changer. Joanna Lumley proposa Purdey,
d'après la marque connue de fusils. Patrick
Macnee reconnaît que les premiers épisodes
ne lui faisaient pas la part belle.
o
Page 387 : le commanditaire des New Avengers
avait déposé des lingots en
banque mais, en grattant, on s'aperçut
que c'était des barres de fer. Pas de poursuite
car le commanditaire avait une liaison avec la
fille d'un ministre du gouvernement français
!
o
Page 405 : Patrick Macnee reconnaît n'avoir
pas fait grand-chose depuis les Avengers,
à part des loups-garous et des pubs pour
des déodorants.
o
Page 406 : Patrick Macnee fait référence
à l'émission This is your life
de 1984 où il revoit ses anciens partenaires,
dont Ian Hendry. Sa mère sera également
présente sur le plateau, dix semaines avant
de décéder. (Vidéo
présente sur notre site).
Où
le trouver ?
Il
est malheureusement épuisé en anglais
comme en français. En français, l’édition
J’ai lu se trouve assez facilement
et très bon marché (à partir
de 2€ sur Amazon… jusqu’à
19€ sur Priceminister) mais l’état
est, généralement, très moyen
(pages jaunies ou piquées, couverture pliée)
car il n’a pas été réédité
depuis vingt ans. La version Presses de la Renaissance,
plus ‘luxueuse’, peut être meilleur
marché que l’édition poche (du
simple au double comme en ce moment sur Priceminister).
Comparez avant d’acheter !
La version originale peut également se trouver
facilement à des prix variés : comptez
de 2 à 5 £ pour un ‘paperback’
et de 4 à 12 £ pour un ‘hardcover’
pour un livre de bonne tenue.
L'avis
d'Estuaire44 :
   
Chapeau
Melon est vraiment
un livre formidable qui ne se contente pas d’être
un simple recueil d’excellentes anecdotes
sur la série (ce qui serait déjà
beaucoup !). La série elle-même n’est,
en effet, évoquée qu’assez tardivement,
au chapitre 11 sur un total de 15. On découvre
l’envers du décor décrit sans
fard, en voyant bien à quel point la survie
de ce monument a été une bagarre de
tous les instants ! Si les pages sur ses collaboratrices
successives sont irrésistibles, j’ai
également beaucoup apprécié
la description de sa relation assez complexe avec
Ian Hendry, que je connaissais beaucoup moins.
L’autre
intérêt majeur du livre réside
dans la narration très réussie de
véritables pages d'Histoire de l’Angleterre.
Avec son humour et son élégance naturels,
et avec un vrai talent de conteur (il sait à
merveille alterner accélérations et
narrations approfondies) Macnee nous raconte :
o La folie douce de l’aristocratie anglaise
des Années Folles, en décalage total
avec son époque. On a parfois l’impression
d’un vrai carnaval de fous furieux, auprès
desquels les excentriques des Avengers
font figure d’aimables plaisantins ! Certaines
anecdotes sont à mourir de rire !
o L’envers du décor, peu reluisant,
de l’éducation anglaise, en particulier
d’Eton. On comprend le dynamitage des traditions
anglaises auquel se livre avec jubilation Macnee
(surtout dans la saison 4). Phrase magnifique :
"Le collège d’Eton a toujours
plus ou moins été un asile d’aliénés,
une maison de redressement pour aristocrates et
une source d’ennuis pour plusieurs gouvernements
britanniques". À noter que Macnee fit
du théâtre scolaire avec Christopher
Lee ! (Page 57, édition francophone des Presses
de la Renaissance).
o L’effroi du Blitz : avec une vraie
économie d’effets et une grande dignité,
Macnee nous fait vraiment toucher du doigt l’horreur
de cette période, ainsi que le grand courage
des Londoniens. Ses souvenirs de la guerre (non
pas dans l’aviation, mais dans la marine !)
nous sont également offerts sans gloriole
ni tapage : sous la patine de l’humour et
d’un certain détachement très
britannique, Macnee nous fait parfaitement vivre
la réalité crue des affrontements.
o Avant et après guerre, nous avons droit
à une description particulièrement
vivace et truculente du petit monde du théâtre
du West End londonien, avec ses heures de gloire
et ses misères ! Un vrai régal !
Verdict
:
   
Conclusion
: Un livre à posséder dans sa
bibliothèque. Il ravira les amateurs de la
série, mais pas seulement. Écrit avec
cette touche d’humour britannique si particulier,
le lecteur ne s’ennuie pas une seule page
et, emporté par les frasques de cette vie
trépidante, il s’amuse à confondre
Patrick Macnee et John Steed tant le personnage
de fiction et l’homme ne font qu’un.
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©Denis
Chauvet, Steed3003
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