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" Un
volume deux était prévu et écrit!
"
Il n'en fallait
pas plus pour exciter notre curiosité!
Le
titre de ce volume 2, qui faisait donc suite
au volume 1 - Irrespectueusement vôtre
est Pop Attitude. Contrairement
au volume 1, coécrit avec Philippe Paygnard,
Eric Cazalot est l'unique auteur de Pop
Attitude. Il n'a malheureusement pu sortir
aux éditions DLM, l'éditeur d'Irrespectueusement
vôtre, pour la simple et bonne raison
que l'éditeur a du mettre la clé
sous la porte. Et bien que le premier volume
se soit situé dans les meilleures ventes
de la collection, l'ouvrage n'est donc jamais
paru.
A ce jour,
Eric Cazalot n'a pas l'intention d'exploiter
ce manuscrit dans sa forme présente.
Il a toujours le souhait d'écrire un
ouvrage complet sur la série, mais pas
dans l'immédiat.
Bien grâcieusement, celui-ci nous a fait
la gentillesse et l'honneur d'accepter la publication
d'une description de Pop Attitude,
complétée de larges extraits du
manuscrit. Lisez donc ces lignes attentivement
car ce livre ne sortira jamais.
Description de l'ouvrage par Eric Cazalot
Extraits
du manuscrit
Description
de l'ouvrage par Eric Cazalot |
L’ouvrage
Chapeau Melon et Bottes de Cuir
– Vol 2 « POP ATTITUDE »
était construit en trois parties.
Après
une introduction et un rappel de la
chronologie des Avengers, la
première partie tentait
une approche analytique de la série
en développant 4 thèmes
:
- Le
concept, très évolutif,
de la série
- La
place des femmes et du féminisme
- L’approche
du fantastique
- Les
aspects sexy, apparents ou sous jacents
La
deuxième partie
présentait un maximum de détails
sur deux des aspects les plus populaires
de la série :
Puis
terminait sur toutes les séries
influencées par les Avengers.
La
troisième partie était
consacrée aux New Avengers,
avec histoire de la production, guide
des épisodes et bio de Joanna
Lumley et Gareth Hunt.
En
annexe, tout le merchandising
passé et présent connu
à l'époque.
Le livre devait être illustré
comme le précédent, de
nombreuses photos.
La couverture aurait
dû représenter John Steed
entouré d'Emma et de Tara, mais
le montage ne fut jamais réalisé.
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CHAPITRE DEUX - SUFFRAGETTE CITY
Extrait
N°1

Au
départ, il n'y avait pas de femmes
dans The Avengers. John Steed
et son comparse David Keel évoluaient
dans un contexte exclusivement masculin.
Il faudra vingt-six épisodes
pour que Leonard White, premier producteur
exécutif de Chapeau Melon
et Bottes de Cuir, ait l'idée
de créer un alter ego féminin
au personnage de John Steed. En entendant
ses idées, la direction de la
chaine ABC préfère rire.
Aujourd'hui, certes, nous savons qu'ils
avaient tort. En 1997, des cohortes
d'aventurières, séduisantes
et bagarreuses, ont envahi grands et
petits écrans... Mais à
cette époque, il n'en était
rien. Aucun cinéaste n'avait
songé à présenter
un personnage, du sexe bêtement
dit faible, qui triompherait des épreuves
imposées par le scénario
comme un homme le ferait.
Bien sûr, quelques grands réalisateurs
avaient ouvert la voie, Hitchcok en
tête. La réputation de
ses célèbres héroïnes
n'est pas usurpée. Loin de se
contenter d'être blondes et glaciales,
elles possèdent généralement
un sang froid à toute épreuve,
doublé d'une témérité
qui a fait trembler plus d'un cinéphile.
A la fin de sa période anglaise,
il donne déjà la part
belle à l'héroïsme
au féminin, notamment dans Une
femme disparaît (The
lady vanishes - 1938). Puis Ingrid
Bergman prend la relève, bravant
un groupe d'espions nazis dans Les
enchaînés (Notorious
– 1946)…
Extrait N°2

Ni
Margaret Mead, célèbre
anthropologue, ni Margareth Bourke-White,
reporter pour Life magazine,
n'étaient ceinture noire de judo.
Elles portaient peu de cuir et ne pratiquaient
point l'art du contre-espionnage. Elles
ont pourtant, sans le savoir, inspiré
la plus percutante des héroïnes
de séries T.V, voire de fiction
tout court. Une bonne partie du C.V
de ces deux femmes a été
attribuée à Mrs Catherine
Gale, s'est développée
chez Mrs Peel et a même survécu
chez Melle King.
Margareth Mead est née à
Philadelphie en 1901. Ses parents n'imaginent
sûrement pas, alors, que leur
jolie petite fille va s'intéresser
à la sexualité des Indiens
d'Océanie. A l'époque,
s'intéresser à la sexualité,
ça ne se fait pas. Surtout pas
pour une femme du monde. Alors celle
des indiens d'Océanie... Pourtant,
à vingt-trois ans, en 1924, elle
part pour les îles Samoa, en Polynésie,
et en revient avec l'ouvrage Mœurs
et sexualité en Océanie
(Coming of Age in Samoa). En
1926, elle entre à l'Américan
Museum of Natural History, département
anthropologie, où elle restera
toute sa vie…
Extrait
N°3

Au
départ de cette quatrième
saison, qui voit apparaître le
personnage de Mrs Emma Peel, les scénaristes
continuent d'écrire le rôle
comme ils avaient appris à le
faire pour Cathy Gale. Mais l'attitude
sévère de Miss Gale ne
correspond pas au jeu de Diana Rigg.
Le charme de l'actrice réside
principalement dans un regard pétillant
d'intelligence et un sourire moqueur
souvent plus efficace qu'une réplique.
Bénéficiant des deux années
de "lutte féministe"
menées par Mrs Gale, Mrs Peel
n'a aucun besoin de se montrer militante.
Ses
relations avec John Steed sont beaucoup
plus détendues. Elle ne recule
pas devant ses avances, mais s'en amuse
plutôt, créant ainsi un
mode de communication plein de sous-entendus
entre elle et son partenaire. De plus,
Emma ne s'interdit aucun geste pouvant
trahir un comportement plus attentif
à l'égard des hommes.
Quand elle débarque chez Steed
(où elle semble être chez
elle), c'est elle qui prépare
le café ou le thé, sert
des verres ou remet en place un nœud
de cravate…
Extrait N°4

Etant
donné la différence d'âge
entre les comédiens (Linda Thorson
a tout juste vingt ans, Patrick Macnee
en a quarante six ) c'est une relation
"maître / élève"
qui s'instaure rapidement, sauf qu'ici,
l'élève se montre volontiers
insolente et n'en fait souvent qu'à
sa tête. Semblant plus vulnérable
que Cathy ou Emma, Tara inquiète
souvent Steed, qui adopte avec elle
un comportement protecteur et ... vain.
En effet, l'agent N°69 se sort très
bien toute seule des situations les
plus abracadabrantes.
Steed
vole souvent à son secours pour
rien, la belle ayant déjà
réglé ses problèmes.
Dans Trop d'indices (N°131),
les deux gangsters qui se sont introduit
dans son appartement sont anéantis
avant l'arrivée de Steed. Dans
Miroirs (N°138), apprenant
que Tara, partie seule en mission, a
disparu, Steed fonce à son secours,
disant à Mère-Grand qu'il
n'aurait jamais dû la laisser
seule. Pourtant, quand il arrive sur
les lieux, Tara a réduit à
néant un gang de malfaiteurs
et Steed n'a rien d'autre à faire
que de l'inviter à dîner
! On retrouvera la même trame
dans Etrange hôtel (N°146),
où Tara règle une affaire
de famille…
CHAPITRE QUATRE - LA FACE CACHEE
D'UNE SERIE CULTE
Extrait
N°5

Ici,
pas de sexe explicite, pas d'images
trop osées, pas de propos salaces
ou de thèmes évoquant
directement la sexualité (viol,
prostitution, etc...). La libido du
téléspectateur est en
permanence sollicitée au second
degré, alors qu’au premier
degré, c’est le sex-appeal
des héroînes qui le charme,
quand la caméra s'attarde "par
inadvertance" sur les jambes de
Mrs Peel et les mini-jupes très
révélatrices de Miss King.
Et en ce qui concerne le « charme
», la production ne plaisante
pas.
On
doit rester dans les limites du bon
goût. Ainsi, lorsque Linda Thorson
montre involontairement ses dessous
en enjambant le canapé de Steed,
Brian Clemens la réprimande sévèrement
! "Essayez donc de faire la même
chose en mini-jupe !" réplique
la jeune actrice. Une anecdote amusante
qui montre bien à quel point
The Avengers respecte la censure...
En surface !
Extrait
N°6

"Yes"
"No"
C'est ce que l'on peut lire en lettres
dorées, sur les murs de l'appartement
de Melle King. Une question se pose.
Que signifie la juxtaposition de ces
deux adverbes ? L'interrogation n'est
pas de mise sur les initiales "T.K",
dont tout le monde comprend le sens.
Pas plus que sur le N°69. Tara King
est supposée être l'agent
numéro soixante-neuf. Qu'en dire
si ce n'est que ce numéro lui
va comme un gant... Pour ceux qui se
demandaient si "Oui" ou "Non"
John Steed et ses collaboratrices...
Eh bien la réponse est "Yes"
ou "No". C'est clair.
Brian
Clemens a lui même demandé
à Kenneth Tait, décorateur
de la sixième saison, d'intégrer
ces lettres sur les murs, afin de renforcer
la question que se posaient les téléspectateurs
du monde entier. Certes, pour les plus
attentifs d'entre eux, des indices avaient
déjà jalonné les
aventures de Steed et Madame Peel. Ils
furent même laissés en
évidence durant la saison Tara
King…
CHAPITRE
SIX - DANSE AVEC LES LOUVES
Extrait
N°7

"C'est
l'histoire d'un type qui porte un chapeau
melon et d'une fille qui balance les
hommes par dessus son épaule...
". C'est en utilisant cette formule
des plus laconiques que Patrick Macnee
parvint à séduire les
dirigeants américains de la chaine
ABC, afin de leur vendre The Avengers.
Du moins est-ce ce qu'il aime à
dire, avec l'humour qui le caractérise,
car on peut toutefois supposer que Brian
Clemens et Albert Fennel avaient dû
mettre d'autres arguments de côté…
Extrait
N°8
Quand,
en Mai 1962, la production évoque
l'idée du judo, tout le monde
se montre extrêmement enthousiaste,
oubliant brusquement qu'il n'existe
aucune possibilité de doubler
Honor Blackman. En effet, les trois
premières saisons de The
Avengers sont tournées dans
des conditions proches du direct. L'équipe
répète l'épisode
pendant quatre jours et tourne, d'un
trait, avec deux interruptions qui serviront
aux "commercial breaks".
En
moyenne, le plateau dispose d'environ
cinq caméras qui restent en permanence
fixées sur les cinq ou six décors.
Ceux-ci sont conçus de façon
à donner l'illusion qu'ils forment
plusieurs pièces, mais en réalité
les caméras circulent entre les
cloisons, pendant que les comédiens
courent dans tous les sens, au milieu
des cables et des projecteurs, pour
ne pas rater leur prochain passage devant
l'objectif.
C'est dans cette atmosphère délirante,
digne d'un film de Blake Edwards, que
Mademoiselle Honor Blackman, en plus
de délivrer son texte sans une
erreur, va devoir pratiquer le judo.
Là, impossible de couper après
une planchette japonaise pour que l'actrice
puisse se recoiffer et faire retoucher
son maquillage. Elle finira la séquence
tel quel.
Il fallait vraiment une grande dose
d'inconscience pour imaginer qu'une
telle mascarade, sans le support du
montage, pourrait déclencher
autre chose que des fous rires. Mais,
par miracle, Honor Blackman s'identifie
immédiatement à son personnage,
s'enthousiasmant à l'avance de
pratiquer le judo…
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© Eric Cazalot
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